Base bibliographique

Impact médico-économique et sanitaire de l’insufflateur Airseal® : exemple de la promontofixation cœlioscopique
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 759


Objectifs

Airseal® est un système d’insufflation assurant un pneumopéritoine stable lors des interventions cœlioscopiques, permettant de travailler confortablement à basse pression. Ce système assure un renouvellement permanent du gaz abdominal en système clos permettant une évacuation constante des fumées et microparticules à travers un filtre. L’objectif de cette étude est d’évaluer l’impact médico-économique de l’insufflateur Airseal® au cours des promontofixations laparoscopiques.


Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective de données recueillies prospectivement, monocentrique, comparant 17 promontofixations cœlioscopiques opérées de façon consécutive avec insufflateur Airseal® et 17 promontofixations cœlioscopiques réalisées avec insufflateur standard, sur une période d’un an, par un unique opérateur. La douleur postopératoire a été évaluée par l’échelle EVA en salle de réveil et en hospitalisation à j0, j1 et j2. La consommation d’antalgique et les paramètres anesthésiques peropératoires (dose de curare et de morphiniques, pression de crête, CO2  expiré et la température au réveil) ont également été étudiés. L’aptitude à une sortie au domicile a été évaluée par le score de Chung.


Résultats

La douleur postopératoire a été moindre chez les patientes du groupe Airseal® avec 40 % de recours aux morphiniques vs 52 % pour le groupe non Airseal® (p >0,05). La concentration télé-expiratoire de CO2  moyenne à H1 est 37,2mmHg pour le groupe Airseal® vs 39,5mmHg (p >0,05). La différence de température peropératoire entre l’induction et l’exsufflation était moindre pour le groupe Airseal® (0,3 vs 0,5 ; p >0,05). Pour les patientes ayant bénéficié d’une promontofixation par une bandelette antérieure seule (47 % dans chaque groupe), la durée opératoire moyenne était inférieure pour le groupe Airseal® (110min vs 128min) (p <0,05). Le séjour hospitalier était plus court dans le groupe Airseal® avec 65 % versus 35 % des patientes aptes à la sortie à j0, et 95 % versus 76 % à j1 (p >0,05).


Conclusion

Ces résultats préliminaires semblent suggérer un impact médico-économique du système Airseal® via une réduction de la durée moyenne de séjour. Ils nécessitent d’être confirmés par des études de meilleur niveau de preuve. Conformément aux recommandations durant l’épidémie de COVID-19, Airseal® assure une protection du personnel soignant grâce à la filtration continue des fumées durant les procédures cœlioscopiques.

Impact périopératoire des anticoagulants et antiagrégants plaquettaires dans la chirurgie par HoLEP de l’hypertrophie bénigne prostatique
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 766-767


Objectifs

La chirurgie prostatique par laser permet de diminuer les risques de saignement mais l’impact sur les sous-groupes de patients prenant des anticoagulants ou des antiagrégants plaquettaires est sujet à controverse. L’objectif est de mesurer l’impact des anticoagulants et antiagrégants plaquettaires dans les résultats per- et postopératoire précoces des patients traités pour une hypertrophie bénigne de prostate par HoLEP en pratique courante.


Méthodes

Étude de cohorte rétrospective monocentrique incluant les patients consécutifs ayant eu une chirurgie par HoLEP de 2014 à 2019. Les patients ont été répartis en 3 : un groupe contrôle, un groupe antiagrégant (sans arrêt) et un groupe anticoagulant (relayé par héparine). Ont été comparés : le taux énucléation (volume réséqué/volume prostatique), la vitesse d’énucléation, la durée opératoire, la durée d’hospitalisation et de sondage ainsi que les complications (selon Clavien) durant l’hospitalisation et à 1 mois.


Résultats

Au total, 339 patients ont été inclus dans les groupes contrôle (181), antiagrégant (103) et anticoagulant (55). L’âge et le score ASA étaient significativement plus élevés dans les groupes antiagrégant et anticoagulant. Les durées opératoires et le taux d’énucléation étaient similaires entre les groupes (Tableau 1). En revanche, il existait une différence significative pour tous les critères postopératoires entre le groupe anticoagulant et chacun des deux autres groupes. Par rapport au groupe contrôle, les durées de sondage et d’hospitalisation du groupe anticoagulants étaient près de deux fois supérieures. Le taux de complications postopératoires quadruplait, et les complications hémorragiques per- (2,2 %) et post-hospitalisation (3,9 %) étaient près de dix fois supérieures (29 % et 33 %, p <0,001). En revanche, il n’existait pas de différence significative entre les groupes contrôle et antiagrégant.


Conclusion

Les traitements anticoagulants ont un impact très important sur la durée d’hospitalisation, le temps de sondage ainsi que sur la morbidité immédiate et précoce chez les patients traités par HoLEP.

Impact pronostique des rapports neutrophiles/lymphocytes préopératoire et postopératoire dans le cancer du rein de stade localisé (UroCCR n o  61)
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 817-818


Objectifs

Le rapport neutrophiles/lymphocytes (NLR) est un marqueur établi de l’inflammation systémique et son intérêt comme biomarqueur a été rapporté dans d’autres cancers. Le but de cette étude était d’évaluer la valeur pronostique du NLR pré- et postopératoire dans le cancer du rein de stade localisé et localement avancé. Sa simplicité d’obtention pourrait permettre d’améliorer les recommandations de suivi.


Méthodes

Étude rétrospective monocentrique issue de cas inclus prospectivement après consentement écrit dans la base de données française UroCCR (CNIL DR 2013-206 ; NCT03293563). Nous avons inclus les patients opérés d’un cancer du rein de stade pT1-4N0M0 entre mai 2000 et janvier 2019. Les associations entre les variables cliniques, biologiques, anatomopathologiques et les NLR pré- et postopératoires ont été évaluées en analyses univariées et multivariées. Une analyse de survie sans récidive selon Kaplan–Meier en fonction du NLR pré- et postop a été réalisée.


Résultats

Un total de 789 patients a été inclus. Le suivi moyen sur la cohorte était de 57,5±35 mois et 137 patients ont présenté une récidive locale ou à distance. Le NLR moyen préopératoire était de 4,2±4 dans le groupe récidive vs 2,5±1,7 (p <0,001). Le NLR moyen postopératoire était à 4±2,9 vs 2,7±2,5 (p <0,001). Le NLR moyen à la récidive était de 4,9±3,7.

En analyse multivariée, le NLR préopératoire>2,7 était un facteur de risque indépendant de récidive (OR : 2,9 [1,1–7,8], p =0,034).

Nous avons évalué la survie sans récidive en fonction du NLR et elle était significativement défavorable lorsque le NLR était>2,7 en préopératoire (p <0,001) (Fig. 1).


Conclusion

Le NLR préopératoire>2,7 était significativement associé de façon indépendante au risque de récidive de la maladie. Par ailleurs, le NLR était significativement augmenté à la récidive. Il pourrait donc s’agir d’un biomarqueur, économique et facile d’utilisation.

Impact sur les résultats et les coûts de la mise en œuvre de la cystectomie radicale robotique avec dérivation intracorporelle complète à l’ère de la RAAC
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 716


Objectifs

Nous avons cherché à déterminer l’impact sur les résultats et les coûts de la cystectomie radicale assistée par robot (RARC) avec une diversion intracorporelle complète à l’ère ERAS.


Méthodes

Ont été inclus dans cette étude, 196 patients consécutifs subissant une RC pour un cancer de la vessie avec RAAC entre 2014 et 2019. Des comparaisons ont été faites entre la chirurgie ouverte (ORC) et RARC dans la cohorte globale et après l’analyse appariée. Le critère d’évaluation était l’impact du robot sur les résultats (séjour à l’hôpital, complications, temps opératoire, perte de sang) et les coûts.


Résultats

Au fil du temps, la proportion de RARC est passée de 39,5 % à 60,0 % avec plus de néo-vessie réalisée (p =0,011). Les paramètres périopératoires se sont améliorés de façon continue dans le temps dans la cohorte RARC malgré une proportion accrue de patients plus âgés avec un état de comorbidité plus sévère. Globalement, il y a eu une économie moyenne de 4641 euros par RC en faveur du RARC par rapport aux ORC contemporaines. Après appariement pour l’âge, l’IMC et le statut de comorbidité, les patients RARC avaient un séjour inférieur (p =0,002), des taux de complications inférieurs (26,7 % contre 53,3 %, p =0,016) et une perte de sang moyenne plus faible (p <0,001) que les patients ORC. Le RARC était un facteur de protection indépendant de séjour prolongé (OR : 0,199) et de complication (OR : 0,334). Après l’appariement, le déséquilibre des coûts favorisait l’ORC, avec un coût supplémentaire de 816 euros en cas de RARC avec néo-vessie (Fig. 1).


Conclusion

Cette étude met en évidence la difficulté de comparer les résultats et les coûts entre ORC et RARC en raison de biais de sélection préopératoires favorisant la RARC. Cependant, même après l’appariement, le coût supplémentaire de la RARC a été bien contrebalancé par des améliorations des résultats et une réduction des coûts postopératoires par rapport à l’ORC, en particulier lorsqu’une néo-vessie orthotopique a été réalisée.

Implant pénien hydraulique ZSI 475 (Zephyr surgical implants®) pour les phalloplasties des hommes transgenres (FTM) : résultats préliminaires
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 814


Objectifs

Un nouvel implant pénien hydraulique, ZSI 475 (Zephyr Surgical implants®) a été développé spécifiquement pour répondre à l’anatomie des phalloplasties. Il est composé d’un cylindre unique se terminant en forme de gland, d’une plaque de fixation sur le pubis et d’une pompe en forme de testicule. L’objectif était de rapporter les résultats préliminaires avec ce dispositif chez les hommes transgenres (FtM).


Méthodes

De janvier 2019 à janvier 2020, 9 personnes FtM ont eu la pose de 11 implants péniens ZSI 475. Les complications postopératoires étaient rapportées selon la classification de Clavien–Dindo, les grades>2 étaient considérés comme des complications majeures. La fonction sexuelle des patients était évaluée par l’International Index of Erectile Fonction (IIEF-15), celle du partenaire par l’Index of Sexual Life (ISF).

Une analyse complémentaire sur la satisfaction esthétique, fonctionnelle du dispositif a été menée en utilisant pour chaque réponse une échelle à 5 points de Likert.


Résultats

Les patients avaient principalement eu une phalloplastie par lambeau inguinal (89 %). Il y a eu 7 complications majeures, dont 4 érosions distales du cylindre, 2 pannes mécaniques, 1 hypermobilité distale du gland. Le nombre moyen d’interventions par patient était de 1,8 (min 1 ; max 4). En postopératoire précoce, 2 patients ont présenté des douleurs en regard du pubis spontanément résolutives. Après un suivi de 7,4 mois [±4,7], 5 patients (55,5 %) avaient un implant fonctionnel. La moyenne d’utilisation était de 2,2 par semaine (min 1, max 5) ; le score IIEF-15 était de 52/70 (min 23 ; max 67) et le score ISF de la partenaire à 37,2/50 (min 24 ; max 45). L’aspect esthétique et fonctionnel que procure cet implant était considéré comme satisfaisant par 4 patients (80 %).


Conclusion

La pose d’implant pénien hydraulique ZSI 475 pour les phalloplasties, reste technique et sujet à des complications. Néanmoins, ces résultats préliminaires sur la fonction sexuelle du patient et de leur partenaire ainsi que sur la satisfaction esthétique et fonctionnelle nous incitent à continuer d’implanter ce dispositif.

Implantation robot-assistée du sphincter artificiel urinaire AMS-800 chez la femme : une série multicentrique internationale de 125 patientes
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 754


Objectifs

La voie robot-assistée a récemment été décrite pour l’implantation du sphincter artificiel urinaire (SAU) chez la femme pour tenter de diminuer la morbidité périopératoire. L’objectif de cette étude était de rapporter les résultats périopératoires et fonctionnelles de la première série multicentrique internationale de sphincter artificiel urinaire robot-assistée.


Méthodes

Toutes les patientes ayant eu une implantation robot-assistée d’un SAU en utilisant une technique standardisée (voie antérieure) entre 2013 et 2020 dans quinze institutions européennes ont été incluses dans une étude rétrospective. L’indication du SAU était une incontinence urinaire d’effort par insuffisance sphinctérienne définie comme la combinaison d’une faible pression de clôture urétrale et un urètre peu mobile/figé. Le principal critère d’évaluation était le résultat fonctionnel classé comme sec (aucune protection), amélioré ou inchangé.


Résultats

Cent vingt-cinq patientes ont été incluses. Les caractéristiques des patientes sont résumées dans le Tableau 1. Il y a eu 20 complications peropératoires (16 %) : 12 plaies du col vésical et huit plaie vaginales. Dans un cas de plaies multiples du col vésical, l’intervention a été interrompue mais elle a été poursuivie dans tous les autres cas. Vingt-deux patientes ont eu une complication postopératoire (17,6 %) mais seulement quatre étaient Clavien≥3 (3,2 %) : trois explantations précoces (2 pour érosion vaginale et une pour infection) et une réintervention pour fistule vésicale. Après un suivi moyen de 13 mois, il y a eu 7 explantations (4,1 %) : les 3 précoces rapportées ci-dessus, une pour rétention chronique d’urine et trois pour érosions tardives (2 vaginales et une urétrale). Au dernier suivi, 101 patientes étaient sèches (80,8 %), 11 étaient améliorées (8,8 %) et 13 étaient inchangées (10,4 %).


Conclusion

Cette série est la première série multicentrique internationale évaluant les Résultats de l’implantation du SAU chez la femme par voie robot-assistée selon une technique standardisée. Cette étude confirme les résultats périopératoires et fonctionnels prometteurs rapportés dans les précédentes séries.

Implantation robot-assistée d’un sphincter artificiel urinaire ams 800 chez les patientes neurologique après entérocystoplastie d’agrandissement et cystostomie continente
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 852


Objectifs

Au cours des 5 dernières années, l’implantation du sphincter artificiel urinaire (SAU) chez la femme par voie robot-assistée s’est largement développé. La faisabilité de cette intervention reste toutefois à démontrer dans certains cas complexes qui pourraient rester des indications d’implantation ouverte. L’objectif de cette vidéo était de présenter un cas d’implantation robot-assistée d’un sphincter artificiel urinaire AMS 800 chez les patientes neurologique après entérocystoplastie d’agrandissement et cystostomie continente.


Méthodes

Nous présentons le cas d’une patiente de 29 ans aux antécédents de myelomeningocele, ayant eu dans l’enfance une enterocystoplastie d’agrandissement associée à une cystostomie continente de type Mitrofanoff en fosse iliaque droite. Elle consulte pour incontinence urinaire d’effort sévère (pad test=390g/24h) par insuffisance sphinctérienne. Deux solutions chirurgicales lui ont été proposées : bandelette aponévrotique pubovaginale et SAU. Elle opte pour un SAU dont l’implantation est programmée par voie robot-assistée.


Résultats

La patiente est positionnée en Tredelenburg à 23°. On réalise un abord laparoscopique transpéritonéal en disposant les trocarts sur la ligne ombilical, cranialement au mitrofanoff avec à droite, un trocart de part et d’autre du trajet de cystostomie continente. Le robot Da Vinc Xi est amarré latéralement. Un sondage est effectué pour repérer le Mitrofanoff. Après une adhésiolyse prudente et étendue, en prenant soin de remplir la vessie à l’aide d’une sonde pour repérer ses contours, on atteint le fascia endopelvien de part et d’autre du col. Un passage est crée à droite du conduit de Mitrofanoff pour permettre le passage d’une prograsp pour la dissection du cul de sac vaginal Passage du mesureur et mise en place ensuite d’une manchette de 75mm.


Conclusion

La voie d’abord robot-assistée pourrait s’appliquer même au cas complexe pour l’implantation du SAU chez la femme et diminuer la morbidité de cette intervention y compris dans cette population.

Incrustation, biodégradation et fracture des sondes urétérales: à propos de 15 cas
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 763-764


Objectifs

La sonde urétrale double J (SU) est un outil couramment utilisé en urologie pour le drainage et dans la gestion des fuites urinaires. L’incrustation de celle-ci est une complication grave entraînant une ablation parfois laborieuse non dénuée de risques. L’objectif de cette étude est de décrire les facteurs de risques, complications et la PEC SU négligées dans notre contexte.


Méthodes

Nous rapportons une étude rétrospective unicentrique menée du 02/2017 au 17/02/2020 incluant tous les patients opérés d’une montée de SU négligée. Les données recueillies étaient: l’âge, le sexe, le délai de port la SU, le biomatériau utilisé, complications, imagerie (Fig. 1) le traitement et l’évolution. La classification des SU oubliées, incrustées et calcifiées a été utilisé pour apprécier le degré d’incrustation.


Résultats

Quinze cas répertorié soit 0,007 des patients opérés d’une SU, dont 12 hommes et 3 femmes (ratio F/M à 0,25). L’âge moyen 54,5 ans. Dans 86,7 % l’indication de la pose de la SU était la lithiase urinaire. Soixante pour cent de nos patients se disaient non informée de la SU. Le délai moyen de port de la SU in situ était de 12,9 mois. L’incrustation représentait 100 % des complications dont 33,3 % grade III. L’incrustation–calcification de la SU représentait 66,7 % des cas suivi de l’association incrustation–fragmentation–calcification dans 20 % de cas. Dans 53,3 % des calcifications intéressant la SU polyuréthane (PU-R/PU, PU-S) et 13,3 % de celles-ci s’observaient chez les patients porteurs de stent depuis 8 mois. Deux cas (13,4 %) d’incrustation–biodégradation de la SU PU-R/PU ont été retrouvés à 36 mois de la port in situ. L’ablation de la SU a été faite par l’urétéro-rénoscopie laser dans 83 % cas. Les suites opératoires étaient simples (Fig. 1).


Conclusion

La lithiase urinaire, le délai de port in situ de la SU et l’information sur la SU sont des principaux facteurs impliqués dans ce phénomène. D’où l’intérêt, d’une part, de bien informer les patients sur les risques liés à la présence de la SU et de la nécessité d’une ablation ou changement. D’autre part, éviter un temps de drainage important.

Index des auteurs
2020
- Index des auteurs
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 856-864


Infections urinaires post-urétéroscopie : influence du mode d’élimination urinaire dans la population neurologique
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 707-708


Objectifs

Évaluer les conséquences du mode d’élimination urinaire sur le taux d’infection urinaire post-urétéroscopie au sein de la population neurologique.


Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective monocentrique. Tous les patients neurologiques ayant eu un geste d’urétéroscopie (rigide ou souple) entre janvier 2013 et mai 2019 étaient éligibles. Les patients étaient séparés en deux groupes distincts en fonction du mode d’élimination urinaire : dérivation urinaire non-continente (DUNC) et vessie native (VN). Le critère de jugement principal était la fréquence des infections urinaires fébriles survenant dans les 3jours suivant le geste d’urétéroscopie. Les critères de jugements secondaires comprenaient la sévérité de l’infection urinaire postopératoire et la description des profils microbiologiques (ECBU) pré-, per- et postopératoires pour les deux groupes.


Résultats

Pendant la période d’inclusion, 106 procédures étaient réalisées chez 49 patients. Vingt-neuf patients avaient une DUNC et 20 patients avaient une VN. L’âge moyen était respectivement de 42,5 ans (±12,6) et de 49,8 ans (±13,2) dans les groupes DUNC et VN. Le taux d’infection urinaire postopératoire était plus élevé dans le groupe DUNC, sans que la significativité statistique ne soit atteinte (21,7 % vs 13,3 % ; p =0,26). Le taux d’infection urinaire postopératoire associée à un sepsis sévère était comparable entre les deux groupes (6 % vs 8,3 % ; p =0,35). Les données microbiologiques pré-, per- et postopératoires étaient disponibles pour 96 procédures. L’ECBU intra-pyélique peropératoire était plus souvent positif (41,9 % vs 22,6 %) dans le groupe DUNC. En revanche, parmi les ECBU positifs peropératoires, le taux de bactéries multirésistantes (BMR) était significativement plus bas dans le groupe DUNC (27,8 %, vs 81,8 % ; p =0,031) (Tableau 1, Tableau 2, Tableau 3).


Conclusion

Au sein de la population neurologique, la présence d’une DUNC semble exposer les patients à un risque plus élevé d’infection urinaire post-urétéroscopie, en lien avec un ECBU peropératoire plus souvent positif.

Insertion d’un stent urétéral thermo-expansible pour le traitement d’une sténose urétérale : première expérience au Maroc
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 850-851


Objectifs

Le stent urétéral est un outil indispensable dans les soins urologiques contemporains aux patients. Il est devenu un dispositif de première ligne pour le maintien de la perméabilité urétérale en post-opératoire et en cas de rétrécissement urétéral. Malgré leur utilisation répandue, ces endoprothèse sont associés à de multiples complications. Le stent métallique est un instrument efficace que nous avons utilisé pour la première fois au Maroc dans le traitement de notre patient ayant eu une sténose urétérale après urétéroscopie pour calcul urétéral.


Méthodes

Nous rapportons le cas d’un patient de 28 ans qui a consulté pour une douleur lombaire et dont l’uroscanner a montré une sténose urétérale de 1cm de longueur. Nous avons utilisé un nouveau stent en maille métallique à double couche et auto-extensible (Uventa Stent) pour maintenir la perméabilité urétérale.


Résultats

Une antibioprophylaxie a été réalisée 12heures avant la procédure. L’urétéroscopie exploratrice a objectivé la sténose au niveau lombaire. Une pyélographie rétrograde a permi identifier la forme, le niveau et la longueur du segment urétéral obstrué (Figure 1), puis mise en place guide de 0,035 pouce avec un revêtement hydrophile. L’insertion du stent a été faite sous contrôle scopique (Figure 2). L’urétéroscopie a permis le contrôle du bon positionnement du stent (Figure 3). Les suites post-opératoire étaient simples, absence de douleur lombaire, examen cytobactériologique des urines était stérile à J15.


Conclusion

Le résultat à court terme de l’utilisation d’un stent thermo-expansible pour le traitement de la sténose urétérale pour notre patient montre qu’il s’agit d’une procédure mini-invasive efficace et reproductible. Cependant, une étude à long terme semble nécessaire pour une meilleure évaluation.

Instauration du traitement adjuvant endovésical par épirubicine des tumeurs de vessie n’infiltrant pas le muscle : premier retour national d’expérience du CCAFU vessie
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 830


Objectifs

La mitomycine C est le traitement adjuvant intravésical de référence des TVNIM de risque intermédiaire.

Des tensions d’approvisionnement en mitomycine ont vu le jour en France depuis la fin de 2019.

L’ANSM a proposé d’utiliser l’épirubicine, disponible dans d’autres pays européens.

L’objectif de notre étude était de rapporter l’expérience initiale française de l’utilisation de l’épirubicine en traitement adjuvant des TVNIM.


Méthodes

Une étude rétrospective descriptive multicentrique française a permis de colliger, auprès des centres des membres du CCAFU vessie, les données clinicopathologiques des patients, les indications, les modalités d’utilisation (dose, indication, circuit à la pharmacie) et les données de tolérance de l’épirubicine.

L’impact de l’épidémie de COVID-19 sur les interruptions de traitement a également été recensé.

Sur les 20 centres contactés, 5 (25 %) ont instauré le protocole d’administration de l’épirubicine élaboré par le sous-comité vessie du CCAFU.

Au total, 61 patients ont été traités par instillations endovésicales d’épirubicine entre novembre 2019 et mai 2020 pour une TVNIM à la dose unique de 50mg.


Résultats

Au total, 61 patients (âge moyen 68,7 ans, 64–77 ans) ont été traités dont 45 (73,8 %) étaient des hommes.

Les patients présentaient une TVNIM de risque intermédiaire pour 86,9 % (13,1 % haut risque).

Un traitement d’induction sans/avec entretien était prévu pour 48 (78,7 %) et 13 patients (21,3 %), respectivement.

La préparation et l’administration de l’épirubicine étaient semblables à la mitomycine : préparation en pharmacie centrale, délivrance le jour de l’instillation en consultation sans alcalinisation urinaire.

Sur les 498 instillations totales programmées, 345 ont été réalisées (69,3 %).

L’épidémie de COVID-19 a considérablement impacté la délivrance d’épirubicine : un patient n’a pas pu démarrer son traitement (1,6 %), 8 patients (13,1 %) ont dû l’interrompre définitivement ; le reste des patients ont subi des instillations décalées (18 %).

Les autres causes d’arrêt comprenaient des complications infectieuses (9,8 %).

Aucune toxicité majeure n’a été déplorée.


Conclusion

La mise en place d’un protocole de traitement adjuvant par épirubicine a présenté une bonne faisabilité avec une faible toxicité, sans modifier l’organisation du parcours de soin du patient.

Dans le contexte actuel de pénurie de mitomycine de durée indéterminée, l’épirubicine représente une bonne alternative thérapeutique dans le traitement adjuvant endovésical des TVNIM de risque intermédiaire.

Intérêt de drainage des cavités rénales avant la scintigraphie rénale au DMSA (acide 2,3-dimercaptosuccinique) : résultats préliminaires
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 764


Objectifs

Devant une hydronéphrose, la décision de conserver ou de faire la néphrectomie dépend en grande partie aux données de la scintigraphie rénale. Or, dans notre pratique un drainage préalable des cavités rénales est la règle. En effet, est-il vraiment un intérêt à ce drainage avant une scintigraphie rénale au DMSA ?


Méthodes

Il s’agit d’une étude qui colligeait 28 patients traités pour une hydronéphrose entre janvier 2018 et juin 2020. L’âge moyen est de 41,17±14,02 ans. Tous les patients étaient l’objet de scintigraphie rénale au DMSA avant et après le drainage des cavités rénales. Chez 16 patients la fonction rénale était<10 %, et initialement un drainage a été fait par sonde double J pour tous les patients. Par la suite, une réévaluation systématique à 3 mois avec la scintigraphie rénale au DMSA.


Résultats

On a distingué 2 groupes :

– groupe A : 12 patients avec une fonction rénale avant le drainage ≥10 % dont :

– +6 patients parmi eux qu’ont amélioré significativement (>10 %) la fonction rénale après le drainage,

– +4 patients ont aggravé la fonction rénale après drainage,

– +2 patients avaient une amélioration non significative (<10 %) de la fonction rénale après le drainage ;

– groupe B : 14 patients avec une fonction rénale<10 % et sans amélioration significative après le drainage (Fig. 1).


Conclusion

Selon nos résultats préliminaires, les patients avec hydronéphrose et une fonction rénale initiale<10 % à la scintigraphie rénale au DMSA peuvent subir d’emblée la néphrectomie sans recours au drainage. Ce résultat est en cours de discussion et pas un dogme à appliquer.

Intérêt de l’appel infirmier du lendemain dans les protocoles de réhabilitation améliorée après chirurgie (RAAC) en chirurgie robot-assistée du rein
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 752


Objectifs

Les protocoles de réhabilitation améliorée après chirurgie (RAAC) en chirurgie robot-assistée rénale ont permis d’optimiser la prise en charge des patients. L’appel du lendemain par l’infirmière de coordination sert à vérifier que le retour à domicile s’est effectué dans de bonnes conditions et détecter précocement des complications postopératoires. L’objectif de cette étude est d’évaluer l’intérêt de l’appel et ses conséquences dans le suivi du patient.


Méthodes

Il s’agit d’une étude préliminaire et rétrospective. Tous les patients consécutifs opérés d’une néphrectomie (partielle ou totale) ou d’une néphro-urétérectomie robot-assistée depuis septembre 2018 ont été inclus. Les patients ont tous bénéficié du protocole RAAC en vigueur dans le service incluant un appel à j1 de la sortie. Les principaux critères de jugement étaient le taux d’appel du médecin à l’issue de l’entretien téléphonique, le taux d’appel du médecin à 1 mois de la sortie et le taux de réhospitalisation à 1 mois.


Résultats

Soixante patients ont été inclus. L’âge médian était de 61 ans (29–80). Quarante-sept (78 %) patients ont été opéré d’une tumorectomie, 12 (20 %) d’une néphrectomie élargie et 1 (2 %) d’une néphro-urétérectomie. La durée moyenne de séjour était de 2jours. Cinquante-huit (97 %) des patients ont répondu à l’appel. Parmi les répondants, tous avaient repris une alimentation, 55 (95 %) un transit, 44 (76 %) n’avaient pas ou peu de douleurs, 10 (18 %) présentaient des nausées et aucun n’avait de la fièvre. Seuls 5 patients (8 %) ont nécessité une mise en relation avec un médecin et il ne s’agissait dans ces situations que de complications mineures Clavien 1. Parmi les 58 répondants, 3 (5 %) ont rappelé un médecin et 5 (8 %) ont été ré-hospitalisés dans les 30jours postopératoires, à distance de l’appel infirmier.


Conclusion

L’appel du lendemain par l’infirmière de coordination, peut être en raison de la précocité de cet appel, n’a pas abouti au diagnostic de complications graves après chirurgie du rein robot-assistée. Sa suppression pourrait être discutée pour concentrer ce temps sur la phase préopératoire déterminante dans la prise en charge des patients en protocole RAAC.

Intérêt d’un second look en lumière bleue après une primo-résection transurétrale de vessie en lumière bleue macroscopiquement complète
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 831-832


Objectifs

Évaluer le taux de tumeur résiduelle lors d’une résection transurétrale de vessie (RTUV) de second look en lumière bleue après une primo-résection avec diagnostic photodynamique macroscopiquement complète d’une tumeur de vessie non infiltrant le muscle (TVNIM) à haut risque.


Méthodes

Étude monocentrique rétrospective incluant tous les patients avec une TVNIM à haut risque (T1 et/ou CIS et/ou haut grade) ayant eu une primo-résection complète en lumière bleue entre janvier 2014 et mai 2020. Une seconde RTUV en lumière bleue après une instillation endovésicale d’acide hexaminolaevulinique était réalisée dans un délai de 4 à 6 semaines suivant la première résection. Les critères d’exclusion étaient : primo-résection incomplète ou effectuée sans lumière bleue, tumeur intra-diverticulaire et tumeur de la voie excrétrice supérieure synchrone. Le critère de jugement principal était l’existence de tumeur résiduelle lors de la résection second look , confirmé par l’analyse anatomopathologique.


Résultats

Un total de 107 patients (âge médian : 73 ans, 80 % d’hommes) ont été inclus après une primo-résection complète en lumière bleue. Les indications d’une RTUV second look étaient : muscle non vu (n =12 ; 11,2 %), tumeur T1 (n =67 ; 62,6 %), CIS (n =18 ; 16,8 %) et tumeur de haut grade multifocale (n =10 ; 9,4 %). Le délai médian entre la première et seconde RTUV était de 8 (6–10) semaines. Le taux de tumeur résiduelle lors de la résection second look était de 61,6 % (n =66) incluant 34 cas de CIS dont 9 CIS de novo, 19 tumeurs T1, 15 tumeurs pTa et 5 tumeurs de vessie infiltrant le muscle (TVIM).


Conclusion

Le taux de tumeur résiduelle lors de la RTUV second look en lumière bleue après une primo-résection en lumière bleue était de 61,6 %. La résection second look semble toujours indiquée malgré l’utilisation du diagnostic photodynamique lors de la primo-résection.

Intérêt d’une cystoscopie Hexvix de clôture après BCG d’induction pour TVNIM à haut risque de récidive et de progression
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 832


Objectifs

La RTUV-HEXVIX a démontré qu’elle augmentait le taux de détection des TVNIM par rapport à la lumière blanche et une diminution significative du risque de récidive. L’objectif était d’évaluer la pertinence d’une RTUV-Hexvix de clôture après BCG en induction pour TVNIM de haut risque.


Méthodes

Étude rétrospective monocentrique incluant tous les patients avec TVNIM à haut risque traités par BCG en induction de 2017 à 2020. Tous les patients ont eu une première résection avec Hexvix confirmant une TVNIM haut risque, un traitement par BCG en induction (6 instillations) suivie d’une cystoscopie Hexvix dans les 6 semaines suivant la dernière instillation de BCG. Les patients avec TVNIM de risque faible, intermédiaire, qui n’ont pas eu de luminofluorescence et/ou qui n’ont pas reçu 6 instillations de BCG, ont été exclus. Le critère de jugement principal était le taux de tumeur urothéliale prouvée histologiquement à la cystoscopie Hexvix post-BCG.


Résultats

Cent seize procédures (RTUV-Hexvix-BCG induction-cystoscopie Hexvix) chez 102 patients ont été incluses : sexe masculin 82 %, âge médian 73 ans [30–93]. Les caractéristiques tumorales à la RTUV-Hexvix initiale étaient : Ta 67 %, T1 33 %, haut grade 93 %, CIS associé 46 %, taille<3cm 88 % et 29 % ont eu un « second look ». La cystoscopie Hexvix de ré-évaluation post-BCG était effectuée dans un délai moyen de 49±13jours après la dernière instillation de BCG.

Le taux de RTUV-Hexvix positive après BCG était de 22 % (26/114 procédures) : 73 % Ta, 27 % T1, 58 % CIS associé, 73 % haut grade. Les sensibilités de la lumière blanche et bleue pour la détection précoce de TVNIM post-BCG étaient respectivement : 42 vs 92 % (p =0,001) et les spécificités de 83 % vs 71 % (p =0,006). La lumière bleue a détecté 14/26 patients supplémentaires par rapport une RTUV en lumière blanche, et a indiqué un changement de prise en charge avec une nouvelle induction de BCG pour 13 patients et 1 traitement radical (cystectomie).


Conclusion

La réalisation d’une RTUV-Hexvix précoce a permis d’augmenter significativement le taux de détection de tumeur urothéliale après induction de BCG pour TVNIM haut risque, et d’indiquer une prise en charge autre qu’une surveillance, avec cependant un taux de faux positifs élevé (VPP=48 %).

IRM multiparamétrique systématique non suspecte avant biopsie : la biopsie de prostate est-elle toujours indiquée ?
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 740


Objectifs

Déterminer la valeur prédictive négative (VPN) de l’IRM multiparamétrique (IRMmp) systématique avant biopsie, seule ou combinée avec la densité du PSA (PSAd), pour exclure le risque de cancer de prostate cliniquement significatif (csPCa).


Méthodes

Une évaluation rétrospective de tous les patients ayant eu une biopsie transrectale de prostate dans notre centre de janvier 2014 à mars 2019 a été réalisée. Tous les patients ont eu une IRMmp systématique avant biopsie. Une IRMmp « non suspecte » était définie comme l’absence de lésion ou une lésion PI-RADS 1 ou 2. L’IRM a été réalisée en utilisant une console 3 ou 1,5T avec une antenne externe. Le critère de jugement principal était la détection du csPCa, défini comme l’existence d’un score de Gleason 3+4 (ISUP 2) ou plus sur au moins une des carottes de la biopsie.


Résultats

Cent quatre-vingt-onze hommes (âge médian : 65 ans, PSA médian : 9,3ng/mL) ont eu une biopsie de prostate avec une IRM pré-biopsique non suspecte correspondant à 126 (66 %) patients naïfs de biopsie, 36 (18,8 %) patients avec antécédent de biopsie négative et 29 (15,2 %) patients en surveillance active avec biopsie de confirmation. La détection globale du cancer de prostate et du csPCa était de 26,7 % et 5,2 % conférant une VPN de 73,3 % et 94,8 %, respectivement. La VPN de l’IRM augmentait jusqu’à 95,8 % en cas de PSAd<0,15ng/mL/cm3 et à 100 % chez les patients avec une PSAd<0,10ng/mL/cm3.


Conclusion

Une IRMmp pré-biopsie non suspecte avait une VPN à 94,8 % pour la détection du csPCa lorsqu’elle était utilisée seule et une VPN à 95,8 % lorsqu’elle était combinée à une PSAd<0,15ng/mL/cm3. De futures études sont nécessaires pour évaluer le rapport bénéfice–risque de l’indication des biopsies en cas d’IRMmp non suspecte.

La cotinine urinaire : un marqueur prometteur de récurrence des tumeurs vésicales non infiltrant le muscle (TVNIM)
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 792


Objectifs

Le tabagisme représente le principal facteur de risque du cancer de la vessie. Le rôle addictif de la nicotine est bien connu, mais les effets cancérigènes de ses métabolites excrétés dans les urines sont peu étudiés. La cotinine est un marqueur fiable de l’exposition à la fumée du tabac. L’objectif de cette étude est d’étudier la relation entre le taux urinaire de cotinine (TUC) et la récurrence des TVNIM.


Méthodes

Une étude transversale a été menée entre janvier 2017 et janvier 2020 sur des patients fumeurs, ayant une TVNIM traitée uniquement par résection transurétrale (RTUTV) et se présentant à leur cystoscopie de contrôle. Tous les patients avaient la même ethnicité et ont gardé les mêmes habitudes de consommation de tabac jusqu’au jour de l’intervention. Les expositions professionnelles ont été aussi éliminées. Le taux de cotinine a été mesuré sur un échantillon urinaire juste avant la procédure. Les patients ont été classés en « fumeurs modérés » ou « grands fumeurs », selon le TUC<ou>550ng/mL respectivement. La récurrence de la tumeur a été évaluée par cystoscopie et RTUTV si nécessaire, indépendamment du grade histologique de récidive. Le test exact de Fisher a été utilisé pour l’analyse des données à l’aide du logiciel R version 3,5.3. Les résultats étant significatifs si p <0,05.


Résultats

L’étude a été réalisée sur 135 patients âgés entre 36 et 78 ans (moyenne de 64 ans). Tous les patients étaient caucasiens, avec un profil d’exposition aux carcinogènes du cancer de la vessie comparable. L’intoxication tabagique était en moyenne de 40,4 paquets-années. Le TUC était>550ng/mL chez 78 patients (57,77 %) et<550ng/mL chez 42,22 % (n =57). Soixante-neuf patients (51,11 %) avaient récidivé de leur tumeur. Parmi eux, 75,36 % (n =52) étaient des « grand fumeurs » (TUC>550ng/mL), et 17 (24,63 %) des « fumeurs modérés » (TUC<550ng/mL). Nous avons montré qu’un TUC>550ng/mL était associé à un risque accru de récurrence de tumeur vésicale avec un risque relatif (RR) de 4,16 et une valeur p =0,001.


Conclusion

La cotinine urinaire à un taux >550ng/mL est associée à la récurrence des TVNIM chez les fumeurs. Des études prospectives ultérieures sont nécessaires afin de mieux étudier la relation entre les tumeurs vésicales et le taux de la cotinine urinaire pour pouvoir la proposer comme marqueur dans la surveillance des TVNIM.

La lymphocytopénie pré-traitement peut-elle être un facteur prédictif de l’échec de l’immunothérapie intravésicale par BCG dans les tumeurs de vessie non infiltrantes ?
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 793


Objectifs

Les lymphocytes (Ls) jouent un rôle central dans le processus de réponse immunitaire au BCG intravésicale. L’inflammation systémique initiée par le cancer induit l’apoptose et la marginalisation des globules blancs conduisant à une lymphocytopénie. Le but principal de notre étude était de savoir si la lymphocytopénie (Lp) au moment du diagnostic est un facteur prédictif de l’échec de la BCG thérapie dans les TVNIMV.


Méthodes

Cohorte rétrospective d’une série de patients atteints d’une TVNIM traités par résection et BCG thérapie, sur une période de 4 ans de janvier 2012 à décembre 2015. La valeur de seuil choisie était (Ls<vs>1,5×109/L). L’analyse statistique réalisée par le logiciel SPSS13.00. Une analyse de survie a été effectuée pour évaluer l’association de la lymphocytopénie en tant que facteur prédictif de la progression et de la récidive des TVNIMV selon la méthode de Kaplan–Meier. L’analyse de la lymphocytopénie et son ajustement avec les facteurs pronostiques sont effectués à l’aide du test Log rank et la régression de Cox.


Résultats

Cent patients ont été inclus. Quarante-quatre patients avaient une lymphocytopénie. La valeur moyenne des lymphocytes était de 2,8×109/L chez le groupe succès de BCG, contre une moyenne de 1,3×109/L chez le groupe échec de BCG (p =0,03). La survie sans récidive tumorale à 5 ans était de 49,8 % (IC95 %=45,9 %–56,9 %) chez le groupe (Ls<1,5) et de 64,3 % (IC95 %=50,4 %–71,0 %) pour le groupe (Ls>1,5) (p =0,018). La survie sans progression était de 86,3 % (IC95 %=77,7–87,9) et de 79,5 % (IC95 %=85,8 %–92,1 %), respectivement (p =0,016). En analyse multivariée, lymphocytopénie était associée à une tumeur de haut ou très haut risque. Était associée également à la récidive et à la progression tumorale (p =0,013).


Conclusion

Notre étude révèle une association étroite entre une lymphocytopénie et l’échec de l’immunothérapie par BCG. En outre, notre cohorte a révélé aussi une association significative entre une lymphocytopénie et une évolution défavorable des TVNIMV (récidive et progression). Cette étude nécessite des confirmations par d’autres études multicentriques et prospectives dans le futur.

La mini percutanée versus la NLPC standard : avantages et sécurité ?
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 704-705


Objectifs

Le traitement endourologique de la lithiase urinaire a reconnu une véritable révolution avec l’avènement des techniques modernes, peu invasives et surtout avec la miniaturisation. La mini percutanée, qui était initialement indiquée pour la population pédiatrique, trouve de plus en plus sa place parmi l’arsenal thérapeutique de l’urologue. Les indications de la mini percutanée et la NLPC standard se chevauchent et il n’y a pas de recommandations claires dans les guidelines . Dans la littérature, les données comparant ces deux techniques en termes de sécurité et d’efficacité sont rares. Dans ce sens, nous avons mené cette étude prospective afin de comparer les complications surtout hémorragiques ainsi que l’efficacité.


Méthodes

Il s’agit d’une étude prospective comparative randomisée menée entre 2017 jusqu’à 2020. Tous les patients étaient opérés par le même chirurgien. Les patients avec des calculs rénaux de taille supérieure ou égale à 2cm étaient inclus dans l’étude. On a exclu les patients de population pédiatrique, les lithiases sur uropathie malformative, les accès multiples. Ainsi, nos patients étaient randomisés en 2 groupes : 59 patients dans le bras de la sNLPC (gaine d’accès de 30 Fr) et 51 patients pour le bras de la mNLPC (gaine d’accès ≤20 Fr). Pour les deux groupes on a recueilli les données démographiques, les caractéristiques des calculs et les données opératoires : durée opératoire, méthode de dilatation, site de ponction, diamètre de la gaine d’accès, et le type de lithotripsie… On a estimé le saignement selon la différence entre la valeur de l’hémoglobine et de l’hématocrite faite la veille de l’acte et 24h en postopératoire ainsi que la nécessité de transfusion. Les complications étaient évaluées selon les critères de Dindo–Clavien.


Résultats

Il n’y avait pas de différence significative concernant l’âge, le sexe, l’IMC, la taille et la localisation des calculs (Tableau 1). Il semble que la durée opératoire était plus longue dans le bras de la minipercutanée 135min vs 110min (p =0,033). On a constaté une chute d’hémoglobine plus importante dans le groupe de NLPC standard (1,53 g-dcl vs 0,73 g-dcl ; p <0,015). En effet, une transfusion était nécessaire lors de 4 procédures et une embolisation sélective dans 2 cas. Pour la mini percutanée, il n’y a pas eu recours à la transfusion et le saignement a été généralement jugulé par le clampage de la sonde de néphrostomie. La majorité des complications constatées étaient classées de grade 1 selon la classification de Clavien–Dindo. Il n’y avait pas de différence significative en terme de complications entre les deux groupes (p =0,45). Le séjour postopératoire était significativement plus court pour le bras de la mini percutanée (2,75 vs 3,8jours) (p =0,02). Le taux de stone free a été évalué en se basant sur les radiographies a j1 et a 1 mois en postopératoire. Ceci a été définit par l’absence de calcul ou une lithiase résiduelle>3mm. Il n’y avait pas de différence significative en terme de SFR entre les 2 techniques sNLPC vs mNLPC (88,2 %vs86 %) p =0,09. Ces résultats sont résumés dans le Tableau 2.


Conclusion

La mini percutanée est une technique sûre et efficace avec une morbidité hémorragique réduite par rapport à la NLPC standard. De nos jours les indications sont élargies aux calculs complexes avec l’apport du laser haute énergie et grâce aux nouveaux systèmes d’irrigation à basse pression.

La nécessité d’un retraitement après lithotripsie extracorporelle (LEC) par ondes de choc. Les facteurs prédictifs. Conception des groupes à risque
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 708-709


Objectifs

La LEC est une option thérapeutique peu invasive pour le traitement des calculs réno-urétéraux. Le taux de succès pour le rein est de 60 à 80 % et pour l’uretère de 80 %. L’échec thérapeutique est dû à plusieurs facteurs. Étudier les facteurs d’influence indépendants sur la nécessité d’un retraitement chez les patients traités par LEC et concevoir un modèle de risque pour le besoin de retraitement.


Méthodes

Une étude prospective observationnelle et analytique incluant 140 patients traités par LEC entre janvier 2018 et décembre 2019. Tous les patients ont été évalués après traitement par une TDM abdominopelvienne C-. Les variables suivantes sont analysées : l’âge, le sexe, l’indice de masse corporelle, les caractéristiques du calcul (la taille [mm], la localisation, la densité en unité Hounsfield). La présence de dérivation urinaire, les paramètres techniques, les résultats thérapeutiques et les complications. Les facteurs influençant le besoin de retraitement ont été étudiées à l’aide de modèles de régression logistique binaire (étude simple et multivariée). Un modèle de risque est conçu, évaluant toutes les combinaisons possibles avec régression logistique (l’analyse statistique était faite par le logiciel SPSS.20).


Résultats

Dans l’étude multivariée, les trois facteurs suivants sont influents : densité maximale>850 unités Hounsfield (UH) (OR : 2,34, IC95 % : 1,20–4,57 ; p =0,014), diamètre maximal>7,5 millimètres (mm) (OR : 2,16 ; IC95 % : 1,09–4,29 ; p =0,027), localisation calicielle inférieure (OR : 2,22, IC95 % : 1,18–4,19 ; p =0,013). Modèle de risque : en utilisant les facteurs d’influence indépendants, le meilleur modèle comprend trois groupes de risque avec des probabilités significativement différentes d’avoir besoin d’un retraitement :

– groupe 1 - risque faible (0 variable) : formé par 43,5 % des patients. OR : 1 ; p <0,0001 ;

– groupe 2 - risque intermédiaire (1–2 variables) : formé par 28 % des patients. OR : 3,25 ; IC95 % : 1,56–6,75 ; p =0,002 ;

– groupe 3 - risque élevé (3 variables) : formé par 28,5 % des patients. OR : 6,49 ; IC95 % : 3,10–13,60 ; p <0,0001.


Conclusion

Le modèle de risque conçu explique la probabilité de retraitement après LEC. Selon notre étude statistique, 3 facteurs d’influence indépendants ont été trouvés : densité maximale>850 unités Hounsfield (UH), diamètre maximal>7,5 millimètres (mm), localisation calicielle inférieure. Il permet donc une approche plus précise afin de choisir le traitement le plus approprié.

La néphrolithotomie percutanée chez les patients obèses : évaluation de la sécurité et l’efficacité
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 705-706


Objectifs

De nos jours, l’incidence et la prévalence de l’obésité est en nette augmentation dans le monde. Ceci est un facteur majeur de survenue d’évènements cardiovasculaires et de mortalité. Toutefois, l’insulinorésistance dans le cadre de l’obésité favorise la lithogenèse. Le traitement de la lithiase urinaire chez les patients obèses est un véritable challenge pour l’urologue surtout en matière de néphrolithotomie percutanée (NLPC) vu les comorbidités, les difficultés anesthésiques et le long trajet d’accès. L’objectif ce travail était d’évaluer l’influence de l’obésité sur les résultats de la NLPC en matière de sécurité et d’efficacité.


Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective comparative qui a colligé 203 cas de NLPC réalisées durant la période de 2015 jusqu’à 2020. Toutes les procédures étaient pratiquées en décubitus dorsal modifié par le même chirurgien. On a exclu les patients avec insuffisance rénale, la population pédiatrique, les lithiases sur uropathies malformatives et les troubles d’hémostase.

Ainsi, on a recueilli :

– les données préopératoires concernant les caractéristiques démographiques et la caractérisation des calculs sur le scanner. Notre population a été repartie en 4 groupes en se basant sur la définition de l’obésité par l’organisation mondiale de la santé : groupe 1 (IMC normal :<25kg/m2) - groupe 2 (surpoids : IMC entre 25 et 29,9kg/m2) - groupe 3 (obésité : IMC entre 30 et 34,9kg/m2) - groupe 4 (obésité morbide : IMC ≥ 35kg/m2) ;

– les données per- et postopératoires ont inclus la durée opératoire, le site de ponction, la durée de fluoroscopie, les complications hémorragiques selon la classification de Clavien–Dindo et le taux de « stone free ».


Résultats

L’âge moyen était de 42 ans avec un sex-ratio H/F de 2,7. Les patients étaient subdivisés en 4 groupes : groupe 1 : 83 patients (40,8 %) ; groupe 2 : 66 patients (32,6 %) ; groupe 3 : 41 patients (20,2 %) ; groupe 4 : 13patients(6,4 %). La durée opératoire était plus longue chez les patients obèses, respectivement selon les groupes 83±25min, 112±31min, 109±41min et 121±47min avec une différence statistiquement significative p =0,035. L’échec de ponction était noté dans 3 cas pour le groupe 1 et dans 11 cas pour les autres groupes. La durée moyenne de fluoroscopie était de 12,5min qui était plus longue pour le bras des patients obèses. On n’a pas observé des complications anesthésiques pour tous les groupes. Les complications étaient classées selon le système Clavien–Dindo : 21,2 % de grade 1 ; 27,4 % de grade 2 et 6,3 % de grade 3. On n’a pas noté des complications de grade 4 ou 5. Il n’y avait pas de différence significative entre les 4 groupes (p =0,23). L’embolisation a été nécessaire lors de 5 procédures pour le bras des patients obèses versus aucun cas pour les patients avec IMC normal. Il n’avait pas de différence significative en terme de « stone free » immédiat et à 1 mois qui était respectivement de 79,27 % et 83,42 avec (p =0,08), (p =0,15).


Conclusion

La NLPC garde sa sécurité et son efficacité chez les patients obèses avec un taux de succès pertinent. La durée opératoire et de fluoroscopie augmente avec l’IMC. Chez cette population particulière, la NLPC nécessite une certaine expertise pour minimiser la durée d’exposition aux rayons avec le respect des règles de radioprotection.

La néphrolithotomie percutanée : est-il possible de prédire le risque de complications infectieuses lors de la consultation thérapeutique (proposition du geste) ?
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 707


Objectifs

Les complications infectieuses (CI) après une néphrolithotomie percutanée (NLPC) sont des complications graves qui peuvent mettre en jeu le pronostic vital. Notre objectif était d’analyser et de rechercher les facteurs prédictifs de CI avant de faire une NLPC.


Méthodes

Il s’agit d’une étude prospective observationnelle analytique menée au sein de notre service d’urologie intéressant 360 cas de NLPC pratiquées à partir de janvier 2016 à décembre 2019. Nous avons défini les complications infectieuses (CI) postopératoires comme un SIRS ou un choc septique (critères classiques). Les variables analysées étaient : l’âge, le sexe, les antécédents chirurgicaux et médicaux notamment le diabète, indice de masse corporelle (IMC), caractéristiques du calcul (localisation, taille et unités de Hounsfield [HU]), culture préopératoire, temps chirurgical et calibre de la Gaine d’Amplatz. L’analyse statistique était faite par le logiciel SPSS.20 (différence significative lorsque p ≤0,01).


Résultats

Âge moyen de 52,75 ans (±13,5), sex-ratio H/F de 1,4, un IMC moyen de 27,29kg/m2, diabète dans 15 % ; 55,56 % des NLPC du côté droit et 44,44 % du côté gauche, un diamètre moyen de 25,88mm avec une densité moyenne de 1002,8 UH (±322). Un temps chirurgical moyen de 118,23minutes (±38,2). Une culture préopératoire dans 100 % et positif dans 32,77 %, les CI survenant chez 64 patients (17,77 %) ; 25 patients (39,06 %) ont développé un SIRS et 39 un choc septique (60,94 %). Les CI étaient plus fréquentes chez les femmes 33 sur 150 (22 %) avec p <0,001, en cas des calculs de diamètre ≥30mm (p =0,049). Sur les 64 patients avec des CI, 40 patients ont présenté une culture d’urine positive (62,5 %), 16 négative (25 %) et 8 contaminé (12,5 %) (p <0,001). Dans la régression logistique binaire, nous obtenus comme facteurs prédictifs préopératoires : sexe féminin OR : 3,4 (IC95 % : 1,6–7,3), diabète OR : 1,6 (IC95 % : 0,4–3,33), taille lithiasique OR : 1,02 (IC95 % : 1–1,04) et culture d’urine préopératoire positive OR : 4 (IC95 % : 2,17–7,33) avec p <0,001.


Conclusion

Femmes diabétiques de grande taille lithiasique et la culture préopératoire positive ont un risque plus élevé de CI. Dans ce groupe de patients, notre conseil est de surveiller de près au début de la période postopératoire. De plus, nous ne recommande pas d’effectuer des procédures bilatérales de manière synchronisée.

La performance du test urinaire Xpert® Bladder Cancer Monitor est supérieure à celle de la cytologie pour la détection des récidives des tumeurs de la vessie n’infiltrant pas le muscle
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 790-791


Objectifs

Comparer les performances du test Xpert® Bladder Cancer Monitor (dispositif médical de diagnostic in vitro CE-IVD. Non disponible dans tous les pays. Non disponible aux États-Unis) à la cytologie pour la détection de récidive des patients suivis pour une tumeur de la vessie n’infiltrant pas le muscle (TVNIM).


Méthodes

Les urines des patients ont été collectées dans 2 centres, avant fibroscopie de surveillance. En cas de fibroscopie anormale, les malades étaient réséqués. Ces urines ont été analysées avec le kit Xpert® Bladder Cancer Monitor en utilisant le système GeneXpert (Cepheid™), qui permet la quantification des ARNs de 5 gènes d’intérêt et un gène de référence. Les valeurs de sensibilité, spécificité, prédiction positive, et négative ont été calculées pour le test Xpert® Bladder Cancer Monitor et la cytologie. Les aires sous la courbe (AUC) ont été établies à partir des courbes receiver operating characteristic (ROC), et leur significativité testée en comparaison à la valeur 0,5.


Résultats

Sur les 500 tests Xpert® Bladder Cancer Monitor effectués, huit (1,6 %) ont échoué. Un score positif a été obtenu pour 150 patients (30 %), dont 45 avaient une fibroscopie anormale et, pour 32, une récidive confirmée à l’anatomopathologie. En parallèle, 392 de ces patients ont eu une cytologie urinaire, dont 49 (12,5 %) étaient non interprétables, 9 positives et 334 négatives. Les valeurs de sensibilité, spécificité, prédiction positive, et prédiction négative pour la détection des récidives et des récidives de haut grade sont présentées dans le Tableau 1. L’analyse des courbes ROC a confirmé la supériorité du test Xpert® Bladder Cancer Monitor (AUC : 0,73, IC95 % : 0,66–0,80, p <0,0001) sur la cytologie (AUC : 0,53, IC95 % : 0,48–0,58, p =0,155) pour la détection des récidives, comme celles des récidives de haut grade (AUC=0,83, IC95 % : 0,75–0,91, p <0,0001 vs AUC : 0,55, IC95 % : 0,44–0,65, p =0,212).


Conclusion

La performance du test Xpert® Bladder Cancer Monitor était supérieure à celle de la cytologie pour prédire le risque de récidive des TVNIM, et notamment celle de haut grade.

La résection bipolaire en bloc au plasma des tumeurs vésicales non invasives de la musculaire, guidée par NBI, face à la résection monopolaire standard – Profil oncologique supérieur à long terme pour une technique hybride
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 831


Objectifs

L’étude a été désignée à évaluer la résection bipolaire en-block au plasma (REBP), guidée par l’imagerie à bande étroite (narrow band imaging [NBI]) et de la comparer à la résection transurétrale de la vessie (RTUV) monopolaire standard. Les deux alternatives ont été appliquées dans des cas sélectionnés par le critère de la dimension des tumeurs vésicales non invasives de la musculaire (TVNIM).


Méthodes

Au total, 240 patients consécutifs, diagnostiqués par écographie abdominale et scanner avec contraste qui ont présenté au moins une tumeur papillaire de la vessie de 1 à 3cm en diamètre ont été enrôlés de manière prospective, randomisée. Les patients du groupe étude (n =120) ont subi une ablation tumorale en-block au plasma, guidée par NBI. Dans le groupe contrôle (n =120), on a utilisé la RTUV conventionnelle monopolaire. Le protocole de suivi des patients avec TVNIM confirmés a inclus une cytologie urinaire et une cystoscopie, effectuées en accord avec le groupe de risque de chaque cas, pendant une période de 3 ans.


Résultats

La résection en-block au plasma a été caractérisée par une réduction significative du réflexe du nerve obturateur (5,8 % contre 13,3 %), du temps opératoire (15,4 contre 21,6minutes), du cathétérisme (1,8 contre 2,9jours) et de l’hospitalisation (2,1 contre 3,2jours) ainsi qu’une moindre baisse moyenne du niveau de l’hémoglobine (0,37 contre 0,85g/dL). La résection NBI a montré des taux de détection statistiquement supérieure concernant les lésions CIS (95,4 % contre 68,7 %), pTa (93,5 % contre 81,7 %) et les TVNIM en général (94,6 % contre 84,2 %). Un taux de récurrence substantiellement réduit a été décrit parmi les patients du bras REBP-NBI à 1 (13,6 % contre 22,3 %), 2 (18,7 % contre 29,5 %) et 3 (22,9 % contre 35,2 %) ans. Cette différence a été liée à la fréquence réduite de manière significative des récurrences hétérotopiques retrouvée dans le group étude (10,8 % contre 18,4 %, 14,9 % contre 26,7 % et 18,2 % contre 30,9 % à 1, 2 et 3 ans, respectivement) par comparaison à la série REBP-NBI.


Conclusion

La technique d’ablation en-block au plasma a été caractérisée par une efficacité chirurgicale supérieure, un risque d’hémorragie bien réduit et une période de convalescence plus courte. Grâce à l’utilisation de l’NBI, des progrès significatifs ont été obtenus en ce qui concerne les taux des tumeurs diagnostiquées. Du point de vue oncologique, un avantage significatif a été obtenu, tandis que substantiellement moins des récurrences hétérotopiques ont été trouvées parmi les patients de la série REBP-NBI.

La technique du curage ganglionnaire des prostatectomies laparoscopiques robot-assistées, influence-t-elle le taux des lymphocèles postopératoire ? Étude comparative de l’utilisation des clips hémostatiques versus la coagulation mono-polaire
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 732-733


Objectifs

Évaluer le risque de survenue de lymphocèles symptomatiques chez les patients traités par prostatectomie totale robot-assisté (RARP) en fonction de la technique de curage ganglionnaire.


Méthodes

Nous avons analysé les résultats des RARP avec curage ganglionnaire de janvier 2017 à mai 2020, à partir de la base de données prospective d’un centre de moyen à haut volume opératoire. Réalisés par 3 principaux chirurgiens séniors avec des techniques différentes.

Dans le groupe 1, la ligature des vaisseaux lymphatiques était réalisée par pose de clips hémostatiques de type Hemolock. Dans le groupe 2 les vaisseaux lymphatiques étaient électro-coagulés à l’aide de la coagulation mono-polaire.

Le critère principal était le taux de lymphocèles symptomatiques postopératoires avec un suivi médian de 3 mois. Les critères secondaires étaient le temps opératoire, les pertes sanguines peropératoires, la durée d’hospitalisation et le nombre de ganglion sur l’analyse histologique définitive.


Résultats

Au total, 181 patients ont été inclus, 114 dans le groupe 1 et 67 dans le groupe 2. Les caractéristiques de la cohorte étaient similaire en termes d’âge, de risque de D’Amico (Tableau 1).

Le taux de lymphocèles symptomatiques postopératoire était à 9,6 % n =11 dans le groupe 1 et 4,5 % n =3 dans le groupe 2, sans différence statistiquement significative (p =0,3). (Tableau 2).

Concernant les critères secondaires, la durée opératoire moyenne était plus courte dans le groupe 2 avec coagulation mono-polaire (p <0,001), tandis que, aucune différence significative entre les deux groupes n’a été mise en évidence en matière de durée médiane d’hospitalisation, de pertes sanguines peropératoires ni de nombre de ganglions sur l’histologie définitive (p =0,8 ; p =0,2 ; p =0,11 respectivement).


Conclusion

L’électrocoagulation mono-polaire durant les curages ganglionnaires pelviens des prostatectomies radicales laparoscopiques robot-assistées, semble être une approche faisable et sûr sans augmentation du risque de lymphocèle symptomatique postopératoire.

La transplantation rénale itérative : notre expérience sur la troisième transplantation rénale
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 722


Objectifs

La troisième transplantation de rein représente une bonne solution après la perte des greffons précédents, elle est associée à une meilleure survie des patients par rapport à la dialyse. Cependant, cela implique un plus grand risque chirurgical et immunologique. Nous présentons notre expérience sur la troisième transplantation rénale, en analysant les complications et le taux de survie des greffons.


Méthodes

Étude rétrospective des troisièmes transplantations rénales réalisées dans notre hôpital entre 1976 et 2019. Des variables concernant le receveur, le donneur, les aspects chirurgicaux, les complications et la survie des greffons ont été recueillies. Les résultats ont été comparés à une cohorte de premières et deuxièmes transplantations effectuées dans notre service.


Résultats

Sur un total de 4143, nous avons effectué 72 troisièmes transplantations avec un âge moyen des receveurs de 46 ans (21–76) et une durée moyenne de dialyse de 70 mois (1–250). Les greffons provenaient tous de donneurs cadavériques. La troisième transplantation expose à une augmentation significative de lymphocèle (13,9 % contre 3,2 % dans les premières et 4,5 % dans les deuxièmes ; p <0,001), de rejet de greffon (34,7 % contre 14,9 % et 20,5 %, p <0,001) et d’obstruction urétérale (11,1 % contre 3,6 % et 6,3 % ; p 0,002). Le taux de survie des greffons pour les premières, deuxièmes et troisièmes transplantations a été respectivement de 87 %, 86 % et 78 % à un an, 83 %, 82 % et 74 % à trois ans et 80 %, 79 % et 65 % à cinq ans.


Conclusion

La transplantation rénale itérative constitue un très bon choix thérapeutique avec des résultats chirurgicaux et de survie adéquats par rapport aux premières et deuxièmes transplantations. Il s’agit d’une procédure difficile qui doit être réalisée par des chirurgiens expérimentés, en individualisant chaque cas.

Le cancer de la prostate dans le département de l’Hérault : résultats de 30 ans d’enregistrement (1987–2016)
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 693


Objectifs

L’objectif de cette étude est de présenter l’évolution de l’épidémiologie du cancer de la prostate dans l’Hérault à partir des données collectées par le registre des tumeurs de l’Hérault (RTH) sur une période de 30 ans.


Méthodes

À partir de la base de données du RTH, nous avons étudié l’évolution du cancer de la prostate de 1987 à 2016. Nous avons analysé les données concernant l’incidence, la mortalité, l’anatomopathologie des tumeurs et leur stade au diagnostic. Nous avons comparé ces résultats aux données nationales et internationales.


Résultats

Nous avons recensé 21 261 nouveaux cas de cancers de la prostate. Entre 1987 et 2016 le nombre de nouveaux cas de cancer de prostate a été multiplié par 2,8 avec un pic d’incidence en 2003. Le taux standardisé sur la population mondiale (TSM) de l’incidence est passé de 32,4 à 90,3 pour 100 000, la mortalité de 13,2 à 11,5 pour 100 000. Entre 2007 et 2015, le nombre cancer diagnostiqué au stade métastatique est passé de 5,1 % à 8,5 %, de même le taux de pT3 est passé de 17 % à 27,4 %. En 2016, la probabilité d’être atteint d’un cancer de prostate avant 75 ans est de 12,28 % (Fig. 1).


Conclusion

En 30 ans, l’incidence du cancer de la prostate a fortement augmenté dans l’Hérault alors que l’on observe une diminution de sa mortalité. Ces données analytiques seront améliorées par le développement du Registre de l’Hérault Spécialisé en Onco-Urologie (RHESOU).

Le cancer de la vessie dans le département de l’Hérault : résultats de 30 ans d’enregistrement du Registre des Tumeurs de l’Hérault (1987–2016)
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 713


Objectifs

Le registre des tumeurs de l’Hérault (RTH) est un registre général qualifié par le comité national des registres depuis 1987. L’objectif de cette étude est de présenter l’évolution de l’épidémiologie du cancer de la vessie dans le département de l’Hérault à partir des données collectées par le RTH sur une période de 30 ans.


Méthodes

À partir de la base de données du RTH, nous avons étudié l’incidence, les taux d’incidence standardisés sur la population mondiale (TSM), la fréquence relative, le sex-ratio, l’âge moyen au diagnostic, les données anatomopathologiques et les primo-traitements pour toutes les tumeurs de la vessie ≥T1 dans la population de l’Hérault entre 1987 et 2016. Les données de mortalité proviennent du service SC8 de l’INSERM (CépiDC). Nous avons comparé ces résultats aux données nationales et internationales. Les estimations françaises proviennent des données FRANCIM et les données mondiales des registres sont regroupées par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), situé à Lyon.


Résultats

Les TSM du cancer de la vessie pour 100 000 sont passés de 11,1 en 1987–1988 (21 hommes, 3,1 femmes) à 8,2 en 2015–2016 (15,2 hommes, 2,5 femmes). Sur 30 ans, le RTH a recensé 5580 cas et 2718 décès. Le rapport mortalité/incidence était de 48,7 % (45,9 % chez l’homme, 62,1 % chez la femme) et le sex-ratio était de 4,7 hommes pour une femme. En 2016, il était le 7e cancer dans l’Hérault (5e chez l’homme). Les carcinomes urothéliaux représentaient 91,7 % des cancers. En 2016, l’âge moyen au diagnostic était de 74,8 ans (74,2 ans chez l’homme, 76,9 ans chez la femme) et la probabilité d’avoir un cancer de la vessie avant l’âge de 75 ans était de 1,81 % pour un homme (1/55) et 0,26 % pour une femme (1/382) (Fig. 1).


Discussion

L’incidence des tumeurs de la vessie a faiblement diminué chez l’homme dans l’Hérault. Les registres ne recueillent que les tumeurs ≥T1, ce qui diffère des recommandations cliniques. En 2018, le Registre de l’Hérault Spécialisé en Onco-Urologie (RHESOU) a vu le jour, dans le but d’apporter plus de cohérence entre les données épidémiologiques et la pratique clinique actuelle.


Conclusion

L’incidence des tumeurs de la vessie a faiblement diminué chez l’homme dans l’Hérault. Les registres ne recueillent que les tumeurs ≥T1, ce qui diffère des recommandations cliniques. En 2018, le Registre de l’Hérault Spécialisé en Onco-Urologie (RHESOU) a vu le jour, dans le but d’apporter plus de cohérence entre les données épidémiologiques et la pratique clinique actuelle.

Le cancer du rein dans le département de l’Hérault : résultats de 30 ans d’enregistrement (1987–2016)
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 819-820


Objectifs

L’objectif de cette étude est de présenter l’évolution de l’épidémiologie du cancer du rein dans l’Hérault à partir des données collectées par le registre des tumeurs de l’Hérault (RTH) sur une période de 30 ans.


Méthodes

À partir de la base de données du RTH, nous avons étudié l’évolution du cancer du rein de 1987 à 2016. Nous avons analysé les données concernant l’incidence, la mortalité, l’anatomopathologie des tumeurs et leur stade au diagnostic. Nous avons comparé ces résultats aux données nationales et internationales.


Résultats

Nous avons recensé 3766 nouveaux cas de cancers du rein : 2626 chez l’homme (69,7 %) et 1140 chez la femme (30,3 %). En 2016, le cancer du rein était le 8e cancer tous sexes confondus, le 7e cancer chez l’homme et le 11e chez la femme. Entre 1987 et 2016, le nombre de nouveaux cas de cancer du rein a été multiplié par 4,2 chez l’homme et par 3,3 chez la femme. Le nombre de formes localisées a augmenté de 9 % en 30 ans. En 2016, la probabilité d’être atteint d’un cancer du rein avant 75 ans est de 2,11 % pour un homme et de 0,62 % pour une femme (Fig. 1).


Conclusion

En 30 ans, l’incidence du cancer du rein a fortement augmenté dans l’Hérault alors que l’on observe une diminution de sa mortalité. Ces données analytiques seront améliorées par le développement du Registre de l’Hérault Spécialisé en Onco-Urologie (RHESOU).