Argon : une technique innovante de conservations des transplants rénaux

19 novembre 2014 - 4:30pm

Thème: 
Transplantation
Référence: 
O-037

Objectifs
Paradoxalement, la conservation d’organe crée des lésions d’ischémie-reperfusion (IR), responsable de reprise retardée de fonction et de dysfonction chronique du transplant. Les techniques classiques de conservation utilisent l’air ambiant. Une piste explorée est la modification de l’atmosphère gazeuse. L’objectif de notre étude a été d’évaluer une stratégie innovante de conservation des transplants rénaux en présence de gaz noble afin de limiter les lésions d’IR.

Méthodes
À partir d’un modèle validé d’autotransplantation rénale hétérotopique chez le porc (Faure A, Transpl Proc, 2013), les transplants prélevés ont été rincés et mis en conservation 30 heures à 4 °C dans une solution de conservation standard présaturée en gaz (air, azote 100 %, argon 100 % ou xénon 100 %, n = 6 dans chaque groupe) avant transplantation. Une néphrectomie controlatérale concomitante était réalisée. Les porcs ont été surveillés quotidiennement pendant 21 jours.

Résultats
L’argon a fortement amélioré la survie (83,3 % versus 33,3 % dans le groupe air, p = 0,04) et le fonction rénale (créatinine à j7 : 1243,6 ± 15,6 μmol/l versus 2158 ± 25,7 μmol/l dans le groupe air, p = 0,04). Une reprise de fonction et une sortie de tubulopathie plus précoce des transplants a été observé chez les porcs argon. Tous les porcs xénon et azote sont décédés. À j21, les transplants argon avaient d’un point de vue histologique une meilleure préservation de leur intégrité structurelle cellulaire avec moins d’inflammation, de fibrose interstitielles et d’atrophie tubulaire. Les rapports RAA/TBARS et taux d’Hsp 27, étaient significativement plus élevés dans le groupe Argon, traduisant l’effet protecteur de ce gaz vis-à-vis du stress oxydant. Les taux de TNFalpha, IL-1beta et IL-6 ont montré une diminution significative de la réponse inflammatoire avec l’argon.

Conclusion
Dans notre étude, l’argon a eu un effet rénoprotecteur sur les transplants rénaux. Bien que le mécanisme d’action de l’argon ne soit pas actuellement élucidé, il semble que la protéine Hsp 27 soit un élément central de l’effet cytoprotecteur de ce gaz. Ces données doivent être confirmées et validées avant une application humaine.