Base bibliographique

Sommaire :

Concordance du score de Gleason entre biopsies prostatiques et anatomopathologie des pièces de prostatectomie radicale : augmentation de la précision grâce aux biopsies ciblées avec fusion écho/IRM ?
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 703-704


Objectifs

Les biopsies prostatiques systématiques par voie échographique transrectale (BPs) sous-estiment le score de Gleason par rapport à celui des pièces de prostatectomie radicale (PR). Les biopsies prostatiques ciblées avec fusion écho/IRM (BPc) pourraient diminuer ce risque de sous-estimation. L’objectif de l’étude était de comparer la corrélation entre le score de Gleason des BPc et celui des pièces de prostatectomie.


Méthodes

Entre 06/2013 et 01/2017, nous avons inclus rétrospectivement tous les hommes ayant eu une prostatectomie radicale pour cancer de prostate (CaP) diagnostiqué par BPc et/ou BPs. Tous les patients avaient une IRM prébiopsique (interprétée par un seul radiologue utilisant le score PI-RADS) puis des biopsies prostatiques systématisées écho-guidées par voie transrectale (12 en moyenne) (BPs), et des biopsies prostatiques ciblées (2–4/cible) (BPc) avec fusion élastique écho/IRM utilisant UroStation™ (Koelis, Grenoble, France). Le score de Gleason a été défini de façon conventionnelle : Gleason PR=grade prédominant+grade secondaire ; Gleason BP=grade prédominant+grade le plus péjoratif. Les CaP cliniquement significatifs étaient définis par : Score de Gleason>7 ou longueur de cancer par biopsie>4mm.


Résultats

Cinquante-trois patients ont eu une prostatectomie radicale pour CaP diagnostiqué par BPc et/ou BPs. Le taux de détection de CaP significatif était respectivement de 81 %, 87 % et 94 % pour les BPs, BPc et association BPs et BPc. Le taux de corrélation du score de Gleason entre BPc et PR était supérieur à celui des BPs : respectivement R =0,22 et R =0,09. De plus, l’association des 2 protocoles BPs et BPc avait le taux de corrélation le plus élevé R =0,33. Par ailleurs, les BPs ont sous-estimé le score de Gleason chez 39,6 % des patients (21/53) contre 23 % (12/53) pour les BPc (p =0,09). L’association BPs et BPc comparée au BPs seules, sous-estimaient significativement moins le score de Gleason (16,9 %, 9/53, p =0,016) (Figure 1) (Tableau 1, Tableau 2).


Conclusion

La réalisation de BPc a montré une meilleure estimation du score de Gleason. De plus, l’association BPs et BPc est le protocole le plus précis pour l’évaluation pré-thérapeutique du score de Gleason. Une évaluation plus précise de l’agressivité des cancers de prostate est indispensable lors de la prise en charge curative des patients.

Consultation conjointe en urologie pédiatrique : comment faciliter la transition vers les service d’adulte ?
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 741


Objectifs

Pour les patients porteurs d’une uropathie sévère, la transition de l’âge pédiatrique à l’âge adulte est un enjeu majeur. Dans cette étude, nous avons voulu analyser notre activité de consultation conjointe et évaluer son efficacité dans la transition du patient des services de pédiatrie vers l’urologie adulte.


Méthodes

Étude rétrospective sur dossiers, menée à partir des listes de la consultation conjointe. Celle-ci regroupe deux fois par an un urologue pédiatre, un urologue d’adulte et deux infirmières stomathérapeutes autour de jeunes patients suivis pour une pathologie urologique chronique. Depuis 2003, 92 patients ont ainsi été reçus à cette « consultation de transition ». Les données recueillies concernaient l’âge à la première consultation conjointe, la durée du suivi et le devenir des patients.


Résultats

Soixante-treize patients ont consulté pour vessie neurologique (52 sur dysraphisme spinal), 12 pour malformation vésicale complexe (exstrophie, agénésie du trigone et VUP), 4 pour malformation génitale, 2 pour troubles mictionnels et une pour lithiase. L’âge moyen lors de la première consultation était de 23,8 ans (14–51 ans). Quarante-trois patients n’ont été vus qu’une fois en consultation conjointe ; les autres sont venus 2,3 (2–9) fois en moyenne, soit un suivi de 45,6 (7,6–138,4 mois) en consultation conjointe. Après cette phase de transition, 53 patients (57 %) ont poursuivi leur prise en charge dans le service d’adultes, 6 sont toujours suivis en pédiatrie dont 2 en consultation conjointe, 11 consultent à la fois en pédiatrie et chez les adultes, 2 sont décédés et 21 ont été perdus de vue. Trente-trois patients ont nécessité une intervention, dont une seule a été réalisée en pédiatrie.


Conclusion

La consultation conjointe permet une transition efficace, de la pédiatrie vers l’urologie adulte, dans plus de 50 % des cas. Pour les praticiens, cette consultation représente un temps privilégié de discussion entre chirurgien pédiatre et urologue d’adultes sur des dossiers complexes. Pour les patients, elle est un lieu de rencontre privilégié avec les professionnels qui les suivront désormais.

Cure de fistule vésicovaginale complexe par voie mini-invasive laparoscopique robot-assistée XI
2017
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 812


Objectifs

Fermeture d’une fistule vésicovaginale complexe post hystérectomie par laparotomie pour utérus fibromateux.


Méthodes

Patiente de 41 ans, opérée d’une hystérectomie en 2010 avec plaie vésicale peropératoire. Apparition 5 ans plus tard de pertes urinaires insensibles. Fistules vésicovaginales multiples sur et en arrière de la barrière inter-urétérale, confirmées à la cystoscopie et au scanner abdominopelvien temps tardif. Laparoscopie transpéritonéal robot-assistée Xi. Dissection de l’espace intervésicovaginal. Repérage des trajets fistuleux puis ouverture élective de la vessie et du vagin. Exérèse des trajets fistuleux après dédoublement des tissus vésical et vaginal. Interposition de péritoine entre les sutures vésicale et vaginale. Sortie à J2, ablation de la sonde vésicale à J14.


Résultats

Absence de récidive.


Conclusion

Le traitement d’une fistule vésicovaginale est facilité par la laparoscopie robot-assistée qui permet une excellente exposition et une dissection électives des trajets fistuleux.

Cure de fistule vésicule-vaginale avec épiplooplastie par chirurgie robotique
2017
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 812


Objectifs

Cette vidéo a pour objectif de décrire les différents temps d’une cure de fistule vésicule-vaginale avec épiplooplastie.


Méthodes

Patiente qui a présenté dans les suites d’une hystérectomie par voie vaginale une fistule vésicule-vaginale au niveau du trigone proche de l’orifice urétéral gauche.

Réalisation de la cure de cette fistule par chirurgie robotique XI (4 bras).


Résultats

Les différents temps de l’intervention ont été :

– bord transvésical avec suspension de la vessie ;

– dissection et résection du trajet fistuleux ;

– ermeture vaginale en 2 plans ;

– nterposition de l’épiploon qui est fixé au vagin ;

– mise en place de sonde JJ à gauche ;

– fermeture vésicale en 2 plans.


Conclusion

La patiente a été revu à distance sans récidive de la fistule et sans incontinence ou sténose urétérale.

Cure de l’hypospadias : comparaison des differentes techniques chirurgicales sur une serie de 306 cas
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 762


Objectifs

L’hypospadias constitue l’une des anomalies urogénitales les plus fréquentes de l’enfant. Il touche 1/300 naissances masculines. Plusieurs techniques chirurgicales ont été décrites pour la cure de cette pathologie. L’objectif de notre étude est de comparer les différentes techniques couramment utilisées et leurs résultats à court et à moyen et long terme.


Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective portant sur 306 cas d’hypospadias pris en charge au service d’urologie du CHU Sahloul de Sousse sur une période de 20 ans allant de janvier 1995 à janvier 2014.


Résultats

Le recul moyen était de 18 mois (3 mois–9 ans). Il s’agissait de 134 hypospadias antérieurs (43,8 %), 140 moyens (45,8 %) et 32 postérieurs (10,5 %). Les techniques utilisées : uréthroplastie selon Mathieu (31,4 %), Onlay (30,1 %), Snodgrass (12,4 %), Duplay (4,6 %) et uréthroplastie par avancement uréthral (11,1 %). Les complications à court terme : infection locale (1,6 %), lâchage des sutures (4,9 %). Le taux d’infection était similaire pour toutes les techniques alors que le lâchage de suture survenait surtout au décours d’une uréthroplastie selon Onlay. Les complications à moyen et long terme étaient à type de fistule uréthrale dans 21,2 % des cas et de sténose uréthrale dans 5,8 % des cas. La fistule uréthrale était survenue, par ordre de fréquence décroissant, au décours d’une cure selon Onlay, Mathieu ou Snodgrass. La sténose uréthrale était survenue uniquement au décours d’un avancement uréthral ou d’une cure selon Snodgrass.


Conclusion

Il n’y a pas de technique « idéale » pour la reconstruction uréthrale pour les hypospadias. Chaque technique expose à des complications spécifiques. La prise en charge de l’hypospadias nécessite encore de nos jours la maîtrise de plusieurs techniques chirurgicales différentes afin d’adapter la prise en charge chirurgicale au patient.

Cystectomie partielle avec réimplantation urétérovésicale droite robot assistée pour phéochromocytome vésical
2017
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 809


Objectifs

Patiente de 67 ans qui présente un phéochromocytome de vessie avec un bilan d’extension négatif et endocrinologique normal. Le phéochromocytome ectopique à localisation vésicale unique est une pathologie rare. Le traitement chirurgical est le traitement de référence. La lésion étant située à proximité du méat urétéral droit, une réimplantation urétérovésicale droite est associée à la cystectomie partielle.


Méthodes

La patiente a bénéficié d’une cystectomie partielle avec réimplantation urétérovésicale et pose de sonde double J. L’intervention s’est déroulée par laparoscopie robot-assistée. La patiente est installée en décubitus dorsal avec Trendelenburg de 25°, avec un arrimage latéral du robot.

Les principales étapes de l’intervention sont :

– repérage de l’uretère droit et sa dissection jusqu’à son abouchement vésical ;

– dissection de la face postérolatérale droite de la vessie ;

– ouverture de la vessie et exérèse de la zone tumorale en emportant le méat-urétéral droit ;

– pose d’une sonde JJ à droite ;

– réimplantation urétérovésicale droite selon Lich-Grégoire.


Résultats

La durée opératoire était de 2heures avec des pertes sanguines inférieures à 100cc. Les suites opératoires ont été simples, avec une sortie à J2 et une ablation de la sonde à J5 à domicile. L’ablation de la sonde double J a été programmée à 6 semaines. L’histologie définitive à confirmer le diagnostic de phéochromocytome avec des marges saines.


Conclusion

La cystectomie partielle et la réimplantation sont accessibles et reproductibles par laparoscopie robot assistée pour des lésions sans risque de dissémination. La diminution de la durée de séjour est un argument clé en faveur de cette option thérapeutique.

Cystostomie continente selon mitrofanoff : technique chirurgicale
2017
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 813


Objectifs

La cystostomie continente transappendiculaire a été décrite par Mitrofanoff en 1980. Il s’agissait en revanche plus de la description d’un principe que d’une réelle technique chirurgicale. L’objectif était de décrire une technique systématisée et reproductible.


Méthodes

Les patients candidats à la cystostomie continente sont pour la grande majorité des cas porteurs d’une neurovessie hypocompliante associée à un neurorectum responsable de troubles du transit invalidants. C’est pourquoi nous proposons la réalisation simultanée d’une iléoplastie d’agrandissement vésical et d’une cæcostomie continente transappendiculaire selon Malone.


Résultats

Les principes de l’intervention de Mitrofanoff sont le prélèvement d’un tube appendiculaire court (4cm), inséré en antérieur sur un lambeau de vessie native (et non sur l’agrandissement vésical), fixé à la paroi abdominale antérieure, avec un trajet antireflux sous-muqueux (2cm). Le faible longueur du tube facilite les autosondages mais implique la réalisation de plasties cutanées pour permettre une anastomose cutanéomuqueuse.


Conclusion

Cette vidéo décrit une technique reproductible de cystostomie continente ombilicale transappendiculaire avec iléoplastie d’agrandissement vésical et cæcostomie continente. Cette intervention peut être proposée aux patients porteurs d’une vessie neurologique associée à des troubles neurologiques anorectaux.

Définition et traitement de l’index tumoral par fusion multimodale histologique et IRM sous échographie transpérinéale par navigation 3D : validation sur une série de rising PSA traité par curiethérapie focale de rattrapage par haut débit
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 783


Objectifs

Le traitement focal nécessite une sélection de la population sur des critères pronostiques classiques et sur la concordance de la topographie tumorale à l’IRM et de l’histologie. L’utilisation de la cartogaphie 3D systématique selon les zones de Dickinson et ciblée sur l’Index tumoral IRM permettait un guidage des aiguilles transpérinéales pour une stratégie focale. Nous présentons une méthode diagnostique et thérapeutique transpérinéale fusionnant le résultat histologique à l’imagerie fonctionnelle afin de guider les aiguilles transpérinéales sous échographie.


Méthodes

L’équipe a utilisé initialement un logiciel de traitement navigation 3D de curiethérapie (Vitesse) permettant la fusion IRM/TEP sous échographie transpérinéale avec une sonde biplanaire de curiethérapie BK pour réaliser la cartographie 3D et le traitement focal. Tous les patients avaient reçu une irradiation pour un adénocarcinome de prostate et étaient en récidive biologique (nadir+2ng/mL) et intraprostatique (IRM et TEP à la choline). Une curiethérapie HDR focal en temps réel a été réalisée en replaçant le patient dans l’étude de cartographie 3D. L’évaluation de cette méthode a reposé sur le taux de biopsie, la topographie des biopsies, le temps opératoire et la réponse biologique au traitement focal de rattrapage.


Résultats

Vingt-neuf patients inclus dans notre étude ont été traité par curiethérapie HDR sous rachi péridural délivrant 2 fractions de 10Gy espacés de 5heures. La survie moyenne sans récidive biologique était de 20 mois avec un écart type de 1,3 mois. La survie sans récidive biologique à 12 mois est de 88 %. La survie sans récidive biologique à 24 mois est de 65 %.


Conclusion

Ce travail a abouti à une solution diagnostique Varipath intégrant les données diagnostiques tridimensionnelles (biopsies positives, tumeur détectée par IRM et/ou TEP) pour une optimisation du placement des aiguilles trans-périnéales dans l’index tumoral sous échographie endorectale. Nous poursuivons à présent le développement d’un module diagnostique transrectal s’intégrant dans le plan de traitement focal (curiethérapie, cryochirugie, photothérapy, laser).

Dépistage du cancer de la prostate dans les familles à risque. Le nombre d’apparentés atteints et l’âge précoce de diagnostic dans la famille augmentent le risque de CaP
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 718


Objectifs

Le cancer de prostate (CaP) familial représente 20–25 % des CaP diagnostiqués et le dépistage est recommandé pour les apparentés au premier degré dans les familles à risque. Cette étude avait pour objectif de préciser les facteurs de risque de CaP au sein de cette population à risque.


Méthodes

Lors de ce programme de dépistage de 8 ans, un dosage de PSA était réalisé chez 660 apparentés au premier degré, agés de 40–70 ans, (frères ou fils) de patients atteints de CaP, traités entre 1994 et 1997 dans 3 centre universitaires français. Nous rapportons ici les résultats du groupe âgé de 50–70 ans. Les apparentés étaient classés selon leur statut : héréditaire (HR 3+CaP=10,6 %) ; familial sans critère héréditaire (FNH 2 CaP=19 %) et sporadique (Sp 1 CaP 70 %). Les biopsies de prostate (BPx) étaient réalisées pour un PSA>4ng/mL, puis pour un PSA>2,5ng/mL à partir de 2002.


Résultats

Les données du dépistage sont présentées dans le Tableau 1. Le PSA était>4ng/mL chez 163 patients.

Les BPx :

– diagnostiquaient 34 CaP ;

– étaient négatives dans 43 cas ;

– n’étaient pas réalisées dans 90 cas : contrôle de PSA>2,5ng/mL 12/90 (13 %) ; refus 16/90 (18 %) ; avis urologue 18/90 (20 %), la VPP était de 45 %.

De plus, 313 hommes avaient un PSA était compris entre 2,5 et≤4ng/mL.

BPx :

– diagnostiquaient 25 CaP ;

– étaient négatives dans 20 cas ;

– n’ont pas été réalisées dans 113 cas (36 %) (non indiquées avant 2002).

La VPP était 25/45. Sept CaP (12 %) ont été découverts pour un PSA.


Conclusion

Nos résultats confirment prospectivement le risque élevé de CaP pour les apparentés au premier degré, particulièrement lorsque le nombre de cas atteints dans la famille est élevé (2+CaP) et l’âge de diagnostique dans la famille plus précoce (<65 ans). Nous suggérons donc un dépistage ciblé dans les familles à risque, et particulièrement en cas de statut HR ou FNH, et/ou de diagnostique familial précoce.

Dépistage du cancer de la prostate en 2016 : résultats d’une enquête nationale itérative sur des échantillons de la population française
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 721


Objectifs

Les enquêtes EDIFICE, initiées en 2005, ont pour objectif d’améliorer les connaissances des comportements des Français sur les dépistages des cancers, dont le dépistage individuel du cancer de la prostate (CaP). Les précédentes analyses avaient montré une augmentation du taux déclaré de dépistage entre 2005 et 2008 suivie d’une stabilisation jusqu’en 2014. Les résultats de la dernière enquête menée en 2016 sont présentés.


Méthodes

Les enquêtes EDIFICE, réalisées par téléphone en 2005, 2008, 2011, 2014 et 2016, ont été menées sur des échantillons représentatifs de la population française en utilisant la méthode des quotas. Un total de 2554 hommes, âgés de 50 à 75 ans, sans antécédent de cancer ont été interrogés sur leur participation à au moins un dépistage du CaP au cours de leur vie, sur leur catégorie socioprofessionnelle et sur le niveau de précarité (score EPICES).


Résultats

Après une forte augmentation de 36 % en 2005 à 49 % en 2008 (p ≤0,01), le taux déclaré de dépistage du CaP s’est stabilisée en 2014 pour diminuer significativement à 42 % en 2016 (p =0,02). Ceci a été observé dans toutes les catégories d’âge. Les hommes les plus jeunes participent moins que leurs aînés (50–54 ans : 20 % ; 55–59 ans : 36 % ; 60–64 ans : 47 % ; 65–69 ans : 55 % ; 70–75 ans : 60 %). La participation des hommes inactifs diminue en 2016 vs 2014 (60 % vs 50 %, p =0,02). La précarité a un impact négatif en 2014 et 2016 (taux de dépistés précaires vs non-précaires : 37 % vs 53 % en 2014, p <0,01 et 34 % vs 46 % en 2016, p =0,01). En 2016, le taux de dépistés baisse significativement dans les populations non-précaires (53 % en 2014 vs 46 %, p =0,05).


Conclusion

Pour la première fois en 2016, une baisse significative du taux déclaré de dépistage du CaP a été observée, en particulier chez les personnes non-précaires et les inactifs. Cette diminution nécessite une surveillance afin d’éviter une perte de confiance générale dans le dépistage des cancers et d’adapter les messages de sensibilisation, notamment pour les personnes à risque de CaP.

Désondage précoce le jour même après photo-vaporisation de prostate : une efficacité conservée pour un risque de complication postopératoire comparable
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 787


Objectifs

En l’absence de complication postopératoire, la durée moyenne de sondage après photo-vaporisation de prostate (PVP) pour hypertrophie bénigne de prostate (HBP) est d’un jour. Certains patients pourraient bénéficier d’une PVP avec désondage précoce le jour même pour les soulager des risques d’infection urinaire et de gêne induite par le port de sonde. Cette étude compare les résultats et complications post-PVP selon le délai avant désondage.


Méthodes

Analyse comparative rétrospective des résultats fonctionnels et des complications à 3 mois postopératoire de patients successifs opérés d’HBP par PVP dans un seul centre universitaire entre 2015 et 2016. Les patients du groupe A choisissaient d’être desondés le jour même de l’intervention en l’absence de contre-indication après un délai de 3h postopératoire, le groupe B le lendemain de la PVP. Dans les deux groupes, les critères d’inclusions étaient : 45>âge>85 ans, volume prostatique>30cm3, IPSS≥15 en échec thérapeutique médical, absence de sondage vésical à demeure (SVD), PSA≤ng/mL ou biopsie négative inférieure à 6 mois. Le test t de Student était utilisé pour analyses.


Résultats

Au total sur 80 patients été traités par PVP, 23 n’ont pas été inclus, dont 12 pour données insuffisantes, 8 pour SVD préopératoire et 3 pour PSA>4ng/mL sans biopsie récente. Parmi les 57 restant, 30 ont été désondés le jour de l’intervention et 27 à j1. Aucun n’a été perdu de vu avec un suivi médian de 3 mois. Les données préopératoires et peropératoires des deux groupes étaient comparables (cf. Tableau 1). Les résultats fonctionnels à 3 mois postopératoires étaient similaires dans les deux groupes en termes d’IPSS, QoL, IIEF-5 et Qmax (cf. Tableau 2). Le RPM était plus élevé dans le groupe B (50,18 vs 7,31mL ; p =0,004). Aucune différence de complications postopératoires Clavien I et II (43 vs 37 % ; p=0,56) ni de taux de réhospitalisation dans le mois post PVP (3,33 vs 3,7 % ; p =0,96) n’a été rapportée.


Conclusion

La PVP avec désondage précoce le jour même offre des résultats similaires en termes d’efficacité fonctionnelle sans majoration des complications. Ces résultats sont à confirmer par une étude prospective.

Détection du cancer de prostate chez des patients avec une IRM « normale »
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 705


Objectifs

L’objectif de cette étude est d’évaluer le taux de cancer de prostate chez des patients ayant une IRM « normale » (Pi-RADS<3).


Méthodes

De janvier 2012 à mai 2017, parmi les 950 hommes qui ont eu une série de biopsies prostatiques (JG+EB), 59 hommes (âge médian 61,5 ans ; PSA médian 6,0ng/mL ; densité PSA médiane 0,13) ayant une IRM préopératoire « normale » (Pi-RADS<3) et un toucher rectal non suspect ont eu 12 biopsies systématisées dans 68 cas. Au total, 16,9 % (n =10) d’entre eux étaient en surveillance active et 22,0 % (n =13) avaient déjà eu une série de biopsies négatives.


Résultats

Le taux de détection de CaP était de 33,4 % (n =23) pour tous les cancers confondus, de 61,5 % chez les patients en surveillance active, de 37,8 % chez les patients naïfs et de 10,0 % chez les patients ayant déjà eu une série de biopsies. La médiane de longueur tumorale était de 3mm (2–8). Quatorze (53,8 %) des cancers étaient insignifiants selon les critères d’Epstein. Seuls 3 patients présentaient un CaP de Gleason≥7 et tous étaient Gleason 7 (3+4). Sur les 3, deux patients ont eu une prostatectomie radicale avec un adénocarcinome de stade pT2 et de score de gleason définitif 6 (3+3). Aucun facteur prédictif de cancer de prostate n’a été retrouvé en analyses univariée et multivariée. La valeur prédictive négative (VPN) de l’IRM « normale » était de 61,8 % pour tous les cancers et de 95,6 % pour les cancers de Gleason≥7.


Conclusion

L’IRM « normale » (Pi-RADS<3) a une grande valeur prédictive négative (95,6 %) pour les cancers significatifs. Dans notre étude, ne pas réaliser de biopsies de prostates chez ces patients aurait laisser passer 26 cas de CaP, dont seulement 3 de Gleason≥7. Cependant, des études restent nécessaires pour déterminer la place de l’IRM dans l’évaluation du risque de cancer de prostate.

Devenir à long terme des oncocytime surveillés
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 792


Objectifs

Les oncocytomes sont considérés comme des tumeurs bénignes, mais leur potentiel évolutif à long terme est mal connu. La variabilité de la progression locale et le risque de tumeur hybride sont autant d’incertitude dans le suivi des oncocytomes. L’objectif de notre étude était de rapporter l’évolution des oncocytomes rénaux surveillés et d’identifier les facteurs prédictifs de croissance.


Méthodes

Étude retrospective bicentrique incluant tous les patients ayant un oncocytome rénal diagnostiqué entre 2010 et 2016 par biopsie percutanée et surveillés pendant un minimum de 1 an. Les données épidémiologiques, histologiques, radiologiques ont été recueillies au diagnostic, au cours de la surveillance et en cas de modification de stratégie (intervention). Pour chaque patient, les examens de radiologie (echographie, tomodensitométrie, IRM) ont été pris en compte. Les patients sans contrôle radiologique et suivis moins de 1 an ont été exclus. Les facteurs influençant la croissance des oncocytomes ont été analysés avec un test de corrélation de Pearson.


Résultats

Cinquante-trois patients ont été inclus. L’âge médian au diagnostic était 65 ans [39–85] et le sex ratioH/F de 6/5. La taille au diagnostic était de 29mm [12–90] et la croissance moyenne était de 0,25cm/an (±0,23). Après un suivi médian de 34 mois [12–180], 40 (75 %) patients étaient en surveillance et 13 (25 %) ont eu un traitement : 4 néphrectomies élargies, 3 tumorectomies qui ont confirmé le diagnostic d’oncocytome et 6 traitements ablatifs. L’âge et la vitesse de croissance des patients traités et non traités étaient respectivement 58 vs 68 (p =0.002) et 0,48cm/an (±0,23) vs 0,18cm/an (±0,18) (p =0,0005). Selon l’analyse de Pearson, la relation vitesse de croissance/taille initiale était linéaire positive (r =0,27, p =0,047), et la relation vitesse de croissance/âge au diagnostic était linéaire négative (r =–0,44, p <0,001).


Conclusion

Les facteurs pronostiques de croissance tumorale rapide étaient l’âge jeune et la taille tumorale au diagnostic. Parmi les tumeurs progressives opérées, il n’y avait pas de tumeur hybride/maligne. La séquence biopsie/surveillance est une attitude sûre pour la prise en charge des oncocytomes rénaux, et elle peut être poursuivie tant qu’elle ne compromet pas la possibilité d’un traitement conservateur (chirurgie, ablatif).

Écologie et résistances aux fluoroquinolones dans les complications infectieuses urinaires fébriles (CIUF) après biopsies de prostate : étude rétrospective portant sur 466 biopsies
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 730


Objectifs

La SPILF a rapporté en 2014 une augmentation importante des résistances aux fluoroquinolones pour l’Escherichia coli (3 à 25 %), or cette bactérie est celle qui est la plus fréquemment rencontrée dans les infections urinaires communautaires (70–80 %). Les objectifs de cette étude étaient d’évaluer l’évolution de la fréquence des infections urinaires fébriles après biopsies prostatiques, d’en définir l’écologie et le profil de résistance.


Méthodes

Étude rétrospective monocentrique, conduite pour les années 2012 à 2015, et ayant évalué une série de 466 biopsies prostatiques échoguidées. Tous les patients ont été pris en charge selon les recommandations de l’AFU (Ouzzane et al., 2011). Nous avons évalué, pour tous les patients inclus, s’ils avaient présenté un syndrome fébrile, des signes fonctionnels urinaires ou un point d’appel clinique ou biologique, évocateurs d’une infection urinaire et ayant conduit à la réalisation d’un examen cytobactériologique des urines (ECBU) et d’hémocultures, dans les 30jours suivants la réalisation du geste.


Résultats

Parmi les 466 biopsies réalisées, sept complications infectieuses ont été rapportées (6 prostatites, une orchite), soit 1,5 %. Cinq infections à E . coli ont été identifiées, dont deux souches résistantes aux fluoroquinolones (40 %). Aucun germe n’a pu être identifié pour deux patients.


Conclusion

Les complications infectieuses fébriles après biopsie de prostate sont rares (1,5 %). L’E . coli est le germe le plus fréquemment identifié avec 40 % de résistance aux fluoroquinolones dans notre expérience.

Effet de la sensibilisation vésicale et de la stimulation nociceptive colique sur l’activation chronique des centres neuronaux médullaires chez la souris
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 760


Objectifs

Les syndromes de vessie douloureuse (SVD) et d’intestin irritable (SII) sont des pathologies chroniques fréquemment associées. Malgré la présence de neurones de la corne dorsale de la moelle épinière, recevant à la fois des afférences de la vessie et du côlon, la physiopathologie exacte de cette association est mal connue. Notre objectif était d’évaluer la présence d’une hyperactivité neuronale chronique en lien avec une hypersensibilité viscérale sur un modèle murin de sensibilisation croisée chronique.


Méthodes

Vingt-quatre souris mâles, adultes, C57Bl6 ont été réparties en 4 groupes. Une sensibilisation vésicale était induite chez 12 souris par injection intra-vésicale de 300μL d’acide acétique 0,9 %. Un groupe témoin de 12 souris recevaient une injection de sérum salé 0,9 %. À j7, 12 souris (6 acide acétiques, 6 salines) subissaient une distension colorectale (CRD). Un dosage immunohistochimique du facteur de transcription c-fos, témoignant de l’hyperactivité neuronale, était effectuée au niveau de la corne dorsale de la moelle épinière chez l’ensemble des souris. Les mêmes expérimentations étaient effectuées après blocage de l’activation microgliale, par injection intra-péritonéale de minocycline 1 heure avant l’injection d’acide acétique.


Résultats

Il existe une hyperexpression de c-fos au niveau des neurones sensitifs de la corne dorsale de la moelle épinière chez les souris distendues, préalablement sensibilisées à l’acide acétique comparativement aux souris sensibilisées non distendues, souris salines distendues et non distendues (p <0,05). Le blocage de l’activation microgliale empêche l’apparition d’une viscérosensibilité clinique chez les souris sensibilisées à l’acide acétique.


Conclusion

La sensibilisation vésicale par acide acétique conduit à une hyper-activation neuronale lors d’une stimulation nociceptive potentiellement responsable de l’hypersensibilité viscérale chronique. Cette hyperactivation neuronale est médiée par l’activation des cellules microgliales.

Efficacité du Vitaros dans une population de patients prostatectomisés
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 688


Objectifs

Cette étude a pour but de connaître l’efficacité du Vitros exclusivement dans une population de patients ayant bénéficié d’une prostatectomie totale robot-assistée avec ou sans conservation nerveuse.


Méthodes

L’évaluation a porté sur des patients vus en consultation de suivi post-prostatectomie présentant une dysfonction érectile. La qualité de l’érection était évaluée par l’interrogatoire en 5 stades, puis par autoquestionnaire IIEF 5, avant l’instauration du traitement puis 6 mois après.


Résultats

Le test a débuté en février 2015 jusqu’en octobre 2016. Le recul moyen par rapport à l’intervention était de 24 mois. Quarante-huit patients ont pu être inclus. La dysfonction érectile était classée 2 en moyenne (moyennement sévère). Le score IIEF 5 initial était à 8,7 au départ. Six mois plus tard, la classification de la DE était toujours classée moyennement sévère à l’interrogatoire et classée 10,6. Un changement de thérapeutique a eu lieu pour 67 % des patients.


Conclusion

Le traitement de la DE post-prostatectomie par Vitaros n’a pas apporté d’efficacité suffisante.

Efficacité et tolérance à long terme de la toxine botulique Dysport dans l’hyperactivité vésicale du patient neurologique
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 697


Objectifs

La tolérance et l’efficacité de l’abobotulinum toxine (Dysport) à long terme n’est pas connue chez les patients neurologiques. Nous avons voulu rapporter les effets à long terme de la toxine botulique Dysport chez les patients traités depuis plus de 5 ans dans notre centre.


Méthodes

L’ensemble des patients atteints de sclérose en plaque ou blessés médullaires et traités, dans notre centre, par toxine Dysport pour hyperactivité détrusorienne réfractaire entre 2005 et 2012 dans ont été inclus. Étaient évalués, le score EDSS, le niveau lésionnel, le score ASIA, la réalisation d’autosondages intermittents, le nombre d’injections effectuées, la nécessité d’un traitement ultérieur. Les patients dont le suivi était inférieur à 1 an, étaient considérés en échec de toxine botulique. La première dose délivrée était principalement de 750 UI en 10 points d’injection.


Résultats

Quatre-vingt-deux patients, 48 femmes (58,5 %) et 34 hommes (41,5 %), ont été consécutivement inclus. Quarante patients étaient blessés médullaires et 42 patients étaient atteints de SEP avec un score EDSS médian de 6,0 [3,5–7,5]. La moyenne d’âge était de 46,6 ans. Le suivi médian était de 60,2 mois [0,0–176,6] avec un nombre médian d’injections de 3 [1–12]. Le taux de personnes encore traité par Dysport en fin de suivi était de 43,9 % (n =36). Parmi les 35 patients (42,6 %) ayant arrêté les injections, 25 (71,4 %) ont arrêté la toxine pour inefficacité, 4 (11,4 %) pour dégradation neurologique de la SEP, 3 (8,5 %) pour des effets secondaires et 3 patients blessés médullaires (8,5 %) pour amélioration des symptômes sans nécessité de réinjection. Parmi eux, 8 (22,8 %) ont eu une cystectomie Bricker, 4 (11,4 %) une entérocystoplastie et 13 (37,1 %) des injections de Botox dont 7 (53,8 %) ont eu, de nouveau, une efficacité.


Conclusion

Le recul important de cette étude nous permet de constater que la tolérance et l’efficacité de la toxine dysport à long terme est satisfaisant avec près de 1 patient neurologique sur 2 poursuivant le traitement à 5 ans. En cas d’échec de Dysport, les injections de Botox peuvent être une alternative.

Efficacité et tolérance à long terme de la toxine botulique Dysport dans l’hyperactivité vésicale idiopathique
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 754


Objectifs

Il existe très peu de données dans la littérature sur la tolérance et l’efficacité à long terme de la toxine botulique Dysport dans l’hyperactivité vésicale idiopathique. Nous avons voulu rapporter les effets à long terme de la toxine botulique Dysport chez les patients traités depuis plus de 5 ans dans notre centre.


Méthodes

L’ensemble des patients traités par abobotulinum toxine (Dysport) pour une hyperactivité vésicale idiopathique, dans notre centre entre 2005 et 2012 ont été inclus. Étaient évalués l’amélioration des symptômes au calendrier mictionnel, les données urodynamiques, la nécessité d’effectuer des auto sondages intermittents (ASI), le nombre d’injections effectuées, la nécessité d’un traitement ultérieur. Les patients dont le suivi était inférieur à 1 an étaient considérés en échec de toxine botulique. La dose la plus utilisée était de 250 UI en 10 points d’injections.


Résultats

Cinquante-neuf patients, 48 femmes (81,3 %) et 12 hommes (20,3 %), ont été consécutivement inclus. La moyenne d’âge était de 63,1 ans. Le suivi médian était de 49,4 mois [0–155,4] avec un nombre médian d’injections de 2 [1–10]. Dix-huit patients (30,5 %) ont été perdus de vus moins d’un an après la première injection. Quinze patients (25,4 %) étaient toujours sous injection en fin de suivi et 26 (44 %) avaient arrêté les injections, 20 (76,9 %) pour inefficacité de la toxine, 5 (20 %) pour des résidus trop importants nécessitant des ASI et 1 (4 %) pour une disparition des signes fonctionnels. Parmi les 18 patients ayant plus de deux injections, seuls 6 (33 %) ont arrêté la toxine.


Conclusion

La toxine botulique Dysport est efficace chez 25 % des patients. Un patient sur deux ne poursuit pas les injections par manque d’efficacité ou problème de tolérance. Cependant, la toxine botulique maintien son efficacité sur le long terme.

Efficacité tissulaire du laser Holmium : YAG : influence des paramètres laser et diamètre des fibres laser
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 795-796


Objectifs

Le laser Holmium :YAG est devenu le laser de référence pour le traitement des calculs urinaires et des tissus mous comme les tumeurs de la voie excrétrice urinaire supérieure ; l’endopyélotomie, l’incision de sténoses urétérales et enfin l’énucléation prostatique. La plupart des réglages laser utilisés ont été décrits empiriquement sans évaluation de l’impact des paramètres laser et du diamètre des fibres. Évaluer l’efficacité du laser Ho :YAG sur les tissus mous en fonction de divers paramètres laser et diamètres de fibres laser.


Méthodes

Le modèle utilisé était des reins de veau immergés dans du sérum physiologique. Des fibres laser de 272 et 365μm ont été utilisées pour les expériences. Les paramètres laser utilisés allaient de 2,5 à 80W : énergie variant de 0,5 à 2J ; fréquence variant de 5 à 40Hz ; variation de la durée d’impulsion : courte et longue. La fibre laser était solidarisée à un bras automatisé, permettant son déplacement constant (3mm/s) sur une longueur de 15mm. La fibre laser était placée perpendiculairement au rein, à une distance de 0,5mm de ce dernier. La profondeur, la largeur et la zone de coagulation de chaque fissure créée ont été analysées histologiquement puis comparées en fonction des paramètres laser utilisés.


Résultats

Au total, 192 expériences ont été réalisées. La taille de la fibre laser et la durée d’impulsion laser n’avaient pas d’influence significative sur la taille de la fissure et la zone de coagulation. Une relation linéaire était retrouvée entre la fréquence laser et la taille de la fissure, la fissure étant d’autant plus grande que la fréquence était élevée. Aucune corrélation entre fréquence et zone de coagulation n’était retrouvée. Une relation linéaire était retrouvée entre l’énergie laser et la taille de la fissure ainsi que la zone de coagulation, la fissure et la zone de coagulation étant d’autant plus grandes que l’énergie était élevée. Lorsque la fréquence augmentait de 10Hz, la profondeur de la fissure augmentait de 0,8mm. Lorsque l’énergie augmentait de 0,5J, la profondeur de la fissure augmentait de 0,6–1mm et la zone de coagulation de 0,06mm (Figure 1, Figure 2).


Conclusion

D’après ces résultats, la taille de la fissure était fréquence et énergie dépendante tandis que la zone de coagulation ne dépendait que de l’énergie, avec des relations linéaires pour chacune d’entre elles. Nous recommandons l’utilisation d’une fibre laser de 272μm, permettant une bonne déflexion de l’urétéroscope souple sans altération du débit d’irrigation. Les paramètres laser suggérés pour un traitement ablatif complet des tumeurs exophytiques sont de 10Hz–1,5–2J et de 10Hz–1J pour les tumeurs planes.

Enquête de pratique nationale sur le traitement de l’infertilité des hommes blessés médullaires
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 694


Objectifs

Les traumatismes médullaires surviennent le plus souvent chez des hommes jeunes à l’apogée de leur santé reproductive et sexuelle. Le projet parental est une part importante du processus de réadaptation. L’objectif de notre étude était de faire un état des lieux de pratiques techniques et stratégie de recueil du sperme des hommes blessés médullaires (HBM).


Méthodes

Un questionnaire comportant 12 items sur la prise en charge de la fertilité de l’HBM a été adressé aux cliniciens et biologistes spécialisés en Assistance médicale à la procréation (AMP), via les listes de diffusion de quatre sociétés savantes : Société d’andrologie de langue française, Association française d’urologie, Société de médecine de la reproduction, Association de biologistes d’études de la fécondation et de la conservation de l’œuf (BLEFCO).


Résultats

Soixante-dix-huit questionnaires complets ont été retournés. Seuls 15 % des praticiens déclaraient faire un prélèvement chirurgical en première intention. Soixante et onze pour cent des praticiens proposaient en première intention un recueil de sperme par stimulation vibratoire pénienne (SVP) et/ou électro-éjaculation (EEJ) (26 %). Les raisons pour ne pas proposer une SVP ou une EEJ étaient le manque de formation et l’absence de matériel. Cinquante-huit pour cent des praticiens faisaient une congélation de gamètes en vue d’une AMP asynchrone. Le seuil de spermatozoïdes mobiles nécessaire à une IIU était majoritairement de 1million. Soixante-seize pour cent des praticiens utilisant la SVP proposaient aux couples une utilisation à domicile.


Conclusion

La SVP et l’EEJ permettent le recueil de sperme pour 95 % des HBM. Ce taux de succès, la facilité de mise en œuvre de la SVP, l’altération du spermogramme à la phase chronique d’un traumatisme médullaire, incitent à proposer un recueil de sperme pour congélation aux HBM dans la première année de rééducation.

Enquête de pratique sur la prise en charge de la nycturie associée à une polyurie nocturne en consultation d’urologie
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 695


Objectifs

Mieux connaître les modalités de diagnostic de la nycturie et de mise en évidence de la polyurie nocturne par les urologues en France, ainsi que leur prise en charge chez les hommes et les femmes.


Méthodes

Enquête transversale réalisée du 03/11/2016 au 08/02/2017, à l’aide d’un questionnaire envoyé par courrier auprès de 359 urologues hospitaliers et libéraux dont 133 ont complété et validé l’ensemble des questions de l’enquête (62,4 % libéraux et 37,6 % hospitaliers).


Résultats

Pour 74,6 % à 79,5 % des médecins, la nycturie est souvent mise en évidence chez les hommes consultant pour troubles de stockage, de vidange, bilan prostatique et pour 49,2 % à 59,4 % chez les femmes consultant pour troubles de stockage, de la statique pelvienne, incontinence. Au total, 69,9 % des patients sont des hommes, 30,1 % des femmes, 64,6 % sont âgés de plus de 65 ans. La gêne rapportée est due principalement au nombre de levers nocturnes et aux troubles du sommeil. Avant de traiter une nycturie gênante, 83 % des médecins demandent des examens complémentaires dont un calendrier mictionnel (87,4 % chez les femmes, 76,6 % chez les hommes). Le traitement proposé de la nycturie avec polyurie nocturne est : une restriction hydrique vespérale et un traitement médicamenteux : anticholinergiques (60,9 %), desmopressine (30,8 %) chez les femmes ; alphabloquants (49,6 %), anticholinergiques (42,9 %), desmopressine (27,1 %) chez les hommes.


Conclusion

Cette enquête a montré une utilisation plus fréquente du calendrier mictionnel avant la prise en charge d’une nycturie que dans les enquêtes précédentes. C’est le seul outil à même d’identifier la polyurie nocturne comme l’une des étiologies de la nycturie et donc d’adapter le traitement. Malgré tout, hormis la restriction hydrique, la desmopressine semble peu utilisée dans cette étiologie. L’âge des patients, les troubles mictionnels concomitants, peuvent-ils expliquer ces modalités de prise en charge ?

Enquête de pratique sur l’évaluation de la qualité de vie des patients atteints de cancer de la prostate en France
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 778


Objectifs

En recherche clinique, la qualité de vie liée à la santé (QdV), comme la survie globale, est un critère de jugement mesurant un réel bénéfice clinique pour le patient. Cependant, l’évaluation de la QdV est peu réalisée au quotidien. Cette enquête avait pour objectif de décrire l’importance de l’évaluation de la QdV pour les médecins en charge de patients atteints d’un cancer de la prostate (CaP).


Méthodes

Cette enquête a été menée auprès de 3054 médecins prenant en charge les CaP (968 oncologues médicaux, 1228 urologues, 858 radiothérapeutes) grâce à un questionnaire élaboré par 48 médecins français et administré entre le 24/11/2016 et le 15/02/2017, par courrier et/ou téléphone. L’importance accordée aux différents domaines de QdV a été mesurée par une échelle de Likert allant de 0 (aucune importance) à 5 (beaucoup d’importance). Les domaines proposés étaient : troubles fonctionnels urinaires, dysfonction érectile, troubles de la libido, troubles digestifs, douleur, fatigue, trouble du sommeil, troubles cognitifs, dépression/anxiété, troubles de l’humeur, anorexie/perte de poids, activités quotidiennes, activité physique, activité professionnelle, autonomie, isolement.


Résultats

Au total, 277 (9 %) médecins ont répondu au questionnaire dont 34 % d’oncologues médicaux, 48 % d’urologues et 18 % de radiothérapeutes. Le score médian évaluant l’importance accordée à la QdV était de 4 [1–5] pour les patients atteints d’un CaP localisé et de 5 [2–5] pour les patients atteints d’un CaP métastatique. L’aspect de la QdV jugé comme le plus important était les troubles fonctionnels urinaires (médiane=4 [0–5], moy=4,1±0,9) pour les CaP localisés et l’impact physique (médiane=4 [0–5], moy=3,8±0,7) pour les CaP métastatiques. L’aspect le moins important était l’impact sur la sexualité pour les deux stades de CaP (médiane 3 [0–5], moy=3,2±1,2 et 2,5±1,2 respectivement). Au total, 34 % des répondeurs déclaraient utiliser des outils standardisés d’évaluation. Le manque de temps (56 %) était la raison la plus fréquente de non-utilisation de ces outils.


Conclusion

La QdV a été jugée comme importante à évaluer pour la prise en charge des patients atteints d’un CaP par les médecins interrogés. Cependant, elle semble difficile à réaliser du fait de l’absence de questionnaire adapté à la pratique clinique. Le développement de nouveaux outils d’orientation plus simples est nécessaire pour une meilleure prise en compte de la QdV.

Enquête nationale sur la pratique de la surveillance active pour cancer de prostate au Liban
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 681


Objectifs

La surveillance active (SA) est actuellement reconnue comme une alternative au traitement actif chez les patients diagnostiqués de cancer de prostate (CaP) de bas risque. Au Liban, les données concernant cette pratique sont absentes. Dans ce contexte, une enquête nationale a été réalisée afin de mieux comprendre la pratique de la SA dans notre pays.


Méthodes

Un questionnaire électronique LimeSurvey a été envoyé par mail à 206 urologues, oncologues et radiothérapeutes concernant la pratique de la SA. Le questionnaire était reparti en 3 parties :

– données sociodémographique : âge, sexe, spécialité, années d’expérience, hôpital universitaire/non universitaire ;

– options thérapeutiques dans la situation bas risque, avantages et barrières au choix de la SA ;

– pratique courantes de la SA : nombre de patients, protocole d’inclusion, de suivi et de passage au traitement actif.


Résultats

Quarante-quatre questionnaires ont été analysés, la moyenne d’age des répondants était de 46 ans (30–75) dont la majorité était des hommes (93 %). Les urologues représentaient 72 %, suivi par oncologues (16 %) et radiothérapeutes (12 %). Vingt-huit répondants (59 %) travaillaient dans une structure universitaire. La répartition en année d’expérience 15 ans était de 34 % ; 16 % ; 7 % et 43 %, respectivement. En réponse à l’attitude vis-à-vis d’un CaP de bas grade, 50 % préconisaient la SA. Plus de 90 % des répondants considèrent la SA comme option valable, ne compromettant pas la survie et permettant une préservation de la qualité de vie. Les limitations de cette approche sont : peur de perdre le malade (66 %), anxiété des patients (61,8 %), absence de RCP (59 %), absence de critères clairs d’inclusion/suivi (40,9 %) et perte de l’opportunité de cure (34 %). Seulement 66 % des répondants avaient des malades en SA, ceux-ci représentaient pour la moitié moins de 5 % de leurs malades. Les critères suivis étaient ceux de l’EAU et l’AFU.


Conclusion

Cette enquête montre que malgré les bonnes connaissances des praticiens libanais en matière de SA, celle-ci n’est pas encore couramment appliquée. Des recommandations nationales sont nécessaires pour encourager cette pratique.

Enquête nationale sur les traitements chirurgicaux des sténoses de l’urètre au Maroc
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 762


Objectifs

Les sténoses de l’urètre demeurent un motif fréquent de consultation. L’objectif de cette enquête est d’évaluer les pratiques chirurgicales en matière de sténose de l’urètre surtout dans les formes étendues et d’apprécier les tendances des urologues en formation à l’hyperspecialisation.


Méthodes

Il s’agit d’une enquête sous forme de deux questionnaires, menée auprès des urologues chirurgiens et des urologues en formation. Au total, 193 questionnaires remplis comportant chacun 17 questions évaluant les pratiques chirurgicales en matière de sténose de l’urètre et un deuxième questionnaire similaire adressé aux urologues en formation a visé d’évaluer leurs tendances d’hyperspécialisation.


Résultats

L’étude a recueilli 193 fiches, soit 54 % de tous les urologues en activité dans notre pays. Parmi les chirurgiens questionnés, 8 % seulement pratiquaient l’urétroplastie. L’attitude majoritaire adoptée devant une sténose de l’urètre antérieur est de référer le patient à une autre structure. Parallèlement, le questionnaire similaire adressé aux urologues en formation a noté que la majorité rend vers la laparoscopie, l’endo-urologie, la cancérologie et en dernier la neuro-urologie et la chirurgie de l’urètre.


Conclusion

Il existe un désintérêt total vis-à-vis de cette pathologie. La chirurgie des sténoses de l’urètre est désignée comme étant ingrate nécessitant reprises et sujette aux complications. Les centres qui s’intéressent à cette chirurgie sont de moins en moins fréquents avec une absence de relève de la part des chirurgiens en cours de formation d’où la nécessité de faire aimer et banaliser cette chirurgie.

Enseignement des procédures chirurgicales au prélèvement multi-organe sur SimLife
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 744-745


Objectifs

L’enseignement par simulation devient la norme pour la formation en médecine. Pour la chirurgie, la simulation est limitée par le degré de réalisme des dispositifs sur le marché et le bloc opératoire. Ainsi nous proposons un nouveau modèle de simulation utilisant des corps auxquels un dispositif de circulation pulsatile et de ventilation est associé, le SimLife. Ce modèle est un outil de formation et dévaluation supplémentaire pour des procédures par voie ouverte comme le prélèvement multi-organe.


Méthodes

Le SimLife comprend un corps relié à un dispositif spécifique permettant une circulation artérielle pulsatile et une ventilation induisant des mouvements thoraciques et diaphragmatiques. La perfusion artérielle permet de maintenir une colonne de pression dans les artères. Les électrovannes assurent la dimension pulsatile de cette colonne de liquide, mimant ainsi pour le chirurgien les battements cardiaques transmis aux vaisseaux. Le passage du sang simulé dans les organes redonne à ceux-ci une recoloration, une température et une texture réalistes. Il a été évalué sur deux ans lors des sessions de l’École francophone de prélèvement multi-organe (EFPMO), par 70 apprenants, au cours de sessions de prélèvement multi-organes, en utilisant une échelle de Likert de 1 à 10.


Résultats

Pour 4 critères : possibilité d’apprentissage d’une procédure avec ce modèle, réalisme général du modèle (Figure 1 : canulation aortique), réalisme anatomique du modèle et satisfaction globale (Figure 2 : mise en situation), le taux de satisfaction est toujours supérieur à 85 % (82–98 %).


Conclusion

En chirurgie ouverte, le SimLife est un dispositif d’enseignement par simulation à très haut degré de réalisme, utilisable pour évaluer l’acquisition de performance des apprenants dans un programme pédagogique comme le prélèvement multi-organe.

Enseignement des procédures chirurgicales par Simulation : un nouveau modèle utilisant un corps reperfusé : SimLife
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 743-744


Objectifs

La simulation doit être la norme de la formation médicochirurgicale initiale ou continue selon les directives nationales. Mais pour la chirurgie, elle est limitée par la distance entre les dispositifs disponibles et la réalité du bloc opératoire. Nous proposons un nouveau modèle de simulation utilisant des corps auxquels un dispositif de circulation pulsatile et de ventilation est associé.


Méthodes

Le modèle SimLife comprend un corps relié à un dispositif spécifique permettant une circulation artérielle pulsatile par un liquide mimant le sang et permettant d’obtenir une couleur, une texture des tissus proches de la réalité (Figure 1 : schéma du module). Ce dispositif s’adapte aux conditions opératoires pour des procédures par voie ouverte et par cœlioscopie. SimLife System permet de plus une ventilation induisant les mouvements du thorax et du diaphragme. Ce modèle a été évalué pendant 24 mois, par 40 apprenants, au cours de sessions de formation en chirurgie en cœlioscopie : néphrectomie, prostatectomie pré péritonéale et sleeve gastrectomie en utilisant une échelle de Likert de 1 à 10.


Résultats

Pour les 4 critères suivant : possibilité d’apprentissage d’une procédure avec ce modèle, réalisme général du modèle (Figure 2 : plaie de l’artère rénale gauche), réalisme anatomique du modèle et satisfaction globale, le taux de satisfaction est toujours supérieur à 80 % (83–97 %).


Conclusion

En cœlioscopie, le SimLife est un dispositif d’enseignement par simulation à très haut degré de réalisme, utilisable pour évaluer l’acquisition de performance des apprenants dans un programme pédagogique.

Énucléation de la prostate au laser Holmium (HoLEP) : expérience monocentrique après 800 procédures
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 785-786


Objectifs

L’HoLEP est une alternative aux techniques chirurgicales conventionnelles dont la courbe d’apprentissage est décrite comme difficile et peu reproductible. Nous présentons ici les résultats périopératoires, les complications et les résultats fonctionnels des 800 premiers patients consécutifs opérés dans notre service.


Méthodes

Au total, 800 patients ont été opérés entre avril 2012 et septembre 2016 par 17 opérateurs d’un même centre hospitalier universitaire. Les données cliniques et paracliniques (PSA, volume prostatique, débitmétrie urinaire) ainsi que les complications per- et postopératoires étaient recueillies de manière prospective chez tous les patients. Des auto-questionnaires standardisés étaient utilisés pour évaluer les symptômes urinaires et sexuels (IPSS, IIEF-5). Les complications peropératoires et postopératoires précoces et tardives ont également été recueillies et classées selon la classification de Clavien-Dindo. Nous présentons ici une analyse rétrospective descriptive des résultats à 1 an pour l’ensemble de ces patients.


Résultats

Les caractéristiques de la population sont présentées dans le Tableau 1. En moyenne, la durée opératoire était de 89,0minutes, le volume prostatique réséqué de 51,7g et la durée d’hospitalisation de 2,0 nuits postopératoires. Sept interventions (0,9 %) n’ont pas été menées à leur terme : 3 conversions en RTUP, 3 énucléations incomplètes et 1 morcellation incomplète. Trois complications peropératoires sévères sont survenues : 2 coagulations des méats urétéraux et 1 décollement sous trigonal. Deux complications de grade 4 de la classification de Clavien (séjours en réanimation pour sepsis sévère) et 1 complication de grade 5 (décès à j4 postopératoire d’un syndrome coronarien aiguë) sont survenues. Le taux de transfusion était de 5,6 % (45 patients). Les taux de sténose de l’urètre et de sclérose du col étaient respectivement de 1,1 % et 0,8 % (Tableau 2).


Conclusion

L’HoLEP est une technique chirurgicale reproductible qui peut être enseignée au sein d’un CHU avec des résultats fonctionnels satisfaisants et sans risque de complication majeure.

Énucléation endoscopique de la prostate au début de la courbe d’apprentissage comparée à l’adénomectomie voie haute : résultats fonctionnels et complications
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 785


Objectifs

L’énucléation endoscopique de la prostate (EEP) est une technique moins invasive que l’adénomectomie voie haute (AVH) pour les prostates de plus de 80g. Néanmoins, la courbe d’apprentissage de l’EEP reste difficile. L’objectif de notre étude était de comparer les résultats périopératoires et fonctionnels de l’EEP (HoLEP et GreenLEP) chez des opérateurs en début d’apprentissage par rapport aux résultats de l’AVH réalisée par des opérateurs expérimentés.


Méthodes

L’ensemble des premiers patients consécutifs opérés par EEP ont été prospectivement inclus puis comparés rétrospectivement aux patients consécutifs ayant eu une AVH par un chirurgien expérimenté. L’énucléation GreenLEP était réalisée selon la technique « en bloc » en utilisant une fibre HPS, l’énucléation HoLEP était réalisée selon la technique en « lobes » en utilisant le laser Lumenis Holmium 100W. L’ensemble des caractéristiques des patients, des résultats périopératoires, des résultats fonctionnels et des complications ont été rapportés avec un suivi de 6 mois. Le test du Chi2 (ou le test de Fisher) a été utilisé pour comparer les variables qualitatives, le test t de Student pour les variables quantitatives.


Résultats

Soixante-deux patients ont été inclus dans le groupe EEP (GreenLEP n =30, HoLEP n =32) et comparés aux 56 patients opérés consécutivement par AVH. Les caractéristiques préopératoires étaient similaires exceptées pour le volume prostatique qui était supérieur dans le groupe AVH (139g vs 102g ; p <0,001). La durée opératoire était supérieure dans le groupe EEP (108min vs 76min ; p <0,001). L’ablation de la sonde vésicale était plus précoce dans le groupe EEP (p <0,001), et la durée d’hospitalisation plus courte (4,3j vs 9,5j ; p <0,001). Le taux de complications était inférieur dans le groupe EEP (24 % vs 46 % ; p =0,02). La réduction du volume prostatique, de l’IPSS et du score de qualité de vie étaient similaires dans les deux groupes. Le taux d’incontinence urinaire d’effort était comparable entre les groupes à 1 mois (p =0,15) et à 3 mois (p =0,19).


Conclusion

Bien qu’en début d’expérience, et quelle que soit la technique d’EEP laser (HoLEP ou GreenLEP) utilisée, nos résultats montrent que l’EEP est moins morbide que l’AVH réalisée par un chirurgien expérimenté, avec des résultats fonctionnels similaires.

Énucléation prostatique au laser holmium (HoLEP) : retour sur 5 ans d’expérience et 1201 cas
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 787-788


Objectifs

Les traitements de référence de l’hyperplasie bénigne de prostate (HBP) symptomatique ou compliquée restent encore la résection trans-urétrale de prostate (RTUP) et l’adénomectomie par voie haute (AVH). Cette étude avait pour objectif d’évaluer les suites opératoires et les complications précoces et à long terme de l’HoLEP.


Méthodes

Nous avons étudié rétrospectivement l’ensemble des procédures par HoLEP effectuées dans l’établissement pour des HBP symptomatiques ou compliquées entre le 1er janvier 2012 et le 31 décembre 2016. Les caractéristiques des patients préopératoires (âge, IMC, score ASA, comorbidités, volume prostatique estimé, présence d’une sonde en préopératoire, indication opératoire, prise d’antiagrégant plaquettaire ou anticoagulant), les données périopératoires (durée d’intervention, de cathétérisme, d’hopitalisation, le recours à la transfusion, les résultats anatomopathologiques, les complications postopératoires, la présence d’une sonde à la sortie) et les données postopératoires précoces et tardives (ré-intervention, reprise pour obstruction sous-vésicale) ont été analysées.


Résultats

Au total, 1201 patients ont été inclus, dont 353 (29,3 %) étaient sondés en préopératoire. Le poids médian évalué par échographie était de 80cm3 (Espace Inter Quartile 60–110), la durée opératoire médiane était de 99minutes (70–138), le poids médian d’énucléation était de 40g (25–59), la durée moyenne d’hospitalisation était de 1,71 jour. Cent quatre-vingt-dix-neuf patients (16,5 %) sont sortis d’hospitalisation avec une sonde urétrale dont 45 patients traités en ambulatoire. Deux cent vingt-trois patients (18,5 %) ont présenté des complications dont 22 complications majeures et un décès. Dix-huit patients (1,4 %) ont été repris au bloc opératoire et 43 patients (3,5 %) ont été transfusés dont 13 patients anticoagulés et 16 sous antiagrégant plaquettaire. Quarante-six patients (3,8 %) ont été repris au bloc opératoire à distance pour une obstruction sous-vésicale avec un pic d’incidence à 1 an. Vingt-huit patients (2,3 %) pour une sténose de l’urètre, 11 patients (0,9 %) pour une sclérose de loge ou du col vésical et 8 patients (0,7 %) pour une persistance ou repousse d’adénome.


Conclusion

L’HoLEP est une alternative possible aux techniques conventionnelles pour les HBP quelle que soit la taille au cours d’une hospitalisation courte avec un risque de complication et de reprise acceptable.

Escarres sacrées et fistules urétro-périnéales des patients blessés médullaires : évaluation du devenir fonctionnel et urologique au sein d’équipes multidisciplinaires
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 759


Objectifs

Les escarres associées à des lésions de l’urètre chez le patient blessé médullaire représentent un véritable challenge thérapeutique pour le chirurgien urologue, plasticien, orthopédiste et le médecin rééducateur. Il existe très peu de données sur la prise en charge de ces complications. Le but de ce travail était de rapporter les résultats de la prise en charge urologique des fistules urétro-périnéales avec escarre chez les patients blessés médullaires.


Méthodes

Une étude nationale, descriptive, rétrospective et multicentrique dans 9 services de chirurgie urologique ou de médecine physique réadaptation (MPR). Nous avons inclus un total de 64 patients blessés médullaires ayant une escarre sacrée ou périnéale associée à une fistule urétro-périnéale entre 2002 et 2016. Les données sociodémographiques, le suivi MPR et neuro-urologique et les données pré- et postopératoires des dérivations urinaires et des chirurgies d’escarres ont été recueillis puis analysés.


Résultats

L’âge médian était de 45,9 ans (IQR=38,7–53,0), le suivi médian de 16,5 mois (IQR=8,7–51,3). Le sex-ratio H/F était=5,7 avec l’absence de suivi neuro-urologique dans 55,7 %. Les auto-sondages intermittents, une sonde à demeure et une cystostomie à demeure étaient retrouvés chez 31,3 % (n =20), 25,0 % (n =16) et 20,3 % (n =13) des patients et 51,6 % (n =33) étaient incontinents. Les complications majeures étaient : l’ostéite (46,9 %, n =30) et la gangrène de Fournier (20,3 %, n =13). Une chirurgie pour dérivation urinaire était réalisée dans 95,3 % (n =61) des cas. Elle était non continente (DUNC) dans 79,7 % (n =51) avec un Bricker le plus souvent (90,2 %). Le taux de complications post-opératoires précoces majeures (Clavien III–V) était de 21,3 % (n =13). Une ré-intervention à distance était nécessaire dans 29,5 % (n =18), la plus fréquente était le drainage des voies excrétrices (16,3 %) et une DUNC sans cystectomie était systématiquement associée à un pyocyste (n =6/6). Enfin 54,7 % (n =35) des patients bénéficiaient d’une chirurgie d’escarre avec une cicatrisation dans 80 % (n =28).


Conclusion

En cas d’escarres associées à des lésions de l’urètre chez le blessé médullaire, une prise en charge adaptée avec dérivation urinaire et cystectomie si possible, puis chirurgie de recouvrement cutané associée éventuellement à un geste orthopédique permet la cicatrisation dans la majorité des cas. De plus, une prévention par un suivi neuro-urologique et un mode mictionnel adapté sont prépondérants pour prévenir ces complications du décubitus.