Base bibliographique

Sommaire :

La chirurgie réalisée en direct affecte t’elle les résultats périopératoires ? Expérience de l’énucléation endoscopique de la prostate
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 780


Objectifs

Les bénéfices de la chirurgie réalisée « en direct » sont controversés. Bien que cette pratique puisse accélérer la diffusion de certaines avancées techniques, des inquiétudes sont soulevées au regard de la sécurité du patient. Évaluer les résultats périopératoires et fonctionnels de l’énucléation endoscopique prostatique (EEP) au laser Greenlight réalisée « en direct » au cours de sessions de formation ou « workshops ».


Méthodes

Les données de 204 patients consécutifs traités par EEP dans un seul centre par un chirurgien référent entre juillet 2013 et janvier 2017 ont été recueillies prospectivement. Les sessions de formation « workshops » ont débuté en juin 2015. Les résultats périopératoires et fonctionnels ont été comparés rétrospectivement entre le groupe 1 (workshop) et le groupe 2 (en condition normale).


Résultats

Sur les 116 patients opérés entre juin 2015 et janvier 2017, 37 patients ont été opérés au cours de 17 workshops. Le nombre de participants par workshop a été de 3 [2–6]. Les caractéristiques des patients étaient similaires entre les 2 groupes notamment en termes de volume prostatique (90g [66–120] vs 90g [80–120] ; p =0,53), de traitement antiagrégant plaquettaire et anticoagulant et de patients en sonde à demeure (30,3 % vs 16,2 % ; p =0,12). Les paramètres opératoires étaient comparables entre les 2 groupes (Tableau 1). Aucune différence n’était mise en évidence en termes de complications postopératoires : 18,92 % vs 23,6 % (p =0,64) : complications de grade 1 de Clavien-Dindo (2,7 % versus 5,6 %), grade 2 (16,2 % versus 13,5 %), grade 3a (0 % versus 1,2 %) et grade 3b (0 % versus 4,5 %). Les résultats fonctionnels sont résumés dans le Tableau 1.


Conclusion

Dans cette série, l’EEP était une technique sûre et reproductible, quelles que soient les conditions opératoires. Des études similaires sont nécessaires pour évaluer la sécurité des patients opérés par voie endoscopique au cours de workshops.

La cure chirurgicale de la varicocèle chez l’adolescent, améliore-t-elle la croissance testiculaire et les paramètres du spermogramme ?
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 739-740


Objectifs

La varicocèle est rare chez l’enfant mais plus fréquente chez l’adolescent (15 %), elle a un effet délétère sur la croissance du testicule et la spermatogenèse qui s’aggrave avec le temps. Il n’est pas clairement établi que son traitement puisse prévenir ou rétablir la normalité du testicule ainsi que les paramètres du spermogramme. Le but de ce travail est d’évaluer l’intérêt de la cure chirurgicale de la varicocèle chez l’adolescent.


Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective, descriptive, portée sur 32 patients, âgés entre 15 et 19 ans, ayant consulté pour varicocèle sur une période de 12 ans entre 2004 et 2015. L’indication opératoire a été portée chez tous ces patients, cependant, 14 patients ont refusé le traitement chirurgical. La surveillance a été faite par un examen urologique, une échographie Doppler et un spermogramme à 1 an.


Résultats

Chez les patients opérés, l’évolution hémodynamique postopératoire était caractérisée par une disparition totale de la varicocèle et une taille stabilisée des testicules chez les 16 patients ayant initialement un volume testiculaire normal. Pour les 2 patients ayant une hypotrophie testiculaire gauche, l’évolution était marquée par l’augmentation de la taille du testicule gauche atteint, passant de 22mm de grand axe à 32mm dans les deux cas. Au spermogramme, on a assisté a une normalisation des paramètres chez 8 patients (44.5 %), une amélioration chez 4 patients (22 %) et une stabilisation chez 6 patients (35 %). Chez les patients ayant refusé la chirurgie, 8 patients (57 %) ont présenté un état stationnaire du volume testiculaire avec stabilisation des paramètres spermatique, 6 patients (43 %) ont présenté une hypotrophie testiculaire et une aggravation de la concentration et de la mobilité des spermatozoïdes.


Conclusion

Le traitement de la varicocèle permet d’obtenir un rattrapage de croissance du testicule atteint par rapport au testicule controlatéral ainsi il prévient la survenue d’une atrophie testiculaire, elle améliore aussi la concentration et la mobilité des spermatozoïdes. Cependant, l’effet sur la morphologie des spermatozoïdes est plus discuté.

La dérivation non continente trans-intestinale par anse non détubulée comme traitement des patients atteints de sclérose en plaques avec des troubles urinaires du bas appareil : résultats préliminaires d’une cohorte nationale
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 759-760


Objectifs

La sclérose en plaques (prévalence 83/100 000 en Europe) est la première cause de handicap neurologique acquis de l’adulte jeune. Les troubles vésicosphinctériens y sont fréquents : 75 % à 10 ans d’évolutivité de la maladie. L’objectif de notre étude était de décrire et d’analyser la morbi-mortalité et l’impact sur la qualité de vie, de la réalisation d’une dérivation urinaire non continente type Bricker chez des patients atteints de sclérose en plaques avec des troubles urinaires du bas appareil réfractaires aux traitements conservateurs.


Méthodes

L’étude était rétrospective et multicentrique. Dix centres français membres du GENULF ont identifié les patients atteints de SEP ayant bénéficié d’un Bricker entre janvier 2010 et décembre 2015 avec un suivi supérieur à 6 mois. Étaient évalués l’ancienneté de la SEP, le score EDSS préopératoire, le dernier mode mictionnel, les traitements des TUBA avant dérivation, le DFG, l’anatomie rénale préopératoire et le nombre total d’hospitalisation pour infection urinaire. La morbidité postopératoire précoce était gradée selon Clavien-Dindo, et tardive par le DFG, l’anatomie rénale, la survenue d’infection urinaire fébrile avec hospitalisation et le décès lié à une complication urinaire. La qualité de vie pré- et postopératoire par questionnaire Qualiveen Short Form et le PGI-I.


Résultats

Ont été analysés 211 patients (77,3 % de femmes) d’âge moyen 54 ans. L’ancienneté de la SEP était de 20,9 ans (±ET9,8). L’EDSS médian préopératoire était de 7,5 (IQR 7–8). La durée moyenne de l’hospitalisation était de 17,5jours. Le suivi médian a été de 22 mois (IQR 9–44). Quarante-quatre pour cent des patients avaient des complications postopératoires précoces : 87 % Clavien I, II ou IIIa et 10 % IIIb ou IV ; 1 décès d’un choc septique d’origine pulmonaire. Dix-neuf patients sont décédés entre j30 et la dernière visite (2/19 d’un sepsis d’origine urinaire). Le DFG postopératoire moyen était de 101,5mL/min contre 102,6mL/min préopératoire (p =0,709). L’anatomie rénale était inchangée chez 73,2 % des patients, s’est améliorée dans 8,1 % des cas et 18,7 % ont développé une dilatation uni- ou bilatérale. Il y avait une nette amélioration de la qualité de vie (Figure 1, Figure 2, Figure 3).


Conclusion

Nous avons rapporté la plus grande série de cas de Bricker réalisée chez des patients atteints de SEP qui souffrent de TUBA en phase terminale. Les complications postopératoires précoces étaient fréquentes mais majoritairement de faible grade Clavien. Au suivi moyen, la fonction rénale restait inchangée, bien qu’une dilatation des voies urinaires majorée soit apparue (18,7 %). La qualité de vie liée au mode mictionnel a été considérablement améliorée et l’impression de l’amélioration du patient était élevée.

La modification peropératoire de la stratégie de dissection des bandelettes vasculo-nerveuses influe-t-elle sur le taux de marges chirurgicales des prostatectomies radicales ?
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 723


Objectifs

L’impact d’une préservation des bandelettes vasculo-nerveuses au cours d’une prostatectomie radicale sur le taux de marges chirurgicales est mal établi dans la littérature. Nous avons observé par ailleurs que la stratégie de dissection des bandelettes est parfois modifiée en peropératoire. L’objectif de cette étude est d’évaluer la fréquence des modifications de stratégie en peropératoire, et de déterminer si elles influent sur le taux de marges chirurgicales.


Méthodes

Nous avons inclus de manière prospective 50 patients consécutifs ayant bénéficié d’une prostatectomie radicale entre décembre 2016 et mars 2017 dans notre centre. Pour chaque patient, nous avons recueilli en préopératoire le type de dissection prévue par le chirurgien pour chaque côté, puis en postopératoire le type de dissection effectivement réalisé pour chaque côté. Les marges chirurgicales étaient évaluées en insu lors de l’analyse anatomopathologique. La fréquence des modifications peropératoire du type de dissection des bandelettes a été évaluée indépendamment pour chaque côté (n =100). L’association avec les marges a été analysée par régression logistique uni- et multivariée.


Résultats

Les fréquences des dissections prévues intra-, inter- et extra-fasciales étaient respectivement de 16 %, 60 % et 24 %. Les fréquences des dissections réalisées intra-, inter- et extra-fasciales étaient respectivement de 18 %, 55 % et 27 %. La stratégie était modifiée en peropératoire dans 13 % des cas (pour n =100), soit chez 26 % des patients. Ces modifications étaient dans 46 % des cas un rapprochement et dans 54 % des cas un éloignement de la capsule prostatique. Aucune association n’a été mise en évidence entre les changements de stratégie et le taux de marges chirurgicales en analyse uni- et multivariée. Les taux de marge étaient comparables en uni- et multivarié quel que soit le type de dissection adoptée.


Conclusion

Notre série montre une fréquence importante des changements de stratégie en peropératoire (26 % des patients), avec presque autant d’éloignement que de rapprochement. Dans les deux cas, on ne montre aucune différence sur le taux de marges. Ceci semble montrer que l’éloignement de la capsule en cas d’adhérence est justifié pour le contrôle carcinologique, et que le rapprochement en cas de dissection favorable ne péjore pas la qualité de la résection.

La néphrectomie laparoscopique retro péritonéale pour donneur vivant
2017
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 801


Objectifs

La néphrectomie laparoscopique retro péritonéale pour donneur vivant est faiblement pratiquée par les équipes de transplantation rénale dans le monde. L’objectif de notre travail est de montrer la faisabilité de cette technique et d’apporter notre expérience.


Méthodes

Nous présentons une néphrectomie gauche laparoscopique rétropéritonéale chez un patient avec une artère, une veine et un uretère.


Résultats

Absence d’ouverture du péritoine, faible risque de lésion d’organes intrapéritonéaux, courbe d’apprentissage rapide, contrôle facile des veines lombaires, contrôle très proximal de l’artère rénale, diminution des douleurs post opératoire par apport à la technique trans péritonéale, récupération rapide post opératoire, patient satisfait sur le plan esthétique (cicatrice dorsale non vue).


Conclusion

La néphrectomie laparoscopique rétropéritonéale pour donneur vivant du rein est une technique chirurgicale prometteuse, de faible risque chirurgical par apport à la voie trans péritonéale.

La neurostimulation tibiale postérieure est-elle plus efficace chez les patients ayant une hyperactivité vésicale sans hyperactivité détrusorienne ?
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 697


Objectifs

Des données récentes suggèrent que la neuromodulation sacrée serait aussi efficace chez les patients ayant une hyperactivité vésicale (HAV) avec et sans hyperactivité détrusorienne. L’impact de la présence ou non d’une hyperactivité détrusorienne sous-jacente sur l’efficacité de la neurostimulation tibiale postérieure (NTPT) pour HAV n’a jamais été évalué. Le but de cette étude était de comparer l’efficacité du traitement par NTPT transcutanée dans le traitement de l’HAV avec et sans hyperactivité détrusorienne sous-jacente.


Méthodes

Les données de tous les patients traités par NTPT pour troubles vésicosphinctériens entre 2012 et 2016 dans un centre ont été colligées prospectivement. L’évaluation initiale et à 2 mois comprenait un calendrier mictionnel sur 48heures, un questionnaire Urinary Symptom Profile une évaluation de l’efficacité par échelle visuelle analogique (EVA) allant de 0 (aucune efficacité) à 10 (efficacité maximale). Le matériel utilisé était un URO-stim Schwa medico 2®. Les patients ont été divisés en 2 groupes : présence (HAD) ou absence (no HAD) d’une hyperactivité détrusorienne sur le bilan urodynamique préthérapeutique.


Résultats

Soixante-dix patients ont été inclus, parmi lesquelles 22 n’avaient pas d’hyperactivité détrusorienne au bilan urodynamique préopératoire (31 %). L’EVA efficacité moyenne tendait à être plus élevé dans le groupe no HAD (4,7 vs 3,6 ; p =0,19) de même que le taux de patients ayant une amélioration≥50 % à 2 mois également similaire (57 % vs 42 % ; p =0,22). Le taux de patients ayant acheté le dispositif au bout de 6 mois était supérieur dans le groupe no HAD sans que cette différence n’atteigne la significativité (42 % vs 22 % ; p =0,12). L’amélioration du sous-score USP HAV à 2 mois était comparable dans les deux groupes (–2 vs–2,1 points ; p =0,85).


Conclusion

La neurostimulation tibiale postérieure transcutanée semble au moins aussi efficace dans le traitement de l’HAV sans hyperactivité détrusorienne que dans le traitement de l’HAV avec hyperactivité détrusorienne.

La poursuite des anticoagulants au cours la PVP n’impact pas le risque de complications hémorragiques postopératoires : étude prospective multicentrique
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 733


Objectifs

La photo-vaporisation laser de prostate (PVP) par laser Greenlight a été développée notamment pour permettre un meilleur contrôle de l’hémostase. Néanmoins, la gestion des anticoagulants (ATC) en périopératoire reste débattue, et particulièrement la possibilité de poursuivre les anticoagulants durant cette période. L’objectif de notre étude était d’évaluer l’impact de la poursuite des anticoagulants sur le risque de complications hémorragiques.


Méthodes

L’ensemble des patients sous anticoagulants (AVK, NACO) opérés par PVP dans deux centres ont été inclus prospectivement. Les caractéristiques des patients étaient enregistrées comprenant notamment le type de traitement anticoagulant et la poursuite ou le relais de celui-ci. Les complications per- et postopératoires notamment hémorragiques étaient rapportées selon la classification de Clavien-Dindo en complications mineures (<3) ou majeures (≥3). Deux groupes ont été analysés puis comparés ceux avec arrêt des ATC et ceux ou les ATC étaient poursuivis. Le test du Chi2 (ou le test de Fisher) a été utilisé pour comparer les variables qualitatives, le test t de Student pour les variables quantitatives.


Résultats

Parmi les 185 patients de la cohorte, 64 patients étaient sous ATC (AVK n =57, NACO n =7). Cinquante-neuf pour cent des patients ont eu leur traitement arrêtés ou relayés par des HBPM et 41 % poursuivaient leur traitement durant toute la période périopératoire. Les caractéristiques préopératoires des patients étaient similaires dans les deux groupes. Concernant les complications, aucune différence n’a été retrouvée entre les deux groupes (37 % vs 46 % ; p =0,45) y compris concernant les complications majeures (p =0,79), les complications hémorragiques globales (16 % vs 23 % ; p =0,46) ou le taux de caillotage intravésicale (p =0,79) (Tableau 1). Les résultats fonctionnels à 6 mois étaient similaires entre les deux groupes.


Conclusion

La réalisation de la PVP chez les patients sous anticoagulants est faisable. La poursuite de ces traitements, sans arrêt ou relais, en périopératoire n’augmente pas significativement le risque de complications postopératoires, notamment hémorragiques. Ces résultats permettent d’envisager une prise en charge simplifiée des patients sous ATC, en suggérant de ne pas arrêter le traitement de ces patients fragiles.

La prédisposition de la population générale au don d’organes : à propos d’un sondage d’opinion auprès de la population algérienne
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 715-716


Objectifs

Ce travail a pour objectifs de dépister la tendance parmi la population algérienne de la prédisposition au don d’organes. Identifier des éléments permettant d’orienter la stratégie d’information et de sensibilisation de la population générale.


Méthodes

Enquête menée par questionnaire fermé, sur Internet (site de sondage en ligne) et sur terrain auprès de 843 personnes. Sur une période de 3 mois.

Les critères d’inclusion :

– population algérienne dont l’âge est supérieur ou égal à 20 ans ;

– ayant accepté et donné leur accord pour répondre au questionnaire.

Les critères d’exclusion :

– population ayant refusé ou ayant rendu des questionnaires incomplets.

Le recueil des données a été effectué sur la base d’un questionnaire et parmi les paramètres étudiés sont :

– connaissances acquises sur la notion de greffe et le don d’organe ;

– position déclarée vis-à-vis du don d’organe ;

– la position de notre religion vis-à-vis de la greffe d’organes ;

– les freins potentiels aux don d’organeq.


Résultats

Population interrogée : 67 % de moins de 40 ans, ayant suivi des études dans leur situation géographique est disparate (40 sites). Le niveau d’information sur la greffe et le don d’organes est acceptable. Cette information est délivrée essentiellement par les masses médias et paradoxalement 84 % la jugent quasi inexistante dans notre paysage médiatique. Soixante-dix pour cent pensent qu’il existe un risque et le tiers pensent ne pas pouvoir reprendre une vie normale. La méfiance déclarée chez notre population a été bien retrouvée. La position de notre religion vis-à-vis de la greffe d’organes n’est pas toujours évidente.


Conclusion

Ce travail peut être l’ébauche d’un plan de communication nationale dont les items à privilégier :

– vulgarisation des processus du prélèvement et de transplantation d’organes auprès de la population générale ;

– large diffusion de la position positive de la religion du don d’organes ;

– sondage d’opinion autour de l’universalisation du don d’organes (donneur universel de son vivant) pour lutter contre la pénurie d’organes dans le monde.

La protéine C-réactive à j4 postopératoire, un marqueur fiable du risque de complications après cystectomie
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 686-687


Objectifs

Le dosage de la protéine C-réactive (CRP) à j4 postopératoire est recommandé en chirurgie digestive pour prédire le risque de complications. Le but de notre étude est d’analyser pour la première fois en urologie, la relation entre une CRP postopératoire élevée et l’existence de complications infectieuses et de complications sévères, en postopératoire des cystectomies pour cancer.


Méthodes

Il s’agit d’une étude multicentrique, analysant de façon rétrospective les données cliniques et biologiques de 313 patients traités par cystectomie pour cancer entre janvier 2013 et juillet 2016. Les complications postopératoires et les différents facteurs de risque de complications ont été analysés pour valider l’utilité du dosage de la CRP en postopératoire.


Résultats

Trois cent treize patients inclus, 278 (89 %) hommes, 35 (11 %) femmes (moyenne d’âge 68,1±9,2 ans). Cinquante-sept pour cent des patients ont bénéficié d’une dérivation urinaire par urétérostomie cutanée transiléale de type Bricker, 30 % d’une néovessie orthotopique et 11 % d’urétérostomies cutanées. Nous avions 26,5 % de complications de grade≥2 selon la classification de Clavien-Dindo. Un tiers des complications postopératoire des cystectomies était d’ordre infectieux ou inflammatoire. Parmi les patients sans complications, 92,8 % avaient une CRP<150mg/L à j4 postopératoire. En analyse multivariée, seul le taux de la CRP à j4 était prédictif du risque de complication (p150mg/L à j4 postopératoire est fortement associée à un risque de complication postopératoire) (OR=81,42 ; IC 95 % [25,6–258,3] ; p <0,001). Ainsi, la CRP à j4 est un marqueur fiable pour exclure l’existence de complications infectieuses avec une valeur prédictive négative de 0,94 (Figure 1, Tableau 1).


Conclusion

La CRP à j4 avec un seuil à 150mg/L permettrait de prédire de façon fiable le risque de complications postopératoires après cystectomie. Un monitorage de la CRP postopératoire pourrait aider à l’adaptation des protocoles de réhabilitation en postopératoire de cystectomie mais également à la prise en charge précoce de complications.

La résection endoscopique complète avant cystectomie pour tumeur de vessie améliore les résultats oncologiques
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 684-685


Objectifs

L’importance d’une résection transurétrale de vessie (RTUV) macroscopiquement complète est largement établie dans le traitement des tumeurs vésicales non infiltrant le muscle (TVNIM) et des tumeurs vésicales infiltrant le muscle (TVIM) dans le cadre d’un traitement multimodale associant RTUV et radiochimiothérapie. En revanche, l’impact d’une RTUV complète chez les patients traités par cystectomie pour tumeur de vessie n’a jamais été évalué. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’impact d’une RTUV complète avant cystectomie radicale sur les résultats oncologiques.


Méthodes

Une étude rétrospective bicentrique a été menée incluant tous les patients ayant eu une cystectomie pour tumeur de vessie de 1995 à 2016. Les patients étaient séparés en deux groupes selon le caractère macroscopiquement complet ou non de la dernière RTUV avant cystectomie d’après le compte rendu opératoire (CRO). Si la description sur le CRO était douteuse le patient était exclu. Les critères de jugement était la survie sans récidive (SSR), la survie spécifique (SSpé) et le taux de diminution du stade (« downstaging ») et de pT0 entre l’anatomopathologie de la RTUV et de la pièce de cystectomie.


Résultats

Cent-vingt et un patients sur les 607 opérés sur la période étudiée ont été exclus par manque d’éléments sur le CRO. Sur les 486 patients inclus, 253 avaient eu une RTUV complète contre 233 incomplète (Tableau 1). En analyse multivariée, le taux de pT0 et de « downstaging » était plus important dans le groupe RTUV complète (OR=3,1 IC95 % [1,1–9,5] ; p =0,02 et OR=7,1 IC95 % [3,1–18,2], p <0,0001, respectivement). Après suivi médian de 41 mois, la SSR était meilleure dans le groupe RTUV complète [SSR à 5 ans : 57 % vs 37 % p <0,0001 (Figure 1)] de même que la SSpé [SSpé à 5 ans : 70,8 % vs 54,5 % p =0,002 (Figure 2)]. En analyse multivariée ajustant notamment au poids de la tumeur et l’utilisation de chimiothérapie néoadjuvante, la résection complète était le facteur le plus fortement associé à la SSR (HR=0,4 ; p =0,0003) et le seul facteur associé à la SSpé (HR=0,5 ; p =0,01).


Conclusion

Dans cette étude, une RTUV complète avant cystectomie était associée à un bénéfice en termes de survie sans récidive et de survie spécifique ; ainsi qu’à un taux plus important de pT0 et de diminution du stade.

La sarcopénie est associée à un pronostic péjoratif pour les tumeurs de la voie excrétrice urinaire supérieure traitées par néphrourétérectomie totale
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 794


Objectifs

La sarcopénie (ou diminution de la masse musculaire lombaire) a été associée dans de nombreuses tumeurs solides à un pronostic grevé. L’objectif de cette étude rétrospective multicentrique était d’évaluer l’impact de la sarcopénie sur le devenir oncologique des patients traités par néphro-urétérectomie totale pour une tumeur de la voie excrétrice urinaire supérieure non métastatique.


Méthodes

Nous avons revu rétrospectivement les dossiers de 101 patients atteints tumeurs de la voie excrétrice urinaire supérieure et ayant bénéficié d’une néphro-urétérectomie totale dans quatre établissements français entre 2010 et 2014. La présence d’une sarcopénie a été mesurée par un logiciel adapté sur un scanner abdominopelvien (niveau L5) réalisé dans le mois avant la chirurgie. Les définitions de sarcopénie utilisées étaient celles du consensus international (Index de muscle lombaire<55cm2/m2 pour les hommes et<39cm2/m2 pour les femmes). Un modèle de régression de Cox multivarié ajustant pour les facteurs cliniques et anatomopathologiques standard a évalué l’association de la présence d’une sarcopénie avec la survenue d’une mortalité spécifique et/ou globale.


Résultats

Cinquante-huit (58 %) patients présentaient une sarcopénie sur le scanner préopératoire. En analyse multivariée, la présence d’une sarcopénie était associée à la survenue d’une mortalité spécifique (RR=2,58 ; p =0,01)et globale (RR 2,05 ; p =0,02). En analyse de sous-groupe des patients présentant une maladie localement avancée (pT3/4 et/ou pN+), la présence d’une sarcopénie était associée à la mortalité spécifique (p =0,04) et globale p =0,03). En revanche, dans le sous-groupe des patients présentant une maladie localisée (pTa-2pN0-Nx), la présence d’une sarcopénie ne retenait pas son association avec le devenir oncologique.


Conclusion

La présence d’une sarcopénie dans le mois précèdent la néphrourétérectomie totale pour une tumeur de la voie excrétrice urinaire supérieure étaient associée à un devenir oncologique grevé aussi bien en termes de mortalité spécifique que globale.

La sarcopénie est associée à un pronostic péjoratif pour les tumeurs de vessie infiltrant le muscle traitées par cystectomie totale
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 683


Objectifs

La sarcopénie (ou diminution de la masse musculaire lombaire) a été associée dans de nombreuses tumeurs solides à un pronostic grevé. L’objectif de cette étude rétrospective multicentrique était d’évaluer l’impact de la sarcopénie sur le devenir oncologique des patients traités par cystectomie totale pour une tumeur de vessie infiltrant le muscle non métastatique.


Méthodes

Nous avons revu rétrospectivement les dossiers de 201 patients atteints tumeurs de vessie cT2-4aN0-3M0 avec ou sans chimiothérapie néoadjuvante et ayant bénéficié d’une cystectomie totale dans quatre établissements français entre 2010 et 2013. La présence d’une sarcopénie a été mesurée par un logiciel adapté sur un scanner abdominopelvien (niveau L5) réalisé dans le mois avant la chirurgie. Les définitions de sarcopénie utilisées étaient celles du consensus international (Index de muscle lombaire<55cm2/m2 pour les homes et <39cm2/m2 pour les femmes). Un modèle de régression de Cox multivarié ajustant pour les facteurs cliniques et anatomopathologiques standards a évalué l’association de la présence d’une sarcopénie avec la survenue d’une mortalité spécifique et/ou globale.


Résultats

Les patients présentant une sarcopénie étaient significativement plus âgés (p =0,03) et présentaient plus de comorbidités (Eastern Cooperative Oncology Group Performance Status) (p =0,02). En revanche, les deux groupes étaient similaires en termes d’administration de chimiothérapie néo- et adjuvante, stade pathologique T et N (p >0,05). Durant le suivi moyen de 4,7 années, 105 patients sont décédés, dont 81 de la tumeur de vessie. Les patients présentant une sarcopénie présentaient une survie spécifique diminuée (55 % vs 76 % ; p =0,01) ainsi qu’une survie globale diminuée (43 % vs 71 % ; p =0,02) par rapport aux patients ne présentant pas une sarcopénie. Cette association était confirmée en analyse multivariée aussi bien en termes de mortalité spécifique (RR, 2,04 ; p =0,02) que de mortalité globale (RR, 1,73 ; p =0,04).


Conclusion

La présence d’une sarcopénie dans le mois précèdent la cystectomie totale pour tumeur de vessie infiltrant le muscle étaient associée à un devenir oncologique grevé aussi bien en termes de mortalité spécifique que globale.

La survie des transplantations rénales des donneurs à cœur non battant incontrôlés sous la protection normothermique : sont-ils aussi bons que les reins des donneurs à cœur battant ?
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 714-715


Objectifs

Le don à cœur non battant (DCNB) est apparu au cours des deux dernières décennies pour augmenter le nombre des donneurs, classiquement composé par la donation à cœur battant (DCB). La DCNB incontrôlée n’est pas populaire dans des nombreux pays, en raison de problèmes éthiques, entre autres. De plus, ces reins ont un risque ischémique plus élevé en raison d’un temps plus long d’ischémie froide. Nous comparons la survie des transplantations DCNB non contrôlées liées aux transplantations DCB.


Méthodes

Nous avons effectué une étude rétrospective de 300 transplantations de rein (150 DCNB non contrôlée avec la perfusion normothermique et 150 DCB) réalisées dans notre centre entre 2007 et 2012 sur récepteurs de moins de 60 ans. Nous avons recueilli des caractéristiques préopératoires, de la technique chirurgicale, des caractéristiques de greffe (temps d’ischémie froide.) et des événements postopératoires. Nous avons estimé la survie brute et la survie censurée par la mort censurée et par la non-fonction primaire avec des courbes de Kaplan–Meier, en utilisant Stata v12,0 pour Windows.


Résultats

Les deux groupes étaient comparables en ce qui concerne les caractéristiques de référence, avec un suivi médian de 53,6 mois (écart interquartile 35,3–70,5) et un âge médian de 43 ans pour les donneurs et 46 pour les récepteurs. La survie brute (Figure 1) à 1, 5 et 10 ans était de 93,3 %, 90,9 % et 88,5 % pour les reins DCB, 91,1 %, 83,6 % et 81,6 % pour les greffons DCNB non contrôlés, sans différence statistiquement significative (p =0,100). La survie censurée par la mort et la non-fonction primaire (Figure 2) à 1, 5 et 10 ans était de 95,6 %, 93 % et 88,7 % pour les greffes de DCB et 97 %, 88,9 % et 86,9 % pour les greffes de DCNB.


Conclusion

Les reins des DCNB sous préservation normothérmique ont une survie similaire à celle des greffes de DCB. Par conséquent, ils peuvent être considérés comme une source de valeur pour augmenter le nombre de donneurs afin de minimiser le manque d’organes en cours.

La technique d’urétéro-rénoscopie effectuée chez les adultes peut-elle être utilisée de façon similaire chez les enfants ? Étude analytique comparative
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 797-798


Objectifs

Le but de cette étude est examiné la tolérance et comparé les résultats du traitement par urétéro-rénoscopie pour la prise en charge des lithiases rénales chez les différents groupes d’âges des patients.


Méthodes

Étude prospective portant sur 314 patients qui ont subi une urétéro-rénoscopie avec laser Holium Yag pour lithiases rénales, réalisée par un seul urologue entre septembre 2014 et mars 2017. Les patients ont été classés en 2 groupes en fonction de leurs âges. Groupe 1, l’urétéroscopie réalisait chez les enfants de moins de 14 ans. Dans le second groupe, celle-ci a été faite chez les patients dont leurs âges dépassaient 18 ans. Il s’agissait de 21 enfants et 293 patients adultes. L’étude a été effectuée en per protocol et la significativité statistique a été retenue lorsque le p <5 %. Nous avons réalisé une étude analytique comparative complète. Le succès du traitement était défini par l’absence de fragments résiduels à 3 mois.


Résultats

L’âge moyen des patients était de 6.8 ans vs 46.8 ans. La taille moyenne des calculs était de 17,4mm dans le G1 et 18,1mm dans le G2. La densité moyenne du calcul était de 1002,1UH vs 1092,7UH G1 vs G2, respectivement. Le taux de succès était respectivement de 66,6 % vs 67,2 % dans le G1 vs G2. Les causes d’échecs étaient les mêmes dans les 2 groupes, ils s’agissaient de la taille du calcul (OR=0,5, IC=0,01–0,02 ; p =0,01 ; G1 vs IC=3,4–6,5, p <0,004 ; G2 et le siège caliciel inférieur (OR=0,56, IC=0,25–0,19 ; p =0,01 ;G1 vs OR, IC=1,4–4,7, p =0,1 ;G2). Étude multivariée après régression logistique a montré que seule la taille du calcul avait une influence significative p <0,01. Les complications étaient rares G1 :1 % vs G2 :1,7 %, p <0,01. La durée moyenne du séjour hospitalier était équivalente dans les 2 groupes.


Conclusion

L’urétéro-rénoscopie pour le traitement des lithiases du rein chez les enfants est sûre, efficace et présente des similitudes techniques avec l’adulte. Nous n’avons trouvé aucune différence entre les taux de réussite ou de complication chez les 2 groupes. Les résultats sont équivalents ; un pourcentage de retraitement faible.

Le dépistage précoce par échographie Doppler systématique des complications à risque hémorragique après néphrectomie partielle est-il pertinent ?
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 775


Objectifs

Afin de dépister les faux anévrysmes et fistules artérioveineuses (F-FAV) post-tumorectomies rénales, l’examen échographique Doppler systématique entre j4 et j8 avait été instauré dans notre service après traitement chirurgical des tumeurs complexes (Score RENAL≥7). L’objectif de ce travail était d’évaluer la pertinence réelle de cet examen dans la prévention des complications hémorragiques de la chirurgie rénale conservatrice par diagnostic précoce des F-FAV alors même que l’incidence de telles complications apparaît désormais diminuée.


Méthodes

Tous les patients opérés d’une chirurgie rénale conservatrice entre avril 2016 et avril 2017 ont été inclus. Les complications hémorragiques étaient définies par la survenue d’un des évènements suivants : transfusion, choc hémorragique, embolisation artérielle et ré-hospitalisation pour hématome rétro-péritonéal dans les 30jours postopératoires. L’indication de l’échographie Doppler était systématique pour les tumeurs RENAL≥7 et à la discrétion de l’opérateur pour les tumeurs de score inférieur. La valeur prédictive négative (VPN) de cet examen était définie par l’absence de survenue d’une complication hémorragique après un Doppler normal. Les caractéristiques des patients, la voie d’abord, la survenue d’une hématurie ou d’une déglobulisation, le type d’examen radiologique post-tumorectomie, le diagnostic échographique et le délai avant survenue de la complication étaient colligés.


Résultats

Au total, 130 patients ont été inclus, dont 60 avaient bénéficié d’une étude par échographie Doppler. Six patients (4,5 %) ont présenté une complication hémorragique dont 4 (3 %) traités par embolisation. La complication hémorragique est survenue au cours de l’hospitalisation à j2 (avant l’échographie) chez 3 patients (2,3 %) opérés de tumeurs RENAL-11, 7 et 5. Trois patients (2,3 %) ont été ré-hospitalisés pour complication hémorragique secondaire à un F-FAV traité par embolisation ou transfusion/observation à j9, j11 et j15. Tous avaient une échographie Doppler normale réalisée à respectivement j4, j5 et j3. Les tumeurs étaient toutes de stade≥pT1b, avec un RENAL score de respectivement 7p (50mm de diamètre, voie robotique), 11×(diamètre 80mm, lombotomie) et 9a (diamètre 70mm, lombotomie). Aucune échographie Doppler systématique réalisée chez des patients asymptomatiques n’a conduit au diagnostic d’un F-FAV ou à une modification de la prise en charge. La VPN de cet examen était de 96 %.


Conclusion

L’échographie Doppler systématique avant j5 pour les tumeurs RENAL≥7 n’a jamais conduit au dépistage d’un F-FAV sur la période étudiée. Dans tous les cas, le diagnostic de F-FAV a été porté par tomodensitométrie au décours d’une complication hémorragique. Ni le RENAL score à haut complexité ni la voie d’abord n’amélioraient les valeurs prédictives de l’échographie Doppler. La VPN élevée doit être pondérée par l’absence de vrai-positif de cet examen (Se=0) rendant son indication non pertinente.

Le diabète impacte les résultats fonctionnels de la photo-vaporisation prostatique au laser Greenlight ® XPS 180-W
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 732


Objectifs

Évaluer les résultats fonctionnels des patients diabétiques opérés par photo-vaporisation prostatique (PVP) d’une hypertrophie bénigne de prostate (HBP) compliquée de symptômes du bas appareil urinaire (SBAU).


Méthodes

Entre janvier 2012 et décembre 2015, 1070 patients ont été opérés dans un centre expert d’une HBP compliquée de rétention aiguë d’urine (RAU) ou résistante aux traitements médicamenteux par PVP laser Greenlight® XPS 180-W. L’analyse a comparé 120 patients diabétiques de type II à 120 patients non diabétiques par appariement 1:1 portant sur l’âge, le volume prostatique (VP) et l’IPSS préopératoire. Les données fonctionnelles (IPSS, ICS SF Male Score, débimétrie, PSA) ont été recueillies prospectivement. Les données continues et catégorielles ont été comparées par test de Kruskall–Wallis et Chi2, respectivement.


Résultats

Les VP moyens étaient de 58,3g 32,2 et de 60,5g 36,7 dans les groupes diabétique et témoin, respectivement (p =0,624). Les patients diabétiques avaient des comorbidités significativement plus lourdes, une sonde vésicale pour RAU et une bactériurie préopératoire dans 55,8 % et 56,0 %, respectivement (p <0,001). L’énergie délivrée de 4,3KJ/g en moyenne était comparable dans les deux groupes (Tableau 1). Les durées de sondage, d’hospitalisation ainsi que le taux d’échec de reprise mictionnelle initiale et à j90 étaient augmentées dans le groupe diabétique (p =0,009, p <0,001 et p =0,026, p =0,058, respectivement). Les patients diabétiques avaient une nycturie pré- et postopératoire, une incontinence urinaire à l’effort et par impériosité significativement plus importante à 3 mois (p =0,017, p =0,003 et p <0,001, p =0,013) (Tableau 2). Le score IPSS, le débit maximal, le résidu post-mictionnel et le PSA postopératoire moyen étaient comparables dans les deux groupes (Figure 1).


Conclusion

La PVP Greenlight® XPS chez les patients diabétiques de type II n’augmente pas le risque de complications postopératoires et offre des résultats fonctionnels dans l’ensemble satisfaisants. Toutefois les résultats légèrement inférieurs sur les symptômes de la phase de remplissage et le plus fort taux d’incontinence postopératoire précoce invite à la prudence dans cette population en considérant toujours la possibilité d’une participation d’une cystopathie diabétique à la genèse des troubles mictionnels de ces patients.

Le score de Gleason a-t-il le même impact que le stade pathologique sur la survie sans récidive biologique après prostatectomie radicale avec marges positives ?
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 783-784


Objectifs

Recherche de facteurs prédictifs pouvant guider l’instauration d’un traitement adjuvant d’emblée après prostatectomie totale (PT) avec marges positives.


Méthodes

Une cohorte rétrospective de 1830 patients afro-caribéens opérés d’une PT entre le 1er janvier 2000 et le 31 mars 2015 a été analysée. Au total, 474 patients avaient une marge chirurgicale positive (R+), nous avons exclu 16 patients ayant eu une radiothérapie postopératoire d’emblée. Nous avons utilisé un modèle de Cox afin de chercher des facteurs prédictifs de survie sans récidive biologique (SSRB) puis, en fonction des variables significatives, nous avons séparé notre population en quatre groupes :

– stade pT2 score de Gleason≤3+4 (groupe 1) ;

– stade pT2 score de Gleason≥4+3 (groupe 2) ;

– stade pT3 score de Gleason≤3+4 (groupe 3) ;

– stade pT3 score de Gleason≥4+3 (groupe 4) et comparé la SSRB en utilisant un log rank test.


Résultats

Les caractéristiques démographiques, biologiques et anatomopathologiques sont résumées Tableau 1. En analyse multivariée, les facteurs prédictifs de SSRB après PT R+ étaient le score de Gleason postopératoire (p <0,01), le stade pathologique (p <0,001) ajustés au PSA préopératoire (p =0,33) et à l’IMC (p =0,51). Il y avait une différence significative au niveau de la SSRB chez les patients ayant eu une PT R+ du groupe 1 versus le groupe 3 (p <0,01), mais il n’y avait pas de différence entre les groupes 2 et 4 (p =0,5). Après PT R+, un stade pT2 Gleason≥4+3 avait une SSRB plus péjorative qu’un stade pT3 avec un score de Gleason≤4+3 (p <0,01) (Tableau 1, Tableau 2).


Conclusion

La mise en place d’un traitement adjuvant d’emblée après PT R+ doit être guidée majoritairement par un score de Gleason postopératoire élevé (≥4+3) plutôt que par le stade pathologique pT2 ou pT3.

Les dangers de l’HOLEP : comment les éviter
2017
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 806


Objectifs

L’énucléation endoscopique de la prostate au laser Holmium (HOLEP) est devenue une technique de référence pour le traitement des adénomes prostatique de gros volume. Il s’agit d’une technique qui nécessite un apprentissage accompagné. L’objectif de cette vidéo est de montrer les dangers potentiels de cette intervention et de proposer des astuces techniques pour les éviter.


Méthodes

Les méats urétéraux et le sphincter strié sont les principales structures anatomiques exposées lors d’une énucléation. L’incision du col à 5heures et 7heures par un mouvement de va et vient de l’endoscope dans l’axe des méats avec une fibre laser à tir axial et l’énucléation rétrograde des lobes sans contrôle visuel du col peuvent entraîner une lésion des méats. La perception de l’anatomie du sphincter strié peut s’avérer difficile lors de l’énucléation notamment à 12heures. La perte de contrôle visuel du veru lors de l’énucléation des lobes latéraux à l’apex peut provoquer par un recul excessif de l’endoscope une lésion du sphincter.


Résultats

Pour protéger les méats urétéraux nous réalisons une incision première du col vésical longitudinale et transversale dite incision en T à 5heures et 7heures. Cette incision, permet d’éloigner les méats urétéraux de la zone d’énucléation et d’éviter un décollement sous trigonal lors de l’énucléation rétrogrades des lobes prostatiques. Pour préserver le sphincter strié, nous débutons la dissection de l’apex de l’adénome par une incision en T inversé à 12heures à l’aplomb du veru. Puis nous amorçons le plan d’énucléation au contact de la capsule en regard du veru en cross de Hockey. Le décrochage de l’apex est amorcé par une incision superficielle hémi circonférentielle reliant l’incision en T inversé à 12heures à l’incision en cross de Hockey.


Conclusion

La préparation du col vésical et de l’apex de l’adénome par des incisions approprié en début d’intervention nous paraît fondamentale pour protéger les méats urétéraux et le sphincter strié lors d’une énucléation prostatique au laser holmium.

Les pathologies urologiques restent la première cause de décès chez les patients spina bifida
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 758-759


Objectifs

L’atteinte du haut appareil urinaire liée au dysfonctionnement neurogène du bas appareil urinaire a longtemps été rapportée comme étant la première cause de décès chez les spina bifida. Cependant, il n’existe pas de données récentes sur les causes de décès les patients spina bifida. L’objectif de cette étude était de rapporter les causes de décès hospitaliers des patients spina bifida au cours des dernières années en France.


Méthodes

Les données de la base PMSI nationale des années 2009 à 2014 ont été extraites par des ingénieurs de l’École des hautes études en santé publique et analysées objectivement. Le nombre de décès (dans une structure hospitalière) de patients spina bifida était évalué par l’association des codes CIM 10 : Q05 ou Q76 et mode de sortie=9. Les causes de décès ont également été analysées au cas par cas et classées selon les catégories suivantes : urologique, pulmonaire, neurologique, digestive, musculocutanée, cardiovasculaire, ostéo-articulaire, cancer, autre.


Résultats

Le nombre de décès de patients spina bifida par an sur la période d’étude oscillait entre 14 (2012) et 31 (2011), soit un total de 138 décès sur six ans. Les pathologies urologiques constituaient la première cause de décès des patients spina bifida (17 %). Les causes urologiques de décès étaient majoritairement l’insuffisance rénale terminale et le choc septique d’origine urinaire. Les autres causes principales de décès étaient les causes pulmonaires (17 %), les pathologies neurologiques (14 %) et les pathologies digestives (11 %).


Conclusion

Malgré les progrès de la neuro-urologie au cours des vingt dernières années, les pathologies urologiques restent la première cause de décès des patients spina bifida en France de nos jours.

Les plans cancer appliqués au traitement chirurgical du cancer de prostate : le bilan d’un centre isolé géographiquement
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 719-720


Objectifs

Depuis 2003, trois plans cancers ont structuré la lutte contre le cancer en France. L’application sur le terrain de l’ensemble des mesures de ces trois plans cancer, au cours d’un parcours de soin ciblé, n’a jamais été évaluée. L’objectif de ce travail est d’étudier les modalités et l’exhaustivité de l’application de leurs mesures phares dans le cas particulier du cancer de prostate (CaP) traité chirurgicalement dans un centre isolé géographiquement.


Méthodes

Étude rétrospective monocentrique réalisée dans un établissement de 100 lits situé à 2h du canceropôle régional. Elle a concerné tous les patients traités par prostatectomie totale laparoscopique (PTL) entre août 2009 et décembre 2014 (n =251). Au total, 22,7 % (n =57) ont reçu secondairement un autre traitement. Sont étudiés : le délai entre les biopsies prostatiques et la PTL, la traçabilité des éléments du dispositif d’annonce (DA), les soins de support identifiés, les modalités de retour à l’emploi des patients actifs, l’inclusion aux essais cliniques (GETUG 17, GETUG 20 et GETUG 22). Les données ont été recueillies en septembre 2016. Le suivi, défini par le délai entre la date de la dernière consultation et la PTL, permet d’établir un suivi médian de 43,1 mois (2,4–80,5).


Résultats

Le délai moyen entre les BP et la PTL était de 120,4jours (σ=65,4j). Les éléments du DA étaient tracés en totalité chez 45 % des patients (113/251). De plus, 60,1 % (n =151) des patients s’étaient présentés à la consultation d’annonce infirmière (CAI) avant la PTL. La nécessité de soin de support psychologique ou social était identifié chez 22,5 % des patients (34/151). L’établissement n’a pas été en mesure de proposer une CAI dans 12 % (n =30) (Figure 1). 13,5 % (n =34) des patients étaient actifs lors de l’intervention. 91,2 % (n =31) ont repris leur activité à l’identique après un arrêt de travail médian de 1,7 mois (0,25–6). 14 % (35/251) des patients étaient éligibles à un essai clinique (Tableau 1). 17,1 % (6/35) d’entre eux se sont vus proposer la participation à l’un des essais après RCP et 5,7 % des patients (2/35) sont finalement inclus dans un essai.


Conclusion

Les plans cancers balisent un parcours de soin de qualité. Une plus grande transparence dans le financement des mesures opposables et la considération des spécificités locales faciliteraient leur application. La PTL traite le CaP avec la perspective raisonnable d’une reprise à l’identique de l’activité professionnelle. La RCP ne garantit pas la participation aux essais cliniques, qui dépend surtout de l’éloignement des canceropôle et de la vigilance de l’urologue.

Les profils hormonaux préopératoires et les caractéristiques pathologiques du cancer de la prostate localisé sont liés à la testostérone totale et biodisponible
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 672-673


Objectifs

Dans le cancer localisé de la prostate (PCa), l’impact de l’hypogonadisme biochimique sur l’émergence du cancer et la progression est encore controversé. Nous avons comparé les profils sériques préopératoires des hormones sexuelles et les caractéristiques pathologiques chez les patients atteints de PCa localisés selon leur statut gonadique évalué par la testostéronémie totale (TT) et biodisponible (BT).


Méthodes

Une nouvelle grande étude de cohorte prospective de 1125 patients (âge : 63,9 ans) ayant un PCa localisé, recrutés dans 4 centres urologiques en France, de 6/2013 à 6/2016. Les paramètres du syndrome métabolique (SM) ont été recueillis. Le dosage des stéroïdes sexuels ont été effectué par spectrométrie de masse en phase gazeuse. Une évaluation centralisée des données pathologiques (prédominance du grade de Gleason 4 [PrdGP4], stade) a été effectuée. La cohorte a été divisée en 4 groupes ; le 1er se composait de patients ayant une TT et BT normales (≥3ng/mL et BT≥0,8ng/mL), une TT diminuée dans le 2e, une BT diminuée dans le 3e et une TT et BT diminuées dans le 4e.


Résultats

Les pourcentages de PrdGP4 et de pT≥3a étaient d’un tiers chez les patients eugonadiques, augmentant significativement jusqu’à la moitié des hypogonadiques. Une augmentation de poids de 10 %, due à la masse grasse, était observée chez les patients à la TT diminuée, alors qu’aucun changement ne s’est produit en cas de BT diminuée, ce qui indique une dichotomie à l’action de TT et BT. Une différence significative dans la concentration de SHBG entre les patients à BT diminuée et ceux à TT diminuée a été observée, conférant à la SHBG un rôle clé dans la sélection des patients à haut risque d’un PCa agressive. En effet, lorsque les patients hypogonadiques sont définit uniquement par un seuil de TT≥3ng/mL, 90 patients (8 %) qui avaient une BT diminuée en raison d’une SHBG élevée, pas de SM, mais un taux de PrdG4 élevé étaient ignorés (Tableau 1).


Conclusion

Une diminution de la BT définie une population à risque de PCa agressif mais ne présentant pas plus d’obésité. Par conséquent, pour la prise de décision thérapeutique, en plus de la TT et de l’obésité, la BT devrait être évaluée pour la prise en charge du PCa localisé.

Les recommandations dans le cadre de la prise en charge thérapeutique initiale des TVNIM sont-elles suivies : autocritique dans un centre hospitalier régional français
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 667-668


Objectifs

La prise en charge des tumeurs de vessie non infiltrant le muscle (TVNIM) est codifiée par les recommandations nationales. Malgré cela, certains patients ne sont pas traités selon les recommandations. Le but de cette étude était de déterminer l’adhésion réelle aux recommandations thérapeutiques des TVNIM dans un centre hospitalier régional français et de déterminer les motifs influençant l’adhésion pour y améliorer la pratique future.


Méthodes

Dans cette étude monocentrique, les dossiers des patients ayant une première résection de tumeur de vessie (RETV) entre 2007 et 2016 ont été analysés de façon rétrospective. Les patients qui avaient une TVIM à la première RETV, ou qui n’avait pas de TVNIM à l’anapath ont été exclus. Les patients ont été classés selon les groupes à risques conformément aux recommandations de l’AFU. Il était ensuite analysé si le traitement proposé (rerésection, instillations) était conforme aux recommandations. Dans le cas contraire, les motifs qui avaient amené à traiter différemment étaient notifiés (le terrain défavorable du patient [PT], la mauvaise compliance du patient [PP], ou pas l’absence de cause retrouvée [N]).


Résultats

Au total, 166 patients ont été inclus (Figure 1). Lorsqu’une rerésection était indiquée, elle était réalisée dans 50 % cas (risque intermédiaire) et 33 % (haut risque) (Tableau 1). La totalité des patients à risque intermédiaire et à risque élevé avaient une indication théorique aux instillations. Quatorze pour cent les ont débuté dans le groupe à risque intermédiaire et 36 % dans le groupe à risque élevé. En ayant analysé la fréquence du motif d’absence de début des instillations, il était noté que la mauvaise compliance du patient (PP) ne variait pas entre ces 2 groupes ((21 % vs 14 % p =0,52). Par contre, il y avait une différence significative entre ces mêmes groupes lorsque la cause était le terrain défavorable du patient (PT) (0 % vs 19 % p =0,01) ou que le motif n’était pas retrouvé (N) (68 % vs 30 % p <0,001) (Tableau 2).


Conclusion

Une minorité des patients a été traitée conformément aux recommandations. Lorsque le traitement de référence n’était pas appliqué, bien que divers motifs étaient en cause, le motif lié au patient (terrain défavorable et mauvaise compliance) était non négligeable. Afin d’améliorer la prise en charge initiale des TVNIM, il faudrait agir sur les facteurs modifiables tels que l’éducation du patient et la formation du personnel médical et paramédical.

Lésion endophytique et volumineuse : existe-t-il encore des contre-indications à la chirurgie partielle ?
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 803-804


Objectifs

À travers deux cas de nephrectomies partielles pour lésions volumineuses et endophytique de score rénal >10, nous voulons vous montrer la faisabilité de telles chirurgies.


Méthodes

Seront présentés deux cas de lésions très endophytique et volumineuse (score rénal respectif de 10x et 12x) chez deux patientes jeunes chez qui l’abord conservateur était primordial. Les deux patientes, devant le risque de néphrectomie et l’âge jeune, ont bénéficiés d’une ponction biopsie rénale confirmant la nature maligne de leurs lésions. Chez les deux patientes, il s’agissait de rein gauche, qui a été libéré de sa graisse sur ses deux versants afin d’obtenir une bonne exposition. Le clampage artériel a été total. Après une exérèse par énucléation, la suture rénale a été classique.


Résultats

Les interventions ont durées 1h30 et 2h30. L’ischémie a été respectivement de 25 et 22minutes. Les pertes sanguines ont été respectivement de <100mL et 600mL. Il n’y a pas eu de complications post opératoires. Il n’y a pas eu de transfusion per ou postopératoire.


Conclusion

Ce film décrit une technique reproductible de néphrectomie partielle pour grosse lésion avec épargne néphronique nécessaire chez ses deux patientes jeunes. Il n’y a pas eu de complications peropératoires.

Lymphadénectomie rétropéritonéale robot-assistée pour masses résiduelles post-chimiothérapie dans les tumeurs germinales testiculaires : faisabilité et résultats du single-docking avec approche latérale lors du curage modifié
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 738


Objectifs

Le traitement chirurgical des masses résiduelles post-chimiothérapie peut être mené par différentes voies d’abord (ouverte, cœlioscopique ou robot-assistée). L’objectif de cette étude était d’évaluer la faisabilité et les résultats du curage rétropéritonéal robot-assisté avec docking unique et position en décubitus latéral dans la chirurgie des masses résiduelles post-chimiothérapie pour cancer testiculaire.


Méthodes

Étude rétrospective, monocentrique, évaluant 11 patients opérés entre octobre 2013 et mai 2017 par un seul chirurgien pour un curage rétropéritonéal dit « modifié ». Tous les patients inclus devaient avoir une masse résiduelle après chimiothérapie supérieure à 3cm pour les séminomes et/ou 1cm pour les non-séminomes. Toutes les chirurgies ont été réalisées par décubitus latéral et single-docking . Les données préopératoires (âge, pathologie testiculaire, type de chimiothérapie, taille de la lésion et stade clinique), peropératoires (durée opératoire, pertes sanguines, conversion, complications peropératoires, nombre de ganglions prélevés et pathologiques) et postopératoires (complications, durée d’hospitalisation, survie sans récidive clinique à 2 ans et mode éjaculatoire) ont été évalués.


Résultats

Onze patients ont été inclus (10 tumeurs germinales non séminomateuses, 1 nécrose avec augmentation de l’alpha protéine, avec une taille médiane de 20mm). La durée opératoire médiane était de 153minutes avec 120mL de perte sanguine, sans complication peropératoire ni conversion. Le nombre médian de ganglions prélevés était de 7 [1–24], avec en moyenne 1 ganglion positif [0–3] (tératome dans 8 cas, nécrose tumorale dans 2 cas et absence de tumeur dans 1 cas). Deux patients ont eu des complications postopératoires Clavien I ou II (1 chylopéritoine et 1 neuropathie périphérique post-chimiothérapie). La conservation de l’éjaculation antégrade était retrouvée dans 72,7 % des cas, après un suivi médian de 4 mois 4 [1–48]. La survie sans récidive clinique à 2 ans était de 100 % (6 patients évaluables).


Conclusion

La lymphadénectomie rétropéritonéale robot-assistée pour masses résiduelles post-chimiothérapie dans les tumeurs germinales testiculaires avec approche latérale et single-docking est une technique sûre et reproductible avec des résultats oncologiques et fonctionnels prometteurs. Une étude prospective est en cours pour confirmer ces résultats préliminaires.

L’application d’un programme de réhabilitation précoce (ERAS) améliore-t-elle les résultats périopératoires après cystectomie ?
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 752-753


Objectifs

Évaluer la faisabilité et l’impact de l’implémentation d’un programme ERAS après cystectomie radicale pour cancer de vessie.


Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective observationnelle comparant un groupe témoin pré-ERAS regroupant les cystectomies opérées pour cancer de vessie de janvier 2013 à décembre 2015 avec une procédure classique, et un groupe interventionnel ERAS bénéficiant d’un programme de réhabilitation précoce pré-, per- et postopératoire à partir de février 2016. Le critère de jugement principal était la durée de séjour. Les critères secondaires étaient le taux de complications majeures (Clavien≥3B), le taux de réadmissions, le taux d’iléus et la compliance au protocole.


Résultats

Les 2 groupes étaient comparables en termes de données démographiques. Quatre-vingt-dix-sept patients ont été inclus, 56 patients témoins et 41 patients ERAS. La compliance totale a été de 65,8 % pour le protocole que nous avons mis en place. La médiane de séjour était de 19 j vs 14 j (p  : 0,021) en faveur du groupe ERAS (Figure 1). Le taux des complications majeures (Clavien≥3B) était de 23,2 % pour le groupe témoin et de 12,1 % pour le groupe ERAS (p  : NS). Le taux de reposes de sonde nasogastrique était plus élevé dans le groupe témoin (39,3 % vs 21,9 % ; p  : NS). Le taux de réadmission a été de 7,1 % dans le groupe témoin et de 14,6 % dans le groupe ERAS (p  : NS).


Conclusion

L’optimisation de la prise en charge périopératoire des cystectomies radicales pour cancer de vessie par l’application d’un programme de réhabilitation précoce en CHU a permis de réduire de façon significative la durée de séjour postopératoire et a tendance à améliorer le taux de complications graves ainsi que le taux d’iléus postopératoires.

L’effraction tumorale lors de la néphrectomie partielle robot-assistée a-t-elle un impact sur la récidive tumorale ?
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 711


Objectifs

Il arrive qu’il y ait une effraction tumorale (réelle ou supposée par le chirurgien) lors de la néphrectomie partielle robot-assistée (NPRA). Notre objectif était de voir si cette effraction tumorale avait un impact sur la récidive tumorale.


Méthodes

Nous avons analysé rétrospectivement nos patients opérés d’une tumeur rénale par NPRA entre 2010 et 2016. Les patients opérés pour une tumeur bénigne ou kystique, ayant un antécédent de néphrectomie totale ou élargie pour cancer et ceux ayant un suivi inférieur à 1 an ont été exclus. La notion d’effraction tumorale a été systématiquement recherchée dans le compte rendu opératoire et la cohorte a été stratifiée en 2 groupes selon la présence ou non d’une effraction tumorale. Le taux de survie sans récidive a été évalué par la méthode de Kaplan–Meier et comparé par le test du log rank . Une analyse multivariée par régression logistique a été faite pour rechercher les facteurs prédictifs d’effraction capsulaire.


Résultats

Au total, 214 patients ont été inclus avec un suivi médian de 36 mois. Le taux d’effraction tumorale était de 13 % (n =28). Les caractéristiques anatomopathologiques étaient comparables entre les 2 groupes. Le taux de marges chirurgicales positives n’était pas significativement différent entre les deux groupes (14 vs 5 % ; p =0,08). Le taux de récidive locale ou à distance était de 7,1 % (n =2) dans le groupe effraction tumorale et de 7 % (n =13) dans le groupe sans effraction. La survie sans récidive était similaire dans les deux groupes (p =0,84). Après régression logistique, les facteurs prédictifs indépendants d’effraction tumorale étaient : l’expérience du chirurgien (>60 NPRA) [OR=4,42, IC95 % 1,38–19,95 ; p =0,01], la taille tumorale [OR=1,38, IC95 % 1,01–1,37 ; p =0,03] et la présence d’une graisse adhérente péri rénale [OR=2,35, IC95 % 1–5,92 ; p =0,05] (Figure 1).


Conclusion

L’effraction tumorale peropératoire ne semble pas avoir d’impact sur le pronostic oncologique à moyen terme. L’expérience du chirurgien, la taille tumorale et la présence d’une graisse adhérente péri rénale étaient des facteurs de risque d’effraction tumorale.

L’endopyéloplastie rétrograde est elle possible ? Étude de faisabilité préclinique
2017
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 809


Objectifs

L’endopyéolplastie percutanée est la suture horizontale de l’endopyélotomie longitudinal classique. On pense qu’un seul point est nécessaire pour réaliser cette plastie. Est-ce que ce point unique est faisable par voie rétrograde ? Nous présentons une vidéo d’une étude de faisabilité préclinique d’une technique de suture endoscopique utilisant l’urètéroscope.


Méthodes

Une aiguille de 13mm est redressée et son fil de suture est replié sur elle. Il est lié au centre de celle-ci par un autre fil. L’aiguille est passée à travers un tissu. En tirant le fil à travers le tissu, l’aiguille devient horizontale, ancrant la suture. L’aiguille est introduite dans la gaine d’une sonde-à-panier qui a été retiré d’environ 13mm, le fil est laissé à l’extérieur. L’extrémité du panier est appliquée à l’angle d’une incision longitudinale. En poussant le panier, l’aiguille est larguée en dehors. Une autre suture est ancrée à l’autre angle de l’incision. La traction sur les 2 fils, à travers une sonde urétérale, rapproche les angles, et l’incision est fermée transversalement.


Résultats

Cette technique de suture endoscopique a été possible, facilement et rapidement. Elle a été faisable à travers l’urètéroscope sur un morceau de gant, sur une veine cave de mouton, et sur une pièce de néphro-urétérectomie gauche. L’inconvénient de cette technique est que les aiguilles vont rester au niveau de l’incision.


Conclusion

La possibilité de cette suture endoscopique à travers l’urètéroscope suggère la faisabilité de l’endopyéolplastie rétrograde. Cependant, la technique de suture doit être développée, et des études animales de survie sont nécessaires pour confirmer cette faisabilité. Cette technique de plastie endoscopique peut avoir d’autres applications : sténose urétérale, diverticule caliciel, syndrome de Fraley.

L’équipe mobile de pharmacie clinique en chirurgie urologique : vers une sécurisation de la prescription médicamenteuse
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 779


Objectifs

En 2009, l’enquête ENEIS montrait une survenue d’évènements indésirables graves pendant l’hospitalisation majoritairement dans les services de chirurgie. Dans ce contexte, une équipe de pharmacie clinique (EPC) est déployée depuis 2015 dans notre centre hospitalier. Constituée de pharmaciens et d’internes, elle a pour missions l’analyse pharmaceutique des prescriptions, l’optimisation thérapeutique et permet d’assurer la continuité des traitements entre la ville et l’hôpital. L’objectif est d’analyser l’impact de l’EPC dans les services d’urologie sur la prise en charge des patients.


Méthodes

L’étude s’étend de novembre 2016 à avril 2017 dans 3 unités de chirurgie dont une unité urologique (soit 84 lits). L’EPC est inscrite dans le parcours de prescription. Pour tous les patients hospitalisés dans le service d’urologie, programmés ou non, elle recoupe au moins 3 sources pour rédiger la liste exhaustive des traitements habituellement pris. Cette liste est confortée par un entretien avec le patient quand cela est possible et aboutit à une proposition de prescription à valider par le médecin (interne ou senior d’urologie). La comparaison de la consultation d’anesthésie ou de la première prescription hospitalière avec cette liste permet d’identifier des divergences et des interactions avec le traitement habituel du patient et donne lieu à une intervention pharmaceutique.


Résultats

Sur la période étudiée, l’EPC a concilié et fait des propositions de prescription pour 1971 patients (67 % de patients programmés, 33 % de patients urgents). Au total, 474 patients ont bénéficié d’au moins une intervention pharmaceutique, soit environ un patient sur quatre. Les principales divergences identifiées sont des oublis de traitements (46 %) et des posologies erronées (24 %). Les médicaments les plus représentés sont ceux du système cardiovasculaire (23 %) et ceux du système nerveux (21 %) selon la classification Anatomique, Thérapeutique et Chimique.


Conclusion

La présence quotidienne de l’équipe mobile de pharmacie clinique apporte, en plus d’une optimisation du temps médical dans les unités d’hospitalisation d’urologie, une réelle sécurisation de la prescription médicamenteuse indispensable à la prise en charge de patients de plus en plus polypathologiques.

L’incontinence urinaire chez la femme est-elle vraiment sous-estimée ? Questionnaire auprès de 500 femmes menées dans la région du centre tunisien ?
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 753-754


Objectifs

L’incontinence urinaire par son caractère tabou dans notre contexte arabo-musulman reste une pathologie sous-estimée.

But Analyser le profil épidémiologique de l’incontinence urinaire de la femme en Tunisie et déterminer les facteurs de risque associé à cette pathologie et son retentissement sur la qualité de vie.


Méthodes

Étude monocentrique à travers une enquête épidémiologique menée par un questionnaire anonyme adressé à 500 femmes âgées de 35 ans et plus dans la région de Mahdia qui est située au centre tunisien. Les paramètres recueillis sont l’âge, le statut matrimonial, les antécédents, le type d’incontinence urinaire et le retentissement sur la qualité de vie.


Résultats

Au total, 500 femmes étaient interrogées. L’âge moyen était de 44,6 ans. La fréquence de l’incontinence urinaire chez ces femmes était de 38,2 %. L’incontinence urinaire d’effort représente le type le plus fréquent. Toutes les femmes incontinentes sont gênées lors des activités quotidiennes, 75,1 % gênées lors des situations d’effort et 85,1 % des femmes sentent que leur image était menacée. L’âge avancé, la ménopause, l’obésité, l’accouchement par voie basse, l’accouchement par manœuvre instrumentale, les infections urinaires à répétition, le diabète type 2, la constipation chronique, les antécédents de prolapsus pelvien, les antécédents de chirurgie abdominale, les antécédents familiaux d’incontinence urinaire, la prise des inhibiteurs de l’enzyme de conversion et la prise des diurétiques représentaient des facteurs de risque significatif d’incontinence urinaire.


Conclusion

La fréquence de l’incontinence urinaire est sous-estimée chez la population féminine tunisienne. Souvent cachés par la patiente, elle a un retentissement important sur la qualité de vie et l’image corporelle de la patiente.

L’intuition clinique du chirurgien permet-elle de mieux prédire la morbidité périopératoire de la néphrectomie partielle robot-assistée que les scores morphométriques ?
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 711-712


Objectifs

L’objectif de cette étude était d’évaluer la capacité pré- et postopératoire du chirurgien à prédire la morbidité peropératoire et postopératoire de la néphrectomie partielle robot-assistée (NPRA) et à la comparer aux scores morphométriques.


Méthodes

Les patients opérés pour une tumeur rénale par NPRA entre avril 2016 et mai 2017 ont été inclus dans cette étude prospective. Deux chirurgiens ont estimé le risque de difficultés techniques sur une échelle visuelle analogique dans la salle d’opération avant et après la chirurgie. Pour chaque patient, 4 scores morphométriques (RENAL, PADUA, ABC et MAP score) ont été calculés. Les données démographiques et périopératoires ont été analysées par une régression logistique ou linéaire multivariée. Une analyse de liaison entre les scores radiologiques et EVA a été effectuée en utilisant un test de Spearman. La performance des différents scores à prédire la bonne qualité de la chirurgie estimée à partir du Trifecta a été évaluée par l’aire sous la courbe ROC.


Résultats

La durée d’intervention et les pertes sanguines moyennes étaient respectivement de 130min (±53) et 300mL (±355). Une totalisation a été nécessaire dans 5 cas (6,2 %). Le taux global de complications postopératoire était de 35 % (n =29). Le Trifecta a été accompli pour 43 patients (52 %). Les valeurs moyennes des EVA pré- et postopératoires étaient de 5,55 (±1,82) et 6,10 (±2,06), respectivement. Il y avait une association statistiquement significative entre les scores morphométriques et l’EVA préopératoire du chirurgien. La plus forte association a été observée avec le RENAL score (r =0,58, p <0,0001). En analyse multivariée, seul l’EVA préopératoire prédisait l’importance des pertes sanguines (β =0,31 ; p =0,03). En revanche, aucun score n’était prédictif des complications postopératoires. L’aire sous la courbe ROC pour la prédiction du Trifecta était de 0,75 pour EVA préopératoire du chirurgien versus 0,72 pour le RENAL score (Figure 1).


Conclusion

L’intuition clinique du chirurgien permet de mieux prédire l’importance des pertes sanguines et le taux d’accomplissement du Trifecta que les scores morphométriques. En revanche, aucun score ne permet de prédire les complications post opératoires.