Base bibliographique

Étude rétrospective d’une population de carcinomes à cellules rénales sur 12 ans : épidémiologie, prise en charge thérapeutique et impact sur la survie
Renal cell carcinoma: A 12-year retrospective study of epidemiologic, therapeutic and follow-up data
2011
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2013, 23, 1, 15-21

Introduction : Étudier l’évolution épidémiologique et la prise en charge des carcinomes à cellules rénales et leur impact sur la survie globale et sans récidive.
Patients et méthodes : Nous avons étudié les dossiers des patients consécutivement pris en charge dans notre centre pour un carcinome à cellules rénales entre 2000 et 2011. Les patients dont l’histologie de la tumeur était connue et traités par néphrectomie radicale, néphrectomie partielle ou thermoablation initialement ont été inclus. Les patients avec tumeurs bénignes et non traités initialement par chirurgie ou thermoablation ont été exclus. Les données épidémiologiques et thérapeutiques ont été comparées. Les survies globales et sans récidive ont été comparées par des courbes de Kaplan-Meier suivant trois périodes.
Résultats : Quatre cent quarante-neuf patients ont été inclus avec un âge médian de 60 ans [21 ; 89], avec un suivi médian de 39 mois. Les tumeurs incluses ont été majoritairement des carcinomes à cellules claires (75,9 %). Sur cette période, le taux de patient avec un score ASA supérieur à 3 est passé de 20,4 % à 47,8 %, la taille tumorale de 58,4 mm à 49,5 mm et le taux de découverte fortuite de 59,1 % à 71,6 %. Le taux de néphrectomies partielles est passé de 19,7 % à 44 %. La survie globale et sans récidive des patients n’a pas été différente au cours du temps (p = 0,071 ; p = 0,582).
Conclusion : La découverte de plus en plus précoce des carcinomes à cellules rénales de manière fortuite a permis une prise en charge thérapeutique conservatrice croissante malgré des patients ayant des comorbidités plus importantes, avec des survies globales et sans récidive stables au cours du temps.

Objective: To describe the evolution of epidemiology and management of renal cell carcinoma and their impact on overall and progression-free survivals.
Patients and methods: We reviewed the files of consecutive patients with renal cell carcinoma in our center between January 2000 and December 2011. Patients with confirmed diagnosis on histology who underwent radical nephrectomy, partial nephrectomy or thermoablation were included. Benign tumors were excluded. Epidemiologic and therapeutic data during the period of study were compared. Overall and progression-free survivals divided in three periods were compared by Kaplan-Meier curves.
Results: Four hundred and forty-nine patients were included with a median age of 60 years old [21; 89], and median follow-up of 39 months. Tumor histology was clear cell carcinoma in 75.9% of cases. During the period of study, patients with ASA score upper than 3 increased from 20.4% to 47.8%, tumor size decreased from 58.4 mm to 49.5 mm and incidental tumor discovery increased from 59.1% to 71.6%. Nephron-sparing surgery increased from 19.7% to 44%. Overall survival and progression-free survival was not different during this period (P = 0.071 and P = 0.582).
Conclusion: The increase in early incidental discovery of renal cell carcinoma allowed nephron-sparing surgery in spite of patients with more comorbidities, with stable overall and progression-free survivals in our series.

Mots clés:
cancer du rein / Carcinome rénal / Épidémiologie / Traitement / Survie
Mots-clés:
Renal cancer / Renal cell carcinoma / epidemiology / treatment / Survival
Fonction érectile et sexualité des partenaires après prostatectomie totale robot-assistée versus laparoscopique manuelle : évaluation à long terme
Impotence and wife sexuality after robot-assisted radical prostatectomy versus pure laparoscopy: A long-time appraisal
2011
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2013, 23, 1, 42-49

But : Comparer les conséquences à long terme sur la capacité érectile des patients opérés d’une prostatectomie totale par voie cœlioscopique robot-assistée (PTCR) et par voie cœlioscopique manuelle (PTC) et comparer les modifications de la sexualité des partenaires.
Patients et méthodes : Un autoquestionnaire était envoyé aux 412 patients opérés par le même opérateur entre mars 2004 et juillet 2009. Quatre-vingt-seize patients avaient les critères de bonne fonction érectile préopératoire et de suivi supérieur ou égal à 24 mois. La fonction érectile était évaluée par l’IIEF-5 et les QLQ-C30 PR25. Les modifications de la sexualité des partenaires étaient évaluées par un questionnaire basé sur le FSFI.
Résultats : En préopératoire, il n’a pas été observé de différence significative entre les deux groupes PTCR et PTC. En postopératoire, l’IIEF-5 sans traitement était meilleur dans le groupe PTCR que dans le groupe PTC (p = 0,025). En cas de préservation bilatérale des bandelettes (BNV2), l’IIEF-5 maximal était meilleur dans le groupe PTCR (p = 0,002). Pour la sexualité des partenaires, nous n’avons pas mis en évidence de différence entres les techniques et il est apparu que la communication dans le couple semble l’item le moins altéré après cette chirurgie.
Conclusion : En cas de préservation bilatérale des bandelettes neurovasculaires (BNV), un opérateur entraîné à la chirurgie laparoscopique devrait observer des résultats à long terme sur la fonction érectile meilleurs avec la technique robot-assistée. Les modifications de la sexualité des partenaires nécessitent une évaluation prospective.

Objective: To compare the long-term sexual outcome of laparoscopic radical prostatectomy (LRP) vs robot-assisted laparoscopic prostatectomy (RALP).
Patients and methods: A questionnaire was sent to the 412 patients treated by the same surgeon by LRP or RALP from March 2004 to July 2009. Ninety-six patients were evaluated preoperatively with a good erectile function before surgery and a follow-up more than 24 months. Erectile function was evaluated by the IIEF-5, the QLQ-C30 PR25 questionnaires. Partner's sexuality was evaluated with a FSFI's based questionnaire.
Results: There was no significant difference before surgery between two groups LRP and RALP. After surgery, the IIEF-5 without any treatment was better in RALP group than in LRP group (P = 0.025). When a bilateral nerve sparing was performed, the IIEF-5 maximum was better in RALP group (P = 0.002). For the partners, there was no difference between the two techniques and it appeared that communication about sexuality is the less altered, long time after a radical prostatectomy.
Conclusions: In case of bilateral nerve sparing prostatectomy, an experimented operator in laparoscopic surgery should have better long-term erectile function results with RALP than LRP. Partner's sexuality modifications need more prospective studies to know its influence on erectile rehabilitation.

Mots clés:
dysfonction érectile / Prostatectomie totale / Robot / sexualité
Mots-clés:
impotence / Sexual dysfunction / radical prostatectomy / Robotic surgery / Neurovascular bundles
Localisation iléale d’un carcinome à cellules rénales révélée par une invagination iléo-cæcale
Ileocolic intussusception from metastatic renal cell carcinoma
2011
- Cas clinique
- Réf : Prog Urol, 2013, 23, 1, 73-75

Les localisations secondaires les plus fréquentes du cancer du rein sont le poumon, l’os, le foie et le cerveau. La dissémination dans l’intestin grêle du carcinome à cellules rénales est rare, avec seulement quelques cas publiés dans la littérature. Nous rapportons le cas d’une métastase iléale d’un cancer du rein opéré, révélée par une invagination iléo-cæcale avec occlusion intestinale aiguë chez une patiente de 32 ans.

The lung, the liver, the bone tissue and the brain are the most frequent sites for renal cell carcinoma metastasis. Small bowel metastasis from renal cell carcinoma is rare, with only few cases published. We report the case of ileal metastasis from operated kidney cancer revealed by ileocolic intussusception and causing intestinal obstruction in a 32-year-old woman.

Mots clés:
carcinome à cellules rénales / Métastase / Intestin grêle / Invagination intestinale
Mots-clés:
Renal cell carcinoma / Metastasis / Small intestine / Intussusception
Nouvelles thérapeutiques dans le cancer de la prostate résistant à la castration : panorama des études pivotales et nouveaux schémas thérapeutiques à venir
Novel agents for the therapy of castration-resistant prostate cancer: Overview of pivotal studies and new strategies to come
2011
- Article de revue
- Réf : Prog Urol, 2013, 23, 1, 1-7

Objectif : Récemment, de nouvelles thérapeutiques ont été développées dans le traitement du cancer de la prostate. L’objectif de ce travail était de présenter les études de phase III des nouvelles thérapeutiques dans le traitement du cancer de la prostate résistant à la castration (CPRC).
Méthodes : Une revue de la littérature a été effectuée dans PubMed en croisant les différents mots clés suivants : prostate cancer, castration resistant, metastatic, targeted therapy, biologic agents, immunotherapy et clinical trials. Les comptes-rendus des congrès de l’American Society of Clinical Oncology, l’American Urological Association, et le European Association of Urology ont été analysés depuis 2008. Ont été retenues les études de phase III qui avaient pour objet les molécules suivantes : abiratérone, MDV 3100, cabazitaxel, sipuleucel-T, radium-223 et le dénosumab.
Résultats : L’abiratérone et le MDV 3100 sont deux nouvelles hormonothérapies qui ont mis en évidence respectivement un gain de survie globale en postchimiothérapie (à base de docetaxel) de 15 et 18 mois par rapport au placebo. Le cabazitaxel s’est imposé comme la chimiothérapie de deuxième ligne après une première ligne à base de docetaxel. Le Sipuleucel-T avait un gain de survie avec une réduction de la mortalité de 22 % et une durée de vie allongée de 4,1 mois par rapport au bras placebo. La radiothérapie métabolique à base de radium-223 avait une efficacité pour l’amélioration de la survie globale, retarder et réduire le nombre des évènements osseux. Comparé à l’acide zolédronique, le dénosumab a retardé la survenue du premier événement osseux (20,7 versus 17,1 mois, p = 0,0002). De plus, le dénosumab retardait la survenue des métastases osseuses de 4,1 mois comparé au placebo.
Conclusions : Le cancer de la prostate a vu apparaître de nouvelles molécules de chimiothérapie, d’hormonothérapie, d’immunothérapie, de radiothérapie métabolique et soins de support. Ces traitements ont prouvé leur efficacité contre placebo ou contre les standards thérapeutiques existant. Ils ont apporté des outils thérapeutiques supplémentaires dans les CPRC.

Objective: Recently, new agents have been developed in the treatment of prostate cancer. Our aim was to review phase III studies that involved novel agents in the treatment of castration resistant prostate cancer.
Methods: PubMed databases were searched for original articles published with the search terms: prostate cancer, castration resistant, metastatic, targeted therapy, biologic agents, immunotherapy and clinical trials. Proceedings from 2008 of conferences of the American Society of Clinical Oncology, American Urological Association, and the European Association of Urology were also searched. We included phase III studies that involved: abiraterone, MDV 3100, cabazitaxel, sipuleucel-T, radium-223, and denosumab.
Results: Abiraterone and MDV 3100 are two new hormotherapies that showed an increased overall survival of 15 and 18 months respectively before after docetaxel based chemotherapy in randomized trials. Cabazitaxel became the standard second line chemotherapy after docetaxel. Sipuleucel-T has emerged as the first approved vaccine in prostate cancer. It showed a 22 % reduction of mortality and a prolonged survival time of 4.1 months compared to placebo. A radium-223 based metabolic radiotherapy has showed a better overall survival, delayed and reduced skeletal-related events in placebo controlled randomized trials. Denosumab also delayed the first skeletal-related event in a zoledronic acid controlled trial (20.7 versus 17.1 months, P = 0.0002). Moreover, Denosumab delays bone metastases by 4.1 months compared to placebo.
Conclusion: The novel agents that emerged in the treatment of prostate cancer showed an efficacy in placebo controlled trials. They added new tools in the armamentarium of therapies of castration resistant prostate cancer.

Mots clés:
Cancer de la prostate / Résistance à la castration / Métastases / Survie globale / Essais randomisés
Mots-clés:
Prostate cancer / Castration-resistant / Metastasis / Overall survival / Randomized trials
Perceptions de l’hypertrophie bénigne de la prostate par le patient et le médecin généraliste – étude Trophée
Perceptions of benign prostatic hyperplasia according to the perspective of patients and general practitioners – the Trophée study
2011
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2013, 23, 1, 50-57

But : Comparer la perception de l’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) du patient et du médecin généraliste (MG) en termes de sévérité et d’évolution des symptômes et d’observance.
Matériel : Une étude observationnelle transversale a été conduite en France auprès d’un échantillon de MG ayant inclus des patients pour lesquels un traitement de l’HBP était prescrit. Les données recueillies concernaient le profil des MG et des patients, le diagnostic, la prise en charge, la sévérité et l’évolution des symptômes et l’observance.
Résultats : Au total, 1098 patients ont été inclus par 247 MG. Dans 87,4 % des cas, le diagnostic était établit par le MG. Parmi les patients, 82,7 % étaient traités par monothérapie. Le choix d’un traitement reposait principalement sur son efficacité, l’avis du patient était pris en compte dans ce choix par 5 % des MG. La sévérité des symptômes ressentie par le patient concordait avec l’estimation du MG dans 53,9 % des cas. Une aggravation des symptômes était rapportée significativement plus souvent par le patient (18,5 %) que par le MG (8,8 %). Parmi les patients ayant rapporté une faible observance (n = 94), les médecins estimaient que, pour 77 % d’entre eux (n = 72), l’observance était au contraire bonne.
Conclusion : Il existait une discordance entre le médecin et le patient dans la perception des symptômes de l’HBP et l’évaluation du niveau d’observance. L’avis du patient a été peu pris en compte lors du choix thérapeutique témoignant d’un déficit en matière de partage de la décision, partage qui aiderait le médecin à optimiser la prise en charge globale.

Objective: To compare the perception of benign prostatic hypertrophy (BPH) between patients and general practitioners (GPs) in terms of severity and evolution of symptoms and medication adherence.
Methodology: A cross-sectional observational study was performed in France in a sample of GPs who included patients for whom a BPH treatment was prescribed. Data were collected on patient and GP characteristics, diagnosis, BPH management, severity and evolution of symptoms and medication adherence.
Results: One thousand and ninety-eight patients were recruited by 247 GPs. In 87.4% of cases, diagnosis was performed by GPs. Among them, 82.7% of patients were treated by monotherapy. The choice of a treatment was mainly based on treatment efficacy and the patient's opinion was taken into account by 5% of GPs. The patient's evaluation of symptoms severity was consistent with the GP's in 53.9% of cases. A worsening of symptoms was reported significantly more frequently by patients (18.5%) than by GPs (8.8%). Among 94 patients who reported poor adherence, GPs estimated that the level of medication adherence was good for 72 of these (77%).
Conclusion: There was discordance between the evaluation made by GPs and by patients on the perception of BPH symptoms and medication adherence. The patient's opinion was rarely taken into account in the therapeutic decision, reflecting a lack of shared medical decision-making, which would be helpful for the physician in order to optimize BPH management.

Mots clés:
hypertrophie bénigne de la prostate / Médecine générale / Observance / Qualité de vie / IPSS
Mots-clés:
Benign prostatic hyperplasia / General practitioner / Adherence / Quality of life / International Prostate Symptom Score
Place de l’urétérorénoscopie souple en première intention pour le traitement des calculs du rein. Résultats de l’enquête de pratique du comité lithiase de l’AFU réalisée en 2011
Place of the flexible ureterorenoscopy first choice for the treatment of kidney stones. Survey results practice committee of the AFU lithiasis completed in 2011
2011
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2013, 23, 1, 22-28

L’urétérorénoscopie souple couplée à la photovaporisation LASER (URSS-L) pour le traitement des calculs du rein est un outil moderne dont la place est en cours d’évaluation.
Méthodes : Sa place en première intention a été étudiée en France en 2010 au sein du Comité lithiase de l’association française d’urologie (CLAFU). Une enquête de pratique auprès de 27 experts a concerné les critères décisionnels suivants : facteurs de comorbidité du patient, nature supposée du calcul, anatomie de l’appareil urinaire du patient. Cette enquête a été proposée pour un calcul de taille inférieure ou égale à 20 mm, pour un calcul de taille supérieure à 20 mm et pour les calculs multiples du rein.
Résultats : Quatorze experts ont répondu. Les critères retenus en faveur de l’URSS-L en première intention étaient : l’obésité morbide (IMC > 30), un traitement anticoagulant ou antiagrégant plaquettaire, les calculs durs (UH > 1000, calculs de cystine), les calculs intradiverticulaires, les calculs caliciels inférieurs, l’échec d’un premier traitement, ou le souhait du patient.
Conclusion : Selon les experts interrogés l’URS-SL était un traitement de première intention validé quelle que soit la taille du calcul et le nombre de calculs du rein, dans les cas où la LEC et la NLPC étaient contre-indiqués ou lorsque leurs résultats prévisibles étaient moins bons (calculs durs/obésité morbide/calcul caliciel inférieur), lorsque la localisation du calcul était difficile d’accès (calcul intradiverticulaire). C’était aussi le traitement de choix lors de l’échec d’un premier traitement (LEC/NLPC).

The flexible ureterorenoscopy coupled with photovaporisation LASER (USSR-L) for the treatment of kidney kidney is a modern tool whose place is under evaluation.
Methods: Its place has been assessed in France in 2010 by the Committee of urolithiasis of the French Association of Urology (CLAFU). A practice survey among 27 experts concerned the following decision criteria: comorbid patient's supposed nature of the calculation, anatomy of the urinary tract of the patient. This investigation has been proposed to calculate the size not exceeding 20 mm, for a calculation of size greater than 20 mm and for multiple calculations kidney.
Results: Fourteen experts responded. The criteria for the USSR-The first line were: morbid obesity (BMI > 30), anticoagulation or anti platelet aggregation, calculations Hard (UH > 1000, cystine stones), calculations within diverticular caliceal calculations below, the failure of a first treatment or the wish of the patient.
Conclusion: The URS-SL was a first-line treatment validated regardless of size and number of kidney stones, when ESWL and PCNL were contraindicated or when their predictable results were poor (hard stones/morbid obesity/lower pole stones) or when stone access is difficult (intradiverticular). It was also the treatment of choice after the failure of a first treatment (ESWL/PCNL).

Mots clés:
Urétéroscopie souple / Calculs urinaires / Laser Ho YAG / Obésité/complications / Indice masse corporelle
Mots-clés:
Flexible ureteroscopy / urinary stones / Laser Ho YAG / Obesity/complications / body mass index
Problématique de la prise en charge des anomalies de la différenciation sexuelle dans le service d’urologie : CHU Point G
Issues inherent to the management of disorders of sex development in point G Hospital
2011
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2013, 23, 1, 66-72

Introduction : Les troubles de la différenciation sexuelle sont à l’origine d’une discordance entre le sexe proprement dit (phénotypique) et le sexe génétique (génotypique). Dans les pays de faible niveau socio-économique où le diagnostic anténatal est souvent absent et les plateaux techniques insuffisants, la prise en charge médico-chirurgicale est difficile. L’objectif de cette étude a été d’évaluer la fréquence, les aspects anatomo-cliniques, paracliniques et thérapeutiques des états intersexués découverts à l’adolescence.
Patients et méthode : Entre janvier 2005 et novembre 2006 (23 mois), cinq patients ayant un trouble de la différenciation sexuelle ont été pris en charge dans le service d’urologie de Point G. Un bilan diagnostique biologique et par imagerie suivi d’un traitement chirurgical ont été proposés pour chacun des patients.
Résultats : L’âge moyen des patients était de 19,5 ± 11,8 ans (6–31). Tous les patients avaient été déclarés de sexe masculin à la naissance. Des anomalies des organes génitaux externes ont constitué le motif principal de consultation (trois patients sur cinq). Un patient a consulté pour gynécomastie et un patient pour douleurs pelviennes. À l’examen clinique, chacun des patients avaient des signes cliniques évocateurs de troubles de la différenciation sexuelle. Le diagnostic de pseudo-hermaphrodisme féminin a été retenu chez trois patients, d’hermaphrodisme vrai chez un patient et d’hypogonadisme pour le dernier. Une prise en charge diagnostique et thérapeutique n’a pu être réalisée en totalité que pour trois des patients (rupture de suivi et/ou refus du traitement).
Conclusion : Les états intersexuels sont relativement rares au Mali avec une prévalence de 2,3 ‰ dans notre centre. Cette étude a souligné le manque de moyen financier et l’insuffisance de plateaux techniques adaptés pour la prise en charge des patients ayant un trouble de la différenciation sexuelle.

Abnormal sexual development causes unconformity between gender identity and gender role. In countries with low socio-economic level, the optimal management is difficult. The aim of this study was to evaluate the frequency, the genital anatomy appearance, the diagnostic and the surgical management of disorders of sex development (DSD) discovered during the adolescence. Between January 2005 and November 2006 (23 months), five patients with abnormal sexual development were identified in Point G Hospital. First-line testing included biology measurement and imaging. A surgical management was systematically offered. Median age was 19.5 ± 11.8 years (6–31). All patients were initially assigned male. Sexual dimorphic with genital ambiguity was the first reason of consultation (three children to five). One patient had male breast development and one had pelvic pain. All clinical evaluation suggested genital ambiguity. The diagnostic was female pseudohermaphrodism in three cases, true hermaphrodism in one case and hypogonadism for one patient. A masculinizing genital surgery was performed in three cases. The other patients refused the treatment or were out of sight. Intersex disorders are relatively rare in Mali with a prevalence of 2.30‰ in our hospital. This study highlighted the lack of financial means and local resources for optimal clinical management of individuals with DSD.

Mots clés:
Anomalies de la différenciation sexuelle / Adolescent
Mots-clés:
Disorders of sex development / Adolescent
Syringomyélie post-traumatique : ce que doit savoir l’urologue ?
Post-traumatic syringomyelia: What should know the urologist?
2011
- Article de revue
- Réf : Prog Urol, 2013, 23, 1, 8-14

Introduction : L’incidence de la syringomyélie post-traumatique (SPT) est estimée selon les études à 25 à 30 % sur le plan neuroradiologique dans la population de patients blessés médullaires post-traumatiques. Cette pathologie est peu connue et peu étudiée, pourtant sa méconnaissance peut avoir des conséquences fonctionnelles graves.
Objectif : Faire le point sur la SPT et proposer des recommandations pour la prise en charge urologique du patient blessé médullaire présentant une cavité syringomyélique.
Matériels et méthodes : Une mise à jour sur la SPT a été réalisée par l’analyse de la littérature internationale complétée par les réflexions du groupe d’étude de neuro-urologie de langue française (GENULF) lors de ses entretiens de mai 2011. La revue de la littérature internationale a été réalisée prenant en compte les articles originaux sur le sujet, sélectionnés par le moteur de recherche PubMed. Les mots clés utilisés étaient : post-traumatic syringomyelia, epidemiology, bladder dysfunction, symptoms, pathophysiology, magnetic resonance imaging.
Résultats : La définition radiologique de la SPT est une zone homogène intramédullaire de même intensité que le liquide cérébro-spinal (LCS) (hyposignal T1 et hypersignal T2) aux contours bien définis et s’étendant sur au moins deux niveaux vertébraux. Deux conditions sont requises pour l’apparition d’une SPT : une lésion traumatique médullaire et un blocage du flux du LCS périmédullaire, primum movens du développement de la cavité. Le délai d’apparition par rapport au traumatisme est variable mais peut être précoce. La symptomatologie clinique de la SPT est avant tout marquée par la douleur sus-lésionnelle, maître symptôme. L’examen clinique doit rechercher la classique triade symptomatique sus-lésionnelle : troubles sensitifs dissociés et suspendus, abolition de réflexes sus-lésionnels, et déficit moteur. Une modification du comportement vésico-sphinctérien, et/ou l’apparition d’une dysfonction érectile chez un patient blessé médullaire doit faire rechercher une SPT. L’imagerie par résonance magnétique (IRM) médullaire est l’examen de choix pour le diagnostic et le suivi des cavités syringomyéliques. La prise en charge médicale repose sur la prévention des efforts à glotte fermée qui risquent d’aggraver la cavité syringomyélique.
Conclusion : La prévalence en imagerie de la SPT est proche d’un patient blessé médullaire sur quatre. Les conséquences de la SPT sur le plan fonctionnel peuvent être dramatiques et, même si la prise en charge n’est pas sans poser de problèmes, son dépistage, sa prévention et son suivi est essentiel. En urologie, la lithothripsie extracorporelle, et la chirurgie cœlioscopique ou robotique sont susceptibles d’aggraver la cavité syringomyélique.

The incidence of post-traumatic syringomyelia (PTS) is estimated according to recent studies at 25 to 30% of patients with traumatic spinal cord injuries in magnetic resonance imaging (MRI), which remains the gold standard exam for syringomyelia diagnosis and monitoring. Syringomyelia is translated by an increased cord signal (similar to CSF) with low-density T1-weighted image and high-density T2-weighted image, which extends beyond site of initial lesion at least to two vertebral segments. Two conditions are required for development of PTS: traumatic spinal cord injury and blocked the flow of CSF epidural. The mean interval from spinal cord injury to diagnosis SPT was 2.8 years (range, 3 months to 34 years). The commonest symptoms are pain and sensory loss. PTS should be suspected if the patient has new neurological symptoms above level of injury, such as dissociated sensory injuries, reflexes abolition, and motor deficit, after the neural function becomes stable for certain time. In urologic practice, new neurological symptoms could be bladder and/or erectile dysfunction. The medical management based on prevention efforts with closed-glottis pushing, which could aggravate the syrinx cavity. In urology, extracorporeal shockwave lithotripsy, and laparoscopic or robotic surgery could extend the syrinx cavity for the same reason (increase abdominal pressure). The indications for surgical intervention and optimal surgical treatment technique for patients with PTS are not consensual. The literature demonstrated that surgery PTS is effective at arresting or improving motor deterioration, but not sensory dysfunction or pain syndromes.

Mots clés:
Syringomyélie post-traumatique / troubles vésico-sphinctériens / Chirurgie urologique
Mots-clés:
Post-traumatic syringomyelia / Bladder dysfunction / epidemiology / Physiopathology