Base bibliographique

Évolution de la prise en charge chirurgicale des pathologies prostatiques : analyse nationale du codage
Evolution of prostatic surgical interventions: Analysis of French national coding database
2011
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2012, 22, 12, 711-717

Introduction : Les pathologies prostatiques sont fréquentes et occupent une place centrale dans la pratique urologique. Nous avons souhaité étudier l’évolution du nombre d’actes chirurgicaux au moyen données nationales du codage.
Méthodes : Nous avons analysé les actes de chirurgie de la prostate en distinguant secteur public et privé de 1997 à 2011 au moyen des données issues du serveur Internet de l’agence technique d’information sur l’hospitalisation (ATIH).
Résultats : Toutes interventions confondues, le nombre d’actes était supérieur dans le secteur privé (jusqu’à 70 %). Il est apparu une forte augmentation du nombre de prostatectomies réalisées avec +332 % entre 1997 et 2007 (plus de 27 000 interventions) puis une diminution de 2007 à 2010 aboutissant donc à un effet de pic. L’essor de la laparoscopie a été constant de 2006 à 2011 de 35 jusqu’à 58 % de façon comparable entre privé et public. L’HIFU et la curiethérapie sont restées marginales. Le nombre de résections endoscopiques était stable entre 56 000 et 60 000 par an dont moins de 7 % pour cancer. Le nombre d’adénomectomies est en baisse régulière de 9832 à 7963 interventions par an.
Conclusion : Une évolution tout à fait notable dans le temps du nombre de prostatectomies radicales est apparue avec un effet de pic. La pénétration de la laparoscopie a augmenté progressivement. La résection endoscopique de prostate est restée stable alors que l’adénomectomie a diminué.

Introduction: Prostatic diseases are very important in urologist's practice. We wanted to study evolution of prostatic procedures using French national coding database.
Methods: We searched the Agence Technique d’Information sur l’Hospitalisation (ATIH) web server for prostatic procedures between 1997 and 2011 for both private and public sectors.
Results: The procedures were more often performed in private sector (up to 70%). There was a sustained increase (+332%) of the number of prostatectomies between 1997 and 2007 (more than 27,000 procedures), followed by a slight decrease. There is a rising use of laparoscopic approach from 35% in 2006 up to 58% in 2011. The use of brachytherapy and HIFU was marginal. Transurethral resection of the prostate number was stable between 56,000 and 60,000 procedures a year (for cancer for less than 7%). Adenomectomies number decreased from 9832 to 7963 procedures a year.
Conclusion: The most noticeable data were upon prostatectomies number, with a peak effect in 2007. Laparoscopic procedures were more and more frequent. TURP number was stable, whereas adenomectomies number decreased.

Mots clés:
prostate / Prostatectomie / Economie de santé
Mots-clés:
prostate / Prostatectomy / Health economics
Faut-il envisager un traitement complémentaire après une colique néphrétique drainée par une sonde JJ ?
Should we consider a complementary treatment after a renal colic drained by an ureteral stent?
2011
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2012, 22, 12, 701-704

Objectifs : Déterminer si la mise en place d’une sonde JJ pour une colique néphrétique lithiasique compliquée (CNLC) peut suffire au traitement spécifique du calcul urétéral.
Patients et méthodes : Une étude rétrospective a été réalisée chez 95 patients, 39 femmes et 56 hommes d’âge moyen 46,4 ± 17,2 ans, ayant eu une sonde JJ pour CNLC entre 2005 et 2010. Après la prise en charge initiale, était prévue en hospitalisation l’ablation de la sonde sous anesthésie locale puis le lendemain une (TDM) abdomino-pelvienne et un traitement spécifique du calcul (lithotritie extracorporelle, urétéroscopie). Les paramètres suivant ont été étudiés pour déterminer leur rôle dans la persistance du calcul : âge, sexe, taille, siège, côté. Les valeurs qualitatives étaient comparées par un test de Chi2, les valeurs quantitatives par un test t de Student. Le seuil de significativité était p < 0,05.
Résultats : Les patients ont été hospitalisés en moyenne 1,58 ± 1,84 mois après l’épisode aigu. Les calculs mesuraient en moyenne 6,12 ± 2,18 mm. Chez 64,2 % des patients après l’ablation de la sonde il ne persistait plus de calcul. Les calculs expulsés mesuraient en moyenne 5,85 ± 2,33 mm et étaient localisés respectivement pour 77 %, 3 % et 20 % des cas dans l’uretère pelvien, iliaque et lombaire. Trente-quatre patients avaient nécessité un traitement complémentaire devant la persistance du calcul qui mesurait en moyenne 6,59 ± 1,84 mm et localisé pour respectivement 17,5 %, 5,8 % et 76,7 % des cas dans l’uretère pelvien, iliaque et lombaire.
Conclusion : Après la mise en place d’une sonde JJ pour CNLC, 64 % des patients n’avaient pas nécessité de traitement spécifique du calcul, ce taux atteignant 90 % lorsque le calcul était pelvien.

Purpose: The aim of the study was to evaluate if only ureteral stent removing after complicated renal colic (RC) could prevent from complementary treatment (shock-wawe lithortripsy or ureteroscopy).
Patients and methods: Data from 95 patients, 39 women and 56 men, who had an ureteral stent for complicated RC from 2005 to 2010 were retrospectively collected. Mean age was 46.4 ± 17.2 years. After the initial management, another hospitalization was organized where patients had ureteral stent removing under local anesthesia, then an abdominal CT-scan without injection and complementary treatment of ureteral stones (none or ESWL or ureteroscopy). Parameters studied were age, sex, stone size, location of calcul. Quantitative values were compared with Student's t test. Qualitative values were compared with the Chi2. P < 0.05 was considered statistically significant.
Results: Mean duration between the two hospitalizations were 1.58 ± 1.84 months. Sixty-one patients (64.2%) had no more urolithiasis. In these patients, mean size of urolithiasis was 5.85 ± 2.33 mm. Location of urolithiasis in distal, mild and proximal ureter was 77%, 3% and 20% respectively. Thirty-four patients (35.8%) had persistant lithiasis after CT-scan. Location of stone in distal, mild and proximal ureter was 17.5%, 5.8% and 76.7% respectively.
Conclusion: After management of complicated renal colic by ureteral stent, 64% of patients had spontaneous elimination of stones after removing of ureteral stent, especially in women and pelvic ureter.

Mots clés:
calcul urétéral / Sonde JJ / Élimination spontanée / Traitement
Mots-clés:
Ureteral stone / JJ stent / Spontaneous elimination / Management and treatment
Intérêt du lambeau de Martius (LM) dans l’incontinence urinaire d’effort (IUE) traitée par bandelettes sous-urétrales (BSU)
Interest of the Martius flap in stress urinary incontinence treated by suburethral tapes
2011
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2012, 22, 12, 725-730

But : Étude d’une série de patientes traitées par bandelettes sous-urétrales (BSU) ayant bénéficié d’un lambeau de Martius (LM), pour complications ou à visée préventive, afin d’en déterminer l’intérêt et la morbidité.
Patientes : Onze patientes traitées par BSU pour incontinence urinaire d’effort (IUE), pour lesquelles nous avons décrit les types de BSU initiales, leurs complications, l’intervention comportant le LM et le suivi.
Résultats : Les indications de LM étaient : trois érosion vésicale par la BSU, une érosion urétrale, une fistule uro-vaginale, quatre pertes de substance de la paroi vaginale, une fibrose péri-urétrale et une utilisation préventive sur tissu irradié. Les complications ont été la douleur postopératoire transitoire et un abcès de la grande lèvre. Dans notre série, le LM n’a jamais corrigé l’IUE. La pose de BSU sur LM est faisable mais le réglage a été plus difficile.
Conclusion : Le LM a été efficace dans le traitement des complications des BSU ou en prévention de celles-ci avec une faible morbidité. Il a permis la repose de BSU ultérieure avec un ajustement plus délicat.

Objective: Study of a series of patients treated with suburethral tapes using the Martius flap technique, for complications or in a preventive way, in order to determine its interest and morbidity.
Patients: Eleven female patients treated by suburethral tapes for stress urinary incontinence, for which we described the type of tapes used, their complications, the procedure including Martius flap and the outcomes.
Results: Indications of the Martius flap were: three tapes through bladder neck, one through urethra, one uro-vaginal fistula, four loss of substance of the vaginal wall, one peri-urethral fibrosis and one preventive use on irradiated pelvis. Complications were transient postoperative pain and one abscess of the greater lip. In our series, the Martius flap never cured stress urinary incontinence. The placement of a suburethral tape on a Martius flap is feasible but the adjustment is more difficult.
Conclusion: The Martius flap is efficient in the treatment or prevention of suburethral tapes complications with low morbidity. It allows secondary placement of a suburethral tape with difficult adjustment.

Mots clés:
Lambeau de Martius / Bandelettes sous-urétrales
Mots-clés:
Martius flap / Suburethral tapes complications
Mélanome métastatique aux voies excrétrices supérieures. À propos de trois cas et revue de la littérature
Metastatic melanoma in upper urinary tract. About three cases and literature review
2011
- Cas clinique
- Réf : Prog Urol, 2012, 22, 12, 736-739

Le mélanome est un cancer évoluant lentement avec des métastases apparaissant de façon ubiquitaire. Nous décrivons ici, à travers 45 cas de revue de la littérature enrichie par trois cas originaux, les métastases localisées aux voies excrétrices supérieures. Le diagnostic peut être fortuit ou à l’occasion de symptômes (douleur ou hématurie). Le traitement repose le plus souvent sur une néphro-uréterectomie. Même si les métastases de mélanome restent rares, il paraît important de les détecter précocement afin d’améliorer le pronostic de ces patients.

Melanoma is a slowly growing malignancy, with potential distant metastasis at various sites. In this article, we reported three original cases of melanoma metastases in the upper urinary tract, and we achieved a literature review. Symptoms are inconstant and non-specific (pain or haematuria). Nephroureterectomy is performed in the majority of cases. Even if this metastatic location remains uncommon, it should be timely detected in order to allow an appropriate management and to improve the prognostic of melanoma.

Mots clés:
Mélanome / Métastase / hématurie / Voies excrétrices supérieures
Mots-clés:
Melanoma / Metastasis / haematuria / upper urinary tract
Place de l’hypofractionnement dans la radiothérapie des cancers de la prostate : revue de la littérature
Place of hypofractionated radiotherapy in the treatment of prostate cancer: A review
2011
- Article de revue
- Réf : Prog Urol, 2012, 22, 12, 671-677

Introduction : La radiothérapie des cancers de la prostate a permis, ces dernières années, une alternative à la prostatectomie radicale dans certains cas de cancers localisés, en plus de s’être imposée comme traitement de choix dans les cancers localement avancés, et ceux du sujet âgé. La durée d’un traitement conventionnel de radiothérapie prostatique s’étale sur sept à huit semaines, à raison de quatre à cinq séances par semaine, en ajoutant un temps de préparation d’environ une semaine.
Matériel et méthode : Une revue systématique de la littérature scientifique a été réalisée à partir de Pubmed, ainsi qu’une revue exhaustive des études randomisées rapportées lors des congrès internationaux, permettant l’analyse des nombreux schémas thérapeutiques alternatifs à cette radiothérapie conventionnelle, normofractionnée (c’est-à-dire délivrant des doses par séance entre 1,8 et 2,2 grays).
Résultats : Cinq essais randomisés rapportés depuis 2005, et plusieurs milliers de patients traités en radiothérapie stéréotaxique, ont soulevé de nombreuses questions scientifiques, par ces schémas de radiothérapie alternatifs hypofractionnés (une dose par fraction supérieure à 2,2 grays par séance), plus courts, et d’efficacité antitumorale potentiellement supérieure, avec des avantages pratiques de raccourcissement du temps global de l’irradiation.
Conclusion : Cette analyse de la littérature scientifique sur l’hypofractionnement en radiothérapie des cancers de prostate a pour but de colliger les preuves scientifiques dont on dispose. Il faudra attendre les résultats matures des futurs essais randomisés avant de modifier les pratiques.

Background: Radiotherapy of prostate cancers, over the last few years, has been an alternative choice to radical prostatectomy in the case of localised cancers as well as being the preferred treatment in both advanced localised cancers and those of the elderly. A conventional course of prostate radiotherapy consisting of four to five sessions a week, lasts between 7 and 8 weeks plus about one week of preparation.
Materials and methods: A systematic review of the scientific literature based on Pubmed, along with an exhaustive review of randomised studies presented at international congresses, have made it possible to analyse the numerous therapeutic regimens available other than the conventional normofractioned one (i.e. with doses per session ranging between 1.8 and 2.2 grays).
Results: Five randomised trials reported since 2005, plus several thousand patients treated by stereotaxic radiotherapy, have given rise to numerous scientific questions; these alternative hypofractioned courses (dose per fraction higher than 2.2 grays) have a potentially enhanced antitumoral efficacity along with the practical advantages of a shortened duration of radiotherapy.
Conclusion: The aim of this analysis of the scientific literature on hypofractioning in prostate cancer radiotherapy is to gather all the scientific evidence we currently have at our disposal. Further mature results of future randomised trials will have to be examined before modifying current practice.

Mots clés:
radiothérapie / Cancer de la prostate / Hypofractionnement / PSA / Survie
Mots-clés:
Prostate cancer / radiotherapy / Hypofractionnation / PSA / Survival
Transplantation rénale et receveurs obèses : revue du comité de transplantation de l’Association française d’urologie
Kidney transplantation in obese recipients: Review of the Transplantation Committee of the French Association of Urology
2011
- Article de revue
- Réf : Prog Urol, 2012, 22, 12, 678-687

Objectif : Comparer les complications après transplantation rénale chez les patients obèses et non obèses.
Méthode : Une recherche bibliographique a été menée à partir de la base de données Medline et les mots clés utilisés ont été : obesity, body mass index, kidney transplantation, graft function, survival, wound complications, graft rejection, graft survival. Les études issues de revues à comité de lecture et incluant un effectif suffisant de patients obèses (n ≥ 20) ont été sélectionnées. De plus, en raison des modifications importantes des protocoles d’immunosuppression ainsi que des traitements prophylactiques anti-infectieux durant ces dernières décennies, nous avons limité notre recherche aux 15 dernières années. Au total, 76 articles ont été utilisés comme références bibliographiques.
Résultats : Les complications chirurgicales postopératoires infectieuses ou pariétales sont plus fréquentes chez les patients obèses. De même, on note plus de retard de reprise de fonction ainsi qu’une diminution de la survie à cinq ans du transplant. En revanche, il ne semble pas y avoir plus de rejet aigu. La survie du patient à cinq ans est quant-à elle, a priori, similaire entre les deux populations si une sélection attentive et notamment cardiaque des receveurs est réalisée avant inscription sur liste d’attente.
Conclusions : La transplantation rénale chez les patients obèses n’est pas une chirurgie facile et comporte plus de risque que la transplantation chez les receveurs non obèses. Ces patients demandent du temps pour pouvoir leur expliquer les complications supplémentaires qui pourront leur arriver au décours de la transplantation et nécessitent un bilan cardiaque régulier. En effet, un non-suivi strict de cette règle grève le pronostic vital de ces patients après la transplantation. Mais la survie des obèses est meilleure après transplantation que lorsqu’ils sont laissés en dialyse. Sortir systématiquement ces patients des listes d’attente de transplantation n’est donc pas éthique. L’instauration d’un protocole national de prise en charge de ces patients en fonction de leur IMC apparaît donc très intéressante pour en dégager des recommandations claires.

Introduction: Transplantation Committee of the French Association of Urology (CTAFU) conducted a review of the complication of kidney transplantation in obese recipients.
Material and methods: A bibliographic research in French and English using Medline with the keywords “obesity”, “body mass index”, “kidney transplantation”, “graft function”, “survival”, “wound complications”, “graft rejection” and “graft survival” was performed. We limited the review for the last fifteen years because of the change in immunosuppressive treatment area. Only studies with more than 20 obese patients were selected.
Results: Wound or infectious postoperative complications and delayed graft function are more frequent in obese patients than in non-obese recipients. Similarly, transplant survival at 5 years is lower in obese patients. On the other hand, patient survival and acute rejection are the same between the two groups if recipient selection is carefully made, particularly with regard to heart complication.
Conclusion: Kidney transplantation in obese patients is not an easy surgery with known complication. Obese patients will take time before transplantation to explain all the risk and a regular heart follow-up is crucial if we don’t want to reduce patient survival. But obese survival is better if we proceed to kidney transplantation than if they stay on dialysis, arguing for a non-exclusion of the waiting list. So there is the need for a national study concerning obese patients on waiting list to enact future guidelines.

Mots clés:
Obésité / Index de masse corporelle / Transplantation rénale / Survie / Survie du transplant
Mots-clés:
Obesity / body mass index / Kidney transplantation / Survival / Graft survival
Tumeur stromale prostatique à potentiel malin incertain (STUMP) : définition, anatomopathologie, pronostic et prise en charge
Prostatic Stromal Tumors of Uncertain Malignant Potential (STUMP): Definition, pathology, prognosis and management
2011
- Mise au point
- Réf : Prog Urol, 2012, 22, 12, 688-691

Les tumeurs stromales prostatiques à potentiel malin incertain (STUMP) sont des tumeurs rares de la prostate d’origine mésenchymateuse, représentant avec les sarcomes 0,1 à 0,2 % de l’ensemble des néoplasies prostatiques. Ce type de tumeur nécessite néanmoins d’être individualisé afin de le différencier d’une hyperplasie bénigne ou d’un sarcome de la prostate. La prise en charge thérapeutique devra être faite en gardant à l’esprit le risque de dégénérescence vers une forme maligne. Bien qu’il n’existe pas de conduite à tenir codifiée, la prostatectomie radicale semble être le traitement de choix, ce d’autant plus que le patient est jeune ou qu’il s’agit d’une lésion étendue responsable d’un syndrome de masse.

Prostatic Stromal Tumors of Uncertain Malignant Potential (STUMP) are rare tumor of the prostate of mesenchymal origin, accounting, with sarcoma for 0.1–0.2% of all malignant prostatic tumours. They however require to be individualized, to differentiate it from a benign prostatic hyperplasia or a sarcoma of the prostate. The therapeutic management should be made keeping in mind the risk of degeneration towards a malignant shape. Although the appropriate treatment is unknown, radical prostatectomy seem to be the treatment of reference, especially for young patient or for extensive lesion.

Mots clés:
prostate / Cancer / sarcome / Stromale / STUMP
Mots-clés:
prostate / Cancer / Sarcoma / stromal / STUMP