Base bibliographique

L'étude PCPT
The PCPT trial
2008
- Réf : Prog Urol, 2008, 18, 40-43, suppl. 3

L’étude PCPT est la première étude de phase III de grande envergure, randomisée, comparant la prise de finastéride (inhibiteur de la 5-α-réductase) contre placebo dont l’objectif principal était d’étudier l’hypothèse de la mise en place d’une chimioprévention pour prévenir le développement du cancer de la prostate. Au total, 18 882 hommes âgés de 55 ans ou plus, avec un toucher rectal sans particularité et un PSA sérique inférieur à 3 ng/ml ont été randomizes entre un traitement quotidien par 5 mg de finastéride ou un placebo pendant 7 ans. L’incidence du cancer de la prostate diagnostiqué par biopsies a été de 24,4 % dans le groupe placebo contre 18,4 % dans le groupe finastéride. Une incidence des cancers de haut grade de Gleason (7-10) dans le groupe finastéride (6,4 %) semblait plus importante en comparaison du groupe placebo (5,1 %), mais il a été démontré ultérieurement que ces résultats n’étaient pas significatifs. Les effets secondaires sexuels étaient plus fréquents dans le groupe finastéride. Les symptômes urinaires ont été plus nombreux dans le groupe placebo que dans le groupe finastéride. Les volumes des prostates traités par finastéride étaient réduits de 24 % par rapport aux volumes du bras placebo. Pour autant, il ne semble pas légitime de donner du finastéride pour prévenir l’apparition du cancer de la prostate à ce jour, tant que des resultants probants n’ont pas été obtenus concernant la nature des cancers qui auraient éventuellement pu être détectés ou évités.

The PCPT trial is the first phase III trial with the principal objective of examining the hypothesis that the use of chemoprevention could prevent the development of prostate cancer. This is a large scale randomised clinical trial comparing finasteride (5-α reductase inhibitor) to placebo. A total of 18,882 men aged 55 years old or above with unremarkable rectal examination and serum PSA below 3 ng/ml were randomised between daily treatment with 5 mg of finasteride or placebo for 7 years. The incidence of prostate cancer diagnosed by biopsy was 24.4% in the placebo group compared to 18.4% in the finasteride group. The incidence of high Gleason grade cancers (7-10) in the finasteride group (6.4%) appeared to be higher than in the placebo group (5.1%) although it was subsequently shown that these results were not significant. Sexual adverse effects were more common in the finasteride group and urinary symptoms were more common in the placebo group than in the finasteride group. The volumes of prostates treated with finasteride were reduced by 24% compared to the placebo arm. It does not therefore appear at present appropriate to give finasteride to prevent the development of prostate cancer until more detailed results are available about the nature of the cancers which may possibly have been detected or avoided.

Mots clés:
PCPT / Cancer de la prostate / dépistage / Chimioprévention
Mots-clés:
PCPT / Prostate cancer / Screening / Chemoprevention
Le point de vue du pathologiste concernant l'étude PCPT
The pathologist's perspective on the PCPT trial
2008
- Réf : Prog Urol, 2008, 18, 47-52, suppl. 3

L’étude PCPT (Prostate Cancer Prevention Trial) qui a évalué la prise de 5 mg/j de finastéride contre un placebo, chez des hommes de plus de 55 ans, a montré que ce traitement diminuait l’incidence du cancer de la prostate de 24,4 à 18,4 %. Paradoxalement, l’incidence des cancers de haut grade (score de Gleason ≥ 7) était plus élevée dans le groupe finastéride (6,4 %) que dans le groupe placebo (5,1 %). L’interprétation histologique des pièces de prostatectomie radicale, montre en fait qu’il existe une sur-évaluation du score de Gleason sur biopsie, à la fois dans le groupe finastéride et placebo. Les cancers de haut grade existant sur les pièces de prostatectomie totale ne sont pas plus agressifs dans le bras finastéride que dans le bras placebo. Il n’existe pas d’argument permettant d’affirmer que la prise de finastéride au long cours puisse favoriser l’apparition d’un cancer hautement agressif. L’urologue doit cependant savoir qu’il peut exister des modifications morphologiques induites par ce traitement pour prévenir le pathologiste. En cas de diagnostic de cancer de prostate de score de Gleason ≥ 7 chez un patient traité, celui-ci pratiquera une double lecture des lames pour confirmer ce score.

The PCPT (Prostate Cancer Prevention Trial) trial which compared 5 mg/d of finastéride to placebo in men over 55 years old showed that active treatment reduced the incidence of prostate cancer from 24.4 to 18.4%. Paradoxically, the incidence of high grade cancers (Gleason score ≥ 7) was higher in the finasteride group (6.4%) than in the placebo group (5.1%). Histological interpretation of the radical prostatectomy specimens showed an overestimation of Gleason score on biopsy both in the finasteride and placebo group. The high grade cancers on total prostatectomy specimens were not more aggressive in the finasteride arm than in the placebo arm. There is no argument to suggest that long term finasteride may promote the development of highly aggressive cancer. Urologists must clearly be aware that finasteride treatment may result in morphological changes in order to inform the pathologist that this drug is being taken. If a prostate cancer with a Gleason score ≥ 7 is diagnosed in a treated patient, the pathologist will perform a double reading of the slides to confirm the score.

Mots clés:
Inhibiteur de la 5-alpha réductase / score de Gleason / cancer de prostate / PSA / Volume prostatique
Mots-clés:
5-alpha reductase inhibitor / Gleason score / Prostate cancer / PSA / Prostatic volume
Pertinence d'une chimioprévention à partir de l'étude PCPT
Relevance of chemoprevention from PCPT trial
2008
- Réf : Prog Urol, 2008, 18, 63-65, suppl. 3

La chimioprévention correspond à l’utilisation active d’un médicament inhibant la carcinogenèse dans le but de prévenir l’apparition d’un cancer. Le cancer de la prostate a une prévalence élevée, une latence importante et le dépistage est insuffisant. La morbidité et la mortalité du cancer de la prostate étant significatives, cela en fait un bon candidat à la chimioprévention. Le finastéride répond à la majorité des critères requis pour un agent de chimioprévention. Pour autant certains éléments doivent encore être élucidés avant d’envisager son utilisation en pratique : la réalité de l’augmentation du score de Gleason, les économies de santé escomptées, les effets secondaires sur la sexualité, l’impact sur la survie des patients et la population cible idéale.

Chemoprevention involves the active use of a drug inhibiting carcinogenesis in order to prevent the development of cancer. Prostate cancer has a high prevalence, long latent period and screening is inadequate. The morbidity and mortality of prostate cancer are significant, making it a good candidate for chemoprevention. Finasteride meets most of the necessary criteria for a chemoprevention agent. Nevertheless, some further information still needs to be obtained before considering its use in practice: the real nature of the increase in Gleason score, envisaged health savings, side effects on sexuality, impact on patient survival and the ideal target population.

Mots clés:
Inhibiteur de la 5-alpha réductase / cancer de prostate / Chimioprévention / PSA / Volume prostatique
Mots-clés:
5-alpha reductase inhibitor / Prostate cancer / Chemoprevention / PSA / Prostatic volume
Suivi pratique d'un patient traité par finastéride pour le dépistage de cancer de prostate
Practical follow-up of a patient treated with finasteride in screening for prostate cancer
2008
- Réf : Prog Urol, 2008, 18, 58-62, suppl. 3

L’analyse de la littérature et notamment de l’étude Prostate Cancer Prevention Trial (PCPT) permet de proposer les conclusions suivantes concernant le suivi pratique d’un patient sous finastéride pour le dépistage de cancer de prostate. Le pourcentage moyen de réduction du volume prostatique était de 17 à 19 %. Une baisse du PSA en moyenne de 50 % a été observée après un an de finastéride. Cet abaissement s’est poursuivi avec le temps en moyenne de 5 % par an. Un facteur d’ajustement de × 2 à 1 an a été utilisé pour retrouver une valeur de PSA d’un groupe d’hommes non traités. Les rapports de PSA libre/PSA total et PSA complexé/PSA total sont restés inchangés et ont été interprétés comme habituellement. Le risque de cancer était faible en cas d’abaissement du PSA ≥ 50 % et élevé en cas d’abaissement

The following conclusions can be made on the practical follow up of a patient receiving finasteride in screening for prostate cancer from an analysis of the literature and, particularly, the Prostate Cancer Prevention Trial (PCPT). Prostate volume fells by an average of 17 to 19%. The average fall in PSA after one year of finastéride treatment was 50%. This fall continued over time, at an average of 5% per year. An adjustment factor of × 2 at 1 year was used to return to a PSA value of a group of untreated men. The ratios of free PSA/total PSA and complexed PSA/total PSA remained unchanged and were interpreted as usual. The risk of cancer was low if the PSA fell by ≥ 50% and raised if it fell by

Mots clés:
Inhibiteur de la 5-alpha réductase / cancer de prostate / dépistage / PSA / Volume prostatique
Mots-clés:
5-?-reductase inhibitor / Prostate cancer / Screening / PSA / Prostatic volume