Base bibliographique

Évaluation multicentrique d’un auto-questionnaire de dépistage des cancers de vessie d’origine professionnelle
Multicentric evaluation of a self-screening questionnaire for occupational bladder cancer
2013
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2013, 23, 12, 977-985

Objectif : Évaluer un auto-questionnaire de dépistage des cancers de vessie d’origine professionnelle et rechercher une influence de l’exposition à un carcinogène vésical sur le pronostic tumoral.
Patients et méthodes : Cinq cent trente et un patients suivis entre 2005 et 2010 pour un cancer vésical dans deux services universitaires ont reçu un auto-questionnaire dérivé du questionnaire KVP 08. Les patients ayant répondu positivement à au moins un des items étaient considérés comme ayant un auto-questionnaire « positif ». Une consultation en maladie professionnelle a été ensuite proposée aux patients.
Résultats : Le taux de réponse à l’auto-questionnaire a été de 39,9 % (212/531). Il a été « positif » dans 82 cas (38,7 %). Parmi les 82 patients ayant un auto-questionnaire « positif », 46 patients ont consulté en maladie professionnelle (56 %). Une exposition professionnelle à un carcinogène vésical a été objectivée dans 91,3 % des cas. Parmi les 22 patients ayant consulté en maladie professionnelle avec un auto-questionnaire « négatif », une exposition à un carcinogène vésical a été retrouvée dans 13,6 % des cas. La sensibilité de l’auto-questionnaire a été de 91,3 %, la spécificité de 86,4 % et l’exactitude de 89,7 %. Le risque relatif d’être exposé à un carcinogène professionnel si l’auto-questionnaire a été « positif » a été de 6,69. L’analyse des groupes « positif » versus « négatif » n’a pas mis en évidence de différence statistiquement significative en termes d’agressivité tumorale et de survie sans récidive.
Conclusion : L’auto-questionnaire étudié a été pertinent avec une bonne fiabilité pour la détection d’une exposition professionnelle à un carcinogène vésical.

Objective: Evaluate a self-screening questionnaire for bladder cancer of occupational origin and analyse an influence of exposure to a carcinogen bladder tumor on prognosis.
Patients and methods: Five hundred and thirty-one patients followed, between 2005 and 2010, for bladder cancer in two university centers have received a self-screening questionnaire derived from questionnaire KVP 08. Patients who responded positively to at least one of the items were considered to have a self-screening questionnaire “positive”. Patients were finally invited to take an appointment for consultation in occupational pathology.
Results: The response rate to self-screening questionnaire was 39.9% (212/531). It was “positive” in 82 cases (38.7%). Among the 82 patients with a self-screening questionnaire “positive”, 46 patients consulted in occupational pathology (56%). Occupational exposure to a bladder carcinogen was documented in 91.3% of cases. Among the 22 patients who consulted in occupational pathology with a self-screening questionnaire “negative”, an occupational exposure to a bladder carcinogen was documented in 13.6% of cases. The sensibility of the self-screening questionnaire was 91.3%, the specificity 86.4% and the accuracy 89.7%. The relative risk to have an occupational exposure if the self-screening questionnaire was “positive” was 6.69. The analysis of groups “positive” versus “negative” does not reveal any statistically significant difference in terms of tumor aggressiveness and disease-free survival.
Conclusion: The self-screening questionnaire was considered relevant with good reliability for detection of occupational exposure to a bladder carcinogen.

Mots clés:
Cancer de vessie / Exposition professionnelle / dépistage / Pronostic
Mots-clés:
Bladder cancer / Occupational exposure / Screening / prognosis
Hématurie critique post-biopsies de prostate sous RIVAROXABAN. Cas clinique
Critical haematuria after prostate biopsies with RIVAROXABAN. Case report
2013
- Cas clinique
- Réf : Prog Urol, 2013, 23, 12, 1012-1014

La gestion des nouveaux anticoagulants oraux est encore mal protocolisée en périopératoire. Nous rapportons le cas d’une hématurie critique suite à des biopsies de prostate chez un patient traité par RIVAROXABAN. Le suivi et la prise en charge de l’hématurie furent difficiles devant l’absence de dosage biologique et d’antidote à ce traitement.

Managing patients with new oral anticoagulants in perioperative period is not yet well protocolized. We report a clinical case of a critical haematuria after prostate biopsies to a patient treated with RIVAROXABAN. Monitoring and treatment of the haematuria have been difficult due to the lack of biological control and antidote for this treatment.

Mots clés:
RIVAROXABAN / Xarelto / hématurie / Biopsie de prostate
Mots-clés:
RIVAROXABAN / Xarelto / haematuria / Prostate biopsy
Intégration sociale des femmes opérées de fistule urogénitale obstétricale
Social integration of women operated for obstetric urogenital fistula
2013
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2013, 23, 12, 1000-1003

Objectif : Étudier l’intégration sociale des femmes prises en charge dans le service d’urologie du CHU du Point G pour une fistule urogénitale obstétricale.
Patientes et méthode : Étude prospective effectuée sur une période de 13 mois allant de juin 2008 à juin 2009 dans le service d’urologie au CHU du Point G. L’étude a concerné toutes les patientes ayant été opérées au moins deux fois pour fistule uro-génitale obstétricale. Les registres du bloc opératoire, les dossiers médicaux et les fiches techniques de suivi de chaque patiente ont été les supports de base des données.
Résultats : Situation avant traitement : avant le traitement chirurgical, 76,92 % des patientes étaient rejetées par leurs conjoints. La famille a assisté la patiente dans 84,62 % des cas. Situation après traitement : après le traitement, 90,31 % des femmes fistuleuses vivaient dans le foyer conjugal ou en famille. La reprise d’activité professionnelle avait été annoncée par 11,2 % des patientes. Dans 93,7 % des cas, les patientes participaient aux travaux ménagers. Le nombre d’intervention réalisée par patiente allait de deux à cinq. La guérison (fistule fermée et absence de troubles sphinctériens) était complète dans 50 % des cas. Parmi les femmes, 11,54 % ont eu des troubles sphinctériens après fermeture de la fistule, ce qui fait un total de fistule fermée de plus de 61 % après au moins deux tentatives.
Conclusion : Les fistules uro-génitales ne représentent pas une maladie mortelle mais constituent un véritable handicap pour les femmes qui en souffrent pour mener une vie socioculturelle et économique normale. Généralement exclues des activités courantes de la société, ces femmes étaient de plus en plus intégrées après le traitement chirurgical réussi de la fistule.

Objective: To study the social integration of women supported in the urology department of the University Hospital of Point G for obstetric urogenital fistula.
Patients and method: Prospective study conducted over a period of 13 months from June 2008 to June 2009 in the Department of Urology at the University Hospital of Point G. The study included all patients who have been operated on at least twice for obstetric fistula genitourinary. Records of surgical, medical records and tracking sheets for each patient were the media database.
Results: Situation before treatment: before surgical treatment, 76.92% of patients were rejected by their spouses. The family attended the patient in 84.62% of cases. Situation after treatment: after treatment, 90.31% of women with fistula lived in the matrimonial home or family. The resumption of business activity was announced by 11.2% of patients. Among the women, 93.7% participated in housework. The number of patient intervention ranged from two to five. Healing (fistula closed and no sphincter dysfunction) was complete in 50% of cases. Among the women, 11.54% had sphincter dysfunction after closure of the fistula, which makes a total of fistula closed more than 61% after at least two attempts.
Conclusion: The urogenital fistulas are not a fatal disease but is a real handicap for women who suffer to conduct a socio-cultural and economic mainstream. Generally excluded from the ongoing operations of the company, these women are more integrated after successful surgical treatment of the fistula.

Mots clés:
Fistules uro-génitales obstétricales / Intégration sociale / Après traitement chirurgical
Mots-clés:
Obstetric fistula genitourinary / Social integration / After surgical treatment
L’hypospadias à réopérer
Failed hypospadias repair
2013
- Mise au point
- Réf : Prog Urol, 2013, 23, 12, 958-965

Réopérer un hypospadias de l’enfant ou de l’adulte nécessite une stratégie de réparation qui prend en compte les symptômes gênant le patient, au niveau de l’urèthre (sténose, fistule, hypospadias persistant, présence de poils) mais aussi au niveau des corps caverneux et de la peau du fourreau. Il s’agit d’une approche globale et progressive, peu décrite mais consacrée par l’expérience, qui intègre les données les plus récentes de l’hypospadiologie : après uréthroscopie, la verge est libérée du fourreau pour traiter d’abord une éventuelle coudure résiduelle en quatre étapes ; le problème uréthral est ensuite traité différemment selon que l’urèthre pénien est encore utilisable ou non. Mais dans presque tous les cas, une uréthroplastie en un ou deux temps utilisant la muqueuse buccale sera réalisée.

Reoperating an hypospadias requires a reconstructive strategy that considers the patient's disturbing symptoms, located on the urethra (stenosis, fistula, persistent hypospadias, urethral hair) as well as on cavernous bodies and penile skin. Though experience validates it, this global and gradual approach has been barely described. It takes up latest hypospadiology work through several steps: after urethroscopy, penis is freed from penile skin in order to treat first a potential residual curvature in four steps. Then, the urethral issue is fixed differently according to the state of the penile urethra. In addition, a buccal mucosal urethroplasty will be likely to be occurred, in one or two times.

Mots clés:
Hypospadias / Complications / Sténose de l’urèthre / Muqueuse buccale / Coudure
Mots-clés:
hypospadias / Complications / Urethral stenosis / Failed hypospadias repair / Buccal mucosal graft
Traitement chirurgical du carcinome urothélial de vessie métastatique : revue du Comité de cancérologie de l’Association française d’urologie
Surgical treatment of metastatic urothelial carcinoma of the bladder: Review of the Cancer Committee of the French Association of Urology
2013
- Article de revue
- Réf : Prog Urol, 2013, 23, 12, 951-957

Introduction : La place de la chirurgie dans la prise en charge des patients ayant un cancer urothélial métastatique est discutée. L’objectif de cette mise au point a été d’identifier les situations où l’exérèse chirurgicale de la vessie tumorale et/ou des métastases du carcinome urothélial a été rapportée et d’analyser ses résultats.
Matériels et méthodes : Une recherche bibliographique en langue française et anglaise utilisant les mots clés bladder cancer, metastases, cystectomy, metastasectomy, radiotherapy, curative treatment et palliative treatment a été effectuée, 177 articles ont été revus et 18 ont été sélectionnés.
Résultats : Les métastases de carcinomes urothélial de vessie synchrones ou secondaires à la cystectomie totale ont été diagnostiquées dans 4 et 50 % des cas respectivement. Le traitement chirurgical a été proposé pour réaliser l’exérèse carcinologique de toutes les lésions décelables après un traitement de première ligne par chimiothérapie ou pour traiter des symptômes réfractaires aux autres modalités thérapeutiques. En cas d’exérèse complète de la tumeur primitive et des métastases après une chimiothérapie de type MVAC, la survie globale à cinq ans a été de 28 %.
Conclusion : Les résultats des études réalisées ne permettent pas de démontrer l’intérêt du traitement chirurgical du carcinome urothélial de vessie métastatique. Dans l’indication de cystectomie de nécessité, notamment en cas d’hématurie, la mortalité périopératoire élevée justifie d’avoir épuisé toutes les alternatives thérapeutiques et d’opter pour un mode de dérivation des urines simple.

Introduction: The role of surgery in the treatment of patients with metastatic urothelial bladder cancer is controversial. The aim was to review situations where surgical resection of the bladder tumor and/or metastatic urothelial carcinoma has been reported and analyze its results.
Materials and methods: A bibliographic research in French and English using the keywords BCG, bladder cancer, metastases, cystectomy, metastasectomy, radiotherapy, curative treatment and palliative treatment was performed, 177 articles have been reviewed, and 18 have been selected.
Results: Synchronous or metachronous urothelial carcinoma metastases were diagnosed in 4 and 50% of the cases, respectively. The surgical treatment of metastatic urothelial carcinoma of the bladder has been proposed to achieve oncologic resection of all detectable lesions after a first-line chemotherapy or to treat symptoms, which were refractory to other treatment modalities. In achieving complete resection of the primary tumor and metastases after MVAC chemotherapies, the 5 years overall survival was 28%.
Conclusion: There was no evidence in favouring surgical treatment of metastatic urothelial carcinoma. Considering the high perioperative mortality rate of cystectomy in imperative indications, particularly in the case of hematuria, all therapeutic alternatives must have been exhausted and urine derived in the simplest way.

Mots clés:
carcinome urothélial / Métastases / Cystectomie / Métastasectomie / Chimiotherapie
Mots-clés:
Urothelial carcinoma / Metastases / Cystectomy / Metastasectomy / Chemotherapy
Une nouvelle technique de contrôle des marges de résection au cours de la néphrectomie partielle : l’échographie ex vivo
A new technique for ensuring negative surgical margins during partial nephrectomy: The ex vivo ultrasound control
2013
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2013, 23, 12, 966-970

Objectif : Le but de cette étude était d’évaluer la faisabilité de l’échographie ex vivo par l’urologue et son efficacité de détection des marges de résection lors de la néphrectomie partielle (NP).
Patients et méthodes : Tous les patients opérés dans notre service entre juillet 2010 et novembre 2012 d’une NP pour une tumeur du rein classée T1 ou T2 à la tomodensitométrie ont été inclus dans l’étude. À chaque fois, une échographie ex vivo de la pièce de tumorectomie a été pratiquée par l’opérateur pour analyser les marges de résection. Les données de l’échographie ex vivo ont été corrélées aux résultats anatomopathologiques.
Résultats : Vingt-six hommes et 15 femmes d’un âge médian de 61 ans (30–82) ont eu une NP. L’échographie ex vivo a mis en évidence 38 marges négatives et deux marges positives, alors que les résultats anatomopathologiques définitifs ont mis en évidence des marges négatives dans tous les cas sauf un. La sensibilité et spécificité étaient respectivement de 100 % et 97 %. La durée moyenne de réalisation de l’échographie a été d’une minute ± 1. La taille moyenne des tumeurs et la taille des marges ont été respectivement de 3,4 ± 1,8 cm et 2,38 ± 1,76 mm.
Conclusion : La technique de contrôle des marges de résection des NP par échographie ex vivo nous a semblé efficiente, efficace et facile de réalisation par un urologue.

Objective: To evaluate the feasibility and the efficiency of intraoperative ex vivo ultrasound of resection margins in patients undergoing partial nephrectomy by urologist.
Patients and methods: Patients undergoing partial nephrectomy from July 2010 to November 2012 for T1–T2 renal tumors were included in analysis. Tumor margin status was immediately determined by ex vivo ultrasound done by the surgeon himself. Results were compared with margin status on definitive pathological evaluation.
Results: A total of 26 men and 15 women with a median age of 61 (30–82) years old were included in analysis. Intraoperative ex vivo ultrasound revealed negative surgical margins in 38 cases and positive margins in two. Final pathological results revealed negative margins in all except one case. Ultrasound sensitivity and specificity were 100% and 97%, respectively. Mean ultrasound duration was 1 minute ± 1. Mean tumor and margin sizes were 3.4 ± 1.8 cm and 2.38 ± 1.76 mm, respectively.
Conclusion: Intraoperative ex vivo ultrasound of resection margins in patients undergoing partial nephrectomy by a urologist seemed to be feasible, efficient and easy.

Mots clés:
Rein / Cancer / échographie / Néphrectomie / marges
Mots-clés:
Kidney / Cancer / Ultrasound / nephrectomy / Margins status