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Sommaire :

Urétroplasties par lambeaux cutanés pédiculés péniens : technique chirurgicale et résultats
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 848


Objectifs

Le rétrécissement l’urètre (RU) est une pathologie grave par ses complications. Certaines sténoses sont traitées par les méthodes mini-invasives (dilatations, incisions à la lame froide..) avec succès, alors que d’autres récidivent rapidement nécessitant une réparation chirurgicale à ciel ouvert. Le but de notre travail est d’exposer la technique de l’urétroplastie par lambeaux cutanés pédiculés péniens et ses résultats.


Méthodes

Étude rétrospective colligeant 77 patients sur une période de 14 ans (juillet 2006 à mars 2020). Les critères d’inclusions étaient : les patients présentant un RU confirmé à l’urétrocystographie rétrograde et mictionnelle (UCRM) ayant subi une urétroplastie par lambeaux cutanés pédiculés péniens. Le succès est défini par le non recours a une instrumentation urétrale.


Résultats

L’âge moyen était de 45 ans (10-87). L’étiologie était post-traumatique (n =28), Scléro-inflammatoire (n =20), iatrogène (n =9, 6 sondages, 3 instrumentations urologiques) et indéterminée pour le reste. La longueur moyenne du rétrécissement était de 5cm (3-10cm). Toutes les sténoses étaient bulbaire, certaines d’entre elles s’étendaient dans l’urètre pénien proximal. La longueur moyenne du patch était de 6cm. Les complications postopératoires étaient dominées par les fistules anastomotiques (6 %). La durée moyenne du suivi était de 60 mois (6-120) Le taux de succès global était de 88 %. La récidive du rétrécissement a été notée chez 4 patients (5 %) à 1 an et 5 patients (7 %) à 3 ans. Aucun cas de nécrose du lambeau n’a été noté.


Conclusion

L’urétroplastie par lambeaux cutanés pédiculés péniens est une technique chirurgicale reconstructrice efficace pour les rétrécissements urétraux antérieurs et complexes. Facile à apprendre, elle se fait en un seul temps avec des résultats esthétiques et fonctionnels encourageants.

Urétroplasties pour sténoses symptomatiques de l’urètre masculin : taux de succès et facteurs prédictifs de récidive dans une cohorte de 103 patients avec un suivi moyen de 5 ans
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 738-739


Objectifs

L’urétroplastie (UP) pour sténose urétrale (SU) est l’approche chirurgicale recommandée en cas d’échec de traitement endoscopique. Les données publiées montrent des taux de succès variant de 60 à 98 % selon les centres et les techniques. Les facteurs prédictifs de récidive sont multiples ; certains comme les modalités de drainage urinaire postopératoire ne sont pas étudiés. L’objectif principal de cette étude était d’évaluer le taux de survie sans récidive (succès) des UP de notre centre. Les objectifs secondaires étaient de déterminer des facteurs prédictifs de récidive.


Méthodes

Cohorte rétrospective monocentrique incluant tous les hommes ayant bénéficié d’une UP pour SU entre 2007–2017, suivis au minimum pendant 12 mois. La récidive était définie comme toute symptomatologie nécessitant un geste complémentaire (endo-urétral ou chirurgical). Les données des sténoses de l’urètre mobile (pénien) (SUM) et celles de l’urètre fixe (bulbaire ou membraneux) (SUF) ont été analysées séparément. La survie sans récidive a été analysée selon le modèle de Kaplan–Meier. Les caractéristiques des patients (âge, antécédents), de la sténose (longueur…), de la technique chirurgicale et des modalités de drainage urinaire postopératoire ont été analysés en sous-groupes pour les SUF à la recherche d’une corrélation avec la récidive.


Résultats

Cent trois patients ont été inclus : 25 (24,27 %) avec une SUM et 78 (75,73 %) avec une SUF. Le taux de succès global était de 69 % IC95 % [60–79] avec un suivi moyen de 62,85 mois [LQ25 %=22 ; UQ75 %=98]. Le succès était de 68 % IC95 % [46–82] pour les SUM et 69,23 % IC95 % [58–78] pour les SUF. La totalité des récidives survenait lors des 12 premiers mois. Le succès était meilleur pour les techniques d’UP par greffe de muqueuse buccale (73,3 %) et UP terminoterminales (72,2 %) comparé aux autres techniques (50 %). Le drainage urinaire sus-pubien postopératoire était un facteur protecteur (HR=0,947, IC95 % [0,905–0,992]). Une durée supérieure à 14jours diminuait la récidive de 37 %. Les autres facteurs étudiés n’étaient pas corrélés au risque de récidive (Fig. 1, Fig. 2, Tableau 1).


Conclusion

Dans cette étude, le taux de survie sans récidive après UP est de 69 % à l’issue de la période de suivi, comparable aux séries publiées. Les facteurs prédictifs de récidive sont liés à la technique opératoire et au drainage urinaire sus-pubien postopératoire.

Utilisation de la technologie d’impression 3D pour créer un simulateur haute-fidélité d’urétéroscopie : développement et évaluation
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 806-807


Objectifs

La simulation en chirurgie tend à se développer mais son expansion est ralentie par une charge organisationnelle et budgétaire très lourde. Nous avons souhaité créer et évaluer un simulateur d’urétéroscopie souple (URSS) haute-fidélité par impression 3D à partir d’un cas réel, d’utilisation facile et adapté à la formation des jeunes internes en urologie.


Méthodes

Le TDM d’un patient a été segmenté à l’aide du logiciel Synapse 3D (Fujifilm) pour obtention d’une modélisation 3D au format.stl. comportant vessie, uretère et cavités rénales (Fig. 1). Ce fichier a été imprimé en 3D (imprimante J750, Stratasys®) et un calcul a été introduit dans le calice moyen antérieur. La procédure simulée consistait en une extraction lithiasique monobloc. Celle-ci a été effectuée par 19 participants de 3 groupes de niveau (6 externes, 7 internes et 6 CCA à deux reprises à un mois d’intervalle). Ils étaient chronométrés et évalués par un score global et un score de tâches spécifiques sur l’enregistrement vidéo anonymisé de la procédure. Les analyses statistiques comportaient des tests t de Student appariés pour les comparaisons entre les deux évaluations et des tests de Kruskal–Wallis pour les comparaisons inter-groupes (Fig. 2).


Résultats

Les participants ont vu significativement leurs performances s’améliorer entre les deux évaluations (Fig. 3), sur le score global (p <0,001), le score de tâches (p <0,001) et le temps de procédure (p =0,001). Les externes ont montré la plus grande progression pour le score global (+15,5 points sur 35 en moyenne, p =0,001) et pour le score de tâches (+6,5 points sur 20 en moyenne, p <0,001). Parmi les participants, 63,2 % jugeaient le modèle tout à fait ou plutôt réaliste au niveau du visuel. Cent pour cent des participants étaient tout à fait ou plutôt d’accord sur l’intérêt du simulateur pour la formation des jeunes internes.


Conclusion

Notre simulateur d’urétéroscopie imprimé en trois dimensions a montré sa capacité à faire progresser les novices en endoscopie tout en étant facile d’utilisation et de coût raisonnable. Il pourrait avoir sa place dans un programme de formation au début de l’internat d’urologie, s’inscrivant dans la ligne des dernières recommandations en matière d’enseignement chirurgical.

Utilisation d’endoprothèses urétérales magnétisées après transplantation rénale dans un centre hospitalo-universitaire : impacts d’un changement de pratiques
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 723


Objectifs

La transplantation rénale est à l’heure actuelle le seul traitement curatif de l’insuffisance rénale chronique à un stade terminal. Dans la plupart des centres, une sonde double J (JJ) est mise en place en fin d’intervention pour prévenir le risque de fistule urinaire. Le but de notre étude a été d’évaluer les impacts liés à l’utilisation d’une JJ magnétisée versus JJ standard.


Méthodes

La JJ magnétisée Blackstar® (Urotech GmbH, distribution en France par Asept InMed) est équipée à son extrémité vésicale d’un aimant cylindrique, ce qui rend possible son extraction à l’aide d’un mandrin aimanté. Une étude rétrospective a été menée sur 90 patients transplantés en 2017, afin d’estimer les impacts liés à l’utilisation d’un dispositif magnétisé. Deux groupes ont été comparés : 46 patients avec JJ magnétisée et 44 patients avec JJ standard. Plusieurs critères ont été étudiés : infections urinaires précoces, complications non infectieuses, durée de maintien du dispositif. Par ailleurs, une évaluation de l’impact économique et organisationnel a été réalisée.


Résultats

Les 2 groupes étaient comparables en termes de caractéristiques préopératoires et de reprise de fonction. Aucune différence significative n’a été retrouvée concernant les complications urologiques ou vasculaires de la greffe (13 versus 25 %, p =0,2383). Les taux d’infections urinaires étaient comparables (11 versus 14 %, p =0,9373). L’utilisation de JJ magnétisées a permis une ablation plus précoce dans notre centre (27,4 versus 32,3jours, p =0,0030). Deux JJ magnétisées (4 %) n’ont pas pu être extraites avec le mandrin et 6 (13 %) ont été retirées au cystoscope par manque de communication. L’évaluation économique était en faveur du dispositif magnétisé, avec une économie de 50 % (102 versus 202€ TTC). L’ablation avec mandrin aimanté permet à un infirmier seul d’effectuer le geste et l’absence de recours à la cystoscopie préserve le personnel de l’exposition aux agents désinfectants.


Conclusion

L’utilisation des JJ magnétisées permet, avec une sécurité du patient équivalente et pour un coût inférieur, une ablation au cours d’un geste rapide pouvant être réalisé par un infirmier, libérant le médecin pour la réalisation d’actes à plus forte valeur ajoutée. Son utilisation nécessite une bonne communication entre les équipes, pour que le retrait soit effectué avec le mandrin aimanté.

Utilisation d’un “harpon” (ultraclip) de repérage pour l’exérèse robot-assistée d’une récidive sous-diaphragmatique d’un carcinome à cellules rénales
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 840


Objectifs

Cette vidéo présente l’utilisation d’un harpon pour faciliter le repérage d’un nodule rétro-péritonéal de récidive après tumorectomie rénale droite et effraction peropératoire de la tumeur. Compte tenu de la petite taille du nodule (8mm) et de sa localisation rétropéritonéale très craniale (cul de sac costo-diaphragmatique), nous proposons un artifice permettant de s’assurer de son exérèse complète.


Méthodes

Le “harpon” Ultraclip (BARD biopsy) est habituellement utilisé en chirurgie mammaire pour repérer les micronodules et permettre leur exérèse chirurgicale. Il présente l’avantage d’être solidaire d’un fil (aide au guidage), et d’être très hyperéchogène (métallique) afin d’aider au repérage manuel, visuel ou échographique. Nous présentons ici le cas d’un patient de 59 ans, opéré dans un autre centre d’une tumorectomie rénale droite pour carcinome à cellules claires de grade 2 et présentant à 6 mois post opératoire un nodule sous diaphragmatique de 4mm. 3 mois plus tard, la croissance en taille de ce nodule (8mm) et l’apparition d’un second nodule sur la face antérieure du rein, a conduit le patient à consulter dans notre centre pour un traitement chirurgical de cette récidive. Le harpon Ultraclip a été positionné dans le nodule sous diaphragmatique la veille de l’intervention lors d’une procédure sous guidage scannographique. L’intervention a été menée sous assistance robotique (DaVinci Xi).


Résultats

Après discussion en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP), une indication de néphrectomie totale a été posée. Les questions posées en RCP et les critères de choix sont discutés dans l’introduction de cette vidéo. Cette dernière présente la mise en place du clip puis une intervention classique de néphrectomie totale élargie à la glande surrénale avec deux spécificités : le passage volontairement en trans-hépatique compte tenu des accolements du foie avec le lit de la tumorectomie, et le repérage du harpon métallique permettant d’assurer l’exérèse complète du nodule très haut situé dans le cul de sac costo-diaphragmatique.


Conclusion

Dans cet exemple, l’utilisation du harpon ultraclip a permis d’assurer l’exérèse complète d’un nodule de récidive rétropéritonéale d’un carcinome à cellules rénales. Nous pensons que cet artifice peut-être utilisé dans d’autre situations de chirurgie d’exérèse de lésions rétropéritonéales ou ganglionnaires dont le repérage peropératoire n’est pas toujours aisé, même à l’aide d’une sonde d’échographie endo-corporelle.

Valeur pronostique de la pression de clôture urétrale obtenue après sphincter urinaire artificiel chez l’homme
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 783


Objectifs

La continence après implantation d’un sphincter artificiel urinaire (SAU) chez l’homme est multifactorielle. Toutefois l’augmentation des résistances urétrales générée par le dispositif après implantation est présumée être un déterminant essentiel du résultat fonctionnel postopératoire. L’objectif principal de cette étude était d’évaluer la valeur pronostique de la pression de clôture urétrale après implantation d’un SAU.


Méthodes

Les dossiers de tous les patients de sexe masculin ayant eu l’implantation d’un SAU entre 2004 et 2020 dans un centre universitaire ont été revus rétrospectivement. Une profilométrie urétrale postopératoire était effectuée en pratique clinique chez la majorité des patients durant la période d’étude avec mesure de la pression de clôture sphincter fermé (f-PCUM) et ouverte (o-PCUM). La différence avec la pression de clôture théorique du constructeur était calculée (diff-th-PCUM). Le critère de jugement principal était la continence sociale à 3 mois (0 à 1 protection/jour).


Résultats

Quatre-vingt-dix patients répondaient aux critères d’inclusion. L’âge médian était de 71 ans, le suivi médian était de 50 mois. L’étiologie de l’incontinence était dans 84 % des cas la prostatectomie radicale et dans 6,6 % des cas une chirurgie endoscopique de la prostate. Il y avait 74,4 % de patients ayant recouvré une continence sociale à 3 mois. La f-PCUM était significativement plus élevée chez les patients continents en postopératoire (53 vs 62 cmH2 O ; p =0,02). La diff-th-PCUM était plus importante dans le groupe incontinence persistante mais cette différence n’atteignait pas la significativité (18 vs 1 cmH2 O ; p =0,29). La f-PCUM, la o-PCUM et la diff-th-PCUM n’était pas significativement associée aux risques de révision et/ou d’explantation.


Conclusion

La pression de clôture urétrale postopératoire diffère régulièrement de l’objectif de pression du constructeur déterminé par le ballon régulateur de pression. Elle pourrait être associée aux résultats fonctionnels et il pourrait donc s’agir d’un outil diagnostique intéressant chez les patients présentant une incontinence d’effort persistante en postopératoire pour guider une éventuelle révision du dispositif.

Validation du curage radioguidé dans le staging ganglionnaire locorégional des patients atteints d’un cancer de prostate de risque intermédiaire ou élevé. Étude prospective multicentrique SENTINELLE
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 733


Objectifs

La procédure du ganglion sentinelle (GS) a prouvé son intérêt dans la prise en charge de certains cancers en permettant d’éviter la morbidité d’un curage étendu inutile. L’objectif de cette étude est de valider le curage radioguidé dans le cancer de la prostate (CaP) en montrant que les métastases ganglionnaires sont situées dans les GS prélevés au sein du territoire du curage standard.


Méthodes

Il s’agit d’une étude de cohorte prospective multicentrique issu d’un protocole hospitalier de recherche clinique. La procédure du GS était faite par méthode isotopique. Les ganglions marqués étaient localisés par SPECT-CT la veille de l’intervention. Les territoires concernés par ce curage devaient comprendre au minimum la fosse obturatrice, le territoire iliaque interne et externe. Une cartographie des ganglions prélevés fixant (=GS) ou non fixant et positifs (=métastatiques) ou négatifs était réalisée. Le critère de jugement principal était la sensibilité du curage radioguidé pour détecter les patients avec des métastases ganglionnaires au sein du curage standard. Les complications étaient notées et un suivi de 1 an était réalisé.


Résultats

Un total de 162 patients a eu une prostatectomie totale avec curage ganglionnaire pelvien avec marquage des ganglions au préalable. L’âge médian lors de la chirurgie était de 64 ans (47–73). Il n’y a eu aucune complication liée à l’injection intra-prostatique de nano-colloïdes radio-marqués. Cent trente-sept (84,6 %) patients n’avaient aucune métastase ganglionnaire (=pN0) et 25 (15,4 %) patients étaient pN+. Cinq (20 %) patients avaient des ganglions positifs non sentinelles. La sensibilité du curage radioguidé était de 80 % (IC95 % : 60,9 ; 91,4). À 1 an, le taux de complications était de 17,3 % (n =28), le taux de ré hospitalisation de 1,2 % (n =2) et le taux de récidive biologique de 19,1 % (n =31).


Conclusion

Le curage ganglionnaire pelvien dans la prise en charge chirurgicale des patients atteints de CaP de risque intermédiaire et de haut risque est responsable de complications chez pratiquement 1 patient sur 5. La technique du GS est non morbide et fiable et pourrait permettre d’éviter ce geste à certains patients.

Validation externe de la performance diagnostique du score VIRADS dans la stadification des tumeurs de la vessie : étude prospective
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 713-714


Objectifs

La stadification locale des tumeurs vésicales est un enjeu clinique important. Le score Vesical Imaging-Reporting and Data system (VIRADS) a été proposé en 2018 en vue de prédire selon des critères IRM l’infiltration du muscle vésical. L’objectif de notre étude est d’évaluer la performance du score VIRADS à l’IRM pour la prédiction de l’invasion musculaire des tumeurs de la vessie.


Méthodes

Tous les patients pris en charge pour une première tumeur de vessie dans un centre entre octobre 2018 et février 2020 ont été inclus. Une IRM vésicale (1.5T Aera Siemens) a systématiquement été réalisée avant la RTUV. Le protocole d’acquisition comprenait des séquences morphologiques (T2) et fonctionnelles (diffusion et perfusion) après injection de produit de contraste gadoliné. L’analyse de l’imagerie a été réalisée en aveugle par deux radiologues expérimentés. La sensibilité (Se), la spécificité (Sp), les valeurs prédictives positive (VPP) et négative (VPN) du score VIRADS pour prédire l’invasion musculaire ont été évaluées ainsi que l’association du coefficient ADC avec le stade et le grade tumoral. L’agrément inter-observateur a été mesuré à l’aide du coefficient Kappa.


Résultats

Au total, 67 patients ont été inclus. L’âge moyen était de 70 ans (66–73). Soixante-dix-neuf pour cent (53/67) des patients présentaient une tumeur unique et 63 % (42/67) une tumeur de moins de 3cm. Pour le radiologue 1, les paramètres du score sont les suivants : Se 83 %, Sp 90 %, VPP 67 %, VPN 96 % (seuil optimal VIRADS ≥4) (Fig. 1). Pour le radiologue 2, les paramètres sont les suivants : Se 85 %, Sp 85 %, VPP 61 %, VPN 95 % (seuil optimal VIRADS ≥3) (Fig. 2). Au seuil VIRADS ≥4, un accord inter-radiologue fort est retrouvé (Kappa=0,61). Par ailleurs, une association statistiquement significative entre le coefficient ADC et le stade tumoral, d’une part (p <0,0001), et le grade tumoral, d’autre part (p =0,006) a été retrouvé.


Conclusion

Dans notre étude, le score VIRADS présente une bonne sensibilité et une bonne spécificité pour le diagnostic de tumeur de vessie infiltrant le muscle, avec une bonne corrélation inter-radiologue. Par ailleurs, la valeur du coefficient ADC isolément était associée au grade tumoral.

Validation externe du nomogramme basé sur l’imagerie par résonance magnétique prédisant le risque d’effraction extra-capsulaire et d’invasion des vésicules séminales chez des patients opérés de prostatectomie radicale
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 774-775


Objectifs

Le nomogramme récemment publié par Gandaglia et al. prédit le risque d’effraction extra-capsulaire (ECE) et d’invasion des vésicules séminales (SVI) en se basant sur les données d’imagerie par résonance magnétique (IRM) et des biopsies ciblées. Le but de notre étude était de faire la validation externe de ce modèle et de le comparer aux modèles précédemment décrit.


Méthodes

Nous avons analysé 566 patients atteints d’un cancer prostatique localisé et opérés par prostatectomie radicale. Tous ces patients avaient une lésion suspecte à l’IRM, des biopsies ciblées (fusion IRM/US) et systématiques. La performance du nomogramme a été évaluée en utilisant l’air sous la courbe (AUC), la calibration et la courbe du bénéfice net (DCA). Du fait de la différence de proportion entre notre série et celle de la validation interne, une recalibration a été effectuée pour le modèle prédisant l’ECE. Le modèle a été comparé à celui du MSKCC et aux tables de Partin.


Résultats

Au total, 36,9 % et 12 % des patients avaient une ECE et SVI à l’analyse de la pièce finale respectivement. Concernant le risque d’ECE, le modèle de Gandaglia et al. montrait une meilleure discrimination (71,8 % vs 69,8 % et 61,3 % respectivement, p <0,001), une calibration parfaite et un bénéfice net supérieur. Concernant le risque de SVI, le modèle montrait une discrimination similaire (68,5 % vs 70,4 % et 67,8 % respectivement, p =0,58), une légère sous-estimation sur la courbe de calibration et un bénéfice net supérieur pour des valeurs de 20–30 % et 40–50 % (Fig. 1, Fig. 2).


Conclusion

Nous validons le nomogramme prédisant le risque d’ECE et SVI qui présente une performance supérieure à celle des modèles précédemment décrits.

Validation externe du nomogramme de Briganti pour prédire le risque d’envahissement ganglionnaire chez les patients atteints d’un cancer localisé de la prostate à risque intermédiaire
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 773-774


Objectifs

L’Association française d’urologie (AFU) recommande la réalisation d’un curage ganglionnaire en cas de score de Briganti ≥5 % chez les patients atteints d’un cancer localisé de la prostate à risque intermédiaire traités par prostatectomie radicale.

Notre objectif était d’évaluer la précision du nomogramme Briganti appliqué à une cohorte de patients prostatectomisés dans un centre universitaire pour un cancer de la prostate localisé à risque intermédiaire.


Méthodes

Nous avons examiné rétrospectivement les dossiers de tous les patients traités par prostatectomie radicale et curage ganglionnaire pelvien étendu dans notre centre entre 2005 et 2017.

Le score de Briganti a été calculé pour tous les patients.

La précision globale du nomogramme de Briganti pour prédire le risque d’envahissement ganglionnaire a été quantifiée par la construction d’une courbe ROC permettant le calcul de l’aire sous la courbe.

Un tracé d’étalonnage a été réalisé pour vérifier la calibration du modèle.


Résultats

Nous avons inclus 285 patients, dont 175 (61,4 %) à risque intermédiaire selon D’Amico.

Le suivi médian était de 60 (34–93) mois.

Vingt-sept patients (9,5 %) avaient un envahissement ganglionnaire.

Le nombre médian de ganglions enlevés était de 10 (7–14).

Le score moyen de Briganti était de 19,3 % chez les patients avec envahissement ganglionnaire et de 6,3 % chez les patients sans envahissement.

En se concentrant sur les patients à risque intermédiaire, 91 (52 %) avaient un score de Briganti<5 % dont 6 (6,6 %) avaient des métastases ganglionnaires. La précision du score était faible avec un AUC égal à 53,1 % (IC95 % : 0,45–0,61) (Fig. 1, Fig. 2, Tableau 1).


Conclusion

La précision du nomogramme de Briganti s’est révélée mauvaise pour prédire le risque d’envahissement ganglionnaire chez les patients atteints d’un cancer localisé de la prostate à risque intermédiaire.

Son application aurait évité 91 curages (52 %) et échoué à diagnostiquer 6 cas (6,6 %) de métastases ganglionnaires.

La future version prenant en compte les résultats de l’IRM multiparamétrique pourrait améliorer cette précision.

Validation externe d’un modèle prédictif pour estimer la fonction rénale après prélèvement rénal de donneur vivant
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 720-721


Objectifs

La transplantation rénale de donneur vivant est le meilleur traitement de la maladie rénale chronique terminale, mais la diminution de la fonction rénale du donneur est une préoccupation majeure. L’objectif était de réaliser une validation externe d’un modèle prédictif permettant d’estimer le débit de filtration glomérulaire (DFGe) à 1 an du prélèvement rénal ainsi que le risque de maladie rénale chronique (MRC) chez les donneurs vivants.


Méthodes

Tous les prélèvements rénaux réalisés dans un centre hospitalier universitaire de janvier 2006 à mai 2018 ont été inclus. Le DGFe observé (selon la formule CKD-EPI), un an après le prélèvement rénal, a été comparé au DGFe prévu, calculé à l’aide d’une formule préalablement développée, basée sur le DGFe avant le don et l’âge. La corrélation de Pearson, la courbe ROC et la courbe d’étalonnage ont été utilisées pour évaluer la validité externe du modèle pour prédire le DFGe postopératoire et l’apparition de la MRC chez les donneurs.


Résultats

Au total, 400 donneurs vivant ont été évalués avec un DFGe postopératoire moyen de 62,1±14mL/min/1,73 m2. Une corrélation (Pearson r =0,66 ; p <0,001) et une concordance (Bradley–Blackwood F=49,189 ; p <0,001) significatives ont été observées entre le DFGe prédit et observé à un an. L’aire sous la courbe ROC du modèle prédictif était de 0,86 (IC95 % : 0,82–0,89).


Conclusion

Cette étude a réalisé une validation externe de la formule préalablement développée pour prédire le DFGe à un an postopératoire chez les donneurs vivants. Cette formule pourrait être un outil précis pour améliorer la sélection des candidats donneurs de rein vivants.

Validation française d’un pentafecta pour une évaluation standardisée des résultats de la cystectomie totale laparoscopique robot-assistée pour cancer de vessie
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 717


Objectifs

Un pentafecta a été proposé en 2019 pour l’évaluation de la cystectomie totale laparoscopique robot-assisté avec dérivation urinaire intracorporelle (CTRA-DUIC). Il associe des critères fonctionnels et oncologiques. L’objectif de notre étude était de réaliser une validation externe de ce pentafecta.


Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective multicentrique française ayant inclus l’ensemble des patients opérés d’une CTRA-DIUC entre 2007 et 2019. Le pentafecta était validé si les cinq critères étaient réunis : marges négatives, plus de 16 ganglions prélevés, absence de complication majeure, absence de complication urinaire dans l’année et absence de récidive locale ou à distance dans l’année. Une analyse multivariée a été réalisée pour définir les facteurs prédictifs de pentafecta validé. Nous avons analysé l’influence de ce pentafecta sur les résultats oncologiques, sur la courbe d’apprentissage et évalué la valeur ajoutée clinique à l’aide d’une courbe d’analyse décisionnelle (DCA) sur la récidive à 36 mois.


Résultats

Nous avons inclus 180 patients opérés d’une CTRA-DUIC. La durée médiane de suivi était de 11 mois, 31 % (n =55) des procédures validaient les 5 critères du pentafecta (Fig. 1) L’analyse multivariée montrait que l’âge (OR : 0,96 ; p =0,03), le diabète (OR 0,12 ; p =0,005) et le stade N+ (OR 0,23 ; p =0,02) étaient des facteurs prédictifs de validation du pentafecta. La survie globale à 1 an (100 % vs 89 % ; p =0,02) et à 3 ans (92 % vs 84 % ; p =0,04) était supérieure pour les patients du groupe « pentafecta validé » (Fig. 2). La courbe d’apprentissage avait un impact sur la validation des critères (Fig. 3). La DCA retrouvait que le pentafecta à un impact clinique significatif sur la survie sans récidive à 36 mois.


Conclusion

Notre étude confirme que ce pentafecta est reproductible, que sa validation augmente avec l’expérience du chirurgien et impact les résultats oncologiques à court et moyen termes. Le critère utilisé « nombre de ganglions prélevés supérieur à 16 » reste discutable. Une évaluation avec 5 ans de recul sera nécessaire pour valider définitivement l’utilisation du pentafecta.