Base bibliographique

Sommaire :

Comparaison de l’implantation transcaverneuse d’un sphincter artificiel urinaire artificiel en primo-implantation vs en réimplantation
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 779


Objectifs

La voie transcaverneuse pour l’implantation du sphincter artificiel urinaire (SAU) pourrait minimiser le risque d’érosion urétrale. Certaines équipes choisissent d’emblée cette voie sur les urètres fragiles, tandis que d’autres la choisissent en seconde intention, après explantation d’un précédent SAU.

L’objectif de cette étude était de comparer les résultats fonctionnels et complications des SUA transcaverneux primo-implantés par rapport aux SUA transcaverneux réimplantés.


Méthodes

Les dossiers de tous les patients de sexe masculin ayant eu l’implantation d’un SAU entre 2005 et 2020 dans 12 centres ont été revus rétrospectivement. Seuls les patients ayant eu une implantation transcaverneuse ont été inclus. Les patients étaient divisés en deux groupes : primo-implantation (PI) vs réimplantation (RI). Le critère de jugement principal était la survie sans explantation (SSE) Les critères de jugement secondaires étaient la continence sociale (0 ou 1 protection/jour) à 3 mois et à la fin du suivi, le taux de complications postopératoires et la survie sans réintervention (SSR).


Résultats

Cent dix-huit patients ont été inclus dans l’analyse : 95 dans le groupe PI et 23 dans le groupe RI. On notait un antécédent de radiothérapie chez 89,7 % des patients du groupe PI vs 68,8 % dans le groupe RI (p =0,005). La SSE estimée à 3 ans était de 71,8 % dans le groupe PI vs 37,7 % dans le groupe RI (Fig. 1 ; p =0,15). La SSR estimée à 3 ans était de 52,6 % dans le groupe PI vs 28,7 % dans le groupe RI (Fig. 2 ; p =0,055). Les taux de complications postopératoire et de complications Clavien ≥3 étaient plus élevés de dans le groupe PI sans que ces différences n’atteignent la significativité (24,7 % vs 8,7 % ; p =0,09 et 6,3 % vs 0 % ; p =0,59 respectivement). Le taux de continence sociale à 3 mois dans le groupe PI était de 70,7 % vs 76,2 % dans le groupe RI (p =0,79). Le taux de continence à la fin du suivi était de 61,3 % dans le groupe PI vs 57,9 % dans le groupe RI (p =0,80).


Conclusion

Le recours à la voie transcaverneuse en première intention pour l’implantation d’un SAU chez l’homme ne semble pas diminuer la morbidité périopératoire et serait associé à des résultats fonctionnels similaires à la réimplantation par voie transcaverneuse. En revanche, elle pourrait être associée à une meilleure survie sans explantation et sans réintervention.

Comparaison des débits d’irrigation entre différentes Méthodes d’irrigation pour l’urétéroscopie souple
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 700-701


Objectifs

L’objectif de cette étude menée in vitro était de comparer les débits d’irrigation entre différentes Méthodes d’irrigation couramment utilisées en urétéroscopie souple (URS-S) : système d’irrigation automatique Endoflow II, irrigation par gravité et irrigation par gravité avec brassard à pression (Fig. 1). L’influence de l’occupation du canal opérateur (CO) de l’URS-S sur le débit d’irrigation a également été évaluée avec divers instruments.


Méthodes

L’URS-S LithoVue avec un CO de 3,6 Fr a été utilisé pour l’ensemble des expériences. L’URSS était maintenu rectiligne pour chacune des expériences. Pour chacune des Méthodes d’irrigation, les pressions d’irrigation utilisées étaient de 40 et 100cm H2O. Pour chaque niveau de pression d’irrigation, nous avons évalué l’influence de l’occupation du CO de l’URS-S : CO libre, CO occupé par une fibre laser de 272μm, CO occupé par un panier en nitinol de 1,9 Fr. Le débit d’irrigation sortant de l’URS-S était mesuré par le volume de liquide d’irrigation collecté dans un éprouvette graduée à 1min, 2min, 3min et 5min.


Résultats

Les débits d’irrigation étaient restés constants au cours du temps pour l’Endoflow II et la méthode d’irrigation par gravité, quelles que soient la pression l’irrigation et l’occupation du CO. Pour la méthode d’irrigation avec brassard de pression, le débit d’irrigation ne restait constant que lorsque le CO était occupé par le panier ou la fibre laser. Le débit d’irrigation augmentait avec l’augmentation de la pression d’irrigation pour l’ensemble des méthodes d’irrigation, quelle que soit l’occupation du CO. Le débit d’irrigation avec l’Endoflow II était constamment plus élevé que les deux autres méthodes d’irrigation. Pour l’ensemble des méthodes d’irrigation et quel que soit le niveau de pression d’irrigation, le débit d’irrigation diminuait lors de l’occupation du CO, et ce d’autant plus que la taille de l’instrument occupant le CO augmentait (Tableau 1).


Conclusion

Les débits d’irrigations avec le système d’irrigation automatique Endoflow II étaient constamment plus élevés que les méthodes d’irrigation par gravité. D’autres études, menées in vivo, sont nécessaires pour déterminer si ces différences trouvées entre les méthodes d’irrigation entraînent une augmentation de la pression pyélique pendant une URS-S.

Comparaison des résultats périopératoires de la cystectomie après chimiothérapie néoadjuvante en fonction de l’application d’un protocole de RAAC
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 718


Objectifs

La prise en charge actuelle de référence de tumeurs de vessie infiltrant le muscle repose sur l’administration d’une chimiothérapie néoadjuvante suivie d’une cystectomie totale. L’implémentation d’un protocole de réhabilitation améliorée après chirurgie (RAAC) pourrait être réduire la morbidité périopératoire. L’objectif de l’étude était de comparer les résultats périopératoires de la cystectomie après chimiothérapie néoadjuvante en fonction de l’application d’un protocole de RAAC.


Méthodes

Tous les patients pris en charge par CNA et cystectomie pour une tumeur de vessie invasive du muscle dans un centre entre 2016 et 2020 ont été revus rétrospectivement. Le protocole de RAAC suivait les recommandations de l’AFU et a débuté en juin 2018. Les patients post-RAAC ont été inclus dans la base de données prospective GRACE audit. Les résultats périopératoires des patients pré- et post-RAAC ont été comparés (durée d’intervention, perte sanguine, transfusion, durée d’hospitalisation, complications selon Clavien–Dindo, résultats anatomopathologiques). Les analyses ont été réalisées avec le logiciel R studio.


Résultats

Au total, 79 patients ont été inclus, 50 patients pré-RAAC et 29 patients RAAC. L’âge médian était de 66 ans dans la population RAAC et pré-RAAC. Le score de Charlson médian était de 4,66 dans le groupe RAAC vs 4,35 dans le groupe pré-RAAC. La médiane de séjour était de 19 j vs 12 j (p <0,001) en faveur du groupe RAAC. Il n’a pas été observé de différence significative entre les groupes pour le taux de complications des tous grades confondus (77 % vs 65 %, p =0,4). En revanche, le taux de complications ≥ Clavien 2 était très significativement inférieur dans le groupe RAAC (65 % vs 28 %, p =0,004). Le taux de transfusion dans le groupe était de 44,4 % vs 66 % dans le groupe pré-RAAC (p =0,119). Le taux de présence de marges positive sur la pièce opératoire était de 3,6 % dans le groupe RAAC vs 12 % (p =0,403). Pour les patients inclus dans le protocole RAAC, une médiane de 19 critères GRACE sur 24 ont été remplis.


Conclusion

L’application d’un programme de RAAC après chimiothérapie néoadjuvante a permis de réduire de façon significative la durée de séjour et les complications postopératoires. Une sur déclaration des évènements peu graves n’est pas a exclure du fait du caractère prospectif du recueil après RAAC. L’efficacité du protocole repose sur une application large des critères de recommandation.

Comparaison des résultats périopératoires de la prostatectomie totale robot-assistée mono-trocart avec le robot SP® et de la prostatectomie totale robot-assistée multi-trocarts
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 732


Objectifs

La faisabilité ainsi que la sécurité de la prostatectomie totale robot-assistée mono-trocart utilisant le système SP® a été démontrée. L’objectif de cette étude était de comparer les résultats périopératoires des patients traités par prostatectomie totale par voie extra péritonéale utilisant le système SP® (SP-PTEP) avec ceux des patients traités par prostatectomie totale robot-assistée par voie trans-péritonéale utilisant le système robotique multi-trocart conventionnelle (MT-PTTP).


Méthodes

Entre janvier 2019 et janvier 2020, les données de 100 patients consécutifs atteints de tumeurs localisées de la prostate et traités par SP-PTEP par le même chirurgien ont été collectées prospectivement dans une base de données approuvée par le comité éthique (IRB). Les données des 110 patients consécutifs opérés d’une MT-PTTP par 3 chirurgiens du même hôpital pendant la même période ont servi de comparateur. Toutes les interventions SP-EPP ont été réalisées via un accès unique sans trocart additionnel et sans Trendelenburg. Les caractéristiques préopératoires ainsi que les résultats per- et postopératoires des deux groupes ont été analysés.


Résultats

Le taux de patients pris en charge en ambulatoire était neuf fois plus élevé dans le groupe SP-PTEP que dans groupe MT-PTTP (p <0,001) et la durée médiane de séjour était significativement plus courte dans le groupe SP-PTEP : 4,3heures (IQR : 3,3–17,4) vs 26,1heures (IQR : 21,5–44,8). Les taux d’administration d’opioïdes à l’hôpital et après la sortie étaient au minimum divisés par deux dans le groupe SP-PTEP (respectivement 32 % vs 64 %, p <0,001 et 35 % vs 87 %, p <0,001). Le taux de marges chirurgicales, de récidive biochimique ainsi que la continence à 6 semaines et 3 mois étaient comparables entre les deux groupes.


Conclusion

Comparée à l’approche robotique conventionnelle multi-trocarts, la prostatectomie robot-assistée extrapéritonéale avec robot mono-trocart SP® permettait de diminuer la douleur et la prise d’opioïdes en postopératoire, de diminuer la durée de séjour des patients majoritairement pris en charge en ambulatoire, avec des taux de complications et réadmission comparables.

Comparaison entre des biopsies ciblées sur l’IRM et le TEP-Choline et des biopsies transpérinéales de saturation pour la détection et la topographie d’une récidive intra prostatique après une irradiation première d’un cancer de la prostate
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 778


Objectifs

La récidive biologique d’un adénocarcinome de prostate après irradiation est définie selon les critères de Phoenix. Il est nécessaire de prouver une récidive histologique par des biopsies. Le but de cette étude est d’analyser la localisation des récidives et de comparer les biopsies prostatiques transpérinéales en saturation et ciblées, aux index tumoraux (IT) défini sur l’IRM et par le TDM-TEP à la 18F-choline (TEPc).


Méthodes

Trente-huit patients en récidive biologique d’un adénocarcinome de prostate défini par les critères de Phoenix ont été inclus de façon rétrospective de mars 2013 à juin 2017. Tous les patients avaient un TEPc et une IRM multiparamétriques avec définition des IT. Tous les patients ont eu un protocole biopsique par des biopsies de saturation et ciblées dans les IT. La récidive histologique était définie par analyse anatomopathologique.


Résultats

Sur les 38 patients en récidive biologique, 33 avaient une récidive histologique d’un adénocarcinome de prostate. Le protocole biopsique présenté à un taux de détection de 87 %, 79 % pour les biopsies de saturation et 84 % pour les biopsies ciblées. La récidive était à l’apex dans 46 % des cas, bilatérale dans 52 % des cas et péri-urétrales 17 % des cas. La sensibilité et la spécificité de l’IRM sont respectivement de 32 % (SD : 19 %) et de 91 % (SD : 7 %). La sensibilité et la spécificité du TEPc sont respectivement de 33 % (SD : 22 %) et de 78 % (SD : 12 %). Le taux de concordance entre les deux examens est de 78 % (&kgr;=0,28).


Conclusion

L’IRM et le TEPc présentent une faible sensibilité pour diagnostiquer et détecter une récidive locale d’un adénocarcinome de prostate traitée par une irradiation première. Le diagnostic de la récidive repose sur les biopsies de prostate, qui doivent explorer la totalité de la prostate compte tenu de son caractère plurifocal, les biopsies ciblées ne paraissent pas adaptées dans ce contexte.

Comparaison in vitro de l’efficacité statique ou dynamique des lasers Holmium :YAG et thulium fibré pour la lithotritie endocorporelle : impact de la vitesse de déplacement
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 711


Objectifs

La vitesse optimale de déplacement (VOD) de la fibre laser pour réaliser la pulvérisation lithiasique est une variable inconnue à ce jour, autant pour le laser thulium fibré (TFL) que pour le laser Holmium :YAG (Ho :YAG). L’objectif était de déterminer in vitro la VOD de la fibre laser lors d’une lithotritie endocorporelle en fonction des paramètres laser avec le TFL et l’Ho :YAG, au moyen des volumes d’ablation (VA).


Méthodes

Des fibres laser (Boston Scientific) de diamètre 272μm connectées au TFL (IPG Photonics) 50W ou au MH1 Ho :YAG 30W (Rocamed) ont été comparées selon trois modes de lithotritie TFL (« fine dusting » [FD : 0,05–0,15J/100–600Hz], « dusting » [D : 0,5J/30–60Hz] et « fragmentation » [Fr : 1J/15–30Hz]) et deux modes Ho :YAG (« dusting » [D : 0,5J/20Hz] et « fragmentation » [Fr : 1J/15Hz]). Une émission laser de deux secondes était réalisée en contact avec des calculs synthétiques (Begostone) durs, en position statique ou avec un déplacement de 5, 10 ou 20mm. Après séchage, les calculs étaient scannés (Quantum FX, Perkin Elmer). Les VA étaient mesurés par segmentation (3DSlicer [NIH]) (Fig. 1).


Résultats

Quels que soient les paramètres ou source laser, les VA dynamiques (VAD) étaient supérieures aux VA statiques (VAS) (Tableau 1). En Dusting, les VAS et VAD étaient trois et quatre fois supérieurs avec le TFL par rapport au Ho :YAG (p <0,05, respectivement). En Fragmentation, les VAS et VAD étaient deux et trois fois supérieurs avec le TFL par rapport au Ho :YAG (p <0,05, respectivement). Avec l’Ho :YAG, la VODHo :YAG était supérieure en Dusting par rapport au mode Fragmentation (10 vs 5mm/s, Tableau 1). Pour le TFL, les VODTFL étaient de 5mm/s en Fine Dusting, Dusting et Fragmentation, sauf à 0,15 J-100Hz (10mm/s). Les profils de VOD entre TFL et Ho :YAG différaient, avec une VODTFL à 0,15 J-100Hz identique à la VODHo :YAG à 0,5 J-20Hz. À 50mJ, la VODTFL était proportionnelle à la fréquence, toutefois non retrouvée à 0,15, 0,5 et 1J (Tableau 2).


Conclusion

Cette étude retrouve une VODTFL inférieure par rapport à la VODHo :YAG en Dusting, traduisant une potentielle utilisation plus aisée du TFL pour réaliser une pulvérisation optimale. La VOD semble d’avantage varier selon le couple énergie-fréquence, que selon la fréquence seule. Que cela soit en position statique ou dynamique, les VATFL est 3 à 4 fois supérieurs aux VAHo :YAG.

Comparaison ultrasons focalisés de haute intensité vs prostatectomie totale dans le traitement à visée curative du cancer localisé de la prostate ISUP 1 et 2 : données carcinologiques intermédiaires
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 728-729


Objectifs

Étude prospective multicentrique ouverte comparant l’efficacité carcinologique d’un traitement conservateur par ultrasons focalisés de haute intensité (HIFU) à la prostatectomie totale (PT) pour adénocarcinome prostatique localisé de stades ISUP 1 (non éligibles à la surveillance active) et ISUP 2. Nous communiquons des données carcinologiques intermédiaires à 18 mois.


Méthodes

De février 2015 à septembre 2019, 3364 patients (HIFU : 1988, PT : 1376) ont été inclus de façon prospective dans 42 centres. Âge médian : 74,6 vs 65 ; PSA médian : 7,11 vs 6,97 (p =0,4) ; ISUP 1 : 0,39 ; ISUP 2 : 0,61. Objectif principal : survie sans traitement de rattrapage. Objectifs secondaires : bras HIFU : récidive biologique (RB)=PSA>Nadir+2, PBP contrôle ; bras PT : R1, RB=PSA>0,2ng/mL.


Résultats

Objectif principal : à 18 mois, la probabilité de survie sans traitement de rattrapage est plus importante dans le bras HIFU comparé au bras prostatectomie HR=0,31 IC95 % [0,23–0,42] soit un risque 3 fois plus élevé dans le groupe prostatectomie (p <0,01). Objectifs secondaires : bras HIFU : récidives biologiques : 141 (10,6 %), PBP positives : 99 (7 %) ; bras PT : R1=25 % ; RB : 77 (9 %) à 18 mois.


Conclusion

Ces données intermédiaires à 18 mois ne permettent pas encore une comparaison équitable des deux bras en raison d’un profil évolutif spécifique à chaque groupe. Concernant l’objectif principal, la radiothérapie de rattrapage est probablement indiquée plus précocement après PT en raison de décisions de principe en RCP face à des marges positives. Le suivi des données carcinologiques pendant 30 mois, prévu dans l’étude, est justifié.

Complications, révisions et qualité de vie à moyen terme après 1814 chirurgies de l’incontinence urinaire d’effort par bandelette sous-urétrale : données du registre VIGI-MESH
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 755


Objectifs

La chirurgie de l’incontinence urinaire d’effort (IUE) par bandelettes sous-urétrales (BSU) fait l’objet d’essais cliniques limités en taille, rapportant peu les complications rares et la qualité de vie (QdV). Les registres permettent de rapporter ces complications rares dans la pratique courante et de mesurer la QdV globale, du point du vue des troubles urinaires et pelviens.


Méthodes

L’objectif du registre VIGI-MESH est de spécifier l’incidence de ces complications rares et graves en fonction des différents types de BSU (rétropubiennes, transobturatrices, à incision unique/mini-bandelettes) ainsi que de mesurer cette QdV après la pose de BSU. Entre février 2017 et novembre 2019, chaque chirurgie initiale ou de reprise de BSU dans un des 18 centres participants était colligée sur un formulaire par le chirurgien. Un contrôle était effectué à partir des pharmacies délivrant les dispositifs médicaux implantés et des actes codés par les centres participants. Un questionnaire recherchant une complication était envoyé à toutes les patientes à un an. Il comportait également des questions validées en français sur le bien-être ressenti et l’amélioration des symptômes (WHO, European Quality of life Questionnaire 5 Dimensions [EQ5D], Patient Global Impression of Improvement [PGI-I]) Les complications ont été gradées selon la classification de Clavien–Dindo : arrêt de l’intervention sans pose de matériel (grade III), intervention chirurgicale ultérieure secondaire à une complication (grade III), complication menaçant la vie (grade IV), décès de la patiente (gradeV).


Résultats

Quatre-vingt-deux patientes ont eu des complications de grade≥III : 5,7 % (53/923) voie rétropubienne, 4,0 % (21/521) voie transobturatrice et 2,2 % (8/370) mini-bandelette. Dix complications peropératoires ont empêché la pose de BSU. La BSU a été desserrée dans les 48h dans 6 cas. Le risque de complication était 3 fois plus faible avec une mini-bandellette par rapport à une BSU rétropubienne (RR=0,36 [0,170,75]), le risque n’était pas significativement différent entre les approches transobturatrice et rétropubienne (RR=0,67 [0,40–1,11]). Vingt-sept femmes (1,5 %) ont eu une reprise chirurgicale pour échec ou récidive, 15 après BSU rétropubienne (1,6 %), 7 après bandelette transobturatrice (1,4 %) et 5 après mini-bandelette (1,4 % ; p =0,95) (Fig. 1). La procédure a consisté à retendre la BSU (9 cas), injection de Bulkamid® (2 cas) et mise en place d’une seconde BSU (16 cas). Parmi les 1167 patientes contactées par courrier, 692 réponses (59,3 %) ont été retournées à un an ou plus après la chirurgie. À la question « Que pensez-vous de votre état de santé actuel par rapport à ce qu’il était avant votre chirurgie pour incontinence ou prolapsus ? » 91,4 % (608/665) se sentaient mieux (beaucoup mieux, mieux ou un peu mieux) (PGI-I). L’amélioration ressentie était meilleure en l’absence de complications graves≥III (p =0,008). Parmi les patientes, 96,2 % (630/655) ont évalué leur état de santé général comme étant bon (très bon, bon ou assez bon). L’état de santé général ressenti était similaire qu’elles aient eu ou non des complications. Par rapport à la population française du même âge, les patientes opérées d’une BSU ont déclaré avoir un meilleur état de la santé.


Conclusion

Les premiers résultats du registre VIGI-MESH montrent que les mini-bandelettes sont une option thérapeutique avec une efficacité à moyen terme similaire aux voies rétropubiennes et transobturatrices avec moins de complications. Ils montrent également que plus de 90 % des patientes rapportent avoir été améliorées par la mise en place d’une BSU pour IUE. Le ressenti de l’état de santé global des patientes opérées était meilleur que celui de la population française féminine du même âge. Néanmoins, une analyse à plus long terme est nécessaire pour confirmer ces premiers résultats.

Curage latéro-aortique laparoscopique robot-assistée pour récidive ganglionnaire lombo-aortique d’une tumeur testiculaire gauche
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 854


Objectifs

L’objectif de cette vidéo était de décrire une technique de curage latéro-aortique par voie laparoscopique robot-assistée dans les récidives ganglionnaires lombo-aortique après orchidectomie gauche.


Méthodes

Les étapes clés d’un curage latéro-aortique laparoscopique robot-assistée à l’aide du robot chirurgical Xi de Da-Vinci (Intuitive Surgical) sont présentées chez un patient âgé de 33 ans en excellent état général qui a présenté une tumeur testiculaire gauche de type germinale avec un séminome pur traité par orchidectomie gauche et un cycle de chimiothérapie par Carboplatine. Le patient a présenté une récidive ganglionnaire latéro-aortique à 1 an avec une adénopathie de 15mm, confirmée au TEP-TDM, les marqueurs tumoraux étaient normaux.


Résultats

Le patient est installé en décubitus latéral droit, le robot est installé avec un trocart pour l’optique de 0°, de 3 bras opérateurs et 2 trocarts d’aide de 5 et 12mm. L’intervention a débuté par le décollement colique gauche puis la réalisation d’un curage latéro-aortique « modifié » en monobloc avec les repères anatomiques suivants : la veine rénale gauche en supérieur, l’artère iliaque gauche en inférieur, l’uretère en latéral et l’aorte en médial. L’exérèse complète de la veine génitale et du cordon spermatique est réalisée. La durée opératoire était de 134minutes, un saignement d’environ 50cc, une absence de drainage pour une sortie d’hospitalisation à J3. L’analyse histologique a retrouvé une localisation unique métastatique ganglionnaire d’un séminome pur avec dépassement capsulaire focal sur 53 ganglions prélevés avec des limites d’exérèse saines.


Conclusion

Cette vidéo a démontré la faisabilité d’un curage ganglionnaire latéro-aortique d’une récidive ganglionnaire d’une tumeur testiculaire gauche par voie laparoscopique robot-assistée avec des suites simples et un bon résultat oncologique.

Curage rétropéritonéal robot-assisté (CRP-R) pour masses résiduelles après chimiothérapie pour tumeur germinale du testicule : quels résultats chez quels patients ?
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 823


Objectifs

L’exérèse des masses résiduelles post-chimiothérapie pour tumeur germinale du testicule est un impératif oncologique chez certains patients. Une prise en charge mini-invasive chez des patients sélectionnés permet un retour rapide à la vie active mais doit répondre aux règles de la voie ouverte. Dans cette étude, sont analysés les résultats obtenus après CRP-R en début d’expérience dans notre centre.


Méthodes

De 11/2018 à 05/2020, 18 patients ont bénéficié, dans notre service, d’un curage rétropéritonéal pour masses résiduelles après chimiothérapie de tumeur germinale, dont 14 par voie robot-assistée par deux chirurgiens. Seuls les cas de CPR-R ont été analysés dans cette étude. Une CRP-R était proposée après sélection rigoureuse des patients avec des masses résiduelles limitées sans geste associé prévu en préopératoire (néphrectomie de nécessité, remplacement de gros vaisseau). La majorité des CRP-R a été réalisée selon la technique publiée par Porter et al. (Eur Urol . 2016 ;70(4) :661–667).


Résultats

Les données sont exprimées en médiane et extrêmes. L’âge des patients était de 37 ans (15–47), l’IMC de 23,99 (17–32). La durée opératoire était de 204minutes (80–416), la durée d’hospitalisation de 2jours (2–10). Les pertes sanguines étaient de 100mL (0–650mL). Aucune transfusion postopératoire n’a été nécessaire. Une conversion a été nécessaire dans 2 cas pour adhérences vasculaires rendant la dissection trop difficile (14 %). Deux reprises chirurgicales laparoscopiques ont été réalisées, une à j1 pour récupérer une aiguille dans l’abdomen et une à M10 pour néphrectomie pour rein détruit. Les tumeurs séminomateuses représentaient 28,5 % des cas. Le diamètre maximum des masses résiduelles au TDM était de 4,7cm (1,3–10,79). Parmi les patients, 35,7 % présentaient une tumeur viable à l’examen anatomopathologique et ont eu une chimiothérapie de deuxième ligne.


Conclusion

Chez des patients sélectionnés et par une équipe expérimentée, un CRP-R peut être proposé en sécurité. Il permet une DMS courte avec une morbidité satisfaisante. Les impératifs oncologiques doivent être respectés et une conversion en laparotomie anticipée si nécessaire. Un recul est nécessaire pour analyser les résultats oncologiques à long terme.

Cure de fistule urétro-rectale secondaire à une prostatectomie par abord périnéal avec interposition de lambeau gracilis
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 845


Objectifs

La fistule urétro-rectale après cancer de prostate est une complication rare et de prise en charge difficile. La cure de fistule par abord périnéal avec interposition de lambeau gracilis présente de bons résultats. L’objectif de cette vidéo est de montrer les différentes étapes chirurgicales de cette technique.


Méthodes

Il s’agit d’un patient de 73 ans aux antécédents de diabète non-insulinodépendant et d’hypertension artérielle ayant présenté une fistule urétro-rectale dans les suites d’une prostatectomie robot-assistée réalisée en mars 2019 pour un adénocarcinome de prostate ISUP 2 T2cNXM0. La cystographie et la fibroscopie réalisée devant des infections urinaires, une fécalurie et une perte anale d’urine ont retrouvé une fistule urétro-vésicale d’environ 1cm au niveau de l’anastomose urétro-vésicale. Le patient était porteur d’un cystocath et n’a pas eu de colostomie de décharge préopératoire. L’indication de cure de fistule par abord périnéal antérieur avec interposition de lambeau de gracilis a été retenue.


Résultats

Le patient a été opéré en décembre 2019. La durée opératoire était de 213minutes. L’hospitalisation était de 48h dont 24h de lit strict. Le patient est sorti avec une sonde urétrale clampée, un cathéter sus-pubien et une antibioprophylaxie par Amoxicilline+Acide Clavulanique pour une durée de 7jours. La sonde urétrale a été enlevée à J10 et le cathéter sus-pubien à J21 après confirmation clinique et cystographique de la fermeture de la fistule. Jusqu’à cette date aucune récidive ou complication n’a été rapportée.


Conclusion

L’abord périnéal avec interposition de lambeau de gracilis pour la prise en charge d’une fistule urétro-rectale développée après prise en charge d’un cancer de prostate est une technique chirurgicale efficiente présentant de bons résultats post-opératoires et une faible morbidité.

Cure de fistule vésico-vaginale par voie vaginale avec interposition d’un lambeau de martius en position du jockey
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 842


Objectifs

Les fistules vésico-vaginales (FVV) sont un problème de santé publique. Elles sont principalement liées à des séquelles de chirurgie pelvienne et radiothérapie dans les pays occidentaux. Il n’existe à ce jour pas de consensus sur la technique de réparation de ces FVV. L’objectif de cette vidéo était de présenter une technique de cure de FVV du col vésical par voie vaginale en position du jockey (procubitus).


Méthodes

Nous présentons le cas d’une patiente de 67 ans, suivie pour une vessie neurologique avec trouble de la compliance et insuffisance sphinctérienne après hématome du cône médullaire. Suite à la pose d’une bandelette aponévrotique pubovaginale (BAPV) occasionnant des auto-sondages traumatiques, une fistule vésico-vaginale est apparue avec un orifice fistuleux de 2cm de diamètre au niveau du col vésical. Une cure de la fistule vésico-vaginale avec interposition d’un lambeau de Martius a été réalisé par voie vaginale en position du Jockey en raison de la position très distale de la fistule (qui a fait préférer la voie vaginale) et d’un col vésical plaqué à la paroi vaginale antérieur en raison de la BAPV (qui a fait préférer la position du Jockey pour permettre une meilleure vision).


Résultats

La durée opératoire était de 130minutes. L’intervention commence par la réalisation d’une incision vaginale en U inversé. La dissection inter-vésico-vaginale permet de visualiser la bandelette autologue modifiant la position du col et de la sectionner. Les berges vésicales et vaginales de la fistule sont excisées largement avant de refermer la vessie dans un axe vertical. Le lambeau de Martius est prélevé sur la grande lèvre droite et pédiculisé sur sa vascularisation inférieure, pour être interposé entre la vessie et le vagin. La paroi vaginale antérieure est refermée dans un axe horizontal. Les urines sont dérivées par une cystostomie sus pubienne et par une sonde vésicale. La patiente a quitté le service au 3e jour postopératoire. La patiente n’a pas présenté de récidive de la fistule après 2 mois de suivi.


Conclusion

La cure de fistule vésico-vaginale avec interposition d’un lambeau de Martius par voie vaginale en position du Jockey est une technique faisable qui parait intéressante pour les fistules très distales/cervicales qui offre le bénéfice d’une meilleure visualisation de l’orifice fistuleux et de la paroi vaginale dans son ensemble.

Cure de fistule vésicovaginale par voie robot-assistée: résultats préliminaires d’une série multicentrique
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 761-762


Objectifs

La fistule vésicovaginale (FVV) est une situation très handicapante pour les patientes qui en sont porteuses. Leur traitement par voie robotique a été décrit en 2005 et permet de minimiser la morbidité de la voie abdominale. L’objectif de ce travail était d’évaluer les résultats de la cure de FVV par voie cœlioscopique robot-assistée, peu de séries en ayant rapporté les résultats à ce jour.


Méthodes

Toutes les patientes ayant bénéficié d’une cure de fistule vésicovaginale par voie cœlioscopique robot-assisté (Da Vinci, Intuitive Surgical, Sunnyvale, Cal, USA) dans 5 centres français entre 2008 et 2019 ont été incluses dans une étude rétrospective. Les caractéristiques des patientes, les détails de la technique employée (lambeau d’interposition ou non, transvésicale vs extravésicale, résection ou non de l’orifice fistuleux, …) étaient colligés de même que l’existence de complications per- ou postopératoires et l’existence ou non d’une récidive au cours du suivi.


Résultats

Dix-sept patientes ont été incluses, d’un âge médian de 47 ans. Les causes de FVV étaient une hystérectomie (76 %), obstétricale (18 %) et cure de cystocèle par voie basse (6 %). Il s’agissait de fistule de 2cm au maximum en arrière du trigone (94 %) et au niveau du trigone (6 %). La durée opératoire médiane était de 194min. L’orifice fistuleux était réséqué dans tous les cas. Un lambeau d’interposition a été utilisé dans 88 % des cas. La durée médiane de séjour a été de 4jours. 52 % des patientes ont bénéficié d’une voie transvésicale et 47 % d’une voie extravésicale. Aucune différence n’a été notée entre les deux voies d’abord concernant le succès de l’intervention ou les paramètres périopératoire. Aucune patiente n’a récidivé sa FVV avec un suivi médian de 15 mois.


Conclusion

Cette série, une des plus larges de cure de FVV robot-assistée, est concordante avec les séries déjà publiées avec un taux de guérison de 100 %. La résection systématique de l’orifice fistuleux et l’utilisation d’un lambeau d’interposition pourraient expliquer ce fort taux de succès. Les principales limites de notre série sont le suivi relativement court et l’effectif limité.

Cystectomie avec préservation de l’appareil génital et vessie de remplacement pour tumeur vésicale chez la femme : voie coelioscopique robot assistée
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 854


Objectifs

La pelvectomie antérieure est le traitement de référence des tumeurs de vessies infiltrant le muscle (TVIM) non métastatiques chez la femme. Elle comporte l’exérèse de la vessie, de l’utérus, des ovaires et de la paroi antérieure du vagin. Une alternative chez la femme jeune et désirant conserver une activité sexuelle est la cystectomie épargnant les organes génitaux internes. L’objectif de cette vidéo était de présenter les trucs et astuces pour réaliser ce type de cystectomie avec replacement vésical selon Hautman par voie coelioscopique robot assistée.


Méthodes

La chirurgie a été réalisée chez une femme de 43 ans, sans antécédent, en dehors d’un tabagisme actif (10PA). Sa fonction rénale était normale avec un DFG à 110ml/min. Une TVIM a été diagnostiquée sur une hématurie macroscopique. La résection endoscopique avait retrouvé une tumeur antérieure de 3cm (carcinome urothélial papillaire de haut grade stade Pt2). Le bilan d’extension était négatif. La patiente a été opérée après une chimiothérapie néo-adjuvante.


Résultats

La chirurgie a été réalisée avec le robot DaVinci Si. La patiente était installée en Trendelenburg, les jambes écartées. Le premier temps était l’urétérolyse, suivi d’un curage ilio-obturateur bilatérale. Nous avons réalisé la cystectomie et le remplacement vésical selon Hautman. Le drainage des urines était assuré par des sondes double J et une sonde transurétrale. Le temps opératoire était de375min et le saignement était estimé à 200cc. La patiente est sortie à J7. L’examen anatomopathologique de la pièce opératoire a montré une stérilisation complète de la pièce opératoire avec des marges saines.


Conclusion

Nous avons montré les étapes de la réalisation d’une cystectomie robot assistée avec préservation de l’utérus, des ovaires et du vagin, suivi d’un remplacement vésical dans le cadre du traitement radical d’une TVIM.

Cystectomie et conduit iléal robot-assistés pour vessie neurologique : comparaison des résultats de la dérivation intracorporelle et extracorporelle
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 802-803


Objectifs

La cystectomie chez les sujets neurologiques reste une intervention assez peu évaluée ayant une morbidité relativement importante. La voie robot-assistée avec dérivation extracorporelle (EXTRA) a récemment été décrite mais il n’existe aucune donnée sur la voie intra-coprorelle (INTRA). L’objectif de cette étude était de comparer la voie robot-assistée EXTRA et INTRA pour la cystectomie avec dérivation non continente par conduit iléal pour vessie neurologique.


Méthodes

Tous les patients ayant eu une cystectomie avec dérivation cutanée trans-iléale non continente de type Bricker par voie robot-assistée pour vessie neurologique entre 2008 et 2020 dans 5 centres ont été inclus dans une étude rétrospective. La voie d’abord était robot-assistée INTRA dans tous les cas dans 4 centres et EXTRA de 2010 à 2019 puis INTRA par la suite dans le 5e centre. Les complications majeures étaient définies comme des complications d’un grade de Clavien≥3.


Résultats

Quatre-vingt-deux patients ont été inclus : 24 dans le groupe INTRA et 58 dans le groupe EXTRA. Les caractéristiques des patients étaient similaires dans les deux groupes, excepté un IMC significativement plus élevé dans le groupe INTRA (27,8 vs. 24,5 ; p =0,04 ; Tableau 1). La durée opératoire était plus courte dans le groupe INTRA mais cette différence n’était pas statistiquement significative (332,1 vs. 359,8minutes ; p =0,72), tout comme la durée d’hospitalisation (13 vs. 14,1jours : p =0,74). Les taux de complications postopératoires et de complications Clavien≥3 étaient comparables dans les deux groupes (respectivement 63,6 % vs. 60 % ; p =0,77 et 14,3 % vs. 10,5 % ; p =0,51). Il n’y avait pas de différence significative en termes de durée de reprise du transit ou de l’alimentation (cf. Tableau 2).


Conclusion

La cystectomie robot-assistée pour vessie neurologique avec dérivation INTRA pourrait diminuer la morbidité périopératoire comparée à la dérivation EXTRA. Toutefois, en raison de l’effectif relativement limité de la présente série, les différences en termes de résultats périopératoires n’atteignaient pas le seuil de significativité. D’autres études sont nécessaires pour évaluer le bénéfice potentiel de la dérivation INTRA chez les patients neurologiques.

Cystectomie et dérivation cutanée non continente par conduit iléal robotique intracorporelle pour vessie neurologique
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 844


Objectifs

La cystectomie et dérivation cutanée non continente par conduit iléal–Bricker (CB) est parfois indiquée chez les patients ayant une vessie neurologique. Des taux de complications relativement élevés ont été rapportés chez ces patients fragiles. La CB robotique intracorporelle pourrait réduire la morbidité périopératoire mais n’a jamais été décrite chez les patients neurologiques, ceci constitue l’objectif de cette vidéo.


Méthodes

Nous présentons le cas d’une patiente de 50 ans atteinte de paralysie cérébrale présentant une rétention chronique d’urine avec incapacité d’autosondage que ce soit par l’urètre ou par cystostomie continente. Le bilan urodynamique révèle une hyperactivité détrusorienne avec un régime de pression élevé suggérant une dyssynergie vésico-sphinctérienne. Malgré 4 hétérosondages/j et un traitement anticholinergique il existe un retentissement sur le haut appareil urinaire avec de multiples calculs, une urétéro-hydronéphrose et une dégradation de la fonction rénale (DFG 26mL/min)


Résultats

Installation en Trendelenburg, 6 trocarts sont positionnés (dont 2 assistants) et le robot Da Vinci Xi est amarré. On commence la dissection urétérale droite puis gauche en veillant à préserver la graisse périurétérale. L’uretère gauche est décroisé sous le mésosigmoide. On effectue ensuite la cystectomie. Une sonde transurétrale permet un drainage pelvien post opératoire. On réalise le conduit iléal selon Bricker. La vascularisation du mésentère est repérée à l’aide d’une injection de vert d’indocyanine (Vind). Une anastomose grélo-grélique mécanique est réalisée. On ouvre le moignon proximal de la poche iléale et réalise l’anastomose urétéro iléale (wallace 1) après avoir vérifié la bonne vascularisation des uretères par injection de Vind. Deux sondes mono J sont mises en place et le conduit iléal est extériorisé par un orifice de trocart.


Conclusion

La réalisation d’une cystectomie et dérivation cutanée non continente par conduit iléal pour vessie neurologique par chirurgie laparoscopique robot-assistée totalement intracorporelle est faisable et pourrait permettre de diminuer la morbidité périopératoire en diminuant la taille des incisions et en évitant l’extériorisation iléale et la tension sur les mésos qui sont nécessaires lorsque la dérivation est effectuée en extracorporelle.

Cystectomie robot-assistée avec dérivation urinaire non continente trans-iléale intracorporelle chez les patients neuro-urologiques
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 843-844


Objectifs

Rapporter la technique et les résultats de la cystectomie avec dérivation urinaire non continente trans-iléale intracorporelle par voie coelioscopique robot-assistée chez les patients neuro-urologiques.


Méthodes

Une étude rétrospective monocentrique a inclus tous les patients neuro-urologiques ayant été opérés d’une cystectomie et dérivation urinaire non continente trans-iléale intracorporelle par voie coelioscopique robot-assistée entre 2016 et 2019. Les chirurgies ont été réalisées par une procédure entièrement intracorporelle par voie transpéritonéale. Les complications précoces postopératoires dans les 30jours ont été recueillies (classification de Clavien-Dindo). Les taux de complication et de réinterventions à long terme ont été rapportés, ainsi que la fonction rénale et la gestion des stomies.


Résultats

Onze patientes ont été incluses, d’âge médian 57 ans [52-64]. L’étiologie était un traumatisme médullaire (TM) ou une sclérose en plaques (SEP) à 50 %. Les indications chirurgicales étaient représentées essentiellement par les infections urinaires récidivantes (7/11) (Figure 1). Le temps opératoire médian était de 180min [150-240] avec des pertes sanguines <100ml. La durée médiane d’hospitalisation était de 15jours [13-15] : le retrait de la sonde nasogastrique était prévu au jour 4 après l’opération [3–4], et celui des sondes urétérales à J11[11-13] et 12[12-14]. Quatre complications postopératoires Clavien 2 sont survenues (infection urinaire, iléus, collection pelvienne et embolie pulmonaire). La durée médiane du suivi était de 20mois [12-49]. Le DFG postopératoire était de 110ml/min [85-126]. L’appareillage de la stomie était satisfaisant pour 100 % des patientes.


Conclusion

La cystectomie robot-assistée avec dérivation urinaire non continente trans-iléale intracorporelle chez les patients neuro-urologiques est une procédure faisable, sûre et efficace.

Cystectomie sus trigonale et enterocystoplastie en w pour vessie neurologique par voie laparoscopique robot assistée
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 844-845


Objectifs

Les lésions médullaires occasionnent des troubles vésico-sphincteriens (hyperactivité détrusorienne, hypocompliance) qui peuvent nécessiter le recours à une cystectomie sus trigonale avec entérocystoplastie en cas d’échec des traitements conservateurs. Il s’agit d’une chirurgie dont la morbidité post opératoire est significative mais qui pourrait être réduite par des techniques de chirurgie mini-invasive. L’objectif de cette vidéo était de présenter une technique de cystectomie sus trigonale et entérocystoplastie d’agrandissement en W robot assistée intracorporelle.


Méthodes

Nous présentons le cas d‘une patiente de 25 ans, paraplégique T5 AIS D et qui a une neurovessie hypocompliante résistante aux anticholinergiques et aux injections intradétrusoriennes de toxine botulique. Elle réalise 6 auto sondages par jour sans difficulté. Une indication à réaliser une cystectomie sus trigonale et une entérocystoplastie d’agrandissement est retenue.


Résultats

On commence par réaliser une cystectomie sus trigonale puis on prélève 40cm d’iléon après visualisation de la vascularisation du méso à l’aide d’une injection de vert d’idocyanine. On confectionne ensuite l’enterocystoplastie en W qui est suturée au trigone. L’intervention a été réalisée entièrement par laparoscopie robot assistée.

Il n’y a pas eu de complication peropératoire. La patiente a eu un épisode de fièvre inexpliquée à J1 d’évolution favorable sous antibiothérapie (clavien 2). Elle a quitté le service à J9 post opératoire. La sonde vésicale a été retirée à J21.


Conclusion

L’entérocystoplastie après cystectomie sus trigonale pour vessie neurologique par laparoscopie robot-assistée est une technique faisable qui pourrait diminuer la morbidité post opératoire.

Cystectomie totale robot-assistée : impact sur les complications anastomotiques urinaires
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 716-717


Objectifs

La chirurgie mini-invasive est un pilier de la récupération améliorée après chirurgie (RAAC). La cystectomie totale par voie robot-assistée (CTRA) a fait la preuve de son équivalence carcinologique par rapport à la chirurgie ouverte. Son utilisation est en pleine expansion en France avec une courbe d’apprentissage qui semble courte. Cependant, l’impact de cette voie d’abord sur les complications anastomotiques est encore mal évalué.


Méthodes

Il s’agit d’une étude monocentrique avec recueil de données prospectif et analyse rétrospective ayant inclus tous les patients traités par CT pour cancer entre janvier 2015 et juillet 2019. Un protocole de RAAC a été appliqué chez tous les patients à partir de février 2018 incluant des mesures pré-, per- et postopératoires, anesthésiques et chirurgicales. Nous avons analysé et comparé, entre le groupe CT par voie ouverte (CTO) et le groupe CTRA, les caractéristiques démographiques des patients et les complications anastomotiques urinaires (fistules et sténoses) à long terme (suivi médian de 12 mois).


Résultats

Il y avait 79 patients dans le groupe CTO et 71 dans le groupe CTRA. L’âge médian était de 69,5 ans (32–91). Les groupes étaient comparables sur les données démographiques. Il y avait plus de complications de l’anastomose urinaire dans le groupe CTRA comparé au groupe CTO (32,4 vs 13,9 % ; p =0,007). Le taux de fistules urinaires était de 15,5 % dans le groupe CTRA vs 6,3 % dans le groupe CTO (p =0,069). Le taux de sténoses anastomotiques était 16,9 % dans le groupe CTRA vs 7,6 % dans le groupe CTO (p =0,080). Il n’y avait pas de différence en termes de complications anastomotiques entre le groupe CTRA ayant eu une reconstruction intracorporelle par rapport à ceux ayant eu une reconstruction extracorporelle, ni en fonction du mode de dérivation urinaire.


Conclusion

La voie d’abord robot-assistée pour la cystectomie totale suscite un intérêt croissant, avec des améliorations techniques continues. Le risque de complications anastomotiques semblent cependant plus importants qu’en chirurgie ouverte, au moins en début d’expérience (70 premiers cas). L’impact de la courbe d’apprentissage sur ce taux de complications mérite d’être exploré de manière multicentrique.

Cystostomie continente de type mitrofanoff associée à une entéro-cystoplastie d’agrandissement par voie cœlioscopique robot-assistée
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 843


Objectifs

La cystostomie continente de type Mitrofanoff associée à une entéro-cystoplastie d’agrandissement est habituellement réalisée par laparotomie. Nous présentons ici cette intervention par coelioscopie robot-assistée chez des patients neurologiques notamment pour une épargne pariétale et une récupération plus rapide du transit.


Méthodes

Nous avons réalisé cette intervention chez une patiente de 19 ans paraplégique porteuse d’un spina-bifida niveau L2 complet AIS A. L’indication de la cystostomie a été posée devant des difficultés à réaliser les sondages par voie urétrale et la décision d’entérocystoplastie d’agrandissement sur la cystomanométrie sous oxybutynine qui a retrouvé une vessie non compliante mais aucune fuite au cours du remplissage. La cystectomie supra-trigonale a été réalisée avec préservation d’un lambeau postéro-latéral de vessie dans lequel le tube était implanté selon le principe de Politano-Leadbetter.


Résultats

La durée d’intervention a été de 628min. Les pertes sanguines ont été de 50ml. La patiente a repris son transit à J3. Elle est sortie d’hospitalisation à J10. La sonde dans le conduit a été retirée à J 21 avec reprise des auto-sondages. Lors de la consultation de contrôle à 24 mois, il n’y avait pas de fuites au niveau de la cystostomie. Il n’y avait pas de sténose avec un passage facile d’une sonde Ch 20 et la fibroscopie du conduit était normale. La patiente n’avait pas fuite par voie urétrale.


Conclusion

D’après notre expérience, la cystostomie continente associé à une entéro-cystoplastie d’agrandissement est réalisable par voie coelioscopique de manière robot-assistée avec de bons résultats à moyen terme.

Cystostomie continente et sclérose en plaques : quel avenir à 5 ans ?
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 804


Objectifs

Évaluer la survie statistique à 5 ans après confection d’une cystostomie continente chez les patients atteints de sclérose en plaques (SEP).


Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective multicentrique. Tous les patients atteints de SEP et ayant eu une cystostomie continente au sein de 9 centres hospitalo-universitaires français entre janvier 2005 et décembre 2019 étaient éligibles. Le critère de jugement principal était la fréquence des patients réalisant toujours des auto-sondages propres intermittents (ASPI) par la cystostomie continente 5 ans après sa confection. Les critères de jugement secondaires comprenaient notamment l’analyse en sous-groupe de la survie statistique à 5 ans (EDSS≤ 7 vs>7 ; forme de la SEP).


Résultats

Au total, 52 patients étaient inclus, avec un âge moyen de 51,9 ans, pour un échantillon quasiment exclusivement féminin. Le score EDSS médian était de 7/10 et plus de la moitié des patients était atteints d’une forme secondairement progressive au moment de la chirurgie. À 5 ans de la chirurgie, 54,8 % des patients réalisaient encore les ASPI par la cystostomie continente. Parmi les patients ayant un score EDSS≤7 au moment de la chirurgie, 78,1 % réalisaient encore les ASPI par la cystostomie continente après 5 ans, contre 8,8 % chez les patients ayant un score EDSS>7 (p <0,001). L’EDSS médian à l’arrêt des ASPI était de 8/10. Les hétéro-sondages (40 %) et la dérivation urinaire non continente de type Bricker (35 %) étaient le plus souvent proposés comme modes mictionnels alternatifs (Fig. 1, Fig. 2).


Conclusion

La cystostomie continente peut être envisagée chez certains patients atteints de SEP, sélectionnés selon leurs attentes, leurs capacités fonctionnelles et leur potentiel évolutif après concertation multidisciplinaire associant médecins urologues, neurologues et rééducateurs.

Défaut d’adoption de l’instillation intravésicale postopératoire précoce de chimiothérapie après néphro-urétérectomie totale
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 822


Objectifs

Des études de niveau de preuve 1 soutiennent l’administration d’une instillation intravésicale postopératoire précoce de chimiothérapie (IPOP) suite à une néphro-urétérectomie totale (NUT) pour les tumeurs des voies excrétrices urinaires supérieures, afin de diminuer le risque de récidive intravésicale. L’objectif de notre étude était d’évaluer l’utilisation en pratique quotidienne de l’IPOP parmi un panel d’urologues européens.


Méthodes

Une enquête en ligne a été partagée avec les membres de l’EAU par courrier électronique (Fig. 1). Les soumissions ont été acceptées d’avril à juin 2017. Les 15 questions portaient sur l’habitude de pratiquer l’IPOP après NUT, le choix de la chimiothérapie, son dosage, les doutes et les préoccupations qui y sont liées, les raisons de ne pas effectuer d’IPOP, la connaissance du niveau de preuve supportant son utilisation et les préférences chirurgicales concernant la NUT.


Résultats

Au total, 127 réponses ont été recueillies (11,6 %). Environ la moitié des participants (47 %) a régulièrement administré une IPOP. La chimiothérapie la plus utilisée était la mitomycine (85 %) ; 82 % des urologues interrogés ont administré une dose standard de 40mg.

Différents timings d’administrations ont été proposés : ≤48heures (39 %), 7–10jours postopératoires (35 %),>10jours (11 %), en peropératoire (10 %). Le bénéfice associé avec l’administration de l’IPOP est étayé par des essais cliniques prospectifs randomisés pour seulement 65 % des intervenants. Parmi les personnes interrogées qui ne pratiquaient pas l’IPOP, les raisons le plus souvent déclarées étaient les suivantes : le manque de données justificatives (55 %), crainte d’effets secondaires potentiels (18 %), et les obstacles organisationnels (15 %)


Conclusion

Notre étude met en évidence la diffusion limitée de l’IPOP après NUT pour les tumeurs des voies excrétrices urinaires supérieures. Une gestion hétérogène et un manque de connaissance des preuves supportant son administration sont les principales barrières identifiées.

Dépistage des tumeurs de vessie par dosage urinaire du biomarqueur TERT chez des patients suivis pour une hyperactivité de vessie d’origine fonctionnelle ou neurologique
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 803-804


Objectifs

Dans la sous population des vessies neurologiques, la fiabilité des marqueurs urinaires des tumeurs vésicales est particulièrement médiocre entre autres du fait de la présence d’une leucocyturie en rapport avec une colonisation bactérienne fréquente. La mutation du promoteur TERT pourrait être un candidat intéressant pour le dépistage de ces tumeurs. Nous rapportons les résultats dans une population de patients consultant pour des symptômes vésicaux fonctionnels.


Méthodes

Tous les patients présentant une hyperactivité vésicale fonctionnelle ou neurologique résistante au traitement médical de 1re intention ayant eu un bilan d’incontinence (fibroscopie+cytologie urinaire) et un dosage de TERT de 02/2015 à 02/2020 ont été inclus. Les patients avec une cytologie urinaire non significative ont été exclus. Les patients avec une fibroscopie et une cytologie urinaire non suspecte ont été considérés comme sains. Les patients avec des lésions suspectes en fibroscopie et/ou une cytologie urinaire positive ont bénéficié d’une résection transurétrale de vessie et/ou d’une cystectomie. Le diagnostic de tumeur de vessie a été fait par l’analyse anatomopathologique des pièces opératoires.


Résultats

Cent soixante-neuf patients ont été inclus. L’âge médian était de 66 (19 à 88). Parmi ces patients, 18 (11,1 %) ont eu une résection de vessie et/ou une cystectomie (16 non tumorales dont 13 TERT négatif et 3 TERT positif ; 2 tumorales dont 1 TERT Positif et 1 TERT négatif). Dix-neuf patients ont été testés TERT positif parmi lesquels 18 n’avaient pas de tumeur de vessie. La prévalence des tumeurs de vessie dans cette population était de 1,18 %. La sensibilité était de 50 % (IC95 % : 0,50±0,075), la spécificité de 89 % (IC95 % : 0,89±0,047), la VPP de 5 % (IC95 % : 0,05±0,034), la VPN de 99 % (IC95 % : 0,99±0,012), RVP à 4,64 et RVN à 0,56 pour une probabilité post-test de 5 % et 1 % respectivement.


Conclusion

L’utilisation du biomarqueur TERT pourrait être un test diagnostique intéressant dans l’échantillon des patients atteints d’une hyperactivité de vessie d’origine neurologique ou fonctionnelle. En effet, il existe très peu de faux positif. Pour tester cette hypothèse, une étude nationale regroupant les résultats du TERT chez des patients ayant développé une tumeur vésicale dans ce sous-groupe de patients nous paraîtrait intéressante.

Dépistage du risque lithiasique rénal après bypass gastrique : évaluation par un questionnaire
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 708


Objectifs

Le bypass gastrique est une chirurgie bariatrique malabsorptive en plein essor. Il augmente le risque de formation de calcul rénal comparativement aux patients obèses et à la population générale. Le but de notre étude est de mettre en place un questionnaire de dépistage du risque lithiasique dans cette population.


Méthodes

Il s’agit d’une étude clinique monocentrique sur des patients opérés d’un bypass gastrique entre 2014 et 2015. Les patients ont été contactés par téléphone pour répondre au questionnaire. Il comprend 22 questions répartis en 4 parties : 6 questions sur les antécédents, 4 questions sur les épisodes de colique néphrétique avant bypass gastrique et 6 questions sur les évènements après chirurgie bariatrique et 6 questions sur les habitudes alimentaires. Une pondération d’un point par question est établie.


Résultats

Cent quarante-trois patients ont accepté de répondre aux questions. L’âge moyen lors du questionnaire est de 49,1±10,8 ans. Le délai entre la chirurgie de bypass gastrique et la réalisation du questionnaire est de 50,8±5,0 mois. La courbe ROC de notre questionnaire montre une AUC de 0,932±0,029 (p <0,001). Elle permet de mettre en évidence un score seuil ≥6. On retrouve une sensibilité élevée à 92,9 % intéressante dans le contexte de test de dépistage. La spécificité est à 76,5 %, la valeur prédictive positive à 49,1 % la valeur prédictive négative à 97,8 %. Il y a 3,96 fois plus de chance d’avoir un score seuil ≥6 quand on est lithiasique correspondant au rapport de vraisemblance positive. La prévalence de lithiase rénale dans notre population s’élève à 19,6 % (Tableau 1).


Conclusion

L’étude a permis de construire une échelle de risque lithiasique fiable et simple d’utilisation afin de dépister les patients à haut risque de calcul rénal après bypass gastrique avec une bonne pertinence clinique.

Description des délais de prise en charge des cancers de la prostate en pratique courante
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 695


Objectifs

Plusieurs travaux confirment que les délais avant prise en charge du cancer de la prostate (CaP) pourraient avoir un impact pronostic, en particulier pour les formes agressives. L’objectif de ce travail était de décrire les délais observés entre le dosage initial du PSA (PSAi) et les différentes étapes de la prise en charge jusqu’à la mise en œuvre du traitement.


Méthodes

Une étude rétrospective monocentrique a été conduite à partir de dossiers discutés en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) entre le 1er août 2019 et le 1er avril 2020. Ont été inclus tous les nouveaux diagnostics de CaP discutés en vue de l’initiation d’un traitement au sein de notre établissement. Ont été exclus les récidives ou les avis ponctuels donnés pour des patients pris en charge dans d’autres établissements. Les caractéristiques de la population ont été recueillies ainsi que les dates clés de la prise en charge : premier PSA (PSAi), examens réalisés (IRM), première consultation d’urologie, biopsie prostatique, discussion en RCP, initiation du traitement.


Résultats

Cent vingt-quatre patients ont été inclus. Les caractéristiques des patients et des CaP sont détaillées dans le Tableau 1. Les délais médians entre le PSAi et les différentes étapes de la prise en charge figurent dans le Tableau 2. Parmi les patients, 70,4 % étaient adressés par leur médecin traitant et 20,8 % avaient une IRM prostatique. Les délais de prise en charge n’étaient pas significativement différents en fonction du score ISUP. Parmi les différentes étapes du parcours de soin étudiées, les délais les plus longs étaient générés par la réalisation d’une IRM avec un délai médian de 50,5jours (12–187).


Conclusion

Les délais de prise en charge des patients ayant un primo-diagnostic de CaP apparaissent variables et perfectibles avec un délai médian entre le PSAi et le début du traitement de 160,5jours quel que soit l’ISUP. L’optimisation des différents délais, notamment l’obtention de l’IRM et du traitement en fonction de l’agressivité tumorale, permettrait d’améliorer le parcours de soin des patients.

Détection du portage digestif d’entérobactéries résistantes aux fluoroquinolones avant biopsie prostatique et intérêt de la prophylaxie ciblée selon la culture rectale
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 794-795


Objectifs

Les bactéries résistantes aux fluoroquinolones (FQs) ont été fréquemment identifiées comme cause de complications infectieuses après biopsie de la prostate (BP). L’objectif de ce travail est d’étudier la prévalence du portage digestif d’entérobactéries résistantes aux FQs (ERFQ) chez les patients proposés pour BP et d’étudier l’intérêt de la prophylaxie ciblée selon la culture rectale sur le taux de complications infectieuses après BP.


Méthodes

Il s’agit d’une étude prospective qui a randomisé 161 patients proposés pour BP en deux groupes. Groupe 1 (G1) : les patients ont reçu une antibioprophylaxie empirique par la ciprofloxacine. Groupe 2 (G2) : un écouvillonnage rectal a été réalisé 10jours avant la BP et ces patients ont reçu une antibioprophylaxie adaptée selon la culture rectale. La prévalence du portage digestif d’ERFQ et les facteurs de risque de portage de germe résistants ont été étudiés. Une étude comparative de l’incidence des complications infectieuses après la BP dans chaque groupe a été réalisée.


Résultats

Le G2 comprenait 84 contre 77 patients pour le G1. Il n’y avait pas de différence entre les deux groupes pour l’âge, le diabète, le volume de la prostate, le PSA, le nombre de carottes de biopsiques, et les facteurs de risque de résistance aux FQs (Tableau 1). Dans le G2, la prévalence du portage digestif des ERFQ était de 57,1 %. En cas de portage digestif des ERFQ, une antibioprophylaxie adaptée selon la culture rectale par céphalosporines de 3e génération a été réalisée dans 77 % des cas. Les patients ayant une ERFQ avaient un antécédent de prise de FQs au cours des six derniers mois dans 16,7 % des cas (p =0,04) (Tableau 2). Le taux de complications infectieuses après BP était de 13 % dans le G1 et 3,6 % dans le G2 (p =0,02).


Conclusion

La prévalence du portage digestif d’ERFQ chez les patients proposés pour BP était élevée (57,1 %). Le facteur de risque de résistance dans notre étude était la prise de FQs au cours des six derniers mois. L’utilisation d’une antibioprophylaxie adaptée à la culture rectale, principalement par les céphalosporines de 3e génération, a considérablement abaissé nos taux de complications infectieuses après BP.

Diagnostic, prise en charge et suivi des patients atteints de cancers de la prostate d’emblée métastatiques inclus selon le principe des RCP sentinelles de l’AFU
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 744


Objectifs

Le cancer de la prostate métastatique (CaPm) est une situation clinique d’évolution souvent longue, complexe, faisant intervenir plusieurs lignes de traitements successifs. L’objectif principal était de réaliser une image des pratiques françaises concernant le diagnostic et le traitement du CaP d’emblée métastatique à partir des données de « vraie vie » recueillies dans des RCP sentinelles (RCPs) selon le modèle AFU.


Méthodes

Étude prospective, descriptive, multicentrique réalisée en France de janvier 2018 à novembre 2018. L’ensemble des patients atteints d’un CaPm a été inclut sur un serveur informatique national à partir de 72 RCPs dans des centres publics et privés (accord de la CNIL). Le groupe des CaP d’emblée métastatiques a été analysé. Les données cliniques, radiologiques, anatomopathologiques et les décisions thérapeutiques ont été recueillies au diagnostic du CaPm (à M0) puis lors du suivi à 3 mois (M3) et 6 mois (M6). L’export des données informatiques a été réalisé sur un tableur Excel permettant l’analyse statistique.


Résultats

Sur 780 CaPm recensés dans 39 centres, 408 (52,1 %) étaient d’emblée métastatiques. Le suivi à M3 et M6 a été obtenu chez respectivement 209 et 194 patients. L’âge médian était de 73,5 ans et les motifs principaux de consultation étaient l’élévation du PSA et les troubles mictionnels (Tableau 1). Un bilan d’extension standard était réalisé dans 51,5 % des cas et une imagerie métabolique dans 14,7 % (Fig. 1). Les patients étaient à haut risque (LATITUDE) et à haut volume (CHARTEED) dans respectivement 41,9 et 56,1 % des cas. Le traitement initié est présenté sur la Fig. 2. À M3 et M6, le PSA moyen était respectivement de 27,9 et 32,2ng/mL. À M3, 20 % des patients et 25 % à M6 nécessitaient un changement thérapeutique. Seuls 6 décès étaient rapportés sur la période.


Conclusion

Les RCPs permettent le recueil rapide de données fiables et exhaustives contribuant ainsi à la caractérisation de populations ciblées. Cette première étude AFU a permis l’évaluation de 780 dossiers de CaPm sur l’année 2018. Elle montre l’importance du partage de l’information et renforce l’intérêt pour la création de registres nationaux accessibles à tous.

Dysfonction érectile après traitement chirurgical d’une fracture du bassin
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 728


Objectifs

Les fractures du bassin (FB) peuvent entraîner plusieurs complications génito-urinaires dont la dysfonction érectile (DE). L’objectif principal de cette étude était de comparer la fonction érectile des patients avant et après prise en charge chirurgicale d’une FB. Les objectifs secondaires étaient d’évaluer l’association entre DE et type de FB, le type de traitement chirurgical orthopédique et une atteinte urétrale associée.


Méthodes

Une étude rétrospective monocentrique a inclus les patients opérés d’une FB entre 2015 et 2019. Les patients ayant une DE ou une pathologie médullaire avant la FB et les mineurs ont été exclus. Les caractéristiques cliniques ont été recueillies, en particulier le score International Index of Erectile Function-5 (IIEF-5) avant et après FB. Les données concernant la chirurgie ont également été étudiées, en particulier le type de FB selon la classification de Tile, la technique chirurgicale et la voie d’abord.


Résultats

Au total 40 patients ont été inclus. L’âge médian était de 45 ans pour un suivi médian de 29 mois. La FB était due à un accident de la voie publique dans la majorité des cas (46 %). La plupart des FB étaient de type C (60 %) et B (37 %) selon la classification de Tile. L’apparition d’une DE sévère, modérée et légère était retrouvée dans respectivement 30 %, 23 % et 15 % des cas. Le type de traitement chirurgical, percutanée (38 %) ou chirurgie ouverte (84 %), n’était pas associé à l’apparition d’une DE. Enfin, une atteinte urétrale concomitante était associée à une DE.


Conclusion

L’apparition d’une dysfonction érectile semble fréquente après traitement chirurgical d’une fracture du bassin. Une DE doit donc être recherchée de façon systématique lors du suivi, afin de proposer à ces patients une prise en charge optimale.

Dysfonctions vésicosphinctériennes chez les patients atteints de dysautonomie familiale : une étude prospective
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 798-799


Objectifs

La dysautonomie familiale (FD) est une polyneuropathie héréditaire rare sensitive et autonomique. Il n’existe à ce jour aucune donnée sur la fréquence et les caractéristiques des dysfonctions vésicosphinctériennes chez les patients atteints de FD. L’objectif de cette étude était d’évaluer la fréquence et les caractéristiques des dysfonctions vésicosphinctériennes chez les patients atteints de FD.


Méthodes

Tous les patients avec une FD confirmée génétiquement ayant consulté consécutivement dans un centre de référence de la FD entre novembre 2017 et septembre 2018 ont été inclus dans une étude prospective. Tous les patients remplissaient le jour de leur consultation les questionnaires suivants : IPSS (/35), IPSS-qol (/6), ICIQ-UI-SF (/21) et Qualiveen-SF. Tous les patients avaient le jour de la consultation une mesure du résidu post-mictionnel (RPM). La charge anticholinergique était calculée au moyen de l’Anticholinergic Drug Scale (ADS) et le handicap moteur évalué au moyen du score Brief Ataxia Rating Scale (BARS).


Résultats

Quarante-cinq patients ont été inclus : 22 hommes, 23 femmes, dont l’âge moyen était 24,3±13,1 ans. Le RPM moyen était de 54,2±13,1mL et 5 patients (11,1 %) avaient un RPM>100mL. Tous les questionnaires suggéraient que les patients étaient peu symptomatiques sur le plan urinaire avec un IPSS moyen à 4,5±4,1, un IPSS-qol moyen à 1,3±1,5, un ICIQ-UI SF moyen à 1,9±3, et un Qualiveen-SF moyen à 0,3±0,3. Le RPM n’était associé statistiquement à aucun score symptôme. Parmi les 15 patients qui avaient eu une échographie rénovésicale récent, un avait une hydronéphrose (6,7 %). Deux patients avaient un antécédent d’infections urinaires (4,6 %). Les patients avec un RPM>100mL avaient une charge anticholinergique plus élevée et un handicap moteur plus sévère (ADS 4,2 vs 1,3, p =0,02) (BARS 19,8 vs 13,2, p =0,03).


Conclusion

Bien que peu symptomatique sur le plan urinaire, 11 % des patients atteints de FD présentaient une rétention vésicale chronique. Les patients avec une rétention vésicale chronique avaient une charge anticholinergique plus élevée et un handicap moteur plus important.

E-réputation en urologie : analyse des notes des pages Google des urologues français
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 805-806


Objectifs

Google® est le moteur de recherche le plus utilisé dans le monde et en France. Il permet à ses utilisateurs de rédiger des avis et de noter leur expérience avec les urologues inscrits sur son site. Les utilisateurs peuvent également consulter ses données avant de consulter un urologue. L’objectif de cette étude était de décrire les avis et la réputation des urologues français sur Google.


Méthodes

L’ensemble des avis et commentaires des urologues français retrouvés sur le site google.fr réalisée en octobre 2018 ont été étudiés, en utilisant le mot clé « urologue » Étaient analysés si la note concernait un urologue seul ou une institution, le lieu d’exercice, le nombre d’avis et la note moyenne. La notation est effectuée en étoile de 0 à 5. Les avis étaient analysés selon le thème abordé qu’il soit positif ou négatif. L’analyse statistique a été effectuée grâce au logiciel SPSS v20.0.


Résultats

Trois cent quatre-vingt-onze notes ont été analysées correspondant à 269 avis pour 263 urologues ou centre d’urologie présent sur le site. L’ensemble des données sont représentées dans le Tableau 1. La note moyenne des urologues français était de 3,33/5 (SD=3,64) (Fig. 1). Cent quarante-trois urologues (54,4 %) avaient une notation sans avis. Les thèmes des avis négatifs (Tableau 2) étaient « un mauvais relationnel » (47,8 %), « diffamation » (34,4 %), le « prix de la consultation » (36,7 %), le temps insuffisant de la consultation (25,6 %), le retard (10,0 %), la secrétaire (13,3 %). Seul 8,9 % des avis négatifs concernaient une mauvaise prise en charge médicochirurgicale et 4,4 % des complications chirurgicales.


Conclusion

Basée sur une recherche Google, cette analyse de la e-réputation des urologues français met en évidence des avis négatifs concernant majoritairement le champ hors médical. Cette étude rappelle la nécessité de connaître les facteurs permettant de maîtriser son e-réputation.