Base bibliographique

Sommaire :

Évaluation de la fonction rénale après cystectomie totale et dérivation urinaire : quelle formule choisir entre Cockroft-Gault, MDRD et CKD-EPI ?
2015
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 771-772


Objectifs

Évaluer la précision de calcul du débit de filtration glomérulaire (DFG) par les formules Cockroft-Gault, modification of diet in renal disease (MDRD) et chronic kidney disease epidemiologic collaboration (CKD-EPI) chez les patients traités par cystectomie totale et dérivation urinaire pour un cancer de la vessie localisé.


Méthodes

Analyse prospective de la fonction rénale avant cystectomie totale et à 6 mois postopératoire par les équations Cockroft-Gault, MDRD, CKD-EPI comparée à la valeur réelle du DFG mesurée par la clairance urinaire à l’(51) Cr-EDTA.


Résultats

Vingt-six patients ont été inclus. Leur âge médian était de 69ans (54 ; 87). Le stade pathologique était de 9 pT0/pTis/pT1 (35 %), 5 pT2 (19 %), 12 pT3/pT4 (46 %) ; 6 patients (23 %) avaient un envahissement métastatique ganglionnaire. Dix-sept patients (65 %) ont eu une dérivation par entérocystoplastie et 9 patients (35 %) une dérivation par Bricker. Quinze patients (58 %) étaient traités par chimiothérapie périopératoire. À 6 mois, on observait une stabilité ou une augmentation du DFG chez 14 patients (54 %). En revanche, il existait une diminution du DFG chez 12 patients (46 %). Le coefficient de corrélation entre les valeurs calculées et la valeur réelle mesurée du DFG était de 0,92 (IC95 % 0,84–0,97), 0,83 (IC95 % 0,66–0,92) et 0,76 (IC95 % 0,53–0,89) respectivement selon les formules CKD-EPI, MDRD et Cockroft-Gault.


Conclusion

La formule CKD-EPI permet de monitorer de manière plus précise la fonction rénale après cystectomie totale et dérivation urinaire par entérocystoplastie ou Bricker. Cette formule permet un dépistage plus précoce d’une altération de la fonction rénale et devrait remplacer à terme l’évaluation de la fonction rénale par MDRD (Tableau 1).

Évaluation de la graisse péri-rénale au cours de la néphrectomie partielle par l’analyse de la densité de la graisse sur la tomodensitométrie préopératoire
2015
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 743


Objectifs

Une graisse adhérente augmente la difficulté d’une néphrectomie partielle. L’objectif est de prédire cette adhérence en fonction de la surface et de la part de graisse d’une densité déterminée sur le scanner préopératoire et d’évaluer le Mayo Adhesive Probability (MAP) score en chirurgie ouverte.


Méthodes

Étude rétrospective, cas témoin. Ont été inclus les patients ayant eu une néphrectomie partielle du 01/01/2009 au 01/04/2015. Quatre-vingt-six patients ont été appariés sur l’IMC et le sexe. Les cas ont été déterminés par la présence d’une graisse adhérente, de façon prospective, par un seul opérateur expérimenté. Les scanners ont été lus par 4 lecteurs. Seule la graisse péri-rénale a été contourée. Les données ont été récupérées au niveau du hile à la hauteur de la veine rénale. Grâce à un seuillage, la surface de graisse de densité à –80 unités Hounsfield (UH), –60UH et –40UH a été récupérée. Le rapport surface de graisse/surface totale a aussi été analysé.


Résultats

Sur les résultats d’un seul lecteur, en univarié, la surface moyenne de graisse totale et celle de graisse à –80UH et –60UH sont plus élevées dans le groupe adhérent de manière significative (respectivement : 3,76cm2 vs 2,26cm2 p <0,001 ; 1,21cm2 vs 0,76cm2 p =0,0019 et 0,54cm2 vs 0,35cm2 p =0,0204). Le rapport surface de graisse à −80UH, −60UH et −40UH sur la surface totale n’est pas différent dans les deux groupes. L’épaisseur de graisse postérieure et latérale est significativement plus élevée dans le groupe adhérent (respectivement : 21,83 vs 12,53 p =0,0003 ; 24,59 vs 16,88 p =0,0005). L’aspect infiltré (stranding ), retrouvé dans le MAP score, est significativement plus important dans le groupe adhérent (p =0,0007). Le temps opératoire est significativement plus long dans le groupe adhérent (367,9min vs 257,4min p =0,0135).


Conclusion

Il semble que la surface de graisse de densité à –80UH et –60UH et le MAP score puissent prédire la présence d’une graisse péri-rénale adhérente et donc une difficulté de dissection per-opératoire (Tableau 1, Tableau 2).

Évaluation de l’effet sur la qualité de vie du mirabégron dans le traitement de l’hyperactivité vésicale chez les patients neurologiques
2015
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 845-846


Objectifs

L’utilisation de l’agoniste des récepteurs ß3 adrénergiques mirabégron chez les patients neurologiques ayant une hyperactivité vésicale a fait l’objet de peu d’études. Ces études ont rapporté son efficacité dans la réduction des symptômes d’hyperactivité vésicale. Cependant, le retentissement sur la qualité de vie des patients n’a jamais été évalué. Notre objectif était d’évaluer l’effet sur la qualité de vie du mirabégron chez les patients neurologiques.


Méthodes

Dans une étude prospective, les patients neurologiques ayant une hyperactivité vésicale réfractaires aux anticholinergiques (échec, intolérance ou contre-indication) ont été identifiés. Tous les patients souhaitant un traitement médical alternatif ont été traités par mirabégron 50mg/jour en monothérapie. L’analyse des résultats du questionnaire ICIQ-OAB administré avant le traitement, 4 semaines après et au terme du suivi a été réalisée (test de Student, seuil de significativité p <0,05). Les raisons pour l’interruption du traitement par mirabégron et les effets secondaires ont été rapportés.


Résultats

Au total, 29 patients (13 hommes, 16 femmes), d’âge médian 54ans (IQR 48-61) ont été inclus : 21 sclérose en plaques, 2 blessés médullaires, 1 spina bifida, 1 maladie de Parkinson, 2 hypoxie néonatale, 1 tumeur cérébrale, 1 hématome sous dural. La durée médiane d’évolution de la maladie neurologique était de 9ans (IQR 3,7–22,2). Vingt-six patients avaient une miction spontanée par les voies naturelles et 3 pratiquaient les auto-sondages intermittents. Seize patients avaient une hyperactivité détrusorienne. La Fig. 1 montre le devenir des patients. Seul le score global de l’ICIQ-OAB était significativement amélioré après 4 semaines de traitement (Tableau 1). Cependant, seulement 7 patients ont poursuivi le mirabégron au-delà et avec une amélioration significative du score global de l’ICIQ-OAB au terme du suivi médian de 12 mois (IQR 3,5–8) (Tableau 2).


Conclusion

Le mirabégron améliore le score global de qualité de vie spécifique urologique des patients neurologiques. Cependant, cette amélioration est insuffisante pour que les patients poursuivent le traitement à long terme. Une étude randomisée contrôlée évaluant spécifiquement la qualité de vie est nécessaire.

Évaluation de l’efficacité de la photovaporisation prostatique par laser Greenlight 180 W sur les volumes prostatiques supérieurs à 120 cc
2015
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 730


Objectifs

Évaluation de l’efficacité de la photovaporisation prostatique (PVP) par laser Greenlight 180W dans le traitement de l’hypertrophie bénigne de prostate (HBP) pour des volumes prostatiques supérieurs à 120 cc.


Méthodes

Cette étude de cohorte prospective unicentrique a été réalisée entre 2007 et 2013 sur 335 patients traités par PVP pour prise en charge d’une HBP. Soixante-deux patients avaient un volume prostatique supérieur à 120 cc. Les caractéristiques des patients étaient comparables dans les deux groupes. Le suivi des patients a été réalisé grâce à l’International Prostate Symptom Score (IPSS), Quality of life (Qol), mesure du Qmax et du résidu post-mictionnel (RPM).


Résultats

Nous n’avons pas trouvé de différence significative pour les résultats fonctionnels à 1 an (IPSS à 5,6 vs 6,16, p =0,6 ; Qol à 1,38 vs 1,08, p =0,318 ; Qmax à 17,2 vs 17,32, p =0,95 ; RPM à 21,8 vs 33,4, p =0,29). L’analyse des résultats postopératoires montre de manière significative que les troubles urinaires irritatifs étaient moindres à 1 mois dans le groupe supérieur à 120 cc (urgenturie 25,6 vs 12,9 %, p =0,032 ; pollakiurie 24,6 vs 13 %, p =0,029) et une absence de différence significative à plus long terme (6 et 12 mois) autant sur les troubles irritatifs que sur le risque de rétention urinaire.


Conclusion

Notre étude prouve l’efficacité de la photovaporisation prostatique chez les patients avec un volume prostatique élevé sans majoration du nombre de complications postopératoires et à long terme. Mais nous constatons également que les signes urinaires irritatifs sont moins présents à court terme en cas de volume prostatique supérieur à 120 cc.

Évaluation de l’efficacité de l’oxygénothérapie hyperbare dans le traitement de la cystite hémorragique post-radique
2015
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 816


Objectifs

La radiothérapie pelvienne engendre de nombreuses complications, dont la cystite radique responsable d’hématuries parfois sévères. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’efficacité et la tolérance de l’oxygénothérapie hyperbare (OHB) dans le traitement des hématuries post-radiques (HPR).


Méthodes

Nous avons réalisé une étude rétrospective et inclus tous les patients traités de janvier 2003 à décembre 2013 par OHB pour HPR dans un centre universitaire. Nous avons étudié les caractéristiques cliniques des patients, l’indication de la radiothérapie ; les traitements précédant l’OHB, le grade de l’hématurie établi selon la classification CTCAE v4.0 et l’efficacité de l’OHB. Le succès de l’OHB était défini comme la résolution totale ou partielle de l’hématurie.


Résultats

Nous avons inclus 65 patients dont l’âge moyen était de 71,2 (39–87) ans. Les HPR étaient sévères (grade>2) dans 45 (69 %) cas. L’indication de la radiothérapie était le traitement d’un cancer de la prostate chez 55 (86 %) patients. Le délai moyen entre l’hématurie et l’OHB était de 16 (1–132) mois. Avant OHB, 63 (96,9 %) patients avaient eu une électrocoagulation de la vessie. Les séances d’OHB se sont compliquées de deux otites barotraumatiques, de deux baisses d’acuité visuelle, d’un syndrome dépressif et d’un infarctus du myocarde. En moyenne 27 (4–50) séances ont été effectuées. Le traitement a été efficace chez 40 (61,5 %) patients dont 34 (52,3 %) résolutions complètes. La nécessité de plus de 30 séances d’OHB était associée à un échec du traitement (p =0,03).


Conclusion

L’oxygénothérapie hyperbare permet la résolution complète des hématuries post-radiques dans 52,3 % des cas. Un suivi prolongé des patients sera nécessaire pour confirmer l’efficacité de ce traitement.

Évaluation de l’efficacité d’une technique de réinnervation vésicale dans un modèle de chat paraplégique : résultats d’une étude pilote
2015
- Communications posters
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 847


Objectifs

La paraplégie est une pathologie pourvoyeuse des handicaps chroniques et sévères incluant une dysfonction mictionnelle complexe. Les techniques de ré-innervation vésicale par chirurgie de transposition radiculaire lombo-sacrée pourraient permettre de recouvrer une fonction mictionnelle en cas de traumatisme médullaire complet. Évaluer l’efficacité d’une technique chirurgicale de ré-innervation vésicale par anastomose radiculaire L7-S1 unilatérale dans un modèle de chat paraplégique en T9-T10.


Méthodes

Étude pilote chez 8 chats paraplégiques ayant subi une section médullaire complète en T9-T10. Une anastomose radiculaire unilatérale entre les racines ventrales motrices de L7 et S1 a été réalisée 1 mois plus tard pour 6 chats. Les 2 autres animaux représentant le groupe témoin. Évaluation bilatérale réalisée à 3, 5, 7 et 9 mois par stimulation cutanée électrique et manuelle du membre inférieur (Dermatome L7 ipsilatéral), associée à une évaluation urodynamique couplée à un enregistrement électromyographique du sphincter urétral.


Résultats

À 9 mois de suivi, 33,3 % (n =2) des chats ayant bénéficié d’une chirurgie de ré-innervation vésicale ont présenté un flux urinaire déclenché par une stimulation cutanée ipsilatérale. 66,7 % des chats (n =4) ont aussi présenté une augmentation de pression détrusorienne provoquée par stimulation cutanée. Aucun flux urinaire ou augmentation de pression détrusorienne n’a été mis en évidence dans le groupe témoin ou après stimulation du membre inférieur controlatéral. Tous les chats étaient vivants à l’issu du suivi.


Conclusion

Une chirurgie de ré-innervation vésicale par transposition radiculaire en infra-lésionnel est possible et peut induire un flux mictionnel après stimulation cutanée. Ces résultats sont à confirmer par des études présentant un échantillon plus important, un suivi plus long et une expérimentation d’autres type de techniques chirurgicales (bilatérale, anastomose supra-lésionnelle) avant d’envisager un transfert de cette technique en pratique clinique.

Évaluation de l’efficacité et de la tolérance des stents Allium ® urétéraux. Étude rétrospective multi-centrique d’une cohorte de 36 patients
2015
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 817-818


Objectifs

Évaluer les résultats de la mise en place des prothèses Allium® urétérales dans la prise en charge des patients porteurs de sonde double J au long cours pour des sténoses ou des fistules urétérales.


Méthodes

Étude de cohorte rétrospective, multi-centrique, de 36 patients ayant bénéficiés de la pose de 38 stents urétéraux Allium® de septembre 2011 à janvier 2015 dans les CHU de Lyon Sud, Grenoble et Nîmes. Utilisation de stent Allium® métallique 24 Ch. La mise en place du stent était précédée d’une dilatation urétérale et d’une urétéro-pyélographie systématique en début et en fin de geste. Les patients étaient revus à 1 mois puis à distance avec un uroscanner de contrôle.


Résultats

Nous avons retrouvé 5,6 % de fistules urétérales et 94,4 % de sténoses. Les lésions urétérales faisaient suite pour 25 % à des hystérectomies 8,3 % à des curages pelviens, 13,90 % après une chirurgie colique, et 16,6 % suite à une pyéloplastie. La longueur moyenne de la sténose était de 4,15cm (0,5 à 12cm). Trente neuf pour cent des stents ont été retiré au décours du suivi pour des complications à type de migration (19,4 %), d’infection (11,1 %) et d’intolérance (8,3 %). Les autres stents ont été retirés au bout d’un an à titre systématique. L’efficacité de la mise en place du stent, définie comme l’absence de récidive de la sténose ou de la fistule, est de 52,80 % avec un suivi moyen de 7,1 mois, dont 100 % pour les fistules urétérales et de 50 % pour les sténoses.


Conclusion

La mise en place des stents Allium® urétéraux offre une alternative chez les patients en sonde double JJ à demeure avec une efficacité de plus de 50 %, dont 100 % pour les fistules urétérales et de 50 % pour les sténoses.

Évaluation de l’intérêt du score urinaire PCA3 pour le choix du traitement focal du cancer de la prostate
2015
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 727


Objectifs

Une corrélation a été démontrée entre le score urinaire PCA3 et le volume tumoral sur pièce de prostatectomie. Une corrélation avec le caractère uni- ou bilatéral et avec le nombre de foyers tumoraux (unifocalité anatomique) a également été suggérée. Le but de cette étude était d’évaluer la capacité du score PCA3 à prédire l’unifocalité biologique et l’unilatéralité.


Méthodes

Une corrélation a été démontrée entre le score urinaire PCA3 et le volume tumoral sur pièce de prostatectomie. Une corrélation avec le caractère uni- ou bilatéral et avec le nombre de foyers tumoraux (unifocalité anatomique) a également été suggérée. Le but de cette étude était d’évaluer la capacité du score PCA3 à prédire l’unifocalité biologique et l’unilatéralité.


Résultats

Le score PCA3 médian était significativement plus bas chez les 41 patients avec tumeur anatomiquement unifocale (27 vs 51, p =0,002). Il était aussi plus bas chez les 60 patients avec tumeur biologiquement unifocale (40 vs 51, p =0,005) et les 42 patients avec tumeur unilatérale (25 vs 54, p =0,02). L’existence d’un envahissement des deux lobes prostatiques lors des biopsies était un facteur prédictif indépendant d’une atteinte bilatérale à la PR (AUC=0,67). L’addition du score PCA3 à ce modèle de régression a induit une augmentation significative de l’AUC à 0,73. Sur les 76 patients avec atteinte apparemment unilatérale sur les biopsies, 45 avaient finalement une atteinte bilatérale. Chez ces patients, le score PCA3 médian était significativement plus élevé que chez les 31 patients avec une atteinte unilatérale confirmée à la PR.


Conclusion

Le score PCA3 est un marqueur de l’unifocalité anatomique et biologique ainsi que du caractère uni- ou bilatéral d’un CaP. Il pourrait constituer une aide pour le choix d’un traitement focal.

Évaluation de l’intérêt d’une consultation spécialisée de pathologies génitales masculines
2015
- Communications posters
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 855


Objectifs

Les lésions dermatologiques de la verge sont peu fréquentes et souvent méconnues des médecins généralistes et des spécialistes. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’intérêt d’une consultation commune urologue/dermatologue spécifique des pathologies génitales masculines.


Méthodes

Nous avons proposé une consultation de recours uro-dermatologique mensuelle axée sur les pathologies génitales masculines dans un centre universitaire en septembre 2014. Nous avons étudié de manière prospective tous les dossiers des patients adressés à cette consultation spécialisée jusqu’en mai 2015.


Résultats

Nous avons vu en consultation 22 patients. Les patients étaient adressés par un médecin généraliste, un urologue et un dermatologue dans respectivement 5 (23 %), 13 (59 %) et 4 (18 %) cas. Les lésions évoluaient depuis moins de 6 mois, entre 6 mois et an et depuis plus d’un an dans respectivement 2 (9 %), 10 (45 %) et 10 (45 %) cas. La moitié des patients avait eu un traitement de première intention non efficace. À l’issue de la consultation, il a été diagnostiqué une balanite de Zoon dans 2 cas (9 %), une balanite aspécifique dans 5 cas (23 %), absence de lésion dans 3 cas (13 %), un condylome dans 4 cas (18 %), un lichen scléreux dans 5 cas (23 %), un carcinome épidermoïde dans 3 cas (14 %). Une biopsie était nécessaire pour établir le diagnostic dans 8 cas (36 %).


Conclusion

À l’issue de cette première année d’expérience, nous avons diagnostiqué 3 carcinomes épidermoïdes de la verge pour lesquels les patients étaient suivis depuis plus de 6 mois sans que le diagnostic ne soit évoqué. Une consultation de recours associant un urologue et un dermatologue est utile dans l’aide au diagnostic des cas difficiles.

Évaluation des complications en début d’expérience de la prostatectomie radicale par voie robot-assistée
2015
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 792


Objectifs

Nous avons voulu comparer la courbe d’apprentissage ainsi que le taux des complications per- et postopératoires en début d’expérience de prostatectomie radicale par voie robot-assistée, entre le binôme de deux chirurgiens formés initialement la première année de cette activité dans le service et les plus jeunes chirurgiens opérant par la suite avec l’aide d’un des 2 seniors du binôme initial.


Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective monocentrique de 157 patients consécutifs opérés d’une prostatectomie robot-assistée entre octobre 2011 et décembre 2014, 123 par le binôme initial et 34 par le binôme incluant un junior. Les caractéristiques préopératoires des patients ont été notifiées ainsi que la durée opératoire, les difficultés peropératoires, les pertes sanguines et la nécessité de transfusions, les complications postopératoires qui ont été classées selon la classification de Clavien, la durée d’hospitalisation et les réadmissions et enfin le taux des marges chirurgicales.


Résultats

Aucune différence statistique n’a été retrouvée entre les deux groupes pour les évènements per- et postopératoires, ni pour la courbe d’apprentissage. La durée opératoire moyenne était de 250minutes, avec dans 17,4 % des cas des difficultés peropératoires. Parmi les patients, 47,8 % ont eu un curage ilio-obturateur. Deux patients (1,3 %) ont nécessité une conversion dont un fut un échec de prostatectomie. Les pertes sanguines moyennes étaient de 460mL et 5,7 % des patients ont été transfusés. Quarante-huit patients (30,8 %) ont eu une complication postopératoire, 4,3 % Clavien 1, 68,1 % Clavien 2 et 25,5 % Clavien 3. Un patient est décédé en postopératoire d’une cause anesthésique. La durée moyenne d’hospitalisation était de 8,1jours et 14,7 % des patients ont dû être réadmis. Les marges chirurgicales étaient positives chez 45 patients (29,2 %).


Conclusion

Les jeunes chirurgiens du service, débutant en prostatectomie robot-assistée mais encadrés par un senior expert, n’ont pas eu plus de difficulté opératoire ou de complication postopératoire malgré leur absence de formation spécifique hors centre. Cela montre l’importance en début de chirurgie robotique d’un encadrement par un chirurgien expérimenté, et d’une formation optimale de l’équipe anesthésique et paramédicale.

Évaluation des résultats de l’urétroplastie des 26 premières métaidoioplasties réalisées en France
2015
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 812


Objectifs

La métaidoioplastie est une technique de réassignation chez les patients transsexuels « female to male » (FTM) dont la difficulté principale est l’urétroplastie. Objectif : évaluer les résultats de l’urétroplastie et la satisfaction des patients sur le plan urinaire et sexuel dans la métaidoioplastie.


Méthodes

Étude de cohorte rétrospective monocentrique incluant 26 patients consécutifs opérés d’une métaidoioplastie entre mars 2008 et avril 2013. Un allongement du clitoris associé à une urétroplastie était réalisé dans un premier temps, suivie 3 à 6 mois après d’une scrotoplastie par lambeau de Martius, plus ou moins complétée par la pose d’implants testiculaires à distance. Le recueil des données opératoires et des complications était réalisé à partir du dossier médical informatisé. Les patients étaient contactés par téléphone pour répondre au nouveau questionnaire développé dans le service portant sur l’évaluation de la fonction urinaire et sexuelle. L’évaluation mictionnelle était complétée par l’ICIQ-SF.


Résultats

La taille moyenne de la métaidoioplastie en traction était de 4,6cm (2,5–7cm), le suivi moyen de 30 mois (6–66) avec comme complications majeures 7,70 % (2/26) de désunions urétrales étendues. 46 % (12/26) de fistules mineures distales d’évolution spontanément résolutive ou opérées secondairement lors de la scrotoplastie. Le taux de réponse aux questionnaires était de 81 % (21/26). Sur le plan urinaire, 95 % (20/21) des patients étaient satisfaits de leur façon d’uriner, 76 % (16/21) urinaient debout. Aucun patient ne présentait d’incontinence urinaire. Seulement 2 patients étaient dysuriques. Sur le plan sexuel, sensibilité conservée dans 100 % des cas, 81 % (17/21) étaient satisfaits de l’apparence de la métaidoioplastie. 90 % avaient des érections.


Conclusion

La métaidoioplastie permet une réassignation rapide sans préjudice esthétique ni complication urinaire majeure. Le taux de satisfaction est bon sur le plan urinaire et sexuel. Elle ne contre-indique pas la réalisation ultérieure d’une autre technique (Fig. 1).

Évaluation des résultats fonctionnels et de la morbidité de l’HoLEP pour le traitement des prostates de plus de 100 cm 3
2015
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 729


Objectifs

L’HoLEP est une technique d’énucléation endoscopique qui, après la période de courbe d’apprentissage, permet le traitement de volumes prostatiques élevés. Notre objectif était d’évaluer l’efficacité et la morbidité péri- et postopératoire de l’HoLEP chez les patients ayant un volume prostatique supérieur à 100cm3.


Méthodes

Une étude rétrospective a été conduite sur 400 patients consécutifs opérés par 9 opérateurs différents d’un même centre universitaire. Parmi ces 400 patients, 71 présentaient un volume prostatique de plus de 100cm3. Les données cliniques et paracliniques ainsi que les complications per- et postopératoires ont été recueillies de manière prospective. Des auto-questionnaires standardisés ont été utilisés pour évaluer les symptômes urinaires et sexuels (IPSS, IIEF-5). Les complications per- et postopératoires ont été recueillies et classées selon la classification de Clavien.


Résultats

La durée opératoire était significativement plus longue pour les prostates de plus de 100cm3 : 120 vs 94min (p <0,05). La durée d’hospitalisation (1,94 vs 2,11 nuits postopératoires) et la durée de sondage vésical (34,10 vs 34,84heures) n’étaient pas différentes. Les taux de complications postopératoires précoces (<j30) de grade 2 et 3 de la clasification de Clavien étaient plus fréquents pour les prostates de plus de 100cm3, mais étaient inférieurs pour celles de grade 1. Les patients du groupe 1 présentaient plus de complications infectieuses et hémorragiques (transfusions, décaillotages). À 1 an, le taux de sténose de l’urètre était de 2,9 % pour les prostates de plus de 100cm3 contre 1,3 % dans le groupe contrôle. Les résultats fonctionnels étaient comparables.


Conclusion

L’HoLEP est réalisable pour les prostates de plus de 100cm3, y compris au sein d’un service universitaire multi-opérateur. La durée opératoire est allongée, mais les risques de complication de grade≥3 restent faibles (<5 %) (Tableau 1, Tableau 2).

Évaluation des sous-stadifications T1a/b et T1m/e dans la prédiction du devenir oncologique des patients présentant une tumeur de vessie n’infiltrant pas le muscle
2015
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 760


Objectifs

Le pronostic des tumeurs de vessie n’infiltrant pas le muscle est hétérogène. De nombreux facteurs prédictifs de récidive et de progression ont été proposés y compris la sous-stadification du stade pT1 (T1a/b et T1m/e). Nous avons voulu mener une étude monocentrique de validation externe de ces sous-stadifications dans une cohorte française.


Méthodes

Les lames de 174 patients atteints de tumeurs de vessie n’infiltrant pas le muscle pT1 ont été relues par deux anatomopathologistes indépendants. Les deux sous-stadifications T1 ont été rapportées, en fonction de l’invasion de la lamina propria (T1a/T1b) et en utilisant la nouvelle classification distinguant T1micro (T1m) et T1étendu (T1e). Des analyses uni- et multivariées ont permis d’évaluer l’association entre l’une et l’autre des classifications et la survenue d’une récidive et/ou d’une progression tumorale.


Résultats

Le suivi moyen était de cinq ans. Cent onze tumeurs étaient classées T1a (64 %) et 11 tumeurs étaient classées T1m (6 %). Cinquante-huit patients (33 %) ont présenté une récidive tumorale et 26 (15 %) ont progressé vers une tumeur de vessie infiltrant le muscle. En analyse multivariée, les stades T1b et T1e étaient prédictifs de récidive tumorale et de progression (p <0,05).


Conclusion

Cette étudie confirme que l’utilisation de ces sous-classifications est fiable pour la prédiction du devenir oncologique des tumeurs de vessie n’infiltrant pas le muscle T1.

Évaluation du Prostate Health Index (PHI) pour prédire l’évolution des patients en surveillance active
2015
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 724-725


Objectifs

Il a été suggéré que l’index PHI pouvait être utile pour le suivi de patients sous surveillance active pour cancer de la prostate [22Hirama H, et al. 2014;140:257–63.

Cliquez ici pour aller à la section Références, 11Tosoian J., et al. J Urol 2012 ;  188 : 1131-1136 [cross-ref]

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Le but de cette étude était de tester la relation entre l’index PHI à l’inclusion dans le protocole de surveillance active et le risque de reclassification biopsique.


Méthodes

Notre étude, prospective, a inclus 64 patients en surveillance active sur les critères suivants retrouvés sur deux séries successives de biopsies prostatiques réalisées à 3 mois d’intervalle : T1c, densité de PSA<0,15, score de Gleason≤6, ≤2 carottes positives, ≤50 % de tissu envahi par carotte positive. Un prélèvement sanguin était réalisé pour la mesure du PSA total, du PSA libre de la fraction p2PSA et le calcul de l’index PHI (Beckman Coulter®). Le critère de jugement principal était le risque de reclassification à la biopsie réalisée à 12 mois de suivi.


Résultats

Le p2PSA et le PHI médians étaient significativement plus élevés chez les 9 patients (14 %) avec cancer reclassé comme agressif à 12 mois. Seul PHI était prédictif indépendant de la reclassification. L’addition du PHI à un modèle de base incluant l’âge et % PSA libre entraînait une augmentation de l’AUC de 0,76 à 0,84. Le suivi moyen des patients après inclusion dans le protocole était de 22 mois. À la date des dernières nouvelles, 15 patients (23 %) avaient un cancer reclassé en agressif. L’âge à l’inclusion, le % PSA libre et PHI étaient prédicteurs de la reclassification mais seul PHI était indépendant. Un seuil de 33 pour PHI permettait le meilleur compromis entre sensibilité (67 %) et spécificité (69 %). Les courbes de survie sans reclassification (modèles de Cox) étaient significativement différentes (Fig. 1).


Conclusion

Le PHI réalisé au moment de l’inclusion dans un protocole de surveillance active permet de prédire la reclassification des cancers indolents en cancers agressifs à 12 mois et au-delà.

Évaluation du risque de récidive vésicale par la recherche de la mutation FGFR3 sur l’ADN urinaire prélevé avant néphro-uréterectomie pour le traitement d’une tumeur de la voie excrétrice supérieure
2015
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 806


Objectifs

Évaluer l’intérêt de rechercher la mutation de FGFR3 sur l’ADN urinaire afin d’évaluer le risque de récidive vésicale (RIV) après néphro-urétérectomie (NUT).


Méthodes

Les urines de 61 patients ont été récupérées avant de réaliser une NUT pour le traitement d’une TVEUS. L’ADN a été extrait de chaque culot urinaire afin de réaliser le génotypage de FGFR3 selon la technique de taille de fragment qui permet de déceler les mutations R248C, S249C, G372C, Y375C. Les survies sans RIV des patients mutés et non mutés ont été comparées grâce à la méthode de Kaplan-Meier. Des analyses uni- et multivariées incluant les principales caractéristiques cliniques et anatomopathologiques ainsi que le statut mutationnel FGFR3 ont été réalisées afin de mettre en évidence les facteurs de risque de RIV.


Résultats

Au total, 29 (47 %) patients présentaient une mutation du gène FGFR3  sur l’ADN urinaire. Une RIV a été diagnostiquée chez 20 (33 %) patients après un délai médian de 21,2 [12–28] mois. Le taux de RIV était significativement plus élevé dans le groupe de patient présentant une mutation de FGFR3 (44 % vs 15 % ; p =0,03). La probabilité de survie sans récidive à 5ans après la NUT était de 54 % et 76 % dans le groupe des patients mutés et sauvages, respectivement (p =0,07). En analyse multivariée, seuls le tabagisme actif (p =0,002), l’antécédent de tumeur de vessie (p <0,001), la cytologie positive (p <0,001), la localisation urétérale (p =0,03), la multifocalité (p <0,001) et le stade infiltrant (p =0,04) étaient des facteurs prédictifs indépendants de RIV. La mutation de FGFR3 n’était pas significativement corrélée à la RIV (p =0,08).


Conclusion

Il semble exister une augmentation importante du risque de RIV chez les patients présentant une mutation de FGFR3 sur l’ADN urinaire bien que cette mutation ne soit pas un facteur prédictif indépendant de la survenue d’une tumeur de vessie secondaire.

Évaluation du « Quadrella » a 2 ans : nouvel indice de performance oncologique et fonctionnelle spécifique de la curiethérapie prostatique
2015
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 836-837


Objectifs

Pour évaluer l’aspect oncologique et fonctionnel après curiethérapie prostatique (CuT), un « Quadrella » a été récemment défini (Radiotherapy and Oncology, 2014:110–3). Le but de notre étude était d’évaluer ce « Quadrella » : survie sans progression, fonction érectile, toxicité urinaire et rectale à 1 et 2ans.


Méthodes

De 08/2007 à 01/2013, 193 patients ont eu une CuT à bas débit pour un adénocarcinome (CaP) à faible risque ou de risque intermédiaire favorable. Nous avons inclus : les bas risques, avec un score ICS initial nul, un score IIEF5>16, avec<50 % des biopsies positives,<cT2 et un volume prostatique initial <80cm3. Cent patients ont pu être analysés. La réalisation du « Quadrella » était définie par l’absence de récidive biologique (critères de Phoenix), l’absence de dysfonction érectile significative (IIEF5>16), l’absence de toxicité urinaire (IPSS<15 ou IPSS>15 avec ΔIPSS<5) et rectale (RTOG=0).


Résultats

À 12 mois, 91 patients ont pu être évalués et parmi eux l’objectif du Quadrella a été atteint chez 34 patients (37,4 %) qui répondaient à l’ensemble des critères. Chez 57 patients (62,6 %), l’ensemble des critères du Quadrella n’était pas obtenu, les principaux critères d’échec étaient : la dysfonction érectile (DE) à 80,7 % (46/57), seule à 56,1 % (32/57). La toxicité rectale était impliquée à 33,3 % (19/57) et la toxicité urinaire à 15,8 % (9/57). À 24 mois (n =86), 40,7 % (35/86) répondaient au Quadrella. Parmi les 59,3 % d’échec (51/86), les principales causes étaient : la DE à 72,5 % (37/51), la toxicité rectale à 39,2 % (20/51) et la toxicité urinaire à 13,7 % (7/51).


Conclusion

Le Quadrella peut être utilisé à 1 et 2ans après CuT pour les résultats oncologiques et fonctionnels, et permet à la différence du Trifecta de prendre en compte la symptomatologie mictionnelle et rectale. La toxicité érectile était la principale cause d’échec du Quadrella après CuT (Tableau 1, Fig. 1).

Évaluation oncologique et fonctionnelle après curiethérapie prostatique a 2 ans : Trifecta appliqué à la curiethérapie
2015
- Communications posters
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 836


Objectifs

Définir comme pour la prostatectomie radicale un Trifecta (survie sans progression, continence et fonction érectile) à 2ans après curiethérapie prostatique (CuT).


Méthodes

De 08/2007 à 01/2013, 193 patients ont eu une CuT à bas débit par Iode-125 pour un adénocarcinome (CaP) à faible risque ou de risque intermédiaire favorable. Nous avons étudié les patients : à bas risque, avec un score ICS initial nul, un score IIEF5>16, avec moins de la moitié des biopsies positives, absence de signe d’extension locale clinique et radiologique et un volume prostatique initial<80cm3 (avant éventuelle hormonothérapie). Ainsi 100 patients ont pu être analysés. La réalisation du Trifecta était définie par l’absence de récidive biologique (critères de Phoenix), la continence (ICS=0) et l’absence de dysfonction érectile significative (IIEF5>16).


Résultats

À 12 mois, 78 patients ont pu être évalués et parmi eux l’objectif du Trifecta a été atteint chez 35 patients (45 %) qui répondaient à l’ensemble des critères. Chez 43 patients (55 %), l’ensemble des critères du Trifecta n’était pas obtenu, les principaux critères d’échec étaient : la dysfonction érectile seule à 79 % (34/43), l’ICS à 7 % (3/43) et l’échec concomitant sur la continence et la fonction érectile à 14 % (6/43). À 24 mois (n =65), 51 % (33/65) répondaient au Trifecta. Parmi les 49 % d’échec (32/65), les principales causes étaient : la dysfonction érectile seule à 65,6 % (21/32), l’ICS à 18,8 % (6/32) et l’échec concomitant sur la continence et la fonction érectile à 15,6 % (5/32).


Conclusion

Le Trifecta peut être utilisé après CuT pour les résultats oncologiques et fonctionnels même s’il ne prend pas en compte certains effets secondaires spécifiques (miction, symptomatologie rectale). Son utilisation permet en revanche une comparaison des différentes modalités de prise en charge des CaP. La toxicité érectile était la principale cause d’échec du Trifecta après CuT (Tableau 1).

Évaluation prospective de la graisse toxique péri-rénale au cours des néphrectomies partielles – rôle prédictif des caractéristiques clinico-radiologiques sur les résultats postopératoires et analyse histologique
2015
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 743-744


Objectifs

La difficulté d’une néphrectomie partielle (NP) peut être anticipée grâce aux scores rénaux morphométriques mais ceux-ci ne considèrent pas les facteurs propres au patient comme l’obésité ou la graisse péri-rénale. Notre étude avait pour objectif d’évaluer prospectivement les facteurs prédictifs de « graisse toxique » et son impact sur la survenue de complications. L’objectif secondaire évaluait la réalité histologique de cette « toxicité » adipeuse.


Méthodes

Cinquante patients consécutifs opérés de NP par lombotomie ou cœlioscopie robot-assistée étaient analysés prospectivement de novembre 2014 à mars 2015 (Tableau 1). Le score radiologique de probabilité d’adhérence de la Mayo Clinic (MAP score) était utilisé pour mesurer l’épaisseur postérieure de graisse péri-rénale et pour évaluer sa validité externe. En per-opératoire, le chirurgien évaluait la graisse selon un score de 0 à 3, la graisse adhérente étant définie par un score ≥ 2 (Fig. 1). La graisse était analysée sur le plan histologique avec évaluation de la fibrose (coloration HES et rouge picrosirius) (Fig. 2) et de l’infiltrat inflammatoire en macrophages (anticorps anti-CD68 en immunohistochimie).


Résultats

La graisse adhérente péri-rénale était présente chez 18 patients (36 %), sans impact sur le choix de la voie d’abord (31,3 vs 38,9 % de voie robotique, sans conversion chirurgicale). Elle était associée à un temps opératoire plus long (169min vs 146min, p = 0,036) et une augmentation des pertes sanguines (469mL vs 179mL, p =0,014). La durée de clampage, les marges, le taux de transfusion et le score de complications de Clavien-Dindo n’étaient cependant pas différents (Tableau 1). En analyse multivariée, seuls le sexe masculin (p =0,044), l’âge (p =0,014) et le MAP score (p =0,00057) étaient des facteurs prédictifs significatifs de présence de graisse adhérente. En histologie, il existait une fibrose supérieure à ce qui est retrouvé dans le tissu adipeux sous-cutané des patients obèses morbides, mais sans infiltrat macrophagique.


Conclusion

La graisse adhérente péri-rénale peut être évaluée en pré-opératoire par les données radio-cliniques prédictives comme le MAP score, l’âge et le sexe masculin. Elle est associée à une augmentation du temps opératoire et des pertes sanguines sans retentissement sur le taux de complications. L’analyse histologique de la graisse rénale dite « toxique » démontre une fibrose significative sans infiltrat inflammatoire.

Évaluation prospective de la prévalence des mutations du promoteur du gène TERT dans le cancer de la vessie
2015
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 759


Objectifs

L’activité de la transcriptase inverse de la télomérase (TERT) est élevée chez les cellules au potentiel de division illimité. Des mutations récurrentes du promoteur de TERT ont été retrouvées sur différents néoplasies, nous nous intéressons ici à leurs implications dans le cancer de la vessie. Évaluer la prévalence des mutations du promoteur de TERT par l’analyse moléculaire d’urines de patients atteints d’un cancer de vessie.


Méthodes

Il s’agissait une étude prospective monocentrique. Les patients inclus entre 2010 et 2015 étaient hospitalisés pour une résection de vessie au cours de laquelle on réalisait un prélèvement d’urine au début du geste. Une recherche de mutation C228T et C250T promoteur du gène TERT était réalisée par PCR sur le culot cellulaire des urines. Les patients avec un autre néoplasie synchrone des voies urinaires étaient exclus. Le groupe contrôle était constitué de patients sains, de patients atteints d’une infection urinaire et de patients présentant une « vessie neurologique ».


Résultats

Quatre-vingt-quinze patients atteints d’une tumeur de vessie, 21 avec des urines saines, 35 avec des urines infectées et 46 avec une vessie neurologique ont été inclus ; 77,9 % (n =74) des patients avec une tumeur de vessie avaient une mutation (65,6 % C228T et 12,5 % C250T). Aucun des patients sains ou avec une infection urinaire ne présentait de mutation. La comparaison des urines présentant une mutation avec les résultats anatomopathologiques des résections retrouvait 82,5 % de mutation chez les patients avec une TVNIM (52/63), 82,4 % de mutation chez les patients avec une TVIM (14/17) et 80 % de mutation chez les patients avec un CIS (4/5). La comparaison avec les cytologies urinaires révèle 66,7 % de mutation (10/15) lorsque la cytologie retrouvait du bas grade et 88,6 % (31/35) lorsque la cytologie retrouvait du haut grade.


Conclusion

L’étude permet de mettre en évidence un taux de prévalence très élevé des mutations du promoteur de TERT dans les tumeurs de vessie. Nous évaluerons dans une prochaine étude diagnostic, l’apport de la recherche des mutations du promoteur de TERT en tant que marqueur diagnostic comparé à la cytologie urinaire (Tableau 1, Tableau 2).

Évaluation prospective de la qualité de l’information délivrée aux patients avant une résection endo-urétrale de prostate
2015
- Communications posters
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 854


Objectifs

L’information préopératoire sur le déroulement et les complications d’une intervention est déterminante à l’adhésion du patient au traitement mais peut être insuffisamment assimilée par le patient du fait de sa densité et de sa complexité. L’objectif de cette étude était d’évaluer le niveau de compréhension et le degré de satisfaction de l’information délivrée au patient avant résection endo-urétrale de prostate (REUP).


Méthodes

Cette étude monocentrique prospective incluait tous les patients devant se faire opérer d’une REUP entre janvier 2014 et avril 2015. Ils ont reçu à domicile à l’issue de la dernière consultation pré opératoire un questionnaire évaluant la compréhension de l’information qu’ils devaient retourner avant intervention. La proportion de patients ayant été opérés après rappel des complications a aussi été évaluée.


Résultats

Quatre-vingt-dix patients ont renvoyé le questionnaire. La médiane de temps de consultation était de 30minutes. Quatre-vingt six pour cent des patients trouvaient satisfaisante l’explication de l’intérêt de la chirurgie, 85 % son principe et son déroulement et 83 % la durée d’hospitalisation prévisible. Quarante et un pour cent des patients jugeaient la qualité de l’information excellente. Soixante-dix-sept pour cent se rappelaient de complications évoquées. Les complications majoritairement retenues étaient l’éjaculation rétrograde (39 %), l’incontinence urinaire (27 %) et le saignement (26 %). Cinquante-huit pour cent des patients disaient avoir la fiche AFU et 30 % connaissaient l’éventualité d’un geste complémentaire. Après rappel des complications, 28 % estimaient la qualité de l’information des complications très bonne et 27 % excellente. Après information, 6,7 % des patients hésitaient à se faire opérer et 83,3 % des patients désiraient toujours avoir une REUP. Au total, 91,1 % des patients ont été opérés.


Conclusion

L’information dispensée aux patients avant REUP paraissait satisfaisante bien qu’elle semble mal comprise, notamment concernant les complications. L’information des complications éventuelles ne semblait pas faire renoncer le patient à la chirurgie. La remise de la fiche AFU ainsi qu’une information orale complète insistant sur les complications sont indispensables à une relation médecin–patient de qualité, gage de sérénité médico-légale.

Évaluation rétrospective à moyen terme du succès thérapeutique de la bandelette sous-urétrale Monarc ®
2015
- Communications posters
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 841


Objectifs

Les bandelettes sous-urétrales (BSU) de type TOT ou TVT sont le traitement de référence de l’incontinence urinaire d’effort (IUE). Si les résultats à court terme sont très bons, peu de séries à moyen terme et à long terme sont disponibles. Les objectifs de ce travail étaient d’évaluer le résultat fonctionnel à moyen terme de la BSU Monarc® et d’identifier les facteurs de risque d’échec.


Méthodes

Étude rétrospective, monocentrique (2004–2012) de patientes consécutives opérées d’IUE par BSU Monarc® avec succès intial (absence totale de fuite et de port de protection). Les données pré- et postopératoire étaient colligées à partir du dossier médical informatisé [âge, poids, taille, IMC, statut hormonal, traitement hormonal substitutif, antécédents chirurgicaux, prolapsus associé (Baden et Walker), troubles mictionnels associés, complications postopératoires (Clavien-Dindo)]. La guérison à la date des dernières nouvelles était définie comme l’absence totale de fuites, de ré-intervention pour récidive d’incontinence urinaire, l’absence de port de protection, et un score ICIQ-SF nul. L’analyse statistique était réalisée avec le logiciel Statview (SAS, StatView v5.0) (p <0,05).


Résultats

Cent quarante-quatre patientes consécutives ont été opérées d’une BSU Monarc®, dont 114 avec succès. L’âge moyen des patientes était de 61ans [30–86], le suivi moyen était de 51 mois [20-82]. À la date des dernière nouvelles, 62 % des patientes étaient toujours guéries. Les patientes en situation d’échec présentaient une récidive d’IUE isolée dans 77 % des cas. Les autres présentaient une récidive de leur IUE avec hyperactivité (impériosités, urgences mictionnelles). En analyse univariée, aucun facteur pronostique d’échec à moyen terme n’a été identifié.


Conclusion

Dans notre expérience, le résultat fonctionnel à moyen terme de la BSU Monarc® semble se dégrader. Seulement 62 % des patientes initialement guéries conservaient un bénéfice chirurgical à 4ans.

Évaluation standardisée d’un protocole d’injections intralésionnelles de vérapamil pour maladie de Lapeyronie
2015
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 814


Objectifs

L’objectif était d’évaluer les résultats d’un protocole d’injections intra-lésionnelles de verapamil (IILV) dans le traitement de la maladie de Lapeyronie et de rechercher les facteurs prédictifs de réponse.


Méthodes

Les patients suivis pour maladie de Lapeyronie dans notre service ont été inclus prospectivement entre 2007 et 2013. Les données suivantes étaient recueillies : âge, degré de courbure du pénis, le score de Lue, la douleur évaluée par une échelle de Likert. Le protocole utilisé consistait en une injection unique de verapamil par séance dans le foyer index 15mg/6mL. Les injections étaient répétées une fois toutes les 3 semaines pour un minimum de 6 séances.


Résultats

Soixante hommes ont été inclus. Le nombre moyen d’injections par patient était de 12,6 (±8,9). Les scores de Lue moyens avant et après les IILV étaient de 9,4 (±2) et 4,5 (±2) respectivement (p =0,05). Les degrés de courbure moyens durant les érections étaient de 37,3° (±13,3) avant les IILV et de 21° (±13) après les IILV respectivement (p =0,02). Aucun effet indésirable grave n’a été observé. À la fin de la période de surveillance, 47 patients (78 %) considéraient avoir été améliorés par le traitement. Le jeune âge était le seul facteur prédictif de réponse aux IILV que ce soit en analyse univariée (OR=0,91 ; p =0,04) ou multivariée (OR=0,87 ; p =0,03).


Conclusion

Les IILV diminuent les symptômes de maladie de Lapeyronie chez 78 % des patients. La plupart des patients ont eu besoin d’au moins 12 injections pour obtenir une amélioration optimale. Le jeune âge est le seul facteur prédictif de succès des IILV.

Évolution de la néphrectomie au profit de la néphrectomie partielle robot-assistée au cours du temps : étude bicentrique
2015
- Communications posters
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 820


Objectifs

La néphrectomie partielle robot-assistée (NPR) est devenue un des traitements de référence dans la prise en charge des tumeurs du rein accessibles à une chirurgie partielle. Ses indications progressent vers des tumeurs plus complexes. Le but était d’évaluer l’évolution temporelle de la NPR (indication, anatomopathologie, Trifecta) en 2010 et 2014 dans 2 centres référents.


Méthodes

Deux cent quarante-quatre NP ont été réalisées dans 2 centres. En 2010, 96 NP (23 NPO, 44 NPL, 29 NPR et en 2014 148 NP [18 NPO, 5 NPL et 125 NPR] [p <0,0001]). Les données préopératoires (score Renal), chirurgicales (durée d’ischémie chaude) et postopératoires (pTNM, marge, complications) ont été comparées (test Chi2). Le Trifecta était défini par absence de marge, absence de complication et durée d’ischémie<20min.


Résultats

En 2010 et 2014, 29 et 125 NPR ont été réalisées. Le nombre total de néphrectomies a augmenté (211 vs 246) au profit des néphrectomies partielles, notamment NPR (p =0,001). Le stade pathologique s’est modifié vers des tumeurs de plus haut stade avec pT1a 86,2 % à 53,1 % ; pT1b 13,8 à 22,2 % ; pT3a 0 à 9,5 % (p =0,001). Le score Renal a augmenté de 6 à 8 (p =0,01), le taux de marge a diminué de 17,2 % à 3,1 % (p =0,01), la durée d’ischémie de 25min à 12min (p <0,0001), respectivement. Finalement, le Trifecta était accompli chez 7 (24,1 %) patients en 2010 et 65 (51,6 %) en 2014 (p =0,007).


Conclusion

L’évolution de la chirurgie carcinologique rénale dans des centres référents se fait au profit de la NPR. La complexité des tumeurs rénales opérées augmente, l’efficacité de la NPR progresse avec un taux de marges, une durée d’ischémie et un taux de complication qui s’améliorent au cours du temps (Fig. 1, Fig. 2).

Évolution de la prise en charge chirurgicale des obstructions non tumorales de la jonction pyélo-urétérale : analyse des données nationales de codage 2005–2014
2015
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 789


Objectifs

Étudier l’évolution des pratiques chirurgicales concernant le traitement des obstructions de la jonction pyélo-urétérale (JPU) non tumorales au moyen des données nationales du codage.


Méthodes

Nous avons analysé les actes chirurgicaux effectués pour le traitement des obstructions de la JPU non tumorales entre 2005 et 2014 au moyen des données issues de la base de données de l’Agence technique de l’information sur l’hospitalisation (ATIH). La classification commune des actes médicaux (CCAM) a été utilisée pour extraire les codes relatifs à la chirurgie de la JPU. Nous avons relevé les groupes homogènes de malade (GHM) correspondants en excluant ceux qui relevaient d’un diagnostic principal différent des obstructions de la JPU.


Résultats

Le nombre d’actes chirurgicaux effectués pour le traitement des obstructions de la JPU est passé de 2813 à 3012 procédures (+ 7 %) entre 2005 et 2014. Les interventions par abord direct (AD) (plastie ou résection-anastomose du bassinet et de la JPU) ont régressé de 43,8 % entre 2005 et 2014 alors que les interventions par cœlioscopie ou par rétropéritonéoscopie (CO/RPS) ont progressé de 97,8 % sur cette période. En 2005, les interventions par AD représentaient 53 % des interventions chirurgicales (1492 procédures) contre 32,6 % pour la CO/RPS (917 procédures). En 2014, les interventions par AD ne représentaient plus que 27,8 % des procédures (838 actes) contre 60,2 % pour la CO/RPS (1814 actes). La chirurgie par endo-urétéro-pyélotomie est restée stable pendant cette période (12 % des actes).


Conclusion

La chirurgie par CO/RPS des obstructions de la JPU a dépassé en 10ans la chirurgie par AD (plus de 60 % des interventions). La chirurgie par endo-urétéro-pyélotomie est restée stables et minoritaire pendant cette période (12 % des procédures) (Fig. 1).

Évolution de la température lors de l’utilisation du laser Holmium:YAG dans un modèle rénal in vitro
2015
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 750


Objectifs

Mesurer l’évolution de la température lors de l’utilisation du laser Holmium:YAG dans un modèle rénal in vitro.


Méthodes

Le modèle utilisé consistait en l’utilisation d’un dispositif d’entraînement à l’urétéroscopie souple (URSS) (K-Box®), simulant un arbre urinaire, immergé dans une cuve de sérum physiologique chauffé de manière constante. Un thermomètre endotrachéal était préalablement placé dans les « cavités rénales ». La fibre laser était introduite dans les « cavités rénales » via un URSS. Les températures étaient comparées selon le diamètre de la fibre laser (200 versus 272um), la température du bain d’immersion (24,5°C versus 36,5°C) et cinq réglages laser différents aux temps T=15″, T=30″, T=45″, T=1′, T=5′. L’expérience était arrêtée lorsque la température atteignait 45°C.


Résultats

Il n’y avait pas de différence significative sur la vitesse d’augmentation de la température entre les fibres de 200 et 272um. Par ailleurs, il n’y avait pas de différence de température significative observée entre les fibres de 200 et 272um pour l’ensemble des réglages laser (sauf 0,5J×20Hz, 2J×0,5Hz, 3J×0,5Hz) et ce quelque soit la température de la cuve (24,5°C et 36,5°C). En revanche l’irrigation était le seul facteur influençant de manière significative l’élévation de la température, celle-ci étant statistiquement plus élevée en cas d’irrigation fermée (45°C maximum) qu’en cas d’irrigation ouverte (38,5°C maximum) et ce quel que soit le réglage laser (sauf 4J×0,5Hz pour la fibre 200um) et le diamètre de fibre utilisé. En cas d’irrigation ouverte, la température était significativement plus élevée quand l’énergie laser augmentait (fibres 200, 272um).


Conclusion

L’irrigation lors de l’utilisation du laser Holmium:YAG permet de maintenir la température des « cavités rénales » de notre modèle à un niveau physiologique quels que soient le diamètre de fibre laser et le réglage laser. En l’absence d’irrigation, des températures potentiellement dommageables sont atteintes en un bref délai (Fig. 1, Tableau 1).

Évolution de la testostéronémie après prostatectomie totale : étude prospective sur 69 patients
2015
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 741


Objectifs

Si la testostéronémie préopératoire basse est connue comme un facteur de mauvais pronostic, l’impact de son évolution après prostatectomie n’a pas encore été clairement défini. L’objectif de cette étude est de mesurer l’évolution de la testostéronémie totale après prostatectomie totale et son lien éventuel avec les caractéristiques de la tumeur.


Méthodes

Chez tous les patients consécutifs bénéficiant d’une prostatectomie totale, un dosage de testostéronémie a été réalisé le matin (entre 8h et 11h) la veille de l’intervention. Un second dosage a été réalisé en postopératoire, le matin dans le même laboratoire (celui de l’hôpital). Les caractéristiques cliniques des patients et les données anatomopathologiques ont également été recueillies.


Résultats

Soixante-neuf patients ont été inclus entre février 2013 et avril 2015. L’âge médian était de 64ans (44–73ans). La testostéronémie totale préopératoire moyenne était de 13,1 nmol/L (5,5–30,6). Dosée en moyenne 95jours (21–348jours) après la prostatectomie, la testostéronémie postopératoire moyenne était de 14,35 nmol/L (4,8–29,5), soit une évolution moyenne de testostéronémie par patient modérée mais significative de+0,94 nmol/L (p =0,04). Cette hausse était d’autant plus importante chez les patients ayant une tumeur bien différenciée (+1,84 nmol/L pour les Gleason 3+3 et moins ; p =0,025).


Conclusion

Cette étude a montré, sur un faible effectif, une augmentation modérée mais significative de la testostéronémie après prostatectomie. Cette augmentation était d’autant plus importante que la tumeur était bien différenciée.

Evolution des formes d’hypospadias dans le temps : expérience d’un centre hospitalo-universitaire
2015
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 747


Objectifs

Il semble exister une augmentation de la fréquence et de la sévérité des hypospadias dans les pays développés. La cause principalement évoquée est l’influence de l’environnement par l’utilisation croissante de produits phytosanitaire agissant comme des perturbateurs endocriniens. Nous avons donc réalisé une étude comparant deux séries d’hypospadias pris en charge dans notre centre à 20ans d’intervalle, au sein d’une région viticole utilisant ces produits.


Méthodes

Nous avons revu les comptes rendus opératoires des enfants opérés pour hypospadias sur 2 périodes de 10ans, une première de 1980 à 1990 comparée à une seconde de 2004 à 2014. Les hypospadias ont été classés dans les 3 grades habituels de sévérité croissante : antérieur (balanique ou balano-préputial), moyen (formes péniennes) ou postérieur (scrotal ou périnéal).


Résultats

Le nombre total d’interventions est passé de 285 pour la période 1980–1990 à 389 pour 2004–2014, parmi lesquelles respectivement 262 et 356 pour une chirurgie première, soit une augmentation de 37 %. Parmi ces premières interventions, les formes postérieures restaient stables, respectivement de 11 (4,2 %) en 1980–1990 à 13 (3,7 %) en 2004–2014 (NS). En revanche, la proportion de formes moyennes augmentait de 25,2 % à 40,6 % (p <0,001) et celle des formes antérieures diminuait de 70,6 % à 56,1 % (p <0,001). Notons que la natalité de notre région a légèrement diminuée entre les 2 périodes, passant de 10 617 en 1985 à 10 165 en 2009.


Conclusion

Le nombre d’enfants opérés pour hypospadias a significativement augmenté, même si la possible variation des recrutements entre ces périodes rend toute conclusion difficile. L’évaluation de la sévérité montre que les formes postérieures, très malformatives, ne changent pas au cours du temps ; néanmoins, la proportion des formes moyennes augmentent par rapport aux formes antérieures, par possible influence des perturbateurs endocriniens.

Évolution du nombre et du type de prothèses péniennes posées en France pour dysfonction érectile : analyse des données nationales de codage pour la période 2006–2013
2015
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 813


Objectifs

Les patients ne répondant pas aux traitements pharmacologiques oraux, injectables ou au vacuum peuvent bénéficier de la pose d’une prothèse pénienne. Trois types de prothèses peuvent être proposés : les prothèses rigides ou semi-rigides, les prothèses gonflables 2 et 3 pièces. Les auteurs ont souhaité évaluer l’évolution de la prise en charge chirurgicale de la dysfonction érectile en France au moyen des données nationales du codage.


Méthodes

Analyse des données issues de la base de l’Agence technique de l’information sur l’hospitalisation (ATIH) (2006–2013) en utilisant la classification commune des actes médicaux (CCAM) et après extraction des codes relatifs à cette chirurgie (JHLA002, JHLA003, JHLA004).


Résultats

Le nombre de prothèses péniennes posées en France a augmenté de 106 % (307 en 2006 contre 633 en 2013). Les prothèses péniennes gonflables avec composante extra-caverneuse demeuraient les prothèses les plus fréquemment posées (87 %) avec une progression de 142 % pendant cette période (228 en 2006 contre 552 en 2013). En deuxième position on retrouvait les prothèses rigides, même si la pose a diminué de 26,7 %. Enfin, la pose des prothèses péniennes gonflables sans composante extra-caverneuse restait anecdotique avec une vingtaine d’interventions annuelles. En 2013, plus de la moitié des prothèses péniennes françaises étaient posées dans trois régions (Île-de-France, Languedoc-Roussillon, Rhône-Alpes). Entre 2006 et 2013 la répartition privée/publique des zones d’implantation s’est modifiée avec 65,8 % d’implantation en secteur privé en 2006 contre 56,9 % d’implantation en secteur publique en 2013.


Conclusion

Le nombre de prothèses péniennes posées entre 2006 et 2013 a doublé en France. Trois régions semblaient particulièrement actives pour cette chirurgie (Île-de-France, Languedoc-Roussillon, Rhône-Alpes). La prise en charge de cette activité restait partagée entre les secteurs d’hospitalisation publics et privés.

Évolution du profil de 4501 patients candidats à une première série de biopsies prostatiques inclus sur 13 ans dans un centre français
2015
- Communications posters
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 828


Objectifs

Le but de cette étude était d’évaluer l’évolution des caractéristiques des patients ayant eu une première série de biopsies prostatiques entre 2002 et 2014, à partir d’une base de données monocentriques prospectives.


Méthodes

Entre 2002 et 2014, les données des patients bénéficiant d’une première série de biopsies de prostate ont été colligées de façon prospective. L’âge, le PSA total, le stade clinique, le score de Gleason et le taux de détection du cancer de prostate (CaP) ont été comparés en fonction de l’année de réalisation des biopsies prostatiques par test de Chi2, tendance linéaire et Anova pour l’âge. L’âge moyen des patients était de 64±8,2ans, le volume prostatique moyen de 47,8±28,5c33, le PSA total sérique moyen de 26±199ng/mL et le nombre moyen de biopsies réalisées de 19,9±3.


Résultats

Quatre mille cinq-cent un patients ont eu une première série de biopsies prostatiques sur les 13 dernières années avec un taux de détection de cancer de 46 %. Le taux de détection tend à augmenter de façon significative depuis 2012 (p <0,0001). L’âge des patients ne présente pas de variation significative. Le nombre de patients biopsiés avec un PSA<4ng/mL diminue significativement depuis 2011 (12,41 % en 2011 vs 4,96 % en 2014 ; p<0,0011). Au contraire, les patients avec un stade clinique≥T2c, un PSA≥10ng/mL et un score de Gleason≥7 augmentent régulièrement et significativement depuis 2010 (p <0,0001) ; avec des variations entre 86,13 % et 71,35 % pour le stade T1c, et entre 49,47 % et 28,79 % pour les score de Gleason<7.


Conclusion

Sur les 13 dernières années, le taux de détection du CaP sur une première série de biopsies a augmenté sans modification de l’âge moyen des patients. On observe depuis 2010 une modification des profils des patients biopsiés avec une tendance à des CaP plus agressifs, probable conséquence de la diminution de prescription du PSA par les médecins traitants.

Existe-t-il une différence de résultats entre la laparoscopie «  hand assisted  » et la laparoscopie robot-assistée pour néphrectomie donneur vivant ?
2015
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 724


Objectifs

Comparer l’évolution clinique et biologique après néphrectomie donneur vivant par laparoscopie hand assisted (LMA) ou par laparoscopie robot-assistée (LRA).


Méthodes

Étude rétrospective de 2009 à 2014 comparant les résultats de 121 et 51 prélèvements rénaux dans deux services d’urologie français. Dans la LMA la dissection était guidée dès le début par la main de l’opérateur introduite en intra-abdominal, via un abord de Pfannenstiel alors que dans la LRA la dissection était complètement mini-invasive et l’abord de Pfannenstiel était réalisé pour l’extraction du rein. Pour les donneurs, les données comparées étaient : créatininémie, durée d’ischémie chaude, durée opératoire, complications, durée de séjour et pour les receveurs : fonction immédiate du greffon, recours à l’hémodialyse, nombre de rejets traités et fonction rénale à 1 an.


Résultats

Les 2 groupes (LMA et LRA) étaient comparables. En per-opératoire des différences significatives ont été observées : durée d’ischémie chaude : 2,8min±0,3 vs 6,2±0,4 et durée opératoire : 163min±3 vs 233±5. En post-opératoire les complications Clavien 2 à 1 mois étaient : 10,7 % vs 2 % (p =0,054). N’étaient pas significativement différents : la diminution de la créatininémie du donneur à 1 an (28,8μmol/L±1,5 vs 24,9±2,8), la durée de séjour (5,4j±1,1 vs 5,1±1,2), la reprise de fonction du greffon (80,2 % vs 82,4 %), le taux de dialyses (4,1 % vs 1,96 %), le taux de rejets traités (11,6 % vs 19,6 %) et la créatininémie du receveur à 1 an (122μmol/L±4 vs 129,4±6,4).


Conclusion

Si le temps d’ischémie chaude et la durée opératoire étaient significativement plus courts en LMA, il n’existait pas de différence sur la reprise immédiate de la fonction du greffon et les différentes valeurs de créatininémie chez le donneur ou le receveur. Cependant, les complications post-opératoires Clavien 2 semblaient plus importantes en laparoscopie hand assisted .