Base bibliographique

La prostatectomie totale robot-assistée : complications périopératoires, résultats anatomopathologiques et fonctionnels pendant la période d’initiation
Robot-assisted radical prostatectomy: Perioperative complications, pathological results and functional results during the learning curve
2010
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2010, 20, 8, 590-596

But : Nous décrivons les résultats concernant les complications per- et post-opératoires ainsi que les résultats anatomopathologiques et fonctionnels de la prostatectomie totale robot-assistée pendant la période d’instauration de la technique et de la courbe d’apprentissage.
Patients : Les données cliniques, paracliniques et événements per- et post-opératoires chez les 102 premiers patients ont été notifiées. Les complications post-opératoires ont été classées selon la classification de Clavien. Pour les résultats fonctionnels, la continence urinaire était définie chez les patients avec 0 protection ou une protection de sécurité. La fonction érectile était classée en absence d’érection spontanée, érections trop faibles pour des rapports sexuels et érections suffisantes pour des rapports sexuels.
Résultats : La durée médiane d’intervention était de 240 minutes et les pertes sanguines de 400 mL avec un taux de transfusion de 2 %. Au total, 7,8 % des patients ont eu des complications peropératoires, 13,7 % des complications post-opératoires mineures et 4,9 % des complications plus sérieuses. Le taux des marges chirurgicales positives a été de 16,0 %, tous stades confondus. À 12 mois de l’intervention, 87 % des patients étaient continents, 21,1 % avaient des érections spontanées et 47,4 % des rapports sexuels.
Conclusion : Dans cette étude, au cours de la mise en route de la prostatectomie totale robot-assistée, les premiers patients traités ont eu un taux de complications per- et post-opératoires, des résultats anatomopathologiques et des résultats fonctionnels comparables avec les études publiées par les centres de référence.

Objective: We report our experiences regarding the peri- and postoperative complications as well as pathological and functional results of robot-assisted radical prostatectomy during the implementation phase and the learning curve of the technique.
Material: All clinical, paraclinical, as well as peri- and postoperative events of the first 102 patients were filed. Postoperative complications were classified according to the Clavien classification. Regarding functional results, continence was defined as the use of 0 pads or one pad for security reasons. Erectile function was classified into absence of spontaneous erections, erections insufficient for sexual intercourse and erections sufficient for sexual intercourse.
Results: Median procedure time was 240 min, blood-loss 400 mL and transfusion rate 2%. Overall, 7.8% of all patients had perioperative complications, 13.7% had minor and 4.9% had mayor post operative complications. The overall positive surgical margin rate was 16.0%. At 12 month, 87% of all patients were continent and 21.1% had spontaneous erections and 47.4% had sexual intercourse.
Conclusion: Patients treated during the implementation phase of robot-assisted radical prostatectomy show rates of peri- and postoperative complications, as well as pathological and functional results comparable to the results of centers of excellence published in the literature.

Mots clés:
Prostatectomie / Chirurgie robotique / Marge chirurgicale / continence / fonction érectile
Mots-clés:
Prostatectomy / Robotic / Surgical margin / continence / Potency
Le désordre primaire de la relaxation sphinctérienne ou syndrome de Fowler
The primary disorder of sphincter relaxation or Fowler's syndrome
2010
- Article de revue
- Réf : Prog Urol, 2010, 20, 8, 553-559

Le désordre primaire de la relaxation sphinctérienne ou syndrome de Fowler constitue la première cause de rétention d’urine de la femme jeune lorsque les origines iatrogènes, neurologiques et obstructives ont été éliminées. Il associe une rétention chronique d’urine indolore, des ovaires polykystiques dans plus d’un cas sur deux, une élévation de la pression de clôture maximale, du volume sphinctérien urétral et des anomalies électromyographiques du sphincter externe de l’urètre. Un traitement spécifique est disponible sous la forme de la neuromodulation des racines sacrées postérieures.

The primary disorder of sphincter relaxation or Fowler's syndrome constitutes the first cause of urinary retention in young women after ruling neurological, iatrogenic and local origins out. It includes painless urinary retention, polycystic ovaries in more than 50% of the cases, high maximum urethral closure pressure, increase in sphincter volume and striated urethral sphincter electromyography abnormalities. So far, the only treatment restoring micturation in this condition is sacral neuromodulation.

Mots clés:
Syndrome de Fowler / rétention d’urine / Femme / sphincter
Mots-clés:
Fowler's syndrome / Urinary retention / Woman / Sphincter
Les règles de la médecine fondée sur les preuves sont-elles strictement respectées dans le domaine de la prostatectomie totale laparoscopique robot-assistée ?
Are the rules of “evidence based medicine” strictly followed in the field of robot-assisted laparoscopic radical prostatectomy?
2010
- Commentaire à…
- Réf : Prog Urol, 2010, 20, 8, 596-597
L’approche chirurgicale de la prostatectomie totale a considérablement évolué au cours des dernières années avec un souci constant de diminution de la morbidité [1–3]. Ainsi a-t-on vu se développer récemment les techniques dites « mini-invasives ». Pour pallier aux difficultés techniques de la cœlioscopie, la chirurgie robot-assistée s’est développée [1,4]. Aux États-Unis, la technique robot assistée est utilisée désormais pour plus de 80 % des prostatectomies totales .
Nutrition, suppléments alimentaires et cancer de la prostate
Nutrition, dietary supplements and prostate cancer
2010
- Mise au point
- Réf : Prog Urol, 2010, 20, 8, 560-565

Le cancer de la prostate est en passe de devenir le cancer le plus fréquent chez l’homme. En parallèle, le rôle de l’alimentation comme facteur favorisant ou protecteur du cancer de la prostate est soutenu par de nombreuses études expérimentales, observations cliniques et études d’intervention. Parmi les facteurs favorisant le risque de cancer de la prostate, le rôle de l’apport énergétique en particulier par les graisses saturées a été démontré. De même, le rôle probable protecteur des oméga-3, du lycopène, du jus de grenade et de la vitamine D ont été montrés. Une information et une éducation de la population sont nécessaires pour limiter les apports énergétiques et favoriser la consommation d’aliments potentiellement protecteurs.

Prostate cancer is becoming the most common cancer in men. In parallel, role of diet as contributing or protector factor of prostate cancer is supported by experimental studies, clinical observations and intervention studies. Among the prostate cancer risk factor, role of energy intake, especially saturated fat, has been demonstrated. Similarly, omega-3, lycopene, pomegranate juice and vitamin D protective role have been shown. Informed and educated population is necessary to limit energy intake and promote consumption of foods potentially protective.

Mots clés:
Cancer de la prostate / nutrition / prévention
Mots-clés:
Prostate cancer / nutrition / Prevention
Que peut cacher une hydrocèle ?
What can hide a hydrocele?
2010
- Cas clinique
- Réf : Prog Urol, 2010, 20, 8, 601-603

La migration du cathéter après la dérivation ventriculopéritonéale (DVP) d’une hydrocéphalie est une complication très rare. Elle est due à une déconnection ou rupture de ce cathéter. Cette migration peut aller jusqu’à l’extériorisation de ce dernier par l’anus ou la bouche. Notre travail rapporte un cas d’extériorisation du cathéter de dérivation d’une hydrocéphalie par le canal péritonéovaginal diagnostiqué en peropératoire au cours d’une cure d’hydrocèle chez un enfant qui avait subi une DVP pour son hydrocéphalie, il y a plus de deux ans. Les enfants dérivés pour hydrocéphalie nécessitent une surveillance régulière clinique et par des radiographies de contrôle du trajet de la valve, une fois par an.

The catheter migration after ventriculoperitoneal shunt (VPS) for hydrocephalus is a very rare complication. It is caused by a disconnection or rupture of the catheter. Then, this one can be exteriorized through the anus or the mouth. We report here the case of catheter exteriorization after VPS through the peritoneovaginal duct diagnosed during the hydrocele surgical cure, two years after VPS insertion. The children with VPS require a regular clinical surveillance and a radiographic control of the hydrocephalus valve track, once per year.

Mots clés:
Cathéter ventriculopéritonéal / complication / migration / Canal péritonéovaginal
Mots-clés:
Ventriculoperitoneal catheter / Complication / migration / Peritoneovaginal duct
Récidive locale après néphrectomie partielle laparoscopique (NPL) pour cancer du rein
Local recurrence of renal carcinoma after laparoscopic partial nephrectomy
2010
- Cas clinique
- Réf : Prog Urol, 2010, 20, 8, 598-600

Les auteurs rapportent un cas de récidive locale précoce après néphrectomie partielle laparoscopique pour un carcinome rénal à cellules conventionnelles (CCCR) de faible grade. Une première récidive dans la graisse périrénale a été diagnostiquée à six mois sur une tomodensitométrie (TDM) abdominopelvienne. Une néphrectomie élargie par voie ouverte a été réalisée et a mis en évidence un CCCR de grade 3. Une seconde récidive pariétale a été diagnostiquée sur une TDM à 26 mois de la néphrectomie partielle. Une pariétectomie a été réalisée. Dans le suivi, à 30 mois de la néphrectomie partielle, la mise en évidence sur une TDM de lésions pulmonaires, hépatiques et surrénaliennes, d’allure secondaire, a fait débuter un traitement par sunitinib. Après quatre mois de sunitinib, il y a eu une réponse complète des lésions secondaires.

We report the case of an early local recurrence after a laparoscopic partial nephrectomy (LPN) for a Furhman grade 1–2 clear cell renal carcinoma (CCRC). CT scan at 6 months revealed a local recurrence. An open total nephrectomy was performed. There were six nodules in the perirenal fat from a grade 3 CCRC. Twenty-six months after the LPN, the patient had a wound recurrence, which was surgically removed. Four months after the wound recurrence, the patient had pulmonary, liver and adrenal glands metastasis. He received an oral treatment with sunitinib. At 4 months after the initiation of the sunitinib, he had a total response.

Mots clés:
Rein / Cancer / Néphrectomie partielle / laparoscopie / Récidive
Mots-clés:
Kidney / Cancer / Partial nephrectomy / Laparoscopy / recurrence
Syndrome d’Antopol Goldman bilatéral associé à un déficit congénital sévère en facteur V
Goldman Antopol syndrome associated with bilateral congenital severe factor V
2010
- Cas clinique
- Réf : Prog Urol, 2010, 20, 8, 604-607

Le syndrome d’Antopol Goldman est une lésion exceptionnelle, formée par un hématome sous-urothélial. Ce syndrome est certes une entité qui demeure exceptionnelle, mais qu’il faut savoir évoquer comme diagnostic différentiel d’une tumeur urothéliale chez le patient jeune présentant des troubles de la coagulation. Nous rapportons le cas d’un homme de 43 ans, hémophile avec un déficit congénital sévère en facteur V, ayant eu un syndrome d’Antopol Goldman bilatéral asynchrone. Le diagnostic a été porté sur les images tomodensitométriques. L’étiologie de ses hémorragies sous-épithéliales a été mise en évidence sur des artériographies rénales sélectives qui ont permis de couvrir un micro-anévrisme par la pose d’endoprothèse et la réalisation d’embolisation sélective.

Antopol-Goldman lesions are extremely rare. This kind of lesion is a subepithelial pelvic hematoma. This syndrome is certainly of rare occurrence and that is why a differential diagnosis of urothelial cancer in young patients who had problems with clotting must be raised. We reported a case of a 43-year-old haemophiliac with a severe congenital factor V deficit and presenting a bilateral and asynchronous Antopol Goldman syndrome. The diagnosis has been based on CT scans. The subepithelial aetiology bleeding has been shown on selective renal arteriography that allowed to cover a micro-aneurysm through the setting up of a vascular stent and a selective embolization.

Mots clés:
hématurie / Antopol Goldman / Hémophilie / Facteur V / Embolisation
Mots-clés:
hematuria / Antopol Goldman / Haemophilia / Factor V / Embolization
Traitement de l’hyperplasie bénigne de la prostate par radiofréquence monopolaire type Prostiva®
Transurethral needle ablation Prostiva<sup>®</sup> for treating symptomatic benign prostatic hyperplasia: A review
2010
- Mise au point
- Réf : Prog Urol, 2010, 20, 8, 566-571

L’hyperplasie bénigne de la prostate (HBP) est une pathologie très fréquente, qui peut provoquer des symptômes du bas appareil urinaire et une obstruction sous-vésicale. La prévalence de l’HBP symptomatique augmente progressivement avec l’âge pour atteindre plus de 40 % des hommes à partir de 70 ans. Le traitement de première intention est médicamenteux. En cas d’échec, un traitement chirurgical peut être indiqué. La résection transuréthrale de prostate (RTUP) est considérée comme l’intervention de référence mais sa morbidité est significative, tant sur le plan urinaire que sexuel. De nouvelles techniques instrumentales dites peu invasives se sont développées pour concurrencer la RTUP. Parmi elles, le traitement par le système de radiofréquence monopolaire de type Prostiva® (auparavant appelé Tuna®), commercialisé par la société Medtronic se développe depuis les années 1990. Le Prostiva® a encore une diffusion limitée en France car récemment validé par la Haute Autorité de santé (HAS) (février 2006) et devenu tarifié le 27 avril 2007 (séjours de moins de deux jours). Prostiva® a une place dans la prise en charge de l’HBP symptomatique. Son efficacité est démontrée mais est inférieure à la RTUP. En revanche, les effets secondaires urinaires et sexuels sont moindres qu’après RTUP. Sur un plan médicoéconomique, le Tuna® avait un coût moindre qu’un traitement médicamenteux combiné après deux ans et sept mois d’administration.

Benign prostatic hyperplasia (BPH) is a common disease affecting a large proportion of men older than 50 years. There are multiple treatment options for BPH including medications, minimally invasive options such as transurethral needle ablation (Tuna®) and transurethral microwave therapy (TUMT), and more invasive options such as transurethral laser vaporization and transurethral resection of the prostate (TURP). The minimally invasive options induce thermal injury to the BPH adenoma with a lower risk of permanent side effects than TURP. Tuna® treatment is a minimally invasive technique of BPH which can be carried out in ambulatory surgery and which is effective for urinary symptoms with little risk of morbidity. It is an alternative to medical treatment and does not replace planned surgical treatment. Available evidence suggests that Tuna® is a relatively effective and safe technique. It significantly improves BPH parameters but it does not reach the same level efficacy and long-lasting success as TURP. Also the Tuna® procedure compares favourably to combination medical therapy for the treatment of BPH on a cost basis. α-Blocker monotherapy is less costly than Tuna® for 5 years, while the cost of 5α-reductase inhibitor monotherapy is approximately equivalent to that of Tuna® for 5 years. From the payer's perspective, the break-even point between the Tuna® procedure and combination medical management occurs after approximately 2 years 7 months of treatment.

Mots clés:
hyperplasie bénigne de la prostate / Traitement / Radiofréquence
Mots-clés:
Symptomatic benign prostatic hyperplasia / treatment / Transurethral needle ablation
Traitement du prolapsus génital par renfort transvaginal Prolift® : une étude prospective
Transvaginal repair of genital prolapse using the Prolift<sup>®</sup> Technique: A prospective study
2010
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2010, 20, 8, 578-583

Objectif : Évaluer l’efficacité et les complications du traitement du prolapsus génital par interposition d’une prothèse transvaginale.
Patientes et méthodes : Vingt-huit femmes ont eu une cure de prolapsus génital selon la technique Prolift® et ont été suivies prospectivement. Les traitements antérieurs, les interventions associées, les complications peropératoires et postopératoires étaient notées. Les résultats anatomiques étaient notés durant le suivi. Les patientes étaient revues à un, trois, six mois puis annuellement. L’échec était défini par une récidive supérieure ou égale au stade II de la classification POP-Q.
Résultats : L’âge moyen était de 68 ans. Le suivi médian était de 12 mois. Dix (35 %) et 14 (50 %) patientes avaient respectivement des cystocèles de stade II et III/IV. Dix-neuf (67 %) patientes avaient des rectocèles de grade II/III. Une plaie vésicale (3,5 %) et un hématome (3,5 %) intervésico-vaginal peropératoires étaient rapportés. Une douleur fessière qui a nécessité l’ablation d’un des bras postérieurs de la prothèse était rapportée chez deux patientes respectivement à j1 et à six semaines. Une (3,5 %) érosion vaginale traitée par excision partielle, une incontinence urinaire d’effort de novo (3,5 %), deux cas d’urgenturie (7 %) et un cas (3,5 %) de dyspareunie étaient notées. L’efficacité était de 96,5 %.
Conclusion : La cure du prolapsus par voie vaginale par interposition d’une prothèse était faisable et efficace avec une morbidité acceptable.

Objective: To evaluate the efficacy and to report the follow-up of transvaginal repair of genital prolapse using a tension free vaginal mesh.
Patients and methods: Twenty-eight women were treated for genital prolapse with the Prolift® technique and followed prospectively. Preoperative prolapse treatment, associated treatment, complications were reported. Postoperatively, efficacy and complications were reported. Patients were examined at one, three, six and 12 months then yearly. Treatment failure defined as Pelvic Organ Prolapse Quantification (POP-Q) stage II or more.
Results: The mean age was 68 years. The median follow-up was 12 months. Ten (35%) and 14 (50%) patients had a stage II and III/IV cystocele respectively. Nineteen (67%) patients had stage II/III rectocele. We reported one bladder injury (3.5%) sutured during surgery and one haematoma (3.5%) requiring secondary management. Important buttock pain appeared in two patients (7%) treated with a total mesh on day 1 and 6 weeks after surgery respectively. They were both relieved after cutting one posterior arm of the mesh. De novo stress incontinence appeared in one (3.5%) patient and urgency in two (7%) patients. Mesh exposure occurred in one (3.5%) patient requiring a minimal surgical management. One patient (3.5%) declared dyspareunia. Success was reached in 96.5% patients.
Conclusion: The transvaginal mesh was a safe and efficient technique to treat genital prolapse.

Mots clés:
cystocèle / Rectocèle / Prolapsus génital / Voie vaginale / Mèche vaginale
Mots-clés:
cystocele / Rectocele / Genital prolapse / Vaginal route / Transvaginal mesh