Base bibliographique

Analyse de la douleur urétrale lors de la pratique de l’autosondage : étude rétrospective sur 77 patients
Urethral pain during clean intermittent self catheterization: Retrospective analysis of 77 patients
2019
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2019, 7, 29, 360-365


Objectif

Les autosondages intermittents (ASI) sont le traitement de référence de la rétention urinaire chronique. En règle générale bien tolérés, ils sont parfois compliqués de douleurs urétrales lors de l’insertion ou du retrait du cathéter, pénalisant ainsi adhérence au traitement. L’objectif de cette étude était de déterminer la proportion de patients ayant des douleurs lors de la réalisation de l’ASI et en vérifier l’impact en termes d’adhérence.


Méthodes

Étude rétrospective, avec évaluation objective des douleurs lors de l’ASI, un mois après leur apprentissage. Données recueillies par les scores ICDQ (difficultés aux ASI), InCaSaQ (satisfaction aux ASI) et ICAS (compliance et adhérence aux ASI).


Résultats

Sur 77 patients inclus, 28 (36 %) ressentaient une douleur lors de l’ASI. En analyse univariée, une douleur à l’ASI était corrélée à une mauvaise adhésion à la réalisation du geste (p <0,01). En analyse multivariée, le risque de douleur était multiplié par 3,99 (IC 95 % 1,11–14,37) pour le sexe féminin, de même qu’il était corrélé à une mauvaise adhésion à l’ASI (OR 25,28 (IC 95 % 3,72–172,03), p <0,01). Cependant, un IMC>25kg/m2 semblait être un facteur protecteur vis-à-vis de ces douleurs (OR 0,31 (IC 95 % 0,31–0,99) p =0,04).


Conclusion

Dans cette série, les douleurs urétrales étaient corrélées à une mauvaise adhésion à l’ASI et le sexe féminin semblait être un facteur aggravant des douleurs.


Niveau de preuve

4.


Objective

Clean self-intermittent catheterization (CIC) is the gold standard of the therapeutic approach of chronic urinary retention. Usually, CIC are safe, effective but in some cases catheterization can determine urethral pain during catheter insertion or withdrawal leading to poor adherence and compliance. To determine prevalence of pain during CIC and verify its impact on adherence to treatment.


Method

Retrospective study with evaluation of pain during CIC one month following CIC teaching session by means specific and validated questionnaires: ICDQ (Intermittent Catheterization Difficulties Questionnaire), InCasaq (Intermittent Catheterization Satisfaction Questionnaire), I-CAS (Intermittent Catheterization Adherence Scale).


Results

Seventy-seven patients were recruited and 28 (36%) described pain during CIC. There is a strong relationship between pain and poor adherence (P <0.01). Female patients had a higher risk of urethral pain during CIC and in contrary BMI>25kg/m2 seems to be a protective factor of pain.


Conclusion

In this series, urethral pain was associated with low compliance and adherence to CIC.


Level of evidence

4.

Mots clés:
autosondages / Douleurs / Questionnaires / Neurologie
Mots-clés:
Self catheterization / Pains / Questionnaires / Neurology
Incontinence : une maladie taboue comme une autre ?
Incontinence: A tabooed disease like another one?
2019
- Éditorial
- Réf : Prog Urol, 2019, 7, 29, 347-348

Mots clés:
X.
Influence de l’indice de masse corporelle sur les troubles urinaires de la sclérose en plaques
Impact of body mass index on lower urinary tract disorders in multiple sclerosis
2019
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2019, 7, 29, 366-370


Introduction

Les troubles vésico-sphinctériens (TVS) sont fréquents dans la sclérose en plaques (SEP), largement dominés par l’hyperactivité vésicale (HAV). Pour autant, leur origine n’est pas forcément univoque. L’obésité, fréquente dans la SEP, est reconnue comme facteur de risque d’incontinence urinaire à l’effort (IUE) et d’HAV dans la population générale. Nous avons voulu évaluer l’influence de l’indice de masse corporelle (IMC) sur les troubles urinaires de la SEP.


Matériels et méthodes

Nous avons réalisé une étude rétrospective monocentrique chez 260 sujets classés en 4 groupes: insuffisance pondérale, poids normal, surpoids, obésité. Les TVS ont été évalués grâce au questionnaire USP. Des comparaisons de moyennes (test de Mann–Whitney) ont été effectuées entre ces groupes, dans la population globale puis en fonction du sexe.


Résultats

Chez la femme, le score HAV moyen était plus élevé chez l’obèse, 10,27 (SD =4,5) qu’en cas de poids normal, 7,96 (SD =4,58), p =0,024. Le score IUE était plus faible en cas de poids normal, 1,69 (SD =2,38) qu’en cas de surpoids, 3,19 (SD =2,91), p =0,002 et d’obésité, 3,80 (SD =3,23), p =0,0005. Comme retrouvé dans la population globale, le score dysurie était plus élevé chez les sujets ayant un poids normal, 4,09 (SD =3,33) que chez les sujets présentant un surpoids, 1,91 (SD =2,03), p =0,0003 ainsi que chez les sujets obèses, 2,33 (SD =2,37), p =0,013. Les mêmes comparaisons effectuées chez l’homme n’étaient pas significatives.


Conclusion

Dans cette série de patients affectés d’une SEP, un IMC élevé était associé à des scores de symptômes USP plus élevés (IUE et HAV) pour les femmes.


Niveau de preuve

4.


Introduction

Lower urinary tract symptoms (LUTS), and principally overactive bladder, are common in multiple sclerosis (MS). However, their origin is not necessarily unique. Obesity is widely recognized as a risk factor for stress urinary incontinence (SUI) and overactive bladder (OAB) in the general population. We wanted to evaluate the influence of body mass index (BMI) on LUTS in the MS population.


Materials and methods

We conducted an uncontrolled monocentric retrospective study in 260 subjects classified into 4 BMI groups: underweight, normal weight, overweight, obese people. Comparisons by Mann–Whitney test were made between different BMI groups, in the overall population and then by gender. LUTS (SUI, OAB, BOO (bladder outlet obstruction) were assessed using USP questionnaire.


Results

In women, the mean OAB score was higher for obese women, 10.27 (SD =4.5) than for normal weight women, 7.96 (SD =4.58), P =0.024. The SUI score was lower for normal weight, 1.69 (SD =2.38) than for overweight, 3.19 (SD =2.91), P =0.002 and obese subjects, 3.80 (SD =3.23), P =0.0005. As in the overall population, the BOO score was higher in subjects with normal weight, 4.09 (SD =3.33) than in subjects with overweight, 1.91 (SD =2.03), P =0.0003 and in obese subjects, 2.33 (SD =2.37), P =0.013. The same comparisons in men were not significant.


Conclusion

In this series, increased BMI was associated with higher OAB and SUI USP questionnaire scores, in women presenting with MS.


Level of evidence

4.

Mots clés:
sclérose en plaques / Indice de masse corporelle / Obésité / Troubles urinaires / Questionnaire USP
Mots-clés:
Multiple sclerosis / body mass index / Obesity / Lower urinary tract symptoms / Urinary symptom profile questionnaire
Intérêt de la stimulation transcrânienne dans les troubles pelvi-périnéaux
Interest of transcranial stimulation in pelvic and perineal disorders
2019
- Revue de la littérature
- Réf : Prog Urol, 2019, 7, 29, 349-359


La stimulation transcrânienne magnétique ou électrique est une technique de neuromodulation non invasive largement utilisée pour établir des cartographies cérébrales afin de mettre en évidence des relations causales entre cerveau et fonction.


Objectif

Le but de cet article est de décrire les intérêts diagnostique et thérapeutique de l’utilisation de la stimulation transcrânienne dans les troubles pelvi-périnéaux.


Méthodes

Une revue de la littérature (base de données Medline) sans limite temporelle a été effectuée à partir des mots clés : « transcranial direct stimulation », « transcranial magnetic stimulation », « neurogenic bladder », « urinary incontinence », « Parkinson disease », « multiple sclerosis », « stroke », « muscle spasticity », « pelvic pain », « visceral pain ».


Résultats

Douze articles ont été retenus dont neuf étaient de niveau de preuve 2b et trois de niveau de preuve 4. La stimulation transcrânienne magnétique ou électrique a un intérêt diagnostique par l’analyse de l’excitabilité corticale afin de comprendre les mécanismes physiopathologiques et pathogéniques des troubles pelvi-périnéaux d’origine cérébrale. Concernant les effets thérapeutiques, la stimulation transcrânienne répétée a montré des effets significatifs pour le traitement de neurovessies centrales hyperactives dans le cadre de la maladie de Parkinson et de la sclérose en plaques, mais également pour le traitement de douleurs pelviennes chroniques résistantes au traitement usuel. Enfin, des effets thérapeutiques ont été démontrés sur les douleurs du syndrome de l’intestin irritable. Aucune preuve d’efficacité n’a été retrouvée dans les troubles génito-sexuels.


Conclusion

La stimulation transcrânienne est un traitement non invasif pouvant avoir une place dans la prise en charge des troubles pelvi-périnéaux. Son champ d’action prometteur nécessiterait la réalisation d’études prospectives à plus grande échelle.


Objective

The aim of this article was to describe the diagnostic and therapeutic value of transcranial stimulation in pelvic and perineal disorders.


Methods

A literature review (Medline database and Google scholar) with no time limit was performed using keywords: “transcranial direct stimulation”, “transcranial magnetic stimulation”, “neurogenic bladder”, “urinary incontinence”, “Parkinson disease”, “multiple sclerosis”, “stroke”, “muscle spasticity”, “pelvic pain”, “visceral pain”.


Results

Twelve articles have been selected. Transcranial magnetic or electrical stimulation is a noninvasive neuromodulation technique widely used to establish brain maps to highlight causal relationships between brain and function. Regarding pelvic-perineal disorders, repeated transcranial stimulation has shown significant effects for the treatment of overactive bladder in Parkinson's disease (P <0.05) and multiple sclerosis, but also for the treatment of refractory chronic pelvic pain (P =0.026). Finally, therapeutic effects have also been demonstrated in irritable bowel syndrome. No evidence of efficacy was found on genito-sexual disorders.


Conclusion

Data from the literature suggest that transcranial stimulation is a noninvasive treatment that may have a role in the management of pelvic and perineal disorders. Its promising field of action would require prospective and randomized studies on a larger scale.

Mots clés:
Stimulation électrique transcranienne directe / Stimulation magnétique transcranienne / vessie neurologique / incontinence urinaire / Maladie de Parkinson
Mots-clés:
Transcranial direct stimulation / Transcranial magnetic stimulation / Neurogenic bladder / Urinary incontinence / Parkinson disease
Résultats et observance de la stimulation transcutanée du nerf tibial dans l’hyperactivité vésicale de la maladie de Parkinson idiopathique. Étude rétrospective.
Results and compliance of transcutaneous tibial nerve stimulation on overactive bladder syndrome in patients with Parkinson's disease. Retrospective Study.
2019
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2019, 7, 29, 378-384


Objectif

Évaluer l’efficacité et la tolérance de la stimulation transcutanée du nerf tibial postérieur (SNT) chez des patients atteints de maladie de Parkinson idiopathique (MPI) ayant un syndrome clinique d’hyperactivité vésicale (SCHV) et mettre en évidence des critères prédictifs d’observance.


Méthode

Nous avons mené une étude rétrospective, monocentrique, d’une cohorte de 17 patients atteints de MPI ayant utilisé la SNT pour un SCHV. L’efficacité du traitement était évaluée sur l’amélioration clinique ressentie avec une note sur 10. Les patients ont été classés comme « observants » s’ils continuaient à utiliser la SNT un an après la prescription ou « non observants » s’ils avaient arrêté. Nous avons comparé différentes caractéristiques entre ces deux sous-groupes (âge, sexe, IMC, ancienneté de la maladie, ancienneté des symptômes, traitements associés, rééducation périnéale associée, score USP, score Qualiveen, score HAD) afin de souligner des critères prédictifs d’observance à la SNT.


Résultats

Dix-sept patients ont été étudiés, 9 femmes et 8 hommes, d’âge médian 66 ans (55–77), avec une durée médiane d’évolution de la maladie de 8 ans (1–22) et des symptômes urinaires de 3 ans (1–10). Une amélioration clinique a été ressentie chez 10 patients sur 17 (59 %), sur la nycturie et/ou l’urgenturie pour 9 patients (médiane 6,5/10). Trois patients n’ont ressenti aucune efficacité, et quatre n’ont pas utilisé assez longtemps le dispositif pour pouvoir l’évaluer. Deux patients ont eu des effets indésirables (décharges électriques et syndrome des jambes sans repos) obligeant l’arrêt. Sept patients ont été classés comme « observants » et dix patients comme « non observants » à 1 an. La plupart des caractéristiques étudiées ne sont pas des critères prédictifs d’observance exceptées la nycturie et pollakiurie qui semblent être prédictifs de bonne observance (p =0,03 et p =0,05 respectivement).


Conclusion

Notre étude semble souligner une efficacité centrée sur la nycturie et l’impériosité. De plus la nycturie et la pollakiurie semblent être des critères prédictifs d’observance de la SNT. La nycturie pourrait donc être un symptôme clé dans l’indication de prescription de SNT dans cette population. Mais d’autres études avec un plus grand effectif doivent être menées pour obtenir une meilleure sélection des patients.


Niveau de preuve

IV.


Purpose

To investigate efficiency and tolerance of transcutaneous tibial nerve stimulation (TNS) in the overactive bladder syndrome in patients with Parkinson's disease (PD), and to identify predictive factors for compliance.


Methods

We conducted a retrospective monocentric study with a cohort of 17 patients with PD who have used TNS for an overactive bladder syndrome. The efficiency of the treatment was evaluated on the clinical improvement felt (rated out of ten). Patients were classified as « adopters » if they continued using TNS for at least one year after beginning the treatment or as « non adopters » if they stopped. Patients characteristics were evaluated for their predictive value for compliance with TNS.


Results

Out of 17 patients, there were 9 women and 8 men, median age 66 years (55–77), median history for Parkinson's disease 8 years (1–22) and for urinary symptoms 3 years (1–10). Subjective efficiency was seen in 10 patients (59%), on nocturia and/or urinary incontinence for 9 patients (mean efficiency 5.75/10 and median efficiency 6.5/10). Three patients found TNS not effective, and four patients didn’t use it long enough to evaluate. Two patients had side effects and stopped the TNS (feeling of electricity and restless leg syndrome). 7 patients were classified as « adopters » and 10 patients as « non adopters » after one year. Most evaluated characteristics proved not to be of predictive value for compliance with TNS except nocturia and pollakiuria (P =0.03 and P =0.05).


Conclusion

Our study seems to reveal TNS is particularly effective on nocturia and urge. Moreover, nocturia and pollakiuria appear to be predictive factors for SNT compliance. Nocturia could be a prominent symptom in SNT's prescription. But studies with more patients should be conducted for obtain better patient selection in TNS.


Level of evidence

IV.

Mots clés:
Stimulation transcutanée du nerf tibial / hyperactivité vésicale / Maladie de Parkinson / Facteurs prédictifs / Observance
Mots-clés:
Transcutaneous tibial nerve stimulation / Lower urinary tract / Over active bladder / Parkinson's disease / Predictive factors
Sphincter urinaire artificiel robot chez la femme : début d’expérience
Laparoscopic robot-assisted artificial urinary sphincter in women: First approach
2019
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2019, 7, 29, 371-377


Objectif

Évaluer l’efficacité du sphincter artificiel (SUA) AMS 800 à moyen terme et les complications par voie cœlioscopique robot assisté chez les femmes ayant une incontinence urinaire d’effort (IUE) par insuffisance sphinctérienne.


Patientes et méthode

Il s’agit d’une étude de cohorte prospective, ayant inclus toutes les femmes avec insuffisance sphinctérienne sévère, ayant une indication de SUA ou de changement de SUA (si celui-ci était défectueux) de juillet 2015 à janvier 2017. Les paramètres étudiés ont été les complications peropératoires, la durée d’hospitalisation, les complications postopératoires, le taux de continence à un an ainsi que la satisfaction des patients.


Résultats

Dix-neuf patientes ont bénéficié d’une chirurgie cœlioscopique robot assistée, 10 primo-implantations et 9 changements de SUA. Il y a eu 4 plaies vésicales peropératoires dont 2 ayant nécessité une conversion par laparotomie. La durée d’hospitalisation moyenne était de 4,1 jours. Trois patientes ont eu des complications postopératoires ayant nécessité une intervention sans ablation du SUA. Une patiente a souhaité une ablation complète de SUA devant la persistance de fuite d’effort (manchette trop large). Un suivi médian de 22 mois (12 à 33 mois) a été effectué. Seize patientes sur 19 sont redevenues complètement continentes et étaient très satisfaites de leur intervention et de l’amélioration de leur qualité de vie.


Conclusion

La technique d’implantation du SUA robot assistée semble sure et reproductible avec des résultats à moyen terme satisfaisants.


Niveau de preuve

4.


Objective of the study

To analyze the medium-term results and complications of the artificial urinary sphincter (AUS) AMS 800 implanted using laparoscopic robot surgery in women with stress urinary incontinence (SUI) due to intrinsic sphincter deficiency (ISD).


Design, setting, and participants

We conducted a prospective cohort study, which included all procedures done in the CHU of Nîmes from July 2015 to January 2017. Patients with SUI by ISD needing an AUS or patients with a malfunctioning AUS needing to be changed were included. We collected data on intraoperative complications, length of hospitalization, postoperative complications, continence rate at twelve months and satisfaction of patients.


Results

Nineteen patients were included, 10 for primo-implantation and 9 for AUS revision. There were 4 postoperative bladder injuries, of which 2 led to laparoconversions. The mean length of hospitalization was 4.1days. Three patients had postoperative complications, which needed an intervention without AUS removal. One patient with persisting SUI due to bladder weakness preferred AUS ablation rather than having a cuff change. There was a median follow-up of 22months (12 to 33months). Sixteen patients out of 19 were completely continent and were satisfied of their intervention and the improvement of their quality of life.


Conclusion

The laparoscopic robot surgery for AUS implantation is safe and reproducible with good medium-term results.


Level of evidence

4.

Mots clés:
Sphincter urinaire artificiel / Robot / laparoscopie / Femme / Incontinence urinaire d’effort
Mots-clés:
Artificial urinary sphincter / Laparoscopic / Robot / Women / Stress incontinence urinary
Thrombosed urethral caruncle following pelvic organ prolapse surgery
Une caroncule urétrale thrombosée après chirurgie d’un prolapsus génital
2019
- Lettre à la rédaction
- Réf : Prog Urol, 2019, 7, 29, 391-392

To the editor,
The authors would like to share the case of a urethral caruncle (UC) (or thrombosed urethral haemorrhoid?) after pelvic organ prolapse (POP) surgery.


Mots clés:
Urethral caruncle / Caroncule urétrale
Mots-clés:
C. / J.F. / X.
Troubles de l’éjaculation et sclérose en plaques : étude prospective de 44 patients
Ejaculation disorders in multiple sclerosis: Prospective study of 44 patients
2019
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2019, 7, 29, 385-390


Introduction

Évaluer les troubles de l’éjaculation au cours de la sclérose en plaques (SEP) et étudier leurs liens avec les autres troubles génito-sexuels, vésico-sphinctériens et ano-rectaux.


Matériel

Il s’agissait d’une étude non interventionnelle prospective monocentrique. Les troubles de l’éjaculation ont été évalués par les scores Premature Ejaculation Profile (PEP), le temps de latence intravaginal et le Male Sexual Health Questionnaire - Ejaculation (MSHQ-Ej). Les troubles génito-sexuels ont été évalués par les scores International Index of Erectile Function (IIEF15) et le Sclerosis Intimacy and Sexuality Questionnaire-19 (MSISQ).


Résultats

Quarante-quatre hommes d’âge moyen 46,8 (±10,3) ans, ayant un EDSS moyen à 5,0 (±1,5) ont été inclus. Les troubles de l’éjaculation étaient présents chez 28 des 44 patients inclus (64 %) ; 26/44 (59 %) présentaient un trouble de l’orgasme, 23/44 (52 %) un retard d’éjaculation, 26/44 (59 %) une diminution de la puissance d’éjaculation, 24/44 (55 %) une diminution du volume d’éjaculat, 18/44 (41 %) une diminution de fréquence d’éjaculation, 15/44 (34 %) des douleurs à l’éjaculation et 11/34 (25 %) présentaient une anéjaculation systématique. Le score PEP mettait en évidence une éjaculation prématurée chez 14 patients (32 %). Le temps de latence intravaginal était de moins de 1minute chez 6 patients (13,6 %). Les troubles de l’éjaculation étaient corrélés aux troubles de l’érection (p <0,05, r  = 0,53) mais n’étaient pas corrélés aux troubles vésico-sphinctériens ou ano-rectaux.


Conclusion

La dyséjaculation était présente chez 64 % des SEP. Ces troubles étaient essentiellement caractérisés par une diminution du volume de l’éjaculat, de la puissance de l’éjaculation et un retard à l’éjaculation.


Niveau de preuve

4.


Introduction

To analyze in a descriptive way the ejaculation disorders during MS and to study the correlations between dysejaculations, other sexual, urinary and anorectal disorders.


Material

Prospective, monocentric, non-interventional study. Ejaculation disorders were assessed by Premature Ejaculation Profile (PEP) scores, intravaginal latency, and the Male Sexual Health Questionnaire - Ejaculation (MSHQ-Ej). The sexual disorders were evaluated by the International Index of Erectile Function (IIEF15) and the Sclerosis Intimacy and Sexuality Questionnaire-19 (MSISQ).


Results

Forty-four men of mean age 46.8 (±10.3) years, with an average EDSS of 5.0 (±1.5) were included. According to the MSHQ-Ej score, ejaculation disorders were present in 28 out of 44 patients included (64%); 26/44 (59%) had an orgasm disorder, 23/44 (52%) a delay in ejaculation, 26/44 (59%) a decrease in ejaculation flow, 24/44 (55%) decreased ejaculated volume, 18/44 (41%) decreased ejaculation frequency, 15/44 (33%) ejaculatory pain and 11 34 (25%) showed systematic non ejaculation. The PEP score showed premature ejaculation in 14 patients (32%). The intra-vaginal latency time was less than 1minute in 6 patients (13.6%). There was a statistically significant correlation between ejaculation disorders and erectile dysfunction (P <0.05, correlation coefficient at 0.53) but no statistically significant correlation between ejaculation disorders and urinary or ano-rectal disorders.


Conclusions

Dysejaculation was present in 64% of MS. These disorders were mainly characterized by a decrease in the volume of the ejaculation, the strength of ejaculation and the delay in ejaculation.


Level of evidence

4.

Mots clés:
sclérose en plaques / Éjaculation / érection / vessie hyperactive
Mots-clés:
Multiple sclerosis / Éjaculation / érection / Overactive bladder
Complications des traitements multimodaux
Toxicity of multimodal regimens in prostate cancer
2019
- Réf : Prog Urol, 2019, 7, 29, S35, suppl. S1


Les traitements multimodaux, c’est-à-dire qui associent plusieurs approches thérapeutiques, prennent une place de plus en plus importante dans le cancer de la prostate, en particulier dans les formes localisées à haut risque. On peut distinguer :

– La chirurgie suivie d’une irradiation, adjuvante ou de rattrapage précoce. Le bénéfice de cette approche reste à démontrer ; par contre, plusieurs analyses prospectives tendent à montrer une fréquence accrue de séquelles, en particulier urinaires, quand elle est employée.
– La radiothérapie (RT) associée à l’hormonothérapie, qui a démontré un bénéfice significatif en survie globale dans plusieurs essais randomisés. Là encore, une altération de la qualité de vie est constamment retrouvée, en particulier en comparant avec l’irradiation exclusive. L’association d’une hormonothérapie doit être bien pesée et n’être proposée qu’aux formes à haut risque. Sa durée doit être également minimisée.
– Il n’y a pour l’instant aucune indication à associer l’hormonothérapie à la chirurgie en l’absence d’atteinte ganglionnaire.
– La combinaison d’une RT externe et d’une curiethérapie apparaît prometteuse, mais expose également à un risque plus élevé de toxicité urinaire.

En conclusion, les approches multimodales majorent les effets secondaires par rapport à la chirurgie ou à la RT délivrées isolément. Leurs indications doivent être discutées avec le patient après évaluation du rapport bénéfices/risques.


Multimodal regimens consist en more than one treatment to treat localized prostate cancer. They are now proposed routinely for high-risk diseases. Different approaches could be defined:

Surgery, followed by adjuvant or salvage radiotherapy. However, the improvement of this approach on overall survival had to be demonstrated. Several retrospective studies showed that late effects, particularly urinary sequelae, are more frequent with this treatment combination compared to surgery or radiotherapy given alone.
Radiotherapy combined with androgen-deprivation therapy (ADT) improved overall survival over radiotherapy alone or ADT alone in several randomized trials. However, alteration of quality of life is systematically reported in these trials, mostly due to ADT. Benefit of ADT must be weighted against its toxicity. Its duration must be also personalized.
Today, there is no indication to associate ADT to surgery, except in the case of positive nodes.
Combination of external beam radiotherapy and brachytherapy seems promising, but could lead to more frequent and severe urinary side effects.

In conclusion, multimodal regimens increase the risk of side effects compared to surgery or radiotherapy alone. Indications of these approaches muste be discussed with the patients after a careful evaluation of the benefit/risk ratio.

Mots clés:
Cancer de la prostate / Prostatectomie / Radiothérapie externe / Curiethérapie / Hormonothérapie
Mots-clés:
prostate cancer / Prostatectomy / External beam radiotherapy / brachytherapy / Androgen-deprivation therapy
Editorial
2019
- Réf : Prog Urol, 2019, 7, 29, S1, suppl. S1

Mots clés:
F.
Optimisation du contrôle local des cancers de la prostate à haut risque par les traitements multimodaux
Optimizing local control of high-risk prostate cancers through multimodal treatments
2019
- Réf : Prog Urol, 2019, 7, 29, S8, suppl. S1


Le cancer de la prostate est un adénocarcinome sensible, dans plus de 80 % des cas, à la castration chimique, en raison de son hormonodépendance. Le cancer localement avancé et/ou à haut risque se définit en fonction du stade clinique, de la valeur du Prostate Spécifie Antigen (PSA) initial ou du score de Gleason élevé. L’hormonothérapie associée à la radiothérapie est le standard de la prise en charge et améliore le contrôle local, diminue le risque de métastase à distance et améliore la survie spécifique et globale. La durée d’hormonothérapie, le niveau de dose de radiothérapie seule ou associée à la curiethérapie sont des données controversées dans la littérature. La chirurgie par prostatectomie radicale est une option thérapeutique qui doit être réalisée avec un curage ganglionnaire extensif et elle s’inscrit souvent dans une séquence de soin multimodale. Le choix thérapeutique, pluridisciplinaire, dépend de l’âge et des comorbidités du patient, des critères pronostiques de la pathologie et de la fonction urinaire du patient. La recherche actuelle est orientée sur l’optimisation du contrôle local et à distance de ces formes agressives et intègre la chimiothérapie néo-adjuvante ou adjuvante de même que les nouvelles hormonothérapies.


Prostate cancer is a sensitive adenocarcinoma, in more than 80 % of cases, to chemical castration, due to its hormone dependence. Locally advanced and/or high-risk cancer is defined based on clinical stage, initial PSA value or high Gleason score. Hormone therapy associated with radiation therapy is the standard of management and improves local control, reduces the risk of distant metastasis and improves specific and overall survival. Duration of hormone therapy, dose level of radiation therapy alone or associated with brachytherapy are controversial data in the literature. Radical prostatectomy surgery is a therapeutic option that must be performed with extensive lymph node dissection and is often part of a multimodal care sequence. The therapeutic choice, multidisciplinary, depends on the age and co-morbidity of the patient, the prognostic criteria of the pathology and the urinary function of the patient. Current research focuses on optimizing local and distant control of these aggressive forms and incorporates neo-adjuvant or adjuvant chemotherapy and also new hormone therapies.

Mots clés:
Cancer de la prostate / prostatectomie radicale / radiothérapie / Chimiotherapie / Haut risque
Mots-clés:
prostate cancer / radical prostatectomy / radiotherapy / chemotherapy / High-risk
Place de la médecine nucléaire au sein de la prise en charge du cancer de la prostate
Nuclear medicine for prostate cancer management
2019
- Réf : Prog Urol, 2019, 7, 29, S2, suppl. S1


La médecine nucléaire est une spécialité primordiale dans l’évaluation et la prise en charge du cancer de la prostate. Son développement récent, notamment au travers de l’imagerie métabolique et la thérapie isotopique, en fait un acteur majeur dans la prise en charge du cancer de la prostate métastatique. L’objectif de cet article était de reporter sa place au sein des différents stades de la maladie au travers d’une revue compréhensive des recommandations nationales et internationales.


Nuclear medicine is a keystone specialty in the evaluation and management of prostate cancer. Its recent development, particularly through metabolic imaging and isotope therapy, has made it a major gamechanger in the management of metastatic prostate cancer. The aim of this article was to postpone its place within the various stages of the disease through a comprehensive review of national and international recommendations.

Mots clés:
Médicine nucléaire / Cancer de la prostate
Mots-clés:
Nuclear medicine / prostate cancer
Prise en charge des patients sous traitement systémique
Management of patients with systemic treatments
2019
- Réf : Prog Urol, 2019, 7, 29, S42, suppl. S1


À ce jour les traitements systémiques incluant les hormonothérapies ou les chimiothérapies sont utilisés à différents stades de la maladie cancéreuse prostatique. Plusieurs types de complications peuvent survenir au cours d’un traitement systémique dans le cancer de la prostate, en fonction de la gamme thérapeutique. Les plus fréquents avec l’hormonothérapie sont la fatigue, la perte musculaire, la perte osseuse, l’hypertension artérielle et les syndromes métaboliques. Sous chimiothérapie, le risque le plus important est lié à la toxicité hématologique, mais il peut également survenir des neuropathies périphériques, une mucite, de la diarrhée et des réactions d’hypersensibilité. La qualité du bilan préthérapeutique et la rigueur du suivi des patients permettent d’anticiper la plupart de ces événements, de les prévenir ou de les prendre en charge à un stade précoce lorsqu’ils se manifestent. Le volet le plus important est l’éducation du patient, qui passe par une information complète et la mise en place de soins de support dès l’initiation du traitement. Un avis spécialisé (cardiologique ou endocrinologique par exemple) est recommandé en cas de symptomatologie non contrôlée. La reprise d’un traitement ayant entraîné une complication majeure doit faire l’objet d’une discussion multidisciplinaire prenant en compte la gravité de l’événement, sa réversibilité, l’espérance de vie du patient ainsi que l’efficacité attendue de la molécule.


To date, systemic treatments, including hormone therapies or chemotherapy, are used at different stages of prostate cancer disease. Several types of complications can occur during systemic treatment in prostate cancer, depending on the therapeutic range. The most common with hormone therapy are fatigue, muscle loss, bone loss, high blood pressure and metabolic syndromes. For chemotherapy, the most significant risk is related to hematological toxicity, but peripheral neuropathies, mucositis, diarrhea and hypersensitivity reactions may also occur. The quality of the pre-treatment assessment and the rigorousness of patient follow-up make it possible to anticipate most of these events, to prevent them or to manage them at an early stage when they occur. The most important aspect is patient education, which involves comprehensive information and the implementation of supportive care as soon as the treatment is initiated. Specialized advice (e. g. cardiological or endocrinological) is recommended in the event of uncontrolled symptomatology. The resumption of treatment leading to a major complication should be the subject of a multidisciplinary discussion taking into account the severity of the event, its reversibility, the patient’s life expectancy and the expected efficacy of the molecule.

Mots clés:
Adénocarcinome prostatique / Chimithérapie / Hormomothérapie / Effects secondaires
Mots-clés:
Prostate adenocarcinoma / chemotherapy / Hormone therapy / Side effects
Prise en charge du cancer de la prostate oligo-métastatique
Oligometastatic prostate cancer management
2019
- Réf : Prog Urol, 2019, 7, 29, S20, suppl. S1


Objectifs

Réaliser un état de l’art exhaustif du traitement du cancer de la prostate oligométastatique.


Matériel et méthodes

Une recherche bibliographique exhaustive à partir de Medline (www.ncbi.nlm.nih.gov), Embase (www.embase.com) et US National Library of Medicine (www.clinicaltrials.gov) a été réalisée entre 1990 et 2019 en utilisant les mots-clés suivants seuls ou en combinaison « prostate cancer ; metastasis ; oligo-metastasis ». Les articles obtenus ont été sélectionnés sur leur méthodologie, leur langue de publication (anglais/français), et leur pertinence. Après élimination des doublons et analyse des articles, 99 articles ont été sélectionnés.


Résultats

Le cancer de la prostate oligo-métastatique est une entité nouvelle définissant un cancer de la prostate avec un nombre limité de localisations secondaires. Ce stade devient de plus en plus fréquent du fait de progrès de l’imagerie notamment l’utilisation des nouveaux traceurs marqués (choline ou PSMA) lors des tomodensitométries par émission de positrons (TEP). Il n’y a aujourd’hui aucune définition consensuelle du stade oligo-métastatique concernant le nombre et la localisation des métastases. De plus ce stade peut être observé soit de novo lors du diagnostic du primitif, soit dans le cas de récidive après un traitement primaire. En l’absence de données de haut niveau de preuves, il n’existe pas aujourd’hui de recommandations concernant la prise en charge du cancer de la prostate à ce stade. Dans le cancer de la prostate oligo-métastatique de novo, le traitement du primitif en association avec la déprivation androgénique (DA) semble améliorer la survie chez certains patients bien sélectionnés. Ces données nécessitent cependant d’être confirmées par les nombreux essais cliniques prospectifs actuellement en cours. En cas de récidive, le traitement direct des métastases (avec ou sans DA) est régulièrement discuté mais son impact reste à analyser.


Conclusion

La prise en charge de la maladie oligo-métastatique est un exemple de prise en charge personnalisée et individualisée qui doit tenir compte du patient, des caractéristiques du cancer, de son traitement initial, du nombre et du site de la ou des localisations métastatiques. En absence de consensus et de recommandations de bonnes pratiques, la discussion et la validation en réunion de concertation pluridisciplinaire de la stratégie thérapeutique prennent tout leur sens.


Objective

To review biology and management of oligometastatic prostate cancer.


Material and Methods

Relevant publications were identified through Medline (www. ncbi.nlm.nih.gov), Embase (www.embase.com) and the US National Library of Medicine (www.clinicaltrials.org) databases using the following keywords, alone or in association, «prostate cancer; metastasis; oligo-metastasis». Articles were selected according to methods, language of publication and relevance. After careful selection 99 publications were eligible for our review.


Results

Oligometastatic prostate cancer is a new entity including prostate cancer with a limited number of metastasis. This particular state becomes more frequent with the imaging progresses especially with the common use of new PET imaging with Choline or PSMA. There is no consensus about a strict definition of oligometastatic prostate cancer, number and sites of metastasis vary widely in the literature. Moreover, oligometastatic state can be observed de novo at the time of prostate cancer diagnosis as well as in case of recurrence after a primary treatment. There is actually an important lack of evidence-based medicine and no guidelines regarding treatment can be found. In de novo oligo-metatastatic prostate cancer, treatment of the primary tumor in association with androgen deprivation therapy seems to increase survival in selected patients but this needs to be confirmed by ongoing prospective clinical trials. In recurrent prostate cancer, metastasis directed therapy with or without androgen deprivation therapy is now routinely performed but its impact needs also to be analyzed.


Conclusion

In absence of consensus or guidelines, management of prostate cancer should be an individualized, patient-based management taking into account primary tumor stage and grade, number and types of metastasis and patient characteristics.

Mots clés:
Cancer / prostate / Métastase / Oligo-métastase
Mots-clés:
Cancer / prostate / Métastase / Oligo-métastase