Base bibliographique

Biopsies de fusion IRM/TRUS par voie transpérinéale sous anesthésie locale en ambulatoire. Une étude de faisabilité sur deux centres
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 742-743


Objectifs

Les biopsies de la prostate par voie transpérinéale (TPBx) sont généralement effectuées sous anesthésie générale sans fusion d’image. L’objectif de cette étude est d’évaluer la faisabilité, le taux de détection du cancer (CDR) de la prostate (PCa), la douleur et les effets indésirables associés aux biopsies transpérinéales par fusion élastique imagerie résonance magnétique (IRM) et d’images échographiques transrectales (TRUS) sous anesthésie locale.


Méthodes

Cette étude rétrospective a été conduite dans deux centres sur la période de 10/2017 à 01/2020 incluant 377 patients, d’âge moyen 67 ans (IC95 % : 66–68), ayant une augmentation de l’antigène spécifique de la prostate (PSA) (valeur médiane PSA=7,2ng/mL [IQR : 4,8–11]). L’IRM a été effectué chez tous les patients et positif chez 355 patients (97 %). Le volume prostatique médian à l’IRM est de 43mL (IQR : 31–60), et le volume médian de lésion index de 0,9mL (IQR : 0,5–2,1) pour lesquelles au moins 2 TPBx ciblées ont été effectuées. Chez les patients ayant un IRM normal, des TPBx systématiques randomisées ont été effectuées. Le système de fusion IRM/TRUS et navigation 3D Trinity®Perine (Koelis, France) a été utilisé en ambulatoire pour effectuer les biopsies sous anesthésie locale. Une prophylaxie antibiotique a été utilisée chez 145 (38 %) patients. La douleur et les effets indésirables associés aux biopsies ont été signalés.


Résultats

Le nombre de TPBx médian est de 4 (IQR : 3–4). Le CDR est de 64 % (242/377) pour tous les cancers et de 52 % (192/377) pour les cancers cliniquement significatifs. La longueur médiane maximale du noyau cancéreux est de 9mm (IQR : 5–12). Le CDR de tous les cancers correspondant aux PIRADS 3, 4 et 5 est respectivement de 30 % (29/97), 70 % (99/142) et 94 % (108/115). Le score médian de douleur (échelle de 0 à10) est de 2 (IQR : 1–3). Trois patients ont développés une infection post-biopsie et 2 d’entre eux (0,5 %) ont eu une urosepsie. Aucune hématurie ou rétention urinaire nécessitant une transfusion ne s’est produite.


Conclusion

La réalisation de biopsies ciblées et systématiques randomisées par voie transpérinéale sous anesthésie locale par fusion IRM/TRUS « free-hand » est une technique réalisable, sûre et bien tolérée pour le diagnostic du cancer de la prostate.

Cancer de la prostate de la zone transition : détection par micro-échographie de seconde intention après IRM biparamétrique
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 741


Objectifs

L’IRM de la prostate localise avec précision le cancer de la zone transition (ZT) diagnostiqué ensuite par des biopsies ciblées avec fusion d’images ou des biopsies guidées par IRM, avec les limites d’utilisation propres à chaque technique. La résolution spatiale élevée de la micro-échographie, qui utilise une sonde de très haute fréquence (29MHz) pourrait pallier les inconvénients des deux techniques pour guider les prélèvements.


Méthodes

Une IRM biparamétrique a été réalisée avant biopsie chez 61 patients consécutifs présentant une lésion de score PI-RADS>2 dans la ZT. L’examen, réalisé à 1,5T avec une antenne pelvienne de 60 éléments (Aera 64, Siemens Healthineers), comportait une séquence T2-3D et une séquence de diffusion avec trois valeurs de b acquises (b50, 500, 1000 s/mm2) et trois calculées (b2000, 4000, 6000 s/mm2). Une fusion d’images était disponible, mais non activée d’emblée, pour évaluer la fiabilité de la micro-échographie sans fusion dans la détection des cancers significatifs (sCaP) de la ZT visibles à l’IRM (présence de grade de Gleason 4 et/ou longueur maximale de cancer [LMCa]>3mm sur une carotte).


Résultats

L’âge moyen, le taux moyen de PSA et le volume prostatique étaient respectivement de 65±9,8 [SD]ans (extrêmes : 50–80), de 10,6±[SD]8,5ng/mL (extrêmes : 2–55) et de 57±30[SD]mL (extrêmes : 25–160). L’IRM montrait 64 lésions focales PI-RADS 3, 4, 5 dans respectivement 21 (21/64,33 %), 27 (27/64,42 %) et 16 (16/64,25 %) d’entre elles. La micro-échographie a visualisé 52 lésions (52/64, 81 %), sans fusion d’images pour 42 (42/52,81 %), après activation de la fusion d’images pour 10 d’entre elles (10/52,19 %) et manquait 12 lésions (12/64, 19 %). Le taux de détection global des sCaP était de 48,3 % (31/64) et de 0,9 % (2/21), 59 % (16/27), 81 % (13/16), en cas de PI-RADS respectivement 3, 4, 5. Sur les 43 lésions PI-RADS 4 et 5, la lésion était visualisée 30 fois (30/43,70 %) par micro-échographie sans fusion, 7 fois (7/43,16 %) après fusion et restait 6 fois non détectable (6/43,14 %).


Conclusion

La micro-échographie peut visualiser la majorité des lésions PI-RADS>2 de la ZT. Les lésions PI-RADS 3 sont en grande majorité des lésions bénignes. La micro-échographie pourrait être réservée aux lésions PI-RADS 4 et 5, mais la fusion d’images reste nécessaire pour réaliser la biopsie des lésions non visualisées.

Cancer de prostate localisé de haut risque : résultats à long terme de la prostatectomie
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 729-730


Objectifs

Les cancers de prostate localisés de haut risque représentent environ 15 % des formes au diagnostic. Pourtant, le traitement optimal de ces formes défavorables n’est pas totalement défini et leur prise en charge est devenue multimodale, en raison d’un taux de récidive important.

Notre étude s’intéresse aux résultats oncologiques à long terme après prostatectomie.


Méthodes

Nous avons mené une étude observationnelle, rétrospective, monocentrique sur l’hôpital Henri-Mondor portant sur une série consécutive de patients opérés entre 2008 et 2018.

Cent soixante-dix cas ont ainsi été identifiés comme appartenant au groupe de haut risque histopronostique selon de D’Amico et traités par prostatectomie avec curage ganglionnaire.

Le critère principal de l’étude était la survie sans récidive biologique (SSRB).

Les caractéristiques préopératoires (PSA, score de Gleason [SG], statut IRM) et les données histologiques définitives (stade pTNM) ont ainsi été analysées en termes de facteur pronostique de la récidive biochimique.


Résultats

La SSRB globale était de 69,2 % à 5 mois, 58,1 % à 1 an, 48 % à 2 ans et 40,8 % à 4 ans.

L’analyse en sous-groupes de la SSRB à 2 ans a montré des différences significatives ; notamment le nombre de critères de haut risque (48 % de SSRB si 1, 27,5 % si 2 et 16,5 % si 3 critères, p =0,002) et le PSA (52,5 % si<20 et 21,7 % si>20, p =0,00012).

Les données postopératoires ont montrés des différences significatives concernant la SSRB à 4 ans en fonction du SG (79,2 % si 7, 32,5 % si 8 et 19,5 % si>8, p <0,0012), du stade pT (75 % si pT2, 52,5 % si pT3a et 11,5 % si pT3b, p <0,001), des marges (55,7 % vs 23,8 % si R+, p <0,0001) et du stade pN (54,1 % vs 10,2 % si pN+, p <0,001) (Fig. 1, Fig. 2, Fig. 3).


Conclusion

La définition du traitement local dans le cancer de prostate de haut risque et/ou localement avancé laisse d’importantes perspectives à la chirurgie. Les marqueurs génomiques et l’imagerie moléculaire pourraient faire avancer le débat, ainsi que le premier essai randomisé sur le sujet (SPCG15). La diversification des traitements systémiques (nouvelles hormonothérapies) offre par ailleurs de nouvelles stratégies à évaluer.

Caractérisation moléculaire par marqueurs urinaires de l’insuffisance sphinctérienne neurogène des patients spina bifida
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 799-800


Objectifs

L’objectif de cette étude était d’évaluer l’association entre 6 marqueurs urinaires (NGF, BDNF, TIMP-2, TGF-B1 et PGE2) et l’insuffisance sphinctérienne chez les adultes spina bifida.


Méthodes

Une étude prospective monocentrique a été menée entre mars 2015 et mars 2017 incluant tous les patients spina bifida adultes ayant consulté consécutivement pour examen urodynamique. Une imagerie de l’appareil urinaire était également effectuée chez tous les patients. À la fin de la période d’inclusion, les prélèvements urinaires étaient décongelés pour réalisation des dosages de NGF, BDNF, TIMP-2, PGE2, TGF-B1 à l’aide de kits ELISA dédiés et de MMP-2 par zymographie. L’association entre taux de marqueurs urinaires et signe clinique (incontinence urinaire d’effort) et urodynamique (pression de clôture urétrale maximale [PCUM] abaissée) était recherchée.


Résultats

Quarante patients ont été inclus. Parmi eux, 17 avaient une IUE (42,5 %). La PCUM moyenne était de 56,7 cmH2 O Le TIMP-2/Cr et le BDNF/Cr urinaires étaient les deux seuls marqueurs corrélés à la PCUM (r =−0,37 ; p =0,02 dans les deux cas, Fig. 1). Le TIMP-2/Cr était significativement plus élevé dans le groupe IUE (p =0,003 ; Fig. 2) de même que le BDNF/Cr (p =0,02 ; Fig. 2). Le NGF/Cr, le TGF-B1/Cr et le MMP2 urinaires ne différaient pas significativement entre les groupes IUE et pas d’IUE.


Conclusion

Le TIMP-2 et le BDNF urinaires pourraient être associés à l’insuffisance sphinctérienne chez les adultes spina bifida. Ces résultats suggèrent une implication physiopathologique du remodelage de la matrice extracellulaire et donc une composante de fibrose dans l’insuffisance sphinctérienne des adultes spina bifida, ainsi qu’une composante neurogène en tant que telle.

Caractéristiques cliniques, radiologiques et anatomopathologiques des patients récidivants après néphrectomie partielle pour carcinome rénal
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 818


Objectifs

Étudier les caractéristiques cliniques, radiologiques et anatomopathologiques des patients ayant une récidive locale (RL) après néphrectomie partielle (NP) pour un cancer du rein.


Méthodes

Étude descriptive rétrospective multicentrique réalisée dans le cadre du réseau Uro-CCR qui a inclus les patients ayant eu une RL après NP pour un carcinome rénal localisé. Les patients ayant une progression métastatique synchrone de la RL et un antécédent de néphrectomie pour cancer ont été exclus. Les résultats sont exprimés en médiane pour les variables quantitatives et en fréquence pour les variables qualitatives. La survie sans métastase était estimée par la méthode de Kaplan–Meier. Une analyse multivariée selon le modèle de Cox a été réalisée pour rechercher les facteurs associés à l’évolution métastatique après la RL.


Résultats

Au total, 73 patients ont été inclus. Le délai entre la NP et la RL était de 19 mois. La taille des tumeurs initiale était de 40mm et le RENAL score était de 7. Soixante-dix pour cent des tumeurs étaient des T1. Le type histologique les plus fréquent était le carcinome à cellules claires (83 %). Le grade de Furhman était de 3–4 dans 48 % des cas. Le taux de composante sarcomatoïde (CS) et de marge chirurgicale positive étaient de 10 % et de 14 %, respectivement. Le suivi médian après la récidive était de 21 mois. Le taux de métastase était de 30 % après traitement de la RL. La présence d’une CS sur la pièce de NP était le seul facteur associé à une progression métastatique après une RL en analyse multivariée.


Conclusion

La présence d’une composante sarcomatoïde et les marges chirurgicales positives semble être des facteurs associés à une RL après NP. De plus, la composante sarcomatoïde semble être un facteur prédictif de progression métastatique dans cette sous-population.

Caractéristiques pathologiques des lésions IRM PI-RADS 3 en biopsie (systématique et ciblée) et sur pièces de prostatectomie totale
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 770


Objectifs

Les lésions IRM PI-RADS 3 sont définies comme équivoques, avec un faible risque de maladie agressive. Bien que la biopsie de ces lésions reste indiquée, peu d’études ont évalué l’ensemble du spectre pathologique de ces lésions à l’aide d’une analyse des biopsies systématique (SB), biopsie ciblée (TB) et de pièce de prostatectomie totale (PT).


Méthodes

À partir d’une base de données rétrospective de patients subissant une PT après une combinaison de SB (min 12 carottes) et de TB (min 2 carottes), nous avons inclus 150 patients atteints de lésions PI-RADS 3. Les résultats cliniques, biologiques et pathologiques ont été évalués dans la population globale. Le PCa cliniquement significatif (csPCa) a été défini par un groupe de grade 2 ou plus. Les critères d’évaluation principaux étaient les caractéristiques défavorables des échantillons PT estimées par les taux de grade 3–5 et de stade pT3-4. La précision de la TB et du SB pour prédire le groupe de grade a également été évaluée.


Résultats

L’âge médian et le PSA étaient respectivement de 64,0 ans et 8,0ng/mL. La TB était négative dans 20,7 %. Un groupe de grade final 3 ou plus a été rapporté dans 36,7 % des échantillons de PT. Un stade pT3a-b a été signalé dans 38,7 % des cas. Les taux d’upgrading étaient respectivement de 54,4 %, 47,9 % et 38,2 % par SB, TB et TB+SB. Le taux de concordance entre grade biopsie et PT n’était que de 38,0 %. Les deux facteurs prédictifs indépendants de la maladie défavorable (pT3-4 et/ou grade final 3–5) étaient la PSAD (p =0,001) et la présence de csPCa sur la TB (OR : 3,7 ; p =0,001). Le risque de maladie défavorable a été augmenté de 2,3 fois et 5,8 fois en cas de PSAD entre 0,15 et 0,20 et>0,20ng/mL/g, respectivement.


Conclusion

Les lésions PI-RADS présentent des caractéristiques agressives dans une proportion non négligeable de cas. La densité du PSA et la présence de foyers significatifs sur la biopsie ciblée sont des facteurs prédictifs indépendants de maladies de haut grade et/ou extraprostatique. Une combinaison de SB et de TB améliore la prédiction du grade par rapport à la TB seule.

Carcinome à cellules claire métastatique : la radiomique comme biomarqueur prédictif de la survie des patients traités par nivolumab
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 818


Objectifs

Évaluer la performance de l’analyse de texture pour prédire la survie sans progression (SSP) et la survie globale (SG) chez les patients atteints d’un carcinome rénal à cellules claire métastatique (CCRm) traités par nivolumab.


Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective monocentrique qui a analysé les données cliniques et radiomiques de patients atteints de CCRm traités par nivolumab. L’analyse radiomique des lésions métastatiques a été effectuée sur des scanners injectés obtenus dans le mois précédant l’administration du traitement. Les caractéristiques de texture liées à l’histogramme de niveau de gris, à la cooccurrence de niveau de gris, aux caractéristiques de la matrice de longueur d’onde, aux caractéristiques du modèle autorégressif et à la caractéristique des ondelettes de Haar ont été extraites. Des analyses de régression de Cox pénalisées ont été effectuées pour identifier des prédicteurs de la SSP et SG.


Résultats

Au total, 48 patients ont été analysés. Les survies médianes sans progression et globale étaient de 5,7 et 13,8 mois. Trente-neuf patients ont eu une progression et 27 sont décédés. L’analyse de régression pénalisée a identifié trois paramètres radiomiques comme prédicteurs potentiels de la SSP : l’asymétrie, S.2.2. Correlat et S.1.1. SumVarnc. L’analyse multivariée a montré que l’asymétrie (HR [IC95 %]=1,49 [1,21–1,85], p <0,001) était un prédicteur indépendant de la SSP. En ce qui concerne la SG, l’analyse de régression pénalisée a identifié trois facteurs radiomiques prédicteurs potentiels de la SG : S20SumVarnc, S22Contrast et S22Entropy. L’analyse multivariée a confirmé que la S22Entropie (HR [IC95 %]=1,68 (1,31–2,14), p <0,001) était un facteur indépendant de la SG.


Conclusion

Les résultats de cette étude préliminaire suggèrent que la radiomique pourrait être un outil d’imagerie quantitative prometteur permettant de prédire les résultats oncologiques des patients ayant un CCRm traités par nivolumab.

Chirurgie de la lithiase rénale chez les patients neurologiques : plus fréquente, plus de complications, plus de récidives
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 800-801


Objectifs

Comparer l’incidence du traitement chirurgical de la lithiase, ses modalités et ses complications, entre les patients ayant une pathologie neurologique et les patients issus de la population générale.


Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective s’appuyant sur les données issues du Programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI). Tous les patients français ayant bénéficié d’une procédure chirurgicale d’une lithiase rénale entre le 1er janvier 2009 et le 31 décembre 2018 étaient éligibles. Les patients présentant une pathologie neurologique telle qu’une sclérose en plaques, une paraplégie, une tétraplégie ou un dysraphisme médullaire étaient identifiés. Les patients neurologiques étaient comparés aux patients issus de la population générale. Le critère de jugement principal était l’incidence du traitement chirurgical de la lithiase. Les critères de jugement secondaires comprenaient les modalités et les complications associées à ce traitement.


Résultats

Sur la période, 404 729 patients issus de la population générale et 2106 patients ayant une pathologie neurologique ont bénéficié d’un traitement chirurgical de la lithiase rénale. Les patients atteints de sclérose en plaques (OR=1,34), de dysraphisme médullaire (OR=5,18), d’une paraplégie (OR=1,40) ou d’une tétraplégie (OR=2,75) présentaient une incidence chirurgicale significativement plus élevée. La nephrolithotomie percutanée était plus fréquemment utilisée, notamment chez les patients ayant un dysraphisme médullaire (p <0,001) ou une tétraplégie (p <0,001). Dans la population neurologique, la durée d’hospitalisation était significativement augmentée (p <0,001) et le taux d’hospitalisation en ambulatoire (p <0,001) était significativement diminuée, quelle que soit la technique chirurgicale. Le taux d’infection urinaire postopératoire était significativement plus élevé dans la population neurologique (OR=6,63). Les taux de récidive à 12 (OR=2,29), 18 (OR=2,26) et 24 mois (OR=2,19) étaient significativement plus élevés dans la population neurologique (Tableau 1, Tableau 2, Tableau 3).


Conclusion

L’incidence du traitement chirurgical de la lithiase rénale, ainsi que les complications infectieuses et le taux de récidive, sont systématiquement plus élevés dans la population neurologique, et a fortiori chez les patients présentant une dysraphisme médullaire ou une tétraplégie.

Chirurgie en un temps de néphro-urétérectomie et pelvectomie antérieure en utilisant le robot da vinci x avec extraction monobloc par voie vaginale
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 854-855


Objectifs

Description de la faisabilité de la chirurgie en 1 temps de néphro-urétérectomie (NUT) et pelvectomie antérieure robot en utilisant le robot Da Vinci X avec extraction monobloc par voie vaginale.


Méthodes

Nous avons inclus toutes les patientes consécutives qui ont eu, dans notre institution entre le 1er janvier 2018 et le 1er mai 2020, une chirurgie en 1 temps de pelvectomie antérieure avec NUT robot assistée avec extraction monobloc par voie vaginale. Les donnes préopératoires, le temps opératoire, les pertes sanguines et le jour de sortie ont été recueillis.


Résultats

Au total, il y avait 2 patientes qui ont eu une pelvectomie antérieure avec NUT robot et extraction monobloc par voie vaginale. L’âge médian était de 72 ans (min 71–max 73). L’indication de cystectomie était dans 1 cas (50 %) pour tumeur de vessie infiltrant le muscle (TVIM) et dans 1 cas (50 %) pour tumeur de vessie non infiltrant le muscle (TVNIM) a très haut risque. Le temps opératoire médian était de 332minutes (min 326 - max 338). La perte sanguine médiane était de 200mL (min 180–max 220). Un curage pelvien bilatéral a été réalisé pour les 2 patientes (100 %). Les patientes sont sorties en médiane au 6e jour (min 5–max 7). L’anapath était R0 dans 1 cas (50 %) et R1 dans 1 cas (50 %).


Conclusion

La chirurgie robotique en 1 temps de néphro-urétérectomie avec pelvectomie antérieure et extraction monobloc par voie vaginale est une technique faisable permettant de préserver une meilleure image corporelle chez la femme en évitant une incision abdominale importante.

Chirurgie en un temps de remodelage de mégauretère congénital avec réimplantation urétéro-vésicale et diverticulectomie vésicale robot assistée en utilisant le robot da vinci x avec le système firefly et incision cervicoprostatique endoscopique
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 846


Objectifs

Description la faisabilité d’une chirurgie combinée en un temps de remodelage de mégauretère congénital avec réimplantation urétéro-vésicale (RUV) et diverticulectomie vésicale robot assistée en utilisant le robot Da Vinci Xi avec le système Firefly et incision cervicoprostatique endoscopique.


Méthodes

Le patient était un homme de 41 ans diagnostiqué avec un mégauretère gauche congénital associée à une maladie du col compliquée de diverticule vésical de 10cm. Le tableau était des infections urinaires à répétition, dysurie majeure, débimétrie altérée et douleur lombaire gauche chronique. Due à l’échec de traitement médical comportant alpha-bloquants et kinésithérapie périnéale, il a été décidé de réaliser une intervention en un temps permettant de régler les 3 problèmes associant : incision cervicoprostatique endoscopique, puis le temps robotique consistant à un remodelage de mégauretère puis RUV associée à une diverticulectomie vésicale en utilisant le système Firefly pour faciliter la dissection du diverticule.


Résultats

Le temps opératoire était de 170min. Les pertes sanguines étaient de 100cc. Il n’y a pas eu de complications peropératoires. Le patient est sorti à J1 avec la sonde vésicale. La sonde vésicale a été retirée à J7 en soins externes. La sonde double J a été retirée à 1 mois. À 9 mois, le patient avait une débimétrie normale, aucun symptôme du bas appareil urinaire et n’avait pas représenté d’infection urinaire, de lombalgie gauche ou de complication à distance.


Conclusion

Le système Firefly a permis de faciliter la dissection diverticulaire. La procédure en un temps de remodelage de mégauretère, RUV et diverticulectomie vésicale robot assistée associée à une incision cervicoprostatique endoscopique est une option faisable qui permet de traiter 3 problèmes en un temps avec une durée d’hospitalisation minimale et une haute satisfaction du patient.

Chirurgie en un temps d’une détransposition péno-scrotale complète : technique et évolution à long terme
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 853


Objectifs

La transposition péno-scrotale complète est une malformation exceptionnelle, où les bourses normales sont céphaliques, et la verge caudale. Seule une vingtaine de cas, de prises en charge chirurgicales variées, ont été rapportés, rarement corrigés en une seule procédure.


Méthodes

Une transposition péno-scrotale complète a été découverte chez un garçon à la naissance. Les deux testicules étaient palpés dans un scrotum d’aspect normal, avec une verge de 45mm s’insérant en dessous, présentant une rotation anti-horaire et une courbure distale de 90°. L’IRM abdomino-pelvienne retrouvait un rein droit dysplasique, un utricule prostatique persistant et une hypoplasie des corps caverneux et spongieux. Une chirurgie de détransposition a été réalisée à 18 mois.


Résultats

Après cystoscopie, pose d’un cathéter sus-pubien et d’une sonde de Foley, le scrotum a été incisé sur le raphé médian, avec dissection en profondeur. L’incision a été poursuivie au pourtour de la verge, en avant de l’anus. Après repositionnement de la verge, une scrotoplastie a été réalisée. L’intervention a été réalisée sans garrot, avec contrôle de l’hémostase à l’énergie mono- et bipolaire. Aucun geste sur la courbure de la verge n’a été réalisé. Les suites ont été simples, avec reprise de mictions spontanées après clampage du cathéter sus-pubien. À 3 ans post-opératoires, la verge mesurait 45mm avec une courbure distale résiduelle et une rotation anti-horaire de 45°, un gland large de 10mm, un jet urinaire normal ; l’enfant a acquis la propreté sans dysurie. Il n’existait ni sténose ni fistule urétrale.


Conclusion

Une correction en un temps de transposition péno-scrotale complète est possible, d’excellent résultat à long terme sur les plans cosmétique et fonctionnel.

Classification des discordances radio-anatomopathologiques des biopsies transrectales guidées par l’IRM
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 769-770


Objectifs

L’AFU recommande la réalisation de biopsies guidées par l’IRM afin d’améliorer l’évaluation pré-thérapeutique de l’agressivité tumorale. Cela suppose que la chaîne associant l’imagerie, aux biopsies soit de parfaite qualité malgré la multiplicité des intervenants, interrogeant toute discordance. Nous confrontons systématiquement biopsies et imagerie et rapportons ici la proportion de discordance des biopsies ciblées par voie transrectale selon l’une ou l’autre de trois définitions prédéfinies.


Méthodes

Les dossiers de cancers de la prostate présentés en RCP du 01/01/2017 au 31/12/2019 ont été revus rétrospectivement, avec pour les cancers localisés et les biopsies négatives relecture de l’imagerie par un radiologue expert selon PI-RADS-v2.

La définition de discordance des biopsies guidées par l’image transrectales était adaptée de la littérature :

– type 1 : pas de cancer ou ISUP 1 ET PI-RADS ≥4 ;

– type 2 : pas de cancer ou ISUP 2 ET localisation antérieure de la cible ;

– type 3 :<3mm de cancer quel que soit l’ISUP.

Nous présentons les résultats sous forme de statistiques descriptives (valeurs absolues, proportions).


Résultats

Au total, 2602 dossiers ont été analysés (Fig. 1). Au total, 1158 (44,5 %) correspondaient à l’analyse de données biopsiques dont 420 (36,2 %) étaient réalisées de manière systématisée, 212 (18,3 %) guidées par modalité cognitive et 481 (41,5 %) guidées par fusion d’image IRM. Pour ce qui concerne les biopsies guidées, 135 (19,5 %) étaient réalisées par voie transpérinéale et 558 (80,5 %) par voie transrectale. On observait au moins un type de discordance dans 152 (27,2 %) cas sur les biopsies ciblées transrectales. Le type 1 était le plus représenté, associé dans la majorité des cas au type 2 (type I : 130, II : 94, III : 56, Fig. 2). Le type 3 était minoritaire, en faveur d’une bonne sélection des patients et d’une bonne qualité d’échantillonnage par biopsies ciblées.


Conclusion

Les biopsies transrectales guidées par l’image étaient jugées discordantes dans 27 % des cas selon les 3 types définis.

L’augmentation du nombre de biopsies guidées par l’image en réponse aux recommandations de l’AFU pose la question de la conduite à tenir devant toute contradiction entre l’imagerie et l’analyse histologique. Le développement d’autres techniques comme la voie transpérinéale pourrait y répondre.

Comparaison de la surrénalectomie cœlioscopique rétropéritonéale et de la surrénalectomie cœlioscopique transpéritonéale : sont-elles toutes les deux aussi sûres ?
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 820-821


Objectifs

Comparer les taux de complications majeures per- et postopératoires, de conversion chirurgicale et de mortalité entre deux voies d’abord de surrénalectomie laparoscopique.


Méthodes

Dans une série de 344 surrénalectomies laparoscopiques unilatérales consécutives, réalisées de janvier 1997 à décembre 2017, nous avons évalué les taux de complications majeures per- et postopératoires (Clavien–Dindo ≥III) et de conversion chirurgicale.


Résultats

Une surrénalectomie laparoscopique rétropéritonéale (SLR) a été réalisée chez 259 patients (67,3 %) et une surrénalectomie laparoscopique transpéritonéale (SLT) a été réalisée chez 85 patients (22,1 %). Au total, 12 complications majeures postopératoire sont survenues, sans différence concernant la voie d’abord chirurgicale (p =0,7). En analyse univariée, seul le syndrome de Cushing était un facteur prédictif de complication majeure postopératoire (p =0,03). Le taux de conversion chirurgicale était statistiquement plus important dans le groupe SLT (10/85 [11,8 %] contre 6/259 [2,3 %], p =0,0003). Deux décès sont survenus (0,6 %), un dans chaque groupe (p =0,4). La voie d’abord laparoscopique transpéritonéale (OR : 1,7, IC95 % : 1,3–1,9, p =0,02), un âge élevé (OR : 1,2, IC95 % : 1,1–1,6, p =0,04) et une grande taille tumorale (OR : 1,3, IC95 % : 1,1–1,7, p =0,01) étaient des facteurs prédictifs indépendants de conversion chirurgicale en analyse multivariée.


Conclusion

Les deux voies d’abord de surrénalectomie laparoscopique sont sûres, avec un taux équivalent de complications majeures et de mortalité, à l’exception du taux de conversion chirurgicale qui était plus important par voie transpéritonéale. La voie d’abord rétropéritonéale doit être réservée aux petites lésions surrénaliennes.

Comparaison de la voie péno-scrotale et de la voie périnéale pour l’implantation d’un sphincter urinaire artificiel chez l’homme : étude multicentrique
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 778


Objectifs

Le sphincter urinaire artificiel est considéré comme le traitement de référence de l’incontinence urinaire de l’homme par insuffisance sphinctérienne. L’objectif de notre étude était de comparer les résultats fonctionnels et les complications de la voie péno-scrotale et de la voie périnéale pour l’implantation d’un sphincter urinaire artificiel.


Méthodes

Une étude rétrospective, multicentrique, comparant les résultats périopératoires et à long terme, des primo-implantations de sphincter urinaire artificiel chez l’homme, réalisées par voie péno-scrotale ou par voie périnéale a été menée dans plusieurs centre français.

Les patients ayant un antécédent d’implantation de sphincter urinaire artificiel, ceux qui avaient une manchette périprostatique, sous-cervicale, transcaverneuse, ou une double manchette, ainsi que ceux dont les données sur la voie d’abord chirurgicale étaient manquantes ont été exclus. Les patients ayant déjà eu un traitement chirurgical d’incontinence urinaire autre qu’un sphincter urinaire artificiel, ou un antécédent de sténose urétrale n’ont pas été exclus.


Résultats

Entre janvier 1991 et mars 2020, 965 patients ont été implantés (369 par voie péno-scrotale et 596 par voie périnéale). Le suivi moyen était de 41,1±44,4 mois. La taille des manchettes implantées était inférieure dans le groupe péno-scrotale (41,3±4,26 vs 45,6±6,68 ; p <0,001).

En fin de suivi, il n’y avait pas de différence significative concernant le taux de continence sociale (79 % vs 77 % ; p =0,56), il y avait plus de patient sec dans le groupe péno-scrotal (64 % vs 44 % ; p <0,001). Il n’y avait pas de différence significative concernant le taux d’explantation (27 % vs 25 % ; p =0,48) et le taux de reprise chirurgicale (36 % vs 40 % ; p =0,23) ; cependant, il y avait plus de révision dans le groupe périnéal (19 % vs 13 % ; p =0,015).


Conclusion

Les résultats de la voie péno-scrotale étaient équivalents à la voie périnéale, avec cependant plus de patients secs et moins de révision dans le groupe péno-scrotal. Des études prospectives multicentriques sont nécessaires afin de confirmer ces résultats.

Comparaison de l’implantation d’un sphincter artificiel urinaire par voie transcaverneuse vs bulbaire classique chez les hommes ayant un urètre à risque
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 783-784


Objectifs

La voie transcaverneuse pour l’implantation du sphincter artificiel urinaire (SAU) chez l’homme a été décrite en 2002 pour tenter de maximiser l’épaisseur de tissu sous la manchette et ainsi minimiser le risque d’érosion chez les patients ayant un urètre à risque (antécédent de SAU explanté, de sténose de l’urètre ou de radiothérapie). L’objectif de cette étude était de comparer l’implantation transcaverneuse et l’implantation péribulbaire classique chez les patients ayant un urètre à risque.


Méthodes

Les dossiers de tous les patients de sexe masculin ayant eu l’implantation d’un SAU entre 2005 et 2020 dans 12 centres ont été revus rétrospectivement. Les patients ayant un antécédent de radiothérapie, d’explantation d’un précédent SAU ou de sténose de l’urètre était inclus. Les patients ayant une incontinence d’effort d’origine neurogène étaient exclus. Les patients étaient divisés en deux groupes : transcaverneux (TRS-CAV) vs. péribulbaire classique (BULB). Le critère de jugement principal était la continence sociale à 3 mois (0 à 1 protection/jour). Les critères de jugement secondaires étaient la survie du dispositif sans réintervention (révision et/ou explantation ; SSR) et les complications postopératoires.


Résultats

Trois cent trente-neuf patients ont été inclus pour analyse : 85 dans le groupe TRS-CAV et 259 dans le groupe BULB. Les patients du groupe BULB étaient plus âgés (73,2 vs 70,5 ans ; p =0,02) mais avec une plus faible proportion de patients irradiés (96,8 vs 80 % ; p <0,0001). La taille de la manchette était significativement plus élevée dans le groupe TRS-CAV (44 vs 49,3mm ; p <0,0001). Le taux de continence sociale à 3 mois était supérieur dans le groupe BULB mais cette différence n’atteignait pas le seuil de significativité (81 % vs 71,2 % ; p =0,08). Le taux de complications postopératoires ne différait pas significativement entre les deux groupes (11,9 % vs 18,5 % ; p =0,14), de même que le taux de complications Clavien ≥3 (4,8 % vs 1,2 % ; p =0,30). Après un suivi médian de 20 et 15 mois, le taux de continence sociale était similaire dans les deux groupes (54,5 % vs 59,2 % ; p =0,51). La SSR estimée à 5 ans était similaire dans les deux groupes (44,1 % vs 43,3 % ; p =0,90) (Fig. 1).


Conclusion

Dans cette étude rétrospective multicentrique, nous ne retrouvions pas de bénéfices à l’implantation transcaverneuse du SAU chez les hommes ayant un urètre à risque (réimplantation, antécédents de radiothérapie ou de sténose urétrale). D’autres études sont nécessaires pour évaluer l’intérêt de la voie transcaverneuse et préciser les critères de sélection des patients.

Comparaison de l’implantation transcaverneuse d’un sphincter artificiel urinaire artificiel en primo-implantation vs en réimplantation
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 779


Objectifs

La voie transcaverneuse pour l’implantation du sphincter artificiel urinaire (SAU) pourrait minimiser le risque d’érosion urétrale. Certaines équipes choisissent d’emblée cette voie sur les urètres fragiles, tandis que d’autres la choisissent en seconde intention, après explantation d’un précédent SAU.

L’objectif de cette étude était de comparer les résultats fonctionnels et complications des SUA transcaverneux primo-implantés par rapport aux SUA transcaverneux réimplantés.


Méthodes

Les dossiers de tous les patients de sexe masculin ayant eu l’implantation d’un SAU entre 2005 et 2020 dans 12 centres ont été revus rétrospectivement. Seuls les patients ayant eu une implantation transcaverneuse ont été inclus. Les patients étaient divisés en deux groupes : primo-implantation (PI) vs réimplantation (RI). Le critère de jugement principal était la survie sans explantation (SSE) Les critères de jugement secondaires étaient la continence sociale (0 ou 1 protection/jour) à 3 mois et à la fin du suivi, le taux de complications postopératoires et la survie sans réintervention (SSR).


Résultats

Cent dix-huit patients ont été inclus dans l’analyse : 95 dans le groupe PI et 23 dans le groupe RI. On notait un antécédent de radiothérapie chez 89,7 % des patients du groupe PI vs 68,8 % dans le groupe RI (p =0,005). La SSE estimée à 3 ans était de 71,8 % dans le groupe PI vs 37,7 % dans le groupe RI (Fig. 1 ; p =0,15). La SSR estimée à 3 ans était de 52,6 % dans le groupe PI vs 28,7 % dans le groupe RI (Fig. 2 ; p =0,055). Les taux de complications postopératoire et de complications Clavien ≥3 étaient plus élevés de dans le groupe PI sans que ces différences n’atteignent la significativité (24,7 % vs 8,7 % ; p =0,09 et 6,3 % vs 0 % ; p =0,59 respectivement). Le taux de continence sociale à 3 mois dans le groupe PI était de 70,7 % vs 76,2 % dans le groupe RI (p =0,79). Le taux de continence à la fin du suivi était de 61,3 % dans le groupe PI vs 57,9 % dans le groupe RI (p =0,80).


Conclusion

Le recours à la voie transcaverneuse en première intention pour l’implantation d’un SAU chez l’homme ne semble pas diminuer la morbidité périopératoire et serait associé à des résultats fonctionnels similaires à la réimplantation par voie transcaverneuse. En revanche, elle pourrait être associée à une meilleure survie sans explantation et sans réintervention.

Comparaison des débits d’irrigation entre différentes Méthodes d’irrigation pour l’urétéroscopie souple
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 700-701


Objectifs

L’objectif de cette étude menée in vitro était de comparer les débits d’irrigation entre différentes Méthodes d’irrigation couramment utilisées en urétéroscopie souple (URS-S) : système d’irrigation automatique Endoflow II, irrigation par gravité et irrigation par gravité avec brassard à pression (Fig. 1). L’influence de l’occupation du canal opérateur (CO) de l’URS-S sur le débit d’irrigation a également été évaluée avec divers instruments.


Méthodes

L’URS-S LithoVue avec un CO de 3,6 Fr a été utilisé pour l’ensemble des expériences. L’URSS était maintenu rectiligne pour chacune des expériences. Pour chacune des Méthodes d’irrigation, les pressions d’irrigation utilisées étaient de 40 et 100cm H2O. Pour chaque niveau de pression d’irrigation, nous avons évalué l’influence de l’occupation du CO de l’URS-S : CO libre, CO occupé par une fibre laser de 272μm, CO occupé par un panier en nitinol de 1,9 Fr. Le débit d’irrigation sortant de l’URS-S était mesuré par le volume de liquide d’irrigation collecté dans un éprouvette graduée à 1min, 2min, 3min et 5min.


Résultats

Les débits d’irrigation étaient restés constants au cours du temps pour l’Endoflow II et la méthode d’irrigation par gravité, quelles que soient la pression l’irrigation et l’occupation du CO. Pour la méthode d’irrigation avec brassard de pression, le débit d’irrigation ne restait constant que lorsque le CO était occupé par le panier ou la fibre laser. Le débit d’irrigation augmentait avec l’augmentation de la pression d’irrigation pour l’ensemble des méthodes d’irrigation, quelle que soit l’occupation du CO. Le débit d’irrigation avec l’Endoflow II était constamment plus élevé que les deux autres méthodes d’irrigation. Pour l’ensemble des méthodes d’irrigation et quel que soit le niveau de pression d’irrigation, le débit d’irrigation diminuait lors de l’occupation du CO, et ce d’autant plus que la taille de l’instrument occupant le CO augmentait (Tableau 1).


Conclusion

Les débits d’irrigations avec le système d’irrigation automatique Endoflow II étaient constamment plus élevés que les méthodes d’irrigation par gravité. D’autres études, menées in vivo, sont nécessaires pour déterminer si ces différences trouvées entre les méthodes d’irrigation entraînent une augmentation de la pression pyélique pendant une URS-S.

Comparaison des résultats périopératoires de la cystectomie après chimiothérapie néoadjuvante en fonction de l’application d’un protocole de RAAC
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 718


Objectifs

La prise en charge actuelle de référence de tumeurs de vessie infiltrant le muscle repose sur l’administration d’une chimiothérapie néoadjuvante suivie d’une cystectomie totale. L’implémentation d’un protocole de réhabilitation améliorée après chirurgie (RAAC) pourrait être réduire la morbidité périopératoire. L’objectif de l’étude était de comparer les résultats périopératoires de la cystectomie après chimiothérapie néoadjuvante en fonction de l’application d’un protocole de RAAC.


Méthodes

Tous les patients pris en charge par CNA et cystectomie pour une tumeur de vessie invasive du muscle dans un centre entre 2016 et 2020 ont été revus rétrospectivement. Le protocole de RAAC suivait les recommandations de l’AFU et a débuté en juin 2018. Les patients post-RAAC ont été inclus dans la base de données prospective GRACE audit. Les résultats périopératoires des patients pré- et post-RAAC ont été comparés (durée d’intervention, perte sanguine, transfusion, durée d’hospitalisation, complications selon Clavien–Dindo, résultats anatomopathologiques). Les analyses ont été réalisées avec le logiciel R studio.


Résultats

Au total, 79 patients ont été inclus, 50 patients pré-RAAC et 29 patients RAAC. L’âge médian était de 66 ans dans la population RAAC et pré-RAAC. Le score de Charlson médian était de 4,66 dans le groupe RAAC vs 4,35 dans le groupe pré-RAAC. La médiane de séjour était de 19 j vs 12 j (p <0,001) en faveur du groupe RAAC. Il n’a pas été observé de différence significative entre les groupes pour le taux de complications des tous grades confondus (77 % vs 65 %, p =0,4). En revanche, le taux de complications ≥ Clavien 2 était très significativement inférieur dans le groupe RAAC (65 % vs 28 %, p =0,004). Le taux de transfusion dans le groupe était de 44,4 % vs 66 % dans le groupe pré-RAAC (p =0,119). Le taux de présence de marges positive sur la pièce opératoire était de 3,6 % dans le groupe RAAC vs 12 % (p =0,403). Pour les patients inclus dans le protocole RAAC, une médiane de 19 critères GRACE sur 24 ont été remplis.


Conclusion

L’application d’un programme de RAAC après chimiothérapie néoadjuvante a permis de réduire de façon significative la durée de séjour et les complications postopératoires. Une sur déclaration des évènements peu graves n’est pas a exclure du fait du caractère prospectif du recueil après RAAC. L’efficacité du protocole repose sur une application large des critères de recommandation.

Comparaison des résultats périopératoires de la prostatectomie totale robot-assistée mono-trocart avec le robot SP® et de la prostatectomie totale robot-assistée multi-trocarts
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 732


Objectifs

La faisabilité ainsi que la sécurité de la prostatectomie totale robot-assistée mono-trocart utilisant le système SP® a été démontrée. L’objectif de cette étude était de comparer les résultats périopératoires des patients traités par prostatectomie totale par voie extra péritonéale utilisant le système SP® (SP-PTEP) avec ceux des patients traités par prostatectomie totale robot-assistée par voie trans-péritonéale utilisant le système robotique multi-trocart conventionnelle (MT-PTTP).


Méthodes

Entre janvier 2019 et janvier 2020, les données de 100 patients consécutifs atteints de tumeurs localisées de la prostate et traités par SP-PTEP par le même chirurgien ont été collectées prospectivement dans une base de données approuvée par le comité éthique (IRB). Les données des 110 patients consécutifs opérés d’une MT-PTTP par 3 chirurgiens du même hôpital pendant la même période ont servi de comparateur. Toutes les interventions SP-EPP ont été réalisées via un accès unique sans trocart additionnel et sans Trendelenburg. Les caractéristiques préopératoires ainsi que les résultats per- et postopératoires des deux groupes ont été analysés.


Résultats

Le taux de patients pris en charge en ambulatoire était neuf fois plus élevé dans le groupe SP-PTEP que dans groupe MT-PTTP (p <0,001) et la durée médiane de séjour était significativement plus courte dans le groupe SP-PTEP : 4,3heures (IQR : 3,3–17,4) vs 26,1heures (IQR : 21,5–44,8). Les taux d’administration d’opioïdes à l’hôpital et après la sortie étaient au minimum divisés par deux dans le groupe SP-PTEP (respectivement 32 % vs 64 %, p <0,001 et 35 % vs 87 %, p <0,001). Le taux de marges chirurgicales, de récidive biochimique ainsi que la continence à 6 semaines et 3 mois étaient comparables entre les deux groupes.


Conclusion

Comparée à l’approche robotique conventionnelle multi-trocarts, la prostatectomie robot-assistée extrapéritonéale avec robot mono-trocart SP® permettait de diminuer la douleur et la prise d’opioïdes en postopératoire, de diminuer la durée de séjour des patients majoritairement pris en charge en ambulatoire, avec des taux de complications et réadmission comparables.

Comparaison entre des biopsies ciblées sur l’IRM et le TEP-Choline et des biopsies transpérinéales de saturation pour la détection et la topographie d’une récidive intra prostatique après une irradiation première d’un cancer de la prostate
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 778


Objectifs

La récidive biologique d’un adénocarcinome de prostate après irradiation est définie selon les critères de Phoenix. Il est nécessaire de prouver une récidive histologique par des biopsies. Le but de cette étude est d’analyser la localisation des récidives et de comparer les biopsies prostatiques transpérinéales en saturation et ciblées, aux index tumoraux (IT) défini sur l’IRM et par le TDM-TEP à la 18F-choline (TEPc).


Méthodes

Trente-huit patients en récidive biologique d’un adénocarcinome de prostate défini par les critères de Phoenix ont été inclus de façon rétrospective de mars 2013 à juin 2017. Tous les patients avaient un TEPc et une IRM multiparamétriques avec définition des IT. Tous les patients ont eu un protocole biopsique par des biopsies de saturation et ciblées dans les IT. La récidive histologique était définie par analyse anatomopathologique.


Résultats

Sur les 38 patients en récidive biologique, 33 avaient une récidive histologique d’un adénocarcinome de prostate. Le protocole biopsique présenté à un taux de détection de 87 %, 79 % pour les biopsies de saturation et 84 % pour les biopsies ciblées. La récidive était à l’apex dans 46 % des cas, bilatérale dans 52 % des cas et péri-urétrales 17 % des cas. La sensibilité et la spécificité de l’IRM sont respectivement de 32 % (SD : 19 %) et de 91 % (SD : 7 %). La sensibilité et la spécificité du TEPc sont respectivement de 33 % (SD : 22 %) et de 78 % (SD : 12 %). Le taux de concordance entre les deux examens est de 78 % (&kgr;=0,28).


Conclusion

L’IRM et le TEPc présentent une faible sensibilité pour diagnostiquer et détecter une récidive locale d’un adénocarcinome de prostate traitée par une irradiation première. Le diagnostic de la récidive repose sur les biopsies de prostate, qui doivent explorer la totalité de la prostate compte tenu de son caractère plurifocal, les biopsies ciblées ne paraissent pas adaptées dans ce contexte.

Comparaison in vitro de l’efficacité statique ou dynamique des lasers Holmium :YAG et thulium fibré pour la lithotritie endocorporelle : impact de la vitesse de déplacement
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 711


Objectifs

La vitesse optimale de déplacement (VOD) de la fibre laser pour réaliser la pulvérisation lithiasique est une variable inconnue à ce jour, autant pour le laser thulium fibré (TFL) que pour le laser Holmium :YAG (Ho :YAG). L’objectif était de déterminer in vitro la VOD de la fibre laser lors d’une lithotritie endocorporelle en fonction des paramètres laser avec le TFL et l’Ho :YAG, au moyen des volumes d’ablation (VA).


Méthodes

Des fibres laser (Boston Scientific) de diamètre 272μm connectées au TFL (IPG Photonics) 50W ou au MH1 Ho :YAG 30W (Rocamed) ont été comparées selon trois modes de lithotritie TFL (« fine dusting » [FD : 0,05–0,15J/100–600Hz], « dusting » [D : 0,5J/30–60Hz] et « fragmentation » [Fr : 1J/15–30Hz]) et deux modes Ho :YAG (« dusting » [D : 0,5J/20Hz] et « fragmentation » [Fr : 1J/15Hz]). Une émission laser de deux secondes était réalisée en contact avec des calculs synthétiques (Begostone) durs, en position statique ou avec un déplacement de 5, 10 ou 20mm. Après séchage, les calculs étaient scannés (Quantum FX, Perkin Elmer). Les VA étaient mesurés par segmentation (3DSlicer [NIH]) (Fig. 1).


Résultats

Quels que soient les paramètres ou source laser, les VA dynamiques (VAD) étaient supérieures aux VA statiques (VAS) (Tableau 1). En Dusting, les VAS et VAD étaient trois et quatre fois supérieurs avec le TFL par rapport au Ho :YAG (p <0,05, respectivement). En Fragmentation, les VAS et VAD étaient deux et trois fois supérieurs avec le TFL par rapport au Ho :YAG (p <0,05, respectivement). Avec l’Ho :YAG, la VODHo :YAG était supérieure en Dusting par rapport au mode Fragmentation (10 vs 5mm/s, Tableau 1). Pour le TFL, les VODTFL étaient de 5mm/s en Fine Dusting, Dusting et Fragmentation, sauf à 0,15 J-100Hz (10mm/s). Les profils de VOD entre TFL et Ho :YAG différaient, avec une VODTFL à 0,15 J-100Hz identique à la VODHo :YAG à 0,5 J-20Hz. À 50mJ, la VODTFL était proportionnelle à la fréquence, toutefois non retrouvée à 0,15, 0,5 et 1J (Tableau 2).


Conclusion

Cette étude retrouve une VODTFL inférieure par rapport à la VODHo :YAG en Dusting, traduisant une potentielle utilisation plus aisée du TFL pour réaliser une pulvérisation optimale. La VOD semble d’avantage varier selon le couple énergie-fréquence, que selon la fréquence seule. Que cela soit en position statique ou dynamique, les VATFL est 3 à 4 fois supérieurs aux VAHo :YAG.

Comparaison ultrasons focalisés de haute intensité vs prostatectomie totale dans le traitement à visée curative du cancer localisé de la prostate ISUP 1 et 2 : données carcinologiques intermédiaires
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 728-729


Objectifs

Étude prospective multicentrique ouverte comparant l’efficacité carcinologique d’un traitement conservateur par ultrasons focalisés de haute intensité (HIFU) à la prostatectomie totale (PT) pour adénocarcinome prostatique localisé de stades ISUP 1 (non éligibles à la surveillance active) et ISUP 2. Nous communiquons des données carcinologiques intermédiaires à 18 mois.


Méthodes

De février 2015 à septembre 2019, 3364 patients (HIFU : 1988, PT : 1376) ont été inclus de façon prospective dans 42 centres. Âge médian : 74,6 vs 65 ; PSA médian : 7,11 vs 6,97 (p =0,4) ; ISUP 1 : 0,39 ; ISUP 2 : 0,61. Objectif principal : survie sans traitement de rattrapage. Objectifs secondaires : bras HIFU : récidive biologique (RB)=PSA>Nadir+2, PBP contrôle ; bras PT : R1, RB=PSA>0,2ng/mL.


Résultats

Objectif principal : à 18 mois, la probabilité de survie sans traitement de rattrapage est plus importante dans le bras HIFU comparé au bras prostatectomie HR=0,31 IC95 % [0,23–0,42] soit un risque 3 fois plus élevé dans le groupe prostatectomie (p <0,01). Objectifs secondaires : bras HIFU : récidives biologiques : 141 (10,6 %), PBP positives : 99 (7 %) ; bras PT : R1=25 % ; RB : 77 (9 %) à 18 mois.


Conclusion

Ces données intermédiaires à 18 mois ne permettent pas encore une comparaison équitable des deux bras en raison d’un profil évolutif spécifique à chaque groupe. Concernant l’objectif principal, la radiothérapie de rattrapage est probablement indiquée plus précocement après PT en raison de décisions de principe en RCP face à des marges positives. Le suivi des données carcinologiques pendant 30 mois, prévu dans l’étude, est justifié.

Complications, révisions et qualité de vie à moyen terme après 1814 chirurgies de l’incontinence urinaire d’effort par bandelette sous-urétrale : données du registre VIGI-MESH
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 755


Objectifs

La chirurgie de l’incontinence urinaire d’effort (IUE) par bandelettes sous-urétrales (BSU) fait l’objet d’essais cliniques limités en taille, rapportant peu les complications rares et la qualité de vie (QdV). Les registres permettent de rapporter ces complications rares dans la pratique courante et de mesurer la QdV globale, du point du vue des troubles urinaires et pelviens.


Méthodes

L’objectif du registre VIGI-MESH est de spécifier l’incidence de ces complications rares et graves en fonction des différents types de BSU (rétropubiennes, transobturatrices, à incision unique/mini-bandelettes) ainsi que de mesurer cette QdV après la pose de BSU. Entre février 2017 et novembre 2019, chaque chirurgie initiale ou de reprise de BSU dans un des 18 centres participants était colligée sur un formulaire par le chirurgien. Un contrôle était effectué à partir des pharmacies délivrant les dispositifs médicaux implantés et des actes codés par les centres participants. Un questionnaire recherchant une complication était envoyé à toutes les patientes à un an. Il comportait également des questions validées en français sur le bien-être ressenti et l’amélioration des symptômes (WHO, European Quality of life Questionnaire 5 Dimensions [EQ5D], Patient Global Impression of Improvement [PGI-I]) Les complications ont été gradées selon la classification de Clavien–Dindo : arrêt de l’intervention sans pose de matériel (grade III), intervention chirurgicale ultérieure secondaire à une complication (grade III), complication menaçant la vie (grade IV), décès de la patiente (gradeV).


Résultats

Quatre-vingt-deux patientes ont eu des complications de grade≥III : 5,7 % (53/923) voie rétropubienne, 4,0 % (21/521) voie transobturatrice et 2,2 % (8/370) mini-bandelette. Dix complications peropératoires ont empêché la pose de BSU. La BSU a été desserrée dans les 48h dans 6 cas. Le risque de complication était 3 fois plus faible avec une mini-bandellette par rapport à une BSU rétropubienne (RR=0,36 [0,170,75]), le risque n’était pas significativement différent entre les approches transobturatrice et rétropubienne (RR=0,67 [0,40–1,11]). Vingt-sept femmes (1,5 %) ont eu une reprise chirurgicale pour échec ou récidive, 15 après BSU rétropubienne (1,6 %), 7 après bandelette transobturatrice (1,4 %) et 5 après mini-bandelette (1,4 % ; p =0,95) (Fig. 1). La procédure a consisté à retendre la BSU (9 cas), injection de Bulkamid® (2 cas) et mise en place d’une seconde BSU (16 cas). Parmi les 1167 patientes contactées par courrier, 692 réponses (59,3 %) ont été retournées à un an ou plus après la chirurgie. À la question « Que pensez-vous de votre état de santé actuel par rapport à ce qu’il était avant votre chirurgie pour incontinence ou prolapsus ? » 91,4 % (608/665) se sentaient mieux (beaucoup mieux, mieux ou un peu mieux) (PGI-I). L’amélioration ressentie était meilleure en l’absence de complications graves≥III (p =0,008). Parmi les patientes, 96,2 % (630/655) ont évalué leur état de santé général comme étant bon (très bon, bon ou assez bon). L’état de santé général ressenti était similaire qu’elles aient eu ou non des complications. Par rapport à la population française du même âge, les patientes opérées d’une BSU ont déclaré avoir un meilleur état de la santé.


Conclusion

Les premiers résultats du registre VIGI-MESH montrent que les mini-bandelettes sont une option thérapeutique avec une efficacité à moyen terme similaire aux voies rétropubiennes et transobturatrices avec moins de complications. Ils montrent également que plus de 90 % des patientes rapportent avoir été améliorées par la mise en place d’une BSU pour IUE. Le ressenti de l’état de santé global des patientes opérées était meilleur que celui de la population française féminine du même âge. Néanmoins, une analyse à plus long terme est nécessaire pour confirmer ces premiers résultats.

Curage latéro-aortique laparoscopique robot-assistée pour récidive ganglionnaire lombo-aortique d’une tumeur testiculaire gauche
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 854


Objectifs

L’objectif de cette vidéo était de décrire une technique de curage latéro-aortique par voie laparoscopique robot-assistée dans les récidives ganglionnaires lombo-aortique après orchidectomie gauche.


Méthodes

Les étapes clés d’un curage latéro-aortique laparoscopique robot-assistée à l’aide du robot chirurgical Xi de Da-Vinci (Intuitive Surgical) sont présentées chez un patient âgé de 33 ans en excellent état général qui a présenté une tumeur testiculaire gauche de type germinale avec un séminome pur traité par orchidectomie gauche et un cycle de chimiothérapie par Carboplatine. Le patient a présenté une récidive ganglionnaire latéro-aortique à 1 an avec une adénopathie de 15mm, confirmée au TEP-TDM, les marqueurs tumoraux étaient normaux.


Résultats

Le patient est installé en décubitus latéral droit, le robot est installé avec un trocart pour l’optique de 0°, de 3 bras opérateurs et 2 trocarts d’aide de 5 et 12mm. L’intervention a débuté par le décollement colique gauche puis la réalisation d’un curage latéro-aortique « modifié » en monobloc avec les repères anatomiques suivants : la veine rénale gauche en supérieur, l’artère iliaque gauche en inférieur, l’uretère en latéral et l’aorte en médial. L’exérèse complète de la veine génitale et du cordon spermatique est réalisée. La durée opératoire était de 134minutes, un saignement d’environ 50cc, une absence de drainage pour une sortie d’hospitalisation à J3. L’analyse histologique a retrouvé une localisation unique métastatique ganglionnaire d’un séminome pur avec dépassement capsulaire focal sur 53 ganglions prélevés avec des limites d’exérèse saines.


Conclusion

Cette vidéo a démontré la faisabilité d’un curage ganglionnaire latéro-aortique d’une récidive ganglionnaire d’une tumeur testiculaire gauche par voie laparoscopique robot-assistée avec des suites simples et un bon résultat oncologique.

Curage rétropéritonéal robot-assisté (CRP-R) pour masses résiduelles après chimiothérapie pour tumeur germinale du testicule : quels résultats chez quels patients ?
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 823


Objectifs

L’exérèse des masses résiduelles post-chimiothérapie pour tumeur germinale du testicule est un impératif oncologique chez certains patients. Une prise en charge mini-invasive chez des patients sélectionnés permet un retour rapide à la vie active mais doit répondre aux règles de la voie ouverte. Dans cette étude, sont analysés les résultats obtenus après CRP-R en début d’expérience dans notre centre.


Méthodes

De 11/2018 à 05/2020, 18 patients ont bénéficié, dans notre service, d’un curage rétropéritonéal pour masses résiduelles après chimiothérapie de tumeur germinale, dont 14 par voie robot-assistée par deux chirurgiens. Seuls les cas de CPR-R ont été analysés dans cette étude. Une CRP-R était proposée après sélection rigoureuse des patients avec des masses résiduelles limitées sans geste associé prévu en préopératoire (néphrectomie de nécessité, remplacement de gros vaisseau). La majorité des CRP-R a été réalisée selon la technique publiée par Porter et al. (Eur Urol . 2016 ;70(4) :661–667).


Résultats

Les données sont exprimées en médiane et extrêmes. L’âge des patients était de 37 ans (15–47), l’IMC de 23,99 (17–32). La durée opératoire était de 204minutes (80–416), la durée d’hospitalisation de 2jours (2–10). Les pertes sanguines étaient de 100mL (0–650mL). Aucune transfusion postopératoire n’a été nécessaire. Une conversion a été nécessaire dans 2 cas pour adhérences vasculaires rendant la dissection trop difficile (14 %). Deux reprises chirurgicales laparoscopiques ont été réalisées, une à j1 pour récupérer une aiguille dans l’abdomen et une à M10 pour néphrectomie pour rein détruit. Les tumeurs séminomateuses représentaient 28,5 % des cas. Le diamètre maximum des masses résiduelles au TDM était de 4,7cm (1,3–10,79). Parmi les patients, 35,7 % présentaient une tumeur viable à l’examen anatomopathologique et ont eu une chimiothérapie de deuxième ligne.


Conclusion

Chez des patients sélectionnés et par une équipe expérimentée, un CRP-R peut être proposé en sécurité. Il permet une DMS courte avec une morbidité satisfaisante. Les impératifs oncologiques doivent être respectés et une conversion en laparotomie anticipée si nécessaire. Un recul est nécessaire pour analyser les résultats oncologiques à long terme.

Cure de fistule urétro-rectale secondaire à une prostatectomie par abord périnéal avec interposition de lambeau gracilis
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 845


Objectifs

La fistule urétro-rectale après cancer de prostate est une complication rare et de prise en charge difficile. La cure de fistule par abord périnéal avec interposition de lambeau gracilis présente de bons résultats. L’objectif de cette vidéo est de montrer les différentes étapes chirurgicales de cette technique.


Méthodes

Il s’agit d’un patient de 73 ans aux antécédents de diabète non-insulinodépendant et d’hypertension artérielle ayant présenté une fistule urétro-rectale dans les suites d’une prostatectomie robot-assistée réalisée en mars 2019 pour un adénocarcinome de prostate ISUP 2 T2cNXM0. La cystographie et la fibroscopie réalisée devant des infections urinaires, une fécalurie et une perte anale d’urine ont retrouvé une fistule urétro-vésicale d’environ 1cm au niveau de l’anastomose urétro-vésicale. Le patient était porteur d’un cystocath et n’a pas eu de colostomie de décharge préopératoire. L’indication de cure de fistule par abord périnéal antérieur avec interposition de lambeau de gracilis a été retenue.


Résultats

Le patient a été opéré en décembre 2019. La durée opératoire était de 213minutes. L’hospitalisation était de 48h dont 24h de lit strict. Le patient est sorti avec une sonde urétrale clampée, un cathéter sus-pubien et une antibioprophylaxie par Amoxicilline+Acide Clavulanique pour une durée de 7jours. La sonde urétrale a été enlevée à J10 et le cathéter sus-pubien à J21 après confirmation clinique et cystographique de la fermeture de la fistule. Jusqu’à cette date aucune récidive ou complication n’a été rapportée.


Conclusion

L’abord périnéal avec interposition de lambeau de gracilis pour la prise en charge d’une fistule urétro-rectale développée après prise en charge d’un cancer de prostate est une technique chirurgicale efficiente présentant de bons résultats post-opératoires et une faible morbidité.

Cure de fistule vésico-vaginale par voie vaginale avec interposition d’un lambeau de martius en position du jockey
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 842


Objectifs

Les fistules vésico-vaginales (FVV) sont un problème de santé publique. Elles sont principalement liées à des séquelles de chirurgie pelvienne et radiothérapie dans les pays occidentaux. Il n’existe à ce jour pas de consensus sur la technique de réparation de ces FVV. L’objectif de cette vidéo était de présenter une technique de cure de FVV du col vésical par voie vaginale en position du jockey (procubitus).


Méthodes

Nous présentons le cas d’une patiente de 67 ans, suivie pour une vessie neurologique avec trouble de la compliance et insuffisance sphinctérienne après hématome du cône médullaire. Suite à la pose d’une bandelette aponévrotique pubovaginale (BAPV) occasionnant des auto-sondages traumatiques, une fistule vésico-vaginale est apparue avec un orifice fistuleux de 2cm de diamètre au niveau du col vésical. Une cure de la fistule vésico-vaginale avec interposition d’un lambeau de Martius a été réalisé par voie vaginale en position du Jockey en raison de la position très distale de la fistule (qui a fait préférer la voie vaginale) et d’un col vésical plaqué à la paroi vaginale antérieur en raison de la BAPV (qui a fait préférer la position du Jockey pour permettre une meilleure vision).


Résultats

La durée opératoire était de 130minutes. L’intervention commence par la réalisation d’une incision vaginale en U inversé. La dissection inter-vésico-vaginale permet de visualiser la bandelette autologue modifiant la position du col et de la sectionner. Les berges vésicales et vaginales de la fistule sont excisées largement avant de refermer la vessie dans un axe vertical. Le lambeau de Martius est prélevé sur la grande lèvre droite et pédiculisé sur sa vascularisation inférieure, pour être interposé entre la vessie et le vagin. La paroi vaginale antérieure est refermée dans un axe horizontal. Les urines sont dérivées par une cystostomie sus pubienne et par une sonde vésicale. La patiente a quitté le service au 3e jour postopératoire. La patiente n’a pas présenté de récidive de la fistule après 2 mois de suivi.


Conclusion

La cure de fistule vésico-vaginale avec interposition d’un lambeau de Martius par voie vaginale en position du Jockey est une technique faisable qui parait intéressante pour les fistules très distales/cervicales qui offre le bénéfice d’une meilleure visualisation de l’orifice fistuleux et de la paroi vaginale dans son ensemble.

Cure de fistule vésicovaginale par voie robot-assistée: résultats préliminaires d’une série multicentrique
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 761-762


Objectifs

La fistule vésicovaginale (FVV) est une situation très handicapante pour les patientes qui en sont porteuses. Leur traitement par voie robotique a été décrit en 2005 et permet de minimiser la morbidité de la voie abdominale. L’objectif de ce travail était d’évaluer les résultats de la cure de FVV par voie cœlioscopique robot-assistée, peu de séries en ayant rapporté les résultats à ce jour.


Méthodes

Toutes les patientes ayant bénéficié d’une cure de fistule vésicovaginale par voie cœlioscopique robot-assisté (Da Vinci, Intuitive Surgical, Sunnyvale, Cal, USA) dans 5 centres français entre 2008 et 2019 ont été incluses dans une étude rétrospective. Les caractéristiques des patientes, les détails de la technique employée (lambeau d’interposition ou non, transvésicale vs extravésicale, résection ou non de l’orifice fistuleux, …) étaient colligés de même que l’existence de complications per- ou postopératoires et l’existence ou non d’une récidive au cours du suivi.


Résultats

Dix-sept patientes ont été incluses, d’un âge médian de 47 ans. Les causes de FVV étaient une hystérectomie (76 %), obstétricale (18 %) et cure de cystocèle par voie basse (6 %). Il s’agissait de fistule de 2cm au maximum en arrière du trigone (94 %) et au niveau du trigone (6 %). La durée opératoire médiane était de 194min. L’orifice fistuleux était réséqué dans tous les cas. Un lambeau d’interposition a été utilisé dans 88 % des cas. La durée médiane de séjour a été de 4jours. 52 % des patientes ont bénéficié d’une voie transvésicale et 47 % d’une voie extravésicale. Aucune différence n’a été notée entre les deux voies d’abord concernant le succès de l’intervention ou les paramètres périopératoire. Aucune patiente n’a récidivé sa FVV avec un suivi médian de 15 mois.


Conclusion

Cette série, une des plus larges de cure de FVV robot-assistée, est concordante avec les séries déjà publiées avec un taux de guérison de 100 %. La résection systématique de l’orifice fistuleux et l’utilisation d’un lambeau d’interposition pourraient expliquer ce fort taux de succès. Les principales limites de notre série sont le suivi relativement court et l’effectif limité.

Cystectomie avec préservation de l’appareil génital et vessie de remplacement pour tumeur vésicale chez la femme : voie coelioscopique robot assistée
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 854


Objectifs

La pelvectomie antérieure est le traitement de référence des tumeurs de vessies infiltrant le muscle (TVIM) non métastatiques chez la femme. Elle comporte l’exérèse de la vessie, de l’utérus, des ovaires et de la paroi antérieure du vagin. Une alternative chez la femme jeune et désirant conserver une activité sexuelle est la cystectomie épargnant les organes génitaux internes. L’objectif de cette vidéo était de présenter les trucs et astuces pour réaliser ce type de cystectomie avec replacement vésical selon Hautman par voie coelioscopique robot assistée.


Méthodes

La chirurgie a été réalisée chez une femme de 43 ans, sans antécédent, en dehors d’un tabagisme actif (10PA). Sa fonction rénale était normale avec un DFG à 110ml/min. Une TVIM a été diagnostiquée sur une hématurie macroscopique. La résection endoscopique avait retrouvé une tumeur antérieure de 3cm (carcinome urothélial papillaire de haut grade stade Pt2). Le bilan d’extension était négatif. La patiente a été opérée après une chimiothérapie néo-adjuvante.


Résultats

La chirurgie a été réalisée avec le robot DaVinci Si. La patiente était installée en Trendelenburg, les jambes écartées. Le premier temps était l’urétérolyse, suivi d’un curage ilio-obturateur bilatérale. Nous avons réalisé la cystectomie et le remplacement vésical selon Hautman. Le drainage des urines était assuré par des sondes double J et une sonde transurétrale. Le temps opératoire était de375min et le saignement était estimé à 200cc. La patiente est sortie à J7. L’examen anatomopathologique de la pièce opératoire a montré une stérilisation complète de la pièce opératoire avec des marges saines.


Conclusion

Nous avons montré les étapes de la réalisation d’une cystectomie robot assistée avec préservation de l’utérus, des ovaires et du vagin, suivi d’un remplacement vésical dans le cadre du traitement radical d’une TVIM.

Cystectomie et conduit iléal robot-assistés pour vessie neurologique : comparaison des résultats de la dérivation intracorporelle et extracorporelle
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 802-803


Objectifs

La cystectomie chez les sujets neurologiques reste une intervention assez peu évaluée ayant une morbidité relativement importante. La voie robot-assistée avec dérivation extracorporelle (EXTRA) a récemment été décrite mais il n’existe aucune donnée sur la voie intra-coprorelle (INTRA). L’objectif de cette étude était de comparer la voie robot-assistée EXTRA et INTRA pour la cystectomie avec dérivation non continente par conduit iléal pour vessie neurologique.


Méthodes

Tous les patients ayant eu une cystectomie avec dérivation cutanée trans-iléale non continente de type Bricker par voie robot-assistée pour vessie neurologique entre 2008 et 2020 dans 5 centres ont été inclus dans une étude rétrospective. La voie d’abord était robot-assistée INTRA dans tous les cas dans 4 centres et EXTRA de 2010 à 2019 puis INTRA par la suite dans le 5e centre. Les complications majeures étaient définies comme des complications d’un grade de Clavien≥3.


Résultats

Quatre-vingt-deux patients ont été inclus : 24 dans le groupe INTRA et 58 dans le groupe EXTRA. Les caractéristiques des patients étaient similaires dans les deux groupes, excepté un IMC significativement plus élevé dans le groupe INTRA (27,8 vs. 24,5 ; p =0,04 ; Tableau 1). La durée opératoire était plus courte dans le groupe INTRA mais cette différence n’était pas statistiquement significative (332,1 vs. 359,8minutes ; p =0,72), tout comme la durée d’hospitalisation (13 vs. 14,1jours : p =0,74). Les taux de complications postopératoires et de complications Clavien≥3 étaient comparables dans les deux groupes (respectivement 63,6 % vs. 60 % ; p =0,77 et 14,3 % vs. 10,5 % ; p =0,51). Il n’y avait pas de différence significative en termes de durée de reprise du transit ou de l’alimentation (cf. Tableau 2).


Conclusion

La cystectomie robot-assistée pour vessie neurologique avec dérivation INTRA pourrait diminuer la morbidité périopératoire comparée à la dérivation EXTRA. Toutefois, en raison de l’effectif relativement limité de la présente série, les différences en termes de résultats périopératoires n’atteignaient pas le seuil de significativité. D’autres études sont nécessaires pour évaluer le bénéfice potentiel de la dérivation INTRA chez les patients neurologiques.