Base bibliographique

Ancienneté de la neurovessie et efficacité d’une première injection de toxine botulique intradétrusorienne
2015
- Réf : Prog Urol, 2015, 11, 25, 642-648


L’injection de toxine botulique intradétrusorienne est l’un des traitements de seconde ligne de l’hyperactivité détrusorienne d’origine neurologique. L’injection de toxine botulique intradétrusorienne s’avère parfois inefficace : 26 % à 66 % des cas.


Objectif de l’étude

L’objectif de cette étude est d’évaluer s’il existe un lien entre l’efficacité de la première injection de toxine botulique intradétrusorienne et l’ancienneté des troubles urinaires liés à une neurovessie.


Matériels et méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective portant sur 79 patients ayant eu une première injection de toxine botulique intradétrusorienne de 200 à 300 UI Botox, entre janvier 2011 et décembre 2013. Les critères d’inclusions étaient un âge supérieur à 18ans, une hyperactivité du détrusor d’origine neurologique. Les résultats étaient analysés par le test de Student. Les patients étaient repartis en 3 groupes : efficacité clinique et urodynamique complète, efficacité clinique ou urodynamique incomplète (inférieur à 50 %), ou échec clinique et urodynamique.


Résultats

Il n’existait aucune différence significative d’efficacité de la toxine botulique intradétrusorienne selon la durée d’évolution des troubles vésicosphinctériens dans une population toute pathologie neurologique confondue (sclérose en plaque, blessés médullaire, pathologique infectieuse, ischémique, compression médullaire) d’âge moyen de 46ans. En revanche, chez les patients atteints de sclérose en plaques et en analyse univariée, la durée d’évolution des troubles vésicosphinctériens était un facteur prédictif d’inefficacité d’une première toxine botulique intradétrusorienne : 11ans en moyenne chez les patients ayant présenté une efficacité complète ou incomplète VS 18,5ans chez les patients ayant présentés un échec total (p =0,04).


Conclusion

La durée d’évolution des troubles vésicosphinctériens est un facteur prédictif d’échec primaire de la toxine botulique intradétrusorienne dans la population de sclérose en plaques, en analyse univariée.


Niveau de preuve

4.


Intradetrusor injection of botulinum toxin is one of the second-line therapy of neurologenic detrusor overactivity.


Goal of the study

In 26% to 66% of the cases, intradetrusor injection of botulinum toxin is inefficient in order to reduce overactive bladder symptoms and/or overactive detrusor. The objective of this study is to determine whether it exists a link between the efficacy of the first IDBT and the length of neurological detrusor overactivity symptoms.


Methods

Retrospective study on 79 patients which have a first intradetrusor injection of botulinum toxin between January 2001 and December 2013. Inclusion criteria were patients older than 18 and having neurological detrusor overactivity.


Results

There is no significant difference of intradetrusor injection of botulinum toxin efficacy according to duration of urinary symptoms in the general neurologigal population (multiple sclerosis, spinal cord injury, spinal cord compression, ischemic pathology, infectious pathology) with the mean age being 46 years. On the contrary, the length of evolution of neurological detrusor overactivity symptoms before the intradetrusor botox injection therapy and the efficiency of the first intradetrusor injection of botulinum toxin seem to be correlated with negative results in patients with multiple sclerosis.


Conclusions

The duration of urinary symptoms is a predictive factor of primary failure of intradetrusor injection of botulinum toxin in multiple sclerosis patients, in univariate analysis.


Level of evidence

4.

Mots clés:
Toxine botulique / Neurovessie / hyperactivité vésicale
Mots-clés:
Botulinum toxin / Neurogenic bladder / Overactive bladder
Incontinence urinaire chez des coureuses de loisir de marathon
2015
- Réf : Prog Urol, 2015, 11, 25, 636-641


Objectif

Déterminer la prévalence de l’incontinence urinaire au sein d’une population de coureuses de loisir interrogées lors d’un marathon.


Matériel et méthodes

Étude observationnelle réalisée au cours d’un marathon à partir de l’analyse de questionnaires remis aux participantes avant la course. Le questionnaire a été remis aux 800 participantes et parmi elles, 517 (64,6 %) ont accepté de le remplir. On distinguait 268 (52,4 %) marathoniennes et 243 (47,5 %) relayeuses.


Résultats

La moyenne d’âge des coureuses était de 41,1 (±9,7) ans, 479 (93,7 %) d’entre elles étaient d’origine caucasienne, leur indice de masse corporelle moyen était de 20,7 (±1,9) kg/m2 et 173 (34 %) étaient nullipares. Parmi les répondeuses, 157 (30,7 %) coureuses ont déclaré avoir des fuites urinaires (toutes circonstances confondues). Parmi les 157 coureuses qui ont déclaré une incontinence urinaire, 83 (52,9 %) avaient des fuites lors de la course à pied. Dans la moitié des cas, ces fuites survenaient habituellement en fin d’épreuve. La prévalence de l’incontinence urinaire survenant lors de la toux, l’éternuement ou le rire parmi les répondeuses était de 96/517 (18,5 %). La prévalence de l’incontinence urinaire sur urgenturies était de 63/517 (12 %). Concernant la fréquence des épisodes, 39/517 (7,5 %) femmes déclaraient avoir au moins une fuite par semaine. La gêne était évaluée à 1,6 (±1,7), sur une échelle de 0 à 10.


Conclusion

Dans cette étude, la prévalence de l’incontinence chez des coureuses de loisir était de 30,7 %, ce qui semble comparable à ce qui est observé en population générale.


Niveau de preuve

4.


Objective

To determine the prevalence of urinary incontinence within a population of female recreational runners during a marathon.


Methods

Observational study carried on a marathon from the analysis of questionnaire handed to the participants before the beginning of the marathon. The questionnaire was handed to 800 participants and among them, 517 (64.6%) agreed to fill it. Among the participants, 268 (52.4%) were marathon runners and 243 (47.5%) were relay runners.


Results

Mean age of the runners was 41.1 (±9.7), 479 (93.7%) of them were caucasian, mean body mass index was 20,7 (±1.9) kg/m2 and 173 (34%) were nulliparous. Among responders, 157 (30.7%) runners declared to have urinary incontinence symptoms (any circumstances). Among 157 runners who declared an urinary incontinence, 83 (52,9%) presented with urinary leaks during the running. In half of the cases, these urinary leaks usually arose at the end of race. Urinary incontinence during coughing, sneezing or laughing was reported by 96/517 (18,5%) women. The prevalence of urge urinary incontinence was 63/517 (12%). Concerning the frequency of urinary incontinence, 39/517 (7.5%) women reported at least once weekly. For urinary incontinence bother, scores on the Visual Analogue Scale (VAS 0 to 100) was 1.6 (±1.7).


Conclusion

In this series, the prevalence of urinary incontinence was 30.7% within a population of female recreational runners. This rate seems to be similar to the current prevalence in the general population.


Level of evidence

4.

Mots clés:
incontinence urinaire / Femme / Coureuse / Course / Marathon
Mots-clés:
Incontinence / Woman / Runners / Race / Marathon
Microbiote urinaire et troubles mictionnels
2015
- Réf : Prog Urol, 2015, 11, 25, 625-627


Ces dernières années, le concept de troisième cerveau, celui hébergé par l’intestin, a émergé. À partir de modifications fonctionnelles locales, et grâce à l’activation d’une cascade d’événements neuro-biochimiques à l’échelon périphérique, un rétro-contrôle de l’activité intestinale, qu’elle soit motrice et/ou sensitive, permet de moduler les phénomènes primaires d’activation et d’inhibition générés par les centres corticaux-sous-corticaux.


Mots clés:
G.
Mots-clés:
Clear cell renal carcinoma / metastasis / Tumor-to-tumor metastasis
Stimulation transcutanée du nerf tibial dans le traitement des hyperactivités vésicales réfractaires de l’enfant et de l’adolescent
2015
- Réf : Prog Urol, 2015, 11, 25, 665-672


Introduction

Le but de cette étude était d’évaluer l’efficacité et la tolérance de l’électrostimulation transcutanée du nerf tibial (ETNT) chez les patients de moins de 15ans ayant un syndrome clinique d’hyperactivité vésicale réfractaire (SCHAVR).


Matériel et méthodes

Nous avons mené une analyse rétrospective des résultats de l’ETNT (1 séance quotidienne de 20minutes, fréquence 10Hz) pour SCHAVR aux thérapeutiques usuelles (hors vessie neurologique). L’efficacité du traitement était évaluée sur l’amélioration clinique ressentie et le calendrier mictionnel. Les critères de guérison étaient : absence de récidive infectieuse, profil mictionnel normal, pas de trouble nocturne, débitmétrie normale.


Résultats

Dix-neuf patients consécutifs (11filles, 8garçons) d’âge moyen 12,1±2,7ans, ayant un SCHAVR ont été traités de novembre 2010 à mars 2012. Trois patients avaient des troubles diurnes isolés et tous les autres avaient des troubles mictionnels nocturnes associés. Il existait des infections urinaires fébriles chez 10patients (9filles, 1garçon). La durée moyenne du traitement était de 6mois. Deux patientes ont été perdues de vue. Les patients avaient le traitement par électrostimulation seule dans 13cas et 3patients avaient aussi un traitement par du chlorure de trospium ou de la desmopressine. L’évaluation à 1 mois montrait une amélioration clinique chez 16 des 17patients (94 %). À l’arrêt du traitement au bout de 6 mois, 12 patients sur 17 (70 %) étaient guéris (5 garçons, 7 filles), sans récidive après un suivi moyen de 9 mois. Trois garçons (18 %) ont eu une amélioration partielle, avec disparition des fuites diurnes et persistance d’une pollakiurie. Aucun patient n’a rapporté d’effets secondaires.


Conclusion

L’ETNT est une option thérapeutique intéressante dans le SCHAVR de l’enfant. Son taux de succès est de 70 % et il s’agit d’un traitement non invasif, sans effets secondaires.


Niveau de preuve

4.


Introduction

The purpose of this study was to evaluate safety and tolerability of transcutaneous tibial nerve stimulation (TENS) in patients under 15years of age with refractory overactive bladder.


Materials and methods

A retrospective analysis was conducted on outcomes of TENS (1daily 20-minute session, 10Hz) in patients with refractory overactive bladder, excluding patients with neurogenic bladder. Treatment efficacy was evaluated on symptomatic improvement and voiding schedule. Healing was defined as following: no recurrence of urinary tract infection, normal urodynamic voiding parameters, no nighttime continence disorder, normal uroflowmetry.


Results

Nineteen consecutive patients with refractory overactive bladder were treated from November 2010 to March 2012 (11girls, 8boys, age 12.1±2.7 years). Three patients reported only daytime voiding disorders, the others reported daytime and nighttime voiding disorders. Ten patients reported febrile urinary tract infection (1 boy, 9 girls). The average length of treatment was 6 months. Two patients were lost to follow-up. Thirteen patients had only tibial TENS; 3 patients had tibial TENS and trospium chloride or desmopressin. At 1-month assessment, 16 patients out of 17 (94%) reported symptomatic improvement. At the end of treatment, 12 patients out of 17 (70%) met healing criteria (5 boys, 7girls), without relapse within 9 months. Three boys (18%) had partial improvement (no daytime wetting, but increased daytime frequency). No patient reported side effects.


Conclusion

Tibial TENS is a safe, non invasive and effective treatment in refractory overactive bladder in children. The success rate is 70%, with no side effect and no relapse at the end of the treatment in our study.


Level of evidence

4.

Mots clés:
hyperactivité vésicale / Neurostimulation transcutanée / Nerf tibial / Enfant
Mots-clés:
Overactive bladder / Transcutaneous stimulation / Tibial nerve / child
Usefulness of ice water test to unmask detrusor overactivity
2015
- Réf : Prog Urol, 2015, 11, 25, 649-654


Introduction


Mots clés:
Ice water test / Bladder cooling reflex / Neurogenic bladder / Urodynamics / Test à l’eau glacée
Mots-clés:
K. / F. / G.
Vie sexuelle des jeunes adultes opérés dans l’enfance d’un hypospadias postérieur
2015
- Réf : Prog Urol, 2015, 11, 25, 655-664


Objectif

Évaluer, par une étude transversale unicentrique, la qualité de vie globale et sexuelle de jeunes adultes âgés d’au moins 17ans et opérés d’hypospadias postérieur dans l’enfance.


Patients et méthodes

Ont été identifiés, 40 patients opérés d’un hypospadias postérieur depuis 1997 parmi lesquels 28 ont été recontactés. Quinze adultes, âgés de 21,2±4,7ans en moyenne, opérés à l’âge de 27,9±20 mois en moyenne, ont eu une consultation de suivi survenant 8,4±5ans en moyenne après la dernière consultation spécialisée. A été réalisée une évaluation clinique et les qualités de vie globale et sexuelle étaient estimées par des auto-questionnaires (EUROQOL 5, IIEF5 et questionnaire non validés)


Résultat

Pour 33 % des patients, la qualité de vie globale était altérée. Une dysfonction érectile a été identifiée chez 33 % des patients, mais plus de 80 % se disaient satisfaits de leur qualité de vie sexuelle. L’insatisfaction des patients venait essentiellement de l’aspect de leurs organes génitaux externes. Nous n’avons pas trouvé de lien entre le nombre d’interventions chirurgicales effectuées et la satisfaction de l’apparence et du fonctionnement des organes génitaux externes. Trente-trois pour cent des patients auraient aimé avoir un suivi sous forme d’un soutien psychologique, médical ou un contact avec des patients ayant un parcours médical similaire.


Conclusion

Nous avons mis en évidence des problèmes fonctionnels non pris en charge jusqu’alors ainsi que des problèmes cosmétiques responsables d’une altération de l’image de soi chez ces jeunes adultes. Cette consultation a conduit à une prise en charge spécialisée pour 20 % des patients. Une prise en charge transitionnelle au sortir du monde pédiatrique et dans le contexte qu’est l’adolescence paraît nécessaire.


Niveau de preuve

4.


Objective

To evaluate outcomes and long-term sexual quality of life after hypospadias surgery. Seventeen-years-old patients operated for a posterior hypospadias in childhood were included in a transversal study.


Patients and methods

Fifteen patients, among the forty children treated since 1997, accepted to participate. These young men (mean age at the first surgery was 27.9±20months) were clinically reviewed and responded to questionnaires (EUROQOL 5, IIEF15 and non-validated questionnaire). This study arises about 8.4±5years after the last visit in paediatric department.


Results

Mean study age was 21.2±4.7years. One third of patients thought that global quality of life was distorted. Although 33% of the patients had erectile dysfunction, 80% were satisfied with their sexual quality of life. The most important complains were relative to the penile appearance. Number of procedures was not predictive of patient's satisfaction about penile function and appearance. Thirty-three percents of the patients would have been satisfied to have psychological and medical support. They would be interested in having contact with patients who suffered from the same congenital abnormality.


Conclusion

These patients had functional and esthetical disturbances. This visit leads to a specific visit in 20% cases. In this study, medical follow-up does not seem to be counselling and had to be adapted. Adequate follow-up transition between paediatric and adult departments especially during adolescence seems to be necessary.


Level of evidence

4.

Mots clés:
hypospadias postérieur / Adolescence / Qualité de vie sexuelle
Mots-clés:
Severe hypospadias / Adolescence / Sexual quality of life / Sexual outcomes
Œstrogénothérapie locale en urologie et pelvi-périnéologie. Revue de littérature
2015
- Réf : Prog Urol, 2015, 11, 25, 628-635


Objectif

Évaluer l’apport de l’œstrogénothérapie locale (OL) vaginale sur les troubles urogénitaux liés à la ménopause ainsi que sur ses effets indésirables à travers une revue de la littérature.


Matériel

Une revue de la littérature a été réalisée dans la base de données Pubmed en utilisant les mots clés suivants : vaginal estrogen , urinary incontinence , urgency , urinary infection, vulvovaginal atrophy, dyspareunia, breast cancer, endometrial cancer, thrombosis .


Résultats

L’OL a démontré son efficacité dans la prévention des infections urinaires, le traitement de l’hyperactivité vésicale et des troubles génitaux de la femme ménopausée à travers d’importantes études randomisées ainsi que des méta-analyses. Les effets indésirables locaux (pertes vaginales, érythèmes, métrorragies, etc.) sont rares. La diffusion systémique de l’OL faible dose est limitée et autorise ainsi sa prescription chez la femme ménopausée sans surveillance particulière. Cependant, l’utilisation d’une OL doit être évitée chez la femme avec un antécédent de carcinologique du sein du fait d’une absence d’étude contrôlée ayant évalué le risque de survenue de cancer du sein. En dehors du cas particulier de la femme à haut risque, il n’existe pas d’augmentation du risque de thrombose chez la femme ménopausée sous OL.


Conclusion

La prescription de l’OL faible dose dans le traitement des troubles urogénitaux post-ménopausiques de la femme est sûre et efficace. L’utilisation de l’OL chez la patiente avec un antécédent de cancer mammaire ou à haut risque de thrombose devrait cependant être évitée.


Objective

To conduct a literature review of the efficiency of vaginal local estrogenotherapy (LE) on genitourinary disorders related to menopause and those side effects.


Materials

A literature review was conducted using Pubmed database using the keywords vaginal estrogen, urinary incontinence, urgency, urinary tract infection, vulvar and vaginal atrophy, dyspareunia, breast cancer, endometrial cancer, thrombosis. The most relevant articles were selected and analyzed.


Results

The LE demonstrates its efficiency on preventing urinary tract infections, treatment of overactive bladder and vaginal disorders of postmenopausal women in controlled studies or meta-analysis level of evidence 1. Local side effects (discharge, erythema, vaginal bleeding, etc.) are rare. The systemic diffusion of low dose LE is limited and allowed to prescribe it to postmenopausal women without special supervision. However, using LE might be avoided in women with a history of oncological breast due to the lack of controlled studies evaluating the risk of developing breast cancer under LE. Except for high-risk women, LE does not increase the risk of thrombosis.


Conclusion

Vaginal administration of low dose of estrogen is an effective and safe treatment in the management of postmenopausal genitourinary disorders. However, using LE for women with history of breast cancer or high risk of thrombisis should be avoided.

Mots clés:
Œstrogènes locaux / infection urinaire / incontinence urinaire / Dyspareunie / Cancer
Mots-clés:
Vaginal estrogen / Urinary incontinence / Urinary infection / Dyspareunia / Cancer