Base bibliographique

Évolution sociétale de la sexualité
Societal evolution of sexuality
2013
- Rapports du congrès
- Réf : Prog Urol, 2013, 23, 9, 832-837

Objectif : Appréhender l’évolution sociétale de la sexualité avec une réflexion sur les conséquences possibles sur la prise en charge des troubles sexuels pour le thérapeute.
Matériel et méthodes : Synthèse des points clés à partir d’articles ou de livres sélectionnés selon leur pertinence scientifique et d’enquêtes épidémiologiques, publiés sur le sujet.
Résultats : Le couple, loin du cadre classique du mariage, évolue de façon de plus en plus éphémère, parallèlement à une autonomisation sociale de la femme. Le développement des réseaux sociaux induit une externalisation de l’intime. Les adolescents sont confrontés précocement aux modèles pornographiques facilement accessibles via le net. Le développement des rencontres sur le net, cette sexualité virtuelle, peut aboutir à des comportements excessifs, au maximum à une cyber-addiction, avec un retentissement parfois majeur sur le couple réel déjà établi. Les diktats de mode, de performance et de jeunesse sont omniprésents, largement véhiculés par les médias.
Conclusion : Le thérapeute doit connaître l’évolution sociétale de la sexualité, principalement orchestrée par le net et les médias, afin de pouvoir adapter selon les cas sa prise en charge des troubles sexuels à celle-ci. Il aidera à ce que chacun garde son individualité dans notre société normative, sans angoisse.

Objective: To understand the societal evolution of sexuality with a reflection on its possible consequences on the therapeutic management of sexual disorders.
Material and methods: Synthesis of key points from articles or books selected according to their scientific relevance, and epidemiologic studies published on this subject.
Results: Far from the classic framework of marriage and parallely to the social empowerment of women, relationships evolve in an increasingly short-lived way. The development of social networks leads to an externalization of owns intimacy. Adolescents are prematurely exposed to the easily accessible pornographic models through Internet. The development of internet encounters, this virtual sexuality, can lead to excessive behavior, at most a cyber addiction, with sometimes a major impact on the real relationship. The diktats of fashion, performance and youth are ever-present and broadly conveyed by the medias.
Conclusions: The therapist must be aware of the societal evolution of sexuality, mainly orchestrated by the net and medias, to be able to adapt his management of the sexual disorders. He will ensure to protect each one's individuality, without anxiety, in our normative society.

Mots clés:
sexualité / Réseaux sociaux / Cybersexe / Addiction sexuelle
Mots-clés:
Sexuality / Social networks / Cybersex / Sexual addiction
La iatrogénie médicamenteuse en médecine sexuelle
Sexual side effects of pharmacological treatments
2013
- Rapports du congrès
- Réf : Prog Urol, 2013, 23, 9, 804-810

Introduction : La iatrogénie médicamenteuse en médecine demeure mal connue.
Méthodes : Une revue de la littérature médicale a été effectuée en considérant les articles répertoriés sur ce sujet. Leur sélection s’est basée sur l’avis d’experts des auteurs.
Résultats : L’affirmation d’une iatrogénie médicamenteuse repose sur l’imputabilité intrinsèque fondée sur l’histoire clinique et sur l’imputabilité extrinsèque basée sur les connaissances bibliographiques. Au premier rang des médicaments responsables d’effets secondaires sexuels dans les deux sexes figurent les antidépresseurs inhibiteurs sélectifs de recapture de la sérotonine. Ils peuvent causer une dysfonction érectile (DE) et des troubles de l’éjaculation, et dans les deux sexes des troubles de l’orgasme et du désir. Parmi les médicaments dont le mécanisme d’action est central, les neuroleptiques d’abord, parmi les antalgiques le tramadol et les agonistes morphiniques forts sont également potentiellement délétères à des degrés divers sur les fonctions sexuelles. Parmi les antihypertenseurs, seuls les diurétiques thiazidiques accroissent le risque de DE. Parmi les α-bloquants, la tamsulosine et la silodosine sont assez fréquemment responsables d’anéjaculation, dans une moindre mesure les inhibiteurs de 5α-réductase sont associés à des troubles sexuels divers chez les hommes traités pour troubles mictionnels liés à une hypertrophie bénigne de prostate symptomatique. Les agonistes de la LH-RH et les antiandrogènes abolissent le désir sexuel chez l’homme, le tamoxifène le diminue souvent chez la femme et cause également des dyspareunies et des sécheresses vaginales. Les médicaments incriminés dans la survenue des priapismes iatrogènes sont décrits. Il existe souvent une intrication entre la pathologie traitée et la responsabilité médicamenteuse dans la survenue d’une dysfonction sexuelle, c’est le cas pour les dépressions, les psychoses, l’hypertension artérielle, les douleurs chroniques et les troubles mictionnels, les dysfonctions sexuelles faisant volontiers partie du tableau clinique.
Conclusion : Les effets secondaires sexuels des médicaments sont fréquents et doivent être systématiquement chez un homme ou une femme se plaignant de dysfonction sexuelle.

Introduction: Sexual side effects of pharmacologiocal agents are not well known.
Methods: Medical literature was reviewed and combined with expert opinion of the authors.
Results: Confirmation of a drug iatrogenesis is made by intrinsic imputability based on the clinical history and extrinsic imputability based on published references. First ranking in the list of drugs responsible for adverse sexual effects in both sexes are the selective reuptake inhibitors (SSRI). They can cause erectile dysfunction and ejaculatory disorders, and in both sexes orgasmic and arousal disorders. Among the drugs whose mechanism is primordial are the neuroleptics firstly, among antalgics tramadol and strong opioid agonists are also potentially deleterious to different degrees on sexual function. Among antihypertensive drugs only thiazide diuretics increase the risk of erectile dysfunction. Among alpha blockers tamusolin and silodosin are frequently responsible for anejaculation. On a less serious level, 5α-reductase inhibitors are associated with sexual disorders in men treated for lower urinary tract symptoms (LUTS) linked to symptomatic benign prostatic hypertrophy. LH-RH antagonists and anti-androgens suppress desire in men, tamoxifen reduces this in women and can also cause dyspareunia and vaginal dryness. The drugs responsible for iatrogenic priapism are also described. A correlation between the pathology treated and the responsibility of the drug for sexual dysfunction can coexist. This is the case for depression, psychosis, hypertension, chronic pain and LUTS; sexual dysfunction is part of the clinical picture.
Conclusion: Sexual side effects of pharmacological treatments are not unusual and must be systematically surveyed in men and women complaining about sexual dysfunction.

Mots clés:
Antidépresseurs / Hormonothérapie / Neuroleptiques / Dysfonction sexuelle masculine / Dysfonction sexuelle féminine
Mots-clés:
Antidepressants / Hormonal treatment / Neuroleptics / Male sexual dysfunction / female sexual dysfunction
La maladie de Lapeyronie
Lapeyronie's disease
2013
- Rapports du congrès
- Réf : Prog Urol, 2013, 23, 9, 674-684

Introduction : La maladie de Lapeyronie est fréquente et touche 3,4 à 9 % de la population masculine adulte. Une connaissance des mécanismes physiopathologiques, de l’évolution clinique et des résultats attendus des traitements permet d’orienter la prise en charge des patients.
Matériels et méthodes : Une revue de la littérature a été effectuée sur Pubmed entre 1940 et 2012, en utilisant les mots clefs : Peyronie's disease (PD), Lapeyronie's disease, physiopathologie of PD, surgical treatment for PD, medical treatment for PD.
Résultats : Soixante-quatorze articles ont été sélectionnés, incluant articles originaux, de revue et recommandations en anglais ou français. Peu d’étude de niveau 1 sont disponibles et des études de niveau 2b et 3 sont principalement disponibles.
Conclusion : La physiopathologie de la maladie de Lapeyronie est controversée. Les traitements médicaux restent peu efficaces. La chirurgie doit être proposée lorsque la courbure est stabilisée, et le traitement de la concavité ou de la convexité dépend de la longueur de la verge en érection, de sa courbure et de la qualité des érections. La pose d’un implant pénien peut être proposée aux patients atteints de dysfonction érectile sévère associée à une déformation importante.

Introduction: Lapeyronie's disease is a common condition affecting 3.4 to 9% of the male population. Knowledge of pathophysiology, natural history, and treatment outcomes can guide the care of patients.
Materials and methods: A literature review was carried out between 1940 and 2012 in Pubmed using the keywords: Lapeyronie's disease, Peyronie's disease (PD), pathophysiology of PD, surgical treatment for PD, medical treatment for PD.
Results: Seventy-five articles were selected, including original articles, reviews, and recommendations in English or French. Few studies available are of level 1 and most of them are of 2b and 3 level of evidence.
Conclusion: The pathophysiology of Lapeyronie's disease is controversial. Medical treatments are ineffective. Surgery should be proposed when the curvature is stabilized, and the treatment of the concavity or convexity depends on the size of the erect penis, its curvature angle and erectile function. Penile implant must be proposed to patients when erectile dysfunction is combined with severe curvature.

Mots clés:
Maladie de Lapeyronie / dysfonction érectile / courbure du pénis / TGF-β / Chirurgie du pénis
Mots-clés:
Lapeyronie's disease / Erectile dysfunction / Penile curvature / TGF-β / Medical penile surgery
La sexualité du couple âgé : état des lieux, prise en charge
Sexuality of the elderly: A survey and management
2013
- Rapports du congrès
- Réf : Prog Urol, 2013, 23, 9, 752-760

Objectif : Évaluer la sexualité des couples âgés et en connaître les modalités thérapeutiques spécifiques.
Matériel et méthodes : Revue des articles publiés dans la base de données Medline, sélectionnés selon leur pertinence scientifique, avec une réflexion à partir de notre propre expérience clinique.
Résultats : Du fait de l’allongement de l’espérance de vie et de l’évolution sociétale vers la construction de plusieurs couples dans la vie d’un même individu, même tardivement, la demande de maintien d’une activité sexuelle au-delà de 65 ans est fréquente. Avec le vieillissement, il existe une diminution de la fréquence des relations sexuelles génitales. L’activation sexuelle doit être plus importante autant du côté masculin que féminin. La qualité de la relation de couple est un élément clef du maintien d’une sexualité dans cette tranche d’âge. La satisfaction sexuelle passe par l’intégration et l’acceptation par les deux partenaires des modifications physiques et psychiques liées à l’âge.
Conclusions : La sexualité des couples âgés doit être analysée avec des critères spécifiques. Le travail du praticien est d’expliquer aux patients l’évolution physiologique liée à l’âge et de leur donner les conseils permettant l’adaptation de leur comportement sexuel à celle-ci. Parallèlement à cette prise en charge, l’utilisation de traitements pharmacologiques, notamment de la dysfonction érectile, peut être une aide supplémentaire à la restauration d’une sexualité satisfaisante. Chez la femme, le traitement local des troubles de la lubrification vaginale apparaît essentiel. Cet accompagnement global permettra à de nombreux couples vieillissants, toujours en demande de sexualité, de vivre cette période de leur vie en harmonie avec leurs désirs.

Objective: To evaluate sexuality in elderly couples and have the knowledge of its specific therapeutic options.
Material and methods: Review of articles published on this subject in the Medline database, selected according to their scientific relevance together with a reflexion from our own experience.
Results: Due to increased life expectancy and the changes in society leading to a life with more than one consecutive partner, couples expect to continue sexual activity after the age of 65. Clinicians are asked to address this issue frequently. With age the frequency of genital sexual relations decreases. Sexual activity should be higher both for males and females. The quality of the relationship of the couple is a key element in maintaining sexual relations in this age group. Sexual satisfaction depends on the understanding, by both partners, of the physical and psychological changes due to increased age.
Conclusion: The sexuality of the elderly couple must be analysed using specific criteria. The clinician's task is to explain to the patients the physiological change due to aging and give them advice on how to adapt their sexual behavior accordingly. Management will, at the same time, include pharmacological treatment, notably for erectile dysfunction, in order to restore satisfactory sexual relations. For women, vaginal lubrication products are essential. This global management should allow many elderly couples wishing to continue sexual relations, to enjoy this period of their lives in harmony with what they desire.

Mots clés:
Satisfaction conjugale / Activation sexuelle / Éducation sexuelle / Actualisation sexuelle
Mots-clés:
Conjugal satisfaction / Sexual activation / Sexual education / Sexual updating
Le couple : une entité incontournable ?
The couple: An essential entity?
2013
- Rapports du congrès
- Réf : Prog Urol, 2013, 23, 9, 734-744

Objectif : Évaluer l’intérêt de la prise en compte de la relation de couple dans la prise en charge des dysfonctions sexuelles féminines et masculines en pratique urologique.
Matériel et méthodes : Revues des recommandations publiées sur le sujet dans la base de données Medline avec une réflexion à partir de notre expérience clinique.
Résultats : L’urologue doit s’intéresser à la relation de couple du (de la) patient(e) qui consulte pour un symptôme sexuel, quel qu’il soit, car le risque d’inadéquation et d’échec de la proposition thérapeutique est important en cas d’absence de cette prise en compte. Si la dysfonction relationnelle est au premier plan, avec un conflit profond entre les partenaires ou un manque de communication marqué, ces couples négatifs nécessitent une prise en charge en sexothérapie, dans le cadre d’un travail multidisciplinaire. Même dans les couples positifs, sans mésentente importante, il est recommandé d’intégrer la partenaire au diagnostic et au traitement, car l’attitude de celle-ci est un facteur qui peut influer sur la motivation sexuelle du couple, sur les modalités et les résultats de la prise en charge. Par ailleurs, la méconnaissance d’une dysfonction sexuelle chez la femme, qu’elle soit préexistante au problème sexuel de son partenaire ou bien sa conséquence, est un frein potentiel à l’efficacité des traitements pharmacologiques.
Conclusion : Le couple est une entité clinique à part entière, avec sa propre dynamique : celle-ci joue un rôle important dans l’efficacité et l’observance des traitements. Adapter la stratégie thérapeutique à la demande réelle des patients et de leur couple est essentiel. Associé selon les cas aux traitements pharmacologiques proposés dans les différents troubles sexuels, un travail de type sexologique sur tous les paramètres de dysfonctionnement du couple permettra la résolution du symptôme sexuel dans un nouvel équilibre affectif et sexuel.

Objective: To evaluate the urological management of the relationship of the couple with both male and female sexual dysfunction.
Materials and methods: Review of the guidelines published on this subject in the Medline database together with our own clinical experience in this field.
Results: To optimize therapy the urologist should consider the couple when a patient presents with a sexual symptom otherwise the risk of inappropriate, unsuccessful treatment is high. If a dysfunctional relationship is clearly present, with major conflict between the partners or a marked lack of communication, these negative couples must be seen for sex therapy within a multidisciplinary approach. Even with a positive couple, without major conflict, it is advisory to include the partner in the diagnosis and the treatment, for her attitude as a factor which can influence the sexual motivation of the couple, the means and results of the management. In addition, poor knowledge of a sexual problem concerning the woman, whether this predates the partner's dysfunction or not, can impede the efficacy of pharmaceutical treatment.
Conclusion: Thus, the couple should be seen as a clinical entity with its own fulfillment, which plays an important role in treatment effectiveness, in compliance. Adapting the management to the real expectations of the patient and the couple is essential. With the possible help of the pharmacological treatments of sexual symptoms, a work on all aspects of the couple's dysfunction should bring a new harmony in sexual and affectionate aspects of the relationship.

Mots clés:
Couple / Sexothérapie de couple / Conjugopathie
Mots-clés:
Couple / Couple therapy / Conjugopathy
Le transsexualisme
Transsexualism
2013
- Rapports du congrès
- Réf : Prog Urol, 2013, 23, 9, 718-726

Objectif : La prise en charge du transsexualisme nécessite une phase d’évaluation diagnostique pluridisciplinaire permettant essentiellement d’éliminer les principales contre-indications. Après un accord multidisciplinaire, un traitement hormono-chirurgical (THC) peut alors être réalisé.
Méthode : une revue exhaustive de la littérature et des recommandations a été réalisée grâce à une recherche bibliographique jusqu’en 2012 (PubMed).
Résultats : La phase hormonale du traitement comprend la suppression des hormones du sexe d’origine et la substitution par des hormones du sexe désiré. On notera comme principale morbidité l’augmentation des accidents thromboemboliques chez les patientes sous-estrogènes. La chirurgie comprend de nombreuses techniques, pour la réassignation de femme vers homme : une mastectomie idéalement périaérolaire une hystérectomie, une ovariectomie bilatérale avec vaginectomie et pour la reconstruction génitale masculine : méta-idioplastie, phalloplasties par lambeaux pédiculés ou phalloplastie par lambeaux libres permettant de répondre aux demandes diverses faites par les patients. Pour la réassignation d’homme vers femme la mammoplastie par mise en place de prothèses mammaires et la vaginoplastie par lambeau de peau pénienne et scrotale sont aujourd’hui les techniques de référence. Dans certains cas une féminisation du visage sera réalisée. La satisfaction générale est très élevée dans les deux sens de réassignation même si cela n’empêche pas la survenue de problèmes chirurgicaux ou psychologiques.
Conclusion : Les résultats obtenus en termes de bien-être et de satisfaction justifie la lourdeur du traitement proposé.

Transsexual conditions need to be assessed for a psychological, hormonal and surgical evaluation. A multidisciplinary consent is required to perform hormonal and surgical treatment.
Method: A critical overview has been performed (PubMed) and the main guidelines have been summarised.
Results: Hormonal treatments include suppression of the naturally secreted hormone and the administration of hormone of the desired sex. The main comorbidity is thrombo-embolic complications for patients under oestogene therapy. The main surgical treatment for female to male (FtM) surgery are: periareolar mastectomy if possible, hysterectomy, ovariectomy and vaginectomy and phallic reconstruction including metaidioplasty and forearm or suprapubic phalloplasty dependant of patient's wishes. The main treatments for male to female (MtF) surgery are: prosthesis mammoplasty and vaginoplasty and for some facial feminisation. The results in term of global satisfaction are high despite a relatively high rate of complications as well.
Conclusion: Results in terms of well-being and psychological improvement justify this treatment despite its relatively high morbidity.

Mots clés:
Transsexualisme / Réassignation hormono-chirurgicale / Phalloplastie / Vaginoplastie / Méta-idioplastie
Mots-clés:
Transsexualism / Surgical and hormonal reassignment / Phalloplasty / Vaginoplasty / Metaidioplasty
Les malformations congénitales du pénis
Penile congenital abnormalities
2013
- Rapports du congrès
- Réf : Prog Urol, 2013, 23, 9, 664-673

Introduction : Les malformations du pénis sont le plus souvent diagnostiquées à la naissance et posent des problèmes esthétiques et parfois fonctionnels nécessitant une prise en charge chirurgicale.
Méthode : Une revue de la littérature sur Medline a été réalisée en considérant les articles répertoriés jusqu’à janvier 2012.
Résultats : L’hypospadias est la malformation la plus fréquente (1 pour 250 garçons avec 7 % de formes familiales). Les causes restent hypothétiques mais le doublement de l’incidence en 30 ans pourrait être lié à l’exposition du fœtus à des perturbateurs endocriniens « estrogen-like » utilisés dans l’industrie agroalimentaire notamment. Le traitement chirurgical est le plus souvent destiné à améliorer l’aspect esthétique mais parfois, en cas de courbure importante ou de méat postérieur, nécessaire pour une vie sexuelle et des capacités de reproduction normales. Les autres malformations (épispades, pénis enfouis, transpositions, torsions et anomalies préputiales) ainsi que la prise en charge des séquelles fonctionnelles ou esthétiques de ces malformations à l’âge adulte posent des problèmes chirurgicaux complexes nécessitant une prise en charge en milieu spécialisé.
Conclusion : L’évolution des techniques chirurgicales et d’anesthésie pédiatrique permet aujourd’hui une approche chirurgicale spécialisée, précoce et efficace des malformations du pénis. La prise en charge des séquelles à l’âge adulte doit être mûrement réfléchie et nécessite une connaissance des techniques de chirurgie pédiatrique et une expérience de la chirurgie du pénis adulte.

Introduction: Congenital abnormalities of the penis are usually diagnosed at birth and pose aesthetic and functional problems sometimes requiring surgical management.
Methods: A literature review was conducted on Medline considering the articles listed until January 2012.
Results: Hypospadias is the most common malformation (1 in 250 boys. Familial forms: 7%). The causes remain hypothetical but the doubling of the incidence in 30 years could be linked to fetal exposure to endocrine disruptors “estrogen-like” used in the food industry in particular. Surgical treatment is usually intended to improve the aesthetic appearance but sometimes, in case of significant curvature or posterior meatus, necessary for normal sexual life and fertility. Other malformations (epispades, buried penis, transpositions, twists and preputial abnormalities) as well as management for functional or aesthetic consequences of these malformations in adulthood require complex surgical care in a specialized environment.
Conclusion: The improvement of surgical techniques and pediatric anesthesia allows an early and effective specialized surgical approach of penile malformations. Management of sequelae in adulthood must be discussed and requires experience of surgical techniques on pediatric and adult penis.

Mots clés:
Pénis / malformation / hypospade / épispade / Verges enfouies
Mots-clés:
penis / Congenital abnormalities / hypospadias / epispadias / Buried penis
Les questionnaires recommandés en médecine sexuelle
Questionnaires in sexual medicine
2013
- Rapports du congrès
- Réf : Prog Urol, 2013, 23, 9, 811-821

Introduction : Le dépistage, le diagnostic et l’évaluation de la prise en charge des dysfonctions sexuelles masculines et féminines a grandement bénéficié du développement scientifique de questionnaires auto-administrés. Leur utilisation systématique lors d’essais cliniques ou d’études épidémiologiques n’est pas encore passée dans la pratique urologique quotidienne. Même si ces outils ne remplacent ni l’interrogatoire sur les antécédents médicochirurgicaux et le contexte psychosocial dans lequel les patient(e)s vivent leur sexualité, ni l’examen clinique, ils s’avèrent d’une grande fiabilité et constituent une aide réelle à la prise en charge.
Méthodes : Une revue de la littérature médicale a été effectuée en considérant les articles répertoriés sur ce sujet. Leur sélection s’est basée sur l’avis d’expert de l’auteur.
Résultats : Plusieurs questionnaires dans leur traduction française validée sont présentés ainsi que la méthodologie pour le calcul des scores. L’International Index of Erectile Function (15 questions) ainsi que deux versions abrégées, le domaine de la fonction érectile (six questions) et le Sexual Health Inventory for Men (cinq questions) sont essentiellement utiles pour les patients souffrant de dysfonction érectile. Une classification de la sévérité de la dysfonction érectile est proposée à l’aide de ces instruments. Le Premature Ejaculation Profile (quatre questions) permet de caractériser l’éjaculation prématurée dans les dimensions suivantes : délai pour éjaculer, contrôle de l’éjaculation, niveau de gêne. Le Men Health Sexual Questionnaire (25 questions) permet une approche plus complète de la sexualité masculine, il comprend les domaines suivants : érection, éjaculation, désir et satisfaction. Ce questionnaire est particulièrement intéressant pour l’exploration des troubles de l’éjaculation. Enfin, le Female Sexual Function Index (19 questions) est l’instrument favori pour l’étude de la sexualité féminine avec des questions permettant l’étude du désir, de l’excitation, de la lubrification, de l’orgasme, de la satisfaction et de la douleur.
Conclusion : Il existe donc des instruments performants validés en français permettant le diagnostic et le suivi thérapeutique des dysfonctions sexuelles masculines et féminines.

Introduction: Screening, diagnosis and assessment of the management of male and female sexual dysfunctions have been greatly improved by the scientific development of self-administered questionnaires. Their use became the rule in clinical trials and epidemiological surveys. Nevertheless, their routine use has not yet become part of daily urological practice. Even if these tools replace neither the patient interview and medical history and the psychological and social context of the sexual behavior, nor clinical examination, they are of great assistance for determining management and are also highly reliable.
Methods: Medical literature was reviewed and combined with expert opinion of the author.
Results: We present here several questionnaires which have been validated in their French version with the methodology for the calculation of the scores. The International Index of Erectile Function (15 items) and two abbreviated versions, the Erectile Function domain (six items) and the Sexual Health Inventory for Men (five questions) are mainly of use for patients with erectile dysfunction. They provide a robust classification of the severity of the condition. The Premature Ejaculation Profile (four questions) is used for patients with premature ejaculation. It describes premature ejaculation with the following criteria: time to ejaculation, control over ejaculation, the level of distress. The Male Health Sexual Questionnaire (25 questions) provides with a wider and more comprehensive approach to male sexuality of male sexuality including: erection, ejaculation, desire and satisfaction. This questionnaire is particularly useful to investigate ejaculatory disorders. Lastly, the Female Sexual Function Index (19 questions) is the tool of choice for female sexuality with questions regarding desire, arousal, lubrication, orgasm, satisfaction and pain.
Conclusion: Validated, user-friendly questionnaires are available in French language for the diagnosis and the follow-up of sexual dysfunctions in both men and women.

Mots clés:
dysfonction érectile / Éjaculation prématurée / Troubles de l’éjaculation / recherche clinique / Dysfonction sexuelle féminine
Mots-clés:
Erectile dysfunction / Premature ejaculation / Ejaculatory disorders / clinical research / female sexual dysfunction
L’éjaculation prématurée
Premature ejaculation
2013
- Rapports du congrès
- Réf : Prog Urol, 2013, 23, 9, 647-656

Introduction : Trouble sexuel masculin le plus fréquent, aux conséquences potentiellement délétères sur la qualité de vie du patient et la relation de couple, l’éjaculation prématurée (EP) est une affection sous-diagnostiquée et sous-médicalisée (patients gênés de confier ce problème et médecins évitant de s’en enquérir), malgré l’existence de thérapeutiques médicamenteuses efficaces en particulier inhibiteurs de recapture de la sérotonine (antidépresseurs hors AMM traitement continu ou très prochainement dapoxétine à la demande).
Méthodes : Une revue de la littérature médicale a été effectuée en considérant les articles répertoriés sur ce sujet. Leur sélection s’est basée sur l’avis d’experts des auteurs.
Résultats : La distinction entre EP primaire et EP acquise est rarement faite or la forme clinique détermine le choix de la stratégie thérapeutique et son efficacité. Le diagnostic repose sur le déclaratif du patient. D’abord expliquée exclusivement du point de vue psychanalytique, l’EP a été ensuite vue sous l’angle essentiellement comportemental (absence de maîtrise du réflexe éjaculatoire rattachée à une mauvaise gestion des sensations d’excitation). Pour l’EP acquise, avec Kaplan et la sexologie contemporaine, une conception psychosexologique a été proposée : souillure et frustration symbolique de la femme, par suite d’un conflit non résolu, « réveillé » par un contentieux avec la partenaire. Pour l’EP primaire, une conception physiopathologique intégrant la notion de vulnérabilité génétique avec possibilité de variation de la neurotransmission sérotoninergique centrale a été récemment proposée. Sont détaillées les différentes hypothèses étiologiques, les formes cliniques et les différentes approches thérapeutiques pour la prise en charge de l’EP en permettant un diagnostic étiopathogénique plus précis. Certains points clés sont soulignés : facteurs inhérents à la partenaire sont sous-évalués, « utilisation thérapeutique » de celle-ci sous-employée, approche intégrative ou combinée, potentiellement plus efficace, allant au-delà du simple allongement du délai éjaculatoire du patient pour optimiser son équilibre relationnel. Le maintien des résultats au long cours de la prise en charge demeure cependant problématique.
Conclusion : L’EP, dans la mesure où elle est responsable d’une souffrance, est un trouble sexuel pour lequel une prise en charge médicale et/ou psychosexologique est désormais bien codifiée.

Introduction: Premature ejaculation (PE) is the most common masculine sexual disorder with a potentially deleterious effect on the patient's morale and the relationship with the partner. It is underdiagnosed, or self-diagnosed, and as patients hesitate to confide in their doctor, and doctors do not enquire about it, it is rarely treated. Effective medication does exist, in particular serotonin reuptake inhibitors.
Methods: Medical literature was reviewed and combined with expert opinion of the authors.
Results: The distinction is rarely made between lifelong, primary and acquired PE but this distinction determines the choice and efficacy of the therapeutic strategy. Originally seen from a psychoanalytical viewpoint, it was later seen from a behavioral angle. For primary PE, according to Kaplan and contemporary sexology, a psycho-sexological concept has been evoked: sinful stain and symbolic frustration of the woman following an unresolved conflict, revived by a conflict with the partner. For primary PE, a pathophysiological origin with the notion of genetic susceptibility with possible variation of the central serotoninergic neurotransmission has been suggested. We give here the different etiological hypotheses, the clinical types and the different therapeutic strategies for management of PE (a more precise etio-pathological diagnosis). Some key points are highlighted: factors related to the partner are underestimated, her ‘use’ as therapy is underexploited, an integrated or combined approach which is potentially more efficacious can go beyond the prolongation of the ejaculation time lapse to optimize the patient's relationship and equilibrium. Maintaining the results over time is however problematic.
Conclusion: When rapid ejaculation causes a distress, it is a sexual dysfunction deserving medical and/or psycho-sexological management currently evidence-based.

Mots clés:
Éjaculation prématurée primaire / Éjaculation prématurée acquise / Psychophysiologie / Thérapie cognitive et comportementale / traitement médical
Mots-clés:
Lifelong premature ejaculation / Acquired premature ejaculation / Psychophysiology / Cognitive behavioral strategy / Pharmacotherapy
Pratiques sexuelles déviantes, paraphilies, perversions
Deviant sexual behaviors, paraphilias, perversions
2013
- Rapports du congrès
- Réf : Prog Urol, 2013, 23, 9, 793-803

Objectifs : Connaître le nouveau concept des paraphilies, leur présentation clinique et leur lien avec un trouble de la personnalité de type pervers, la législation française les concernant, ainsi que les différentes options thérapeutiques.
Matériel et méthodes : Revue des recommandations sur le sujet publiées dans la base de données Medline avec une réflexion à partir de notre expérience clinique, en particulier en expertise judiciaire.
Résultats : Les pratiques sexuelles déviantes sont appelées dans la nomenclature actuelle des paraphilies. Cette entité clinique correspond à toute pratique sexuelle étiquetée « hors normes » par rapport aux critères concernant les actes sexuels de la société où vit le sujet. Elle répond à des signes précis, en premier lieu la souffrance induite par ce trouble ou une altération du fonctionnement social, professionnel, familial. Les paraphilies de type pédophile ont des critères stricts d’âge, la victime devant avoir moins de 16 ans, avec une différence d’au-moins cinq ans avec l’auteur de l’acte. Les actes sexuels considérés comme illégaux sont des délits ou des crimes, selon leur gravité, sanctionnés par le Code pénal. En langage courant sont toujours utilisés les termes de pervers et perversion. Ce concept est différent de celui de paraphilie : un pervers pouvant, ou non, avoir un comportement sexuel paraphile. Pour faire le diagnostic d’un trouble de la personnalité de type pervers, il faut que tous les critères soient réunis : narcissisme, utilisation de l’autre comme objet pour son propre plaisir, avec au premier plan des mécanismes de déni et de clivage de la personnalité en double facette qui enlèvent tout sentiment de culpabilité au pervers.
Conclusion : Le traitement médicamenteux des paraphilies est insuffisant à lui-seul, car les mécanismes de déni sont tels que seules les pulsions sexuelles y sont accessibles, avec un risque important de récidive. Seule une prise en charge psychothérapique associée peut permettre de modifier les composantes pathologiques d’une personnalité perverse.

Objective: To know the new concept of paraphilias, their clinical presentation and their link with a personality disorder as perversion, the French legislation concerning them and the different therapeutic options.
Material and methods: Review of guidelines published on this subject in the Medline database and a reflexion from our own clinical experience, especially in the judicial expertise.
Results: Deviant sexual behavior is, in current classifications, known as paraphilia. This clinical entity corresponds to any sexual behavior considered “abnormal” compared with sexual acts in the society where the person lives. It means precisely, firstly, suffering caused by this disorder or deterioration of social, professional, or family life. Paraphilia such as pedophilia have strict age limits. The victim must be aged below 16 years, with an age difference of at least 5 years with the author of the act. Sexual acts which are illegal are crimes or offences according to the degree, and are sanctioned by the law. In ordinary terms, they are known as perverts, committing perversions. This concept is different from that of paraphilia, a pervert can have, or not have, paraphiliac behavior. In order to diagnose a personality disorder such as perversion, all the criteria must be included: narcissism, use of a person as an object for pleasure, with, primarily, mechanisms of denial and a split personality which removes any feeling of guilt from the perpetrator.
Conclusion: Medical treatment of paraphilia alone is not satisfactory for the denial mechanism is such that only the sex drive is affected with a high risk of recurrence. Only psychotherapy can modify the pathological element of a perverted personality.

Mots clés:
Perversion / Perversité / Personnalité perverse / Paraphilie / Déni
Mots-clés:
Perversion / Perversity / Perverted personality / Paraphilia / Denial
Préliminaires
Foreplay
2013
- Rapports du congrès
- Réf : Prog Urol, 2013, 23, 9, 541-546
Le passage au troisième millénaire a vu l’individualisation de la médecine sexuelle tant en France que dans le monde. Le choix de ce titre par les responsables de l’AFU pour le rapport 2012 du congrès témoigne de l’implication des urologues dans ce domaine, et le choix des rapporteurs est le garant d’une approche pluridimensionnelle mais avant tout scientifique de la souffrance sexuelle des hommes, des femmes et des couples.
Mots clés:
Médecine sexuelle / Désir sexuel / Préliminaires
Mots-clés:
Sexual medicine / Sexual desire / Foreplay
Priapismes
Priapisms
2013
- Rapports du congrès
- Réf : Prog Urol, 2013, 23, 9, 638-646

Introduction : Le priapisme est une affection rare qui nécessite une prise en charge diagnostique et thérapeutique urgente. Cette revue de la littérature sur les priapismes ischémiques, non ischémiques et récidivants propose des recommandations de prise en charge.
Méthode : Une revue de la littérature médicale à partir de Medline a été effectuée en considérant les articles traitant des règles de prise en charge des priapismes. Leur sélection s’est basée sur l’avis d’expert des auteurs.
Résultats : Le priapisme ischémique est un syndrome de loge du pénis et un traitement urgent est nécessaire pour éviter une dysfonction érectile définitive. Le traitement de première ligne est médical associant une ponction évacuatrice du sang caverneux et l’injection intracaverneuse d’alphastimulants. Le traitement de deuxième ligne est chirurgical et consiste à créer un shunt cavernospongieux. Les priapismes non ischémiques ne sont pas des urgences mais en cas de non-résolution spontanée, il peut être nécessaire de réaliser une embolisation de la fistule artériocaverneuse. L’objectif du traitement des priapismes récidivants est de réduire le nombre d’épisodes d’érections prolongées par un traitement systémique et de traiter chaque épisode aigu comme une urgence.
Conclusions : Le priapisme est une maladie dont les conséquences sont potentiellement graves qui nécessite une prise en charge urgente dont la séquence doit être bien définie afin d’éviter les retards de prise en charge, les complications et une dysfonction érectile irréversible.

Objectives: Priapism is a rare condition for which urgent diagnosis and treatment is required. This paper reviews the literature regarding ischaemic, non-ischaemic and stuttering priapism in order to provide management recommendations.
Methods: A Medline search was carried out to identify all relevant papers with management guidelines for priapism and combined with expert opinion of the authors.
Results: Ischaemic priapism represents a compartment syndrome of the penis and urgent intervention is required to decrease the risk of erectile dysfunction. First line treatment is medical and associate cavernosal blood aspiration and sympathomimetic intracavernosal injection. Second line treatment is surgical by creating a cavernospongious shunt. Non-ischaemic priapism is not a medical emergency; however, it may need embolization of the arteriocavernosal fistula and result in erectile dysfunction. The treatment objective for stuttering priapism is to decrease episodes of prolonged erections with systemic treatments, while treating each acute episode as an emergency.
Conclusions: Priapism is a potentially severe condition that requires urgent diagnosis and well-defined sequential management to prevent treatment delay, complications and irreversible erectile dysfunction.

Mots clés:
priapisme / dysfonction érectile / Drépanocytose / Implants péniens
Mots-clés:
priapism / Erectile dysfunction / Sickle cell disease / Penile prosthesis
Sexualité de la patiente neurologique
Sexuality of women with neurologic disorders
2013
- Rapports du congrès
- Réf : Prog Urol, 2013, 23, 9, 594-600

Introduction : Cet article aborde la problématique de la sexualité chez la femme présentant une lésion médullaire.
Méthodes : Une revue de la littérature médicale a été effectuée en considérant les articles répertoriés traitant de ces troubles. Leur sélection s’est basée sur l’avis d’experts des auteurs.
Résultats : La physiologie de la réponse sexuelle féminine, incluant les phénomènes vasocongestifs et musculaires à l’origine de l’excitation et de l’orgasme, ainsi que leur innervation sensitivomotrice et autonome (nerfs pudendal, pelvien, hypogastrique, vague) est brièvement exposée. Les études physiologiques démontrent le maintien d’une vasocongestion réflexe sacrée ou vasocongestion psychogène thoracolombaire. Cinquante pour cent des femmes obtiennent l’orgasme, plus souvent par stimulation génitale, ce qui suggère une réponse réflexe autonome, mais sa perception peut être transmise par le nerf vague. Si la fréquence des activités sexuelles diminue, le coït reste d’actualité, tout comme les rapports orogénitaux, baisers, étreintes, caresses, fantasmes, et stimulations érogènes sus-lésionnelles. Soixante-neuf pour cent des femmes se disent satisfaites. Les facteurs limitatifs comprennent les problèmes positionnels, la spasticité, l’incontinence urinaire et fécale et les phénomènes dysréflectifs en cas de lésion haute. On note également une altération de l’estime sexuelle et de l’image corporelle. Les facteurs facilitant sont l’éducation, un partenaire durable, la lésion survenue à l’âge adulte, et le recul post-traumatique. La prise en charge comprend l’évaluation de la sensibilité thoracolombaire et de la réflectivité sacrée. L’éducation sexuelle, préconisée dès la phase de rééducation, porte sur divers aspects de la réponse sexuelle, la capacité de procréation et la grossesse (risques, prévention), ainsi que les précautions face aux modes de contraception. La prise en charge devrait comprendre une évaluation affinée de la sensibilité périnéale pour favoriser la réappropriation de l’image de la vulve, et des essais par vibromassage et pharmacologique (inhibiteurs de phosphodiestérase 5, midodrine) pour optimiser la réponse sexuelle et favoriser la perception de plaisir et d’orgasme.
Conclusion : Les dysfonctions sexuelles des patientes blessées médullaires nécessitent une prise en charge qui doit s’intégrer dans une prise une charge globale du handicap.

Introduction: The prevalence of sexual dysfunction in spinal cord injured (SCI) women is high.
Methods: Medical literature on sexuality in women with SCI was reviewed and combined with expert opinion of the authors.
Results: The physiology of the female sexual response including vasocongestion and muscular contractions occurring during sexual arousal and orgasm, and their innervation through somatosensory and autonomic pathways (pudendal, pelvic, hypogastric, vagus nerves) is described. Studies on women with SCI demonstrate the presence of a sacral reflex vasocongestion and/or thoracolumbar psychogenic vasocongestion. Fifty percent of women with SCI report orgasm, most often with genital stimulation, suggesting that an autonomic reflex response, but which can be perceived by vagus nerve transmission. Studies on sexual experience show that the frequency of sexual activities decreases, but interest for intercourse remains. More emphasis is placed on oral-genital stimulation, kisses, cuddling, caresses, fantasies, and erogenous stimulation above the lesion level. Sixty-nine percent of women with SCI report sexual satisfaction. Limitations concern positions during intercourse, spasticity, incontinence and autonomic dysreflexia. Alteration of the sexual sense of self and body image are also reported. Facilitating factors include education level, having a stable partner, occurrence of the lesion in adulthood, and increased posttraumatic delay. Treatment should emphasize neurological assessment of thoracolumbar sensitivity and presence of sacral reflexes. Sexual education should be encouraged during rehabilitation and cover the female sexual response, procreation and pregnancy (risks, prevention), along with precautions concerning various contraceptives. Treatment should include a refined assessment of perineal sensitivity to allow a mental image of the vulva, and trials with vibrostimulation and medication (PDEI5, midodrine) to maximize sexual responses and facilitate perception of sexual pleasure and orgasm.
Conclusion: Management of sexual dysfunction in SCI women must be holistic and biopsychosocial.

Mots clés:
Femmes blessées médullaires / sexualité / Examen neurologique / Sexothérapie
Mots-clés:
Spinal cord injured women / Sexuality / Neurological and physiological assessment / Sexual counselling / Sexual therapy
Sexualité du patient neurologique
Sexuality of men with neurologic disorders
2013
- Rapports du congrès
- Réf : Prog Urol, 2013, 23, 9, 712-717

Introduction : Les pathologies neurologiques affectant le cerveau, la moelle épinière ou le système nerveux périphérique s’accompagnent très fréquemment de troubles sexuels. L’impact de ceux-ci est parfois majeur et au premier rang des préoccupations des patients devant l’atteinte motrice, en particulier chez les patients paraplégiques.
Méthodes : Une revue de la littérature médicale a été effectuée en considérant les articles répertoriés traitant des dysfonctions sexuelles des patients neurologiques. Leur sélection s’est basée sur l’avis d’experts des auteurs.
Résultats : Les dysfonctions peuvent varier selon le site de la lésion, son caractère complet ou incomplet, son histoire naturelle, l’âge de survenue, le sexe. La qualité des données de la littérature varie selon la pathologie concernée. De nombreux patients neurologiques ont recours à des traitements médicamenteux et la iatrogénie n’est pas à négliger dans la prise en charge et la compréhension de la physiopathologie des dysfonctions sexuelles. Les essais cliniques évaluant l’efficacité des traitements pharmacologiques sont souvent spécifiques d’une pathologie rendant leur extrapolation à l’ensemble des pathologies neurologiques difficile voire dangereuse s’il existe par exemple un risque d’hypotension orthostatique. Du fait de la proximité des centres contrôlant les fonctions vésico-sphinctérienne, ano-rectale et sexuelle, une symptomatologie mixte associant troubles urinaires, sexuels et fécaux est quasiment la règle. Le traitement de l’incontinence urinaire et l’équilibration des troubles ano-rectaux sont souvent des préalables au traitement des troubles sexuels. Au plan diagnostique neurologique, l’existence d’un trouble sexuel est dans certains contextes (syndromes extrapyramidaux) un élément d’orientation majeur. Nous rapportons les données de la littérature concernant les troubles sexuels masculins en cas de lésions cérébrales acquises (accidents vasculaires cérébraux, traumatisme crânien), de syndromes extrapyramidaux, de lésions médullaires, de sclérose en plaques et de lésions périphériques de la queue de cheval ou plus distales.
Conclusion : Les dysfonctions sexuelles des patients neurologiques doivent faire partie de la prise en charge globale de ces patients.

Introduction: Neurological disorders affecting the brain, the spinal cord or the peripheral nervous system are frequently responsible for sexual disorders. Their impact can be major and could rank first in the concerns of patients with neurological handicap, particularly those who are paraplegic.
Methods: Medical literature was reviewed and combined with expert opinion of the authors.
Results: Sexual dysfunction can vary depending on the site of the lesion, its complete or incompleteness for the spinal cord, its natural history, the age of onset. Value of the data present in the literature varies depending on the pathology. Many neurological patients are on medication and an iatrogenic factor is not to be excluded when managing and understanding the physiopathology of sexual dysfunction. Clinical trials evaluating the efficacy of pharmacological treatments are often specific to one pathology. This means that extrapolating to other neurological disorders is difficult and could even be dangerous in the presence of orthostatic hypotension. Due to the vicinity of the spinal centers controlling bladder, sphincteric, anorectal and sexual functions the symptomatology is often mixed associating urinary, sexual and fecal disorders. The treatment of urinary incontinence and management of anorectal disorders should precede the treatment for sexual complaints. The existence of a sexual disorder can be of great help in the neurological diagnosis in certain contexts (extrapyramidal syndromes). We report the data from the literature concerning male sexual disorders in cases of acquired brain lesions (stroke, cranial trauma), extrapyramidal symptoms, medullar lesions, multiple sclerosis, peripheral lesions of the cauda equina or more distal.
Conclusion: Sexual dysfunction must be part of the overall management of neurological patients.

Mots clés:
Blessés médullaires / Anejaculation / dysfonction érectile / accident vasculaire cérébral / Maladie de Parkinson
Mots-clés:
Spinal cord injured men / Sexuality / anejaculation / Erectile dysfunction / stroke
Sexualité et cancer de la prostate
Sexuality and prostate cancer
2013
- Rapports du congrès
- Réf : Prog Urol, 2013, 23, 9, 696-711

Introduction : Tous les traitements du cancer de la prostate ont un impact négatif sur la sexualité. L’objectif de cette revue est de faire le point sur les évolutions récentes de prise en charge du cancer de la prostate et des troubles sexuels associés.
Matériel et méthodes : Nous avons réalisé une revu de la littérature sur la base de données Pubmed afin de sélectionner les articles pertinents.
Résultats : Il existe un profil spécifique de modification des domaines de la qualité de vie sexuelle, urinaire, intestinale et globale en fonction des modalités thérapeutiques choisies. Conserver une sexualité satisfaisante est une préoccupation importante pour une majorité d’hommes confrontés au diagnostic de cancer de la prostate et à ses traitements. Il est indispensable d’évaluer la sexualité du couple avant le traitement du cancer de la prostate afin de délivrer une information complète et d’envisager des solutions thérapeutiques précoces et adaptées à la demande du couple. Les résultats d’études randomisées montrent que la prostatectomie totale robot-assistée permet une récupération plus rapide et complète d’érections naturelles que la laparoscopie classique. La rééducation pharmacologique active (injections intracaverneuses ou inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5 [IPDE5] à la demande, dans les mois qui suivent l’intervention) ou passive (IPDE5 quotidiens après l’intervention) pourrait permettre d’améliorer la qualité des érections notamment en réponse à la prise d’IPDE5. Des formes de sexualité privilégiant les éléments non altérés de la sexualité (orgasme) peuvent, quand l’érection n’est pas encore récupérée, être une solution alternative permettant au couple de préserver intimité et complicité. Le blocage androgénique est un frein considérable au maintien ou au retour d’une sexualité satisfaisante.
Conclusion : Après le traitement d’un cancer de la prostate, une prise en charge spécifique pouvant recourir à un travail en réseau peut permettre chez des patients motivés de retrouver une sexualité satisfaisante.

Introduction: All treatments for prostate cancer have a negative impact on sexuality. The objective of this review is to highlight recent developments in the management of sexual dysfunction associated with prostate cancer.
Material and methods: We performed a literature search in the Pubmed database to select relevant articles.
Results: There is a specific profile of changes in the fields of sexual, urinary, bowel and general quality of life, according to the treatment modalities chosen. Maintenance of a satisfying sex life is a major concern of a majority of men facing prostate cancer and its treatments. It is essential to assess the couple's sexuality before treating prostate cancer in order to deliver comprehensive information and consider early therapeutic solutions adapted to the couple's expectations. The results of randomized studies show that robotic radical prostatectomy allows a faster recovery of natural erections compared to classic laparoscopy. Active pharmacological erectile rehabilitation (intracavernous injections or phosphodiesterase type 5 inhibitors [PDE5i] on demand, during the month following surgery) or passive (daily PDE5i after surgery) might improve the quality of erections especially in response to PDE5i. Unimpaired aspects of sexual response (orgasm) may, when the erection is not yet recovered, represent an alternative allowing the couple to preserve intimacy and complicity. Androgen blockade is a major barrier to maintain or return to a satisfying sex.
Conclusion: After the treatment of prostate cancer, one specific support sometimes assisted by networking will optimize satisfying sex life recovery.

Mots clés:
prostate / Cancer / sexualité / Couple / Prostatectomie totale
Mots-clés:
Prostate cancer / Sexuality / radical prostatectomy / Couple / Rehabilitation
Traumatismes sexuels
Sex-related injuries
2013
- Rapports du congrès
- Réf : Prog Urol, 2013, 23, 9, 771-779

But : Décrire les traumatismes survenant lors des rapports sexuels consentis ou non, ou dans le cadre de pratiques sexuelles particulières et les conditions médicales, chirurgicale et médicolégale de leur prise en charge.
Méthode : Nous avons revu la littérature internationale en utilisant PubMed concernant : (1) chez l’homme, la fracture des corps caverneux, les corps étrangers péniens (piercing, anneaux de verge) et urétraux ainsi que sur les amputations de verge pour préciser l’attitude thérapeutique ; (2) chez la femme, les traumatismes dans le cadre de rapport sexuel consenti ou non.
Résultats : Chez l’homme, la pathologie la plus fréquente est la rupture de l’albuginée des corps caverneux sur une verge en érection. La diversité des pratiques sexuelles expose toutefois les urologues à la rencontre de traumatismes moins ordinaires : strangulation de la verge par des anneaux, complications de piercing génitaux ou d’introduction de corps étrangers dans l’urètre ou sous-cutanés. Plus rares sont les amputations traumatiques du pénis. Chez la femme, les traumatismes sexuels sont souvent bénins dans leur présentation clinique mais surviennent en général dans le cadre de violences sexuelles et nécessitent une prise en charge psychologique, médicolégale et de prévention des infections sexuellement transmissibles.
Conclusion : La littérature repose essentiellement sur des avis d’experts et des séries rétrospectives monocentriques. Nous avons résumé pour chaque situation l’épidémiologie, le diagnostic et le traitement.

Objective: To describe the injuries occurring during consensual or not sexual intercourses, or during particular sexual practices and their medical, surgical and forensic care.
Methods: We reviewed the literature using PubMed database to clarify the diagnostic and therapeutic approach of: (1) in men: fracture of the corpora cavernosa, penile and urethral foreign bodies (piercing, rings) as well as amputation of penis; (2) in women: trauma during consensual or not sexual intercourses.
Results: In men, the most common pathology is the rupture of the tunica albuginea of the corpora cavernosa on the erect penis. The diversity of sexual practices, however, exposes urologists to meet trauma less ordinary: strangulation of the penis by rings, genital piercing complications or introduction of foreign bodies into the urethra or under the skin. Less common are traumatic amputations of the penis. In women, sexual trauma are often benign in their clinical presentation but generally occur in the context of sexual violence and require psychological support, forensic and prevention of sexually transmitted infections.
Conclusion: The literature is mainly based on expert opinion and single-center retrospective series. We summarized for each situation epidemiology, diagnosis and treatment.

Mots clés:
Fracture du pénis / Pénectomie totale / Réimplantation pénis / Piercing génital / Strangulation pénienne
Mots-clés:
Penile fracture / penile amputation / Penile replantation / Genital piercing / Penile incarceration
Troubles de l’éjaculation à l’exception de l’éjaculation prématurée, troubles de l’orgasme
Ejaculatory disorders except premature ejaculation, orgasmic disorders
2013
- Rapports du congrès
- Réf : Prog Urol, 2013, 23, 9, 657-663

Introduction : Les troubles de l’éjaculation et de l’orgasme en dehors de l’éjaculation prématurée sont peu fréquents.
Méthodes : Une revue de la littérature médicale a été effectuée en considérant les articles répertoriés traitant de ces troubles. Leur sélection s’est basée sur l’avis d’experts des auteurs.
Résultats : La séméiologie du trouble est variable et doit être parfaitement précisée : aspermie, hypospermie, éjaculation rétrograde, retardée ou anéjaculation, anorgasmie, éjaculation douloureuse. La recherche du caractère primaire ou secondaire est essentielle. Des étiologies variées sont à rechercher : iatrogénie médicamenteuse (antidépresseurs, neuroleptiques, tramadol, certains alphabloquants : tamsulosine, silodosine), iatrogénie chirurgicale, diabète, maladie neurologique en particulier sclérose en plaques, parfois l’hypogonadisme…
Conclusion : Le traitement est souvent difficile en particulier dans un projet de parentalité. Quelques traitements médicamenteux hors AMM (midodrine, imipramine, pseudoéphédrine) peuvent être prescrits selon les cas. Le prélèvement chirurgical de spermatozoïdes peut permettre le recours à la procréation médicalement assistée chez ces patients dont la spermatogenèse est souvent normale. Les troubles primaires relèvent le plus souvent d’une prise en charge sexologique.

Introduction: Disorders of ejaculation and orgasm apart from premature ejaculation are pretty uncommon.
Methods: Medical literature was reviewed and combined with expert opinion of the authors.
Results: The semiology of these disorders is essential: aspermia, hypospermia, retrograde ejaculation, delayed or absent ejaculation with or without orgasm. Whether this is a lifelong or acquired condition, it is essential to assess the side-effects of medications i.e. psychotropic drugs, including antidepressant, neuroleptics, tramadol, alphablockers: tamsulosin and silodosin must always be surveyed.
Conclusion: The management is often difficult, especially with a parenthood perspective. The management of lifelong disorders must rely on psychosexual therapies.

Mots clés:
Éjaculation / Hypospermie / éjaculation rétrograde / Anejaculation
Mots-clés:
Ejaculation / Hypospermia / retrograde ejaculation / anejaculation
Troubles de l’excitation chez la femme
Women's arousal disorders
2013
- Rapports du congrès
- Réf : Prog Urol, 2013, 23, 9, 575-585

Objectif : Évaluer les formes cliniques des troubles de l’excitation (TE) chez la femme et les modalités thérapeutiques proposées dans la littérature.
Patientes et méthodes : Revue des articles publiés dans la base de données Medline sélectionnés selon leur pertinence scientifique, des conférences de consensus et des recommandations publiées sur le sujet.
Résultats : Les TE chez la femme comprennent trois entités cliniques. La plus connue est le défaut de lubrification et de vasodilatation génitale en réponse à une stimulation sexuelle, correspondant à un TE objectif. Plus récemment a été individualisé le trouble subjectif de l’excitation, en rapport avec une diminution de la sensation d’excitation. En pratique, ces deux situations sont fréquemment associées. La prévalence des TE objectifs varie de 9 à 38 %, avec un pic après la ménopause. La prévalence des TE subjectifs, beaucoup moins étudiée, serait aux alentours de 17 %. Toutes les études cliniques ont rapporté l’absence de corrélation entre la réponse physiologique, c’est-à-dire les signes d’excitation au niveau génital, et la réponse subjective, ce qui rend difficile l’évaluation clinique et la prise en charge de ces troubles. Après la ménopause, la carence estrogénique est un facteur prépondérant dans la baisse de la lubrification et la mauvaise trophicité vaginale. Les TE subjectifs et les troubles du désir ont des facteurs étiologiques, psychologiques et contextuels très proches. Ils s’entretiennent mutuellement et seront d’ailleurs regroupés dans la nouvelle classification du DSM-V dans une même définition.
Conclusions : Une anxiété au premier plan, une mauvaise entente avec le partenaire sont parmi les facteurs les plus susceptibles d’altérer aussi bien le désir sexuel féminin que le ressenti subjectif de l’excitation. C’est pourquoi une sexo/psychothérapie sera souvent nécessaire, y compris chez les femmes ménopausées où, parallèlement, le traitement hormonal local par estrogènes est recommandé en cas de trouble de la lubrification et de la trophicité vaginale.

Objective: To evaluate the clinical presentation of women's arousal disorders (AD) and therapeutic options, suggested in the literature.
Patients and methods: Review of articles published on this subject in the Medline database, selected according to their scientific relevance, of consensus conferences and published guidelines.
Results: Women's AD form three clinical entities. The most well known is a lack of lubrication and genital congestion in response to a sexual stimulus corresponding to an objective AD. More recently, subjective AD has been identified, with decrease of perception of arousal. In practice these two cases are frequently associated. The prevalence of objective AD varies from 9 to 38%, with a peak after the menopause. The prevalence of the subjective AD, much less studied, is among 17%. All clinical studies have reported an absence of correlation between physiological response, genital arousal, and the subjective response, which makes it difficult to clinically assess and manage these disorders. After the menopause, a lack of estrogen is a major factor in decrease in lubrication and poor vaginal trophicity. Clinical examination is essential for the assessment of these symptoms. Subjective AD and sexual desire disorders both have etiological psychological and contextual factors very similar. They mutually sustained and are grouped together in the new classification of DSM-V in one definition.
Conclusions: Anxiety and a lack of harmony with the partner are among the factors, which affect adversely women's sexual desire and also subjective arousal. For this reason a sexo/psychotherapy is often necessary even for menopausal women. For them local hormonal therapy with estrogen is also recommended in case of lubrication or vaginal trophicity problem.

Mots clés:
Excitation sexuelle / Désir sexuel / Femme / Lubrification / Sexothérapie
Mots-clés:
Arousal / Sexual desire / Woman / Lubrication / Sex therapy
Troubles du désir sexuel féminin
Sexual desire disorders in women
2013
- Rapports du congrès
- Réf : Prog Urol, 2013, 23, 9, 562-574

Objectif : Évaluer les troubles du désir sexuel (TDS) chez la femme et les modalités thérapeutiques proposées dans la littérature.
Matériel et méthodes : Revue des articles publiés dans la base de données MEDLINE, sélectionnés selon leur pertinence scientifique, des conférences de consensus et des recommandations publiées sur le sujet.
Résultats : La construction du désir sexuel féminin est éminemment multifactorielle. Savoir situer un TDS dans l’histoire de la patiente, dans son contexte médical et relationnel, est donc essentiel. Il faudra également rechercher l’existence d’autres troubles sexuels, en particulier les troubles de l’excitation, fréquemment associés au TDS. Les TDS sont l’une des dysfonctions sexuelles féminines les plus difficiles à traiter à cause de la difficulté du repérage des limites entre le normal et le pathologique. Sans désir, la femme peut ne pas assimiler l’absence de sexualité à une souffrance. En revanche, ce sont souvent les conséquences de cette situation qui l’amèneront à consulter. La peur de perdre son partenaire, la crainte de ne pas être comme les autres dans un contexte sociétal très normatif sont les motifs les plus fréquents de consultation.
Conclusion : Une femme « bien dans sa peau » sera bien dans son désir. Le rétablissement d’un désir réactif au contexte affectif avec le partenaire peut être retenu comme objectif thérapeutique. La complexité et le caractère multifactoriel des TDS féminins rendent toute solution unique insuffisante, l’exhaustivité de l’évaluation initiale et la précision des objectifs de la prise en charge thérapeutique sont essentiels.

Objective: To evaluate the clinical presentation of women's sexual desire disorders (SDD) and therapeutic options, suggested in the literature.
Material and methods: Review of articles published on this subject in the Medline database, selected according to their scientific relevance, of consensus conferences and published guidelines.
Results: Female sexual desire is eminently multifactorial. The clinician should take into account the distress of the woman presenting with a SDD by relating this to the sexual history and the general context (pathological, biological…) together with the relationship with the partner. Other sexual disorders should be considered particularly arousal disorders which are frequently associated with SDD in women. SDD is one of the most difficult symptoms of female sexual dysfunction to treat since it is difficult to delimit the normal and the pathological. Without desire, the lack of sexual activity cannot be perceived as suffering. However, the consequences of this situation mean that she will consult the specialist fearing either that she could lose her partner, or that she is different in a normative society.
Conclusion: A woman who is fulfilled will not have a problem with desire. The therapeutic objective can be to re-establish reactive desire in the affective context of the couple. The complexity and the multifactorial nature of TDS in women means that no unique solution is satisfactory; the initial assessment and a precise aim for therapeutic management are essential.

Mots clés:
Trouble du désir sexuel / Désir sexuel hypoactif / Femme / Souffrance / Couple
Mots-clés:
Sexual desire disorders / Hypoactive sexual desire / Women / Distress / Couple
Les troubles de l’orgasme féminin
Women's orgasmic disorders
2013
- Rapports du congrès
- Réf : Prog Urol, 2013, 23, 9, 586-593

Objectif : Évaluer les formes cliniques des troubles de l’orgasme (TO) chez la femme et les modalités thérapeutiques proposées dans la littérature.
Matériel et méthodes : Revue des articles publiés dans la base de données Medline (Pubmed), des conférences de consensus et des recommandations publiées sur le sujet.
Résultats : Les données actuelles suggèrent fortement que l’orgasme serait une potentialité qu’une femme apprendrait à développer avec l’expérience, le temps et l’apprentissage. Les anorgasmies primaires de la femme jeune (< 35 ans) seraient le plus souvent liées au manque d’expérience et quelquefois aux maladresses du ou des partenaires. Celles qui surviennent secondairement sont fréquemment circonstancielles, en premier lieu lors d’événements de vie difficiles, plus rarement du fait d’une mésentente dans le couple. Dans ces deux situations, des conseils simples modifiant les pratiques sexuelles et les diversifiant peuvent suffire. Pour la femme, l’apprentissage du « lâcher prise » sera fondamental. L’information du partenaire permettra de mettre fin aux comportements sexuels inadaptés qui entretiennent la difficulté, en sachant qu’un TO, principalement secondaire, serait moins dû à la qualité de la prestation masculine qu’au contexte émotionnel et affectif de la relation sexuelle. Les anorgasmies primaires, surtout totales, persistant à la maturité, évoquent des troubles plus structurels (image du corps, séquelles d’abus sexuels, sentiment de culpabilité…) et nécessitent une prise en charge spécialisée.
Conclusion : Si les problèmes de désir chez la femme sont souvent mis en avant, il faut savoir qu’une femme sur quatre dans le monde souffre d’un TO plus ou moins complet. Les TO sont le deuxième motif de consultation féminine en pratique sexologique. S’intéresser au contexte de survenue des TO est essentiel pour différencier les TO primaires et secondaires, afin d’adapter la prise en charge.

Objective: To evaluate the clinical presentation of women's orgasmic disorders (OD) and therapeutic options, suggested in the literature.
Material and methods: Review of articles published on this subject in the Medline (Pubmed) database, selected according to their scientific relevance, of consensus conferences and published guidelines.
Results: At present it is thought that the orgasm is a potentiality which a woman can learn to develop with experience, and practice over time. Primary anorgasmia in young females (< 35 years) is very often due to lack of experience or lack of skill in the partner or partners. Secondary anorgasmia is often linked to difficulties of live, more rarely to problems with the partner. In both cases, informed advice to the patient and her partner can provide simple ways of modifying and diversifying sexual practice, slight changes can be sufficient. For the woman, learning to “let go” is essential. Speaking to the partner can help to eliminate and diversify sexual behaviour which can be responsible for this problem. However, OD, particularly the secondary type, is less attributable to the male performance than to the emotional and affective aspect. Primary anorgasmia, if total, persisting in the mature woman, evokes more structural problems (body image, sexual abuse, guilt…) and requires specialized management.
Conclusions: Currently, female sexual desire is often evoked, however, one woman in four suffers from OD to a greater or lesser extent. Orgasmic dysfunction in women is frequent and is the second most common reason for consulting a sexologist. Evaluating the context is essential to differentiate primary from secondary OD, in order to give an appropriate treatment.

Mots clés:
Orgasme féminin / Anorgasmie / Thérapie cognitivocomportementale
Mots-clés:
Female orgasm / anorgasmia / Cognitive-behavioral therapy