Base bibliographique

Sommaire :

Prise en charge d’un diverticule de l’urètre durant la grossesse : expérience monocentrique dans un centre expert de chirurgie urétrale
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 762


Objectifs

Le diverticule de l’urètre (DU) chez la femme est une pathologie rare qui peut être diagnostiquée durant la grossesse. Il n’y a pas de consensus sur la meilleure prise en charge en particulier sur le moment opportun du traitement et les risques d’infection maternofœtale pendant l’accouchement. Notre objectif était de rapporter notre expérience sur la prise en charge des DU découverts pendant la grossesse.


Méthodes

Les dossiers de patientes prises en charge dans notre établissement pour un DU découvert durant la grossesse entre 2009 et 2019 ont été analysés rétrospectivement. Les caractéristiques cliniques au diagnostic, la prise en charge DU avant et pendant l’accouchement, les complications après la prise en charge chirurgicale du DU ont été relevées. Les résultats de la prise en charge dans ce groupe de patientes ont été comparés à une cohorte contemporaine de patientes avec des DU en dehors des grossesses.


Résultats

Sur la période étudiée, 54 patientes ont été prises en charge pour un DU. Sur l’ensemble, 12 patientes ont été diagnostiquées pendant la grossesse. Les caractéristiques démographiques ainsi que celles liées au diagnostic durant la grossesse sont résumées dans le Tableau 1. Il y avait 10 accouchements par voie basse (83 %) et deux par césarienne pour des causes obstétricales. Pendant l’accouchement, 2 (17 %) patientes avaient eu un drainage (milking )/ponction pour des DU jugés obstructifs. La diverticulectomie a été réalisée au moins 3 mois après l’accouchement. Un cas d’infection urinaire basse et une rétention transitoire ont été notés en postopératoire. Aucune fistule ou récidive n’a été rapportée. En comparaison à l’ensemble des patientes prises en charge sur la période, les patientes diagnostiquées pendant la grossesses étaient plus jeunes (Tableau 2).


Conclusion

Cette étude a montré qu’une prise en charge symptomatique et conservatrice a permis d’amener à un accouchement par voie vaginale sans risque majeur lié au diverticule lui-même. La prise en charge chirurgicale du diverticule après l’accouchement a permis des résultats satisfaisants dans des conditions de sécurité optimales dans un centre habituée à cette chirurgie.

Profils histologiques et corrélation radio-histologique des kystes rénaux Bosniak 3 et 4 opérés : étude monocentrique
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 819


Objectifs

Les formes kystiques des tumeurs rénales représentent moins de 7 % des cancers du rein et doivent être analysées selon la classification de Bosniak. Le but de notre travail est d’analyser la corrélation radio-histologique de ces lésions au sein d’une série contemporaine pour définir les facteurs prédictifs de malignité dans les kystes rénaux suspects.


Méthodes

Nous avons inclus les patients opérés par néphrectomie élargie, partielle ou tumorectomie de 2010 à 2020 d’une tumeur rénale kystique sur l’imagerie préopératoire. Les tumeurs ont été classées selon la classification de Bosniak. Seulement les kystes Bosniak 3 ou 4 ont été retenus. Les caractéristiques cliniques et les données radiologiques et histologiques ont été analysées rétrospectivement.


Résultats

Ont été inclus dans l’étude 44 patients présentant des kystes classés Bosniak 3 dans 15 cas (35 %) et Bosniak 4 dans 29 cas (65 %). Sur l’examen anatomopathologique, 10 (66 %) des kystes Bosniak 3 et 26 (89 %) des kystes Bosniak 4 étaient malins. Les différents diagnostiques anatomopathologiques sur la pièce opératoire sont détaillés dans le Tableau 1. Parmi les tumeurs malignes, 23 (63 %) étaient de faible grade et 13 (17 %) de haut grade nucléolaire et 30 (83 %) étaient de stade 1 ou 2. À l’analyse multivariée, plusieurs facteurs prédictifs de malignité ont été identifiés (Tableau 2) représentés principalement par la présence de bourgeons tissulaires (p =0,000), l’irrégularité de la paroi kystique (p =0,000), le nombre de cloison supérieur à 5 (p =0,000), le rehaussement de la paroi ou des cloisons (p =0,000) et la présence de calcification irrégulière (p =0,000).


Conclusion

Notre travail a montré que 19 % des kystes rénaux classés Bosniak 3 ou 4 opérés étaient bénins. Nous avons pu identifier des facteurs cliniques et radiologiques de malignité pouvant aider à affiner le diagnostic et éviter des interventions inutiles. Cependant, une étude prospective est nécessaire afin de réviser la classification de Bosniak introduite il y a 30 ans.

Prothèses péniennes à but érectile chez le patient neurologique, indication, complications et satisfaction : étude rétrospective sur 27 patients
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 800


Objectifs

La prothèse pénienne à visée érectile chez le patient blessé médullaire ou sclérose en plaques est parfois discutée après échec des traitements médicamenteux ou instrumentaux (vacuum par exemple). L’objectif de cette étude était d’évaluer les complications, l’évolution et la satisfaction du patient après la pose d’une prothèse pénienne chez le patient neurologique.


Méthodes

Étude rétrospective multicentrique de 27 patients consécutifs dont 18 blessés médullaires et 9 patients présentant une sclérose en plaques bénéficiant de la pose d’une prothèse pénienne à visée érectile sur deux centres français entre 2009 et 2019. Il a été évalué les complications post-implantation, l’évolution de l’utilisation de la prothèse et la satisfaction globale du patient à l’aide d’un questionnaire standardisé EDIT lors d’un appel téléphonique entre mars et mai 2020.


Résultats

L’âge moyen d’implantation était de 46,4 ans (σ=12,74). La durée de suivi à date de l’appel était de 6,05 années (σ=2,86). Le taux de complication était de 22,2 %. Six patients présentaient une complication postopératoire de grade IIIB selon Clavien. Ces complications comprenaient 3 infections dont une infection précoce, 2 ruptures et une fibrose ne nécessitant pas le changement de prothèse. La dextérité du patient concernant le gonflage de la prothèse était satisfaisante dans 85 % des cas, et de 75 % pour le dégonflage. La manipulation de la prothèse était considérée comme difficile pour le gonflage dans 10 % des cas et dans 25 % pour le dégonflage. Le taux de satisfaction de l’utilisation de la prothèse à date de l’appel était de 75,36/100 pts pour le patient et de 66,88/100 pts pour la partenaire.


Conclusion

Cette étude retrouve un taux plus élevé de complications des prothèses péniennes chez le patient neurologique. La dextérité est conservée au long cours témoignant ainsi d’une bonne sélection des indications. La satisfaction du patient et de la partenaire reste pérenne à plus de 5 ans d’implantation. Ces données invitent à considérer favorablement la mise en place d’une prothèse pénienne chez le neurologique en échec des traitements de première ligne.

Pyélotomie coelioscopique robot-assistée : une technique reproductible
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 849


Objectifs

La pyélotomie par voie coelioscopique est une option thérapeutique pour les volumineux calculs occupant le bassinet, notamment lorsque celui-ci est exosinusal. Nous présentons ici les cas de 2 patients opérés d’une pyélotomie par voie coelioscopique robot-assistée.


Méthodes

Il s’agissait dans le premier cas d’un calcul dense (1500UH) de 5cm de grand axe occupant l’intégralité du bassinet et le calice inférieur droit, chez un patient de 40 ans avec un IMC à 18kg/m2 et une fonction rénale normale. La seconde patiente était âgée de 72 ans, présentait une obésité morbide avec un IMC à 46kg/m2 et une insuffisance rénale chronique (DFG 35ml/min). Un calcul de cystine de 4cm occupait le bassinet et la jonction pyélo-urétérale, associé à un 2ème calcul de 2cm du calice supérieur, et plusieurs fragments de petite taille des groupes caliciels moyen et inférieur.


Résultats

Après abord de la loge rénale au pôle inférieur du rein, l’uretère était mis en évidence et disséqué en direction du hile rénal. Une artère polaire inférieure expliquant un syndrome de jonction à l’origine du calcul a été mise en évidence chez le premier patient. La jonction pyélo-urétérale et le bassinet étaient alors libérés. Le pyélon était alors largement ouvert, et le calcul principal extrait. L’ablation des calculs restants était réalisée à l’aide d’un fibroscope souple. Une sonde JJ Ch7/28 était mise en place. Dans le premier cas, le bassinet était sectionné au niveau de la jonction, l’uretère spatulé et l’anastomose réalisée comme une pyéloplastie, le bassinet étant refermé en queue de raquette. Dans le second cas, la pyélotomie était refermée par un surjet.


Conclusion

La pyélotomie est une option thérapeutique intéressante pour les calculs volumineux situés dans le bassinet, surtout lorsque leur densité/dureté est importante. L’approche coelioscopique robot-assistée en fait une technique reproductible.

Quelle est la valeur ajoutée des biopsies guidées par l’IRM dans la sélection des patients candidats au traitement focal ?
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 770-771


Objectifs

La place des traitements focaux (TF) dans la prise en charge du cancer de la prostate (Cap) localisé est encore mal codifiée même si les biopsies guidées par l’IRM (BGI) permettent de prédire avec plus de précision le pronostic des CaP.

L’objectif était de quantifier la proportion de patients éligibles à un TF qui présentaient des critères péjoratifs sur la pièce de prostatectomie.


Méthodes

Étude rétrospective, multicentrique, européenne, menée auprès de patients atteints de Cap traités par prostatectomie mais initialement éligibles au TF. Le Cap était diagnostiqué sur BGI (fusion élastique) avec un ISUP ≤2 sur une cible unique à l’IRM,<T2c au toucher rectal et PSA<15ng/mL. Le critère de jugement principal était l’existence de critères d’agressivité sur la pièce de prostatectomie (ISUP>2, ≥pT3).

Une régression logistique a été réalisée pour déterminer les facteurs cliniques, radiologiques et anatomopathologiques prédictifs de ces critères d’agressivité. Secondairement, les patients présentant sur les biopsies systématisées un ISUP>1 ou ISUP=1 avec plus d’une biopsie positive étaient exclus de l’analyse.


Résultats

Parmi les 800 cas de Cap localisés traités par prostatectomie, 236 étaient éligibles au TF selon les critères définis. Les caractéristiques des patients sont résumées dans le Tableau 1. L’analyse ne tenant compte que les biopsies ciblées rapportaient 28 % des patients (66/236) ayant un ISUP>2 et 33,5 % un stade ≥pT3 (79/236) sur la pièce de prostatectomie (Fig. 1).

Les résultats de la régression logistique univariée sont présentés dans le Tableau 2. Seul le PSA était un facteur prédictif indépendant de survenue d’un ISUP>2 (p =0,016, OR=1,14).

Le nombre de biopsies positives sur la cible apparaît prédictif d’un stade ≥pT3 (p =0,021, OR=1,015). En tenant compte des biopsies systématisées, 60 patients restaient éligibles au TF parmi lesquels 30 et 31,7 % présentaient respectivement un stade ≥pT3 ou un ISUP>2 (Fig. 1).


Conclusion

Environ un tiers des patients éligibles au TF présentaient des critères d’agressivité sur la pièce de prostatectomie. Le PSA ainsi que le nombre de biopsies positives dans la cible semblent être des facteurs prédictifs de ce résultat. La prise en compte des biopsies systématisées ne semble pas modifier ces résultats.

Quelle place de l’IRM pré-biopsie prostatique dans le contexte africain ?
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 740


Objectifs

L’IRM prostatique multiparamétrique est devenue un outil indissociable de la prise en charge du cancer de prostate et sa place comme outil diagnostique et pré-thérapeutique ne fait que se renforcer.

Le but de cette étude est d’évaluer la pratique de l’IRM pré-biopsie prostatique dans le continent africain de par les attitudes thérapeutiques des praticiens, sa disponibilité et son accessibilité.


Méthodes

Nous avons distribué un questionnaire de 16 items aux urologues exerçant dans le continent africain par e-mail et sur plateforme des associations nationales d’urologie des pays africains.

Les données recueillies en ligne ont été traitées et analysées vis-à-vis d’indices économiques officiels actualisés.


Résultats

Cent dix urologues des secteurs publics et libéraux du continent africain ont participé à cette enquête : Algérie (54,55 %), Tunisie (28,18 %), Maroc (4,55 %), Libye (3,63 %), Burkina Faso (2,72 %), République Démocratique du Congo (0,91 %), République du Congo (0,91 %), Sénégal (0,91 %), Cameroun (0,91 %), Afrique du sud (0,91 %), Kenya (0,91 %), Égypte (0,91 %).

Parmi les urologues, 46,4 % considèrent que l’IRM prostatique est indispensable à l’indication d’une biopsie prostatique.

La difficulté d’accès a été dans le délai de rendez-vous (Algérie 2,64±1,71 mois, Maroc 4,3±1,83 mois) au secteur public et dans le coût moyen au secteur libéral (Cameroun 250 euros, Burkina Faso 252 euros pour un salaire minimum garanti respectivement de 55 et 50 euros) ainsi que dans l’accès au remboursement.

Le schéma de biopsie prostatique utilisé et l’attitude pré-thérapeutique sont majoritairement influencés par l’IRM pré-biopsie.


Conclusion

Si sur un plan théorique, l’IRM prostatique multiparamétrique renforce sa place dans l’attitude pré-thérapeutique des urologues africains, sa disponibilité, son coût et son accessibilité restent un défi pour l’urologie africaine.

Quelles mesures hygiénodiététiques sont utilisées par les patients ayant des SBAU liés à une HBP ?
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 766


Objectifs

L’utilisation de mesures hygiénodiététiques (MHD) est recommandée dans la prise en charge des symptômes du bas appareil urinaire (SBAU) en lien avec une hypertrophie bénigne de prostate (HBP). Notre objectif était de faire un état des lieux des MHD effectivement utilisées par les patients.


Méthodes

Des questionnaires ont été remis aux patients consultant en urologie pour évaluer les MHD dans cinq domaines (habitudes mictionnelles, boissons, alimentation, hygiène de vie, thérapeutique) et leur efficacité. Les questionnaires de 89 patients ont été évalués. L’âge moyen des patients était de 68 ans, le score IPSS moyen de 13, le score de gêne de 3, le volume prostatique moyen de 63mL, 32 patients ne recevaient aucun traitement médicamenteux de l’HBP.


Résultats

Les principales mesures plébiscitées par les patients étaient les suivantes : traire l’urètre pour les gouttes retardataires (24), diminution des apports hydriques vespéraux (27), diminution des apports en caféine (34) et en alcools forts (35), régularisation du transit intestinal (13), activité physique (23). Ces mesures amélioraient principalement les SBAU de la phase de remplissage. L’apport hydrique optimal était entre 1 et 1,5 L/jour pour 58 patients. Une adaptation des habitudes mictionnelles a été rapportée par 77 patients. Les patients ayant des prostates volumineuses utilisaient significativement plus de MHD ; 61,4 % se disaient mal ou non informés sur les MHD, et 78,8 % se disaient être prêts à réaliser des modifications. Une fiche de conseils sur les MHD à proposer aux patients a été élaborée sur la base des résultats obtenus.


Conclusion

Les MHD utilisables dans les SBAU/HBP ont été explorées. Ce travail est susceptible d’aider les praticiens à la mise en œuvre de MHD dans la prise en charge des SBAU/HBP.

Quels sont les facteurs prédictifs d’échec du traitement des fistules vésicovaginales ?
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 756-757


Objectifs

Les fistules vésicovaginales (FVV) constituent un véritable problème de santé publique dans les pays en voie de développement. Le but de ce travail est d’étudier les caractéristiques épidémiologiques, cliniques et les alternatives thérapeutiques des FVV afin de dégager les facteurs prédictifs d’échec du traitement chirurgical.


Méthodes

Nous avons mené une étude rétrospective sur la période allant de 1985 à 2017, colligeant 144 patientes traitées pour une FVV. L’étude a inclus 132 patientes ayant une observation médicale complète et un suivi de plus de 6 mois. Nous avons étudié les variables d’ordre épidémiologique, cliniques et thérapeutiques. Ceci nous a permis dégager les facteurs prédictifs d’échec du traitement des FVV. On a défini l’échec du traitement chirurgical des FVV par la réapparition des fuites urinaires à l’ablation de la sonde vésicale ou distance et ceci en calculant l’odds ratio . Le seuil de signification a été fixé à 0,05.


Résultats

L’âge moyen des patientes était de 44 ans. La FVV était rétro-trigonale dans 75 % et trigonale dans 15 %. La taille moyenne de la fistule était de 1cm (Fig. 1). La technique chirurgicale par voie basse a été faite chez 80 patientes alors que une voie haute a été pratiquée chez 32 % des patientes. Une technique mixte associant les deux voies a été pratiquée dans 8 %. La durée de sondage moyen était de 12jours. L’échec du traitement a été noté chez 27 % des patientes. L’analyse univariée a mis en évidence trois facteurs prédictifs d’échec du traitement, à savoir : la fibrose vaginale décrite par l’opérateur (p <0,001), le siège rétro-trigonal (p <0,001) et la taille supérieure à 10mm (p <0,001) (Tableau 1).


Conclusion

Le succès thérapeutique des FVV varie de 57 à 96 % des cas selon les séries et il est fonction du type de la fistule, de l’étiologie et de l’expérience du chirurgien. Outre le traitement chirurgical, une prise en charge psychologique doit être toujours de mise quel que soit le type de fistule dont souffre la malade.

Réalisation des biopsies de prostate en 2019 : enquête de pratique auprès des urologues français
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 807-808


Objectifs

Depuis l’avènement de l’IRM la pratique des biopsies de prostate a radicalement évolué en France. En effet, les biopsies ciblées que ce soit par fusion IRM/échographie ou par fusion cognitive sont désormais recommandées par le CCAFU-Prostate. L’objectif était d’évaluer les pratiques des urologues français en 2019.


Méthodes

Un questionnaire informatique a été envoyé aux urologues français. La première partie du questionnaire recueillait les données concernant le type d’activité des praticiens. Ils étaient ensuite interrogés sur les différentes techniques de biopsies prostatiques à leur disposition et leurs modalités de réalisation. L’analyse statistique a été réalisée par test du Chi2 avec un risque alpha de 5 %. Toutes les analyses ont été réalisées avec le logiciel Xlstat (Addinsoft, France).


Résultats

Au total, 477 réponses ont été compilées. Trois cent vingt urologues interrogés (67 %) déclaraient avoir un appareil de fusion IRM/échographie dans leur centre. Deux cent quinze (67 %) déclaraient réaliser ce type fusion eux mêmes, contre 49 en binôme avec le radiologue (15 %), 56 adressaient ces biopsies aux radiologues (18 %). S’ils réalisaient eux même les biopsies, 55 % bénéficiaient au moins ponctuellement d’un contourage de la cible par le radiologue directement sur le logiciel contre 21 % sur un dessin et 10 % sur une planche de coupes. L’appareil de biopsies fusion était situé dans le service d’urologie pour 111 urologues (35 %), contre 98 (30 %) dans le service de radiologie et 111 (35 %) au bloc. Parmi les urologues, 80,5 % déclaraient réaliser leurs biopsies classiques sous anesthésie locale hors problème spécifique contre 65 % pour les biopsies fusions (p <0,0001).


Conclusion

Les appareils de biopsies fusion IRM/échographie sont largement répandus en France et les urologues sont très impliqués dans la réalisations des biopsies ciblées. Une bonne coordination urologue/radiologue est observée concernant le coutourage des lésions. La généralisation des appareils de biopsies fusion augmente le nombre de biopsies réalisées sous anesthésie générale probablement lié à l’augmentation de la durée de la procédure.

Récupération améliorée après chirurgie (RAAC) dans le cadre de la cystectomie totale pour cancer : impact sur les complications postopératoires et sur la survie
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 717-718


Objectifs

La chirurgie mini-invasive et la récupération améliorée après chirurgie (RAAC) sont deux axes d’optimisation de la cystectomie totale (CT). L’objectif de cette étude est d’évaluer l’impact de la mise en place d’un protocole de RAAC chez les patients opérés d’une CT pour cancer en termes de complications postopératoires et de résultats oncologiques.


Méthodes

Il s’agit d’une étude monocentrique avec recueil de données prospectif et analyse rétrospective ayant inclus tous les patients traités par CT pour cancer entre janvier 2015 et juillet 2019. Un protocole de RAAC a été appliqué chez tous les patients à partir de février 2018 incluant des mesures pré-, per- et postopératoires, anesthésiques et chirurgicales. Nous avons analysé et comparé, entre le groupe non-RAAC et le groupe RAAC, les caractéristiques démographiques des patients, les complications postopératoires précoces (durant l’hospitalisation) et tardives (<90jours) selon la classification de Clavien–Dindo et les données de survie.


Résultats

Au total, 150 patients ont été inclus (âge médian : 6,5 ans [32–91]). Les groupes RAAC (n =76) et non-RAAC (n =74) étaient comparables sur les données démographiques. Il y avait moins de complications postopératoires précoces (53,9 % vs 70,3 % ; p =0,039) et tardives (25,0 % vs 44,6 % ; p =0,012) dans le groupe RAAC versus non-RAAC. Les taux de survie sans récidive (SSR), survie spécifique (SS) et survie globale (SG) à 12 mois étaient significativement meilleurs dans le groupe RAAC versus non-RAAC (82,9 vs 61,8 % p =0,003 ; 92,1 vs 78,4 % p =0,017 ; 92,1 vs 77,0 % p =0,010, respectivement). En analyse multivariée, incluant les facteurs pronostiques significatifs en univariée (hydronéphrose, RAAC, stade pT0, pN+ et R+), la RAAC et le stade pT0 étaient des facteurs pronostiques indépendants en termes de SSR, SS et SG.


Conclusion

La RAAC permet de diminuer significativement les taux de complications postopératoires précoces et tardives après CT. Elle est également associée dans notre étude à une amélioration des résultats carcinologiques à 1 an. Ces données devront être confirmées dans des études prospectives et randomisées.

Réfection chirurgicale robot assistée des anastomoses urétéro-iléale pour sténose urétérale distale après chirurgie de cystectomie bricker chez le patient neurologique
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 844


Objectifs

La cystectomie et dérivation cutanée non continente par conduit iléal–Bricker (CB) est parfois indiquée chez les patients ayant une vessie neurologique. Cependant les sténoses des anastomoses urétéro-iléales sont une complication non exceptionnelle de cette chirurgie. La réfection chirurgicale robot assistée totalement intracorporelle de ces anastomoses pourrait hypothétiquement réduire la morbidité périopératoire. L’objectif de cette vidéo est de démontrer la faisabilité de cette intervention.


Méthodes

Nous présentons le cas d’une patiente de 47 ans atteinte de sclérose en plaque depuis 1987 et ayant eu une CB en 2018 avec une anastomose urétéro-iléale de type Wallace 1. Elle présente des sepsis urinaires à répétition, nécessitant des hospitalisations itératives et finalement la pose de néphrostomies bilatérales. Une opacification antégrade retrouve une sténose de l’anastomose urétéro-iléale gauche.


Résultats

La patiente est placée en Trendelenburg à 23°, 6 trocarts sont positionnés (4 robots et 2 assistants) et le robot Da Vinci Xi est amarré. On commence par la libération des adhérences et la dissection du conduit iléal. On prend soin de préserver la graisse péri-urétérale afin de ne pas compromettre la vascularisation. On sectionne les uretères à leurs extrémités distales. La vascularisation urétérale est contrôlée à l’aide d’une injection de vert d’indocyanine avant de les recouper et de les spatuler. Une nouvelle anastomose urétéro iléale est effectuée selon wallace 1 entre la « plaque » urétérale et le moignon proximal du conduit iléal Deux sondes mono J sont mises en place et extériorisées par la stomie.


Conclusion

La réfection des anastomoses urétéro-iléales par chirurgie laparoscopique robot assistée totalement intracorporelle est une procédure faisable. L’absence de traction sur les mésos et la qualité de la vision pourrait permettre le maintien d’une vascularisation optimale. L’absence de large incision pourrait favoriser une récupération plus rapide.

Réfection d’anastomose urétro-vésicale par voie extra-péritonéale laparoscopique robot-assistée pour sténose anastomotique post-prostatectomie radicale
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 847-848


Objectifs

La sténose d’anastomose urétro-vésicale dans les suites d’une prostatectomie radicale est une complication rare. Elle toucherait moins de 5 % des patients. Les traitements endoscopiques font partie de la prise en charge de première ligne. Cependant, certains patients récidivent après urétrotomies, justifiant une prise en charge radicale. Notre objectif est de décrire cette intervention et de montrer sa faisabilité.


Méthodes

Nous avons réalisé cette intervention chez un patient de 67 ans, opéré 2 ans auparavant de prostatectomie radicale par voie ouverte et présentant une sténose d’anastomose récidivante malgré plusieurs traitements endoscopiques. L’intervention a été réalisé par voie extra-péritonéale, avec le robot chirurgical Da-Vinci Si, en utilisant 2 bras opérateurs, un optique de 30° et 2 trocarts d’aide. Le geste consiste en un temps de libération de la vessie et d’accès à la sténose d’anastomose, suivi de la résection de celle-ci et d’une nouvelle anastomose en tissu sain. Le patient rentre au domicile à J1 et la sonde est retirée à J7 en consultation.


Résultats

La durée opératoire était de 75minutes et les pertes sanguines de 50 cc. Les suites post-opératoires ont été simples et le patient est finalement sorti d’hospitalisation à J3 et sa sonde a été retirée à J10. À la consultation de contrôle à 3 mois, le patient ne présentait plus de dysurie, le jet normalisé et le patient ne se plaignait pas de fuites. Ces résultats sont en rapport avec notre cohorte de 8 patients opérés entre avril 2013 et mai 2020, présentant un âge médian de 70 ans (64-76), une durée opératoire moyenne de 109minutes (60-180) et des pertes sanguines de 120cc (50-250). Aucun patient n’a présenté de complications post-opératoires. 4 patients ont présenté une récidive unique et 3 patients ont nécessité un sphincter artificiel. La durée moyenne de suivi était de 24,25 mois (1-66).


Conclusion

La réfection d’anastomose urétro-vésicale par voie robotique extra-péritonéale fait partie des traitements radicaux des sténoses anastomotiques. Cette reconstruction, quelque soit sa voie d’abord, est à haut risque d’incontinence, justifiant une information pré-opératoire. La voie robotique permet de préserver la région périnéale chez ces patients à risque de nécessiter un jour un sphincter artificiel.

Réimplantation du conduit continent dans le détrusor ou l’entérocystoplastie ? Comparaison des résultats chez 105 patients
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 739-740


Objectifs

Comparer les résultats entre deux sites de réimplantation du conduit continent : vessie native et entérocystoplastie.


Méthodes

Étude rétrospective monocentrique sur une population adulte et pédiatrique, opérée entre 1991 et 2020 pour création d’un conduit continent réimplanté dans le détrusor (groupe D) ou par plicature séromusculaire à la face antérieure de l’entérocystoplastie (groupe EC). Cent cinq patients (64 enfants, 41 adultes) dont 75 dans le groupe D (87 %) et 30 dans le groupe EC (29 %), présentant une vessie neurologique (79 %), un Spina Bifida (49 %), une exstrophie vésicale (13 %) ont été opérés. Les conduits ont été réalisés avec 61 appendices (58 %), 41 tubes de Monti (39 %), 2 uretères (2 %) et 1 lambeau cutané (1 %). Agrandissement vésical (87 %) et cervicoplastie (64 %) étaient fréquemment associés.


Résultats

L’âge moyen à l’intervention était de 19,6 ans. La durée moyenne de suivi était 11,7 ans. Le taux de complication était respectivement 39 % (D) et 40 % (EC). Le groupe EC (n =10, 33 %) avait significativement plus de fuites que le D (n =5, 7 %) (p <0,001). Il n’existait pas de différence pour les autres complications (sténose, chicane, prolapsus…). Le taux de reprise chirurgicale était 43 % pour le groupe EC et 37 % pour le D avec significativement plus de reprises par voie ouverte pour le groupe EC (p =0,014) et plus de reprises de l’orifice cutané pour le groupe D (p =0,002). Au terme du suivi, 85 % des patients ne présentaient aucune fuite (D : 83 % ; EC : 90 %).


Conclusion

Comparée à la réimplantation dans la vessie native, la réimplantation du conduit continent à la face antérieure de l’entérocystoplastie est associée à une survenue plus fréquente de fuites, et à un taux de reprise chirurgicale ouverte supérieur. Pour un résultat final comparable, la réimplantation dans le détrusor est à préférer.

Réimplantation urétéro-vésicale sur vessie psoïque par voie laparoscopique : points clés
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 850


Objectifs

Afin de traiter une sténose de l’uretère pelvien, de multiples choix s’offrent au chirurgien. Il nous paraît que la réimplantation urétéro-vésicale sur vessie psoïque pourrait être la technique idéale, vu qu’elle arrive à joindre simplicité, reproductibilité, et grâce à la laparoscopie, mini-invasivité.


Méthodes

Nous rapportons ici le cas d’un patient âgée de 68 ans, ayant bénéficié un an auparavant d’une RTUV pour un polype vésical périméatique gauche, dont l’étude anatomo-pathologique s’est révélée bénigne, qui consulte pour des lombalgies gauches. L’uro-scanner a retrouvé une urétéro-hydronéphrose gauche avec sténose de l’uretère pelvien. La cystoscopie n’a pas retrouvé de méat urétéral gauche. Il a été décidé de réaliser une réimplantation urétéro-vésicale sur vessie psoïque par voie laparoscopique.


Résultats

L’intervention doit débuter par le décollement pariéto-colique. S’en suit l’urétérolyse qui doit respecter l’adventice urétérale. La limite inférieure de l’urétérolyse est la fibrose. Le deuxième temps est l’abord du Retzius et la dissection des faces homolatérale et antérieure de la vessie. La corne vésicale doit atteindre facilement et sans tension le muscle psoas. L’uretère est spatulé et cathétérisé, la vessie est fixée au psoas, et le dernier temps est celui de la réimplantation. Nous optons pour la technique de Lich-Gregoir qui est totalement extra-vésicale. La durée d’intervention était de 2heures et 10minutes. Les pertes sanguines étaient négligeables.


Conclusion

La réimplantation urétéro-vésicale sur vessie psoïque par voie laparoscopique peut, avec une standardisation des gestes et une bonne connaissance de l’anatomie, devenir accessible à tout jeune chirurgien en formation.

Résultats chirurgicaux et fonctionnels à long terme de la prise en charge de courbure congénitale de verge
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 764-765


Objectifs

La courbure congénitale de verge est une atteinte rare liée à une asymétrie de développement des corps caverneux. Révélé et gênante en période pubertaire et post-pubertaire, ses répercussions sur le plan psycho-sexuel peuvent être notables. Nous proposons dans cette étude d’analyser les résultats chirurgicaux et fonctionnels à long terme de patients opérés d’une correction de courbure congénitale


Méthodes

Tous les patients consécutifs opérés d’une correction de courbure congénitale dans un centre unique entre janvier 2009 et janvier 2019 ont été inclus. Les patients aux antécédents d’hypospade étaient exclus. Les données médicales étaient recueillis dans le dossier informatisé. Un questionnaire comprenant l’International Index of Erectile Function 5 (IIEF5), le Peyronie's Disease Questionnaire, l’Erection Hardness Score (EHS) ainsi que des questions sur la sexualité était recueilli par téléphone ou par mail entre janvier 2020 et mai 2020.


Résultats

Trente et un patients ont été inclus, d’âge moyen 21 ans (DS=5) après un délai moyen de suivi de 55 mois (DS=33). La courbure initiale au diagnostic était de 67 degré (DS=17). Différents types de plicature étaient réalisées, principalement des Nesbit (42 %). Le nombre de plicature variait entre 1 et 4 selon le degré de courbure. Deux patients (6,4 %) ont présenté une complication nécessitant une reprise chirurgicale (Clavien 3b), due à un hématome et à des adhérences cicatricielles. Cinq patients (16,1 %) ont présenté des complications mineures (Clavien 1). Vingt-trois patients ont répondu au questionnaire (taux de réponse 74 %). Douze patients (52 %) avaient l’impression d’un raccourcissement de verge « faible » à « modéré » ; « prononcé » pour 2 patients (8 %). L’EHS était à 4 pour tous les patients, l’IIEF5 médian était à 25 (min 1–max 25). Treize (56 %) patients n’étaient « pas du tout » gêné sur l’apparence du pénis en érection, 8 (35 %) « un peu ».


Conclusion

La correction chirurgicale de courbure de verge est à proposer en fonction de la gêne ressentie par les patients. La taille de verge suffisante et l’absence de trouble de l’érection chez ces patients jeunes permet le plus souvent de proposer une plicature. Le taux de réussite est élevé, et la technique est très sûre en terme de troubles de l’érection et présente des résultats notable sur le confort sexuel, ce que corrobore notre étude.

Résultats chirurgicaux et fonctionnels dans les reconstructions urétrales après phalloplastie
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 735-736


Objectifs

Un des enjeux de la phalloplastie est d’obtenir un néo-urètre compétent de diamètre suffisant et étanche qui arrive au bout de la verge permettant d’uriner debout. Les résultats chirurgicaux de cette reconstruction sont encore peu décrits, et les résultats fonctionnels urinaires sur le long terme restent inconnus.

L’objectif de cette étude est l’évaluation des résultats chirurgicaux et fonctionnels des reconstructions urétrales dans les phalloplasties.


Méthodes

Étude rétrospective unicentrique portant sur les patients opérés d’une phalloplastie avec reconstruction urétrale de 2007 à 2018 chez les patients trans-mâles pour réassignation sexuelle chirurgicale Female To Male (FtM) et chez les patients cis-mâles pour reconstruction dans le cadre de malformations congénitales, traumatismes ou cancers.

Les données démographiques et médicales, périopératoires et postopératoires ont été recueillies depuis les dossiers médicaux. Les résultats fonctionnels et la satisfaction des patients ont été évalués selon un questionnaire recueilli par voie postale ou en ligne.


Résultats

Sur 89 patients, 55 ont eu une reconstruction urétrale par lambeau libre, 34 par greffe de peau totale (GPT) ou mince (GPM).

Soixante-dix-huit phalloplasties étaient réalisées pour réassignation sexuelle, 7 pour anomalie congénitale, 2 pour cancer, 2 pour traumatismes.

Le taux de fistule moyen était de 54 %. Cinquante-six pour cent sont survenues sur les reconstructions urétrales par lambeau libre, 43 % sur les reconstructions par GPT ou GPM. Quatre-vingt-cinq pour cent des fistules sont survenues chez les patients trans genre, 15 % chez les patients cis genre.

Le taux de sténose moyen était de 54 %. Soixante-cinq pour cent sont survenues sur les reconstructions urétrales par lambeau libre, 35 % sur les reconstructions par GPT ou GPM. Quatre-vingt-douze pour cent des sténoses sont survenues chez les patients trans genre, 8 % chez les patients cis genre. Soixante-treize pour cent ont eu une reprise pour urétroplastie.


Conclusion

La reconstruction urétrale dépend donc de la technique de reconstruction urétrale utilisée et du terrain sur laquelle elle est réalisée.

Elle reste l’une des sources majeures des complications postopératoires dans les chirurgies de phalloplastie, avec nécessité fréquente de reprises chirurgicales difficiles.

Résultats comparés de la survie après cystectomie pour les tumeurs de la vessie n’infiltrant pas le muscle de haut risque : expérience multicentrique
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 833


Objectifs

La majorité des tumeurs de la vessie diagnostiquées n’infiltrent pas le muscle dans la pratique. En cas de TVNIM à très haut risque une cystectomie est parfois proposée d’emblée ou notamment en cas d’échec du traitement d’induction par BCG-thérapie. Le but de notre étude était de rapporter les résultats carcinologiques en cas de TVNIM opérés d’une cystectomie radicale d’emblée ou immédiatement après BCG.


Méthodes

Une étude rétrospective, multicentrique, a recensé l’ensemble des cystectomies réalisées pour TVNIM dans trois centres hospitalo-universitaires.

Les caractéristiques cliniques de la population (stade, grade, BCG) et les résultats carcinologiques de survie globale et spécifique ont été analysés. Nous avons comparé la survie en cas de cystectomie radicale d’emblée (CRE) et en cas de cystectomie après première ligne de BCG (CRS). La méthode Kaplan–Meier a permis d’évaluer la survie globale et spécifique. Le test de LogRank a été réalisé pour comparer les courbes de survie. Une régression de Cox univariée/multivariée a été réalisée. Le logiciel R a été utilisé pour réaliser pour les analyses statistiques.


Résultats

Entre 2001 et 2019, 184 patients ont été inclus, 67 CRE et 96 CRS ; 21 patients ont eu une cystectomie pour tumeur multifocale ou résection incomplète. La durée médiane de suivi était de 29 mois [12–53]. L’âge médian est de 65 ans [58–72] avec un sex-ratio H/F de 3 et une majorité de patients ASA 1 et 2 (57,8 %). L’anatomopathologie de la dernière RTUV retrouvait 18,4 % de pT1, 27 % de pT1a et 20,9 % de pT1b, et 51,5 % de CIS concomitant. Le délai médian entre la première RTUV et la cystectomie était de 5,2 mois (3,15–9,9) pour les CRE et 18,9 mois (10,3–50,1) en cas de CRS (<0,001). Il n’y avait pas de différence en termes de survie globale (p =0,41) et spécifique (p =0,62) entre CRS et CRE (Fig. 1, Fig. 2, Tableau 1).


Conclusion

Aucune différence de survie n’a été rapportée entre les TVNIM opérées d’emblée ou après BCG au moment de la cystectomie. Les patients CRS vivent plus longtemps avec leur vessie en place mais avec le spectre de la chirurgie radicale à moyen terme. Les patients à haut risque pourraient être traités initialement par BCG et cystectomie secondairement si récidive.

Résultats de la lymphadénectomie de sauvetage dans une population spécifique atteinte d’un cancer de la prostate présentant une récidive biochimique avec TEP-Choline négative mais TEP/TD 68Ga-PSMA positive
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 745-746


Objectifs

La lymphadénectomie après la récidive biochimique du cancer de prostate localisé reste une opération peu fréquente. Avec l’essor de l’imagerie métabolique surtout du PET/TD-68Ga-PSMA, on identifie plus fréquemment et plus tôt des lésions de récidive, permettant une intervention précoce. Dans cette étude descriptive, on montre les Résultats des patients opérés d’une lymphadénectomie de sauvetage pour des patients, traités initialement par chirurgie radicale, présentant ensuite une récidive biochimique, avec une imagerie métabolique négative au PET-Choline, mais positive au PET/TD-PSMA.


Méthodes

Parmi tous les patients ayant subi une imagerie au PET/TD 68Ga-PSMA, dans un même centre parisien, entre avril 2016 et juin 2019, on a identifié les patients opérés initialement par prostatectomie radicale, ayant un chiffre de PSA négative en postopératoire, suivi d’une récidive biochimique, un PET-Choline négative et des lésions identifiées sur le PET/TD 68Ga-PSMA. Leur histoire clinique, examens paracliniques surtout les chiffres de PSA, et leurs imageries sont collectées pour l’étude. Les décisions des réunions de concertation pluridisciplinaire sont aussi observées.


Résultats

Neuf patients ayant remplis tous les critères d’inclusion sont inclus dans notre étude. La moyenne d’âge était de 64 ans (53–74), la durée de suivi médiane était à 139 mois (41–200), et la moyenne de durée de survie sans progression était de 28 mois (6–135). Quatre patients ont montré un curage ganglionnaire positif ; six patients ont baissé leur chiffre de PSA en postopératoire. Cependant, trois parmi ces derniers ont ré-augmenté leur PSA. La décision de la réunion de concertation pluridisciplinaire a été changée sur cinq instances en faveur d’un curage, à la lumière des résultats du PET/TD 68Ga-PSMA (Tableau 1).


Conclusion

Bien que l’imagerie au PET/TD 68Ga-PSMA est un facteur modificateur dans la prise de décision chez les patients ayant une récidive biochimique après prostatectomie radicale, en faveur d’une lymphadénectomie de sauvetage ; les patients montrent des résultats histologiques et biochimiques discordants en post-lymphadénectomie. Pour six patients sur 9, la lymphadénectomie a permis la baisse du PSA et probablement reporter l’initiation de la thérapie hormonale.

Résultats de l’enquête de pratique des urologues français pour l’activité de cancérologie au cours de la pandémie COVID-19
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 698


Objectifs

Durant la pandémie COVID-19 les activités opératoires et de consultations ont été réduites. Des recommandations de modifications de pratiques ont été publiées par l’AFU sur la priorisation des procédures de diagnostic et des interventions. Une enquête a été faite auprès des urologues pour analyser leurs pratiques à l’issue de ces recommandations.


Méthodes

Nous avons effectué une enquête en ligne parmi les urologues de France membres de l’AFU, après la diffusion des recommandations. Le questionnaire en langue anglaise avait été établi par la Société internationale d’urologie (SIU) dans le cadre d’une enquête à l’échelle internationale. Nous avons comparé les modifications déclarées par les urologues à celles proposées par les recommandations.


Résultats

Au total, 254 urologues français ont répondu. Quatre-vingt pour cent étaient âgés de plus 40 ans et 63 % exerçaient en secteur libéral. Soixante-six pour cent avaient restreint les consultations physiques et utilisaient la télémédecine. Cinquante et un pour cent des biopsies prostatiques étaient différées ; 81,5 % avaient restreint leur activité de bloc de plus de 75 %. Les RTU de vessies, cystectomies, néphro-urétérectomies, néphrectomies et prostatectomies étaient maintenues respectivement dans 91 %, 93,6 %, 87,7 %, 61,4 % et 51,2 %. Concernant les orchidectomies/pénectomies et les curages rétropéritonéaux ils étaient maintenus dans 95,2 % et 77,6 %.


Conclusion

Les résultats de l’enquête révélaient globalement une pratique des urologues volontaires pour répondre, conforme aux recommandations du CCAFU. La limite de l’étude était que les items du questionnaire ne comprenaient pas la pratique des instillations endovésicales ni la programmation des cancers du rein ou de la prostate en fonction de facteurs pronostiques, contrairement aux recommandations.

Résultats des ballons péri-urétraux ajustables (ACT) dans le traitement de l’incontinence urinaire d’effort complexe de la femme adulte
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 752-753


Objectifs

Le traitement de l’incontinence urinaire d’effort (IUE) de la femme est chirurgical après échec de la rééducation. L’IUE simple est traitée le plus souvent par bandelette sous-urétrale. Le traitement des formes complexes (insuffisance sphinctérienne [IS] majoritaire neurogène ou non, récidivée après chirurgie, post-radiothérapie) est moins bien défini. Les ballons péri-urétraux ajustables (BPUA) ont une place mal définie dans le traitement de l’IUE complexe.


Méthodes

Décrire et analyser l’efficacité et la morbidité des BPUA dans l’IUE complexe. Nous avons étudié rétrospectivement (2010–2019) les dossiers des patientes ayant eu des BPUA. L’efficacité était évaluée par interrogatoire aux dernières nouvelles à l’aide d’une échelle de Likert à 7 niveaux de type Patient Global Impression of Improvement (PGI-I avec 3 degrés d’amélioration, un niveau neutre, 3 degrés d’aggravation). Le succès (continence sociale [CS]) était atteint pour les 2 premiers niveaux d’amélioration. Le nombre d’ajustement, les complications et les déposes étaient colligés. CERU 2019/006.


Résultats

Cinquante-trois patientes ont eu un suivi médian de 33 mois (1–100) : 33 patientes non neurologiques dont 5 antécédents de radiothérapie pelvienne et 21 IUE récidivées (agent comblant, BSUS, Burch, sphincter) et 22 patientes IUE par IS neurogène. Le taux de succès (CS) obtenu après plusieurs poses était de 62 % (33/53). Le nombre médian d’ajustement était de 3 (1–9). Suite à la 1ère pose le nombre d’infection de prothèse, d’érosion, de migration, était respectivement de 3, 9 et 12 aboutissant à une explantation chez toutes les patientes. Les complications et déposes ont été gérées en consultation. Chez les 29 patientes initialement classées CS après la première pose la durée de vie médiane des BPUA était de 24 mois (1–96). Parmi elles 12 ont eu une nouvelle pose avec 11 succès.


Conclusion

L’efficacité des BPUA dans IUE féminine complexe leur confère une place spécifique dans l’arsenal thérapeutique. Ces résultats obtenus avec une chirurgie mini-invasive sans nouvel abord de l’urètre sont à mettre en balance avec des taux de complications bénignes et d’explantations significatifs.

Résultats d’une enquête de pratique nationale de l’Association française d’urologie (AFU) concernant la prise en charge des tumeurs de la vessie n’infiltrant pas le muscle (TVNIM) au sein des réunions de concertation pluridisciplinaires (RCP)
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 829


Objectifs

La prise en charge des TVNIM a évolué au cours de ces dernières années. Le but de ce travail était d’évaluer la prise en charge des TVNIMs à haut risque au sein des RCPs dans le cadre d’une enquête de pratique de l’AFU.


Méthodes

En octobre 2019, le réseau sentinelle des RCPs de l’AFU a été sollicité par le biais d’un questionnaire proposant un cas clinique préparé par un des membres du CCAFU. Le cas clinique interrogeait sur la prise en charge d’une TVNIM (pT1 haut grade+CIS) révélée par une hématurie chez un homme de 65 ans. Les questions abordaient le bilan diagnostique (cystoscopie, cytologie, uro-TDM), la technique de résection (lumière blanche/bleue, second look ), les instillations adjuvantes (BCG, induction, entretien) et les options à envisager en cas de récidive.


Résultats

Au total, 72 équipes ont été sollicitées et 30 RCPs ont répondu au questionnaire, soit 41,6 %. Ces 30 équipes regroupaient 120 médecins dont 70 % au moins était des urologues. Le nombre minimum de médecins était de 3 par RCP (2 spécialistes d’organe et 1 spécialiste non clinicien) conformément à la règle établie. Le bilan diagnostique en présence d’une hématurie macroscopique chez un fumeur était conforme aux recommandations du CCAFU dans 75 % des cas. La primo-résection était volontiers proposée en lumière bleue (55 %), puis en lumière blanche (35 %) voir au NBI (10 %). En présence de pT1, 97 % des collègues ont proposé une re-résection de principe. S’agissant des instillations, 70 % des collègues proposaient des instillations de BCG d’induction puis d’entretien pour 1 à 3 ans. En cas de récidive précoce et de tumeur « non répondeuse au BCG » l’option de la cystectomie restait majoritaire (60 %) mais avec un taux d’adhésion plus limité des médecins mettant en avant le risque de refus de certains patients. En l’état des connaissances actuelles, les options thérapeutiques chez les patients réfractaires au BCG sont trop limités (Fig. 1, Tableau 1, Tableau 2).


Conclusion

L’enquête de pratique de l’AFU discutait d’un cas de TVNIM à haut risque pour lequel les recommandations du CCAFU étaient suivies par la majorité des collègues. Néanmoins, certaines situations cliniques ne sont pas couvertes par les recommandations car les données de la littérature sont pauvres et traduisent le manque d’option thérapeutique, notamment dans les cas de tumeurs réfractaires au BCG.

Résultats d’une nouvelle prothèse pour la chirurgie de réassignation génitale Female to Male : la ZSI100D4 pour méta-oidioplastie
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 736-737


Objectifs

Cette étude présente les résultats d’une nouvelle technique de méta-oidioplastie incluant l’implantation d’une prothèse semi-rigide spécialement conçue pour les corps caverneux clitoridiens, la ZSI100D4.


Méthodes

La prothèse fait 12cm de long (une partie distale de 5cm renforcée par une tige en argent mobilisable, et une partie proximale ajustable en silicone de 7cm). Elle est implantée durant la chirurgie de méta-oidioplastie, une procédure de réassignation génitale chez les hommes trans, consistant à la reconstruction d’un pénis de petite taille en utilisant le clitoris élargi par le traitement hormonal. L’implantation de la prothèse suit les étapes habituelles de la chirurgie de prothèse pénienne (cavernotomies – dilatation – implantation). La reconstruction urétrale est réalisée en combinant un patch de muqueuse vaginale et des lambeaux de petites lèvres (Fig. 1).


Résultats

Quinze hommes trans suivi par notre équipe multidisciplinaire se sont vus proposé cette chirurgie de 12/2018 à 12/2019. La durée moyenne de suivi était de 15 mois (DS8,7). Les caractéristiques générales des patients et les résultats chirurgicaux sont résumés dans le Tableau 1. La taille de la prothèse implantée allait de 8,5 à 10cm. 13 patients ont eu une scrotoplastie associée dont 10 dans le même temps opératoire. Le suivi a montré comme complication 2 fistules (13 %) traitées par dérivation urinaire sus-pubienne prolongée (Clavien 2), 1 hématome (Clavien 3b). Il n’y a pas eu d’infection de prothèse. Des exemples d’urétrocystographie sont fournis (Fig. 2).


Conclusion

L’implantation de cette nouvelle prothèse présente plusieurs avantages. Elle agit comme support vertical allant contre la rétraction cicatricielle du pénis reconstruit, et facilite la miction debout. Ces résultats préliminaires après plus d’un an de suivi suggèrent la sécurité de ce matériel. Une analyse fine des résultats fonctionnels est en cours, et un suivi à long terme reste bien évidemment nécessaire.

Résultats fonctionnels et perte de volume fonctionnel rénal à 1 an après traitements thermo-ablatifs versus néphrectomie partielle pour tumeurs > 4 cm
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 787


Objectifs

Les traitements thermo-ablatifs (TTA) sont une alternative à la néphrectomie partielle (NP) pour le traitement des carcinomes à cellules rénales (CCR). La mesure du volume fonctionnel rénal (VFR) permet une évaluation objective de l’altération du parenchyme rénal après traitement. Peu de données existent concernant la dégradation du VFR après TTA des CCR>4cm. L’objectif de notre travail était de comparer le VFR et la fonction rénale à 1 an du traitement des CCR>4cm par TTA ou NP.


Méthodes

Nous avons inclus de manière rétrospective et monocentrique 144 patients entre 2014–2019, avec tumeur rénale unifocale, localisée>4cm, hors reins uniques : 87 NP (35,6 % robot-assistées) et 57 TTA (86 % cryothérapies, 10,5 % radio-fréquences et 3,5 % micro-ondes).

Le logiciel SLICER 3D® a été utilisé pour réaliser des segmentations manuelles. Le volume tumoral, le VFR ipsilatéral, controlatéral et total ont ainsi été mesurés (Fig. 1).

L’eGFR (CKD-EPI), les complications et les paramètres volumétriques ont été évalués avant traitement et à 1 an (delta-eGFR), puis comparés entre les 2 groupes (Fisher/Student).


Résultats

En préopératoire, les patients du groupe TTA étaient significativement plus âgés et comorbides, avec eGFR plus altéré (Tableau 1). Le volume tumoral était supérieur dans le groupe NP (55,9 cm3 vs 31,1 cm3, p =0,0007).

À 1 an, le groupe NP avait significativement plus de perte de VFR ipsilatéral (−19 % vs −14 %, p =0,002) et d’hypertrophie compensatrice controlatérale (+4 % vs +1,8 %, p =0,02). Les 2 groupes ont perdu en VFR total mais sans différence significative (−21,7 cm3 vs −19 cm3), ni en termes de complications Clavien ≥2 (19 % vs 21 %) ou de delta-eGFR (−4 vs −6).

En multivarié l’âge (Pearson r =−0,165) et l’eGFR après traitement, précoce et à 1 an (r =0,257 et 0,197) étaient significativement associés à la perte de VFR total. Le temps d’ischémie chaude n’était pas associé à la perte de VFR ou d’eGFR.


Conclusion

Dans le traitement des RCC>4cm, les TTA permettent une meilleure préservation du parenchyme rénal à 1 an par rapport à la NP. La perte de VFR ipsilatérale est plus importante après NP, mais l’hypertrophie controlatérale peut expliquer l’absence de différence d’eGFR à 1 an. L’âge et le delta-eGFR étaient associés à la perte de VFR total.

Résultats oncologiques des patients ayant des ganglions lymphatiques positifs au moment de la cystectomie radicale avec ou sans chimiothérapie néoadjuvante
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 718-719


Objectifs

La prise en charge après cystostomie des patients avec maladie ganglionnaire résiduelle après chimiothérapie néaodjuvante n’est pas codifiée. Le but était de comparer les résultats de survie globale dans la maladie pN1-3 au moment de la cystectomie radicale (RC) pour cancer infiltrant selon le statut de chimiothérapie néoadjuvante (NAC).


Méthodes

Cette étude multicentrique a inclus 450 patients consécutifs subissant une RC pour un cancer de la vessie urothélial infiltrant avec une maladie pN1-3 pM0 de 2010 à 2019. La NAC consistait en une chimiothérapie à base de platine. Le critère d’évaluation principal était la comparaison entre les cohortes NAC versus non-NAC en termes de décès quelle qu’en soit la cause. La survie globale a été évaluée à l’aide de la méthode de Kaplan–Meier et une régression multivariée de Cox a été utilisée pour estimer les ratios de risque.


Résultats

L’âge médian était de 69 ans. Les patients recevant une NAC étaient plus jeunes (p =0,051), avaient plus de réponse complète pathologique sur pièces de RC (10,7 % contre 4,3 %, p =0,042). La survie globale médiane était de 26,6 mois. Les patients NAC avaient une survie inférieure à ceux qui n’avaient pas reçu de NAC (HR 1,6 ; p =0,019). Les patients traités par chimiothérapie adjuvante (AC) avaient de meilleurs Résultats que ceux recevant une NAC ou aucune chimiothérapie (p <0,001). La persistance de cancer infiltrant dans les échantillons RC était également significativement associée à la survie globale (HR 2,40). Dans la cohorte NAC, les deux facteurs indépendamment corrélés avec la survie étaient le nombre de ganglions lymphatiques positifs (p =0,013) et l’utilisation de chimiothérapie adjuvante (HR 0,31 ; p =0,015) (Fig. 1, Fig. 2).


Conclusion

La maladie nodale persistante dans les échantillons de RC après NAC était associée à un mauvais pronostic et à des taux de survie inférieurs comparativement aux pN1-3 après RC d’emblée. Dans ce sous-groupe de patients ayant eu une NAC, l’utilisation de chimiothérapie adjuvante était indépendamment associée à une meilleure survie globale. Ce groupe de patients représente donc un groupe de mauvais pronostic, résistant à la NAC, et pour lequel des thérapies agressives adjuvantes semblent justifiées.

Retour sur expérience de la prise en charge des patients lors de l’éducation à l’autosondage
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 798


Objectifs

L’autosondage propre intermittent est le traitement de référence de la dysurie-rétention idiopathique ou neurologique or l’éducation thérapeutique est souvent complexe à mettre en place et représente un frein à la mise en place de ce traitement. L’objectif cette étude est de présenter notre expérience dans un service de chirurgie urologique au sein d’un établissement privé et de discuter les différents outils nécessaires à sa réussite.


Méthodes

Une étude observationnelle prospective monocentrique sur 30 mois a était réaliser par un infirmier. L’analyse a été séparée en 3 périodes. La première correspondant aux 8 premiers mois, et à la mise en place du projet sans matériel déterminé, ni formation réalisée par l’IDE référent. La seconde correspondant aux 8 mois suivant. À cette période, l’infirmier avait reçu une formation adaptée, et disposait d’un large choix de sondes. Et enfin une dernière période de 14 mois, pendant laquelle été mis en place un temps dédié à l’éducation thérapeutique, une collaboration avec les laboratoires, la mise en place d’un carnet de suivi et d’outils pédagogiques.


Résultats

Soixante-treize patients ont été inclus. Sur 19 patients au cours de la première période avec un taux de réussite totale de 63 % (12/19 patients). Soixante-dix pour cent sur la deuxième période (21/30 patients), et 83 % sur la troisième (20/24). Il n’y avait pas de différences significatives entre les 3 groupes concernant l’âge, le sexe et l’étiologie. Sur les trois périodes on constatait un test de régression linéaire de 0,005, en faveur d’une tendance à l’amélioration des résultats avec le temps. L’analyse des résultats dans la réussite de l’éducation à l’autosondage au sein de notre centre, est en faveur d’une amélioration avec l’expérience de l’intervenant, l’accès à différents types de sondes en collaboration avec les industriels, des outils didactiques pour les patients et l’organisation d’une plage dédiée avec un IDE référent.


Conclusion

Nous pouvons donc observer une corrélation entre l’apprentissage proposé et le taux de réussite. Cependant cette étude ne tient pas compte du profil patient. Nous pourrons discuter des pathologies diagnostiquées et mettre en évidence d’autres facteurs indépendants. De même, nous pourrons questionner l’application de cette éducation dans le temps.

Réunions de concertation en pelvi-périnéologie en France : une enquête nationale auprès des urologues français
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 810-811


Objectifs

Les réunions de concertation pluridisciplinaires (RCP) en pelvi-périnéologie prennent une importance grandissante dans la prise en charge des cas complexes en pelvi-périnéologie et leur tenue pourrait devenir obligatoire pour poser certaines indications dans un futur proche. Le but de cette étude était d’établir un état de lieux sur le territoire national concernant l’existence et les modalités de ces réunions.


Méthodes

Une enquête a été réalisée auprès des urologues français membres de l’Association française d’urologie via un questionnaire en ligne en 15 questions. Des statistiques descriptives ont été menées.


Résultats

Les données démographiques relatives aux 207 urologues ayant répondu sont détaillées dans le Tableau 1. Un accès à une RCP de pelvi-périnéologie existait dans 37 % des cas. Les RCP impliquaient les CHU dans 57 % des cas. Le responsable était urologue, gynécologue, digestif, MPR ou autre dans respectivement 38 %, 28 %, 8 %, 12 % et 14 % des cas. Outres les urologues, participaient des gynécologues (88 %), chirurgiens digestifs (74 %), gastro-entérologues (44 %), radiologues (37 %), MPR (40 %), kinésithérapeutes (43 %), algologues (12 %), infirmières (19 %), gériatres (5 %) ou sage-femmes (9 %).

Les activités étaient toujours des discussions de dossiers (Tableau 2), parfois des présentations pédagogiques (34 %) et très rarement des examens physiques des patients. Une liste d’émergement et un compte rendu écrit existaient dans deux tiers des cas, mais un secrétariat dédié dans seulement 29 % des cas.


Conclusion

Les RCP de pelvi-périnéologie sont hétérogènes et insuffisamment développées en France, car beaucoup d’urologues déclarent ne pas y avoir accès. Leur structuration, leur développement et leur coordination sont des enjeux majeurs à court terme.

Risque de complications chirurgicales chez les receveurs obèses et en surpoids : élaboration d’un modèle morphométrique prédictif basé sur la sarcopénie et la distance entre les vaisseaux et la peau
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 722-723


Objectifs

Les liens entre les complications chirurgicales et la sarcopénie ou la distribution du tissu adipeux chez les personnes obèses et en surpoids ayant subi une transplantation rénale n’ont pas été évalués. Notre objectif était d’évaluer ces différents marqueurs morphométriques pour prédire les complications chirurgicales dans cette population de receveurs.


Méthodes

Nous avons inclus rétrospectivement tous les patients avec un IMC>25kg/m2 transplantés rénaux de 2012 à 2017. Les mesures suivantes ont été effectuées sur des coupes de scanner : surface du tissu adipeux sous-cutané (SAT), surface du tissu adipeux viscéral (VAT), distance entre les vaisseaux et la peau (DVP), périmètre abdominal (AP) et surface des psoas (Fig. 1). Le critère de jugement principal était la survenue d’une complication dans l’année post-transplantation. Les facteurs associés aux complications postopératoires ont été mis en évidence à l’aide d’une régression logistique multivariée et inclus dans un modèle prédictif. Ce modèle a été comparé à un modèle incluant uniquement l’IMC.


Résultats

Au total, 248 receveurs ont été inclus. L’âge moyen était de 56 ans (SD=12,7), 152 étaient des hommes (61,3 %) et l’IMC moyen était de 29,7kg/m2 (SD=3,6). Il y a eu 15 transplantectomies (6 %), 18 fistules urinaires (7,3 %) et 29 hématomes de loge (11,7 %). En analyse multivariée, la DVP étaient un facteur de risque de complications (OR=1,2, IC95 %=[1,1–1,3]) tandis que la surface du psoas était un facteur protecteur (OR=0,9, IC95 %=[0,8–0,9]). Pour une DVP>14,9cm ou une surface des psoas inférieurs à 22,3 cm2, le risque de complications était doublé. L’aire sous la courbe d’un modèle incluant l’âge du receveur, la surface des psoas et la DVP était de 0,69 tandis qu’elle était de 0,65 pour un modèle incluant l’IMC (Fig. 2).


Conclusion

Les critères morphométriques de sarcopénie et la DVP, regroupés en un modèle, étaient prédictifs des complications post-transplantation chez les patients obèses et en surpoids. Ils étaient facilement mesurables sur des coupes de scanner non injectées. Une validation externe est nécessaire.

Risque hémorragique et estimation des pertes sanguines en chirurgie urologique
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 809


Objectifs

Les pertes sanguines peropératoires sont généralement renseignées par l’urologue sur le compte rendu opératoire. Quelle est la fiabilité de cette estimation, et est-elle corrélée à la biologie postopératoire ?


Méthodes

Nous avons réalisé un recueil rétrospectif monocentrique de novembre 2019 à mai 2020, de toutes les chirurgies urologiques à risque hémorragique réalisées par 7 opérateurs, par laparotomie, cœlioscopie et cœlioscopie robot-assistée. Nous avons recueilli les données suivantes : hémoglobine et hématocrite préopératoire - j1 - j3 postopératoire ; voie d’abord ; type d’intervention ; estimation des pertes par le chirurgien (sur compte rendu opératoire) et l’anesthésiste (sur compte rendu d’anesthésie ou réanimation) ; transfusion. La corrélation entre pertes sanguines et hémoglobine postopératoire est analysée selon Spearman.


Résultats

Au total, 94 interventions ont été incluses (détail Tableau 1). L’âge médian était de 66 ans. Onze patients (12 %) ont été transfusés en peropératoire pour un saignement médian estimé de 800mL (450–925). Les pertes sanguines estimées par l’urologue étaient de 225mL (100–500), contre 325mL (238–725) pour l’anesthésiste (p =0,16). La différence était plus marquée pour les cystectomies (350mL), adénomectomies (300mL) et néphrectomies totales (250mL). La baisse médiane de l’hémoglobine était de 22g/L (j1), 26g/L (j3), pour une baisse d’hématocrite de 7 % (j1), 8 % (j3). Après exclusion des 11 patients transfusés, la corrélation entre estimation des pertes et hémoglobine postopératoire était faible mais significative pour chirurgiens et anesthésistes (r =0,40, p <0,05 vs r =0,41, p <0,05). Six patients ont été transfusés après j3 (baisse d’hémoglobine à j3 : 58g/L) malgré un hématocrite diminué de 15 % (Fig. 1).


Conclusion

L’estimation des pertes sanguines est faiblement corrélée à l’hémoglobine postopératoire. L’urologue semble sous-estimer modérément le saignement dans son compte rendu. Le risque de transfusion peropératoire reste significatif durant une chirurgie urologique à risque hémorragique. L’indication des transfusions postopératoires doit être discutée au vu de l’hématocrite.

RTUP de la prostate monopolaire (RTUPm) entre bipolaire (RTUPb). Résultats fonctionnels et analyse des facteurs prédictifs de complications
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 824-825


Objectifs

Au Maroc, la RTUP-m est le gold standard dans le traitement chirurgical des adénomes de prostate : proposée pour un volume prostatique permettant une résection en moins de 60minutes. Par ailleurs, le risque hémorragique pose le problème de la prise en charge des patients sous antiagrégant ou anticoagulant d’où l’intérêt d’une RTUP-b. Comparer les résultats fonctionnels, les complications en postopératoire immédiat entre les 2 techniques et identifier les facteurs prédictifs de complication.


Méthodes

Il s’agit d’une étude prospective randomisée réalisée entre janvier 2019 et août 2019.

Les variables âge, IMC, indication chirurgicale, volume transrectal de la prostate, classification ASA, traitements pharmacologiques antérieurs, score IPSS, indice de qualité de vie (IQV), débit maximal (Qmax) et complications postopératoires ont été collectées.

Le test du Chi2 et le test-t de Student ont été utilisés pour l’analyse statistique.


Résultats

Soixante-neuf patients consécutifs ont été inclus, 38 patients dans le groupe de RTUP monopolaire et 31 dans le groupe de RTUP bipolaire. Les deux groupes étaient homogènes dans leurs caractéristiques de base.

Le score IPSS/IQV/Qmax pré-chirurgical global est de 24,03/4,73/9,47. Les résultats fonctionnels au 1er et 3e mois sont représenté sur le Tableau 1.

Pour les complications (voir Tableau 2). Ces différences n’étaient pas statistiquement significatives (p =0,427) : les plus fréquentes étaient l’hématurie (9,4 %) et les infections urinaires fébriles (9,4 %). Un seul patient a présenté une hyponatrémie due à une réabsorption du glycocolle dans le groupe monopolaire. Toutes les complications étaient Clavien 1 ou 2.

Nous n’avons trouvé aucune différence significative entre les deux groupes concernant les complications ou leurs facteurs prédictifs.


Conclusion

L’analyse de nos données au cours des trois premiers mois ne révèle pas de différences entre les deux techniques en termes de résultats fonctionnels et de complications postopératoires et il n’y a pas des facteurs prédictifs de survenue des complications quel que soit le type d’énergie utilisé.

Satisfaction des patientes et efficacité du pessaire en cas de prolapsus génital
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 757


Objectifs

Le pessaire peut être proposé en cas de prolapsus des organes pelviens (POP). Pourtant, son utilisation est limitée aux patientes âgées ou en alternative à la chirurgie. L’objectif principal était d’évaluer la satisfaction des patientes porteuses d’un pessaire. Les objectifs secondaires étaient d’évaluer l’amélioration des scores de symptômes et de qualité de vie et de rechercher les facteurs associés à la satisfaction et à l’échec.


Méthodes

Il s’agit d’étude de cohorte prospective unicentrique. Le pessaire a été proposé à toutes les patientes adressées pour POP. Les données ont été relevées avant la pose du pessaire, à un mois puis à six mois. Le critère de jugement principal était le résultat au score Patient Global Impression of Improvement (PGI-I). L’amélioration des symptômes a été évaluée à l’aide des scores de symptômes PFDI-20, ICIQ-SF, PISQ-12 et USP et le score de qualité de vie PFIQ-7(2)(3)(4)(5)(6)(7). La satisfaction a été étudiée en comparant les patientes très satisfaites (PGI-I=1) aux autres à 1 mois. L’échec a été défini comme le retrait du pessaire à 6 mois.


Résultats

Quatre-vingt patientes ont été incluses. À 6 mois, la pose du pessaire a été considérée comme un échec pour 22 patientes (25,9 %). Le taux de satisfaction (PGI-I=1 ou 2) était de 78,1 % à 1 mois et 87,5 % à 6 mois. L’efficacité du pessaire était le principal avantage rapporté par les patientes à 1 mois (60 %) comme à 6 mois (59,4 %). Concernant les symptômes, nous avons retrouvé une amélioration significative du score global PFDI-20 (p =0,002) et du score ICIQ-SF évaluant l’incontinence urinaire (p =0,001). La qualité de vie était également significativement améliorée (p =0,007). Les facteurs associés à la satisfaction des patientes étaient l’amélioration plus importante des symptômes (PFDI20 et PFIQ7, p <0,05). En cas d’échec, les patientes étaient plus jeunes (p =0,03) et en surpoids (p =0,001).


Conclusion

L’utilisation du pessaire dans le traitement du prolapsus génital de la femme constitue une véritable alternative thérapeutique de première intention quel que soit le type ou le stade du POP. Il est bien accepté et la satisfaction des patientes élevée sans engendrer de complication majeure.