Base bibliographique

Faut-il réaliser systématiquement une hystérectomie subtotale lors d’une promontofixation pour prolapsus génital en prévention du risque de cancer de l’endomètre ?
Should we perform subtotal hysterectomy associated with sacral colpopexy for genital prolapse to prevent the risk of endometrial cancer?
2021
- Recommandation
- Réf : Prog Urol, 2021, 7, 31, 439-443




 

Impact des sondes de biofeedback utilisées dans le cadre de l’auto-rééducation des muscles du plancher pelvien chez la femme incontinente urinaire à l’effort. Revue de la littérature
Impact of biofeedback probes used in the self-rehabilitation of pelvic floor muscles in women with stress urinary incontinence. Literature review
2021
- Revues de la littérature
- Réf : Prog Urol, 2021, 7, 31, 385-391


Objectif

Le but de cette revue de la littérature était d’identifier les effets évalués de l’utilisation de sondes de biofeedback, utilisées dans le cadre de l’auto-rééducation des muscles du plancher pelvien, sur la fonction musculaire, la sévérité des symptômes, la qualité de vie, l’observance/l’adhésion des femmes incontinentes urinaire à l’effort.


Matériel et méthode

Une revue de la littérature a été effectuée en mars 2020 sur les bases de données PubMed, PEDro et Science Direct.


Résultats

Au total, 3 essais contrôlés randomisés (n =167 participants) ont été inclus et analysés. Les différents résultats retrouvés montrent des améliorations significatives de la fonction musculaire avec un pourcentage de 87,5 % (p =0,003) de patientes améliorées sur l’échelle d’Oxford modifiée, ainsi que la périnéométrie passant de 23,06 à 32 (p =0,011). La sévérité des symptômes est également améliorée avec une diminution du nombre de protections et du poids des protections au Pad Test (p <0,005). Concernant la qualité de vie, des améliorations significatives au King's Health Questionnaire (KHQ) et à l’Échelle visuelle analogique du stress psychologique sont retrouvées, avec une amélioration des patientes au sein de chaque groupe à la fin de l’étude (p <0,0005). Aucuns résultats ne montrent une supériorité de l’entraînement des muscles du plancher pelvien avec sonde de biofeedback par rapport à l’entraînement seul.


Conclusion

Cette revue n’a pas permis d’établir de réelles recommandations vis-à-vis de l’utilisation de sonde de biofeedback à domicile en tant qu’adjuvant à l’entraînement des muscles du plancher pelvien chez les femmes atteintes d’incontinence urinaire à l’effort. Elle suggère que l’utilisation des sondes de biofeedback ne serait pas plus efficace qu’un entraînement sans sonde.


Objective

The purpose of this review was to identify the evaluated effects of the use of biofeedback probes used in the self-rehabilitation of the pelvic floor muscles, on the muscle function, symptom severity, quality of life, and compliance/adherence to exercise for women with stress urinary incontinence.


Material and method

A literature review was conducted in March 2020 on the PubMed, PEDro and Science Direct databases.


Results

A total of 3 randomised controlled trials (n =167 participants) were included and analysed. The different results found show significant improvements in muscle function with a percentage of 87.5% (P =0.003) of patients improved on the modified Oxford scale, as well as perineometry increasing from 23.06 to 32 (P =0.011). Symptom severity is also improved with a decrease in the number of pads and pad weight in the Pad Test (P <0.005). Concerning quality of life, significant improvements in the King's Health Questionnaire (KHQ) and the Visual Analogue Scale of Psychological Stress were found, with an improvement in the number of patients in each group at the end of the study (P <0.0005). No results showed a superiority of pelvic floor muscle training with a biofeedback probe compared to training alone.


Conclusion

This review didn’t provide real recommendations for the use of home biofeedback probes as an adjunct to pelvic floor muscle training in women with stress urinary incontinence. She suggests that the use of biofeedback probes wouldn’t be more effective than training without them.

Injections intradétrusorienne de toxine botulique A (onabotuliniumtoxin A) pour traiter l’incontinence urinaire par urgenturie au cours de la maladie de parkinson idiopathique
Intradetrusor injections of botulinum toxin A to treat urinary incontinence due to bladder overactivity during idiopathic Parkinson's disease
2021
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2021, 7, 31, 430-438


Introduction

Au cours de la Maladie de Parkinson idiopathique (MPI), les troubles vésico-sphinctériens sont fréquents, et dominés par le syndrome clinique d’hyperactivité vésicale (SCHV). Les injections intradétrusoriennes (IID) de Toxine botulique A (TBA) sont le traitement recommandé en deuxième ligne de l’incontinence urinaire (IU) par hyperactivité du détrusor neurogène (HDN) chez le blessé médullaire ou au cours de la sclérose en plaques (SEP). Pourtant il y a peu de données concernant les IID de TBA pour traiter l’IU par SCHV au cours de la MPI. L’objectif de cette étude était d’évaluer la tolérance, l’efficacité clinique et urodynamique de l’injection de TBA chez des patients atteints de MPI.


Patients et méthodes

Il s’agissait d’une étude rétrospective regroupant les patients atteints de MPI et traités par IID de TBA de 2012 à 2018. Nous avons étudié les données cliniques et urodynamiques avant la première injection et la période des 8 semaines après de la première injection. La satisfaction reportée par le patient était évaluée par une échelle PGI-I (Likert). Trois niveaux d’effets (parfait, sensiblement amélioré, insuffisant) ont été définis a posteriori correspondant chacun à un critère composite à 3 dimensions : clinique, satisfaction reportée par le patient (échelle de Likert), urodynamique.


Résultats

Seize patients ont été inclus de 2012 à 2018. L’âge médian était de 73 ans (70–78,25). Le nombre de mictions totales médian était respectivement de 13 (10–16) et 9 (6,75–13,25) avant et après TBA (p =0,022). Le nombre de protection médian avant et après TBA était respectivement de 5,4 (2–5) et 1 (0–5) p =0,035). Le score USP médian pour l’hyperactivité vésicale (HAV) était respectivement de 15,5 (11,75–20) et 14 (6,75–15,25) avant et après injection de TBA (p =0,021). Le score médian obtenu sur l’échelle de Lickert était de 1 (0–1,5) signifiant « un peu amélioré ». La CCM (capacité cystomanométrique) médiane était respectivement de 130cm3 (41,25–187,75) et 217cm3 (165–376,75) avant et après injection de TBA (p =0,013). Parmi les patients, 40 % ont été sensiblement améliorés, 20 % des patients ont eu un résultat parfait et 40 % des patients ont eu un résultat insuffisant.


Conclusion

Notre étude suggère une efficacité à court terme des IID de TBA dans le traitement de l’incontinence par HD dans la MPI chez 60 % des patients au plan clinique, urodynamique et qualité de vie. Ces résultats convergent avec ceux des quelques autres études rétrospectives publiées sur le sujet. Des données obtenues prospectivement sur de plus grands effectifs sont maintenant nécessaires pour définir le profil des patients répondeurs, la ou les doses optimales et la place exacte de cette stratégie thérapeutique.


Niveau de preuve

4.


Introduction

During idiopathic Parkinson's disease (IPD), lower urinary tract symptoms and dysfunctions are frequent, dominated by overactive bladder and detrusor overactivity (OAB, DO). Intradetrusor Injection (IDI) of Botulinum Toxin A (BTA) is recommended as second-line treatment for neurogenic urinary incontinence related to DO in multiple sclerosis or spinal cord injury patients. However, there is little data on BTA IDI to treat incontinence owing to OAB and DO during idiopathic Parkinson's disease. The objective of this study is to evaluate efficacy and tolerance of BTA IDI in patients suffering IPD.


Patients and methods

We conducted a retrospective study in IPD patients treated with BTA IDI from 2012 to 2018. For each patient we compared patient clinical and urodynamic data at baseline before the first injection and 8 weeks following the injection. We defined 3 levels of effects (perfect, improved, failure), corresponding to 3-dimension composite criteria: clinical, quality of life (Likert scale), urodynamics.


Results

Sixteen patients were included from 2012 to 2018. The median age was 73 (70–78.25). The median number of micturition/day before and after TBA was 13 (10–16) and 9 (6.75–13.25) (p =0.022). The median number of pad used/day before and after BTA was 5.4 (2–5) and 1 (0–5) (p =0.035). Median USP scores for OAB was 15.5 (11.75–20) and 14 (6.75–15.25). Median score on the Likert scale was 1 (0–1.5) meaning “slight improvement” felt by the patient. The median maximum cystometric capacity raised from 130cm3 (41.25–187.75) to 217cm3 (165–376.75) (p =0,013). Among the patients, 20% had a perfect result, 40% were significantly improved and in 40% TBA injections failed. After TBA 4/14 patients (28%) needed intermittent self-catheterization. No severe side effect was observed.


Conclusion

In this retrospective study we observe some short-term efficacy of TBA IDI to treat urinary incontinence owing to OAB/DO in patients with IPD in 60% of patients. These results are consistent with findings from previous retrospective studies. Prospective data coming from larger cohorts are now tremendously needed to clarify the best patient responders profiles, the actual TBA dose, and eventually to define TBA IDI place in the therapeutic algorithm of IPD patients’ incontinence.


Level of evidence

4.

Le prochain congrès SIFUD-PP à Perpignan en octobre 2021 : une conférence présentielle attendue !
The next SIFUD-PP congress at Perpignan in 2021 October: An expected physical conference!
2021
- Éditorial
- Réf : Prog Urol, 2021, 7, 31, 383-384




 

Les algies périnéo-glutéales traumatiques dans les aventures de Tintin. Ou Tintin au pays des algies périnéales
Perineal pain in Tintin adventures
2021
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2021, 7, 31, 414-421


Buts

Analyser les déterminants et la gravité des algies périnéo-glutéo-sacro-coccygiennes dans les aventures de Tintin et Milou.


Matériel et méthodes

L’ensemble des 23 aventures de Tintin et Milou (Hergé, éditions Moulinsart) a été revu afin de déterminer l’existence, les causes et la gravité des algies périnéo-glutéales (APG) observées chez les différents héros de cette bande dessinée. Plusieurs paramètres ont été étudiés : les causes qui pouvaient être soit accidentelle soit volontaire (coup et blessures) ; le type du patient (gentil–méchant) ; le héros concerné (Tintin, Haddock, Dupond, Milou, Tournesol …) ; la durée de la douleur (quantifiée par le nombre de cases où le sujet était représenté souffrant de telles algies) ; enfin, la gravité de ces douleurs, quantifiée par le nombre d’étoiles ou de signes désignant la région et stéréotypant l’importance de l’algie. Les tests de Student et du Chi2 étaient utilisés pour analyser ces différentes variables qualitatives et quantitatives.


Résultats

Cinq cent un traumatismes ont été retrouvées dans les aventures de Tintin et Milou dont 47 AGP, soit 9,4 % des cas à comparer aux 299 traumatismes de la tête (60 % des cas). Six albums sur les 23 ne rapportent aucune APG. Les APG sont habituellement traumatiques, soit par chute (68 %) soit par traumatisme direct (coup de pied au derrière 6 %, fessée 4 %), beaucoup plus exceptionnellement le fait d’une morsure (2 cas), d’une brûlure (2 cas), d’aiguilles ou flèches insérées dans le postérieur (5 cas) et de plaie par balle (1 cas). Tintin est le plus concerné (19 %) avec le capitaine Haddock (23 %), suivi de Milou (15 %). Les méchants et les gentils ne se partagent pas équitablement la souffrance périnéale puisque les gentils sont paradoxalement plus exposés (79 % vs 21 %). Il n’y a pas de corrélation entre les traumatismes de la tête et les APG (r 2 =0,117). L’indice de gravité pour les APG est de 5,21 avec une durée moyenne de 3,01 vs 6,88 de gravité et 3,2 de durée pour les traumatismes de la tête, soit une différence hautement significative au test de Student (p =0,00259). Le nombre total de traumatismes par album diminue progressivement au fil des albums (r 2 =0,3111) avec, par exemple, 38 pour le 1er album (Tintin chez les Soviets) et 4 pour le dernier (Tintin chez les Picaros). Cette diminution des traumatismes est plus nette pour les traumatismes céphaliques (r 2 =0,1436) que pour les AGP (r 2 =0,2189).


Conclusion

La prévalence des APG traumatiques dans les aventures de Tintin est importante et arrive aux deuxième rang après les traumatismes crâniens. Cette prévalence des traumatismes dans les APG est sans doute liée à la vie trépidante et aventureuse de Tintin et de ses acolytes exposés en toute circonstance à toute sorte de lésions directes ou indirectes. Des études futures devront préciser le risque de séquelles et les impacts psychologiques des AGP sur les héros concernés.


Niveau de preuve

4.


Aims

To analyze the determinants and severity of perineal pain in the adventures of Tintin and Snowy.


Material and methods

All 23 adventures of Tintin and Snowy (Hergé, Moulinsart Ed.) were reviewed in order to determine the presence, causes and severity of perineal pain (PP) observed in the various heroes of this comic book. Several parameters were studied: the cause which could be either accidental or voluntary; the type of patient (good guys–bad guys); the hero concerned (Tintin, Captain Haddock, Thompson and Thomson, Snowy, Professor Calculus …); the duration of the pain (by the number of boxes where the subject was represented suffering from such pains); finally, the severity of these pains, by the number of stars or signs designating the region and stereotyping the importance of the pain. The Student and Chi2 tests were used to analyze these different qualitative and quantitative variables.


Results

Five hundred and one traumas were found in the adventures of Tintin and Snowy, including 47 PP, 9.4% of cases compared to 299 head traumas (60% of cases). Six albums out of the 23 did not report any PP. PPs are usually traumatic either by a fall (68%) or by direct trauma (kick to the back 6%, spanking 4%) much more exceptionally by a bite (2 cases), a burn (2 cases), needles or arrows inserted in the bottom (5 cases) and a bullet wound (1 case). Tintin is the most concerned (19%) with Captain Haddock (23%), followed by Snowy (15%). The bad guys and the good guys don’t share equally the perineal pain since the good guys are forgivably more exposed (79% vs. 21%). There is no correlation between head trauma and PP (r 2 =0.117). The severity index for PP is 5.21 with a mean duration of 3.01 vs. 6.88 for severity and 3.2 for duration for head trauma, a highly significant difference in the Student test (P =0.00259). The total number of traumas per album progressively decreases over the albums (r 2 =0.3111) with, for example, 38 for the first album (Tintin and the Soviets) and 4 for the last one (Tintin and the Picaros). This decrease in trauma is clearer for cephalic trauma (r 2 =0.1436) than for PP (r 2 =0.2189).


Conclusion

The frequency of traumatic PP in Tintin's adventures is important and is second only to head injuries. This frequency of PP traumas is undoubtedly linked to the hectic and adventurous life of Tintin and his acolytes exposed in all circumstances to all kinds of direct or indirect injuries. Future studies will have to specify the risk of after-effects and the psychological impact of PPs on the heroes concerned.


Level of proof

4.

L’état des lieux des troubles fonctionnels pelvi-périnéaux au Maroc
The state of the art of functional pelvi-perineal disorders in Morocco
2021
- Lettres à la rédaction
- Réf : Prog Urol, 2021, 7, 31, 444




 

Trouble obsessionnel compulsif et prolapsus genital
Obsessive-compulsive disorder and pelvic organ prolapse
2021
- Lettres à la rédaction
- Réf : Prog Urol, 2021, 7, 31, 445-446




 

Un cas de volumineuse hypertrophie bénigne de la prostate compliquée de perforation rectale
A case of voluminous benign hypertrophy of the prostate complicated by rectal perforation
2021
- Lettres à la rédaction
- Réf : Prog Urol, 2021, 7, 31, 446-447




 

Lasers pulses et lithotritie laser endocorporelle
Pulsed lasers and endocorporeal laser lithotripsy
2021
- Mise au point
- Réf : Prog Urol, 2021, 8, 31, 451-457




 

L’insuffisance rénale aiguë du donneur en mort encéphalique : une réelle contre-indication à la transplantation rénale ?
Acute renal failure of the donor in encephalic death: A real contraindication to kidney transplantation?
2021
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2021, 8, 31, 519-530


Introduction

La pénurie de transplants rénaux incite au quotidien à repousser les limites d’éligibilité au don. De nombreux donneurs en état de mort encéphalique présentent une insuffisance rénale aiguë lors de leur décès. Est-ce une réelle contre-indication au prélèvement et à une transplantation rénale ? Cette étude a pour objectif d’évaluer la survie des transplants issus de donneurs en mort encéphalique ayant une mauvaise fonction rénale lors du prélèvement.


Matériels et méthodes

L’ensemble des 2385 transplantations réalisées sur deux centres hospitaliers universitaires entre 2010 et 2017, ont été analysés de façon rétrospective. L’ensemble des patients ayant eu une mono transplantation rénale issue d’un donneur en état de mort encéphalique présentant une insuffisance rénale aiguë (IRA) ont été inclus dans l’analyse. L’IRA a été définie ici par une modification de plus de 50 % du débit de filtration glomérulaire (DFG) entre l’entrée en réanimation et le prélèvement, jusqu’à un seuil inférieur à 45mL/min/1,73m2 au moment du prélèvement.

La survie des transplants à 12 mois, la reprise retardée de la fonction (RRF) des transplants et le DFG à 12 mois ont été analysés. Une analyse de la survie en fonction des résultats de la biopsie préimplantatoire a également été réalisée lorsque celle-ci était disponible.


Résultats

Un total de164 patients ont été inclus ainsi durant cette période. A l’arrivée en réanimation le DFG moyen était 67,7±19mL/min/1,73m2. Lors du prélèvement l’âge moyen des donneurs était de 56,4±17,7 ans, le DFG était de 33,7±8,0mL/min, 16 %(n =26) des donneurs étaient anuriques. L’ischémie froide (IF) était de 16,8±5,0heures. L’âge moyen des receveurs était de 55,6±14,1 ans. Il s’agissait d’une première transplantation dans 81 % des cas. La reprise de la fonction rénale a eu lieu dans les 7,8±9,4jours après transplantation. Il y a eu deux non fonctions primaires « primary non function » (PNF). 152 patients (93 %) avaient un transplant fonctionnel à 12 mois. Le DFG moyen à 12 mois était de 46,8±20,1mL/min/1,73 m2 et 122 patients (73 %) avaient un DFG supérieur à 30mL/min1,73 m2. Soixante et onze pour cent des biopsies préimplantatoires objectivaient de la nécrose tubulaire aiguë (NTA), la survie de ces transplants était de 85 %, comparable à la population totale (p =0,21). Aucune nécrose corticale n’a été observée.


Conclusion

L’insuffisance rénale aiguë du donneur en état de mort encéphalique ne doit pas à elle seule être une contre-indication au prélèvement rénal.


Introduction

The shortage of kidney transplants encourages the expansion of the limits of eligibility criteria for donation. Many donors who are brain dead display acute renal failure at the time of death; is this a real contraindication to harvesting? The aim of this study was to assess kidney graft survival from donors after brain death with confirmed acute renal failure, with or without anuria previous donation.


Materials and methods

All of the transplants performed in two university hospitals between 2010 and 2017 were analyzed retrospectively. All patients who underwent single kidney transplant from a brain-dead donor with acute renal failure (ARF) were included in this study. ARI was defined here by a decrease over 50 % of glomerular filtration rate (GFR) to a threshold below 45mL/min/1.73 m2 at the time of kidney procurement. Kidney graft survival, incidence of delayed graft function (DGF) and the GFR at 12 months were analyzed. Analysis of kidney transplant survival based on pre-implantation biopsies was additionally done.


Results

One hundred and sixty four patients were transplanted with a kidney from donor with ARF during the selected period. At the admission in ICU the average GFR was 67,7±19mL/min/1,73m2. At the time of donation, the average age of donors was 56.4±17.7 years, the GFR was 33.7±8.0mL/min/1.73 m2 16 % of donors were anuric. Cold ischemia time (CIT) was 16.8±5.0hours. The average age of recipients was 55.6±14.1 years. 81 % of the cases were primary transplants. Graft function took place within 7.8±9.4 days after transplantation. There were two non-primary functions (PNF). One hundred and fifty two patients (93 %) had a functional graft at 12 months. The mean GFR at 12 months was 46.8±20.1mL/min/1.73 m2 and 122 patients (73 %) had a GFR greater than 30mL/min/1.73 m2. Seventy-one percent of preimplantation biopsies revealed acute tubular necrosis (ATU); no cortical necrosis was observed. Survival of theses grafts was 85 %, comparable to the total population of study (P =0,21)


Conclusion

The acute renal failure of the brain-dead donor should not alone be systematically a contraindication to harvesting and kidney transplantation.

L’utilisation d’héparine en peropératoire des transplantations rénales réduit-elle le risque de thrombose du greffon ?
Is intraoperative heparin during renal transplantation useful to reduce graft vascular thrombosis?
2021
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2021, 8, 31, 531-538




 

Re: Panthier et al., « Lasers pulses et lithotritie laser endocorporelle », Progrès en urologie, 2021
Re: Panthier et al., Pulsed lasers and endocorporeal laser lithotripsy, Progrès en Urologie, 2021
2021
- Éditorial
- Réf : Prog Urol, 2021, 8, 31, 449-450




 

Recommandations du Comité d’andrologie et de médecine sexuelle de l’AFU concernant la prise en charge andrologique et en médecine sexuelle en contexte et en sortie de crise sanitaire liée au COVID-19
Recommendations of the Committee of Andrology and Sexual Medicine of the AFU concerning the management of andrological and sexual medicine pathologies during the COVID-19 crisis
2021
- Recommandations
- Réf : Prog Urol, 2021, 8, 31, 495-502


Objectif

Aider les urologues dans leur prise en charge des pathologies andrologiques et en médecine sexuelle durant la crise COVID-19.


Matériel et méthode

Utilisation de la méthode du consensus formalisé.


Résultats

La prise en charge médicale et chirurgicale des patients en andrologie et médecine sexuelle doit être adaptée. Les consultations devront, dans la mesure du possible, se faire en téléconsultation. Pour les actes opératoires, le délai entre la prise de décision opératoire et la date de (re)programmation du geste dépendra : (1) du niveau de criticité de la situation clinique ; (2) du type d’intervention ; (3) de la répercussion fonctionnelle et psychologique, notamment de la qualité de vie dans l’attente de l’intervention ; (4) de la notion de perte de chance d’avoir un résultat optimal ; (5) du risque de complication potentielle à différer trop longtemps une intervention ; et (6) en tenant compte des facteurs de risque de formes graves de COVID-19 du patient. La protection des urologues vis-à-vis du COVID-19 doit être prise en considération. Chaque urologue doit prendre la meilleure décision pour le patient en prenant en compte le délai acceptable et la répercussion en termes de qualité de vie avant la prise en charge chirurgicale, les paramètres de risques COVID, la faisabilité technique et anesthésique et la possibilité structurelle de l’établissement de soins à assurer un parcours dédié spécifique pendant la crise sanitaire COVID-19.


Conclusion

La prise en charge des pathologies andrologiques et de médecine sexuelle doit être adaptée au contexte de crise du COVID-19. Certains patients peuvent relever de la chirurgie, y compris dans l’urgence. Ces recommandations sont transitoires et prendront fin avec la crise du COVID-19.


Objective

To assist urologists in the management of andrological and sexual medicine pathologies during the COVID-19 crisis.


Material and method

Use of the formalized consensus method.


Results

The medical and surgical management of patients in andrology and sexual medicine must be adapted. Consultations should, as far as possible, be carried out by tele-consultation. For operative procedures, the delay between the operative decision and the date of (re)scheduling of the procedure will depend on: (1) the level of criticality of the clinical situation; (2) the type of intervention; (3) the functional and psychological repercussions, including quality of life while waiting for the procedure; (4) the notion of losing the chance of having an optimal outcome; (5) the risk of potential complications from delaying a procedure for too long; and (6) taking into account the patient's risk factors for severe forms of COVID-19. The protection of urologists from COVID-19 should be considered. Each urologist must make the best decision for the patient, taking into account the acceptable time frame and quality of life impact before surgical management, the COVID risk parameters, the technical and anesthetic feasibility and the structural possibility of the health care institution to ensure a specific dedicated pathway during the COVID-19 health crisis.


Conclusion

The management of andrological and sexual medicine pathologies must be adapted to the COVID-19 crisis context. Some patients may require surgery, including in emergency. These recommendations are transitional and will end with the COVID-19 crisis.

Recommandations pour l’évaluation et la prise en charge de la maladie de Lapeyronie : rapport du comité d’andrologie et de médecine sexuelle de l’AFU
French Urological Association (AFU) guidelines for Peyronie's disease assessment and treatment
2021
- Recommandations
- Réf : Prog Urol, 2021, 8, 31, 477-494


Introduction

La maladie de Lapeyronie est un motif fréquent de consultation en urologie, dont le traitement reste sujet à de nombreuses controverses. Elle n’a fait l’objet d’aucune recommandation française jusqu’à présent. Le Comité d’Andrologie et de Médecine Sexuelle de l’Association Française d’Urologie propose donc une série de recommandations basées sur les preuves.


Matériels et méthodes

Ces recommandations sont réalisées selon la méthode ADAPTE, en se basant sur les recommandations européennes (EAU, ESSM), américaines (AUA, ISSM) et canadiennes (CAU), en intégrant les spécificités françaises en raison de la disponibilité des traitements, et une mise à jour de la bibliographie récente.


Résultats

L’évaluation de la maladie est clinique. Les patients présentant une gêne fonctionnelle ou un retentissement psychologique important peuvent se voir proposer un traitement. Les bénéfices et inconvénients de chaque traitement devront être explicités au patient. Concernant les traitements non chirurgicaux, aucun traitement disponible n’a l’autorisation de mise sur le marché en France. La vitamine E n’est pas recommandée. Des traitements à visée antalgiques (oraux ou ondes de choc de faible intensité) ou pro-érectiles peuvent être proposée selon le besoin, ainsi qu’une thérapie par traction. En raison de l’indisponibilité des injections de collagénase, les injections de vérapamil peuvent être proposées. Les traitements chirurgicaux sont à considérer en phase stabilisée de la maladie, et consistent en la réalisation d’une plicature, d’une incision-greffe ou de la pose d’un implant pénien en fonction du souhait du patient, de la courbure et de la taille de verge, ainsi que de la fonction érectile. Des traitements combinés peuvent être proposés.


Conclusion

La prise en charge de la maladie de Lapeyronie est complexe, et les niveaux de preuve des traitements sont faibles dans l’ensemble. Le succès du traitement dépendra de la qualité de l’évaluation initiale, de l’information du patient et de sa compréhension des effets attendus, et de l’expérience du praticien.


Introduction

Peyronie's disease is a common cause for consultation in urology. Many controversies surround its treatment. No French Guidelines have been published so far. The Committee of Andrology and Sexual Medicine of the French Association of Urology therefore offers a series of evidence-based recommendations.


Materials and methods

These recommendations are made according to the ADAPTE method, based on European (EAU, ESSM), American (AUA, ISSM) and Canadian (CAU) recommendations, integrating French specificities due to the availability of treatments, and an update of the recent bibliography.


Results

The assessment of the disease is clinical. Patients with functional impairment or significant psychological repercussions may be offered treatment. The benefits and drawbacks of each treatment should be explained to the patient. Regarding non-surgical treatments, no available treatment has market authorization in France. Vitamin E is not recommended. Analgesic (oral or low-intensity shock waves) or proerectile treatments may be offered as needed, as well as traction therapy. Due to the unavailability of collagenase injections, verapamil injections may be offered. Surgical treatments are to be considered in the stabilized phase of the disease, and consist of performing a plication, an incision-graft or the placement of a penile implant according to the patient's wishes, the curvature and the penis size, as well as erectile function. Combination treatments can be offered.


Conclusion

The management of Peyronie's disease is complex, and the levels of evidence for treatments are generally low. The success of treatment will depend on the quality of the initial assessment, the patient's information and understanding of the expected effects, and the practitioner's experience.

Recommandations pratiques pour la prise en charge du déficit en testostérone
Practical recommendations for the management of testosterone deficiency
2021
- Recommandations
- Réf : Prog Urol, 2021, 8, 31, 458-476


Objectifs

La Société francophone de médecine sexuelle (SFMS) et le Comité d’andrologie et de médecine sexuelle (CAMS) de l’Association française d’urologie (AFU) ont réuni un panel d’experts afin d’élaborer des recommandations françaises pour la prise en charge du déficit en testostérone (DT).


Méthodes

Revue systématique de la littérature entre 01/2000 et 07/2019. Utilisation de la méthode des recommandations pour la pratique clinique (RPC) et de la grille AGREE II.


Résultats

Le DT se définit comme l’association de signes et symptômes cliniques évocateurs de DT à une diminution de la testostéronémie ou de l’activité des androgènes sériques. Le diagnostic nécessite une T inférieure aux valeurs de référence de l’homme jeune sur 2 dosages successifs. Les troubles sexuels sont souvent au premier plan, et concernent l’ensemble de la fonction sexuelle masculine (désir, excitation, plaisir et orgasme). Les symptômes les plus évocateurs sont : baisse du désir sexuel, disparition des érections nocturnes, fatigue, perte de la force musculaire. Sont également fréquemment retrouvés : surpoids, humeur dépressive, anxiété, irritabilité et mal-être. Le DT est plus fréquent en cas de maladies métaboliques, cardiovasculaires, chroniques, d’antécédents andrologiques, et de traitements corticoïdes, opioïdes, antipsychotiques, anticonvulsivants, antirétroviraux, ou du cancer. La SHBG étant fréquemment anormale, nous recommandons de préférer le dosage des T libre ou biodisponible, plutôt que la T totale. Le traitement du DT nécessite un bilan préalable clinique (TR, examen mammaire) et biologique (PSA, NFS). Les contre-indications au traitement par T sont : cancer de la prostate ou du sein évolutifs, insuffisance cardiaque sévère ou évènement cardiovasculaire récent, polyglobulie, HBP compliquée, projet de paternité. Il est possible en cas de syndrome d’apnée du sommeil appareillé, antécédent psychiatrique, cardiopathie stable, cancer de la prostate en surveillance active et après un an de rémission complète d’un cancer de la prostate localisé de risque faible ou intermédiaire traité de manière curative. Il comporte une supplémentation par testostérone au long cours et des conseils d’hygiène de vie. La surveillance du traitement se fait à 3, 6, 12 mois puis tous les ans. Elle est clinique (TR annuel) et biologique (T totale, PSA, NFS), l’effet secondaire le plus fréquent étant la polyglobulie.


Conclusion

Ces recommandations doivent contribuer à améliorer la prise en charge du DT.


Objectives

The Francophone Society of Sexual Medicine (SFMS) and the Andrology and Sexual Medicine Committee (CAMS) of the French Association of Urology (AFU) have brought together a panel of experts to develop French recommendations for the management of testosterone deficiency (TD).


Methods

Systematic review of the literature between 01/2000 and 07/2019. Use of the method of recommendations for clinical practice (RPC) and the AGREE II grid.


Results

TD is defined as the association of clinical signs and symptoms suggestive of TD with a decrease in testosterone levels or serum androgen activity. Diagnosis requires a T lower than the reference values in young men on 2 successive assays. Sexual disorders are often at the forefront, and concern the whole male sexual function (desire, arousal, pleasure and orgasm). The most evocative symptoms are: decrease in sexual desire, disappearance of nocturnal erections, fatigue, loss of muscle strength. Overweight, depressed mood, anxiety, irritability and malaise are also frequently found. TD is more common in cases of metabolic, cardiovascular, chronic, andrological diseases, and in cases of corticosteroid, opioid, antipsychotic, anticonvulsant, antiretroviral, or cancer treatment. Since SHBG is frequently abnormal, we recommend that free or bioavailable T is preferred over total T. The treatment of TD requires a prior clinical (DRE, breast examination) and biological (PSA, CBC) assessment. Contraindications to T treatment are: progressive prostate or breast cancer, severe heart failure or recent cardiovascular event, polycytemia, complicated BPH, paternity project. It is possible in cases of sleep apnea syndrome, psychiatric history, stable heart disease, prostate cancer under active surveillance and after one year of complete remission of a low or intermediate risk localized prostate cancer treated in a curative manner. It includes long-term testosterone supplementation and life-style counseling. Treatment is monitored at 3, 6, 12 months and annually thereafter. It is clinical (annual DRE) and biological (total T, PSA, CBC), the most frequent side effect being polyglobulia.


Conclusion

These recommendations should help improve the management of TD.

Thrombose partielle des corps caverneux : un nouveau cas avec évolution favorable sous anti-inflammatoires non stéroïdiens
Partial thrombosis of the corpus cavernosum: A new case with good outcomes under non-steroidal anti-inflammatory drugs
2021
- Cas clinique
- Réf : Prog Urol, 2021, 8, 31, 503-505


Le priapisme localisé est une pathologie rare ; moins de 60 cas sont rapportés dans la littérature. L’étiologie reste inconnue ; néanmoins, certains facteurs favorisants sont identifiés, tels que la compression périnéale prolongée ou les coagulopathies. La symptomatologie est caractérisée par l’apparition d’une induration de la racine de la verge qui peut être douloureuse, accompagnée parfois d’un œdème périnéal. Le diagnostic morphologique est posé par l’IRM périnéale. Le traitement médical par anti-inflammatoires non stéroïdiens en monothérapie ou l’association héparines de bas poids moléculaires et antiagrégants plaquettaires donnent de bons résultats avec une résolution complète des symptômes dans 82 % des cas ; le traitement médical est à favoriser en première intention. Dans cet article, nous rapportons un cas de priapisme partiel idiopathique traité par anti-inflammatoires non stéroïdiens, avec succès et sans récidive à 10 ans.


Partial priapism is a rare pathology with less than 60 cases published in the literature; the etiology remains unknown, although certain favorable factors are identified as having in relation a prolonged perineal compression or a thrombopathy. The symptomatology is characterized by the appearance of pain, perineal edema and an induration of the root of the penis, which do not concern the distal part of the penis or the glans. MRI is the best complementary examination. The first-line surgical treatment is abandoned. Medical treatment with non-steroidal anti-inflammatory drugs or low molecular weight heparins combined with platelet aggregation inhibitors give good results with complete resolution of symptoms in 82% of cases; first-line medical treatment should be favored. We report a case of idiopathic partial priapism, successfully treated with non-steroidal anti-inflammatory without recurrence after 10 years.

Traitement de la dysfonction érectile par ondes de choc extracorporelles de faible intensité : revue de la littérature
Low-intensity extracorporeal shock wave therapy for erectile dysfunction: A systematic review
2021
- Revue de la littérature
- Réf : Prog Urol, 2021, 8, 31, 506-518


Introduction

Le but de ce travail était de proposer une revue de la littérature concernant l’efficacité des ondes de chocs (OC) extra-corporelles à faible intensité pour la prise en charge de la dysfonction érectile (DE).


Méthodes

Une revue systématique de la littérature publiée entre 2000 et 2020 a été réalisée selon la méthodologie PRISMA. Une recherche sur la base de données Medline a été réalisée en utilisant les mots clés (MeSH) suivants : « extracorporeal shock wave therapy » ; « erectile dysfunction » ; « sexuality ».


Résultats

Dix-neuf articles ont été retenus : treize essais contrôlés randomisés et six méta-analyses. La DE organique primitive d’origine vasculaire a été majoritairement étudiée. Le traitement par OC à faible intensité était bénéfique, lorsque la DE était évaluée par les scores IIEF, EHS ou l’hémodynamique pénienne. Les résultats ne sont cependant pas unanimes.


Conclusion

Les OC à faible intensité agissent théoriquement sur le phénomène physiopathologique expliquant la DE en améliorant l’hémodynamique pénienne. Leur utilisation dans un contexte de DE organique d’origine vasculaire est soutenue par les recommandations européennes d’urologie et la Société européenne de médecine sexuelle. Des règles simples pour son utilisation en pratique clinique et un protocole bien établi restent à définir.


Introduction

Our purpose was to assess the efficacy of low intensity extracorporeal shock waves (SW) for the treatment of organic erectile dysfunction (ED).


Methods

A systematic review of the literature published between 2000 and 2020 was conducted using the PRISMA methodology. We used Medline data with the following key words (MesH): “extracorporeal shock wave therapy”; “erectile dysfunction”; “sexuality”.


Results

Nineteen articles were selected: thirteen randomised controlled trial and six meta-analyses. Most of them studied vascular etiology. Low intensity SW is beneficial ED is evaluated by the IIEF, EHS scores and penile hemodynamic.


Conclusion

SW may have a theoretical impact on the vascular etiology of organic DE. Their use in this context is supported by the European Society of urology and the European Society of sexual medecine. However, there are discrepancies in current data to establish a protocol to follow in daily practice.

Transplantation rénale robot-assistée avec donneur vivant : expérience d’un centre universitaire français
Living-donor robotic-assisted kidney transplantation: French academic center experience
2021
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2021, 8, 31, 539-554


Introduction

L’objectif principal était de rapporter les résultats per-, post-opératoires et fonctionnels de la transplantation rénale robot-assistée (TRRA) avec donneur vivant (DV), réalisées par un chirurgien expert en chirurgie robotique urologique. L’objectif secondaire était de comparer les résultats de la TRRA avec DV, en fonction de l’expérience du chirurgien.


Matériels et méthodes

Pour cette étude de cohorte rétrospective, nous avons analysé les données de patients consécutifs ayant eu une TRRA avec DV, de juillet 2015 à mars 2020 et nous avons comparé les résultats de la TRRA en fonction de l’expérience du chirurgien (groupe 1 : 1–14e TRRA versus groupe 2 : 15–29e TRRA).


Résultats

Au total, 29 TRRA avec DV ont été réalisées. L’âge et l’IMC médian des receveurs étaient : 57,0 (44,0–66,0) ans et 32,7 (23,5–39,6)kg/m2. La durée opératoire totale médiane et le temps de console médian étaient de : 140,0 (122,5–165,0) et 120,0 (107,5–137,5) minutes. Les durées médianes d’ischémie tiède, d’anastomose artérielle, veineuse et urinaire étaient de : 35,0 (27,5–45,0), 15,0 (11,0–20,0), 12,0 (10,0–16,0), 20,0 (16,0–23,0) minutes. Au total, 2 (6,9 %) complications mineures et 5 (17,2 %) complications majeures (Clavien-Dindo≥III) postopératoires sont survenues. À 2 ans de suivi, la survie du patient et du transplant était de 100 % (n =29) et 93,1 % (n =27). Après la 14e TRRA, la durée d’ischémie tiède (p =0,01) et de l’anastomose veineuse (p =0,004) étaient statistiquement plus courtes.


Conclusion

La transplantation rénale robot-assistée avec donneur vivant chez les receveurs obèses, présente de bons résultats fonctionnels à moyen terme.


Niveau de preuve

3.


Introduction

The main objective was to report the intra-, post-operative and functional outcomes of living-donor robotic-assisted kidney transplantation (RAKT), performed by a surgeon skilled in robotic surgery. The secondary objective was to compare the results of RAKT, based on the surgeon's experience.


Methods

For this retrospective cohort study, we analyzed data from consecutive patients who underwent living-donor RAKT from July 2015 to March 2020 and compared the results of RAKT according to the surgeon's experience (group 1: 1–14th RAKT versus group 2: 15–29th RAKT).


Results

Twenty-nine living-donor RAKT were performed. The median age and BMI of the recipients were: 57.0 (44.0–66.0) years and 32.7 (23.5–39.6)kg/m2. The median overall operative time and median console time were: 140.0 (122.5–165.0) and 120.0 (107.5–137.5) minutes. The median rewarming time, arterial, venous and urinary anastomoses durations were: 35.0 (27.5–45.0), 15.0 (11.0–20.0), 12.0 (10.0–16.0), 20.0 (16.0–23.0) minutes. Two (6.9%) minor and 5 (17.2%) major (Clavien-DindoIII) postoperative complications occurred. At 2 years of follow-up, patient and transplant survival was 100% (n =29) and 93.1% (n =27). After the 14th RAKT, the rewarming time (P =0.01) and venous anastomosis duration (P =0.004) were statistically shorter.


Conclusion

Living-donor robotic-assisted kidney transplantation, performed by a surgeon skilled robotic surgery, ensures good functional results in the medium term.


Level of evidence

3.

Administration de chimiothérapie néoadjuvante pour tumeur de vessie infiltrant le muscle en vie réelle : les urologues encore trop frileux ?
Administration of neoadjuvant chemotherapy for muscle-invasive bladder cancer in real life: Are urologists still too cautious?
2021
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2021, 6, 31, 332-339




 

Analyse des recoupes urétérales extemporanées lors de la cystectomie : pourquoi et pour qui ? (revue de la littérature)
Achieving disease free distal ureteral margin at the time of radical cystectomy: Why and for whom? (an overview of literature)
2021
- Revue de la littérature
- Réf : Prog Urol, 2021, 6, 31, 303-315




 

Corrigendum à « Recommandations françaises du Comité de cancérologie de l’AFU–actualisation 2020–2022: cancer de la prostate [Prog. Urol 30 (12 S) (2020), pp S136-S251]
Corrigendum to “French ccAFU guidelines–update 2020–2022: Prostate cancer” [Prog. Urol 30 (12 S) (2020), pp S136-S251]
2021
- Corrigendum
- Réf : Prog Urol, 2021, 6, 31, 381-382




 

L’irrigation continue de sérum salé après une resection transurétrale de tumeur de vessie à la lumière bleue augmente la survie sans récidive des tumeurs de vessie de risque faible à intermédiaire
Continuous saline bladder irrigation after blue light transurethral resection of bladder tumor increases recurrence-free survival in low- to intermediate-risk non-muscle invasive bladder cancer
2021
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2021, 6, 31, 316-323




 

Morbidité et résultats à long terme du pontage pyélo-vésical sous-cutané dans l’obstruction urétérale chronique
Morbidity and long-term results of subcutaneous pyelovesical bypass in chronic ureteral obstruction
2021
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2021, 6, 31, 348-356




 

Pénurie en souche de BCG entre 2012 et 2014 : évaluation de son impact sur la prise en charge des patients présentant une TVNIM de haut risque
BCG strain shortage from 2012 to 2014: Evaluation of its impact on the management of patients with high-risk NMIBC
2021
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2021, 6, 31, 324-331


Introduction

Les instillations endo-vésicales de BCG sont le traitement de référence des TVNIM de haut risque avec une diminution du risque de récidive tumorale et d’infiltration musculaire. De 2012 à 2014, une rupture de stock de la souche Connaught a conduit à l’arrêt de l’approvisionnement de l’immucyst en France. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’impact potentiel de cette pénurie de BCG sur la prise en charge de ces patients.


Patients et méthodes

Nous avons réalisé une étude monocentrique rétrospective incluant les patients suivis entre mai 2005 et mai 2015 pour une TVNIM de haut risque (primo-diagnostic). Les patients ont été séparés en deux groupes : non impactés par la pénurie (GNIP : 56 patients) et impactés par la pénurie (GIP : 53 patients). Les données de récidive tumorale (SSR), de progression musculaire (SSP) et de survie globale et spécifique (SG et SS) ont été analysées.


Résultats

Le traitement d’attaque recommandé n’a pas pu être réalisé pour 20,8 % des cas dans le GIP contre seulement 5,3 % des cas dans le GNIP (p =0,02). De même, le schéma d’entretien était incomplet 56,6 % des cas pour le GIP contre 37,5 % dans le GNIP (p =0,047). À noter que les TVNIM de très haut risque ont néanmoins le plus souvent reçu un schéma d’attaque complet. Le GIP semble avoir bénéficié avec l’évolution des recommandations d’une plus grande utilisation de la fluorescence vésicale, mais sans différence significative sur le taux de RTUV de « second look ». Le taux de cystectomie était plus important dans le GNIP. Pas de différence significative de la SSR, la SSP, la SG et la SS entre les deux groupes.


Conclusion

Dans notre expérience, la pénurie de BCG n’a pas donc impacté la SSR, la SSP, la SG ou la SS. Ces données peuvent s’expliquer par une meilleure sélection en période de pénurie des patients à très haut risque avec finalement un traitement d’attaque complet et une utilisation plus fréquente de la fluorescence vésicale.


Niveau de preuve

3.


Introduction

BCG instillations are the gold-standard treatment for high-risk non-muscle-invasive bladder cancer (NMIBC) with a decreased risk of tumor recurrence and muscle infiltration. From 2012 to 2014, a stock shortage of the Connaught strain has led to the cessation of supply for immucyst in France. The objective of this study was to evaluate the potential impact of BCG shortage on the management of patients with NMIBC.


Patients and methods

We conducted a retrospective single-center study including patients followed from May 2005 to May 2015 with a high-risk NMIBC (primo-diagnosis). Patients were separated into two groups: not impacted by the shortage (NISG: 56 patients) and impacted by the shortage (ISG: 53 patients). Data on tumour recurrence (RFS), muscle progression (PFS) and overall and specific survival (OS and SS) were also analysed.


Results

The BCG induction schedule could not be carried out in 20.8% of cases in the ISG compared to only 5.3% of cases in NISG (P =0.02). Similarly, the maintenance treatment was incomplete for 56.6% of cases versus 37.5% in NISG (P =0.047). Nevertheless, it should be underlined that very high-risk NMIBC received a complete induction BCG schedule. The ISG seems to have benefited with the evolution of the guidelines with the use of diagnosis bladder fluorescence but without significant difference on the rate of second look bladder trans-uretral resection. The cystectomy rate was higher in ISG. No significant difference in RFS, PFS, OS, and SS between the two groups.


Conclusion

In our experience, RFS, PFS, OS or SS were not impacted by the BCG shortage. These data may be explained by a better selection of very high-risk patients including the recommended BCG schedule and more frequently the use of diagnosis bladder fluorescence.


Level of evidence

3.

Survie et facteurs associes à la durée de vie des prothèses péniennes a long terme
Survival and associated factors with long-term survival of penile prosthesis
2021
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2021, 6, 31, 374-380


Introduction

La mise en place de prothèses péniennes est en perpétuelle croissance mais peu de données à long terme sont disponibles concernant les facteurs associés à la survie des prothèses. Notre objectif était de décrire la survie à long terme des prothèses péniennes et d’analyser les facteurs pouvant influencer sa durée de vie.


Matériel

Il s’agit une cohorte rétrospective, monocentrique, des patients ayant eu la primo-implantation d’une prothèse pénienne, entre mai 2000 et mars 2017, au CHU de Reims. La survie des prothèses a été calculée par la méthode de Kaplan–Meier. Une analyse univariée et multivariée pour estimer le risque d’ablation/reprise chirurgicale de la prothèse a été réalisée par un modèle de Cox.


Résultats

150 patients ont été inclus et 61 patients ont suivi une ablation/reprise chirurgicale de la prothèse (40,7 %). Le suivi moyen était de 76,12 mois (0-176 mois). La survie des prothèses était 69,7 % à 5 ans (IC 95 %, 62,2-77,3) et 58,5 % à 10 ans (IC 95 %, 50,0-66,9). En multivariée, les facteurs influençant la survie des prothèses étaient le type de prothèse (autres vs Coloplast TITAN®, HR 1,89, IC 95 %, 1,03-3,45) et la taille finale de la prothèse (20-29cm vs 12–17cm, HR 0,27, IC 95 %, 0,09-0,77).


Conclusion

À 10 ans, la survie des prothèses péniennes est proche de 60 %. Le type et la longueur finale de la prothèse semblent avoir une influence significative sur la survie des prothèses. Il serait utile de discuter le risque de révision chirurgicale chez les patients envisageant une chirurgie de prothèse pénienne.


Niveau de préuve

3.


Introduction

Implantation of penile prosthesis is constantly growing but little long-term data is available concerning the associated factors of prosthesis survival. Our aim was to describe the long-term survival of penile prostheses and to identify factors influencing long-term prosthesis survival.


Methods

This is a retrospective, monocentric cohort of patients who underwent their first implantation of a penile prosthesis, between May 2000 and March 2017, at the Reims University Hospital. Prosthesis survival was calculated by the Kaplan–Meier method. A univariate and multivariate analysis to estimate the risk of surgical removal/revision of the prosthesis was performed using a Cox model.


Results

150 patients were included, and 61 patients underwent surgical removal of the prosthesis (40.7%). Mean follow-up was 76.12 months (0-176 months). Prosthesis survival was 69.7% at 5 years (95% CI, 62.2-77.3) and 58.5% at 10 years (95% CI, 50.0-66.9). In multivariate analysis, the factors influencing prosthesis survival were: type of prosthesis (other vs. Coloplast TITAN®, HR 1.89, CI 95%, 1.03-3.45) and prosthesis final length (20-29cm vs. 12–17cm, HR 0.27, 95% CI, 0.09-0.77).


Conclusion

At 10 years, the penile prosthesis survival is close to 60%. Type of implant and final length of the prosthesis may have a significant influence in long-term prosthesis survival. Patients undergoing penile prosthesis implantation must be informed about the risk of surgical removal/revision of the prosthesis.


Level of evidence

3.

Une grande distance entre le domicile et l’hôpital ne contre-indique pas l’ambulatoire pour urétéroscopie en Guyane française
A long distance between home and hospital does not bother ambulatory surgery for ureteroscopy in French Guyana
2021
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2021, 6, 31, 340-347


Introduction

La Guyane française mesure 83 500 km2 (équivalent à 1/6 du territoire métropolitain). Les communes sont distantes. L’urologie hospitalière n’existe qu’à Kourou. Ces particularismes ont mené à développer la chirurgie urologique ambulatoire, y compris pour des patients habitant loin du centre de référence. Nous rapportons notre expérience de l’ambulatoire pour urétéroscopie (URS).


Matériel

L’étude est rétrospective (2018–2019), et inclut 125 patients. Parmi ces patients, 19,2 % habitaient Kourou, 71,1 % à 40–100km de l’hôpital et 9,7 % à plus de 100km. Tous les patients ont été traités en ambulatoire pour un calcul (38,4 % en calice inférieur [CI]) par URS souple et/ou rigide. L’ambulatoire a aussi été proposé aux malades habitant loin avec les restrictions habituelles. Les complications, résultats et transformations d’ambulatoire en hospitalisation complète (HC) ont été étudiés.


Résultats

La taille des calculs était de 10,5mm (4–30), leur densité de 1030 UH (470–1700). Le taux de complications postopératoires était de 4 %. Il y a eu 90,4 % de patients sans fragments résiduels (85,4 % en CI). Un patient a été réadmis dans les 48heures pour lombalgies et 9 patients ont eu l’ambulatoire transformé en HC : 6 pour un horaire tardif et 3 pour une complication (fièvre et/ou douleurs). La distance domicile/hôpital n’était pas liée au taux de complications ou de passage en HC.


Conclusion

L’ambulatoire pour URS est possible sans complications supplémentaires chez des patients sélectionnés habitant à plus de 100km de l’hôpital grâce à une organisation spécifique et une bonne formation des soignants participant à l’aval chirurgical.


Niveau de preuve

3.


Introduction

French Guyana is 83,500 km2 wide (equivalent to 1/6 of France). Communes are distant. Public urology is set in Kourou only. These particularities led to develop ambulatory urological surgery including for patients living far away from the reference centre. We report our experience with patient ureteroscopy (URS).


Material

The study is retrospective (2018–2019), and includes 125 patients. Among these patients, 19.2% live in Kourou, 71.1% live 40 to 100km from the hospital and 9.7% beyond 100km. Every patient had an outpatient procedure for rigid and/or flexible URS to treat stone disease, including in lower calyx [LC] (38.4%). Ambulatory surgery was also proposed to the patients living away with the usual restrictions. Complications, results and switch to conventional hospitalisation (CH) were studied.


Results

Mean stone size was 10,5mm (4–30), stone density was 1030 UH (470–1700). The postoperative complication rate was 4%. There were 90.4% ‘stone free’ patients (85.4% for LC). One patient was rehospitalised within 48hours for acute flank pain and 9 patients had a switch of ambulatory to CH: 6 for discharge too late and 3 for complication (fever and/or pain). Distance between home and hospital was linked neither to complication rate, nor to switch to CH.


Conclusion

Ambulatory URS is possible without further complications in selected patients living beyond 100km from the hospital, because of a specific organisation and an appropriate training of the caregivers involved in postoperative patient care.


Level of proof

3.

Urétéro-iléoplastie de substitution, morbidité précoce et résultats à long terme
Ileal ureter replacement: Early morbidity and long-term results
2021
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2021, 6, 31, 357-367




 

Urétéroscopie souple à usage unique et réutilisable pour le traitement des calculs urinaires : une étude comparative des complications péri-opératoire
Single use and reusable flexible ureteroscopies for the treatment of urinary stones: A comparative study of perioperative complications
2021
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2021, 6, 31, 368-373




 

Cancer de la vessie : un cancer trop souvent oublié, aux facteurs de risques minimisés !
2021

 



 

 

 

Chers collègues,

Recommandations de bonne pratique : Biomarqueurs du cancer de prostate : argumentaire
2021
- Recommandations