Base bibliographique

Sommaire :

Effet de l’énucléation de la prostate au laser Holmium (HoLEP) sur la fonction sexuelle : à propos de 100 patients
2015
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 780


Objectifs

Évaluer les effets de l’énucléation de la prostate au laser Holmium (HoLEP) sur la fonction sexuelle.


Méthodes

Réalisation d’une étude rétrospective sur 100 patients ayant bénéficié d’une HoLEP divisés en quatre groupes selon les scores IIEF-5 (groupe I=dysfonction érectile sévère, groupe II=dysfonction érectile modérée, groupe III=dysfonction érectile légère et groupe IV=fonction érectile normale). Les patients ont été évalués en préopératoire et en postopératoire à 3, 6 et 12 mois. Les paramètres de l’évaluation sont le débit urinaire, le résidu post-mictionnel et les questionnaires de symptômes scores (IPSS, QoL et IIEF-5).


Résultats

L’âge moyen dans les groupes I, II, III et IV est respectivement 73, 71, 67 et 62ans. Bien qu’il n’existe pas de différence significative entre les résultats des scores IIEF-5 pré- et postopératoires dans le groupe IV, 12 % des patients ont vu leur score s’améliorer et 14 % ont vu leur score diminuer à 1 an de l’intervention. Le Tableau 1 résume l’évolution des scores IIEF-5.

À 12 mois postopératoire, 70 % des patients déclarent une éjaculation rétrograde et 16 % une diminution notoire de l’éjaculation. Tous les groupes ont vu une amélioration significative des questionnaires IPSS et QoL.


Conclusion

Cette étude montre que l’HoLEP n’affecte pas la fonction érectile si ce n’est, comme attendu, l’éjaculation. Ce travail confirme également une satisfaction de la sexualité proportionnelle à l’amélioration des symptômes urinaires du bas appareil.

Effets opposés de l’hypogonadisme sur les caractéristiques histologiques et le devenir des cancers de la prostate localisés traités par prostatectomie radicale
2015
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 741


Objectifs

L’étude préalablement publiée d’une cohorte de 431 patients traités par prostatectomie radicale pour un cancer de la prostate localisé a montré une association entre l’agressivité du cancer définie par le grade de Gleason prédominant (PrdGP), et la testostéronémie préopératoire. L’objectif était d’étudier la survie sans récidive biologique (SSRB) de ces patients en fonction de leur statut gonadique.


Méthodes

Étude prospective où 431 patients consécutifs adressés à notre département (entre janvier 2007 et mai 2011) pour une prostatectomie totale ont eu un dosage de la testostéronémie totale (TT) sérique préopératoire. Le GS et le PrdGP ont été déterminés sur la biopsie prostatique et la pièce de prostatectomie par une relecture croisée par deux uro-pathologistes. L’hypogonadisme a été défini par une testostéronémie totale<3ng/mL. La SSRB a été estimé selon la méthode de Kaplan-Meier (SPSS® v.17, Chicago, IL).


Résultats

Sur les pièces de prostatectomies, la fréquence du PrdGP4 était de 31 % (132 patients). Chez ces patients, la TT était inférieure en comparaison au 299 patients ayant un PrdGP3 (4,19 vs 4,76ng/mL, p =0,001) et le PSA était supérieur (10,8 vs 7,8ng/mL, p <0,00001). L’extension extra-prostatique (49 vs 20 %, p <0,000001) et les marges positives étaient plus fréquentes (23 vs 14 %, p =0,02). Les 62 patients hypogonadiques avaient plus fréquemment un PrdGP4 (47 vs 28 %, p =0,002). La SSRB à 5ans était inférieure chez les patients PrdGP4 (50,2 vs 91,8 %, p <0,001), pT≥3 (61,9 vs 86,0 %, p <0,001), et ayant des marges positives (63,7 vs 82,9 %, p =0,014), mais pas chez les patients hypogonadiques (81,0 vs 78,9 %, p >0,05). De plus, l’hypogonadisme était associé à une SSRB supérieure, notamment chez les patients PrdGP4 (Fig. 1).


Conclusion

Alors qu’une TT faible est associée à une fréquence supérieure de PrdGP4, qui est un marqueur de l’agressivité du cancer de la prostate, les patients hypogonadiques qui ont un PrdGP4 ont une SSRB supérieure après prostatectomie radicale. Cet effet contradictoire de l’hypogonadisme sur le risque de récidive biologique justifie des études complémentaires.

Effets pharmacogénomique du Prostaphane ® sur des cellules cancéreuses de prostate
2015
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 837-839


Objectifs

Des études épidémiologiques ont suggéré que des régimes alimentaires riches en légumes crucifères avaient un effet protecteur sur le risque de cancer de prostate. D’autres études ont démontré l’effet inhibiteur sur la prolifération de cellules cancéreuses prostatiques in vitro du Sulforaphane, un constituant des légumes crucifères. Notre étude vise à identifier les effets pharmacogénomiques du Prostaphane® (contenant du Sulforaphane) sur les cellules tumorales prostatiques.


Méthodes

Le sérum de sujets masculins avant (SH1) et après 5jours (SH2) de prise de Prostaphane® (60mg/jour) a été collecté. Trois lignées cellulaires (PNT1, 22RV1 et DU145) ont été cultivées en présence de milieu DMEM sans sérum durant 24heures, puis incubées avec le sérum SH1 (10 %) ou SH2 (10 ou 20 %) pendant 48heures. À partir de culots cellulaires, une extraction d’ARN a été réalisée. Les ARNs ont été hybridés sur puce HG-U133 Plus 2.0 (Affymetrix) pour comparaison du transcriptome des mêmes lignées en fonction des conditions de traitement.


Résultats

En comparaison avec les cellules traitées avec du sérum avant prise de Prostaphane®, en prenant un fold-change  >2 et selon les lignées, de 93 à 651 transcrits étaient sur-exprimés et de 66 à 127 sous-exprimés après traitement avec 10 % de sérum recueilli après prise de Prostaphane® ; de 63 à 706 transcrits étaient sur-exprimés et de 28 à 637 sous-exprimés après traitement avec 20 % du même sérum (Fig. 1). Un effet dose a été observé pour 2 transcrits pour la lignée 22RV1, 9 pour PNT1 et 6 pour DU145 (Tableau 1). De plus, le même oncogène est sous-exprimé de façon dose dépendante dans les lignées PNT1 et 22RV1. Pour la lignée DU145, plusieurs transcrits codant pour un même long ARN non codant sont retrouvés sous-exprimés de façon dose dépendante.


Conclusion

Cette étude a permis d’identifier un oncogène dont l’expression est diminuée dans les lignées prostatiques PNT1 et 22RV1 après traitement avec du Prostaphane®. De plus, l’expression d’un long ARN non codant, précédemment identifié comme sur-exprimé dans les cancers de prostate et associé à la progression tumorale, est diminuée dans la lignée métastatique DU145 par le traitement avec du Prostaphane®.

Effets sur le long terme d’injections de toxine botulinique intra-détrusorienne
2015
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 738


Objectifs

Évaluer sur le long terme, les effets d’injections répétées de toxine botulinique intra-détrusorienne dans une population composée de patients atteints d’hyperactivité vésicale neurologique et idiopathique.


Méthodes

De 2001 à 2015, évaluation rétrospective d’une cohorte de 118 patients ayant reçus≥5 injections de toxine botulinique intra-détrusorienne (TBA) sur une période≥5ans dans un centre de neuro-urologie. Chaque injection de TBA était réalisée en ambulatoire. Deux toxines étaient administrées : Botox® (100 à 400UI) et Dysport® 1000. Une consultation de contrôle ainsi qu’un bilan urodynamique étaient réalisés 1 mois après chaque injection afin de juger de l’efficacité clinique et paraclinique de la TBA. L’ensemble du recueil a été fait à partir de données informatisées.


Résultats

Parmi les patients traités, 68,6 % depuis plus de 5ans sont toujours contrôlés par les injections itératives de TBA. Il y a 90,6 % des patients qui étaient continents 4 semaines après la première injection. L’âge moyen était de 45ans (14–84) avec une proportion de femme à 65 %. Quatre-vingt-neuf pour cent de la cohorte était atteints d’hyperactivité vésicale d’origine neurologique. L’intervalle moyen entre 2 injections était de 7 mois avec un nombre maximal d’injections à 24. Toute la population a bénéficié d’une période de traitement de minimum 5ans avec 44 % de patients suivis ≥8ans. Parmi les patients, 25,4 % ont présenté un échappement thérapeutique et 70 % d’entre eux ont bénéficié d’une alternative thérapeutique chirurgicale (10 agrandissements vésicaux, 6 cystectomies Bricker, 2 neuromodulations sacrées, 3 ballonnets ACT). Il y a eu 41 % de changement de toxine (21 % Dysport® vers Botox® et 20 % Dysport® vers Botox®).


Conclusion

Notre étude démontre que les injections répétées de toxine botulinique intra-détrusorienne sont à la fois une thérapeutique efficace et durable chez les patients atteints d’hyperactivité vésicale. Un suivi sur le long terme est préconisé dans cette jeune population afin d’identifier les échappements thérapeutiques à temps (Tableau 1, Fig. 1).

Efficacité à long terme des uréthroplasties de substitution par greffon dorsal pour sténoses uréthrales bulbo-scrotales : suivi après 10 ans
2015
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 817


Objectifs

L’urétroplastie de substitution avec greffon dorsal est une chirurgie connue depuis plus de 15ans. De nombreuses séries rapportent des taux de succès élevés sur des suivis à moyen terme. Le but de notre étude est d’évaluer l’efficacité de cette chirurgie à long terme sur 10ans, et de comparer les résultats entre les greffons de peau préputiale (PP) et de muqueuse buccale (MB).


Méthodes

Soixante-quatre dossiers de patients opérés entre 1998 et 2007 d’une urétroplastie par greffon dorsal de PP ou de MB pour des sténoses bulbo-scrotales ont été revus. Tous ont été opérés par le dernier auteur. Toute intervention subséquente, y compris des dilatations, était considérée comme un échec. Les patients non contrôlés depuis>1 an ont été convoqué pour évaluation, y compris débitmétrie. Les écarts sont exprimés en interquartiles sauf mention contraire.


Résultats

Quarante-deux dossiers sur 64 étaient complets, 22 exclus par manque de données (9 décès). L’âge médian était de 60ans (écart 25–79) et la longueur médiane de la sténose de 4cm (écart 2–8). Vingt-quatre ont bénéficié d’un greffon de PP et 18 de MB. Vingt-huit (67 %) avaient des antécédents de chirurgies urétrales. Après un suivi médian de 123 mois (75–156), l’urétroplastie par greffon dorsal a été un succès chez 33 patients (79 %) et la moyenne du débit maximum post-opératoire était de 16mL/s (10–19) au dernier contrôle. Les taux de succès des greffons de PP et de MB étaient équivalents : respectifement 79 et 78 %. Neuf récidives après un délai médian de 48 mois (21–65). Quatre complications ont été répertoriées (une Clavien IIIb), sans séquelle à long terme.


Conclusion

L’urétroplastie par greffon dorsal est une chirurgie sûre avec un haut taux de succès après 10ans de suivi. La provenance du greffon (PP vs MB) ne semble pas avoir d’impact sur le taux de succès.

Efficacité de l’IRM multiparamétrique et des biopsies ciblées dans le diagnostic des foyers significatifs de cancer de prostate : corrélation avec les spécimens de prostatectomie
2015
- Communications posters
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 831


Objectifs

Les biopsies ciblées par fusion des images d’IRM multiparamétrique (IRMmp) et d’échographie transrectale augmentent le rendement diagnostic des foyers tumoraux identifiés par IRMmp. Néanmoins, des biopsies randomisées sont toujours effectuées en même temps que les biopsies ciblées. Notre but est de déterminer l’efficacité des biopsies de fusion combinées aux biopsies randomisées dans la détection des foyers significatifs et dans la prédiction du score de Gleason.


Méthodes

Analyse rétrospective des patients ayant bénéficié d’une IRMmp, de biopsies et d’une prostatectomie radicale dans notre institution en 2014. L’IRMmp était effectuée sur une machine 3T avec antenne endorectale et lue par 2 uro-radiologues seniors. Les biopsies ont été pratiquées par des urologues expérimentés sur l’Urostation Koelis. Tous les foyers tumoraux ont ensuite été caractérisés sur des pièces de prostatectomie radicale par 1 uro-pathologiste dédié. Les foyers significatifs ont été définis comme tout volume supérieur à 0,5mL, tout score de Gleason≥7 ou tout foyer avec extension extraprostatique.


Résultats

Sur les 25 spécimens opératoires, 62 foyers ont été recensés (2,48/pièce) dont 40 (65 %) significatifs. L’IRMmp avait identifié 31 des 40 foyers (78 %) et les biopsies randomisées et ciblées 39 (97 %). Si l’on considère le foyer index (score de Gleason le plus élevé, plus haut volume ou extension extraprostatique), le taux de détection par l’IRMmp était de 84 % (21/25). L’ajout des biopsies randomisées augmentait ce taux à 96 % (24/25). Une corrélation exacte entre le Gleason bioptique et le Gleason définitif a été observée pour 84 % des foyers index. Huit pour cent des biopsies présentaient un score de Gleason supérieur au Gleason définitif du foyer, et 8 % un score inférieur.


Conclusion

Vingt-deux pour cent des foyers significatifs et 16 % des foyers index sont à risque d’omission par biopsies ciblées des seules lésions identifiées à l’IRMmp. Ces résultats plaident en défaveur de l’adoption des biopsies ciblées seules, notamment dans le contexte d’un traitement focal/zonal. Les biopsies combinées permettent une excellente détection des foyers significatifs et une bonne prédiction de leur score de Gleason définitif.

Efficacité et tolérance des injections intra-prostatique de toxine botulique dans le traitement de l’hyperplasie bénigne de prostate symptomatique : PHRC national PROTOX
2015
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 853-854


Objectifs

Les injections intra-prostatiques de toxine botulique de type A (BoNT-A) ont montré des résultats prometteurs dans plusieurs études portant sur le traitement de l’hyperplasie bénigne de la prostate (HBP) symptomatique. Notre objectif était de comparer l’efficacité et la tolérance des injections intra-prostatiques de BoNT-A avec un traitement médical optimal pour la prise en charge des SBAU/HBP.


Méthodes

Les patients recevant un traitement pour HBP symptomatique ou ayant un score IPSS≥8 étaient randomisés entre injections intra-prostatiques de BoNT-A et traitement médical optimal. À j30, les patients du groupe BoNT-A devaient arrêter tout traitement médical. Les patients de l’autre groupe pouvaient avoir un dernier ajustement de leur traitement. Aucun changement de thérapeutique n’était ensuite autorisé jusqu’à j120. Des visites de suivi étaient prévues 7, 12 et 18 mois après randomisation. Le critère de jugement principal était le score IPSS à j120. L’hypothèse de non-infériorité était considérée comme atteinte si la différence d’IPSS entre les groupes était<3.


Résultats

Cent vingt-sept patients ont été randomisés. À l’inclusion, l’IPSS moyen était de 16,9±7,2 dans le groupe BoNT-A et de 15,7±7,3 dans le groupe témoin. Dans le groupe BoNT-A, 73,3 % des patients ont pu interrompre tout traitement médical entre j30 et j120. L’IPSS moyen à j120 était de 12,0±6,7 dans le groupe BoNT-A (n =44) vs 11,8±6,9 dans le groupe témoin (n =60). Après ajustement sur l’IPSS de départ, la différence d’IPSS entre les groupes était de 0,04 ; IC 95 % [–2,16 ; 2,09]. Les évènements indésirables graves comprenaient 3 prostatites (2 dans le groupe BoNT-A), 1 hématurie macroscopique (groupe BoNT-A), 2 rétentions aiguës d’urine (1 dans chaque groupe) et 7 traitements chirurgicaux de l’HBP (1 dans le goupe BoNT-A). Les analyses statistiques sont en cours pour les suivis à 7 et 12 mois.


Conclusion

Un mois après injection de BoNT-A, 3 patients sur 4 ont pu interrompre tout traitement médical pour leurs SBAU. A J120, les injections de BoNT-A n’étaient pas inférieures au traitement médical optimal. Les interventions chirugicales pour traitement de l’HBP étaient 6 fois plus fréquentes dans le groupe traitement médical. Les résultats à 1 an sont en cours d’analyse (Fig. 1).

Endomicroscopie confocale laser dans la prise en charge des tumeurs de la voie excrétrice urinaire supérieure : résultats préliminaires
2015
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 805


Objectifs

Évaluer la faisabilité de l’utilisation de l’endomicroscopie confocale laser (ECL) lors de l’urétéroscopie souple (URSS) diagnostique réalisée pour suspicion de tumeur de la voie excrétrice urinaire supérieure (TVEUS). Étudier la concordance entre résultats obtenus par ECL et résultats histologiques.


Méthodes

Huit patients ayant une URSS diagnostique pour suspicion de TVEUS ont été inclus. Une biopsie de la lésion suspecte était réalisée en début de procédure pour analyse histologique. 5mL de fluorescéine à 1 % étaient ensuite injectés dans les cavités pyélocalicielles par le canal opérateur de l’URSS. Puis l’ECL était réalisée au moyen d’une sonde flexible de 3-Fr permettant d’obtenir une image de résolution microscopique, un champ de vision de 325um et une image de profondeur tissulaire de 40–70um. La sonde était placée au contact de la lésion suspecte puis l’acquisition vidéo en temps réel débutée et comparée simultanément à la vue endoscopique.


Résultats

Le diagnostic histologique de carcinome urothélial papillaire non infiltrant de bas grade était porté chez deux patients. Dans les autres cas, il s’agissait de dysplasie (1), d’inflammation isolée (1), pas assez de tissu analysable (3), absence de biopsie réalisée du fait de la taille minimale de la lésion (1). L’ECL a pu être réalisée dans tous les cas. L’injection de fluorescéine n’avait pas altéré la qualité d’image pour permettre la photoablation tumorale. Concernant les deux patients avec carcinome urothélial confirmé histologiquement, l’ECL permettait de visualiser au niveau de la lésion suspectée la structure papillaire, le pléomorphisme nucléaire et l’axe fibrovasculaire. A contrario, au contact d’un urothélium sain, l’ECL permettait de visualiser la structure normale de l’urothélium : lamina propria avec vaisseaux et tissu conjonctif.


Conclusion

Ces données montrent que l’utilisation de l’ECL est possible lors d’une URSS diagnostique. Ce système fournit une qualité d’image permettant de distinguer l’urothélium sain du tumoral et obtient des résultats concordants à ceux obtenus en histologie mais ces données doivent être supportées par d’autres études.

Enquête de prévalence sur le sondage urinaire dans un centre hospitalo-universitaire
2015
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 776


Objectifs

L’infection urinaire est la première cause d’infection nosocomiale et le sondage urinaire en est le principal facteur de risque. Nous avons évalué au sein de notre institution les pratiques liées au sondage urinaire (SU).


Méthodes

Une enquête de prévalence du SU, répartie sur une semaine, a été effectuée en septembre 2014 dans l’ensemble des services adultes de notre institution. Nous avons étudié les indications de SU, la durée de SU, et la présence de bactériurie sur sonde. Un test de Chi2 a été utilisé pour comparer les variables quantitatives et un test de Student pour les variables qualitatives. Nous avons audité 1046 patients, parmi lesquels 127 (12,1 %) étaient sondés. L’âge moyen des patients était de 72ans [18–101].


Résultats

La prévalence du SU était plus importante en réanimation médicale (91 %), réanimation chirurgicale (88 %), urologie (55 %), gériatrie (18 %) et soins de suite (18 %). La durée moyenne de sondage était de 7,79jours et était plus courte en chirurgie qu’en médecine (3,67 vs 9,63jours ; p <0,001). La SU était présente depuis plus de 4jours dans 60 % des cas. La rétention aiguë d’urine était l’indication la plus fréquente (44 %) et concernait significativement plus de patients de médecine que de chirurgie (67 % vs 24 %). Les autres motifs étaient le périopératoire (20 %), la quantification de diurèse (13,7 %) et l’immobilisation stricte (8 %). Les indications non reconnues ou poses pour confort du personnel représentaient 2 % des patients. Parmi les patients sondés, 10 % présentaient une infection urinaire, majoritairement en médecine (30 % vs 8 %).


Conclusion

La prévalence de notre centre est près d’une fois et demie supérieur à la prévalence nationale (8,1 %), même s’il reste en-dessous de la moyenne européenne (17,2 %). La maîtrise du risque d’infection passe par le respect des indications de pose et la réduction des durées de sondage. Le respect des ces règles est impératif pour diminuer les infections nosocomiales d’origine urinaire.

Enquête nationale auprès des urologues sur la pratique de l’IRM prostatique
2015
- Communications posters
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 829


Objectifs

Enquête destinée à décrire les pratiques des chirurgiens urologues concernant l’IRM prostatique dans la prise en charge du cancer de prostate.


Méthodes

Un questionnaire de 15 items a été envoyé par e-mail par l’intermédiaire de l’AFU à ses membres. Cette enquête a été validée conjointement par la Société d’imagerie génito-urinaire et le Comité de cancérologie de l’AFU.


Résultats

Au total, 300 urologues ont répondu, majoritairement du secteur libéral (50 %) et un tiers du secteur public (30,33 %). Le délai moyen d’obtention de l’imagerie prostatique est situé entre 15 à 30jours (53 %). L’IRM prostatique est principalement demandée avant biopsies (1re série 57 %, 2e série 90 %) dans le cadre du bilan d’extension du cancer prostatique (86 %) et de la surveillance active (85 %). Près de 80 % des urologues utilisent un ciblage dit cognitif pour les biopsies ciblées contre 29 % qui utilisent un système de fusion d’image. Les biopsies ciblées sont effectuées majoritairement par l’urologue seul (75 %). Les examens sont interprétés par un radiologue spécialisé dans 76 % des cas. Les urologues estiment complet les comptes rendus des examens dans près de 54 % (Score PIRADS (55 %), schéma (60 %), planche résumée (73 %)).


Conclusion

Cette enquête objective la très bonne diffusion de l’IRM prostatique dans la prise en charge du cancer de prostate sur le territoire Français et témoigne d’une bonne satisfaction de la complétude des comptes rendus.

Entérobactéries productrices de BLSE : prévalence, co-résistance et facteurs de risque ; où sommes nous ?
2015
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 811


Objectifs

Introduction. — Les infections urinaires à entérobactéries productrices de B-lactamases à spectre élargi constituent un risque infectieux croissant et peuvent même conduire dans de nombreux cas à des impasses thérapeutiques du fait de leur multirésistance aux antibiotiques. But. — Suivre l’évolution du profil épidémiologique des entérobactéries uropathogènes productrices de B-lactamases à spectre élargi (E-BLSE) au service d’urologie et décrire leur niveau de résistance.


Méthodes

C’est une étude rétrospective monocentrique réalisée au sein du service d’urologie d’un centre hospitalier universitaire sur une durée d’onze ans (janvier 2004–décembre 2014), sur 1141 prélèvements urinaires positifs.


Résultats

L’âge moyen des patients était de 63,7ans (extrêmes : 16 à 100ans). On a noté une prédominance masculine (sex-ratio de 3,5). Quant aux motifs d’hospitalisation, la pathologie prostatique présentait 37,22 % suivie de celle rénale avec 23,48 % puis vésicale avec 22,52 %. 878 isolats d’entérobactéries ont été colligés durant la période d’étude dont 19 % étaient productrices de BLSE (Fig. 1) L’étude de l’antibiorésistance des E-BLSE entre 2004 et 2014 a mis en évidence un taux de co-résistance globale à la ciprofloxacine (28 %), sulfaméthoxazole–triméthropime (24 %), l’amikacine (38 %), l’imipénème (75 %), la nitrofurantoine (13 %) et la fosfomycine (9 %). Parmi les facteurs de risque d’infection par ces germes, le cathétérisme urinaire était prédominant (prévalence de 70,5 %), le sexe masculin, l’âge extrême et l’immunodépression (diabète).


Conclusion

L’importante augmentation de la prévalence des E-BLSE est devenue préoccupante en milieu hospitalier. L’étude de la résistance des souches d’E-BLSE aux antibiotiques a mis en évidence des taux de co-résistance élevés aux antibiotiques, notamment aux molécules usuelles en urologie.

Énucléation bipolaire au plasma versus prostatectomie ouverte dans suivi sur 4 ans – un progrès technologique dans l’approche endoscopique des grandes HBP
2015
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 731


Objectifs

Étude prospective, randomisée à long terme a évalué la viabilité de l’énucléation bipolaire au plasma de la prostate (EBPP), par rapport à la prostatectomie ouverte (PO) dans les cas de grandes prostates.


Méthodes

Cent quarante patients avec hyperplasie bénigne de la prostate (HBP), volume prostatique >80mL, débit maximal (Qmax) <10mL/s et Score International Symptomatique de la Prostate (IPSS)>19 ont été également randomisés pour EBPP et PO (70 cas chacun). Les patients ont été évalués semestriellement après la chirurgie pendant 4ans par IPSS, Qmax, score de qualité de vie (QoL), le volume urinaire résiduel post-mictionnel (VRP), le volume prostatique postopératoire et l’évolution du niveau du PSA.


Résultats

EBPP et PO ont souligné des durées opératoires (91,4 contre 87,5minutes) et du poids des tissus prélevés (108,3 contre 115,4 grammes) moyennement similaires. Le taux d’hématurie postopératoire (2,9 % contre 12,9 %), la baisse moyenne du niveau de l’hémoglobine (1,7 contre 3,1g/dL), la période de cathétérisme (1,5 contre 5,8jours) et du séjour à l’hôpital (2,1 contre 6,9jours) ont été significativement réduits pour l’EBPP. Le re-cathétérisme pour la rétention urinaire aiguë était plus fréquent après PO (8,6 % contre 1,4 %). Aucune différence statistiquement significative n’a été déterminée en fonction de l’IPSS, Qmax, QoL, VRP, le niveau du PSA et le volume prostatique. Les diminutions du volume prostatique calculées et la réduction du niveau du PSA, par rapport aux mesures préopératoires, étaient statistiquement équivalentes pour EBPP et de PO.


Conclusion

L’EBPP a été caractérisée par l’efficacité chirurgicale, ainsi que les capacités d’élimination des tissus de l’HBP, similaires par rapport à PO. Les patients du groupe EBPP ont bénéficié d’un meilleur profil de sécurité péri-opératoire, significativement moins de complications, une période de convalescence plus courte, des scores de symptômes et des paramètres mictionnels satisfaisants à long terme.

Énucléation de la prostate au laser Holmium (HoLEP) : expérience monocentrique après 400 procédures avec 1 an de recul
2015
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 779-780


Objectifs

L’HoLEP est une alternative aux techniques chirurgicales conventionnelles dont la courbe d’apprentissage est décrite comme difficile et peu reproductible. Nous présentons ici les résultats périopératoires, les complications et les résultats fonctionnels des 400 premiers patients consécutifs opérés dans notre service.


Méthodes

Quatre cent patients ont été opérés sur une période de 22 mois par 9 opérateurs d’un même centre hospitalier universitaire (CHU). Les données cliniques et paracliniques (PSA, volume prostatique, débitmétrie urinaire) ainsi que les complications per- et postopératoires étaient recueillies de manière prospective chez tous les patients. Des auto-questionnaires standardisés étaient utilisés pour évaluer les symptômes urinaires et sexuels (IPSS, IIEF-5). Les complications peropératoires et postopératoires précoces et tardives ont également été recueillies et classées selon la classification de Clavien-Dindo. Nous présentons ici une analyse rétrospective descriptive des résultats à 1 an pour l’ensemble de ces patients.


Résultats

Les caractéristiques de la population sont présentées dans le Tableau 1. En moyenne, la durée opératoire était de 94,2minutes, le volume prostatique réséqué de 44g et la durée d’hospitalisation de 2,1 nuits postopératoires. Six interventions (1,5 %) n’ont pas été menées à leur terme : 3 conversions en RTUP, 2 énucléations incomplètes et 1 morcellation incomplète. Trois complications peropératoires sévères sont survenues : 2 coagulations des méats urétéraux et 1 décollement sous trigonal. À 1 an, 29 patients avaient présenté une complication de grade de Clavien 3 (7,0 %), dont 21 correspondaient à des re-traitements (5 %) (Tableau 2). À 3 mois, 16 % des patients présentaient une incontinence urinaire d’effort. À 1 an, 10 patients (2,5 %) restaient incontinents, dont 3 avaient nécessité une prise en charge chirurgicale.


Conclusion

L’HoLEP est une technique chirurgicale reproductible qui peut être enseignée au sein d’un CHU avec des résultats fonctionnels satisfaisants et sans risque de complication majeure.

Énucléation laser de la prostate au laser Holmium : technique d’énucléation en bloc
2015
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 865


Objectifs

Énucléation laser de la prostate au laser Holmium : technique d’énucléation en bloc. L’énucléation laser de la prostate au laser Holmium est habituellement enseignée avec l’énucléation de 3 lobes consécutifs (lobe médian, lobe droit et lobe gauche). L’objectif de cette vidéo était de montrer une technique d’énucléation en bloc de la prostate.


Méthodes

Notre équipe a une expérience de plus de 500 HoLEP. Progressivement, la technique a été modifiée et l’énucléation des 3 lobes a évolué pour certains opérateurs vers une technique d’énucléation en un seul bloc de la prostate. Nous proposons ici une vidéo chirurgicale d’une énucléation en bloc de la prostate au laser Holmium. Il s’agissait d’un patient de 55ans, présentant une prostate de 70cm3 et opéré en chirurgie ambulatoire. Les différentes étapes de la procédure ont été détaillées pour les rendre accessible y compris aux urologues non habitués à cette technique chirurgicale.


Résultats

Une incision cervicoprostatique est réalisée à 6h dans l’urètre prostatique. Le plan d’énucléation est développé autour de l’apex du lobe gauche puis poursuivi en latéral et à la face antérieure au-dessus du lobe gauche puis du lobe droit. Le lobe droit est énucléé depuis la même incision postérieure, autour de l’apex puis vers la face latérale et antérieure. Les plans d’énucléation se rejoignent progressivement jusqu’à libérer entièrement la face antérieure de l’adénome. Les dernières attaches des apex prostatiques sont incisées puis la prostate est luxée dans la vessie avant d’être énucléée à sa face postérieure et morcelée. La durée d’intervention était de 50minutes au total, l’énergie laser délivrée de 130kJ. La durée d’hospitalisation était de 8h et la durée de sondage de 23h.


Conclusion

L’énucléation en bloc est une variante de la technique classique d’énucléation laser de la prostate au laser Holmium (HoLEP). Dans notre expérience, cette technique est légèrement plus rapide que la technique standard.

Énucléation prostatique au laser Greenlight (GreenLEP) versus Photovaporisation prostatique (PVP) GreenlightXPS 180 W pour les volumes de > 80 mL : étude monocentrique comparative et prospective des résultats péri-opératoires et fonctionnels à ...
2015
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 732


Objectifs

Évaluer l’efficacité, la morbidité péri-opératoire et les résultats fonctionnels de l’énucléation prostatique au laser Greenlight (GreenLEP) et de la photovaporisation prostatique (PVP) Greenlight XPS 180W dans le traitement chirurgical de l’hypertrophie bénigne de prostate (HBP) de plus de 80 cc.


Méthodes

Entre janvier 2012 et février 2015, 91 patients avec un volume prostatique>80mL ont étés opérés par PVP (n =70) ou GreenLEP (n =21) pour HBP symptomatique. Les données pré-, per- et postopératoires ont été recueillies prospectivement. Les données continues et catégorielles ont été comparées par test de Kruskallwallis et Chi2, respectivement.


Résultats

Le volume prostatique médian était significativement plus important dans le groupe GreenLEP (116 vs 99,5, p =0,02). L’énergie délivrée et la durée d’émission étaient significativement plus élevées en PVP qu’en GreenLEP (457 KJ vs 84, p =0,0001 ; 70,5min vs 29min, p =0,0001, respectivement) mais la durée d’intervention similaire (105min vs 120min, p =0,1127). En GreenLEP, les complications per-opératoires étaient : morcellations incomplètes (n =2), perforation capsulaire avec saignement per-opératoire nécessitant une conversion en adénomectomie voie haute (n =2) et plaie vésicale (n =1). Les durées médianes d’hospitalisation étaient plus élevées dans le groupe GreenLEP (2,35jours vs 2,6jours, p =0,035). Le taux de complications postopératoires étaient identiques dans les deux groupes. À 12mois, dans le groupe GreenLEP, le scores IPSS médian, le débit maximum moyen et le PSA moyen étaient de 3,5,20mL/s et 1,3ng/mL, respectivement (Tableau 1).


Conclusion

L’énucléation prostatique GreenLEP est une technique efficace pour le traitement chirurgical des gros volumes prostatiques. La morbidité péri-opératoire est équivalente à la vaporisation standard Greenlight XPS avec des résultats fonctionnels satisfaisants à 1an. Son bénéfice en termes de résultats à long terme par rapport à la photovaporisation standard reste à évaluer.

Énucléation versus orchidectomie totale dans la prise en charge des tumeurs testiculaires à cellules de Leydig : résultats d’une étude multicentrique rétrospective
2015
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 855-856


Objectifs

Comparer les résultats oncologiques chez des patients pris en charge par énucléation et orchidectomie totale pour tumeur testiculaire à cellules de Leydig (TTCL).


Méthodes

Nous avons réalisé une étude multicentrique rétrospective dans 12 hôpitaux de France incluant 56 patients traités par énucléation ou orchidectomie totale pour TTCL entre 1986 et 2014. Un bilan pré-opératoire comprenant examen clinique, bilan biologique et radiologique était réalisé. Les données démographiques, cliniques, histopathologiques et oncologiques recueillies étaient analysées de façon descriptive sur l’ensemble de la population et comparative en fonction du traitement chirurgical.


Résultats

Une énucléation a été réalisée dans 37,5 % des cas et une orchidectomie dans 62,5 %. Les moyennes d’âge opératoire, de taille tumorale échographique et histologique n’étaient pas significativement différentes entre les deux groupes. Le suivi médian était de 62 mois après énucléation et de 35 mois après orchidectomie. Seulement 9,5 % des patients ont présenté une récidive locale 15 et 34 mois après énucléation. Une orchidectomie complémentaire a été réalisée et aucune récidive locale ou métastatique n’a alors été relevée. Le taux de survie était comparable dans les deux groupes avec 95,2 % des patient toujours en vie sans récidive dans le groupe énucléation contre 77,1 % dans le groupe orchidectomie (p =0,23). Aucun patient n’est décédé dans le groupe énucléation contre 8,6 % des patients dans le groupe orchidectomie.


Conclusion

Avec un suivi à long terme, cette étude suggère que l’énucléation est une méthode sure et efficace dans la prise en charge des TTCL.

État des lieux de l’antibio-résistance des germes uropathogènes sur une décennie
2015
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 810-811


Objectifs

La résistance aux médicaments antimicrobiens est un problème croissant d’ampleur mondiale. Au cours de ces deux dernières décennies et suite à l’utilisation intensive des antibiotiques, nous assistons à une sélection de souches multirésistantes aussi bien en milieu hospitalier qu’en milieu communautaire. Le but de notre travail est de déterminer la cinétique d’évolution de la résistance aux antibiotiques des principales souches bactériennes isolées en milieu urologique.


Méthodes

Il s’agit d’une étude monocentrique rétrospective réalisée sur dix ans allant du 1er janvier 2004 au 1er juin 2014 portant sur les examens cytobactériologiques des urines. Ont été inclus, tous les patients hospitalisés ayant eu un prélèvement des urines dans le service en pré- ou en postopératoire. L’analyse statistique des données collectées au moyen d’un bordereau de recueil a été faite à l’aide du logiciel SPSS v « 17.0 ».


Résultats

L’âge moyen est de 63,7ans avec une prédominance masculine (sex-ratio de 3,5). Nous avons colligé 1141 prélèvements positifs sur 8898 pendant plus de dix ans. L’étude de résistance des entérobactéries (76,86 % des isolats) a objectivé une augmentation progressive de la résistance aux aminopénicillines et l’amoxicilline+acide clavulanique (AMC) passant de 80 % et 42,7 % en 2004 pour atteindre 100 % et 65 % en 2014, ainsi qu’aux fluoroquinolones (FQ) pour atteindre une moyenne de 54 % en 2014 pour la ciprofloxacine. La ceftriaxone et la gentamycine gardent leur efficacité dans la majorité des cas, mais avec des taux de résistance élevés respectivement de 37,5 % et 24,2 % en 2014. La résistance à la trimithoprime-sulfaméthoxazole (SXT) restait constamment élevée, 53,3 % en moyenne. Les germes produisant une BLSE sont en augmentation et représentaient 19,38 % des entérobactéries.


Conclusion

Les résistances importantes aux quinolones limitent leurs prescriptions dans la majorité des cas. Aucune entérobactérie n’est sensible aux aminopénicillines. Les céphalosporines, les aminosides, le trimithoprime-sulfaméthoxazole (SXT) et les pénèmes ont des niveaux de résistance élevée et croissante. La prévalence des BLSE est inquiétante.

Étude comparative prospective multicentrique entre photovaporisation classique et vaporisation anatomique par laser Greenlight pour les adénomes prostatiques de gros volume
2015
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 728-729


Objectifs

L’objectif était de comparer le taux d’incontinence urinaire postopératoire après une photo vaporisation prostatique (PVP) standard ou en débutant par délimiter le plan de l’adénomectomie dans les adénomes de gros volume.


Méthodes

Une étude comparative multicentrique a permis l’inclusion d’hommes évalués en pré-opératoire par leur volume prostatique, un résidu post-mictionnel (RPM), un débit urinaire maximal (Qmax), un dosage du PSA, l’International Prostate Symptom Score (IPSS). Les données per-opératoires concernaient la durée de vaporisation, l’énergie délivrée ainsi que la technique de vaporisation employée. En postopératoire les données initiales étaient réévaluées ainsi que les complications à 1, 3, 6 et 12 mois. Une comparaison des 2 techniques de vaporisation classique et de vaporisation anatomique a été faite.


Résultats

Les dossiers de 106 patients opérés de janvier 2012 à janvier 2013 pour une hypertrophie bénigne de la prostate par la technique de photo vaporisation laser ont été analysés. Les durées opératoire et de vaporisation ainsi que l’énergie utilisée étaient plus importants dans le groupe PVP anatomique. La durée moyenne de séjour (2,0 vs 2,5), la durée moyenne de sondage (1,3 vs 1,9), l’IPSS (5 vs 6,4), le RPM (15,5 vs 11,7), le Qmax (19,9 vs 19,7) étaient comparables entre les deux groupes. En revanche, une différence significative a été observée au niveau des complications (27 vs 37 %) et notamment de l’incontinence urinaire d’effort (0 vs 8 %) en défaveur de la vaporisation anatomique.


Conclusion

Malgré des groupes comparables et des résultats fonctionnels similaires, PVP en débutant par délimiter le plan de l’adénomectomie semble plus pourvoyeuse de complication et ne serait donc pas une technique à adopter dans la prise en charge des adénomes prostatiques de gros volume. Néanmoins, la courbe d’apprentissage différente entre les deux groupes pourrait expliquer cette différence.

Étude de la concordance radio-clinique et histologique de l’échographie de contraste et de l’IRM dans la prise en charge des kystes rénaux atypiques
2015
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 742-743


Objectifs

Le traitement des kystes rénaux atypiques (Bosniak IIF et III) repose sur les données de l’évaluation radiologique. La tomodensitométrie est largement utilisée dans cette indication. Cependant, il semblerait que l’IRM et l’échographie de contraste (EC) permettent une meilleure discrimination des lésions malignes. L’objectif de notre étude était de comparer les performances diagnostiques du TDM de l’IRM et de l’EC pour les kystes IIF et III.


Méthodes

Une étude prospective monocentrique a été réalisée de janvier 2012 à décembre 2013. Les patients présentant un kyste Bosniak IIF ou III sur un TDM étaient inclus. Le bilan d’imagerie était relu et complété par une IRM et une échographie de contraste par le même radiologue référent. Les résultats de l’imagerie étaient comparés aux résultats anatomo-pathologiques pour les patients opérés et aux données de suivi pour les patients surveillés. Pour chaque examen d’imagerie, la sensibilité et la spécificité nous avons calculé le coefficient kappa de Cohen.


Résultats

Quarante-sept patients ont été inclus dans l’étude pour un suivi médian de 22 mois. Deux patients étaient symptomatiques au diagnostic. L’âge médian au diagnostic était de 64ans (37–76). Trente-quatre patients avaient un kyste IIF au TDM et 13 un kyste classé III. L’EC retrouvait 14 lésions d’allure maligne et l’IRM 13 lésions ≥Bosniak 3. Dix-neuf patients ont été opérés, l’analyse histologique a retrouvé 14 lésions malignes. Parmi les patients surveillés, aucun n’a présenté d’évolutivité du kyste sur les imageries de contrôle. Le TDM avait de faible sensibilité (36 %) et spécificité (76 %) (kappa=0,11). L’IRM avait une sensibilité de 71 % et une spécificité de 91 % (kappa=0,64). L’EC avait une sensibilité de 100 %, une spécificité de 97 %, et une valeur prédictive négative de 100 %, (kappa=0,95).


Conclusion

Nos résultats suggèrent que l’EC serait un examen potentiellement utile pour mieux caractériser les kystes rénaux atypiques en complément du scanner lorsque cela s’avère nécessaire pour l’aide au choix thérapeutique. L’IRM semblerait également être une alternative intéressante, ce d’autant que l’EC demeure un examen opérateur dépendant et nécessite donc un radiologue expérimenté.

Étude de la marque H3K27me3 à l’échelle du génome : mise en place d’un profil épigénétique en fonction de l’agressivité du cancer de la prostate
2015
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 757


Objectifs

Les modifications épigénétiques contribuent à la tumorogenèse par l’activation ou la répression des gènes. Parmi ces modifications, la triméthylation de la lysine 27 de l’histone H3 (H3K27me3) participe à l’inactivation de la transcription de gènes cibles. Le but de cette étude a été d’analyser la distribution de la marque H3K27me3 à l’échelle du génome afin d’établir un profil épigénétique en fonction de l’agressivité du cancer.


Méthodes

L’analyse de la marque H3K27me3 dans la progression du cancer de la prostate a été menée par des analyses à grande échelle par immunoprécipitation de la chromatine suivie d’une hybridation sur puce promoteur (ChIP-on-chips) qui ont été réalisée sur 34 biopsies de prostate humaines.


Résultats

La marque H3K27me3 est fortement représentée au niveau des promoteurs de 8230 gènes dans les tissus avec un score de Gleason>7 contre 5454 avec un score de Gleason≤7 et 5026 dans le groupe témoin. Une analyse par classification hiérarchique a ensuite été réalisée afin de ressortir les gènes différentiellement enrichis entre les patients. Des profils de gènes en fonction du score de Gleason ont été identifiés. De plus, des gènes tels que TMPRSS6, MGMT, IRX1, CNTNAP5 et U2AF2 sont particulièrement retrouvés enrichis en H3K27me3 dans le groupe avec un score de Gleason>7 comparé au tissu sain.


Conclusion

La marque H3K27me3 semble permettre d’identifier des profils de gènes en fonction du score de Gleason. Il serait intéressant de préciser le rôle des gènes identifiés dans la progression du cancer de la prostate.

Étude de la pression intrapyélique via un guide équipé d’un capteur de pression durant l’urétéroscopie souple assistée de moyens d’irrigation automatisé et manuel : étude pilote
2015
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 749-750


Objectifs

Étudier la pression intrapyélique au cours de procédures d’urétéroscopie souple (URSS) utilisant des systèmes d’irrigation automatisé et manuel. Évaluer l’avantage d’un guide muni d’un capteur de pression localisé à son extrémité distale.


Méthodes

Étude prospective incluant des patients opérés par URSS pour calculs rénaux. Le guide de pression, faisant 0,014-inch, permet de mesurer la pression en continu grâce à un capteur positionné à son extrémité distale. Celui-ci était utilisé comme guide de sécurité lors des interventions et son extrémité distale était placée dans les cavités pyélocalicielles. La pompe de pression automatisée était réglée sur une pression de 58mmHg et était connectée à l’urétéroscope via une tubulure d’irrigation avec chambre de pression contrôlée manuellement. Étaient mesurés les paramètres suivants : pression de base, pression avec irrigation automatisée seule, pression avec irrigation automatisée et manuelle.


Résultats

Cinq procédures ont été réalisées chez quatre patients (une bilatérale). Une gaine d’accès urétérale de 10/12-Fr était utilisée dans deux cas, une 12/14-Fr dans deux cas et aucune dans un cas. La gaine était positionnée sous la jonction pyélo-urétérale. L’URSS Olympus URF-P5 a été utilisé dans quatre cas et l’URSS Karl Storz Flex-X2 dans un seul. La pression de base, mesurée pendant 10minutes avec le guide de pression pour seul instrument en place, était comprise entre 3 et 7mmHg. Lorsque l’URSS était introduit, la pression moyenne était de 46,4mmHg avec utilisation de la pompe de pression automatisée comme seul moyen d’irrigation. En cas d’utilisation couplée à la chambre de pression manuelle lors de la fragmentation laser, la pression atteignait en moyenne 84,8mmHg avec un pic maximal enregistré à 321,4mmHg.


Conclusion

La pression pyélique peut être mesurée précisément et facilement grâce au guide de pression, et ce de manière continue. Ce système, qui actuellement apparaît le plus efficace pour mesurer la pression pyélique, permet de prendre conscience du haut niveau de pression pouvant être engendré par l’utilisation des chambres de pression manuelles et pose la question du retentissement possible (Fig. 1, Fig. 2 et Tableau 1).

Étude de l’influence de l’expression de Foxp3 ( Forkhead box protein ) sur la survie des patients neuro-urologiques ayant une tumeur de vessie
2015
- Communications posters
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 849


Objectifs

Actuellement, il n’existe aucune recommandation sur la prise en charge des tumeurs de vessie (TV) chez les patients neuro-urologiques. Les mécanismes impliqués dans la carcinogenèse ont été peu étudiés. Notre objectif était de caractériser les TV chez les patients neuro-urologiques et d’étudier l’influence de l’expression de Foxp3 (Forkhead box protein ) sur la survie des patients.


Méthodes

Une étude multicentrique prospective a inclus les patients neuro-urologiques consécutifs chez lesquels une TV a été diagnostiquée. Les données suivantes on été recueillies : étiologie et durée d’évolution de la maladie neurologique, tabagisme, mode mictionnel, antécédents urologiques, traitement spécifique de la TV, histologie de la pièce opératoire. L’expression de Foxp3 dans les lymphocytes péri-tumoraux a été étudiée par immuno-histochimie. L’association entre l’expression de Foxp3 et la survie globale et spécifique des patients a été étudiée par une analyse de Kaplan–Meier et un test Log Rank.


Résultats

Au total, 20 patients neuro-urologiques ont été inclus (15 hommes, 5 femmes), d’âge médian au diagnostic de 54,5ans (IQR 48,2–66,2) (Tableau 1). Une tumeur infiltrant le muscle vésical était présente chez 65 % des patients et 45 % des TV avaient une différenciation épidermoïde. Seize patients ont eu une cystectomie ; parmi eux, deux patients ont eu un traitement par BCG au préalable. Cinq patients ont eu un traitement adjuvant par radiochimiothérapie (n =3) et chimiothérapie (n =2). Le suivi médian était de 22 mois (IQR 3,5–59,7). Au terme du suivi, 15 patients étaient décédés, dont 13 en raison d’une évolution de la maladie oncologique. L’expression de Foxp3 était associée une survie spécifique péjorative (p =0,0149). En revanche, elle n’avait pas d’impact significatif sur la survie globale.


Conclusion

Les TV chez les patients neurologiques apparaissent après une longue évolution de la maladie neurologique. Elles sont agressives. La prise en charge n’est pas codifiée. Foxp3 apparaît comme étant un marqueur de mauvais pronostic de la survie spécifique.

Étude de l’irradiation transmise par radiofluoroscopie aux patients et au chirurgien pendant une chirurgie endoscopique du calcul avec une approche d’optimisation des mesures de radioprotection
2015
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 786


Objectifs

L’évaluation de l’irradiation des patients opérés par voie endoscopique pour un calcul des voies urinaires et celle des chirurgiens est mal évaluée et la législation relative à la protection des travailleurs contre les dangers des rayonnements ionisants mal connue Nous avons relevé les doses reçues à l’aide de dosimètres actifs par le chirurgien et le patient pendant une procédure en optimisant le temps de radiofluoroscopie.


Méthodes

Tous les patients hospitalisés entre janvier et mars 2015 consécutivement en urgence pour colique néphrétique ou vus en consultation et justifiant une chirurgie endoscopique étaient opérés par 2 opérateurs dans un seul centre en limitant au maximum l’utilisation de la radiofluoroscopie. Nous avons relevé prospectivement, le mode d’hospitalisation le nombre de clichés, le temps de scopie, le type d’urétéroscopie, le dose moyenne d’irradiation à l’aide d’un dosimètre passif placé sur le sternum du patient et de l’opérateur et la dose efficace (scopie). Nous avons analysé l’influence de ces 2 derniers facteurs sur le risque d’irradiation ainsi que le taux de succès (TDM normal).


Résultats

Vingt et un patients ont été opérés, 13 urétéroscopie rigides en urgence et 8 urétéroscopies souples en ambulatoire. La dose efficace moyenne d’irradiation était de 3,82cgay/cm2 (1,48–5,62) avec une moyenne de 1,61 clichés par patient. La dosimétrie active relevée auprès du chirurgien et du patient était de 0. Le temps moyen de radiofluoroscopies était<1minute. Le taux de succès était de 81 %. La durée moyenne de suivi était de 24j (14–90) avec aucune réhospitalisation pour complication avant le retrait définitif de la double J. Les patients avaient un âge moyen de 52ans (32–81). Les calculs ont été extraits dans 86 %. En analyse univariée, ni le mode d’hospitalisation urgent, ni le mode d’urétéroscopie souple ou rigide n’était associé à un risque significativement plus élevé d’irradiation.


Conclusion

L’optimisation des mesures de radioprotection par une approche visant à minimiser le temps de radiofluoroscocopie au cours d’une chirurgie endoscopique du calcul quel que soit le mode d’hospitalisation et d’urétéroscopie est possible. Cette approche qui s intègre dans la radioprotection limite l’irradiation des patients qui est méconnue mais réelle dans le contexte du caractère récidivant de la maladie lithiasique (Tableau 1, Tableau 2).

Étude multicentrique sur les traitements conservateurs des tumeurs du greffon : vers les traitements ablatifs ?
2015
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 766


Objectifs

Décrire l’expérience française des traitements conservateurs (néphrectomie partielle, radiofréquence et cryoablation) des tumeurs du greffon rénal.


Méthodes

Étude rétrospective, nationale, multicentrique basée sur les données recueillies dans 32 centres de transplantation en France. De janvier 1988 à décembre 2013, les patients traités par traitements conservateurs pour tumeur d’un greffon fonctionnel ont été inclus. Cent seize tumeurs du greffon ont été diagnostiquées.


Résultats

Quarante-huit patients ont eu un traitement par néphrectomie partielle, 11 par radiofréquence et 3 par cryoablation. Les tumeurs traitées par néphrectomie élargie étaient plus souvent symptomatiques par rapport aux autres traitements (p =0,019). L’analyse anatomopathologique après néphrectomie partielle retrouvait 27 carcinomes papillaires, 19 carcinomes à cellules claires, 1 tumeur mixte et 2 oncocytomes sans différence significative par rapport aux traitements ablatifs. La taille moyenne tumorale était de 24,9mm sans différence par rapport aux traitements ablatifs (p =0,3). Neuf patients ont eu des complications postopératoires (20,9 %), quatre nécessitant une reprise chirurgicale (Clavien IIIb). Aucun des patients traités par radiothérapie ou cryoablation n’ont eu de complications. La durée moyenne de suivi était de 44,9 mois. Cinquante-neuf (95,1 %) patients avaient un greffon fonctionnel au long terme. La survie spécifique était de 100 %.


Conclusion

La néphrectomie partielle a prouvé son efficacité dans le traitement des petites tumeurs de-novo du greffon rénal avec des résultats oncologiques et fonctionnels à long terme satisfaisants. Chez des patients sélectionnés, la cryoablation et la radiofréquence peuvent être des alternatives thérapeutiques avec également de bons résultats.

Étude multicentrique sur l’impact des anticoagulants et antiagrégants sur la morbidité de la néphrectomie partielle robotique
2015
- Communications posters
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 824


Objectifs

La néphrectomie partielle peut avoir des complications hémorragiques qui sont d’autant plus redoutées que les patients sont sous traitement antiagrégant ou anticoagulant. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’impact des traitements antiagrégants plaquettaires (AAP) ou anticoagulants (AVK) sur la morbidité de la néphrectomie partielle robot-assistée (NPRa).


Méthodes

Nous avons analysé les patients opérés dans deux centres universitaires sur une période de quatre ans et avons recensé les patients sous AAP et/ou AVK. Pour chaque patient, les modalités d’arrêt et de reprise des AAP et/ou AVK ont été précisément recherchées. Nous avons ainsi pu évalué l’impact des ces traitements sur l’incidence des complications hémorragiques (pseudoanévrisme, fistule artério-veineuse, hématome nécessitant une transfusion). Un modèle de régression logistique a été utilisé pour déterminer les facteurs prédictifs de ces complications avec ajustement pour l’ASA, l’âge, l’IMC, l’utilisation d’agents hémostatiques, le Renal Score et la taille tumorale.


Résultats

Sur 533 patients, 70 avaient un AAP ou un AVK (50 % aspirine, 25 % clopidogrel, 28 % AVK, 8 % NACO). Clopidogrel, AVK et NACO étaient systématiquement arrêtés en préopératoire. Le Kardégic était maintenu pour la NPRA dans 25 % des cas. En analyse univariée (Tableau 1), les complications globales et hémorragiques étaient plus fréquentes chez les patients sous AVK ou AAP. Le taux de transfusion était supérieur dans les groupes AAP, aspirine et clopidogrel. En analyse multivariée, les facteurs de risques de complications étaient la prise d’AVK (OR = 5,8 ; IC95 % [1,5–24,1] ; p =0,01) et la taille tumorale (OR=1,9 ; IC 95 % [1,4–9,1] ; p =0,02). Le clopidogrel (OR=1,9 ; IC 95 % [0,4–9,3] ; p =0,42) et l’aspirine (OR = 2,9 ; IC9 5 % [0,9–9,7] ; p =0,07) n’avaient pas d’impact sur la morbidité.


Conclusion

Lors de la NPRA, les traitements anticoagulants sont associés à une augmentation de la morbidité périopératoire. Des études sur des plus grandes populations sont nécessaires pour confirmer ces résultats.

Étude prospective multicentrique comparant la qualité de vie des patients dérivés par urétérostomie cutanée trans-iléale ou par entérocystoplastie (néovessie) après cystectomie pour tumeur de vessie
2015
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 771


Objectifs

Le but de cette étude prospective multicentrique était d’évaluer la qualité de vie des patients ayant eu une dérivation soit par néovessie (néoV) soit par urétérostomie cutanée trans-iléale de type Bricker (Br).


Méthodes

Après consentement éclairé, les patients prévus pour avoir une cystectomie pour tumeur vésicale ont été inclus dans 8 centres entre 05/2012 et 11/2013. L’évaluation faite en préop puis à M6 et à M12 comprenait l’auto-questionnaire validé BCI (domaines urinaire 9 items ; digestif 6 ; sexuel 6 ; image corporelle 10/bien-être physique-social-affectif-fonctionnel 40 questions/mode de vie : 8 questions) et une échelle visuelle analogique (EVA).


Résultats

En préopératoire : 71 patients/106 ont renvoyé un questionnaire (Tableau 1). BCI : limitation des activités physiques plus marquée dans le groupe Br. À M6 : questionnaire renvoyé par 58 patients (Br=30 ; néoV=18). Différences significatives en faveur du groupe :

– Br pour les items correspondant au contrôle urinaire ;

– néoV pour l’image corporelle, l’absence de douleur urinaire (stomie) et de constipation.

À M12 : questionnaire renvoyé par 34 patients (Br=19 ; néoV=15). Avantages maintenus concernant le contrôle urinaire en faveur du Br et l’image corporelle en faveur de la néoV. Fréquence supérieure de selles liquides dans le groupe néoV. Tous les patients rapportent une vie sexuelle médiocre. Pas de différence significative entre les groupes pour la durée d’hospitalisation/fréquence des complications/scores EVA/10 de satisfaction de la dérivation (Tableau 2).


Conclusion

Même si une partie des résultats reflète la différence d’âge entre les groupes, il ressort un avantage pour la néoV en ce qui concerne l’image corporelle et un avantage pour le Br en ce qui concerne le contrôle urinaire. Un niveau élevé de satisfaction est rapporté par les patients quel que soit le type de dérivation.

Étude prospective multicentrique comparant les voies ouverte et mini-invasive de la prostatectomie totale (Propenlap : résultats fonctionnels)
2015
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 793


Objectifs

Propenlap (projet IC061626, STIC) est une étude multicentrique (n =13) prospective avec lecture centralisée des pièces opératoires, comparant la voie rétropubienne à la voie mini-invasive (laparoscopique sans et avec robot assistance) en termes carcinologiques, fonctionnels et économiques. Nous rapportons ici les résultats fonctionnels.


Méthodes

De 2007 à 2011, 612 patients de stade T1c, avec un taux de PSA préopératoire<20ng/mL ont été inclus. Les résultats fonctionnels, continence urinaire, sexualité, qualité de vie évalués prospectivement par auto-questionnaires à j0, 3, 6, 12, 18, 24 et 36 mois après la chirurgie ont été comparés entre les deux voies au moyen de modèles mixtes permettant de prendre en compte, les données à l’inclusion et l’évolution au cours du temps. Les résultats ont été ajustés en fonction de la préservation des bandelettes. La continence était définie par 0 protection, les érections par des érections permettant les rapports sexuels avec pénétration sans injection de prostagalandines.


Résultats

Cinq cent quatre-vingt-six patients ont été analysés (240 rétropubienne et 346 laparoscopique, dont 110 robots). Il y a eu respectivement pour les voies ouvertes et mini-invasives, de préservation bilatérale 62,9 vs 70,4 %, unilatérale 25,7 vs 12,6 % et aucune 11,4 vs 17 % (p <0,001). La continence à 1, 3, 6, 12, 18, 24 et 36 mois était de 34 %, 58 %, 75 %, 82 %, 82 %, 85 % et 83 % pour la voie ouverte et de 27 %, 55 %, 66 %, 70 %, 75 %, 75 % et 75 % pour la voie mini-invasive (p =0,027). La préservation des bandelettes était associée à une meilleure continence (p =0,05). La continence restait moins bonne avec la voie mini-invasive après ajustement sur la préservation des bandelette (OR=0,57, IC95 %[0,38–0,85], p =0,005), différence essentiellement liée à la robotique (OR=0,46, IC95 %[0,27–0,76]). Le taux d’érection à 1, 3, 6, 12, 18, 24, 36 mois était de 13 %, 25 %, 28 %, 38 %, 43 %, 55 % et 50 % pour la voie rétropubienne et de 13 %, 25 %, 28 %, 38 %, 43 %, 55 % et 50 % pour les autres (p =0,41). En cas d’IIEF5 initial>15, le score>15 ne différait pas selon les groupes (ouverte-laparoscopique-robot) 8 %, 14 %, 27 %, 36 %, 42 %, 43 %, et 47 % vs 12 %, 22 %, 30 %, 35 %, 39 %, 37 %, 41,3 % (p =0,51). La Trifecta à 3ans était respectivement de 43,3 vs 46 % (p =0,73). Il n’y avait pas de différence pour l’IPSS, l’IQL, le QLQ-C30 et l’IQV.


Conclusion

La continence par voie ouverte rétropubienne était meilleure que par voie laparoscopique mini-invasive. La puissance sexuelle et la qualité de vie étaient identiques.

Étude prospective randomisée évaluant un protocole de 2 biopsies ciblées par fusion IRM/TRUS en comparaison avec un protocole standard de 12 biopsies écho-guidées
2015
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 832-833


Objectifs

Les biopsies de la prostate effectuées par la fusion d’images de l’imagerie par résonance magnétique (IRM) et l’échographie transrectale (TRUS) n’ont pas encore été comparées à 12 biopsies standard écho-guidées (BS) dans une étude contrôlée randomisée. Notre objectif était de comparer le taux de détection du cancer de la prostate cliniquement significatif (CPCS) entre les deux techniques.


Méthodes

Cette étude prospective randomisée, menée entre 09/2011 à 06/2013, inclue 175 biopsies-naïves patients avec suspicion de cancer de la prostate. Les patients ont été randomisés à l’IRM-groupe (n =86) et un groupe de témoin (n =89). Dans le groupe IRM, 2 biopsies ciblées guidées par la fusion IRM/TRUS (Koelis) ont été suivies par 12 BS. Dans le groupe de témoin, 2 biopsies ciblées guidées par le touché rectal pathologique et/ou par une lésion prostatique identifiée par TRUS (BK-Medical) ont été suivies par 12 BS. Chez les patients avec IRM normale ou touché rectal/TRUS normales, seulement 12 BS ont été réalisées.


Résultats

La détection globale de cancer ainsi que CPCS entre groupe IRM et groupe de témoin était statistiquement comparable (51/86, 59 % vs. 48/89, 54 % ; p =0,4 pour tous les cancers) et (38/86, 44 % vs. 44/89, 49 % ; p =0,5 pour CPCS). La détection de CPCS par 2 biopsies ciblées guidées par la fusion IRM/TRUS (33/86, 38 %) est comparable à celle de 12 BS dans le groupe de témoin (44/89, 49 %) [p =0,2]. Chez les patients avec toucher rectal normal, la détection de CPCS par 2 biopsies ciblées guidées par la fusion IRM/TRUS (14/66, 21 %) était similaire à 12 BS dans le groupe de témoin (15/60, 25 %) [p =0,7]. Au total, 87 % (33/38) de tous les CPCS ont été détectés par 2 biopsies ciblées guidées par la fusion IRM/TRUS.


Conclusion

La détection globale de CPCS était similaire entre le groupe IRM et le groupe de contrôle. Deux biopsies ciblées guidées par la fusion IRM/TRUS ont détecté un nombre de CPCS statistiquement comparable aux 12 BS.

Étude prospective randomisée sur l’intérêt du sondage vésical en système clos au bloc opératoire : résultats préliminaires
2015
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 775-776


Objectifs

Il n’existe à ce jour aucune étude randomisée comparant l’intérêt de la pose de sonde vésicale en système clos lors du cathétérisme vésical au bloc opératoire. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’impact du sondage vésical en système clos au bloc opératoire sur le taux de bactériurie postopératoire et de survenue de signes cliniques d’infection urinaire comparativement au sondage en système ouvert.


Méthodes

Tous les malades dont l’intervention nécessitait la mise en place d’une sonde vésicale en début d’intervention ont été inclus de manière prospective monocentrique à partir d’avril 2014. Les participants à l’étude devaient avoir un ECBU préopératoire stérile et étaient repartis dans 2 groupes de manière randomisée à l’inclusion. Les patients opérés d’une cystectomie, d’une prostatectomie ou d’une adénomectomie étaient exclus. Des ECBU étaient réalisés lors de la mise en place de la sonde, puis à j1, j3, j7 et lors de l’ablation de la sonde. Le critère de jugement principal était le taux de bactériurie postopératoire défini comme significatif si>105/mL.


Résultats

Sur 128 patients inclus, 52 étaient exclus pour données manquantes ou pour une déconnexion accidentelle du système clos. L’âge moyen des 43 hommes et 33 femmes était de 61,5ans. Les malades étaient comparables dans les 2 groupes (40 malades dans le groupe non-clos et 36 pour le groupe clos). La durée moyenne de sondage, la durée opératoire moyenne et la durée moyenne de séjour étaient respectivement dans les groupes non-clos et clos de 2,1 contre 2jours ; de 149 contre 168minutes et de 4,5 contre 4,1jours. Dans le groupe non-clos, 13 patients (32,5 %) avaient des antécédents d’infection urinaire contre 9 (25 %) dans le groupe clos. Quatre patients (10 %) avaient une bactériurie significative en postopératoire dans le groupe non-clos contre 5 (13,9 %) dans le groupe clos (p =0,728).


Conclusion

La pose de sonde vésicale au bloc opératoire en système dit « clos » ne semble pas réduire le taux de bactériurie postopératoire ainsi que le taux d’infection urinaire symptomatique versus le sondage en système dit « ouvert ».

Évaluation de la faisabilité de l’HolEP en ambulatoire
2015
- Réf : Prog Urol, 2015, 13, 25, 851-852


Objectifs

L’énucléation prostatique au laser Holmium (HoLEP) est rarement réalisée en chirurgie ambulatoire, même dans les centres ayant un important volume d’activité. Notre objectif était d’évaluer la faisabilité de l’HoLEP avec ce mode d’hospitalisation.


Méthodes

Une étude observationnelle prospective monocentrique a été conduite par un opérateur unique et expérimenté sur une période de 25 mois. Une prise en charge ambulatoire était proposée à tous les patients opérés d’un HoLEP en l’absence de contre-indication médicale, anesthésique ou sociale. En cas de contre-indication ou de refus, les patients étaient hospitalisés. Les interventions ambulatoires avaient lieu à 8h du matin et les patients restaient en observation jusqu’à 19h. Ils quittaient ensuite le service avec une sonde vésicale qui était enlevée à j1 par une infirmière à domicile. Les complications ont été systématiquement recueillies et gradées selon la classification de Clavien-Dindo.


Résultats

Sur les 173 patients opérés d’un HoLEP, 80 ne présentaient pas de contre-indication et ont été opérés en chirurgie ambulatoire (46 %). Les principales contre-indications à la prise en charge ambulatoire étaient : la prise d’un traitement anticoagulant ou antiagrégant, une pathologie médicale instable, un domicile trop éloigné (distance>50km), l’absence d’accompagnant au domicile. Le taux de conversion en hospitalisation conventionnelle était de 16,3 % (13 patients). À 3 mois, 36 % des patients avaient présenté une complication, dont 4 complications grade 3 de la classification de Clavien. Les taux de ré-hospitalisation et de ré-intervention étaient respectivement de 8,8 % et 1,3 %. À 3 mois, l’IPSS moyen était de 5,49, l’IPSS Q8 de 1,18, le PSA de 1,01ng/mL, le volume prostatique de 23,2mL, le Qmax de 25,76mL/s.


Conclusion

Cette étude a permis de confirmer la faisabilité de l’HoLEP en chirurgie ambulatoire sur une population sélectionnée et avec un opérateur expérimenté. Le taux assez élevé de conversion en hospitalisation conventionnelle (16 %) était en partie expliqué par des problèmes organisationnels ou techniques qui ont pu être optimisés à la suite de ce travail (Tableau 1, Tableau 2).