Base bibliographique

Lithiase urinaire : une alerte à ne pas méconnaître
Urolithiasis: A warning not to ignore
2011
- Lettre à la rédaction
- Réf : Prog Urol, 2011, 21, 13, 965-966
La relation statistique entre lithiase urinaire et différents facteurs de risque est maintenant bien établie. On sait en effet que les patients obèses, hypertendus et plus généralement ceux avec un syndrome métabolique sont plus à risque que la population générale d’avoir déjà eu un ou des épisodes lithiasiques [1,2]. Il s’agit plus probablement de la mise en jeu de désordres nutritionnels communs que d’une pathogénie commune comme dans le cas de la dysfonction érectile.
L’hémangiome caverneux : un incidentalome rare de la surrénale
Cavernous hemangioma: Rare incidentaloma of the adrenal gland
2011
- Cas clinique
- Réf : Prog Urol, 2011, 21, 13, 961-964

L’hémangiome de la surrénale est une lésion rare, bénigne et le plus souvent asymptomatique de la glande surrénale. De découverte fortuite lors d’un examen d’imagerie abdominale, il entre dans le cadre des incidentalomes. Son diagnostic, difficile devant une masse surrénalienne silencieuse, se fait essentiellement grâce à l’imagerie (tomodensitométrie [TDM], imagerie par résonnance magnétique [IRM] ± tomographie par émission de positons [TEP scan] au 18F-FDG). Les principaux risques de l’hémangiome sont premièrement l’ignorance d’une lésion maligne, l’hémorragie et le syndrome de masse abdominale. L’analyse de la littérature nous montre l’importance de la laparoscopie dans sa prise en charge. Une discussion pluridisciplinaire autour de ce type de lésion semble indispensable tant sur le plan diagnostic que thérapeutique.

The hemangioma of the adrenal gland is an adrenal gland lesion rare, benign and usually asymptomatic. Discovered incidentally during an abdominal imaging study, it is part of incidentalomas. Imagery is the best to characterise these silent adrenal masses (computed tomography [CT], Magnetic Resonance Imaging [MRI] ± Positron Emission Tomography [PET scan] with 18F-FDG). The main risks of the hemangioma are ignorance of malignancy, bleeding and abdominal mass syndrome. The analysis of the literature shows the importance of laparoscopy. A multidisciplinary discussion on this type of lesion appears indispensable both diagnostic and therapeutic.

Mots clés:
Hémangiome / incidentalome / glande surrénale / laparoscopie
Mots-clés:
Hemangioma / incidentaloma / adrenal gland / Laparoscopy
Néphrectomie partielle par chirurgie conventionnelle : définir les critères de la chirurgie mini-invasive
Open partial nephrectomy: Standard of minimal invasive surgery
2011
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2011, 21, 13, 917-924

Objectif : La néphrectomie partielle est reconnue actuellement comme le traitement de référence des tumeurs de moins de 7 cm. Les résultats carcinologiques sont comparables à ceux obtenus par la néphrectomie totale tout en préservant le capital néphronique. Le but de notre travail était de décrire notre expérience de la néphrectomie partielle par chirurgie conventionnelle et de rechercher des facteurs prédictifs de complications, de progression et de décès.
Patients et méthodes : Les néphrectomies partielles réalisées dans notre service par voie ouverte de juin 1996 à décembre 2008 ont été revues rétrospectivement. Les caractéristiques démographiques, celles des tumeurs, les complications périopératoires et le devenir des patients étaient relevés. Les facteurs associés aux complications et à la survie ont été recherchés par des modèles de régression.
Résultats : Parmi les 96 patients inclus (âge moyen 61,4 ans ± 12,8), 13 étaient en insuffisance rénale préopératoire (créatininémie 120 à 212 μmol/L). La taille moyenne des tumeurs était de 32 mm (± 13,9) et 57 (79,2 %) correspondaient à des carcinomes du rein à cellules claires. Le taux de complication périopératoire global était de 26 %, incluant 8,3 % de complications hémorragiques et 3,1 % de complications urinaires. Aucune des variables analysées n’était significativement associée à la survenue de complication périopératoire. Avec un recul moyen de deux ans et neuf mois (± 28 mois), huit patients (11,1 %) ont eu une récidive tumorale. Le caractère multifocal des tumeurs ainsi que les complications périopératoires étaient associés au risque de récidive. Trois patients avaient des marges positives sur carcinome rénal et ont été surveillés sans signe de progression jusqu’à la date de point (recul de 71, 42 et 12 mois de suivi).
Conclusion : Notre étude unicentrique rétrospective de la néphrectomie partielle pour tumeur rénale a mis en évidence des résultats carcinologiques à moyen terme similaires à ceux rapportés dans la néphrectomie totale avec l’avantage de la conservation néphronique. Les résultats des études faites par chirurgie conventionnelle telle celle que nous rapportons devraient constituer une référence pour la chirurgie laparoscopique.

Objective: Partial nephrectomy is now recognized as the standard treatment for tumors less than 7 cm. The oncological results are comparable to those obtained by total nephrectomy, while preserving kidney function. Our objective was to describe our experience and research factors associated with complications, recurrence and death.
Patients and methods: Partial nephrectomy performed in our center by June 1996 to December 2008 were reviewed retrospectively. Demographic and tumors characteristics, postoperative complications and patient outcomes were identified. Factors associated with complications and survival were investigated by regression tests.
Results: Of the 96 patients enrolled (mean age 61.4 years ± 12.8), 13 had renal insufficiency (serum creatinine 120 to 212 μmol/L). The mean tumor size was 32 mm (± 13.9) and 57 (79.2%) corresponded to clear cell carcinoma. The overall rate of postoperative complications was 26%, including 8.3% of hemorrhagic complications and 3.1% of urinary complications. None of the analyzed variables were associated with the occurrence of complications. With a mean of 2 years and 9 months follow-up (± 28 months), eight patients (11.1%) had tumor recurrence. Multifocal tumors as well as postoperative complications were associated with risk of recurrence. Three patients with positive tumor margins were monitored with no evidence of progression (with 71, 42 and 12 months of follow-up).
Conclusion: Our single-center retrospective study of partial nephrectomy for renal tumor showed medium-term oncological results similar to those reported in the total nephrectomy with the advantage of nephron preservation. The results of studies by conventional surgery such as that we report should be a benchmark for laparoscopic surgery.

Mots clés:
cancer du rein / Néphrectomie partielle / Complications
Mots-clés:
Kidney cancer / Partial nephrectomy / Complications
Orgasme après curiethérapie de prostate par implants permanents d’iode 125 pour cancer localisé de la prostate
Orgasm after prostate curietherapy with iode 125 permanent implants for localized cancer of the prostate
2011
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2011, 21, 13, 932-939

Objectifs : L’orgasme est un domaine peu étudié de la sexualité masculine. Notre but était de réaliser la première analyse détaillée sur la fonction orgasmique chez les patients traités par implants permanents d’iode 125 pour cancer localisé de la prostate.
Patients et méthodes : Sur une série de 270 hommes sexuellement actifs traités par curiethérapie de prostate (implants permanents d’iode 125), 241 (89 %), de moyenne d’âge 65 ans (43–80), ont participé à une enquête par courrier sur la fonction sexuelle en moyenne 36 mois après implantation (9–70). Les fonctions érectiles et éjaculatoires et l’orgasme ont été explorés par questionnaire courrier. Deux questions concernaient l’orgasme. La première portait sur la qualité de l’orgasme (rapide/intense/tardif, difficile/émoussé/absent) et la seconde sur la présence de douleurs lors de l’orgasme (toujours/parfois/souvent).
Résultats : Après curiethérapie de prostate, 81,3 % des hommes sexuellement actifs avaient conservé une éjaculation et 90 % un orgasme. On observait une dégradation de l’orgasme après curiethérapie (p = 0,0001). Plus de 50 % des patients avaient des orgasmes altérés (émoussé, difficile, absent) après curiethérapie, contre 16 % avant implantation (p = 0,001). Les hommes ayant une diminution du volume de l’éjaculat avaient plus fréquemment un orgasme émoussé/difficile (p = 0,007). L’antécédent d’hormonothérapie néoadjuvante ne semblait pas modifier à long terme le volume de l’éjaculat, la qualité de l’orgasme, ni la fréquence des éjaculations douloureuses. Les patients avec un score IIEF-5 supérieur à 12 avaient plus fréquemment un orgasme intense (26,7 % vs 2,7 % ; p < 0,001) après CP. Après CP, 60 patients (30,3 %) ressentaient souvent/parfois des éjaculations douloureuses contre 12,9 % (n = 31) avant CP (p = 0,0001).
Conclusion : La plupart des patients traités par curiethérapie de prostate conservaient un orgasme après traitement. Cependant, une majorité décrivait une détérioration de la qualité de l’orgasme.

Objectives: Orgasm is a domain of male sexuality that remains underreported in literature. Our aim was to realize the first detailed analysis of orgasm in patients treated by 125 I permanent prostate brachytherapy for localized prostate cancer.
Patients and methods: In a series of 270 sexually active men treated by prostate brachytherapy (125I permanent implantation), 241 (89%), mean age of 65 (43–80), participated in a mailed survey about sexual function after a mean time of 36 months (9–70). Erectile and ejaculatory functions and orgasm were explored using a mailed questionnaire. Two questions focused on orgasm. The first was about quality of orgasm (fast/intense/late, difficult/weak/absent) and the second about the presence of painful orgasm and its frequency (always/sometimes/often).
Results: After prostate brachytherapy, 81.3% of sexually active men conserved ejaculation and 90% orgasm. There was a significant deterioration of the quality of orgasm (P = 0.0001). More than 50% of the patients had an altered orgasm (weak, difficult, absent) after brachytherapy, vs 16% before implantation (P = 0.001). Men with a diminished ejaculation volume often had a weak/difficult orgasm (P = 0.007). Neoadjuvant hormonal therapy did not seem to impact the quality of orgasm or the frequency of painful ejaculation. Patients who had an IIEF-5 score higher than 12 had frequently intense orgasm (26.7% vs 2.7%; P < 0.001) after brachytherapy. Sixty patients (30.3%) experienced often/sometimes painful ejaculation 12.9% (n = 31) before implantation (P = 0.0001).
Conclusion: Most of the patients treated by prostate brachytherapy conserved orgasm after treatment. However, most of the patients described a deterioration of the quality of orgasm.

Mots clés:
Curiethérapie / prostate / Orgasme / sexualité / Éjaculation
Mots-clés:
Brachytherapy / prostate / Orgasm / Sexuality / Ejaculation
Prise en charge du cancer du pénis en 2010 : rapport du forum du Comité de cancérologie de l’Association française d’urologie – organes génitaux externes (CCAFU-OGE)
Penile cancer in 2010 : Update from the Committee of Cancerology of the French Association of Urology-External Genital Organs Group (CCAFU-OGE)
2011
- Mise au point
- Réf : Prog Urol, 2011, 21, 13, 909-916

Introduction : Le traitement du cancer du pénis, même si bien codifiée, n’est pas toujours bien connue du fait de sa rareté. Le but de cet article est de rapporter la prise en charge des tumeurs du pénis en 2010.
Patients et méthodes : Cet article fait une synthèse de ce qui a été exposé lors du forum du Comité de cancérologie de l’Association française d’urologie (CC-AFU) qui a eu lieu lors du congrès de l’AFU.
Résultats : Le rôle de l’urologue est de diagnostiquer les lésions péniennes précancéreuses et les cancers débutants pour limiter le risque de traitements mutilants. En cas de doute, il faut réaliser une biopsie avec orientation de la pièce. Le bilan de la tumeur pénienne repose essentiellement sur l’examen clinique. L’IRM pénienne peut aider pour apprécier l’extension en profondeur. Le traitement de la tumeur pénienne est au maximum conservateur, soit par chirurgie, soit par curiethérapie. Le risque de récidive locale est de 20 %, mais n’influence pas la survie. La prise en charge ganglionnaire doit être systématique, bilatéral et réalisée lors du diagnostic. Les tumeurs supérieures ou égales à pT1b et/ou supérieures ou égales à grade 2 sont à risque d’extension ganglionnaire. Le bilan d’extension ganglionnaire et à distance est clinique et radiologique (tomodensitométrie et/ou une TEP-TDM au 18F-FDG). Le curage ganglionnaire inguinal a un rôle curatif. Le type de curage inguinal (modifié et/ou total) est fonction de l’examen clinique, paraclinique et de la cytoponction des adénopathies. Dans certains cas un curage iliaque associé est recommandé. La place et le type de chimiothérapie restent à définir. Ce traitement est basé au moins sur l’administration de Cisplatine.
Conclusion : Le traitement d’un cancer du pénis nécessite une prise en charge de la tumeur locale le plus conservateur possible. La prise en charge des aires ganglionnaires inguinales est primordiale car a une valeur pronostique. Elle doit être faite lors du diagnostic initial et est fonction de l’examen clinique et paraclinique.

Introduction: Treatment of penile carcinoma, even if it is well codified, is not well known because of its rarity. The aim of this article is to report the management of penile carcinoma in 2010.
Patients and methods: This article is a summary of the forum of the Committee of Oncology of the French Association of Urology (AFU-CC), held at the Congress of the AFU.
Results: The role of the urologist is to diagnose precancerous lesions and penile carcinomas beginners to limit the risk of mutilating treatments. In case of doubt, a biopsy with orientation must be performed. The extension of the tumor is mainly based on clinical examination. Penile MRI can help to assess the depth extension. The treatment of penile tumor must be the most conservative either with surgery or brachytherapy. The risk of local recurrence, after conservative treatment, is 20 % but does not influence survival. The management of lymph nodes should be systematic, bilateral and performed at diagnosis. Tumors greater or equal to pT1b and/or grade greater or equal to 2 are at risk of lymph node extension. The staging of lymph node and distance metastase is clinical and radiological (CT and/or PET-CT 18F-FDG). The inguinal lymphadenectomy have a curative role. The type of inguinal lymphadenectomy (modified and/or total) is based on clinical examination, para-clinical and fine needle aspiration of lymph nodes. In some cases, associated pelvic lymph node dissection is recommended. The place and the type of chemotherapy remain to be defined. This treatment is based at least on the administration of cisplatin.
Conclusion: The treatment of penile carcinoma requires a local treatment of the tumor as conservative as possible. The management of inguinal lymph nodes is important because of its prognostic value. It must be made at initial diagnosis and is based on clinical and para-clinical examinations.

Mots clés:
Carcinome épidermoïde du pénis / Ganglions / Chirurgie / Curiethérapie / Chimiotherapie
Mots-clés:
Penile carcinoma / lymph node / surgery / Brachytherapie / Chemotherapy
Quelle place pour la surveillance active des petites tumeurs rénales ?
Which place for active surveillance of small renal masses?
2011
- Article de revue
- Réf : Prog Urol, 2011, 21, 13, 895-900

Introduction : L’incidence des petites masses renales T1a (PMR) augmente dans toutes les tranches d’âges. Compte tenu de leurs caractéristiques, leur prise en charge actuelle tend à devenir moins invasive. Ce travail résume les données concernant le concept de surveillance active.
Matériel et méthodes : Une revue de la littérature a été effectuée à l’aide du moteur de recherche Pubmed à partir des mots clés suivants : « petites masses renales », « small renal masses », « rein », « kidney », « tumeur », « tumor », « surveillance », « surveillance ». Cinquante-huit articles anglophones et français comprenant des suivis de cohortes et des méta-analyses ont été sélectionnés.
Résultats : Le caractère fréquemment bénin et indolent des PMR a permis d’ajouter la surveillance active à l’arsenal thérapeutique actuel : croissance tumorale inférieure à 0,40 cm par an dans la plupart des études, évolution métastatique entre 1 et 2 % (excepté dans l’étude de Kouba et al. : 5,7 %) et survie spécifique de 100 %. Cependant, cette option ne peut s’envisager qu’après une sélection rigoureuse des patients (âge, compliance, comorbidités, indications de nécessité…) et des lésions (taille, localisation, type histologique…).
Conclusion : La surveillance active est une alternative non invasive intéressante après sélection des PMR. Son coût global et ses modalités doivent être précisés par des études portant sur des effectifs plus nombreux avec un suivi à plus long terme.

Incidence of small renal masses (SRM) T1a is increasing in every age group. In relation to their characteristics, treatments seem to become less invasive. This article summarizes data about Watchful Waiting. A literature review based on Pubmed and keywords “petites masses rénales”, “small renal masses”, “rein”, “kidney”, “tumeur”, “tumor”, “surveillance”, “watchful waiting” was done. Fifty-eight english and french articles including cohort-following and meta-analysis were selected. Considering indolence and harmless of the SRM, watchful waiting is nowadays a valid therapeutic option: in most of the series is tumoral growing lower than 0.40 cm per year, metastatic evolution approaches 1 to 2% (except in the Kouba et al. study with 5,7%) and disease-free survival is 100%. Nevertheless, this option seems to be appropriate after carefully selection of the patients (age, conciliance, comorbidities, imperative indications…) and the tumors (tumor size, localization, histology…). Watchful waiting is a promising alternative after selection of the SRM. Large-scale and long-term studies will precise the global cost and modalities of this therapeutic option.

Mots clés:
Cancer / Rein / Surveillance active / Petites masses / Comorbidités
Mots-clés:
Cancer / Kidney / Watchful waiting / Small renal masses / Comorbidities