Base bibliographique

La néphrolithotomie percutanée chez les patients obèses : évaluation de la sécurité et l’efficacité
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 705-706


Objectifs

De nos jours, l’incidence et la prévalence de l’obésité est en nette augmentation dans le monde. Ceci est un facteur majeur de survenue d’évènements cardiovasculaires et de mortalité. Toutefois, l’insulinorésistance dans le cadre de l’obésité favorise la lithogenèse. Le traitement de la lithiase urinaire chez les patients obèses est un véritable challenge pour l’urologue surtout en matière de néphrolithotomie percutanée (NLPC) vu les comorbidités, les difficultés anesthésiques et le long trajet d’accès. L’objectif ce travail était d’évaluer l’influence de l’obésité sur les résultats de la NLPC en matière de sécurité et d’efficacité.


Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective comparative qui a colligé 203 cas de NLPC réalisées durant la période de 2015 jusqu’à 2020. Toutes les procédures étaient pratiquées en décubitus dorsal modifié par le même chirurgien. On a exclu les patients avec insuffisance rénale, la population pédiatrique, les lithiases sur uropathies malformatives et les troubles d’hémostase.

Ainsi, on a recueilli :

– les données préopératoires concernant les caractéristiques démographiques et la caractérisation des calculs sur le scanner. Notre population a été repartie en 4 groupes en se basant sur la définition de l’obésité par l’organisation mondiale de la santé : groupe 1 (IMC normal :<25kg/m2) - groupe 2 (surpoids : IMC entre 25 et 29,9kg/m2) - groupe 3 (obésité : IMC entre 30 et 34,9kg/m2) - groupe 4 (obésité morbide : IMC ≥ 35kg/m2) ;

– les données per- et postopératoires ont inclus la durée opératoire, le site de ponction, la durée de fluoroscopie, les complications hémorragiques selon la classification de Clavien–Dindo et le taux de « stone free ».


Résultats

L’âge moyen était de 42 ans avec un sex-ratio H/F de 2,7. Les patients étaient subdivisés en 4 groupes : groupe 1 : 83 patients (40,8 %) ; groupe 2 : 66 patients (32,6 %) ; groupe 3 : 41 patients (20,2 %) ; groupe 4 : 13patients(6,4 %). La durée opératoire était plus longue chez les patients obèses, respectivement selon les groupes 83±25min, 112±31min, 109±41min et 121±47min avec une différence statistiquement significative p =0,035. L’échec de ponction était noté dans 3 cas pour le groupe 1 et dans 11 cas pour les autres groupes. La durée moyenne de fluoroscopie était de 12,5min qui était plus longue pour le bras des patients obèses. On n’a pas observé des complications anesthésiques pour tous les groupes. Les complications étaient classées selon le système Clavien–Dindo : 21,2 % de grade 1 ; 27,4 % de grade 2 et 6,3 % de grade 3. On n’a pas noté des complications de grade 4 ou 5. Il n’y avait pas de différence significative entre les 4 groupes (p =0,23). L’embolisation a été nécessaire lors de 5 procédures pour le bras des patients obèses versus aucun cas pour les patients avec IMC normal. Il n’avait pas de différence significative en terme de « stone free » immédiat et à 1 mois qui était respectivement de 79,27 % et 83,42 avec (p =0,08), (p =0,15).


Conclusion

La NLPC garde sa sécurité et son efficacité chez les patients obèses avec un taux de succès pertinent. La durée opératoire et de fluoroscopie augmente avec l’IMC. Chez cette population particulière, la NLPC nécessite une certaine expertise pour minimiser la durée d’exposition aux rayons avec le respect des règles de radioprotection.

La néphrolithotomie percutanée : est-il possible de prédire le risque de complications infectieuses lors de la consultation thérapeutique (proposition du geste) ?
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 707


Objectifs

Les complications infectieuses (CI) après une néphrolithotomie percutanée (NLPC) sont des complications graves qui peuvent mettre en jeu le pronostic vital. Notre objectif était d’analyser et de rechercher les facteurs prédictifs de CI avant de faire une NLPC.


Méthodes

Il s’agit d’une étude prospective observationnelle analytique menée au sein de notre service d’urologie intéressant 360 cas de NLPC pratiquées à partir de janvier 2016 à décembre 2019. Nous avons défini les complications infectieuses (CI) postopératoires comme un SIRS ou un choc septique (critères classiques). Les variables analysées étaient : l’âge, le sexe, les antécédents chirurgicaux et médicaux notamment le diabète, indice de masse corporelle (IMC), caractéristiques du calcul (localisation, taille et unités de Hounsfield [HU]), culture préopératoire, temps chirurgical et calibre de la Gaine d’Amplatz. L’analyse statistique était faite par le logiciel SPSS.20 (différence significative lorsque p ≤0,01).


Résultats

Âge moyen de 52,75 ans (±13,5), sex-ratio H/F de 1,4, un IMC moyen de 27,29kg/m2, diabète dans 15 % ; 55,56 % des NLPC du côté droit et 44,44 % du côté gauche, un diamètre moyen de 25,88mm avec une densité moyenne de 1002,8 UH (±322). Un temps chirurgical moyen de 118,23minutes (±38,2). Une culture préopératoire dans 100 % et positif dans 32,77 %, les CI survenant chez 64 patients (17,77 %) ; 25 patients (39,06 %) ont développé un SIRS et 39 un choc septique (60,94 %). Les CI étaient plus fréquentes chez les femmes 33 sur 150 (22 %) avec p <0,001, en cas des calculs de diamètre ≥30mm (p =0,049). Sur les 64 patients avec des CI, 40 patients ont présenté une culture d’urine positive (62,5 %), 16 négative (25 %) et 8 contaminé (12,5 %) (p <0,001). Dans la régression logistique binaire, nous obtenus comme facteurs prédictifs préopératoires : sexe féminin OR : 3,4 (IC95 % : 1,6–7,3), diabète OR : 1,6 (IC95 % : 0,4–3,33), taille lithiasique OR : 1,02 (IC95 % : 1–1,04) et culture d’urine préopératoire positive OR : 4 (IC95 % : 2,17–7,33) avec p <0,001.


Conclusion

Femmes diabétiques de grande taille lithiasique et la culture préopératoire positive ont un risque plus élevé de CI. Dans ce groupe de patients, notre conseil est de surveiller de près au début de la période postopératoire. De plus, nous ne recommande pas d’effectuer des procédures bilatérales de manière synchronisée.

La performance du test urinaire Xpert® Bladder Cancer Monitor est supérieure à celle de la cytologie pour la détection des récidives des tumeurs de la vessie n’infiltrant pas le muscle
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 790-791


Objectifs

Comparer les performances du test Xpert® Bladder Cancer Monitor (dispositif médical de diagnostic in vitro CE-IVD. Non disponible dans tous les pays. Non disponible aux États-Unis) à la cytologie pour la détection de récidive des patients suivis pour une tumeur de la vessie n’infiltrant pas le muscle (TVNIM).


Méthodes

Les urines des patients ont été collectées dans 2 centres, avant fibroscopie de surveillance. En cas de fibroscopie anormale, les malades étaient réséqués. Ces urines ont été analysées avec le kit Xpert® Bladder Cancer Monitor en utilisant le système GeneXpert (Cepheid™), qui permet la quantification des ARNs de 5 gènes d’intérêt et un gène de référence. Les valeurs de sensibilité, spécificité, prédiction positive, et négative ont été calculées pour le test Xpert® Bladder Cancer Monitor et la cytologie. Les aires sous la courbe (AUC) ont été établies à partir des courbes receiver operating characteristic (ROC), et leur significativité testée en comparaison à la valeur 0,5.


Résultats

Sur les 500 tests Xpert® Bladder Cancer Monitor effectués, huit (1,6 %) ont échoué. Un score positif a été obtenu pour 150 patients (30 %), dont 45 avaient une fibroscopie anormale et, pour 32, une récidive confirmée à l’anatomopathologie. En parallèle, 392 de ces patients ont eu une cytologie urinaire, dont 49 (12,5 %) étaient non interprétables, 9 positives et 334 négatives. Les valeurs de sensibilité, spécificité, prédiction positive, et prédiction négative pour la détection des récidives et des récidives de haut grade sont présentées dans le Tableau 1. L’analyse des courbes ROC a confirmé la supériorité du test Xpert® Bladder Cancer Monitor (AUC : 0,73, IC95 % : 0,66–0,80, p <0,0001) sur la cytologie (AUC : 0,53, IC95 % : 0,48–0,58, p =0,155) pour la détection des récidives, comme celles des récidives de haut grade (AUC=0,83, IC95 % : 0,75–0,91, p <0,0001 vs AUC : 0,55, IC95 % : 0,44–0,65, p =0,212).


Conclusion

La performance du test Xpert® Bladder Cancer Monitor était supérieure à celle de la cytologie pour prédire le risque de récidive des TVNIM, et notamment celle de haut grade.

La résection bipolaire en bloc au plasma des tumeurs vésicales non invasives de la musculaire, guidée par NBI, face à la résection monopolaire standard – Profil oncologique supérieur à long terme pour une technique hybride
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 831


Objectifs

L’étude a été désignée à évaluer la résection bipolaire en-block au plasma (REBP), guidée par l’imagerie à bande étroite (narrow band imaging [NBI]) et de la comparer à la résection transurétrale de la vessie (RTUV) monopolaire standard. Les deux alternatives ont été appliquées dans des cas sélectionnés par le critère de la dimension des tumeurs vésicales non invasives de la musculaire (TVNIM).


Méthodes

Au total, 240 patients consécutifs, diagnostiqués par écographie abdominale et scanner avec contraste qui ont présenté au moins une tumeur papillaire de la vessie de 1 à 3cm en diamètre ont été enrôlés de manière prospective, randomisée. Les patients du groupe étude (n =120) ont subi une ablation tumorale en-block au plasma, guidée par NBI. Dans le groupe contrôle (n =120), on a utilisé la RTUV conventionnelle monopolaire. Le protocole de suivi des patients avec TVNIM confirmés a inclus une cytologie urinaire et une cystoscopie, effectuées en accord avec le groupe de risque de chaque cas, pendant une période de 3 ans.


Résultats

La résection en-block au plasma a été caractérisée par une réduction significative du réflexe du nerve obturateur (5,8 % contre 13,3 %), du temps opératoire (15,4 contre 21,6minutes), du cathétérisme (1,8 contre 2,9jours) et de l’hospitalisation (2,1 contre 3,2jours) ainsi qu’une moindre baisse moyenne du niveau de l’hémoglobine (0,37 contre 0,85g/dL). La résection NBI a montré des taux de détection statistiquement supérieure concernant les lésions CIS (95,4 % contre 68,7 %), pTa (93,5 % contre 81,7 %) et les TVNIM en général (94,6 % contre 84,2 %). Un taux de récurrence substantiellement réduit a été décrit parmi les patients du bras REBP-NBI à 1 (13,6 % contre 22,3 %), 2 (18,7 % contre 29,5 %) et 3 (22,9 % contre 35,2 %) ans. Cette différence a été liée à la fréquence réduite de manière significative des récurrences hétérotopiques retrouvée dans le group étude (10,8 % contre 18,4 %, 14,9 % contre 26,7 % et 18,2 % contre 30,9 % à 1, 2 et 3 ans, respectivement) par comparaison à la série REBP-NBI.


Conclusion

La technique d’ablation en-block au plasma a été caractérisée par une efficacité chirurgicale supérieure, un risque d’hémorragie bien réduit et une période de convalescence plus courte. Grâce à l’utilisation de l’NBI, des progrès significatifs ont été obtenus en ce qui concerne les taux des tumeurs diagnostiquées. Du point de vue oncologique, un avantage significatif a été obtenu, tandis que substantiellement moins des récurrences hétérotopiques ont été trouvées parmi les patients de la série REBP-NBI.

La technique du curage ganglionnaire des prostatectomies laparoscopiques robot-assistées, influence-t-elle le taux des lymphocèles postopératoire ? Étude comparative de l’utilisation des clips hémostatiques versus la coagulation mono-polaire
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 732-733


Objectifs

Évaluer le risque de survenue de lymphocèles symptomatiques chez les patients traités par prostatectomie totale robot-assisté (RARP) en fonction de la technique de curage ganglionnaire.


Méthodes

Nous avons analysé les résultats des RARP avec curage ganglionnaire de janvier 2017 à mai 2020, à partir de la base de données prospective d’un centre de moyen à haut volume opératoire. Réalisés par 3 principaux chirurgiens séniors avec des techniques différentes.

Dans le groupe 1, la ligature des vaisseaux lymphatiques était réalisée par pose de clips hémostatiques de type Hemolock. Dans le groupe 2 les vaisseaux lymphatiques étaient électro-coagulés à l’aide de la coagulation mono-polaire.

Le critère principal était le taux de lymphocèles symptomatiques postopératoires avec un suivi médian de 3 mois. Les critères secondaires étaient le temps opératoire, les pertes sanguines peropératoires, la durée d’hospitalisation et le nombre de ganglion sur l’analyse histologique définitive.


Résultats

Au total, 181 patients ont été inclus, 114 dans le groupe 1 et 67 dans le groupe 2. Les caractéristiques de la cohorte étaient similaire en termes d’âge, de risque de D’Amico (Tableau 1).

Le taux de lymphocèles symptomatiques postopératoire était à 9,6 % n =11 dans le groupe 1 et 4,5 % n =3 dans le groupe 2, sans différence statistiquement significative (p =0,3). (Tableau 2).

Concernant les critères secondaires, la durée opératoire moyenne était plus courte dans le groupe 2 avec coagulation mono-polaire (p <0,001), tandis que, aucune différence significative entre les deux groupes n’a été mise en évidence en matière de durée médiane d’hospitalisation, de pertes sanguines peropératoires ni de nombre de ganglions sur l’histologie définitive (p =0,8 ; p =0,2 ; p =0,11 respectivement).


Conclusion

L’électrocoagulation mono-polaire durant les curages ganglionnaires pelviens des prostatectomies radicales laparoscopiques robot-assistées, semble être une approche faisable et sûr sans augmentation du risque de lymphocèle symptomatique postopératoire.

La transplantation rénale itérative : notre expérience sur la troisième transplantation rénale
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 722


Objectifs

La troisième transplantation de rein représente une bonne solution après la perte des greffons précédents, elle est associée à une meilleure survie des patients par rapport à la dialyse. Cependant, cela implique un plus grand risque chirurgical et immunologique. Nous présentons notre expérience sur la troisième transplantation rénale, en analysant les complications et le taux de survie des greffons.


Méthodes

Étude rétrospective des troisièmes transplantations rénales réalisées dans notre hôpital entre 1976 et 2019. Des variables concernant le receveur, le donneur, les aspects chirurgicaux, les complications et la survie des greffons ont été recueillies. Les résultats ont été comparés à une cohorte de premières et deuxièmes transplantations effectuées dans notre service.


Résultats

Sur un total de 4143, nous avons effectué 72 troisièmes transplantations avec un âge moyen des receveurs de 46 ans (21–76) et une durée moyenne de dialyse de 70 mois (1–250). Les greffons provenaient tous de donneurs cadavériques. La troisième transplantation expose à une augmentation significative de lymphocèle (13,9 % contre 3,2 % dans les premières et 4,5 % dans les deuxièmes ; p <0,001), de rejet de greffon (34,7 % contre 14,9 % et 20,5 %, p <0,001) et d’obstruction urétérale (11,1 % contre 3,6 % et 6,3 % ; p 0,002). Le taux de survie des greffons pour les premières, deuxièmes et troisièmes transplantations a été respectivement de 87 %, 86 % et 78 % à un an, 83 %, 82 % et 74 % à trois ans et 80 %, 79 % et 65 % à cinq ans.


Conclusion

La transplantation rénale itérative constitue un très bon choix thérapeutique avec des résultats chirurgicaux et de survie adéquats par rapport aux premières et deuxièmes transplantations. Il s’agit d’une procédure difficile qui doit être réalisée par des chirurgiens expérimentés, en individualisant chaque cas.

Le cancer de la prostate dans le département de l’Hérault : résultats de 30 ans d’enregistrement (1987–2016)
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 693


Objectifs

L’objectif de cette étude est de présenter l’évolution de l’épidémiologie du cancer de la prostate dans l’Hérault à partir des données collectées par le registre des tumeurs de l’Hérault (RTH) sur une période de 30 ans.


Méthodes

À partir de la base de données du RTH, nous avons étudié l’évolution du cancer de la prostate de 1987 à 2016. Nous avons analysé les données concernant l’incidence, la mortalité, l’anatomopathologie des tumeurs et leur stade au diagnostic. Nous avons comparé ces résultats aux données nationales et internationales.


Résultats

Nous avons recensé 21 261 nouveaux cas de cancers de la prostate. Entre 1987 et 2016 le nombre de nouveaux cas de cancer de prostate a été multiplié par 2,8 avec un pic d’incidence en 2003. Le taux standardisé sur la population mondiale (TSM) de l’incidence est passé de 32,4 à 90,3 pour 100 000, la mortalité de 13,2 à 11,5 pour 100 000. Entre 2007 et 2015, le nombre cancer diagnostiqué au stade métastatique est passé de 5,1 % à 8,5 %, de même le taux de pT3 est passé de 17 % à 27,4 %. En 2016, la probabilité d’être atteint d’un cancer de prostate avant 75 ans est de 12,28 % (Fig. 1).


Conclusion

En 30 ans, l’incidence du cancer de la prostate a fortement augmenté dans l’Hérault alors que l’on observe une diminution de sa mortalité. Ces données analytiques seront améliorées par le développement du Registre de l’Hérault Spécialisé en Onco-Urologie (RHESOU).

Le cancer de la vessie dans le département de l’Hérault : résultats de 30 ans d’enregistrement du Registre des Tumeurs de l’Hérault (1987–2016)
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 713


Objectifs

Le registre des tumeurs de l’Hérault (RTH) est un registre général qualifié par le comité national des registres depuis 1987. L’objectif de cette étude est de présenter l’évolution de l’épidémiologie du cancer de la vessie dans le département de l’Hérault à partir des données collectées par le RTH sur une période de 30 ans.


Méthodes

À partir de la base de données du RTH, nous avons étudié l’incidence, les taux d’incidence standardisés sur la population mondiale (TSM), la fréquence relative, le sex-ratio, l’âge moyen au diagnostic, les données anatomopathologiques et les primo-traitements pour toutes les tumeurs de la vessie ≥T1 dans la population de l’Hérault entre 1987 et 2016. Les données de mortalité proviennent du service SC8 de l’INSERM (CépiDC). Nous avons comparé ces résultats aux données nationales et internationales. Les estimations françaises proviennent des données FRANCIM et les données mondiales des registres sont regroupées par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), situé à Lyon.


Résultats

Les TSM du cancer de la vessie pour 100 000 sont passés de 11,1 en 1987–1988 (21 hommes, 3,1 femmes) à 8,2 en 2015–2016 (15,2 hommes, 2,5 femmes). Sur 30 ans, le RTH a recensé 5580 cas et 2718 décès. Le rapport mortalité/incidence était de 48,7 % (45,9 % chez l’homme, 62,1 % chez la femme) et le sex-ratio était de 4,7 hommes pour une femme. En 2016, il était le 7e cancer dans l’Hérault (5e chez l’homme). Les carcinomes urothéliaux représentaient 91,7 % des cancers. En 2016, l’âge moyen au diagnostic était de 74,8 ans (74,2 ans chez l’homme, 76,9 ans chez la femme) et la probabilité d’avoir un cancer de la vessie avant l’âge de 75 ans était de 1,81 % pour un homme (1/55) et 0,26 % pour une femme (1/382) (Fig. 1).


Discussion

L’incidence des tumeurs de la vessie a faiblement diminué chez l’homme dans l’Hérault. Les registres ne recueillent que les tumeurs ≥T1, ce qui diffère des recommandations cliniques. En 2018, le Registre de l’Hérault Spécialisé en Onco-Urologie (RHESOU) a vu le jour, dans le but d’apporter plus de cohérence entre les données épidémiologiques et la pratique clinique actuelle.


Conclusion

L’incidence des tumeurs de la vessie a faiblement diminué chez l’homme dans l’Hérault. Les registres ne recueillent que les tumeurs ≥T1, ce qui diffère des recommandations cliniques. En 2018, le Registre de l’Hérault Spécialisé en Onco-Urologie (RHESOU) a vu le jour, dans le but d’apporter plus de cohérence entre les données épidémiologiques et la pratique clinique actuelle.

Le cancer du rein dans le département de l’Hérault : résultats de 30 ans d’enregistrement (1987–2016)
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 819-820


Objectifs

L’objectif de cette étude est de présenter l’évolution de l’épidémiologie du cancer du rein dans l’Hérault à partir des données collectées par le registre des tumeurs de l’Hérault (RTH) sur une période de 30 ans.


Méthodes

À partir de la base de données du RTH, nous avons étudié l’évolution du cancer du rein de 1987 à 2016. Nous avons analysé les données concernant l’incidence, la mortalité, l’anatomopathologie des tumeurs et leur stade au diagnostic. Nous avons comparé ces résultats aux données nationales et internationales.


Résultats

Nous avons recensé 3766 nouveaux cas de cancers du rein : 2626 chez l’homme (69,7 %) et 1140 chez la femme (30,3 %). En 2016, le cancer du rein était le 8e cancer tous sexes confondus, le 7e cancer chez l’homme et le 11e chez la femme. Entre 1987 et 2016, le nombre de nouveaux cas de cancer du rein a été multiplié par 4,2 chez l’homme et par 3,3 chez la femme. Le nombre de formes localisées a augmenté de 9 % en 30 ans. En 2016, la probabilité d’être atteint d’un cancer du rein avant 75 ans est de 2,11 % pour un homme et de 0,62 % pour une femme (Fig. 1).


Conclusion

En 30 ans, l’incidence du cancer du rein a fortement augmenté dans l’Hérault alors que l’on observe une diminution de sa mortalité. Ces données analytiques seront améliorées par le développement du Registre de l’Hérault Spécialisé en Onco-Urologie (RHESOU).

Le clampage supra-sélectif aidé par la fluorescence au vert d’indocyanine au cours d’une néphrectomie partielle robot-assistée n’amène pas d’avantage sur la fonction rénale à long terme en comparaison du clampage de l’artère rénale. ...
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 746-747


Objectifs

Le clampage supra-sélectif (CSS) des artères à destinée tumorale au cours d’une néphrectomie partielle robot-assistée (NPRA) vise à réduire l’impact fonctionnel à long terme de l’ischémie sans dégrader les conditions de vision et les pertes sanguines. L’objectif de cet essai contrôlé randomisé est de comparer la perte de fonction rénale à 6 mois, entre CSS et clampage total (CT) avec déclampage précoce.


Méthodes

Essai contrôlé randomisé simple aveugle monocentrique, mono-opérateur. Les candidats à une NPRA pour tumeur unique étaient randomisés (1 :1) entre CSS et CT. Une reconstruction 3D-CT préopératoire identifiait les pédicules à destinée tumorale. La dévascularisation peropératoire était vérifiée par fluorescence au vert d’indocyanine. Le critère principal était le pourcentage de variation du débit de filtration glomérulaire (DFG) du rein opéré en préopératoire puis à 6 mois, par multiplication du DFG global (CDK-EPI) par la fonction relative par scintigraphie 99mTc-DMSA. Une volumétrie tomodensitométrique estimait la conservation du volume parenchymateux. L’essai EMERALD (ClinicalTrials.gov NCT03679572) a été dimensionné pour inclure 50 patients avec une analyse intermédiaire après 30 cas.


Résultats

De février 2018 à août 2019, 31 patients ont été inclus (15 CT, 16 CSS) à l’analyse intermédiaire. Les caractéristiques démographiques et tumorales étaient comparables. Il n’existait pas de différence significative an termes de pertes sanguines (200 vs 300mL), de variation d’hémoglobine, de transfusion, de complications postopératoires, de conversion en néphrectomie totale (0 vs 2) ou en chirurgie ouverte (0 vs 1). Le pourcentage de variation de DFG du rein opéré à 6 mois était non statistiquement différent (−21,4 % vs −23,4 %, p =0,66). Cette absence de différence persistait après ajustement au pourcentage de volume préservé qui était un facteur prédictif indépendant de préservation fonctionnelle. Malgré une courbe d’inclusion conforme aux prévisions, le comité de pilotage a stoppé l’étude après l’analyse intermédiaire pour futilité eu égard à l’absence de tendance à la supériorité fonctionnelle du CSS (Fig. 1, et Tableau 1, Tableau 2).


Conclusion

Le clampage supra-sélectif des artères à destinée tumorale en chirurgie robot-assistée avec fluorescence au vert d’indocyanine ne permet pas une meilleure préservation de la fonction rénale en comparaison du clampage de l’artère rénale montrant l’absence d’intérêt de la technique au regard des risques vasculaires pris.

Le cours magistral entre les attentes des étudiants et les objectifs pédagogiques
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 812-813


Objectifs

Le cours magistral (CM) est toujours considéré comme un élément essentiel de la formation médicale initiale. Le challenge actuellement devant la pléthore des sources d’informations à l’ère d’internet, est de pouvoir offrir un enseignement vivant, interactif et attractif. L’intérêt de notre étude est d’évaluer les attentes de nos étudiants en ce qui concerne le CM afin d’améliorer nos démarches pédagogiques.


Méthodes

Tous les étudiants inscrits à notre faculté de médecine ont été sollicités par le biais des représentants de chaque promotion. Un questionnaire en ligne élaboré par Google Forms leur a été envoyé. Le questionnaire est resté accessible pendant deux semaines. Il a permis le recueil des informations relatives aux données sociodémographiques, de l’appréciation du CM dans la formation médicale de base, du pourcentage estimé des connaissances retenues à la fin du CM, des défauts du CM ainsi que leurs suggestions pour l’améliorer.

Les CM à notre faculté durent en moyenne 1h 45.

Au total, 182 étudiants ont répondu au questionnaire.


Résultats

Environ 44,5 % des répondants étaient en 2e année de médecine. Dans 85 % des cas, les étudiants trouvaient que le cours magistral garde un intérêt dans la formation médicale. À la fin du CM, 13,7 % des répondants estimaient qu’ils retenaient plus de 50 % des informations exposées (Fig. 1).

Environ 52,7 % des étudiants estiment rester concentrés entre 25 et 50 % de la durée du cours alors que seulement 3,8 % estiment le rester pendant plus de 75 % de la durée. Le principal défaut du CM étaient le fait que le cours est monotone (71,6 %) (Fig. 2).

Afin d’améliorer les cours, les étudiants proposaient des cours sous forme d’enseignements dirigés plutôt que les CM (92 %), des cours associés à des séances de questions–réponses (71,1 %) ou des autoévaluations par outil de vote par exemple (31,7 %).


Conclusion

La grande majorité des étudiants trouve que le cours magistral garde toujours un intérêt dans leur formation initiale. Par contre, il est temps au CM « traditionnel » d’évoluer vers un CM actif et interactif en s’enrichissant de moyens pédagogiques divers (questions–réponses, vote…).

Le délais pour une prostatectomie radicale n’influence pas le résultat ontologique : étude d’une large cohorte de patients européen
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 730-731


Objectifs

L’influence du délai entre le diagnostic de cancer prostatique et la prise en charge chirurgicale par prostatectomie radicale sur les résultats oncologiques est controversée. Le but de notre étude d’évaluer l’effet de ce délai en utilisant une cohorte contemporaine de patients diagnostiqués par image par résonance magnétiques et biopsies ciblées.


Méthodes

Au total, 926 patients ont été opérés par prostatectomie radicale pour un cancer de prostate à risque intermédiaire ou élevé selon les critères de l’EAU. Des analyses multivariées utilisant des régressions logistiques et Cox ont été utilisées pour tester l’association entre le délais chirurgical et le risque d’upgrading , d’invasion ganglionnaire (LNI), de pathologie localement avancée (pT3-4 et/ou LNI), de besoin d’un traitement adjuvant et de récidive biochimique (BCR). Une analyse des courbes de Kaplan–Meier a été effectuée pour évaluer la survie sans BCR avec un cut-off de 3 mois.


Résultats

Le suivi médian était de 26 mois (IQR : 10–40) avec un délai médian de 3 mois (IQR : 2–5). Nous n’avons retrouvé aucune association entre le délai chirurgical et les différents résultats oncologiques après ajustement avec les données pré- et postopératoires. Cette absence d’association est maintenue après analyse des sous-groupes de patients à risque intermédiaire ou élevé (Fig. 1, Fig. 2, Tableau 1).


Conclusion

Un délai de plusieurs mois entre le diagnostic et le traitement chirurgical d’un cancer prostatique à risque intermédiaire et élevé n’altère pas les résultats oncologiques.

Le MMP-2 urinaire est significativement associé à l’échec de la toxine botulique intradétrusorienne chez les patients spina bifida
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 799


Objectifs

Plusieurs études ont suggéré que les patients spina bifida pourraient avoir une moins bonne réponse aux injections de toxine botulique A (BTX-A) intradétrusoriennes que les autres populations neurologiques sans qu’une hypothèse physiopathologique claire ne permette de l’expliquer. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’association entre résultats des injections BTX-A et les taux de six marqueurs urinaires chez les patients spina bifida.


Méthodes

Une étude prospective monocentrique a été menée entre mars 2015 et mars 2017 incluant tous les patients spina bifida adultes ayant consulté consécutivement pour examen urodynamique. Seuls les patients spina bifida ayant eu une injection de BTX-A intradétrusorienne ont été inclus dans la présente analyse. À la fin de la période d’inclusion, les prélèvements urinaires étaient décongelés pour réalisation des dosages de NGF, BDNF, TIMP-2, PGE2, TGF-B1 à l’aide de kits ELISA dédiés et de MMP-2 par zymographie. Le critère de jugement principal était le succès de l’injection de BTX-A selon la définition clinique et urodynamique standardisée GENULF/AFU.


Résultats

Douze patients ont été inclus. L’âge moyen était de 38,1 ans. La BTX-A injectée était l’onabotulinum toxine dans tous les cas à la dose de 200 U et 300 U chez 3 et 9 patients respectivement. Quatre patients (33,3 %) avaient une bonne réponse clinique et urodynamique à la BTX-A et huit étaient en échec (66,7 %). Le taux de MMP-2 urinaire était significativement plus élevé dans le groupe échec (1,30 vs 0,44ng/mL ; p =0,04 ; Fig. 1). Les taux de TGF-B1/Cr et TIMP-2/Cr urinaires tendaient à être plus élevés dans le groupe échec (41,7 vs 9,2pg/mg de créatinine ; p =0,31 et 479,5 vs 345,1pg/mg de créatinine ; p =0,17). En revanche les taux de PGE2/Cr, NGF/Cr et BDNF/Cr urinaires ne variaient pas selon la réponse au BTX-A.


Conclusion

Un taux de MMP-2 urinaire augmenté était associé à l’échec des injections de BTX-A intradétrusoriennes chez les spina bifida. Le remodelage de la matrice extracellulaire avec fibrose de la paroi vésicale pourrait donc être la principale cause d’échec des injections de BTX-A dans cette population et dessine une potentielle nouvelle voie thérapeutique dans cette population.

Le STONE score permet-il de prédire les résultats de l’urétéroscopie souple dans le traitement des calculs urinaires ?
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 702


Objectifs

Au fils des années, plusieurs nomogrammes ont été développés afin de prédire le taux de sans fragments après une chirurgie pour des calculs urinaires. L’objectif de ce travail est d’évaluer le STONE score comme étant un outil permettant de prédire de l’efficacité de l’urétéroscopie souple (URSS) pour chaque patient.


Méthodes

Le STONE score évalue 5 paramètres : S (size ) : taille, T (topographie) : localisation, O (obstruction) : obstruction, N (number ), nombre de calcul, E (evaluation of Hounsfield Units ) densité du calcul en unités Hounsfield. Une note de 1 à 3 points est attribuée à chaque paramètre. Entre janvier 2015 et décembre 2019, 92 interventions ont été effectuées. Le STONE score était calculé rétrospectivement pour chaque patient et corrélé avec l’absence de fragment résiduel 1 mois après URSS (SFR pour stone free rate ). Nous avons essayé de déterminer la valeur seuil de ce score grâce à l’analyse de la courbe receiver operator curve (ROC).


Résultats

Le STONE Score moyen était de 9,94 pour un taux de SFR à 81 %. Après analyse statistique, l’aire sous la courbe ROC était de 0,73 IC=95 % [0,624 ; 0,836] (Fig. 1). Dans notre étude, un seuil inférieur ou égal à 10 était associé à un taux de SFR de 59,3 %. Comparativement, un STONE Score préopératoire strictement supérieur à 10 était associé à un taux de stone free significativement bas de 39,3 %, p =0,003 (Tableau 1).


Conclusion

À la lumière de nos résultats, le STONE score semble être outil facile, fiable et reproductible permettant de prédire le résultat d’une URSS.

Le test du temps pour les progrès technologiques dans la chirurgie bipolaire de la prostate – Comparaison dans une manière prospective, randomisée, de la vaporisation bipolaire de la prostate au plasma en mode continue, à la vaporisation standa...
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 827


Objectifs

Une étude prospective, randomisée, à long terme, a évalué l’efficacité et la sécurité de la vaporisation bipolaire au plasma en mode continue (C-VBPP), par rapport à la vaporisation standard (S-VBPP) et à la résection transurétrale monopolaire de la prostate (RTUP) dans les cas d’hyperplasie bénigne de la prostate (HBP) de volume moyen. Dans des cas d’hyperplasie bénigne volumineuse de la prostate, la résection transurétrale saline (RTUS), la vaporisation bipolaire au plasma (VBP) et l’énucléation bipolaire de la prostate (EBP) ont été comparés à la prostatectomie ouverte (PO).


Méthodes

Cent quatre-vingt patients avec HBP, avec un volume prostatique de 30–80mL, le débit urinaire maximum (Qmax)<10mL/s et l’IPSS>19, ont été également randomisés pour la C-VBPP, la S-VBPP et la RTUP. Les patients ont été évalués en préopératoire et tous les 6 mois, pendant 6 ans âpres l’intervention en utilisant le IPSS, le Qmax, le score de la qualité de vie (QoL), le résidu vésical post-mictionnel (RVP), le volume prostatique et le taux du PSA. D’un autre côté, 320 cas avec un volume prostatique supérieur à 80mL et des paramètres symptomatiques et urodynamiques similaires ont été prospectivement inclus et également randomisés dans les quatre bras (RTUS, VPB, EBP et PO).


Résultats

Les temps opératoires moyens étaient significativement réduits pour la C-VBPP. La perforation capsulaire (1,7 % et 1,7 % contre 8,3 %) et le saignement périopératoire (1,7 % et 3,3 % contre 11,7 %), ainsi que les taux de la baisse moyenne d’hémoglobine (0,4 et 0,6 contre 1,4g/dL) ont été significativement réduits pour la C-VBPP et la S-VBPP. Les réductions des volumes prostatiques postopératoires (73,1 %, 71,7 % et 69,1 %) et du PSA (78,4 %, 77,5 % et 76,1 %) ont été statistiquement équivalentes pour les 3 séries. Pour les grandes prostates, la PO et l’EBP ont montré des temps opératoires semblable, surpassant la RTUS et la VBP. La PO a décrit la plus longue période de cathétérisme et de l’hospitalisation, suivi par la RTUS et finalement par la VBP et l’EBP (similaires). Pendant les 6 années de suivi, des résultats statistiquement similaires ont été établis pour la PO, l’EBP et la RTUS.


Conclusions

Le profil de la sécurité chirurgicale, la morbidité périopératoire, ainsi que la récupération sont restés supérieurs dans les deux groupes de vaporisation par rapport à la RTUP. Pour les grandes prostates, la PO et l’EBP ont décrit la plus grande efficacité chirurgicale (avec une récupération postopératoire prolongée pour la PO). À moyen et longue terme, des résultats fonctionnels généralement équivalents ont été déterminés pour les 4 techniques.

Les caractéristiques de l’IRM prédisent avec précision la récidive biochimique après une prostatectomie totale
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 776-777


Objectifs

Après une prostatectomie totale (PT), la récidive biochimique (RB) est associée à un risque accru de développer des métastases à distance, de mortalité globale et spécifique. L’IRM est un outil d’imagerie puissant pour le diagnostic, la stadification et la planification préopératoire.

L’objectif de cette étude était d’évaluer la performance de l’IRM et des biopsies ciblées pour prédire la RB après une prostatectomie totale.


Méthodes

Une étude bicentrique incluant 521 patients consécutifs traités par prostatectomie totale pour un cancer de la prostate (CaP) a été réalisée. Tous les patients avaient une IRM positive (PI-RADS ≥3) et avaient eu une combinaison de biopsies ciblées (BC) et systématisées (BS).

Nous avons recherché une corrélation entre les caractéristiques de l’IRM, l’ISUP sur les BC et les résultats anatomopathologiques de la pièce opératoire. Nous avons développé à partir de la cohorte du centre 1 une classification basée sur l’imagerie permettant de prédire la RB. La cohorte du centre 2 a été utilisée pour la validation de cette classification.


Résultats

Le Tableau 1 décrit la population. Un score PI-RADS élevé, un ISUP élevé sur la BC et une lésion classée T3 à l’IRM étaient associés à une maladie avancée (stade pT), à un ISUP élevé sur la pièce de PT, à un curage ganglionnaire positif et à un risque accru de RB (Tableau 2). Le stade T3 IRM était associé au risque de marge positive (p <0,001).

Nous avons développé une classification, comprenant le stade IRM, l’ISUP des BC et le PI-RADS permettant de prédire avec précision le risque de RB (AUC 0,714, p <0,001) (Fig. 1). Cette classification est au moins aussi pertinente que la classification standard de D’Amico (AUC 0,710). La validation sur la cohorte du centre 2 retrouvait une AUC de 0,676 pour la nouvelle classification versus 0,655 pour la classification standard.


Conclusion

Dans cette cohorte, le score PI-RADS, le stade IRM et l’ISUP sur les BC permettaient de prédire les caractéristiques de la maladie et la récurrence après prostatectomie totale. Une classification basée sur l’imagerie intégrant ces 3 facteurs était au moins aussi pertinente que la classification de D’Amico.

Lymphangiome kystique de veine cave inférieure par chirurgie robotique
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 841


Objectifs

Le lymphangiome kystique est une entité rare de tumeur bénigne développée au dépens du système lymphatique, présente essentiellement chez les enfants. Les formes rétropéritonéales représentent seulement 1 % des lymphangiomes. Le traitement de référence reste la chirurgie. Dans cette vidéo didactique, nous présenterons la technique mini-invasive de résection de cette masse kystique par chirurgie robotique en retraçant pas à pas les différentes étapes.


Méthodes

Il s’agit d’un patient de 21 ans, présentant un lymphangiome kystique de 12cm de la veine cave inférieure (VCI) découvert dans un bilan de douleurs abdominales. Le patient est installé en décubitus latéral gauche et 4 trocars robotiques sont utilisés ainsi que 2 trocars pour l’aide. Dans un 1er temps, la dissection consistera à libérer le colon droit, puis le duodénum de la masse et de la VCI. La libération se fera jusqu’à apercevoir le battement de l’aorte. La masse kystique sera libérée et disséquée progressivement de la VCI où on retrouve un plan, en prenant garde à ne pas réaliser de plaie vasculaire et à ne pas léser sur la partie externe la veine génitale et l’uretère droit. La pièce est extraite en fin d’intervention par l’orifice du trocar optique après l’avoir vidée de son liquide dans le sac.


Résultats

La durée de l’intervention était de 70min. Les pertes sanguines étaient quasiment nulles. Les suites opératoires ont été simples avec une reprise du transit à J1, autorisant un retour à domicile dès le lendemain de l’intervention. L’analyse histologique a montré un lymphangiome kystique typique sans critère de malignité, avec des marges négatives.


Conclusion

La résection de lymphangiome kystique par chirurgie robotique est une technique sure, présentant les avantages d’une chirurgie mini-invasive. La résection doit impérativement éviter toute marge positive. La difficulté et le danger restent le risque de plaie vasculaire et de saignement majeur.

L’ urétroplastie de Koyanagi–Snow–Hayashi dans la réparation des formes sévères d’hypospadias : entre espoir et réalité
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 738


Objectifs

L’hypospadias proximal représente environ un tiers des cas, sa réparation constitue toujours un défi pour le chirurgien.

La technique chirurgicale décrite par Koyanagi en 1984, modifiée par Snow, puis par Hayashi, est devenue la méthode de choix dans un grand nombre de centres.

Le but de cette étude était d’évaluer les résultats de cette technique dans la réparation des formes sévères d’hypospadias.


Méthodes

Entre juin 2015 et décembre 2019, nous avons mené une étude prospective sur 43 patients qui ont bénéficié d’une réparation chirurgicale selon la technique de Koyanagi–Snow–Hayashi. Tous les patients sélectionnés présentaient une forme sévère d’hypospadias associée à une courbure importante du pénis, traités pour la première fois et par un seul chirurgien.

La plupart des patients avaient un caryotype 46, XY. Cependant, 3 patients avaient une mosaïque 45, X/46, XY et un 45, X/46XX (avec translocation entre le chromosome 18 et Y : 18 ; Y).

L’âge des patients à la chirurgie variait entre 12 et 120 mois.


Résultats

Le résultat global a été jugé bon avec un bon aspect esthétique (méat à l’apex du gland, un pénis bien droit et une peau pénienne de bonne qualité) et sans complications postopératoires que chez 12 patients (28 % des cas). Une reprise chirurgicale était nécessaire chez 31 patients (72 % des cas), essentiellement pour réparation de fistules urétrales, rencontrées chez 14 patients (32,5 %) (dans 13 cas, ces fistules étaient scrotales ou siégeant à la jonction péno-scrotale), déhiscence de la partie balanique de l’urètre avec recul du méat chez 15 patients (35 %), diverticule de l’urètre chez 3 patients (dont un apparu après une reprise chirurgicale).


Conclusion

La technique proposée par Koyanagi dans la réparation des formes sévères d’hypospadias, a donné beaucoup d’espoir aux chirurgiens, la section complète de la chorde et la dissection du tissu fibreux ventral permet un redressement complet du pénis, responsable d’un bon aspect esthétique. Cependant, le taux important de complications rencontrées avec cette technique peut constituer un handicapé à son utilisation.

L’analyse histologique des pièces opératoires de chirurgie de l’hyperplasie bénigne de la prostate est-elle toujours indispensable ?
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 827-828


Objectifs

L’analyse histologique des pièces opératoires obtenues par chirurgie de l’hyperplasie bénigne de la prostate (HBP) est aujourd’hui systématique. Le développement de la vaporisation laser, et plus récemment de la vaporisation anatomique a soulevé la question du bénéfice apporté par cette analyse histologique systématique. L’objectif de notre étude était de rechercher des facteurs prédictifs de découverte fortuite de cancer prostatique (CaPF).


Méthodes

Nous avons analysé rétrospectivement les données de tous les patients opérés pour une HBP dans notre centre entre 2012 et 2018. Nous avons effectué une régression logistique uni- et multivariée pour identifier les facteurs prédictifs de découverte de CaPF. Les facteurs suivants ont été pris en compte dans l’analyse : âge, volume prostatique, PSA, densité du PSA (dPSA), traitement de l’HBP, technique chirurgicale. Nous avons réalisé une courbe ROC pour déterminer la valeur prédictive des facteurs identifiés.


Résultats

Au total, 1045 patients ont été inclus dans l’analyse. Le taux de CaPF était de 9 %. En analyse multivariée, l’âge et la densité du PSA étaient des facteurs de risque indépendants de découverte de CaPF. L’aire sous la courbe ROC était de 0,71 pour la performance diagnostique de l’âge combiné à la densité du PSA. En utilisant les médianes de l’âge et de la densité du PSA (respectivement 70 ans et 0,05), nous avons identifié une population avec un taux de CaPF de 0 % (Fig. 1).


Conclusion

L’âge et la densité du PSA sont des facteurs prédictifs indépendants de découverte d’un CaPF. Les patients de moins de 70 ans avec dPSA<0,05 avaient 0 % de CaPF sur notre cohorte de plus de 1000 patients. Chez les patients présentant ces critères, l’analyse histologique ne semble donc pas indispensable.

L’apport du prélèvement de la muqueuse buccale dans l’urétroplastie d’agrandissement : trucs et astuces
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 848


Objectifs

Le prélèvement de la muqueuse buccale est devenu un moyen indispensable dans la réparation des différentes sténoses de l’urètre masculin quelque soient leurs topographies. L’objectif est d’évaluer les astuces de l’urétroplastie d’agrandissement par un greffon buccale.


Méthodes

Atravers cette vidéo, Nous vous rapportons le traitement de 6 patients souffrant de sténose étendue d’urètre antérieur, postérieur et hypospade. Nous mettons en exergue la technique du prélèvement de la muqueuse buccale ainsi que tous les détails de l’urétroplastie d’agrandissement pour : une sténose étagée étendue d’un urètre antérieur, un urètre hypospadias avec un méat péno-scrotal et une sténose bulbo-membraneuse. Un patient avec une sténose bulbaire courte a bénéficié d’une urétroplastie sans transsection et un autre avec un lichen scléroatrophique de l’urètre antérieur qui a bénéficié d’une perineostomie.


Résultats

Le greffon buccal peut atteindre 25mm sur 60mm, facile à réaliser juste en faisant attention au canal de Sténon. Le passage d’un guide à travers la sténose est indispensable au début de l’urétroplastie. Ce greffon n’est en aucun cas un néo-urètre en forme de tube mais il sera un segment du tube qui va agrandir l’urètre. Dans les sténoses de l’urètre pénien, la plastie doit être placer sur le versant caverneux par contre dans l’urètre bulbomembraneux, le greffon peut être positionner sur la face dorsale ou ventrale. L’urétroplastie sans transsection est une technique séduisante proposé chez des patients vasculopathes pour des sténose courtes. Pour les sténoses étendues de l’urètre antérieur associées parfois à un lichen scléroatrophique, il faut multiplier les temps opératoires avec mise à plat de l’urètre cicatriciel.


Conclusion

La muqueuse buccale est un excellent matériel de greffe dans les plasties urétrales et surtout dans le lichen scléroatrophique. La chirurgie de l’urètre a bénéficié des principes généraux de la chirurgie de l’hypospadias. Multiplier les temps opératoires est une alternative sage pour l’urètre antérieur multi opéré.

L’apprentissage machine peut prédire la réponse tumorale chez les patients traités par nivolumab pour un carcinome rénal métastatique – Un concept d’intelligence artificielle
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 787-788


Objectifs

La combinaison de l’apprentissage machine (ML) et de la radiomique a montré des résultats prometteurs en oncologie. L’objectif de cette étude était d’évaluer la performance de ML pour prédire la réponse tumorale au nivolumab dans une cohorte de patients atteints d’un carcinome à cellules claires métastatique (CCCm).


Méthodes

Il s’agit d’une étude monocentrique rétrospective qui a analysé les données cliniques et radiologiques (scanners pré-traitement) de patients avec un CCCm traités par nivolumab. Les patients étaient divisés en deux groupes en fonction de la réponse au nivolumab selon les critères RECIST 1.1 (répondeur [réponse complète ou partielle ou maladie stable] vs non répondeur [maladie en progression]). Les paramètres radiomiques ont été extraits de la tumeur primitive et/ou des métastases à partir du scanner injecté fait dans le mois précédant l’administration du nivolumab. Quatre algorithmes de ML supervisés (voisin le plus proche, forêts aléatoires, régression logistique et machines à vecteurs de support) ont été utilisés puis évalués via une courbe receiver operating characteristic (ROC).


Résultats

Quarante-huit patients ont été inclus. L’âge médian était de 63 ans (IQR : 56–71). Le suivi médian après le début du nivolumab était de 25 mois (IQR : 1–76 mois). Quarante-six patients (95 %) avaient reçu un traitement préalable par un inhibiteur du VEGF. Trente-neuf (60,4 %) patients étaient considérés comme répondeurs : 10 réponses partielles et 19 maladies stables. Les scores de précision de nos quatre modèles prédictifs (voisin le plus proche, forêts aléatoires, régression logistique et machines à vecteurs de support) étaient respectivement de 0,82, 0,71, 0,91 et 0,81. L’AUC des courbes ROC était de 0,79, 0,67, 0,92 et 0,71, respectivement.


Conclusion

L’apprentissage machine pourrait constituer une méthode non invasive utile et prometteuse pour la prédiction automatisée des patients traités au nivolumab dans le cadre d’une CCCm.

L’arcade du psoas : un repère anatomique précieux dans les sur-rénalectomies par lomboscopie
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 820


Objectifs

Les principales difficultés rencontrées au cours des sur-rénalectomies laparoscopiques par la voie rétropéritonéale sont la reconnaissance des espaces de décollement rétropéritonéaux et le manque de repères anatomiques pour identifier la glande. L’objectif de ce travail est d’apporter grâce à une étude anatomique sur cadavres une description des rapports des glandes surrénales avec les muscles profonds de la paroi postérieure en particulier le muscle psoas.


Méthodes

Il s’agit d’une étude anatomique basée sur la dissection de 80 surrénales de cadavres frais. Les corps ne devaient pas avoir d’antécédents de chirurgie surrénalienne ou rétro péritonéale. Les conditions de dissection se rapprochaient de celles sur le vivant. Pour étudier les rapports de la surrénale droite, nous avons réalisé une néphrectomie droite laissant en place la surrénale droite qui reste attachée à la VCI par sa veine surrénalienne principale. À gauche, le rein a été libéré et abaissé. Les bords de la surrénale ont été repérés par des aiguilles puis la surrénale est réclinée pour étudier sa projection sur la paroi postérieure (Fig. 1).


Résultats

L’étude des rapports des glandes surrénales avec les muscles de la paroi postérieure a montré que la surrénale droite était plus haut située. La surrénale droite était au-dessus de l’arcade du psoas dans 16 cas (40 %) de 13mm en moyenne (4–20mm). Le bord inférieur de la surrénale droite était au même niveau que l’arcade du psoas dans 18 cas (45 %). Elle était au-dessous de l’arcade du psoas dans 6 cas (15 %) de 11mm en moyenne (10–17mm) (Fig. 2). L’étude des rapports de la surrénale gauche avec l’arcade du psoas a montré que le bord inférieur de la glande était au même niveau que l’arcade du psoas dans 16 cas (40 %). Le bord inférieur de la surrénale gauche était au-dessous de l’arcade du psoas dans 24 cas (60 %) de 14mm en moyenne (8–24mm) (Fig. 3).


Conclusion

L’arcade du psoas est un rapport postérieur important de la glande surrénale. Il pourrait servir comme repère anatomique pour retrouver la glande surrénale au cours de la surrénalectomie laparoscopique rétropéritonéale, l’une des principales difficultés rencontrées par la voie rétropéritonéale étant la reconnaissance des repères pour retrouver la glande surrénale.

L’impact psychologique et fonctionnel des différentes modalités thérapeutiques du cancer de prostate localisé de faible risque
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 834


Objectifs

Évaluer et comparer l’impact de la surveillance active (SA), de la thérapie focale (FT) et de la prostatectomie radicale (PR) sur les résultats psychologiques et fonctionnels chez les hommes atteints d’un cancer de la prostate de faible risque de progression (CaP).


Méthodes

Il s’agit d’une étude longitudinale prospective comparant 3 groupes (SA, FT et RP), incluant tous les patients présentant un CaP de faible risqué localisé défini par : un PSA ≤10ng/mL, un score de Gleason=6 [3+3], un stade clinique ≤T2a, ≤2 biopsies positives contenant moins de ≤50 % de cancer.

Deux séries d’autoquestionnaires ont été réalisées comme suit ; une série (Q0) au moment de la confirmation du traitement, et une deuxième avant le dosage de PSA à 12 mois (Q1). Chaque série comprenait les autoquestionnaires suivants ; le Memorial Anxiety Scale for Prostate Cancer (MAX-PC), l’International Index of Erectile Function (IIEF-5), l’International Prostate Symptom Score (IPSS) ainsi que l’International Continence Society, male Incontinence Symptoms (ICSmaleIS) (Fig. 1).

Le critère de jugement principal était la différence intergroupe du score MAX-PC de référence (Q0). Les critères de jugement secondaires étaient la différence intergroupe des scores MAX-PC, IIEF-5, IPSS et ICSmaleIS à 1 an (Q1).


Résultats

Nous avons inclus 300 patients (n =100 par groupe). L’âge moyen et le PSA moyen étaient comparables entre les groupes (p =0,0827 et p =0,0679, respectivement).

Avant traitement, le score médian MAX-PC était inférieur dans le groupe SA (14,3±6,6) vs (17,8±10,9, p =0,0061) ; (17,2±10,3, p =0,0338) dans les groupes thérapie focale et prostatectomie radicale respectivement. À un an, les 3 groupes étaient comparables en termes d’anxiété selon le score MAX-PC.

La fonction érectile évaluée par l’IIEF5 était comparable entre les 3 groupes à l’inclusion (Q0), cependant, à Q1 nous avons noté une baisse significative du score IIEF5 dans le groupe PR comparé au groupe FT et SA (p <0,0001). Le score IPSS était comparable entre les 3 groupes tout au long du suivi. Tandis que, la médiane du score ICSmaleIS était supérieure dans le groupe PR comparé à la SA ou la FT (p <0,01).


Conclusion

Les patients en SA avaient de meilleurs résultats fonctionnels que le groupe thérapie focale et prostatectomie radicale. Sans infériorité en termes d’anxiété à l’inclusion (Q0), cette dernière avait tendance à diminuer au fil du suivi.

L’urétérorénoscopie selon as low as reasonably achievable (ALARA) : avec quel(s) endoscope(s) et quelles limites ?
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 701-702


Objectifs

Depuis 2016 l’urétéroscopie est l’intervention la plus pratiquée en France pour le traitement des calculs urinaires. Durant une urétéroscopie les patients et le personnel sont exposés à la fluoroscopie. Pour limiter les risques liés à l’irradiation, des techniques d’urétéroscopie selon ALARA ont été publiées. Nous décrivons notre technique sous contrôle visuel maximal et les situations de recours à la fluoroscopie.


Méthodes

Un seul opérateur a travaillé avec des endoscopes réutilisables numériques (Olympus URF-V et V3, Wolf Boa) et usage unique (Boston Lithovue, Pusen Uscope) :

– amplificateur de brillance allumé ;

– montée du guide sous contrôle visuel jusqu’à butée ;

– si nécessaire calibrage du méat urétéral ;

– montée délicatement d’une gaine d’accès avec rétrocontrôle sensoriel ;

– introduction de l’endoscope, vérification du positionnement du guide ;

– exploration visuelle systématique des cavités ;

– repérage et fragmentation LASER des calculs sous contrôle visuel permanent ;

– vérification visuelle de la position calicielle supérieure du guide et de l’intégrité urétérale ;

– pose d’une endoprothèse urétérale sous contrôle visuel.


Résultats

La cohorte comportait 97 patients opérés entre mars et octobre 2019. Cinquante-sept pour cent patients étaient porteurs d’une sonde JJ (59 %). Quatre-vingt-cinq pour cent patients (88 %) ont été opérés sans aucune irradiation. Pour 12 patients (12 %) la fluoroscopie a été nécessaire avec une dose médiane de 77 cGy/cm2 (3–466) et une durée médiane de 0,15minutes (0,1–0,9minutes). Les indications de fluoroscopie ont été : 5 cas de sténose ou uretère lombaire de calibre fin, 2 duplicités, 2 calculs de repérage difficile, 1 diverticule, 1 orifice urétéral de repérage difficile, 1 érosion urétérale. Les taux de complications postopératoires Clavien 2 (3 %) et Clavien 3 (2 %) étaient comparables aux données publiées dans la littérature.


Conclusion

Cette technique d’urétéroscopie sous contrôle visuel maximal permet de traiter les calculs urinaires selon le principe ALARA, avec des endoscopes réutilisables et à usage unique. Les anomalies anatomiques de la voie excrétrice et l’érosion urétérale ont justifié l’utilisation de la fluoroscopie dans notre série.

Maintien d’une anti-agrégation par kardegic 75 lors de la réalisation d’une séance de lithotripsie sur un calcul rénal
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 709


Objectifs

La lithotripsie extracorporelle est un traitement de choix des lithiases rénales. La réalisation de séance de LEC impose l’arrêt des traitements anti-agrégants et anticoagulants, complexifiant la prise en charge et exposant les patients à un risque cardiovasculaire accru. L’objectif de cette étude est d’étudier la faisabilité du maintien d’une anti-agrégation par aspirine 75mg par jour au cours des séances de LEC.


Méthodes

Nous avons réalisé une étude prospective monocentrique incluant des patients présentant une lithiase rénale éligible à un traitement par LEC et suivant au long cours un traitement par aspirine 75mg en prévention primaire ou secondaire des accidents cardiovasculaires. Le critère de jugement principal était la survenue d’hématome rénal à la suite des séances de LEC, celle-ci étant évaluée par un scanner abdominopelvien 15jours après la séance. Les critères de jugement secondaires étaient l’évolution de la fonction rénale, du taux d’hémoglobine, ainsi que l’efficacité du traitement.


Résultats

Vingt-huit séances de lithotripsie extracorporelle ont été analysées entre janvier 2018 et mai 2019. Il n’a pas été observé d’hématome rénal à la suite des séances de LEC. Il n’a pas été observé de variation de la créatininémie sanguine (p =0,497), du débit de filtration glomérulaire (p =0,738) et du taux d’hémoglobine (p =0,792). En fin de traitement, 32,14 % des patients ne présentaient pas de fragments résiduels, 25 % des patients présentaient des lithiases ne nécessitant pas de traitement complémentaires et 42,9 % des patients présentaient des lithiases nécessitant un traitement complémentaire.


Conclusion

La réalisation de séance de LEC avec maintien d’une anti-agrégation par aspirine à dose de 75mg par jour n’augmente pas le risque d’hématome rénal ou péri-rénal. Le maintien d’une anti-agrégation par aspirine 75mg permettrait de simplifier la prise en charge, tout en réduisant le risque cardiovasculaire entraîné par son arrêt.

Marqueurs biologiques préopératoires prédictifs de la viabilité testiculaire suite à une torsion du cordon spermatique
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 726


Objectifs

La torsion du cordon spermatique (TCS) est une urgence chirurgicale qui nécessite un diagnostic et une prise en charge rapides pour éviter l’orchidectomie. La durée des symptômes est un facteur prédictif de la viabilité testiculaire, cependant il est difficile dans de nombreux cas d’identifier la durée exacte. L’objectif de cette étude était d’identifier des facteurs biologiques préopératoires permettant d’évaluer la viabilité testiculaire après une TCS.


Méthodes

Une étude multicentrique rétrospective nationale (TorsAFUF) a été réalisée chez les patients pris en charge pour une douleur testiculaire aiguë dans 14 centres hospitaliers. Les patients présentant une TT objectivée au bloc opératoire et ayant des données complètes ont été inclus. Les paramètres biologiques préopératoires ont été recueillis (hémoglobine, plaquettes, leucocytes, neutrophiles, lymphocytes, rapport neutrophiles/lymphocytes, rapport plaquettes/lymphocytes). La décision de préserver ou de retirer le testicule était laissée à la discrétion du chirurgien. Une régression logistique a été réalisée pour rechercher les facteurs biologiques à une orchidectomie sur l’ensemble de la série. Compte tenu de la répartition des variables d’intérêt nous avons effectué une transformation logarithmique.


Résultats

Nous avons inclus 750 patients dans l’analyse finale dont 12 % (n =91) ont eu une orchidectomie. L’âge médian était de 20,5 ans (17–26). Le délai médian entre le début des symptômes et l’exploration chirurgicale était de 6h. Le rapport médian neutrophiles/lymphocytes (NLR) et le rapport plaquettes/lymphocytes (PLR) étaient de 3,9 (2–7) et 127 (90–177), respectivement. En analyse multivariée, seul le NLR préopératoire et la durée des symptômes était prédictif d’une orchidectomie (OR : 1,63 et 1,04 ; respectivement). L’aire sous la courbe ROC de notre modèle (délai et NLR) pour la prédiction d’une orchidectomie était de 0,90.


Conclusion

Dans cette série rétrospective, le NLR semble être un marqueur biologique préopératoire puissant du risque d’orchidectomie chez les patients pris en charge pour une TCT.

Méningiome et cyprotérone. Le risque existe t-il aussi chez l’homme ?
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 743


Objectifs

Le risque de survenue de méningiome secondaire à la prise de cyprotérone (CYP) a été constaté à partir de 2007, entraînant une mise en surveillance de ce médicament dès 2009. Les études ont porté essentiellement chez des femmes. Nous avons cherché à savoir si ce médicament provoquait également un risque accru de méningiome dans une population d’homme traité pour cancer de la prostate.


Méthodes

Les données portent sur une cohorte de patients traités pour cancer de prostate entre 1998 et 2019. À partir de ce fichier, les patients ayant reçu de la CYP ont été recontactés afin qu’ils puissent bénéficier d’une IRM ou scanner cérébral à la recherche d’un méningiome.


Résultats

Sur les 1190 patients traités pour cancer de prostate sur la période donnée, 157 patients ont pris un traitement par CYP. Beaucoup de patients étaient perdus de vue ou non interrogeables vu l’étendue de la période. Seuls 30 dossiers ont pu être exploitables pour cette première étude. L’âge moyen au moment du diagnostic de cancer était de 69 ans. La durée moyenne de traitement a été de 82 mois avec une dose moyenne journalière de 57mg. Pour ces 30 patients, un méningiome a été retrouvé dans 5 cas, soit 16 % (3 % dans la population générale). La localisation était 4 fois dans le lobe frontal 66 %. La durée de traitement, la dose moyenne quotidienne et la dose cumulée a été de 86 contre 82 mois chez les patients sains, 58mg contre 57mg chez les patients sains et 148g, contre 123g chez les patients sains.


Conclusion

Sur cette série, il semble que la prise prolongée de CYP favorise la survenue d’un méningiome pendant une durée supérieure à 7 ans.

Mésusage des traitements de l’hypertrophie bénigne de la prostate chez le sujet âgé
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 766


Objectifs

L’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) est une des pathologies les plus fréquentes du sujet âgé. La prévalence atteint plus de 80 % après 60 ans. Les objectifs de ce travail étaient d’évaluer la fréquence du mésusage des traitements médicamenteux de l’HBP chez le sujet âgé, et de vérifier s’il était associé à une iatrogénie médicamenteuse significative.


Méthodes

Cette étude était transversale (25/02/2019 au 3/03/2019 et du 25/03/2019 au 31/03/2019). Toutes les prescriptions ciblant l’HBP (ATC G04CA ; ATC G04 CB) effectuées au sein de notre groupe hospitalier pendant cette période ont été extraites. Parmi ces données, 117 patients de sexe masculin ont été étudiés. Le mésusage était évalué en utilisant une échelle composite (données de l’AMM, résumés des caractéristiques du produit et recommandations de l’Association européenne d’urologie [EAU]). Une analyse des interactions médicamenteuses a été réalisée avec le logiciel GRP Diane® puis comparée rétrospectivement à l’évaluation gériatrique (ex. patients chuteurs, hypotension orthostatique, dépendance).


Résultats

Le mésusage des thérapeutiques de l’HBP concernait près de 72 % des patients (n =84). Les patients avec mésusage avaient un suivi urologique plus fréquent, plus d’examens diagnostiques urologiques complémentaires, plus de traitement alpha-bloqueurs, plus d’hypotension orthostatique et ils étaient plus chuteurs (p =0,02 ; p <0,02 ; p <0,001 ; p =0,005 ; p <0,04), comparativement aux patients sans mésusage. Le mésusage des traitements de l’HBP majorait le risque de chutes en analyse multivariée (OR de 3,22, p =0,039 ; IC [1,1–10,2]).


Conclusion

Le mésusage des traitements de l’HBP du sujet âgé est proche de 72 %. Il concerne particulièrement les alpha-bloqueurs avec un risque d’hypotension orthostatique et de chutes majorés. Cette prescription doit faire l’objet d’une évaluation personnalisée, chez ces patients fragiles et polymédicamentés.

Mini néphrolithotomie percutanée et urétéroscopie souple : comparaison des résultats pour le traitement des volumineux calculs du pôle inférieur du rein
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 703-704


Objectifs

La lithiase urinaire est une pathologie fréquente et récidivante dont la prévalence a triplé en quarante ans. Si l’évolution naturelle des calculs de petite taille se fait souvent vers l’expulsion spontanée, celle des plus volumineux nécessite le plus souvent un geste urologique. La miniaturisation des techniques chirurgicales a fait évoluer les pratiques avant les recommandations, conduisant à un certain nombre de situations où le choix de la technique opératoire peut être difficile L’objectif de cette étude était d’évaluer les résultats de l’urétéroscopie souple et de la mini néphrolithotomie percutanée (miniNLPC) pour le traitement des volumineux calculs du pôle inférieur du rein.


Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective descriptive bicentrique réalisée dans deux centres français de janvier 2016 à juin 2019. Tous les patients ayant un ou plusieurs calculs du pôle inférieur du rein compris entre 10 et 40mm et traités par urétéroscopie souple ou miniNLPC ont été inclus. Le critère de jugement principal était l’efficacité du traitement définie par l’absence de fragment résiduel de plus de 4mm sur une imagerie de contrôle réalisée entre 0 et 6 mois postopératoire. Les critères de jugement secondaires étaient la durée opératoire, la durée d’hospitalisation, les complications per- et postopératoires, la durée du drainage urétéral, le taux de ré-intervention pour le traitement des calculs résiduels. Les deux groupes n’étant pas parfaitement comparables, les analyses statistiques ont été réalisées en multivarié pour éviter les biais de confusion.


Résultats

Cent quinze procédures de miniNLPC et 118 procédures d’URS ont été inclues. Le taux de patients sans fragment résiduel significatif après une procédure était significativement plus élevé dans le groupe miniNLPC que dans le groupe URS (69 % vs 52 % respectivement, p <0,001). Il n’y avait pas de différence significative entre les deux groupes concernant la survenue de complication peropératoire. Le taux de complications postopératoires global était significativement plus élevé dans le groupe miniNLPC que dans le groupe URS (23 % vs 11 % respectivement, p =0,01). La durée opératoire était significativement plus longue pour le groupe miniNLPC que pour le groupe URS (105min vs 71min respectivement, p <0,001) ainsi que la durée d’hospitalisation (2,6jours vs 0,8 jour respectivement, p <0,001). La durée médiane de drainage urétéral était significativement plus courte dans le groupe miniNLPC que dans le groupe URS (2jours vs 25jours respectivement, p <0,001). Une nouvelle intervention pour traitement des fragments résiduels a été nécessaire pour 9,6 % des patients du groupe miniNLPC contre 30,5 % des patients du groupe URS (p <0,001) (Fig. 1, Tableau 1, Tableau 2).


Conclusion

La miniNLPC et l’urétéroscopie souple sont deux techniques mini-invasives efficaces pour le traitement des volumineux calculs du rein. La miniNLPC reste la technique la plus efficace aux prix d’un risque de complications plus élevé. D’après nos résultats, il s’agit de la technique de choix pour les calculs de plus de 20mm et plus de 1000 unités Hounsfield. L’urétéroscopie souple est une alternative intéressante du fait de son faible taux de complication et de sa faisabilité en ambulatoire mais implique plus souvent la nécessité d’un geste chirurgical complémentaire.

Modèle préclinique de perfusion normothermique ex situ de transplants pancréatiques
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 723-724


Objectifs

La conservation statique hypothermique (CSH) est actuellement l’unique méthode de préservation des transplants pancréatiques. Le développement récent de la perfusion normothermique ex situ sur machine (NMP) des greffons hépatiques et rénaux permet une évaluation et une optimisation des transplants issus de donneurs non optimaux.

L’objectif de cette étude est de mettre au point un modèle de NMP adapté au pancréas.


Méthodes

Cette étude a été réalisée sur un modèle porcin de donneur décédé après arrêt circulatoire avec ischémie chaude de 30minutes.

Trois groupes perfusion NMP ont été définis : après 2,5heures de CSH (G1), après 6heures de CSH (G2), et après 6h de perfusion hypothermique sur machine (HMP) (G3).

La NMP a été réalisée sur une machine KidneyAssist (Organ Assist). Le perfusât a été composé de plasma et de globules rouges autologues. L’oxygénation a été de 21 %. Les paramètres de perfusion ont été une pression de 40mmHg et une température de 37° C. Les paramètres de perfusion analysés ont été le flux (F) et l’index de résistance (IR).


Résultats

Sept perfusions NMP ont été réalisées. Toutes les NMP ont été techniquement réalisables avec une perfusion macroscopique efficace sur le pancréas et le duodénum (Fig. 1). Les pancréas G1 et G3 ont eu une évolution favorable des paramètres de perfusion à 60min G1 (F=105mL/min5 et RI=0,50,2) G3 (F=45mL/min5 et RI=0,60,3). Les pancréas G2 ont présenté une évaluation rapidement défavorable des paramètres de perfusion imposant un arrêt de la NMP à 45min.

Le taux de lactate est resté stable pour toutes les groupes (62mmol/L à 45min). Des tests de glucostimulation des TP avec 27,5mmol/L de glucose ont permis des évaluations de la sécrétion insulinique en réponse.


Conclusion

La perfusion NMP de pancréas est réalisable et permet une évaluation fonctionnelle des transplants. Cette évaluation pourrait être particulièrement intéressante pour des transplants provenant de donneurs décédés après arrêt circulatoire ou encore d’autres donneurs non optimaux. Cette technique innovante est une voie de recherche permettant d’envisager de futures potentialités d’optimisation des transplants.