Base bibliographique

Recommandations du Comité d’Andrologie et de Médecine Sexuelle de l’AFU concernant la prise en charge de la Varicocèle
Recommendations of the Committee of Andrology and Sexual Medicine of the AFU concerning the management of Varicocele
2021
- Recommandations
- Réf : Prog Urol, 2021, 3, 31, 119-130

Le diagnostic de la varicocèle est clinique, réalisé en position couchée et debout et en manœuvre de Valsalva. Seules les varicocèles cliniques méritent d’être traitées. Une échographie scrotale avec doppler sera généralement réalisée dans le cadre du bilan de l’homme infertile ou en cas de difficulté d’examen. Une indication classique de cure de varicocèle est l’homme adulte présentant une varicocèle clinique et des anomalies des paramètres spermatiques, dans un contexte d’infécondité de couple, avec une partenaire ayant une réserve ovarienne satisfaisante et aucune cause d’infécondité féminine ou une cause féminine d’infécondité curable. Cependant, compte tenu des données récentes de la littérature, la cure de varicocèle peut être proposée malgré une problématique féminine car elle améliore les taux de grossesse en procréation médicalement assistée (PMA). Dans tous les cas, la décision de traiter la varicocèle doit donc être prise après évaluation des 2 partenaires du couple. Les adultes ayant une varicocèle symptomatique et ceux ayant des anomalies du spermogramme peuvent également se voir proposer une cure de leur varicocèle même en l’absence de projet de paternité, de même que les adolescents ayant une réduction de la croissance testiculaire, une diminution homolatérale du volume testiculaire, ou un gradient de taille entre les 2 testicules. La cure de varicocèle peut être réalisée par chirurgie ou embolisation percutanée. La microchirurgie (inguinale ou subinguinale) offre des taux de récidive et de complications plus faibles que les approches chirurgicales hautes (laparoscopiques ou non) et les chirurgies sans magnification. Elle doit donc être considérée comme la technique de référence chirurgicale. L’embolisation percutanée rétrograde est une alternative mini-invasive offrant des résultats satisfaisants avec des complications rares et souvent bénignes. La cure de varicocèle entraîne une amélioration des paramètres spermatiques et des données récentes semblent confirmer qu’elle augmente le taux de grossesse naturelle. Ces résultats apparaissent après un délai de 3 à 9 mois (1 à 2 cycle de spermatogenèse. Quand l’atteinte spermatique est sévère (azoospermie, oligospermie sévère), l’amélioration du spermogramme peut permettre (1) d’éviter la chirurgie d’extraction de spermatozoïdes testiculaires ou (2) de réaliser une insémination intra-utérine plutôt qu’une ICSI.

The diagnosis of varicocele is clinical, carried out in supine and standing position and in Valsalva maneuver. Only clinical varicoceles have to be treated. A scrotal ultrasound with Doppler is generally performed as part of the infertile man's evaluation or in case of examination difficulties. The main indication for varicocele treatment is the adult man with clinical varicocele and abnormalities of sperm parameters, in a context of infertility of couple, with a partner having a satisfactory ovarian reserve and no cause of female infertility or a curable infertility cause. The decision to treat varicocele must therefore be taken after evaluation of the two partners of the couple. Adults with symptomatic varicocele and those with spermogram abnormalities may also be offered a cure for their varicocele even in the absence of a paternity plan, as well as adolescents with reduced testicular growth, an ipsilateral decrease testicular volume, or a size gradient between the 2 testes. The cure of varicocele can be carried out by surgery or by percutaneous embolization. Microsurgery (inguinal or subinguinal) offers lower rates of recurrence and complications than high surgical approaches (laparoscopic or not) and surgeries without magnification. It is therefore the reference surgical technique. Percutaneous retrograde embolization is a minimally invasive alternative to microsurgery offering satisfactory outcomes with rare and often benign complications. The cure for varicocele results in an improvement in sperm parameters and recent data seem to confirm that it increases the natural pregnancy rate. These results appear after a delay of 3 to 9 months (at least 1 to 2 cycles of spermatogenesis). When the sperm involvement was severe (azoospermia, severe oligospermia), the improvement of the spermogram allow (1) to avoid surgery testicular sperm extraction or (2) perform intrauterine insemination rather than ICSI.

Reproductibilité à court terme de la cystomanométrie chez des patients atteints de sclérose en plaques
Short-term reproducibility of cystometry in multiple sclerosis patients
2021
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2021, 3, 31, 169-174




 

BCG-thérapie, quelle surveillance ?
How to monitor patients after BCG therapy for bladder tumor?
2021
- Le point sur...
- Réf : Progrès FMC, 2021, 1, 31, F8


La surveillance après BCG-thérapie est souvent difficile en raison des réactions inflammatoires vésicales induites par le traitement. En particulier l’identification du carcinome in situ est ardue. En moyenne, environ 20 % des lésions inflammatoires post BCG sont tumorales. La surveillance des patients porteurs de TVNIM à haut risque repose principalement sur la combinaison de cystoscopies régulières et de cytologies urinaires. C’est la combinaison des deux examens qui offre la meilleure performance diagnostique, l’un ne devant pas se passer de l’autre. La décision de réaliser des biopsies vésicales en cas de lésions inflammatoires doit être guidée par les caractéristiques de la tumeur initiale et les données de la cytologie et de la cystoscopie. L’utilisation de la fluorescence est possible dans le contexte post BCG et permet d’augmenter la détection des récidives. La crainte des faux positifs oblige a respecter un délai minimum entre instillation et résection sous fluorescence.


Patients monitoring after BCG treatment is difficult due to the induction of intra-vesical inflammation. In particular, identification of CIS is arduous. On average, 20% of inflammatory lesions after BCG are cancerous. Follow up of patients harbouring high grade NMIBC relies on urine cytology and cystoscopy. It is the combination of both exams that offers the best diagnostic performance. One cannot go without the other. Decision to offer patients operative biopsies in case of inflammatory lesions should be guided by the characteristics of the initial tumor and results of cytology and cystoscopy. Usage of blue light cystoscopy is possible and increases the tumor detection rate. The risk of false positive requires a delay between the last instillation and the blue light resection.

Chimiohyperthermie vésicale : modalités, indications, et mise en place pratique
Chemohyperthermia for bladder cancer: Modalities, indications, and practical implementation
2021
- Le point sur...
- Réf : Progrès FMC, 2021, 1, 31, F11


Introduction

L’objectif de cet article est de faire une mise au point sur le principe de la thermo-chimiothérapie vésicale, ses indications et les modalités de mise en place en pratique.


Méthodes

Les données de la littérature concernant le concept, les modalités, l’efficacité et la tolérance de la thermo-chimiothérapie ont été revues et synthétisées.


Résultats

La thermo-chimiothérapie vésicale associe l’effet synergique de l’hyperthermie à celle de la chimiothérapie par Mitomycine. Il existe sur le marché deux dispositifs : le Radiofrequency-Induced Thermochemotherapy Effect (RITE), et l’Hyperthermic Intra-Vesical Chemotherapy (HIVEC). L’efficacité du RITE semble au moins équivalente à celle du BCG pour les TVNIM à risque intermédiaire ou élevé. Pour les tumeurs réfractaires au BCG, la thermo-chimiothérapie pourrait être une alternative en cas d’inéligibilité à la cystectomie.


Conclusion

La place de la thermo-chimiothérapie dans la prise en charge des TVNIM devrait se préciser prochainement, grâce aux études prospectives en cours.


Introduction

The aim of this article is to provide an update on the principle of bladder chemohyperthermia, its indications and the implementation in practice.


Methods

Data from the literature concerning the concept, modalities and efficacy and safety data of chemohyperthermia were reviewed and synthesized.


Results

Bladder chemohyperthermia consists of combining the synergistic effect of hyperthermia with that of chemotherapy with Mitomycin. There are two devices on the market: the Radiofrequency-Induced Thermochemotherapy Effect (RITE), and the Hyperthermic Intra-Vesical Chemotherapy (HIVEC). The effectiveness of RITE appears to be at least equivalent to that of BCG for intermediate or high-risk Non-Muscle Invasive Bladder Cancer (NMIBC). For BCG-refractory NMIBC, chemohyperthermia could be an alternative in case of ineligibility for cystectomy.


Conclusion

The place of chemohyperthermia in the management of NMIBC should become clearer soon, thanks to prospective studies ongoing.

Chirurgie et règles de l’art
Surgery and state of art
2021
- médico-légal
- Réf : Progrès FMC, 2021, 1, 31, F21


L’art médical a évolué au sein d’un environnement technique et scientifique que le droit a pu qualifier de « données acquises de la science » et plus récemment de « connaissances médicales avérées ». Au travers d’un cas clinique et d’une évaluation expertale en commission de conciliation et d’indemnisation, nous reprenons les éléments qui ont constitué le bien-fondé de la prise en charge thérapeutique. Pour l’expert, il s’agit d’analyser un dossier de responsabilité médicale à la lumière de l’état de l’art « à l’époque des faits », car il existe un changement perpétuel de cet état de l’art.


The medical art has evolved in a technical and scientific environment that the law has qualified as “data acquired from science” and more recently “proven medical knowledge”. Through a clinical case and an expert evaluation in conciliation and compensation commission, we take again the elements which constituted the merits of the therapeutic assumption of responsibility. For the expert, it is a question of analyzing a medical responsibility file in the light of the state of the art “at the material time”, because there is a perpetual change in this state of the art.

Comment enseigner l’autosondage aux patients ?
How to teach clean intermittent catheterization?
2021
- Truc et astuce
- Réf : Progrès FMC, 2021, 1, 31, F27


Introduction

Les travaux de Lapides sur le sondage intermittent propre ont révolutionné la prise en charge des patients ayant une rétention urinaire chronique. L’objectif de cet article était la présentation de l’éducation thérapeutique des patients au sondage intermittent propre, de la pose de son indication jusqu’au suivi nécessaire.


Matériel et méthodes

Avis d’experts.


Résultats

Le sondage intermittent propre est indiqué chez l’ensemble des patients ayant une rétention urinaire chronique complète ou incomplète. L’éducation thérapeutique doit être réalisée par une personne formée et s’inscrire dans un programme dédié. Elle comporte un diagnostic éducatif, et un apprentissage de la technique avec la sonde la plus appropriée en fonctions des capacités du patient. Les patients doivent réaliser 4 à 6 sondages intermittents propres/jour avec des volumes ne dépassant pas les 400 à 500mL. Un suivi individualisé au long cours est indispensable.


Conclusion

L’éducation thérapeutique au sondage intermittent propre offre aux patients la maîtrise de cette technique qui permet l’amélioration de leur qualité de vie et la diminution du risque d’infections urinaires.


Introduction

Lapides’ work in clean intermittent catheterization has revolutionized the management of patients with chronic urinary retention. The objective of this article was to present the therapeutic education of clean intermittent catheterization, from its indication to its follow-up.


Material and methods

Expert opinion.


Results

Clean intermittent catheterization is indicated in all patients with chronic urinary retention. Therapeutic education must be conducted by a trained staff and included in a dedicated program. It consists in an educational diagnosis, the selection of the most appropriate catheter based on the patient's abilities, and the training in the technique. Patients should perform 4–6 clean intermittent catheterizations/day with volumes not exceeding 400–500mL. Long-term personalized follow-up is essential.


Conclusion

Therapeutic education in clean intermittent catheterization offers patients the mastery of this technique which improves their quality of life and reduces the risk of urinary tract infections.

La cystinurie et ses traitements : une approche physiopathologique
Cystinuria: A pathophysiological approach
2021
- Le point sur...
- Réf : Progrès FMC, 2021, 1, 31, F1


La cystinurie est une maladie monogénique induisant une perte de fonction d’un transporteur d’acides aminés dibasiques impliqué dans la réabsorption de cystine au niveau des tubules rénaux proximaux. L’excrétion urinaire de cystine chez ces patients est augmentée d’un rapport 10 à 60 par rapport au sujet sain, responsable d’une sursaturation avec précipitation de cristaux de cystine dans les reins et de calculs dans les cavités excrétrices. La physiopathologie de la cystinurie est particulière : la concentration plasmatique de cystine est souvent normale alors que l’absorption intestinale est diminuée. Ce paradoxe est expliqué par une absorption intestinale préservée de cystéine et de méthionine qui sont deux acides aminés soufrés métabolisés notamment en cystine. Le principe du traitement consiste à empêcher la formation de cristaux de cystine dans les reins afin de prévenir la survenue d’une maladie lithiasique, mais aussi d’une authentique néphropathie cristalline responsable d’une insuffisance rénale chez plus de la moitié des patients. Le traitement médical des patients cystinuriques repose (1) sur une diminution de l’excrétion urinaire quotidienne de cystine qui est le reflet de l’absorption intestinale et donc des apports en méthionine ; (2) sur une augmentation du seuil de solubilité urinaire de la cystine afin de prévenir une précipitation cristalline intratubulaire et intracavitaire par une dilution et une alcalinisation des urines avec des valeurs cibles de 3 L et un pH urinaire aux alentour de 7,5. Le traitement par sulfhydryle dont le but est de dissocier les ponts disulfures des molécules de cystine avec un effet modeste sur la dissolution des calculs de cystine constitués ne devrait en toute logique être utilisé en dernier recours une fois les mesures diététiques et la cible de pH urinaire obtenue.


Cystinuria is a dibasic amino acid transporter molecular defect preventing cystine reabsorption within renal proximal tubules. A 10 to 60 fold increase of urine cystine concentration compared to healthy subjects is responsible for pure cystine crystal onset within tubules and stones in the urinary tract leading to chronic renal failure in half cases. Plasma cystine concentration is usually reported in the normal range despite a decreased cystine intestinal absorption. This discrepancy is explained by a preserved intestinal absorption of cysteine and methionine, two sulphur amino acids which are partly metabolized into cystine. Monitoring and treatment is based on a pathophysiological approach aiming at decreasing both urine cystine excretion and concentration but also increasing urine cystine solubility (i.e. raising urine pH). Guidelines are thus based upon a methionine restricted diet, a water intake target of 3 liters/day and a urine pH target of 7.5. Sulfhydryl treatment (mainly tiopronin), frequently used in France in order to dissociate cystine disulfur bonds has a moderate effect on cystine stones solubilization and thus should be consider, to our view, only after diet and urine goal targets are reached.

Risque infectieux de l’urétérorénoscopie souple : prévention et prise en charge
Infectious risk of flexible ureteroscopy: Prevention and management
2021
- Avis d'expert
- Réf : Progrès FMC, 2021, 1, 31, F17


Introduction

L’objectif de cette étude était de rapporter les moyens de prévention du risque infectieux avant urétérorénoscopie souple (URSS) et la prise en charge des infections urinaires postopératoires.


Méthodes

Une revue de la littérature a été réalisée sur la base de données PubMed en mai 2020. Nous rapportons également les résultats d’une évaluation rétrospective sur la gestion des ECBU avant URSS, réalisée dans le service d’urologie et de transplantation rénale à l’hôpital de la Conception entre janvier 2015 et mars 2019.


Résultats

Les facteurs de risques associés aux complications infectieuses après URSS étaient le sexe féminin, un antécédent d’infection urinaire dans les 6 mois, un ECBU préopératoire polymicrobien et la durée opératoire. Le dépistage préopératoire d’une colonisation urinaire, le recours à une antibioprophylaxie, la limitation de la durée opératoire à 1 heure sont des mesures efficaces dans la réduction du risque infectieux. L’implantation des dispositifs à usage unique dans notre centre n’a pas permis de réduire le risque d’infection. L’incidence des infections urinaires fébriles après URSS serait approximativement de 6 %. Une antibiothérapie à large spectre et le changement du matériel endo-urologique représentent les principales mesures thérapeutiques.


Conclusion

La survenue d’une infection urinaire après URSS peut être une complication grave qui peut être en partie prévenue par l’adoption de moyens de prévention ayant prouvé leur efficacité. L’évolution des recommandations, notamment la gestion périopératoire des colonisations urinaires, permettrait d’uniformiser nos pratiques.


Objectives

The aim of this study was to report the means of preventing the risk of infection before flexible ureterorenoscopy (fURS) and the management of postoperative urinary tract infections.


Methods

A review of the literature was carried out on the PubMed database in May 2020. We also report the results of a retrospective evaluation on the management of urine culture (UC) before fURS, performed in the department of urology in La Conception Hospital between January 2015 and March 2019.


Results

The risk factors associated with infectious complications following fURS were female, history of urinary tract infection (UTI) within 6 months, pre-operative polymicrobial UC and operative time. Preoperative screening of urinary colonization, the use of antibiotic prophylaxis, limiting the operating time to 1hour are effective measures in reducing the risk of infection. The implementation of single-use devices in our center did not reduce the risk of infection. The incidence of febrile UTI after fURS was approximately 6%. Large-spectrum antibiotic therapy and change of endourological material are the main therapeutic measures.


Conclusion

The occurrence of UTI following fURS is a serious complication which can be partly prevented by the adoption of proven means of prevention. The evolution of the recommendations, in particular the perioperative management of urinary colonizations, would make it possible to standardize our practices.

Corrélation bactériologique entre les calculs urinaires et l’ECBU préopératoire : a-t-il un impact sur le risque infectieux postopératoire ? (expérience marocaine)
Bacteriological correlation of urinary stones and preoperative urine culture: Is there a significant impact on postoperative infectious risk? (Moroccan experience)
2021
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2021, 2, 31, 78-84


But

Les objectifs de ce travail étaient d’évaluer l’impact de l’examen préopératoire des urines et du caractère infecté des calculs sur la survenue du sepsis urinaire postopératoire.


Matériel et méthodes

Une étude prospective monocentrique a inclus 29 patients opérés de la lithiase urinaire entre janvier et juin 2018.


Résultats

Le sepsis urinaire postopératoire a été observé chez 4 patients (14 %). Le taux de colonisation urinaire sur l’ECBU préopératoire était de 27,6 % (8 sur 29) alors que le taux de calculs colonisés était de 31 % (9 sur 29). La survenue d’un sepsis urinaire a été constatée chez 37,5 % (3 sur 8) des patients ayant une colonisation urinaire, par rapport à 44,4 % des patients ayant des calculs colonisés (4 sur 9). En comparant les résultats bactériologiques observés lors du sepsis, les germes isolés dans les urines postopératoires étaient les mêmes retrouvés dans la culture des calculs. La nature chimique des calculs colonisés était principalement l’oxalate de calcium (monohydraté, dihydraté) p =0,02. Il existe une corrélation statistiquement significative entre l’examen préopératoire d’urine, la culture bactériologique de calculs et le sepsis urinaire postopératoire (p =0,05, p =0,005) respectivement.


Conclusion

Notre étude a mis en évidence une forte association entre la culture bactériologique des calculs et le sepsis urinaire postopératoire supérieure à celle de la culture urinaire préopératoire. Elle permet d’anticiper la survenue d’une septicémie chez des patients nécessitant de nombreux traitements endoscopiques. Cependant, plusieurs séries prospectives multicentriques peuvent s’avérer nécessaires pour valider ces résultats.


Niveau de preuve

3.


Aim

The objectives of this study were to evaluate the impact of preoperative urine culture and the infected nature of stones on the occurrence of postoperative urinary sepsis.


Material and methods

A prospective monocentric study included 29 patients operated on for urolithiasis between January and June 2018.


Results

Postoperative urinary sepsis was observed in 4 patients (14%). Urinary colonization rate on preoperative CBU exam was 27.6% (8 of 29) while the rate of colonized stones was 31% (9 of 29). The occurrence of urinary sepsis was observed in 37.5% (3 of 8) of patients with urinary colonization, compared to 44.4% of patients with colonized stones (4 of 9). By comparing the bacteriological results observed during sepsis, the germs isolated in postoperative urine were the same found in the culture of stones. The chemical nature of the colonized stones was mainly calcium oxalate (monohydrate, dihydrate) P =0.02. There was a statistically significant correlation between the preoperative urine culture, the bacteriological culture of stones and the postoperative urinary sepsis (P =0.05, P =0.005) respectively.


Conclusion

Our study demonstrated a strong association between the bacteriological culture of stones and postoperative urinary sepsis superior to preoperative urine culture. It makes it possible to anticipate the occurrence of sepsis in patients requiring many endoscopic treatments. However, several multicentric prospective series may prove necessary to validate these results.


Level of evidence

3.

Évaluation de la tolérance de la sonde JJ par l’utilisation de l’auto-questionnaire USSQ
Evaluation of the tolerance of the ureteral catheter JJ by the use of the USSQ self-questionnaire
2021
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2021, 2, 31, 85-90


Objectif

Évaluation de la qualité de vie patients porteurs d’une sonde urétérale JJ (SU).


Méthode

Cette étude s’est déroulée du 01/2016 au 15/02/2017, incluant tous les patients opérés d’une montée de SU. Le questionnaire USSQ (Ureteral Stent Symptom Questionnaire) validé en français en 2010 a été rempli pendant la période péri-opératoire avec SU en place(S1), 4 semaines après mise de la SU (S2) et 4 semaines après ablation de la SU(S3), il est regroupé en 6 rubriques : symptômes urinaires, douleur, état général, retentissement professionnel, sexualité, autres problèmes. Le test Wilcoxon a été utilisé pour comparer les moyennes statistiques.


Résultat

Nous avons répertorié 150 patients dont 89 femmes (59,3 %) et 61 hommes (40,7 %) L’âge moyen de nos malades est de 49,5 ans. La qualité de vie semblait être significativement altérée dans tous les domaines explorés par le questionnaire : symptômes urinaires avaient un score moyen une semaine après la montée de sonde (S1) était de 29,5 versus 25,3à quatre semaines après ablation(S3) de la SU à p <0,0001), la douleur persistait à quatre semaine après l’ablation de la SU à un score moyen S3 de 10,6 versus 14,5 à S1 à p =0,003. L’EG des patients était également altéré après la pose de la SU : S1 de 16,6 versus S2 18,5 (p <0,0001), la présence d’une SU n’avait pas un grand impact sur l’activité professionnelle des patients actifs : actifs (S1 de 14,9 versus S3 de 13,3 p =0.6 ). Mais elle était un handicap sexuel : score moyen de 5,3 en S1 vs 5,2 en S3 pour un p -value=0.122. Il n’y’a pas de différence significative si la SU est posée en urgence ou de manière programmée.


Conclusion

Les SU semble avoir un impact significatif sur la qualité de vie des patients.


Niveau de préuve

3.


Objective

Evaluation of the quality of life patients with a ureteral catheter JJ (US).


Method

This study was conducted from 01/2016 to 15/02/2017, including all patients operated on a rise of US. The USSQ questionnaire (Ureteral Stent Symptom Questionnaire) validated in French in 2010 was filled during the perioperative period with SU in place (S1), 4 weeks after putting the US (S2) and 4 weeks after removal of the US (S3), it is grouped into 6 sections: urinary symptoms, body pain, general condition, professional impact, sexuality, other problems. The Wilcoxon test was used to compare the statistical averages.


Results

We identified 150 patients including 89 women (59.3%) and 61 men (40.7%). The average age of our patients is 49.5 years. The quality of life appeared to be significantly altered in all areas explored by the questionnaire: urinary symptoms had a mean score one week after the US rise (S1) was 29.5 versus 25.3 at four weeks after ablation (S3) of US at P <0.0001), pain persisted at four weeks after US ablation at an average S3 score of 10.6 versus 14.5 at S1 at P =0.003. The patients’ EG was also altered after the placement of the SU: S1 of 16.6 versus S2 18.5 (P <0.0001), the presence of a US did not have a great impact on the activity professional active patients: active (S1 of 14.9 versus S3 of 13.3 P =0.6). But it was a sexual disability of the sexuality carrier: average score of 5.3 in S1 vs. 5.2 in S3 for a value=0.122. There is no significant difference if the US is raised urgently or in a scheduled manner.


Conclusion

US appears to have a significant impact on the quality of life of patients.


Level of evidence

3.

Instillation préopératoire immédiate (IPOI) de mitomycine C comparée à l’instillation postopératoire précoce (IPOP) dans les tumeurs de la vessie. Étude de phase II randomisée
Single, immediate postoperative intra-vesical instillation (SI) compared to a single preoperative intra-vesical instillation of mitomycin C in non-muscle invasive bladder cancer (NMIBC). Phase II randomized trial
2021
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2021, 2, 31, 63-70


Introduction

L’instillation postopératoire précoce (IPOP) est recommandée après la résection endoscopique des tumeurs de vessie n’infiltrant pas le muscle, de risque faible et intermédiaire. Elle est peu réalisée pour des raisons logistiques ou de contre-indications chirurgicales. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’efficacité et la tolérance d’une instillation immédiate préopératoire de mitomycine C (IPOI) comparée à l’IPOP.


Méthodes

Étude randomisée, multicentrique menée de février 2014 à novembre 2016 (Accord CPP Ouest III 2012-004341-32) prévoyant l’inclusion de 60 patients ayant les critères suivants : une à deux tumeur(s) vésicale(s), primitive(s) ou récidivante(s), d’aspect endoscopique papillaire et une cytologie urinaire négative pour le haut grade. La résection endoscopique était suivie d’une cystoscopie de contrôle à 3, 6 et 12 mois. Le critère de jugement principal était le délai avant récidive. Les critères de jugement secondaires étaient la proportion de récidive à 3 mois et à 1 an, la proportion de patients n’ayant pas pu avoir l’instillation et la tolérance à 1 mois utilisant le questionnaire BCI-Fr.


Résultats

Parmi les 35 patients analysables, 20 étaient assignés au bras IPOI et 15 au bras IPOP. La durée de suivi était comparable dans les 2 groupes (12,3±1,6 mois dans le groupe IPOP et 10,2±4,5 mois dans le groupe IPOI). La survie sans récidive n’était pas significativement différente entre les 2 bras. La tolérance (score BCI-Fr) et les effets indésirables étaient comparables. Dans le groupe IPOP, 2 patients n’ont pas eu l’instillation en raison d’une contre-indication (résection étendue).


Conclusion

Notre étude n’a pas montré de différence en termes d’efficacité et de tolérance entre l’IPOI et l’IPOP, mais la faisabilité (logistique, contre-indications) semblait meilleure en cas d’IPOI. Cette étude préliminaire est en faveur de la poursuite de l’évaluation de ce protocole dans le cadre d’une phase III.


Niveau de preuve

3.


Objective

A single immediate instillation of mitomycin C is recommended after a complete transurethral resection of the bladder (TURB) in low- and intermediate-risk patients with NMIBC. Actually, post-TURB instillation is seldom used due to logistical difficulties and surgical contraindications. Our aim was to compare patients with single pre-TURB intra-vesical instillation and patients with a single, immediate post-TURB intra-vesical instillation of mitomycin C.


Methods

We performed a multicenter randomized trial between February 17, 2014 and November 24, 2016 (registration number 2012-004341-32). Sixty patients with two or less, primary or recurrent papillary bladder tumors and a negative urinary cytology were planned. Cystoscopy was performed at 3, 6 and 12 months after TURB. Our primary endpoint was disease-free interval. Secondary endpoints were recurrence rate at 3 and 12 months, rate of patients in whom instillation could not be performed and tolerance 1 month after TURB using BCI-Fr score.


Results

Among 35 eligible participants, 20 were randomly assigned in the pre-TURB instillation group and 15 in the post-TURB instillation group. Follow-up was comparable: 12,3±1,6 months in the SI group and 10,2±4,5 months in the pre-TURB instillation group. In the post-TURB instillation group, 2 patients didn’t have any instillation. We did not identify significant differences in disease-free interval. Tolerance at 1 month after TURB was similar in both groups.


Conclusion

Tolerance and efficacy were not significantly different. As expected, logisitics were easier for the health providers in the pre-TURB group where all patients had their instillation conversely to the post-TURB group. These results suggest that the advantages of a single immediate pre-TURB instillation warrant further evaluation of this strategy in a phase III randomized trial.

La micro néphrolithotomie percutanée (Microperc) pour calculs rénaux, résultats et courbe d’apprentissage
Micro-percutaneous nephrolithotomy (Microperc) for renal stones, outcomes and learning curve
2021
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2021, 2, 31, 91-98




 

Réinsertion psycho-sociale et économique des femmes opérées pour fistules obstétricales et non obstétricales au Congo
Psycho-social and economic reintegration of women operated for urogenital fistula
2021
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2021, 2, 31, 112-118


Objectif

Étudier l’insertion psycho-sociale et économique des femmes avant la survenue d’une fistule, avant et après la cure chirurgicale de la fistule.


Matériels et méthodes

Il s’est agi d’une étude observationnelle descriptive réalisée à Brazzaville et Ewo, (République du Congo) du 1er avril au 31 octobre 2018. Elle concernait les patientes opérées pour fistule génitale entre 2008 et 2017. Les variables d’intérêt étaient les caractéristiques sociodémographiques, reproductives et cliniques. L’analyse a été faite à l’aide du logiciel SPSS 20.


Résultats

Les 34 patientes interrogées étaient âgées de 29 à 65 ans avec une médiane de 43(39 ; 50) ans. Le contexte de survenue de la fistule était obstétrical chez 24 femmes (70 %). L’exercice d’une activité génératrice de revenue avant la survenue, avant et après la cure chirurgicale de la fistule était de 76 % ; 32 % et 64 % (p =0,007).

Sur le plan psychique, chez ces femmes, l’estime de soi est passé de 26 % à 82 % (p =0,0003) et la prévalence d’idées suicidaires est passée de 29 % avant cure de fistule à 0 % après (p =0,0009). La tendance à s’isoler est passée de 44 % avant cure de fistule à 3 % après (p =0,00008). On note également que, 54 % de femmes n’avaient plus de désir de maternité et un non-désir de reprise des rapports sexuels était rapporté dans 17 % de cas. Seulement 26 % des femmes ont bénéficié de l’accompagnement d’un psychologue.


Conclusion

Dans cette série, nous avons observé une reprise des activités génératrices de revenu chez les femmes opérées d’une cure de fistule urogénitale et une récupération psychologique avec augmentation de l’estime de soi et diminution des idées suicidaires.


Niveau de preuve

4.


Objective

To study the psycho-social and economic reintegration of women operated for genital fistula in Congo.


Material and methods

This was a descriptive observational study conducted in Brazzaville and Ewo, Republic of Congo, from April 1 to October 31, 2018. It included patients operated for genital fistula between 2008 and 2017. Variables of interest were socio-demographic, reproductive and clinical characteristics. The analysis was performed using the SPSS 20 software.


Results

The overall, 34 patients were studied, with age ranging from 29 to 65 years old with a median of 43 (39, 50) year. The context of fistula occurrence was obstetrical in 24 women (70%). The Practice of an income-generating activity before, during and after fistula was 76%; 32% and 64% (P =0.0007). Concerning the psychological status, in these women, self-esteem went from 26% to 73% (P =0.0003) and the prevalence of suicidal thoughts went from 29% before fistula treatment to 0% after (P =0.0009). The tendency to isolate themselves went from 44% before fistula cure to 3% after (P =0.00008). With regards to reproductive life, 54% of women had no desire for maternity and 17% did not have a desire of sexual intercourse. Only 26% of women benefited from the psychologist. Support.


Conclusion

In this series, we observed a resumption of income-generating activities in women operated for a treatment of urogenital fistula and a psychological recovery with an increase in self-esteem and a decrease in suicidal thoughts.


Level of evidence

4.

Résultats de la surveillance active des angiomyolipomes sporadiques du rein de plus de 4 cm : un plaidoyer en faveur de la surveillance active
Results of active surveillance for sporadic renal angiomyolipomas greater than 4 cm: A pledge for active surveillance
2021
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2021, 2, 31, 99-104


Introduction

La surveillance active (SA) des angiomyolipomes (AML) du rein est sous-utilisée à cause d’un dogme ancien faisant craindre un saignement menaçant lorsque la taille tumorale dépasse 4cm. L’objectif de cette étude était d’évaluer les résultats de la SA chez les patients pris en charge pour des AML sporadiques dont la taille était supérieure à 4cm.


Méthodes

Les résultats de la SA de 35 patients pris en charge pour des AML sporadiques du rein de plus de 4cm étaient analysés rétrospectivement. Durant la SA, la croissance tumorale, la survenue de nouveaux symptômes et/ou complications, l’arrêt du protocole de surveillance, le motif de sortie et le traitement offert à la sortie étaient recueillis.


Résultats

Avec un suivi moyen de 36 mois, 16 (46 %) patients étaient sortis de la SA (suivi moyen 55±66, médiane : 36 mois). Les patients qui avaient arrêté la SA étaient plus symptomatiques au diagnostic, mais avaient un âge, une taille tumorale moyenne et un sex-ratio similaire à ceux qui sont toujours pris en charge en SA. Le taux de survie sans traitement actif était de 66 % à 5 ans. L’hémorragie rétropéritonéale était rapportée chez 3 (8,5 % de l’ensemble et 19 % des patients qui avaient arrêté la SA) patients. Aucune de ces hémorragies n’avait nécessité une transfusion ou une surveillance en unité de soins intensifs. Les autres motifs étaient la douleur (37 %), la préférence patient (19 %), la modification de l’aspect radiologique de la tumeur (19 %) et l’hématurie (6 %).


Conclusion

Cette étude a montré que la SA des AML était faisable même chez les patients avec des tumeurs de plus de 4cm. Plus de 50 % des patients étaient encore sous SA à 5 ans. L’arrêt de la SA n’était pas lié à des complications hémorragiques dans la plupart des cas.


Niveau de preuve

3.


Introduction

Active surveillance (AS) of sporadic renal angiomyolipomas (AML) is under-utilised because of an old dogma fearing a life-threatening retroperitoneal hemorrhage when tumour size exceeds 4cm. The objective of this study was to report the outcome of AS in patients with sporadic AML greater than 4cm.


Methods

The results of AS in 35 patients managed for sporadic renal AML greater than 4cm were analysed. During AS, tumour growth, occurrence of new symptoms and/or complications, discontinuation of AS protocol, reason for discontinuation as well as subsequent treatment options were reported.


Results

Within a median follow-up of 36 months, 16 (46 %) patients discontinued AS at the end of the study period (mean follow-up 55±66, median 36 months). Patients who discontinued AS were more symptomatic at diagnosis but had similar age, mean tumour size and sex ratio. Active treatment-free survival was 66 % at 5 years. Retroperitoneal hemorrhage was reported in 3 (8.5 %) patients. None of these bleedings required transfusion or monitoring in an intensive care unit. Other reasons for discontinuation were pain (37 %), patient preference (19), changes in the radiological appearance of the tumour (19 %), and hematuria (6 %).


Conclusion

This study showed that AS in AML bearing patients was feasible even in the setting of tumours larger than 4cm. More than 50% of the patients were still on AS at 5 years. Discontinuation of AS was not related to bleeding complications in most cases.


Level of proof

3.

Statut de l’ADN spermatique chez les patients infertiles atteints de varicocèle clinique
Sperm DNA status in infertile patients with clinical varicocele
2021
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2021, 2, 31, 105-111




 

TFPI-2 inhibe l’invasion et les métastases des cellules cancéreuses de la vessie
TFPI-2 inhibits the invasion and metastasis of bladder cancer cells
2021
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2021, 2, 31, 71-77




 

Tensions approvisionnement BCG - Février 2021
2021

Chères et chers confrères, 

L'approvisionnement en BCG de la France métropolitaine ne repose plus, depuis novembre 2020, que sur la production de l'usine affiliée à MEDAC et basée aux Pays-Bas. Afin, à terme, de sécuriser et accroitre sa production de BCG, cette usine entre dans une phase de travaux et cela va impacter l'approvisionnement de tous les pays utilisant le MEDAC.

Recommandations CIAFU : Recommandations de bonne pratique : Prévention, diagnostic et traitement des infections sur matériel endo-urétéral de l’adulte
2021
- Recommandations
Résumé Introduction :

Il n’existe pas de recommandations nationales récentes sur la prise en charge des infections urinaires sur matériel endo-urétéral, situation à risque de disparités de pratiques et de perte de chance pour les patients. Ce document, volontairement synthétique, a pour but de diffuser dans la communauté urologique les points essentiels des recommandations sur la prise en charge des infections sur matériel endo-urétéral.

Le Bionettoyage au bloc opératoire d’urologie
2021
- Recommandations

Le bloc opératoire est probablement l’un des secteurs où le risque de contamination de l’environnement (surfaces et dispositifs médicaux) est le mieux contrôlé. En effet :

Recommandations du Comité de transplantation et d’insuffisance rénale chronique (CTAFU) : revue narrative ou revue systématique ? Éditorial
Editorial: The French Guidelines from CTAFU, narrative or systematic review?
2021
- Recommandations
- Réf : Prog Urol, 2021, 1, 31, 1-3
       

Recommandations françaises du Comité de transplantation de l’association française d’urologie (CTAFU) : agents antiplaquettaires et anticoagulants oraux directs en transplantation rénale
Use of antiplatelet therapy and direct oral anticoagulants in candidates for renal transplantation: The French guidelines from the CTAFU
2021
- Recommandations
- Réf : Prog Urol, 2021, 1, 31, 39-44

Objectif

Le but du Comité de transplantation de l’association française d’urologie est de proposer des recommandations pour l’usage des agents antiplaquettaires (AAP) et des anticoagulants d’action directe (AOD) chez les candidats à une transplantation rénale.

Méthode

Une revue de la littérature avec approche systématique a été conduite par le CTAFU concernant les expériences rapportées de l’usage des AAP et AOD en périopératoire et chez le patient atteint de maladie rénale chronique sévère et terminale, en évaluant les références avec leur niveau de preuve.

Résultats

Alors qu’un traitement par aspirine peut être maintenu, les anti-P2Y12  et les AOD doivent être interrompus avant transplantation rénale. L’emploi des AOD n’est à ce jour pas recommandé chez les patients dialysés. Les anti-P2Y12  et les AOD ne doivent pas être utilisés chez les candidats à une transplantation rénale en dehors des situations de donneur vivant pour lesquelles le traitement peut être interrompu dans des conditions définies. Le niveau de preuve de ces recommandations est faible. Des données futures sur la réversion des AOD et leur monitoring biologique pourraient permettre de mieux encadrer l’usage de ces traitements.

Conclusion

Ces recommandations françaises doivent contribuer à améliorer la prise en charge chirurgicale des patients candidats à une transplantation relevant d’une indication de traitement antiplaquettaire ou anticoagulant.

Objective

To define guidelines for the use of antiplatelet therapy (AT) and direct oral anticoagulants (DOAC) in candidates for kidney allotransplantation.

Method

A review of the medical literature following a systematic approach was conducted by the CTAFU to report the use of AT and DOAC before major surgery and in the setting of advanced chronic kidney disease, defining their managment prior to kidney transplantation with the corresponding level of evidence.

Results

DOAC are not recommended in patients under dialysis. Aspirin therapy, but not anti-P2Y12 and DOAC, may be maintained during renal transplantation. Anti-P2Y12 and DOAC should not be use in patients awaiting a kidney transplant, except when a living donor is scheduled, therefore authorizing treatment interruption in optimal conditions. Further data regarding DOAC reversion and monitoring may improve their use in this setting. Global level of evidence is weak.

Conclusion

These French recommendations should contribute to improve surgical management of kidney transplant candidates exposed to AT or DOA.

Recommandations françaises du Comité de transplantation de l’Association française d’urologie (CTAFU) : cancer de la prostate localisé chez le patient transplanté rénal ou en attente de transplantation
Localized Prostate cancer in candidates for renal transplantation and recipients of a kidney transplant: The French Guidelines from CTAFU
2021
- Recommandations
- Réf : Prog Urol, 2021, 1, 31, 4-17

Objectif

Le but du Comité de transplantation de l’Association française d’urologie est de proposer des recommandations pour la prise en charge du cancer de la prostate localisé (CaP) chez le candidat ou le receveur d’un transplant rénal.

Méthode

Une revue de la littérature d’approche systématique (Medline) a été conduite par le CTAFU concernant l’épidémiologie, le dépistage, le diagnostic et le traitement du CaP chez le candidat ou le receveur d’un transplant rénal en évaluant les références et leurs niveaux de preuve.

Résultats

L’incidence du CaP chez le transplanté rénal est similaire à la population générale. Le dépistage dans cette population doit suivre les recommandations du CCAFU. Le dépistage est systématique chez le candidat à un transplant rénal de plus de 50 ans. Le diagnostic repose sur les biopsies de la prostate réalisées après IRM multiparamétrique et sans spécificité de l’antibioprophylaxie. Les recommandations thérapeutiques du CaP proposées par le CCAFU restent applicables à la population des patients transplantés avec certaines spécificités en particulier pour le traitement des aires ganglionnaires. Pour les candidats à la transplantation rénale, la problématique de l’accès à la transplantation doit être prise en compte. Les données actuelles permettent de proposer des délais de carence après traitement du CaP avec un faible niveau de preuve.

Conclusion

Ces recommandations françaises doivent contribuer à améliorer la prise en charge du CaP chez le patient candidat ou receveur d’un transplant rénal en intégrant objectifs oncologiques et accès à la transplantation.

Objective

To define guidelines for the management of localized prostate cancer (PCa) in kidney transplant (KTx) candidates and recipients.

Method

A systematic review (Medline) of the literature was conducted by the CTAFU to report prostate cancer epidemiology, screening, diagnosis and management in KTx candidates and recipients with the corresponding level of evidence.

Results

KTx recipients are at similar risk for PCa as general population. Thus, PCa screening in this setting is defined according to global French guidelines from CCAFU. Systematic screening is proposed in candidates for renal transplant over 50 y-o. PCa diagnosis is based on prostate biopsies performed after multiparametric MRI and preventive antibiotics. CCAFU guidelines remain applicable for PCa treatment in KTx recipients with some specificities, especially regarding lymph nodes management. Treatment options in candidates for KTx need to integrate waiting time and access to transplantation. Current data allows the CTAFU to propose mandatory waiting times after PCa treatment in KTx candidates with a weak level of evidence.

Conclusion

These French recommendations should contribute to improve PCa management in KTx recipients and candidates, integrating oncological objectives with access to transplantation.

Recommandations françaises du Comité de transplantation de l’association française d’urologie (CTAFU) : Carcinome à cellules rénales du transplant rénal
Renal cell carcinoma of the kidney transplant: The French guidelines from CTAFU
2021
- Recommandations
- Réf : Prog Urol, 2021, 1, 31, 24-30

Objectif Proposer des recommandations pour la prise en charge des carcinomes à cellules rénales (CCR) du transplant rénal.

Méthode

Une revue de la littérature d’approche systématique (Medline) a été conduite par le CTAFU concernant le diagnostic et la prise en charge des CCR du transplant rénal.

Résultats

Les carcinomes aux cellules rénales du transplant rénal affectent environ 0,2 % des receveurs. Dans la majorité des cas, il s’agit de tumeurs asymptomatiques découvertes principalement sur un examen d’imagerie de surveillance du transplant rénal. Le type histologique le plus fréquent est le carcinome à cellules claires mais la carcinome papillaire est plus fréquent que dans la population générale (environ 40 %). Le CCR du transplant rénal est le plus souvent localisé, de bas stade et de bas grade. Selon les caractéristiques tumorales et la fonction du transplant, le traitement peut être radical ou conservateur par chirurgie (ouverte ou mini-invasive) ou par thermoablation après biopsie diagnostique. Il n’existe pas de niveau de preuve suffisant pour recommander une modification dans le traitement immunosuppresseur. Le CTAFU n’impose pas de délai de carence pour une nouvelle transplantation après transplantectomie pour un CCR de stade<pT3 et de bas grade ISUP.

Conclusion

Ces recommandations françaises doivent contribuer à améliorer le pronostic carcinologique et fonctionnel des transplantés rénaux en améliorant la prise en charge des RCC du transplant rénal.

Objective

To propose recommendations for the management of renal cell carcinomas (RCC) of the renal transplant.

Method

Following a systematic approach, a review of the literature (Medline) was conducted by the CTAFU to evaluate prevalence, diagnosis and management of RCC arousing in the renal transplant. References were assessed according to a predefined process to propose recommendations with levels of evidence.

Results

Renal cell carcinomas of the renal transplant affect approximately 0.2% of recipients. Mostly asymptomatic, these tumors are mainly diagnosed on a routine imaging of the renal transplant. Predominant pathology is clear cell carcinomas but papillary carcinomas are more frequent than in general population (up to 40-50%). RCC of the renal transplant is often localized, of low stage and low grade. According to tumor characteristics and renal function, preferred treatment is radical (transplantectomy) or nephron sparing through partial nephrectomy (open or minimally invasive approach) or thermoablation after percutaneous biopsy. Although no robust data support a switch of immunosuppressive regimen, some authors suggest to favor the use of mTOR inhibitors. CTAFU does not recommend a mandatory waiting time after transplantectomy for RCC in candidates for a subsequent renal tranplantation when tumor stage<T3 and low ISUP grade.

Conclusion

These French recommendations should contribute to improving the oncological and functional prognosis of renal transplant recipients by improving the management of RCC of the renal transplant.

Recommandations françaises du Comité de transplantation de l’association française d’urologie (CTAFU) : carcinome rénal sur reins natifs chez le patient transplanté rénal ou en attente de transplantation
Renal cell carcinoma in candidates for renal transplantation and recipients of a kidney transplant: The French guidelines from CTAFU
2021
- Recommandations
- Réf : Prog Urol, 2021, 1, 31, 18-23

Objectif

Le but du Comité de transplantation de l’association française d’urologie est de proposer des recommandations pour la prise en charge du carcinome à cellules rénales du rein natif (CCRN) chez le receveur d’un transplant rénal et du carcinome à cellules rénales (CCR) du patient malade rénal chronique terminal (MRCT) candidat à une transplantation rénale (TR).

Méthode

Une revue d’approche systématique de la littérature (Medline) a été conduite par le CTAFU concernant l’épidémiologie, le diagnostic et le traitement du CCRN chez le receveur d’un transplant rénal et du CCR chez le MRCT en évaluant les références et leur niveau de preuve.

Résultats

L’incidence standardisée du CCR chez le MRCT est 4,5 fois supérieure à la population générale. Le CCRN concernerait 1 à 3 % des patients transplantés avec un risque 10 à 15 fois plus élevé que la population générale. Ce risque est majoré en cas de maladie rénale multi-kystique acquise. Les différentes séries s’accordent sur l’intérêt d’une imagerie annuelle de l’appareil urinaire natif par échographie. Le traitement du CCR chez le MRCT et du CCRN chez le transplanté rénale repose sur une prise en charge chirurgicale par néphrectomie élargie par voie ouverte ou cœlioscopie. La surveillance est une option valide pour les tumeurs kystiques ou de petite taille. La prise en charge des formes localisées ne nécessite aucune modification dans le traitement de fond immunosuppresseur sauf pour les patients sous inhibiteurs de mTOR compte tenu des données montrant un taux plus élevé de complications chirurgicales. Le CTAFU ne recommande pas de délai de carence après traitement d’un CCR localisé chez un patient MRCT et candidat à une transplantation rénale si la tumeur est de stade<pT3 et de bas grade ISUP. La surveillance est superposable aux recommandations du CCAFU.

Conclusion

Ces recommandations françaises doivent contribuer à améliorer la prise en charge du CCRN chez le patient transplanté rénal et CCR chez le candidat à une transplantation rénale en intégrant les objectifs oncologiques dans le contexte de transplantation rénale.

Objective

To define guidelines for the management of renal cell carcinoma of the native kidney (NKRCC) in kidney transplant (KTx) recipients and renal cell carcinoma (RCC) in end-stage renal disease (ESRD) patients candidates for renal transplantation.

Method

A review of the literature following a systematic approach (Medline) was conducted by the CTAFU to report renal cell carcinoma epidemiology, screening, diagnosis and management in KTx candidates and recipients. References were assessed according to a predefined process to propose recommendations with the corresponding levels of evidence.

Results

ESRD patients are at higher risk of RCC with a standardized incidence ratio of approximately 4,5 as compared with general population. NKRCC tumors occur in 1 to 3 % of KTx recipients with a 10 to 15-fold increased risk as compared with general population, especially in patients with acquired multicystic kidney disease. Most authors suggest yearly monitoring of the native kidneys using ultrasound imaging. Radical nephrectomy (either open or laparoscopic approach) is the preferred treatment of NKRCC in KTx recipients and RCC in ESRD. Surveillance in a valid option in small or cystic renal masses. In the localized setting, change in immunosuppressive therapy is not recommended besides perioperative avoidance of mTOR inhibitor to limit morbidity. CTAFU does not recommend a mandatory waiting time after nephrectomy for RCC in ESRD patients candidates for renal tranplantation when tumor stage<T3 and low ISUP grade. Follow-up modalities should follow recommendations in general population.

Conclusion

The French recommendations should contribute to improve management of NKRCC in KTx recipients and RCC in ESRD candidates for KTx, integrating oncological objectives in the context of kidney transplantation.

Recommandations françaises du Comité de transplantation de l’association française d’urologie (CTAFU) : carcinome urothélial chez le patient transplanté rénal et le candidat à la transplantation rénale
Urothelial carcinoma in kidney transplant recipients and candidates: The French guidelines from CTAFU
2021
- Recommandations
- Réf : Prog Urol, 2021, 1, 31, 31-38

Objectif

Proposer des recommandations pour la prise en charge du carcinome urothélial du patient transplanté rénal et du candidat à la transplantation rénale.

Méthode

Une revue de la littérature (Medline) d’approche systématique a été conduite par le CTAFU concernant l’épidémiologie, le dépistage, le diagnostic et le traitement du carcinome urothélial du patient transplanté rénal et du candidat à la transplantation rénale en évaluant les références et leur niveau de preuve.

Résultats

L’incidence des carcinomes urothéliaux du patient transplanté rénal est 3 fois plus élevée que l’incidence des carcinomes urothéliaux de la population générale. Les principaux facteurs de risque de carcinomes urothéliaux du patient transplanté rénal sont identiques à ceux de la population générale. La néphropathie à l’acide aristolochique et l’infection à BK virus sont des facteurs de risques plus fréquents du patient transplanté rénal. En comparaison avec la population générale, à stade équivalent, les TVNIM du patient transplanté rénal sont associées à un taux de récidive plus élevé et à une récidive plus précoce, La tolérance et l’efficacité des traitements adjuvants intra-vésicaux (Mitomycine C et BCG) ont été rapportées par des séries rétrospectives. Le traitement de référence des TVIM localisées du patient transplanté rénal est la chirurgie d’exérèse carcinologique. Chez le candidat à une transplantation rénale avec antécédent de tumeur urothéliale, il est recommandé de réaliser impérativement les cystoscopies de suivi selon la fréquence recommandée en fonction du risque de récidive et de progression de la TVNIM et de maintenir ce suivi à une fréquence au moins semestrielle jusqu’à la transplantation quel que soit le niveau de risque de récidive et de progression. Les données actuelles permettent de proposer des délais de contre-indication temporaire après traitement d’une tumeur urothéliale, selon un avis d’expert.

Conclusion

Ces recommandations françaises doivent contribuer à améliorer la prise en charge du carcinome urothélial du patient transplanté rénal et du candidat à la transplantation rénale en intégrant les objectifs oncologiques avec l’accès à la transplantation.

Objective

To propose surgical recommendations for urothelial carcinoma management in kidney transplant recipients and candidates.

Method

A review of the literature (Medline) following a systematic approcah was conducted by the CTAFU regarding the epidemiology, screening, diagnosis and treatment of urothelial carcinoma in kidney transplant recipients and candidates for renal transplantation. References were assessed according to a predefined process to propose recommendations with levels of evidence.

Results

Urothelial carcinomas occur in the renal transplant recipient population with a 3-fold increased incidence as compared with general population. While major risk factors for urothelial carcinomas are similar to those in the general population, aristolochic acid nephropathy and BK virus infection are more frequent risk factors in renal transplant recipients. As compared with general population, NMIBC in the renal transplant recipients are associated with earlier and higher recurrence rate. The safety and efficacy of adjuvant intravesical therapies have been reported in retrospective series. Treatment for localized MIBC in renal transplant recipients is based on radical cystectomy. In the candidate for a kidney transplant with a history of urothelial tumor, it is imperative to perform follow-up cystoscopies according to the recommended frequency, depending on the risk of recurrence and progression of NMIBC and to maintain this follow-up at least every six months up to transplantation whatever the level of risk of recurrence and progression. Based on current data, the present recommendations propose guidelines for waiting period before active wait-listing renal transplant candidates with a history of urothelial carcinoma.

Conclusion

The french recommendations from CTAFU should contribute to improve the management of urothelial carcinoma in renal transplant patients and renal transplant candidates by integrating both oncologic objectives and access to transplantation.

Recommandations françaises du Comité de transplantation de l’association française d’urologie (CTAFU) : lithiase urinaire chez le receveur ou le donneur en transplantation rénale
Urinary stones in renal transplant recipients and donors: The French guidelines from CTAFU
2021
- Recommandations
- Réf : Prog Urol, 2021, 1, 31, 57-62

Objectif

Proposer des recommandations pour la prise en charge des calculs urinaires chez le donneur ou le receveur d’un transplant rénal.

Méthode

Une revue d’approche systématique de la littérature (Medline) a été conduite par le CTAFU concernant l’épidémiologie, le diagnostic et le traitement des calculs urinaires chez le donneur ou le receveur d’un transplant rénal.

Résultats

La prévalence des calculs urinaires est inconnue chez les donneurs décédés mais peut atteindre 9,3 % chez les donneurs vivants dans les pays industrialisés. Chez tous types de donneurs de reins, hormis ceux de la catégorie 2 de Maastricht, le diagnostic repose sur la tomodensitométrie faisant partie du bilan avant tout prélèvement d’organes en France. Aucune étude n’a comparé les stratégies de traitements envisageables en cas de calcul détecté chez le donneur : l’uretéroscopie ou la lithotripsie extracorporelle chez le donneur vivant avant prélèvement, un traitement ex vivo (pyélotomie ou uretéroscopie), une uretéroscopie chez le receveur après transplantation, une surveillance en cas de petit calcul. Les calculs de novo chez le receveur impliquent un processus de lithogenèse à identifier et traiter pour éviter les récidives. Le contexte de rein unique fonctionnel fait toute la gravité de la pathologie lithiasique. Le diagnostic est en général fait au décours d’un bilan pour altération de la fonction rénale, d’une hématurie ou d’un sepsis. L’échographie détecte la dilatation des cavités pyélocalicielles, le scanner précise la topographie et la taille du calcul. Il n’existe aucune étude prospective comparative évaluant les techniques de traitement d’un calcul chez un transplanté rénal qui sont identiques à celles de la population générale.

Conclusion

Ces recommandations françaises doivent contribuer à améliorer la prise en charge des calculs urinaires chez le patient donneur ou receveur d’un transplant rénal.

Objective

To define guidelines for the management of kidney stones in kidney transplant (KTx) donor or recipients.

Method

Following a systematic approach, a review of the literature (Medline) was conducted by the CTAFU to report kidney stone epidemiology, diagnosis and management in KTx donors and recipients with the corresponding level of evidence.

Results

Prevalence of kidney stones in deceased donor is unknown but reaches 9.3% in living donors in industrialized countries. Except in Maastrich 2 donors, diagnosis is done on systematic pre-donation CT scan according to standard french procedure. No prospective study has compared therapeutic strategies available for the management of kidney stones in KTx donor: ureteroscopy or an extra corporeal lithotripsy in case of living donor prior to donation, ex vivo approach (pyelotomy or ureteroscopy), ureterocopy in the KTx recipient or surveillance. De novo kidney stones result from a lithogenesis process to be identified and treated in order to avoid recurrences. The context of solitary functional kidney renders the prevention of recurrence of great importance. Diagnosis is suspected when identification of a renal graft dysfunction, hematuria or urinary tract infection with renal pelvis dilatation. Stone size and location are determined by computed tomography. There are no prospective, controlled studies on kidney stone management in the KTx. The therapeutic strategies are similar to standard management in general population.

Conclusion

These French recommendations should contribute to improve kidney stones management in KTx donor and recipients.

Recommandations françaises du Comité de transplantation de l’Association française d’urologie (CTAFU) : néphrectomie pour don de rein
Living donor nephrectomy: The French guidelines from CTAFU
2021
- Recommandations
- Réf : Prog Urol, 2021, 1, 31, 50-56

Objectif

Proposer des recommandations chirurgicales pour la néphrectomie dans le cadre d’un don de rein pour transplantation.

Méthode

Une revue de la littérature (Medline) avec approche systématique a été conduite par le CTAFU concernant les éléments d’évaluation fonctionnelle et anatomique du candidat au don, les options dans le choix du rein à prélever et des différentes techniques chirurgicales, en évaluant les références et leur niveau de preuve.

Résultats

Les recommandations précisent le cadre légal et réglementaire du don de rein. Une évaluation de qualité du candidat au don est un des prérequis indispensable à la sécurité du donneur qui est une priorité absolue. L’impact de la néphrectomie sur la fonction rénale doit être évalué. En cas de vascularisation modale des deux reins sans différence relative de fonction ni anomalie urologique, le rein gauche doit être prélevé afin d’avoir une veine plus longue. Les techniques chirurgicales de néphrectomie mini-invasives ont pour avantages une récupération plus rapide, une hospitalisation plus courte et une diminution des douleurs pour le donneur. Ces techniques mini-invasives doivent être proposées à la place d’une voie incisionnelle ouverte.

Conclusion

Ces recommandations françaises doivent contribuer à améliorer la prise en charge chirurgicale des patients candidats à un don de rein.

Objective

To propose surgical recommendations for living donor nephrectomy.

Method

Following a systematic approach, a review of the literature (Medline) was conducted by the CTAFU regarding functional and anatomical assessment of kidney donors, including which side the kidney should be harvested from. Distinct surgical techniques and approaches were evaluated. References were considered with a predefined process to propose recommendations with the corresponding levels of evidence.

Results

The recommendations clarify the legal and regulatory framework for kidney donation in France. A rigorous assessment of the donor is one of the essential prerequisites for donor safety. The impact of nephrectomy on kidney function needs to be anticipated. In case of modal vascularization of both kidneys without a relative difference in function or urologic abnormality, removal of the left kidney is the preferred choice to favor a longer vein. Mini-invasive approaches for nephrectomy provide faster donor recovery, less donor pain and shorter hospital stay than open surgery.

Conclusion

These French recommendations must contribute to improving surgical management of candidates for kidney donation.

Recommandations françaises du Comité de transplantation de l’association française d’urologie (CTAFU) : symptômes du bas appareil urinaire et incontinence urinaire chez le patient transplanté ou en attente de transplantation rénale
Lower urinary tract symptoms and urinary incontinence in renal transplant recipients and candidates: The French guidelines from CTAFU
2021
- Recommandations
- Réf : Prog Urol, 2021, 1, 31, 45-49

Objectif

Proposer des recommandations pour la prise en charge des symptômes du bas appareil urinaire (SBAU) et de l’incontinence urinaire du patient transplanté rénal et du candidat à la transplantation rénale.

Méthode

Une revue de la littérature (Medline) avec approche systématique a été conduite par le CTAFU concernant les modalités thérapeutiques des SBAU et des troubles de la continence du patient transplanté rénal et du candidat à la transplantation rénale, en évaluant les références et leur niveau de preuve.

Résultats

La capacité vésicale fonctionnelle et la compliance vésicale sont altérées lors de la dialyse. Les SBAU, liés aux altérations pré-transplantation rénale, s’améliorent le plus fréquemment spontanément après transplantation rénale. Les SBAU liés à une hyperplasie bénigne de prostate (HBP) peuvent être masqués en pré-transplantation en raison de l’oligurie, des troubles de la compliance et de la capacité vésicale. En cas de SBAU liés à une HBP, seuls les anticholinergiques nécessitent une adaptation de la posologie en fonction de la clairance de la créatinine. Si indiquée, la chirurgie de l’HBP peut être réalisée précocement après transplantation rénale. Concernant la prise en charge chirurgicale de l’incontinence urinaire, il ne semble pas exister d’augmentation des complications infectieuses chez le patient transplanté rénal. Une attention particulière doit être portée à la prise en charge du résidu post mictionnel et des pressions vésicales en cas de vessie neurologique. La prise en charge adaptée d’un patient présentant une vessie neurologique permet une transplantation rénale sans augmentation du risque de perte du transplant rénal, au prix d’une augmentation de l’incidence des infections urinaires fébriles.

Conclusion

Ces recommandations françaises doivent contribuer à améliorer la prise en charge des symptômes du bas appareil urinaire et de l’incontinence urinaire du patient transplanté rénal et du candidat à la transplantation rénale.

Objective

To propose surgical recommendations for the management of lower urinary tract symptoms (LUTS) and urinary incontinence in kidney transplant recipients and candidates.

Method

Following a systematic approach, a review of the literature (Medline) was conducted by the CTAFU focusing on medical and surgical treatment of LUTS and urinary incontinence in kidney transplant recipients and candidates. References were assessed according to a predefined process to propose recommendations with levels of evidence.

Results

Functional bladder capacity and bladder compliance are impaired during dialysis. LUTS, related to pre-kidney transplantion alterations, frequently improve spontaneously after kidney transplantation. LUTS secondary to benign prostatic hyperplasia (BPH) may be underestimated before kidney transplantation due to oliguria, low bladder compliance and low bladder capacity. In LUTS associated with BPH, anticholinergics require dosage adjustment with creatinine clearance. If surgery is indicated after kidney transplantation, procedure can be safely performed in the early post-transplant course after removal of ureteral stent. Surgical management of urinary incontinence does not seem to be associated with an icreased risk for infectious complications in kidney transplant recipients. Particular attention should be paid to the management of postvoid residual and bladder pressures in case of neurological bladder disease. Optimal care of neurological bladder should be provided prior to transplantation: with a cautious management, and despite an increased occurrence of febrile urinary tract infections, transplant survival is not compromised.

Conclusion

These recommendations must contribute to improve the management of lower urinary tract symptoms and urinary incontinence in kidney transplant patients and kidney transplant candidates.

Analyse d’un modèle de circuit court post-urgence avec une régulation précoce urologique
Assessment of a post-emergency pathway with early urological regulation
2020
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2020, 16, 30, 1051-1059


Introduction

Les urgences urologiques représentent 7 % des motifs d’admission aux urgences (SU). Nous avons souhaité analyser l’effet de la mise en place d’un circuit court vers une consultation post-urgence (CPU) après régulation médicale urologique différée.


Méthodes

Tous les patients admis au sein du SU dans un centre universitaire, sur la période de décembre 2017 à juillet 2018 et pour lesquels était programmée une CPU étaient inclus. La régulation concernait la date de CPU et des compléments d’examens. Le critère de jugement principal était le niveau de performance du circuit. Ce dernier était évalué par la capacité à apporter une réponse efficace selon une grille prédéfinie de solutions spécifiques aux motifs de consultation.


Résultats

Cent vingt-huit patients ont été inclus. L’âge médian était de 57 ans (18–97). L’efficacité était de 76 %. Ce taux était plus faible chez les patients consultant pour des motifs rares, complexes ou ne se présentant pas à la CPU « no-show » . Ces derniers (47 %, n =60) n’étaient pas joignables au premier appel dans 51,6 % des cas, avec une distribution d’âges et de motifs similaire aux autres. Sur l’ensemble des consultants (n =1863) seulement 6,9 % (n =128) avaient été adressés en CPU par les urgentistes. La décision était une seconde consultation dans 70 % (48), un nouvel examen dans 10 % (7), une chirurgie en urgence différée dans 12 % (8) et enfin 18 % (12) d’abstention de suivi.


Conclusion

La CPU suivant une régulation précoce par un urologue permet d’apporter une réponse efficace dans 76 % des situations. L’analyse des « no-show  » permettrait d’identifier des groupes à risque.


Niveau de preuve

III.


Introduction

Urological emergencies represent 7 % of the outpatients at the emergency department (ED). We assessed the effect of setting up a post-emergency consultation (CPU) after deferred urological medical regulation.


Methods

All patients admitted to the ED in a university center over the period December 2017 to July 2018 and for whom a CPU was scheduled were included. The regulation concerned the date of CPU and supplementary exams. The main outcome was the ability to provide an efficient response according to a predefined grid of specific solutions.


Results

One hundred and twenty-eight patients were included. The median age was 57 years (18-97). Efficacy of the CPU was 76 %. This rate was lower in no-show patients or consulting for rare and complex motives (47 %, n =60). The no-show were not reachable on the first call in 51.6 % of cases, with a similar age and motives distribution to the others. Only 6,9 % (n =128) of all consultants (n =1863) had been referred to the CPU by emergency physicians. The decision was a second consultation in 70 % (48), a new exam in 10 % (7), deferred emergency surgery in 12 % (8) and finally 18 % (12) of no follow-up.


Conclusion

CPU following early regulation by a urologist provides an effective response in 76 % of situations. Assessment of “no-shows” helped to identify groups at risk.


Level of evidence

III.

Biothérapies pour les troubles de l’érection et la maladie de la Peyronie : ou en est-on ?
Biotherapies for erectile dysfunction and Peyronie's disease: Where are we now?
2020
- Revues de la littérature
- Réf : Prog Urol, 2020, 16, 30, 1000-1013


Contexte

Des essais cliniques de thérapie cellulaire ont récemment été conduits pour la dysfonction érectile (DE) et la maladie de la Peyronie après une phase de recherche fondamentale.


Objectifs

Mise au point sur les biothérapies de la DE et de la maladie de la Peyronie, et description du cadre réglementaire régissant ces nouvelles stratégies thérapeutiques.


Sources documentaires

Revue de la littérature sur PubMed et Clinical.trials.gov avec les principaux mots-clefs suivants : « erectile dysfunction », « Peyronie's disease », « stem cell », et « platelet-rich plasma ».


Résultats et limites

La recherche fondamentale a montré la possibilité d’améliorer la fonction érectile dans des modèles murins de DE post-prostatectomie radicale ou métabolique. Les sources biologiques testées sont la moelle osseuse, le tissus adipeux et le sang (PRP, plasma riche en plaquette). Le mode d’action de ces biothérapies est probablement temporaire et principalement de nature paracrine. Quatre essais cliniques ont été publiés dans le cadre de la DE post-prostatectomie radicale ou chez des patients diabétiques, et 1 autre pour la maladie de la Peyronie. Onze essais cliniques dont trois randomisés sont en cours pour les DE organiques. Les premiers résultats suggèrent la possibilité d’améliorer la fonction érectile spontanée et la réponse au traitement médical (chez des patients initialement non répondeurs) via une amélioration de la vascularisation pénienne. Une réduction de la courbure pénienne a été notée après injection cellulaire dans la plaque de la Peyronie. Aucun effet secondaire n’a été rapporté. La plupart des procédés testés sont considérées comme des « médicaments de thérapie innovante » avec des contraintes réglementaires lourdes, notamment s’il existe une modification « substantielle » des cellules. Pour les procédures de biothérapie extemporanée, sans modification substantielle et utilisant un tissu homologue, la qualification réglementaire reste floue et beaucoup plus permissive.


Conclusion

Les premiers résultats cliniques de biothérapie pour DE sont prometteurs. Le cadre réglementaire peut varier considérablement selon le mode de préparation des cellules à injecter et leur origine, générant ainsi des contraintes radicalement différentes pour un même effet recherché. Cet aspect réglementaire est un facteur décisif à prendre en compte pour le choix de la procédure.


Introduction

Clinical trials of cell therapy for erectile dysfunction (ED) and Peyronie's disease (PD) were recently conducted after preclinical studies.


Aims

The aims of this study are to give an update on biotherapy for ED and PD and to describe the regulatory framework for these therapies.


Materials and methods

A literature review was performed through PubMed and Clinical.trials.gov addressing cell therapy for ED and PD and using following keywords “erectile dysfunction”, “Peyronie's disease”, “stem cell”, and “platelet-rich plasma”.


Results

Preclinical studies in rodent models have shown the potential benefit of cell therapy for ED after radical prostatectomy or caused by metabolic diseases, and PD. The tissues used to obtain the therapeutic product were bone marrow, adipose tissue and blood (PRP, platelet-rich plasma). Mechanism of action was shown to be temporary and mainly paracrine. Four clinical trials were published concerning ED after radical prostatectomy and in diabetic patients and one for PD. Eleven clinical trials including three randomized trials are currently going on. Preclinical and preliminary clinical results suggested the possibility to improve spontaneous erectile function and response to pharmaceutical treatment in initially non-responder patients. This effect is mediated by an improvement of penile vascularization. A reduction of penile curvature without side effect was noted after injections into the plaque of PD patients. Most of these therapeutic strategies using autologous cells were considered as “Advanced Therapy Medicinal Products” with strict regulatory frameworks imposing heavy constraints, in particular in case of “substantial” modification of the cells. The regulatory framework remains unclear and more permissive for PRP and cell therapy processes with extemporaneous preparation/injection and no “substantial” modifications.


Conclusions

First results on cell therapy for ED and PD are promising. The regulatory framework can significantly change according to cell preparations and origins leading to various constraints. This regulatory framework is crucial to consider for the choice of the procedure.