Base bibliographique

Sommaire :

Évaluation de la pertinence du scoring de la conservation des bandelettes neurovasculaires par l’urologue au cours de la prostatectomie totale
2018
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2018, 13, 28, 644-645


Objectifs

Évaluer si la graduation de la conservation des bandelettes neurovasculaires (bnv) par l’urologue correspond aux observations histologiques.


Méthodes

Au total, 290 patients ayant eu une prostatectomie totale (PT) par laparotomie ou par voie cœlioscopique robot-assistée ont été inclus dans étude monocentrique de mars 2017 à mai 2018.

Le chirurgien estimait la qualité de la conservation des BNV selon un score allant de 0 (pas satisfait) à 5 (satisfait).

Un anatomopathologiste dédié mesurait la profondeur et la longueur des BNV restantes sur la pièce de PT.

Une évaluation fonctionnelle était réalisée en pré- et postopératoire (6 semaines, 3 mois, 6 mois) avec des auto-questionnaires validés (IIEF5, score ICIQ et USP) afin de corréler les résultats fonctionnels à la qualité de la conservation.


Résultats

Quarante-six patients ont été inclus, avec une durée de suivi médiane de 4 mois. Les caractéristiques des patients inclus sont rapportées dans le Tableau 1.

La Fig. 1 montre l’association entre la graduation préopératoire de la conservation des bnv par le chirurgien et la mesure histologique des BNV sur les pièces de pt. On retrouve une association significative entre l’estimation préopératoire de l’urologue et l’observation histologique (p <0,0001).

La Fig. 2 compare la surface de BNV (mm2) laissées sur les pièces de pt avec les résultats fonctionnels pré- et postopératoires (3 mois). Trois mois après la chirurgie les résultats fonctionnels sur la fonction érectile sont hétérogènes sans différence significative entre les BNV restantes sur la pièce de pt et la perte de points dans le score IIEF5.


Conclusion

La conservation des BNV est un facteur subjectif car il dépend de l’estimation préopératoire du chirurgien. La longueur des BNV restantes est corrélée avec le grade de conservation nerveuse estimé par le chirurgien. Concernant les données fonctionnelles un suivi plus prolongé est nécessaire, la récupération érectile est progressive et souvent supérieure à 3 mois.

Évaluation de la qualité de vie après promontofixation cœlioscopique pour la cure de la cystocèle dans le contexte socioculturel d’une population arabo-muslumane
2018
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2018, 13, 28, 640


Objectifs

Le tabou sur la sexualité ainsi que toute pathologie qui touche la sphère génitale féminine demeure persistant dans la société arabo-musulmane marocaine. La cystocèle est fréquente et soulève des problèmes d’approche diagnostique et thérapeutique dans notre contexte.

Objectif Évaluer l’impact de la promontofixation cœlioscopique pour cystocèle en termes de qualité de vie et de sexualité dans ce contexte socioculturel particulier.


Méthodes

Il s’agit d’une étude prospective descriptive et analytique des patientes ayant eu une cystocèle de stade supérieur ou égal à 2 selon la classification pop-q, traitées par promontofixation cœlioscopique entre 2011 et 2017. Quarante et une patientes ont été opérées, mais seulement 34 ont accepté de participer à l’étude. La qualité de vie et la sexualité étaient évaluées à l’aide des versions françaises validées des auto-questionnaires Pelvic Floor Distress Inventory (PFDI 20), Pelvic Floor Impact Questionnaire (PFIQ 7) et Pelvic Organ Prolaps/Urinary Incontinence Sexual Questionnaire (PISQ 12). Une évaluation systématique par ces questionnaires a été réalisée en pré- et en postopératoire (à 3 mois).


Résultats

L’âge moyen était 55 ans. Il s’agissait d’une cystocèle isolée dans 70 % des cas et de grade 3 chez 55 % des cas. Une bandelette antérieure unique a été utilisée chez 30 patientes. Aucune patiente n’a eu d’hystérectomie. Le stade pop-q et le score popdi-6 étaient significativement liés (p =0,04). Par contre, aucune relation significative n’a été retrouvée avec les scores pisq12 (p =0,23) et PFDI-20 (p =0,42). Le score PISQ-12 était, quant à lui, statistiquement lié aux score PFDI-20 (p =0,01) à 3 mois du postopératoire, les 3 scores ont été significativement améliorés : score pfdi-20 (113,28 vs 37,6 ; p <0,0005), score pfiq-7 (88,75 vs 26,68 ; p ≤0,0005) et le score pisq-12 (16,33 vs 22,72 ; p ≤0,001). En plus, nous avons demandé aux patientes si elles étaient globalement satisfaites après l’intervention, un taux de satisfaction globale de 95,5 % a été retrouvé.


Conclusion

Malgré les difficultés socioculturelles que nous avions rencontrées lors de la réalisation de notre travail, nos résultats ont pu réaffirmer l’impact positif de la promontofixation sur la qualité de vie chez nos patientes. À notre connaissance, il s’agit de la première série arabo-musulmane publiée qui traite cette question.

Évaluation de la qualité de vie après prostatectomie cœlioscopique assistée par robot : au-delà de la continence et des érections
2018
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2018, 13, 28, 648


Objectifs

Si la récupération de la continence et de la fonction érectile représentent préoccupations majeures pour le patients dans les suites d’une prostatectomie cœlioscopique assistée par robot (RALP), l’évaluation limitée à ces 2 paramètres pourrait ne pas représenter l’impact réel de la chirurgie sur la qualité de vie (QDV). L’objectif de l’étude était d’analyser de manière prospective la QDV après RALP selon le questionnaire validé eortc-qlq-pr25.


Méthodes

Au total, 584 patients ayant subi une RALP ont été inclus entre 2010 et 2015 et analysés de manière prospective. Le questionnaire eortc-qlq-pr25 est composé de 25 questions analysant les symptômes urinaires, les symptômes intestinaux, les symptômes liés aux traitements adjuvants, la qualité de la fonction sexuelle ainsi que la gêne liée aux troubles de la continence et l’activité sexuelle. Les questionnaires ont été remplis en préopératoire puis à 1, 3, 12 et 24 mois après la chirurgie. Les associations entre les facteurs de risque et les scores de QDV ont été testées par analyse de régression linéaire uni- et multivariée.


Résultats

Tous les items du questionnaire eortc-qlq-pr25 ont montré une détérioration significative après RALP et se sont améliorés 3 mois après la chirurgie. Après 24 mois, les scores concernant la continence, les symptômes digestifs et l‘activité sexuelle n’étaient pas significativement différents des scores préopératoires, tandis que la gêne liée à l’incontinence, les symptômes liés aux traitements adjuvants et la fonction sexuelle restaient dégradés. En analyse multivariée, les patients avec une maladie localement avancée (>pt3a ou pn1 ou r1) avaient un risque significativement élevé d’apparition de symptômes intestinaux et de symptômes liés au traitement. L’activité sexuelle préopératoire avait un impact plus important sur l’activité sexuelle à 3 mois que la chirurgie d’épargne neurovasculaire. À 24 mois, l’âge, l’activité sexuelle préopératoire et la fonction sexuelle étaient les facteurs prédictifs les plus significatifs de qdv liée au sexe (Fig. 1).


Conclusion

Nous rapportons des données détaillées sur la QDV après RALP basées sur le questionnaire standardisé eortc-qlq-pr25. Après une détérioration immédiate après l’intervention, la continence et les problèmes digestifs ainsi que l’activité sexuelle s’améliorent jusqu’à 2 ans après la chirurgie. Ces données soulignent l’impact des traitements sur la QDV et aident le clinicien dans l’information à donner aux patients avant chirurgie.

Évaluation de la technique chirurgicale d’aquablation (aquabeam) pour le traitement des adénomes de prostates de 30 à 80 g : résultats préliminaires de l’étude français-water
2018
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2018, 13, 28, 739


Objectifs

La chirurgie de désobstruction prostatique par « aquablation » est apparue en 2015 et est en cours d’évaluation. L’étude water a montré l’efficacité de la technique aquabeam en comparaison de la rtup avec un risque plus faible de dysfonction sexuelle postopératoire. L’objectif de cette étude prospective observationnelle a été d’évalué la sécurité et l’efficacité de l’aquablation des 30 premiers patients traités en France.


Méthodes

Trente patients présentant des symptômes du bas appareil urinaire en rapport avec une hyperplasie prostatique ont été inclus dans l’essai thérapeutique français-water (clinicaltrials.gov number, NCT03191734) et traités par aquablation entre septembre et décembre 2017. L’intervention était effectuée à l’aide du système aquabeam (Fig. 1). L’hémostase était exclusivement effectuée à l’aide d’un système permettant une traction continue sur la sonde vésicale pendant les 2 premières heures postopératoires. Les critères d’analyses étaient la tolérance (évaluée sur la survenue de complications opératoires) et l’efficacité (évaluée sur la réduction du score ipss et la débitmétrie mictionnelle à 3 mois).


Résultats

Le volume prostatique moyen était de 57g (30–80). La durée moyenne opératoire était de 31minutes (19 à 53) incluant un temps moyen de résection par aquablation de 4minutes L’intervention était techniquement réussie dans tous les cas sous anesthésie générale (80 %) ou rachianesthésie (20 %). Les complications postopératoires mineures (Clavien 1 et 2) ont été faibles et similaires à celles rapportés dans l’étude water. Un patient a nécessité un décaillotage et une transfusion de culots globulaires en postopératoire immédiat. À 3 mois : le débit maximal moyen avait augmenté de 9mL/sec à 17,2mL/sec et le score ipss moyen avait diminué de 19,9 à 5,8.


Conclusion

La technique d’aquablation est faisable et ses résultats à très court terme satisfaisants. Les résultats de cette série sont comparables à l’étude randomisée water.

Évaluation de l’efficacité de l’embolisation prostatique dans la prise en charge de l’hypertrophie bénigne de prostate au sein d’une population gériatrique
2018
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2018, 13, 28, 738-739


Objectifs

L’hypertrophie bénigne de prostate est une affection fréquente qui engendre des symptômes urinaires et une altération de la qualité de vie. La rétention aiguë d’urines, sa principale complication, nécessite parfois, à long terme le port d’une sonde à demeure chez des patients âgés. L’objectif de notre étude était d’évaluer l’efficacité d’une technique peu invasive, l’embolisation prostatique, au sein d’une population gériatrique avec peu d’alternatives thérapeutiques.


Méthodes

Nous avons réalisé une analyse rétrospective et monocentrique des dossiers de patients ayant bénéficié d’une embolisation prostatique pour hbp entre février 2016 décembre 2017. Le succès de l’embolisation était défini comme la possibilité d’ablation de la sad ou une amélioration du score ipss et/ou de la qualité de vie initiaux.


Résultats

Vingt et un embolisations ont été réalisées pour 19 patients. L’âge moyen des patients était de 80,6 ans, 73 % étaient traités par anticoagulants et/ou antiagrégants. Le volume prostatique moyen initial était de 111cc. Le taux de succès est de 71,4 %, soit 15 gestes sur 21. Deux patients ont bénéficié d’un deuxième geste avec un taux de réussite de 50 %. Le sevrage de sad a été possible pour 11 patients sur 15. Il existe une différence statistiquement significative entre les scores du questionnaire de qualité de vie mictionnelle entre le temps initial, à 3 mois et à 1 an (5,79 vs 1,12 et 0,19, p <0,0001). Pour les patients initialement sondés, leur score ipss est significativement amélioré entre l’évaluation à 3 mois et à 1 an (7,53 vs 4,82, p =0,023) (Tableau 1, Tableau 2).


Conclusion

L’embolisation prostatique pour le traitement de l’hbp modérée à sévère peut être proposée comme alternative aux traitements chirurgicaux habituels pour des patients non opérables du fait de comorbidités contre-indiquant une anesthésie générale. Peu morbide, elle permet de s’amender du port d’une sad et de ses complications et améliore la qualité de vie des patients âgés.

Évaluation de l’impact de l’expérience chirurgicale sur les résultats et la morbidité de l’urétérorénoscopie souple dans la maladie lithiasique
2018
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2018, 13, 28, 666


Objectifs

L’objectif de l’étude était d’évaluer l’impact de l’expérience chirurgicale en urétérorénoscopie souple (URSS) sur les résultats et la morbidité de la technique dans la prise en charge de la maladie lithiasique.


Méthodes

Nous avons réalisé une étude rétrospective incluant l’ensemble des URSS pour lithiases inférieures à 20mm réalisées dans notre institution entre 2004 et 2015. Il a été défini trois groupes en fonction de l’expérience chirurgicale de l’opérateur. Le groupe 1 (G1) regroupant l’ensemble des 20 premières procédures de chaque opérateur, puis le groupe 2 (G2) les 30 procédures suivantes et le groupe 3 (G3) l’ensemble des procédures au-delà de 50. Les données des patients, des calculs (taille, nombre, localisation), de la morbidité (complications, durée d’hospitalisation) ont été analysées et comparées. Le succès de l’URSS était défini par l’absence complète de fragments résiduels (SFR). Les complications ont été évaluées selon la classification de Clavien-Dindo.


Résultats

Vingt et un opérateurs ont réalisé 1047 URSS reparti selon l’expérience (G1=321, G2=304, G3=422). Il n’était pas retrouvé de différence significative entre les 3 groupes en termes de SFR (73,5 % vs 78,3 % vs 74,3 %, p =0,332) ou de complications (8,4 % vs 7,9 % vs 10,4 %, p =0,442). En analyse multivariée, il n’était pas retrouvé de corrélation entre une faible expérience chirurgicale (G1, <20 procédure URSS) et le SFR (HR =0,787, IC95 % [0,570–1,086], p =0,145) ou le taux de complications (HR =0,926, IC95 % [0,574–1,495], p =0,754). Les variables influençant le SFR était une taille de calcul>10mm (HR =0,325, IC95 % [0,241–0,439], p ≤0,0001), la présence d’une JJ en préopératoire (HR =1,409, IC95 % [1,036–1,917], p =0,029) et l’utilisation d’une gaine d’accès urétérale (HR =1,669, IC95 % [1,114–2,499], p =0,013). Seul une localisation multiple lithiasique avait un impact sur le taux de complication (HR =1,905, IC95 % [1,053–3,446], p =0,033).


Conclusion

L’URSS est une technique sure et efficace dans la prise en charge de la maladie lithiasique des calculs<20mm. Une faible expérience chirurgicale en urétéroscopie ne semble pas compromettre le SFR, ni être un facteur de risque de complication.

Évaluation de l’infiltrat lymphocytaire dans les tumeurs de la vessie t1 de haut grade : quelle valeur pronostique ?
2018
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2018, 13, 28, 721


Objectifs

La prise en charge des t1 de haut grade représente un challenge en raison de leur hétérogénéité clinique et biologique et de l’absence de biomarqueurs pronostiques spécifiques.

L’objectif de notre étude était d’évaluer la corrélation de l’infiltrat lymphocytaire de ces tumeurs avec les paramètres clinico-pathologiques et la survie des patients.


Méthodes

Il s’agissait d’une étude rétrospective monocentrique concernant 147 patients traités pour une tumeur urothéliale de haut grade, primaire, non métastatique, de stade pt1, pris en charge entre 2000 et 2015. L’évaluation de l’infiltrat lymphocytaire a été effectuée de manière semi-quantitative sur lames entières, en coloration HES, par deux pathologistes.


Résultats

Le suivi médian était de 8,2 ans (6,1–9,5). Un traitement d’induction par BCG thérapie avait été effectué chez 126 patients (86 %). Soixante-sept (46 %) patients ont eu au minimum une récidive et 40 patients (27,2 %) ont progressé vers une lésion infiltrant le muscle (≥pt2). L’infiltrat lymphocytaire était significativement associé à la profondeur d’invasion tumorale (p =0,01) ainsi qu’à la présence de variants histologiques (p =0,01). L’infiltrat lymphocytaire n’était pas associé à la survie globale des patients (hazard ratio 1,30 ; 0,75–2,24, p =0,34).


Conclusion

Une densité plus élevée de lymphocytes était observée dans les tumeurs de stade pt1b. Aucune corrélation pronostique n’a été identifiée dans cette cohorte. Ces données suggèrent que l’agressivité des tumeurs t1 est associée à une réponse adaptative. La caractérisation des sous-types de lymphocytes t est une étape critique pour mieux caractériser la valeur pronostique de ces populations immunitaires.

Évaluation des connaissances en anatomie urogénitale des urologues en formation
2018
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2018, 13, 28, 676


Objectifs

Évaluer les les connaissances de l’anatomie de l’appareil urogénital des urologues de formation (internes et chef de clinique).


Méthodes

Un questionnaire de 10qcm chronométré issu des évaluations des dfgsm3 a été envoyé via la mailing list de l’AFUf aux urologues en formation. En complément des questions d’anatomie un questionnaire renseignait sur l’âge, le sexe, le niveau de formation, l’appartenance à un laboratoire d’anatomie, la satisfaction quant à la formation en anatomie et la volonté d’avoir plus de cours sur ce sujet. Un qcm correspondait à 2 points. Une erreur équivalait à un 0 au qcm. Les résultats des internes et cca étaient comparés aux résultats des dfgsm3.


Résultats

Le nombre de réponses était de 110 sur 501 au niveau de l’analyse préalable (22 %). La moyenne d’âge de la population répondeuse était de 27,5 ans. Les hommes étaient plus représentés que les femmes (76 contre 27). La proportion d’interne était de 74 contre 27 chefs. La notation chez les urologues toutes années confondues était de 2,5 sur 20 [IC à 95 % (2,12–2,88)] contre 11,4 sur 20 [IC à 95 % (10,9–11,9)] chez les 133 étudiants de dfgsm3. Les analyses en sous-groupe ne montrent pas de supériorité significative chez les chefs de clinique en comparaison aux internes [1,4 (IC à 95 % (0,9–1,8)] contre 1,2 [IC à 95 % (0,9–1,4)] respectivement). La volonté d’une formation plus poussée en anatomie est d’ailleurs largement répandue chez les urologues répondeurs (87 %).


Conclusion

Les analyses préalables permettent de conclure que les urologues ont de moins bonnes connaissances en anatomie urogénitale que les étudiants de dfgsm3. Ceci est corrélé au sentiment que la formation en anatomie est insuffisante au cours du cursus et la volonté de recevoir une formation plus poussé en anatomie.

Évaluation des réadmissions non planifiées à l’hôpital après une néphrectomie partielle robotique : incidence et facteur de risque
2018
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2018, 13, 28, 725


Objectifs

La réadmission à l’hôpital après une chirurgie est un élément de plus en plus scruté parce qu’elle est utilisée comme une mesure de la qualité des soins. L’objectif de cette étude était de déterminer l’incidence, les causes et les facteurs de risque de réadmission non planifiée à l’hôpital après une néphrectomie partielle robotique (NPR).


Méthodes

Les données de tous les patients ayant eu une NPR dans un centre universitaire entre 2010 et 2018 ont été analysées. La notion de réadmission à l’hôpital après la sortie a été systématiquement recherchée dans la base informatique de notre CHU. Les caractéristiques démographiques, les données peropératoires et postopératoires ont été recueillies. Une régression logistique a été réalisée pour rechercher les facteurs associés à une réadmission sur l’ensemble de la série.


Résultats

Quatre cent quarante-trois patients ont été inclus dans l’étude. Le taux de réadmission non planifiée à 30 jours après la NPR était de 7,2 % (32/443). Le délai médian entre la sortie et la réadmission non planifiée était de 11 jours (7–16). La durée médiane de séjour au cours de la réadmission était de 4 jours (2–5). Les diagnostics de réadmission les plus fréquents étaient : faux anévrysme symptomatique (31 % ; n =10), infection du site opératoire (19 % ; n =6), et anémie nécessitant une transfusion sanguine (28 % ; n =1). Les facteurs prédicteurs de réadmission non planifiée étaient : le Renal score (OR=1,27 ; p =0,01), le score asa (OR=1,04 ; p =0,04) et l’expérience du chirurgien (OR=2,71 ; p =0,05).


Conclusion

Le taux de réadmission après NPR est un évènement relativement fréquent, dont les patients doivent être prévenus.

Évaluation du burn-out chez les urologues en formation en France
2018
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2018, 13, 28, 680


Objectifs

Une étude réalisée en 2011 révélait qu’un quart des urologues en formation (interne/chef de clinique) était atteint d’un syndrome d’épuisement professionnel (burn-out ). Nous avons souhaité mettre à jour les données épidémiologiques de cette pathologie chez les urologues français en formation en 2018.


Méthodes

Un auto-questionnaire en ligne comprenant le Maslach burn-out inventory et des informations sur le contexte professionnel, social et personnel a été envoyé à tous les membres de l’association française des urologues en formation (n =501) en avril 2018. Le burn-out est divisé en 3 composantes étudiées séparément : l’épuisement professionnel, la dépersonnalisation, l’accomplissement personnel. Nous avons également chercher à identifier les facteurs de risque ce cette maladie.


Résultats

Le taux de réponse était de 47,7 %. Les scores d’épuisements professionnels, de dépersonnalisation, d’accomplissement personnel étaient respectivement de 20,5±11,8 (épuisement modéré), 11,6±6,9 (dépersonnalisation sévère) et 34,6±8,7 (accomplissement personnel modéré). Soixante-trois participants (26 %) avaient un syndrome d’épuisement professionnel sévère, 120 (50 %) un syndrome de dépersonnalisation sévère et 94 (39 %) un burn-out élevé sur l’accomplissement personnel. Il a été identifié un taux significativement plus élevé d’épuisement professionnel chez les femmes, les sujets n’ayant pas de loisir régulier, travaillant plus de 65heures par semaines et consommant des substances illicites. Une situation de couple stable, les repos de sécurité, le nombre d’interne dans les équipes ou la consommation tabagique n’avaient pas de répercussions significatives. Les sujets estimant être mal formés avaient des scores significativement plus élevés dans les 3 dimensions du burn-out .


Conclusion

Un quart des urologues en formation sont atteints d’un syndrome d’épuisement professionnel sévère et la moitié d’un syndrome sévère de dépersonnalisation. La diminution du temps de travail, la pratique d’un loisir régulier, associée à une hygiène de vie saine, permettraient de diminuer le risque de burn-out . L’amélioration de la formation pourrait également permettre de prévenir ce risque.

Évaluation du niveau sonore dans un bloc opératoire d’urologie
2018
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2018, 13, 28, 680


Objectifs

Évaluer le niveau sonore dans la salle d’opération lors des interventions urologiques.


Méthodes

Une étude prospective monocentrique a été menée au cours de 100 interventions réalisées en urologie. Les interventions ont été divisées en quatre groupes : interventions réalisées en chirurgie ouverte, interventions réalisées par voie endoscopique, interventions réalisées par voie laparoscopique pure et interventions réalisées par laparoscopie robot-assistée. Le niveau sonore était mesuré à l’aide de l’application sonomètre spl développée par examobile s.a. (Bielsko-Biała, Pologne) pour Iphone.


Résultats

Les niveaux sonores moyens, minimums et maximums, tous types d’interventions confondus étaient respectivement de 60,31±3,3 db, 52,42±2,6 db et 81,73±2,8 db. Pour les interventions endoscopiques, ils étaient respectivement de 61,6±4,1 db, 53,4±4,1 db et 81,3±3,1 db. Pour la chirurgie ouverte, ils étaient respectivement de 59,0±1,0 db, 51,6±1,8 db et 81,4±1,5 db. Pour la chirurgie laparoscopique pure, ils étaient respectivement de 58,33±0,6 db, 50,66±1,2 db et 83,33±1,5 db. Pour la chirurgie laparoscopique robot-assistée, ils étaient respectivement de 60,0±2,4 db, 52,5±2,3 db et 83,56±1,8 db. Il n’y avait pas de différence statistiquement significative entre les différentes voies d’abord. Cependant, le niveau sonore, dans le groupe endoscopie, était supérieur pour les interventions utilisant la technologie laser (58,7±1,1 vs 66,3±0,1 db, p =0,01).


Conclusion

Le niveau sonore lors des interventions de chirurgie urologique est élevé. Dans le cadre de la chirurgie endoscopique, le niveau sonore était le plus élevé lors d’utilisation des lasers.

Évaluation du risque de récidive des cancers de la vessie non infiltrant le muscle par le test Xpert ® Bladder Cancer Monitor à partir d’arn urinaire
2018
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2018, 13, 28, 719-720


Objectifs

Évaluer les performances cliniques du score obtenu par le test Xpert® Bladder Cancer Monitor, en référence à la cystoscopie (cas négatifs) ou l’histologie (cas positifs), pour la détection de récidive chez les patients ayant une tumeur de la vessie non infiltrant le muscle et les comparer à la cytologie.


Méthodes

Les urines de 111 patients suivis pour un cancer de vessie non infiltrant le muscle ont été collectées, avant fibroscopie de contrôle. Ces urines ont été analysées avec le kit Xpert® Bladder Cancer Monitor en utilisant le système genexpert (Cepheid™), qui permet la quantification des arns de 5 gènes d’intérêt et un gène de référence. Les valeurs de sensibilité, spécificité, prédiction positive et prédiction négative ont été calculées pour le test Xpert® Bladder Cancer Monitor et la cytologie. La précision des ces deux méthodes a été estimée par l’index de Youden.


Résultats

Sur les 111 patients inclus, un score positif a été obtenu avec le test Xpert® Bladder Cancer Monitor pour 32 (28 %), dont 12 avaient une fibroscopie anormale et 8 une récidive confirmée en anatomopathologie (Fig. 1). En parallèle, 99 de ces patients ont eu une cytologie urinaire, dont 16 étaient non interprétables (16,5 %), 6 positives et 77 négatives. Les valeurs de sensibilité, spécificité, prédiction positive et prédiction négative étaient de 100 %, 79,6 %, 32 % et 100 % pour le test Xpert® Bladder Cancer Monitor, alors qu’ils étaient de 20 %, 95,3 %, 25 % et 93,9 % pour la cytologie. L’index de Youden de précision de la méthode diagnostic était de 0,795 pour le test Xpert® Bladder Cancer Monitor, alors qu’il n’était que de 0,153 pour la cytologie.


Conclusion

Dans notre étude monocentrique prospective, le score obtenu par le test Xpert® Bladder Cancer Monitor était supérieur à la cytologie pour prédire le risque de récidive des tumeurs de vessie non infiltrant le muscle.

Évaluation du traitement de première intention du reflux vésico-urétéral par injection endoscopique de polydimethylsiloxane chez 103 transplantés rénaux en prévention des récidives de pyélonéphrites aigues du greffon
2018
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2018, 13, 28, 618


Objectifs

Le reflux vésico-urétéral (rvu) sur transplant rénal peut favoriser les pyélonéphrites aiguës du greffon (pnag) et mettre en péril sa survie. Le traitement de ce rvu par réimplantation chirurgicale ouverte est le gold standard, mais est associé à une morbidité pouvant conduire à la perte du greffon. L’objectif était d’évaluer l’efficacité de l’injection endoscopique de polydimethylsiloxane sur la prévention des récidives de pnag associées à un rvu.


Méthodes

Une étude monocentrique rétrospective a été conduite de janvier 2000 à décembre 2017. Tous les patients ayant eu une pyélonéphrite aiguë du greffon associée à un rvu et traités en première intention par injection endoscopique de polydimethylsiloxane (iep) ont été inclus. Le rvu était diagnostiqué et classé en bas ou haut grade par urétrocystographie rétrograde et mictionnelle. L’efficacité de l’iep était jugée sur la récidive ou non de pnag.


Résultats

Chez 103 patients inclus, le traitement endoscopique était un succès dans 59,2 % des cas, sans différence constatée en fonction du grade du rvu. Le suivi médian était de 43 mois. Les facteurs de risque d’échec de l’iep en analyse multivariée étaient l’absence de diurèse résiduelle avant la greffe rénale(hr 2,4 ; p =0,001), la survenue de pnag précoce après la transplantation(hr 2,1 ; p =0,020) et la greffe en fosse iliaque gauche(hr 2 ; p =0,047). L’échec de l’iep était de 100 % lorsque les patients présentaient ces 3 facteurs de risque. Parmi les patients ayant eu un échec d’iep, un traitement de deuxième ligne par nouvelle iep ou réimplantation chirurgicale ouverte a été efficace dans respectivement 80 % et 81,2 % des cas. Aucun effet secondaire grave n’a été constaté après cette prise en charge de première ligne.


Conclusion

Le traitement du rvu par iep est un traitement mini invasif, efficace, facile de réalisation, de faible morbidité et de coût réduit, justifiant son utilisation en première intention dans la prévention des récidives de pnag. Toutefois, la chirurgie classique par réimplantation chirurgicale ouverte paraît plus adaptée lorsque tous les facteurs de risque d’échec de l’iep sont réunis.

Évaluation d’une endoprothèse urétérale silicone hydrogel sur les symptomes et qualité de vie chez des patients traités par urétéroscopie souple pour calcul rénal : résultats préliminaires d’uneétude clinique multicentrique randomisée...
2018
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2018, 13, 28, 733-734


Objectifs

Les endoprothèses urétérales sont souvent associées à une tolérance variable et dont le traitement médical est souvent infructueux. Peu d’études se sont intéressées à l’influence du matériau de l’endoprothèse. Du fait d’une plus grande souplesse, le silicone a potentiellement un meilleur profil de tolérance que d’autres biomatériaux.


Objectif

Comparer la tolérance des endoprothèses urétérales silicone hydrogel (Coloplast Imajin® Hydro) aux percuflex plus® (Boston Scientific).


Méthodes

Une étude multicentrique réalisée entre novembre 2013 et décembre 2017 a inclus 141 patients traités par urétéroscopie souple pour calcul rénal unilatéral avec une taille comprise entre 5 et 25mm Les patients été randomisés en 2 groupes parallèles et simple aveugle sur 4 centres (2 en France, Grande Bretagne, Canada). Le critère principal de jugement était l’évaluation de la douleur selon le questionnaire ussq au 20e jour postopératoire (jour du retrait de l’endoprothèse). Critères secondaires : ussq à j2, j7, j35, qualité de vie, événements indésirables, incrustations. Critères d’exclusion : obstruction urétérale, grossesse, infection, douleur chronique, tumeurs urogénitales, endoprothèse urétérale préimplantée, traitement d’hbp, prostatite, pathologie neurocognitive.


Résultats

L’analyse en intention de traiter n’a montré aucune différence entre les deux groupes sur les caractéristiques démographiques, cliniques, taille et traitement du calcul, douleur initiale (cf Tableau 1). Le groupe silicone hydrogel comportait 68 patients contre 73 pour le groupe percuflex. L’évaluation du score de douleur selon le ussq au 20e jour postopératoire était en faveur du groupe silicone hydrogel avec un index de 18,65±11,42 contre 25,12±14,19 pour le groupe percuflex, p =0,015. Cette différence était maintenue sur l’index normalisé (prise en compte des différents niveaux d’échelle ussq entre hommes et femmes).


Conclusion

Les premiers résultats de cette étude prospective randomisée sur un large échantillon comparant le silicone hydrogel (Imajin® Hydro) au percuflex Plus® montrent que les endoprothèses urétérales en silicone sont significativement associées à un meilleur profil de tolérance après traitement d’un calcul rénal par urétéroscopie souple.

Évaluation échographique et traitement de la sténose urétrale de la femme par urétroplastie muqueuse buccale
2018
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2018, 13, 28, 751


Objectifs

La sténose de l’urètre chez la femme est une pathologie rare de diagnostic particulièrement difficile, avec un traitement mal codifié. L’objectif de cette vidéo était de présenter une nouvelle technique diagnostique (échographie urétrale trans-labiale) et une nouvelle technique chirurgicale (urétroplastie dorsale par muqueuse buccale) dans la prise en charge de la sténose urétrale chez la femme.


Méthodes

Au cours des cinq dernières années, une technique d’urétroplastie dorsale par muqueuse buccale a été développé dans un service universitaire d’urologie afin d’essayer d’obtenir de meilleurs résultats que les traitements existants (urétroplastie lambeau vaginal, dilatation,…). Au cours des derniers mois une nouvelle technique d’échographie urétrale trans-labiale a été mise au point pour tenter de faciliter le diagnostic de la sténose urétrale chez la femme. Ces deux techniques sont présentées à travers le cas d’une femme de 50 ans aux antécédents de sténose urétrale et consultant pour jet faible, infections urinaires à répétition, pollakiurie et urgenturie.


Résultats

Une sonde d’échographie 8MHz est utilisée pour faire une échographie trans-labiale de l’urètre qui permet, après infusion de lidocaine gel, de visualiser l’urètre dans son ensemble, et confirmer et localiser la sténose ainsi que sa longueur et l’importance de la fibrose péri-urétrale.

Pour l’urétroplastie, la patiente est placée en position gynécologique. Après avoir mise une sonde urétrale, une incision est effectuée juste au-dessus de l’urètre et la dissection est poursuivie jusqu’à la zone de fibrose péri-sténotique. L’urètre est incisé longitudinalement jusqu’à la zone en amont de la sténose aux ciseaux froid. Un greffon de muqueuse buccale, adapté à la taille de l’urétrotomie est prélevé et suturée à l’urètre par 2 hémisurjets de pds 5/0.


Conclusion

Cette vidéo démontre la faisabilité de l’échographie urétrale trans-labiale et l’urétroplastie dorsale par muqueuse buccale, nouvelles techniques respectivement diagnostique et thérapeutique de prise en charge de la sténose urétrale chez la femme.

Évaluation économique comparative des nouveaux dispositifs d’extraction des endoprothèses urétérales sous anesthésie locale
2018
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2018, 13, 28, 734


Objectifs

Évaluation et mise au point vis-à-vis de l’impact économique des différents procédés d’extraction de sondes double j sous anesthésie locale actuellement disponibles.


Méthodes

Évaluation économique basée sur la collecte des prix catalogue non négociés des dispositifs magnetic blackstar (mbs) (aseptinmed/urotech) et isiris (coloplast), les cotations ccam et se1 (www.ameli.fr/). Une comparaison a été effectuée avec les résultats publiés (progrès en urologie 2017) de la technique classique à l’aide d’un fibroscope restérilisable sous anesthésie locale en externe sans hospitalisation, et renforcée par des données rétrospectives d’échec d’extraction avec ces nouveaux dispositifs, source potentielle de majoration du coût par le recours complémentaire à la technique classique.


Résultats

L’acte ccam jcge004 (48 €) en externe donnait accès au forfait se1 (73,71 € privé, 75,89 € public). L’extraction en consultation (cs) ne donnait accès qu’au tarif cs (23 €) ou cs+mpc+mcs (30 €) selon l’adhésion à l’optam.

Prix catalogue non négociés : isiris 350 €ht, mbs jj+extracteur 92 € ht.

Coûts :

– extraction classique 51,336 € ttc en 2016 ;

– mbs : cotation cs induisant une réduction de rémunération des praticiens 18–25 € et des établissements 22,374 € privé et 24,554 € public. Surcoût matériel 77,9 € ttc. Part des consommables 2,25 € ttc. Économie pour l’assurance maladie (am) 91,71–98,71 € ;

– isiris : cotations endoscopiques jcge004 et se1. Coûts : consommables (3,63 € ttc), matériel (420 € ttc). Déficit de 349,92 € ttc privé et 347,74 € ttc public, sans économie pour l’am ;

– coût des déchets majoré pour mbs et isiris.

Échecs d’extraction :

– mbs : uniquement chez les hommes dans 7,7 %, soit 4,65 % tous sexes confondus ;

– isiris : 2,98 % d’échecs tous sexes confondus.


Conclusion

L’utilisation des nouveaux dispositifs induit un surcoût pour les établissements, mais avec cependant : une disparition du risque de transmission virale, une planification plus aisée et une augmentation de la durée de vie des endoscopes restérilisables non quantifiable. Seules les mbs apportent une économie à l’am. Résultats à moduler aux contrats et fonctionnements des différentes structures.

Évaluation et comparaison de scores prédictifs de succès de l’urétéro-rénoscopie souple (urss) pour la prise en charge de la pathologie lithiasique
2018
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2018, 13, 28, 733


Objectifs

Le but de notre étude était d’évaluer quatre scores pronostiques du taux de sans fragment résiduel (sfr) après urétéro-rénoscopie souple (urss) et fragmentation laser pour des calculs rénaux et urétéraux à travers une large cohorte de patients.


Méthodes

Nous avons réalisé une étude rétrospective sur 800 procédures réalisées dans notre centre entre janvier 2009 et décembre 2016. Le statut sfr était défini par l’absence complète de fragment lithiasique en imagerie. Pour chaque procédure, un unique chirurgien a calculé les quatre scores : le s.t.o.n.e score, le resorlu unsal stone score (russ), le modified Seoul national university renal complexity (s-resc) score et le nomogramme de ito.


Résultats

Le taux global de sfr était de 74,13 %. L’analyse univariée pratiquée selon le statut sfr (versus non sfr) montrait que : la taille des calculs (p <0,0001), le volume des calculs (p <0,0001), le nombre des calculs (p =0,004), l’angle infindibulo pelvien (ipa) (p =0,003) et la localisation calicielle inférieure+ipa<45° (p =0,011) étaient significativement différents entre les deux groupes. Tous les scores étaient significativement différents entre les groupes sfr et non sfr. L’aire sous la courbe roc était de 0,617 [0,575 ; 0,660] pour le s.t.o.n.e score, 0,644 [0,609 ; 0,680] pour le russ score, 0,651 [0,606–0,697] pour le s-resc score et de 0,735 [0,692 ; 0,777] pour le nomogramme de ito (Fig. 1).


Conclusion

Les quatre scores développés sont prédictifs du taux de sfr en urss. Dans notre étude, le score de ito semble être le plus performant, mais le taux de prédiction des scores semble moins informatif et plus faible que dans les études de développement, probablement du fait des différences de définition du taux de sfr.

Évaluation modélisée de la courbe d’apprentissage de la néphrectomie partielle robot-assistée : une étude multicentrique
2018
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2018, 13, 28, 726


Objectifs

La néphrectomie partielle robot-assistée (NPRA) est une procédure complexe, dont la courbe d’apprentissage reste à ce jour imparfaitement évaluée. L’objectif de cette étude était d’estimer la courbe d’apprentissage de la néphrectomie partielle robot-assistée par modélisation multivariée.


Méthodes

Les données de tous les patients traités par NPRA pour une tumeur rénale ct1-t2 par deux chirurgiens de haut volume dans deux centres académiques européens ont été collectées prospectivement. L’expérience du chirurgien (EXP) était définie pour chaque procédure comme le nombre total de NPRA effectuée avant la procédure. Des régressions logistiques et linéaires multivariées ajustant pour le score de Charlson, le Renal score et la taille tumorale ont été effectuées pour évaluer l’impact de l’expérience sur les trois paramètres périopératoires suivant : la durée d’ischémie chaude (WIT), les marges chirurgicales et les complications de grade de Clavien-Dindo≥2.


Résultats

Au total, 457 patients ont été inclus pour analyse. La WIT médiane était 14 minutes avec des taux de complications Clavien-Dindo≥2 et de marges positives de 14 % et 4 % respectivement. En analyse multivariée, l’expérience impactait significativement la WIT, mais avec une relation non linéaire (−4,57min estimée tous les 25 cas ; p <0,0001), mais avec une relation non linéaire et un plateau à partir de 150 cas (Fig. 1A). L’expérience était également significativement associée a la probabilité de complications postopératoires (or =0,99, soit réduction d’1 % de la probabilité tous les 25 cas ; p <0,0001), mais avec une relations linéaire qui n’atteignait pas de plateau même après plus de 200 cas (Fig. 1B). En revanche, il n’y avait pas d’association significative entre expérience et taux de marges chirurgicales (p =0,5).


Conclusion

L’expérience du chirurgien a un impact sur la durée d’ischémie chaude et le risque de complications postopératoires. Si la courbe d’apprentissage de la NPRA peut être estimée à 150 cas pour la durée d’ischémie chaude elle semble se prolongée bien au-delà de 200 cas pour ce qui est des complications postopératoires.

Évolution de la pratique chirurgicale rénale pour cancer en France depuis l’introduction de la chirurgie robotique
2018
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2018, 13, 28, 678-679


Objectifs

Ces dernières années, la prise en charge chirurgicale du cancer du rein a été marquée par l’extension des indications de la néphrectomie partielle et l’avènement de l’assistance robotique. Notre objectif était d’évaluer, d’une façon inédite, l’évolution des pratiques nationales de la chirurgie rénale en combinant des données de la base de l’agence technique de l’information sur l’hospitalisation (ATIH) et les données de la chirurgie robotique.


Méthodes

Les pratiques de la chirurgie rénale de 2009 et 2015 ont été obtenues en interrogeant la base de données de l’agence technique de l’information sur l’hospitalisation (ATIH). La classification commune des actes médicaux (CCAM) a été utilisée pour extraire les données de néphrectomie partielle (PN) versus néphrectomie totale (RN), voie ouverte (OPN/ORN) versus voie cœlioscopique (LPN/LRN)/cœlioscopique robot-assistée (RAPN). Le code CCAM pour la RAPN n’existant pas, les données ont été obtenues via le fabricant du robot. Le code c64 de la cim10 correspondant au cancer du rein a été utilisé pour filtrer les actes liés au cancer.


Résultats

Le nombre d’actes durant la période étudiée est résumé dans le Tableau 1. Il existe une baisse significative de la voie ouverte (totale ou partielle) au profit de la voie mini-invasive (Figure 1). L’augmentation de la néphrectomie partielle mini-invasive est uniquement liée à l’implantation des robots et la voie laparoscopique conventionnelle est stagnante sur la période étudiée. Celle-ci représentait 23 % de la voie mini-invasive en 2015. Cette évolution avait un impact sur les durées de séjours avec une moyenne de 5,8jours versus 8,4jours pour la néphrectomie partielle mini-invasive versus ouverte en 2015. Cette tendance s’est confirmée sur tous les niveaux de sévérité de séjour confondus (Figure 2).


Conclusion

Cette étude a mis en évidence l’essor de la chirurgie partielle du rein et la voie mini-invasive. Le développement de la chirurgie robotique a permis la diffusion de la voie mini-invasive. Cette diffusion a pour effet la baisse des durées de séjours ne semble pas être affectée par le terrain des patients.

Évolution de la première prescription du dosage de psa en France : étude nationale 2006–2017 à partir de l’échantillon généraliste des bénéficiaires
2018
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2018, 13, 28, 678


Objectifs

Entre 2010 et 2017, suite à la publication des résultats des essais ERSPC et PLCO, la stratégie de détection précoce du cancer de prostate (CAP) a fait l’objet de discussions et controverses entre professionnels de santé, sociétés savantes et agences de santé. L’objectif de cette étude était d’étudier l’évolution du premier dosage de psa dans une stratégie de détection précoce durant cette période.


Méthodes

L’échantillon généraliste des bénéficiaires (EGB) comporte plus de 650 000 patients représentatifs au 1/97 de la population française couverte par l’assurance maladie. Via l’EGB, en 2011 et 2014, nous avons identifié les hommes de 50 à 52 ans, sans antécédent de cap (identifié via l’ALD, les codes cim-10 et ccam, la prise d’hormonothérapie) ni dosage de psa dans les 5 ans précédant chaque année d’analyse. Dans ces deux populations, le taux de premier dosage du psa a été calculé. Ce taux a également été évalué en fonction des comorbidités, de la spécialité et du lieu d’exercice du prescripteur et du délai au 2e PSA.


Résultats

En 2011 et 2014, 5275 et 5792 patients de 50–52 ans, sans antécédent de dosage de PSA et de CAP ont été identifiés, respectivement. Au total, 16,2 et 15,6 % des patients avaient des comorbidités motivant une mise en ald (hors CAP). En 2011, 829 patients (15,7 %) ont eu un 1er dosage de psa contre 766 patients (13,2 %) en 2014 (p <0,001) ; aucun patient n’avait d’antécédent récent de maladie à espérance de vie réduite. Dans les deux cas, 91,0 % des prescripteurs du dosage étaient des médecins généralistes, dans moins de 2 % des urologues. Un 2e dosage était réalisé dans les 2 ans dans 38,7 % des cas en 2011 et 43,2 % des cas en 2014 (p =0,07) ; délai médian du 2e dosage, respectivement, 13,0 versus 14,2 mois.


Conclusion

L’analyse de L’EGB révèle une diminution de la première prescription de PSA entre 2011 et 2014. Les données de l’EGB pour la population 2017 seront disponibles mi-2018 et feront l’objet de nouvelles analyses en vue de la présentation de ces résultats.

Évolution des oncocytomes rénaux surveillés
2018
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2018, 13, 28, 723


Objectifs

Les oncocytomes sont des tumeurs primitives du rein, considérées comme bénignes, mais leur potentiel évolutif n’est pas complètement établi. La progression locale est admise, mais peu de données expliquent ce qui fait qu’un oncocytome croisse plus ou moins vite. L’objectif de notre étude est l’analyse de l’évolution des adénomes oncocytaires du rein surveillé après confirmation histologique et la recherche de facteurs pouvant influencer leur croissance.


Méthodes

Il s’agit d’une étude multicentrique rétrospective. Tous les patients porteurs d’un oncocytome rénal diagnostiqué par biopsie percutanée de septembre 2010 à avril 2016 et suivis depuis plus d’un an ont été inclus. Les données épidémiologiques, histologiques, morphologiques ont été recueillies au diagnostic, en cours de surveillance et en cas de modification de stratégie (intervention). L’analyse statistique des facteurs influençant la croissance des oncocytomes était notamment basée sur le test de corrélation de pearson.


Résultats

Quatre-vingt-neuf ont été inclus. L’âge médian au diagnostic était de 67 [26–89]. Le sex-ratio h/f était 4/3. Le suivi médian était de 36 [12–180]. La taille moyenne au diagnostic était de 30mm [±16mm]. Vingt-quatre patients (27 %) ont été secondairement traités, dont 83,3 % par traitement conservateur. La croissance moyenne était de 0,23 (±0,23)cm/an. Les patients traités étaient plus jeunes et avaient une vitesse de croissance plus forte que les non traités (0,38±0,27cm/an versus 0,15±0,16cm/an, p =0,0001). Selon l’analyse de Pearson, il existait une relation linéaire négative entre la vitesse et l’âge au diagnostic (ρ =−0,35 ; p =0,0008) et entre la vitesse et score de comorbidité de Charlson (ρ =−0,40 ; p =0,0001). Donc, la croissance tumorale était d’autant plus forte que les patients étaient jeunes et en bonne santé.


Conclusion

Une croissance rapide conduit souvent à un arrêt de la surveillance au profit d’une stratégie interventionnelle. Pour les patients jeunes, le traitement conservateur (tumorectomie ou traitement ablatif) à moyen terme est sans doute à privilégier, mais pour les patients âgés ou ayant des comorbidités importantes, la surveillance est une alternative à une attitude invasive.

Évolution rénale dans la transplantation combinée rein – cœur
2018
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2018, 13, 28, 619-620


Objectifs

La transplantation combinée rein–cœur (txrc) est un traitement reconnu de l’association d’une insuffisance cardiaque terminale et d’une insuffisance rénale modérée à sévère concomitante. La prévention de l’insuffisance rénale en postopératoire augmente la survie après une transplantation cardiaque, mais la survie du transplant rénale a peu été décrite. L’objectif était d’évaluer l’évolution rénale après txrc et d’identifier les facteurs prédictifs de perte du transplant rénal.


Méthodes

Cette étude rétrospective multicentrique a été effectuée avec le comité de transplantation de l’association française d’urologie (ctAFU). Les receveurs d’une txrc parmi 8 centres entre 1988 et 2017 ont été inclus. Les données des donneurs et des receveurs ont été analysées pour chercher des facteurs prédictifs de mortalité et de perte du transplant. Une relecture centralisée des données a été effectuée, incluant les caractéristiques des donneurs, des receveurs, la pathologie causale, leur traitement immunosuppresseur, les complications, l’utilisation d’inotropes ou d’une assistance circulatoire par ecmo, la survie des receveurs et l’évolution cardiaque et rénale des transplants.


Résultats

Soixante-treize receveurs ont été inclus et suivis en moyenne 5,36 ans. Au total, 39,7 % étaient dialysés en préopératoire. L’ischémie moyenne était de 189±57,3 et 710±321,5minutes pour le cœur et le rein. Il y a eu 2 (2,7 %) non fonctions primaires, 67,1 % de complications Clavien≥IIIb, dont 16 décès (21,9 %) postopératoires. La clairance rénale (dfg) à 1 an était 56,7±22,9mL/min/1,73m2. La survie globale et du transplant à 5 ans était 74,5 et 69,4 %. Sept (14,9 %) survivants sont retournés en dialyse pendant le suivi. En multivariée, l’ecmo postopératoire (hr =6,04, p =0,006), la dialyse (hr =1,04/jour, p =0,022) et les complications postopératoires (hr =31,79, p =0,022) étaient indépendamment prédictifs de mortalité, mais pas l’antécédent de transplantation rénale ou cardiaque ni le dfg préopératoire. L’antécédent de transplantation rénale (hr =2,52, p =0,026) et un délai majoré entre les deux transplantations (hr =1,25/heure, p =0,018) étaient associés à une perte du transplant rénal (Fig. 1, Fig. 2, Tableau 1).


Conclusion

La txrc permet une bonne survie du transplant rénal, mais sa mortalité postopératoire de 21,9 % impose d’identifier les patients à risques qui n’en bénéficieraient pas (nécessité de support par ecmo, complications cardiaques précoces). Le bénéfice individuel de la txrc peut être opposé à la possibilité d’allouer le transplant à un autre receveur dans un contexte de pénurie d’organes.

Experience monocentrique prospective de l’énucléation greenlep monobloc : 100 premiers cas
2018
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2018, 13, 28, 649-650


Objectifs

Les techniques d’énucléation prostatique se développent dans le traitement chirurgical de l’hyperplasie bénigne de la prostate (HBP) en utilisant différents lasers. L’énucléation laser greenlight (greenlep) « en bloc » permet de traiter de manière exhaustive un adénome prostatique. Les objectifs de cette étude sont de rapporter les résultats fonctionnels et la courbe d’apprentissage d’une équipe dans l’énucléation greenlep.


Méthodes

Il s’agit d’une étude prospective monocentrique incluant consécutivement les 100 premiers patients présentant une HBP traitée par greenlep entre décembre 2015 et mai 2018. Les caractéristiques des patients (âge, volume prostatique [VP]), les données périopératoires (énergie émise, durées d’énucléation, de morcellation, d’intervention, conversion en résection monopolaire, durées de sondage et d’hospitalisation), les complications postopératoires ainsi que les données fonctionnelles (score IPSS, IIEF5, PSA, débit maximal [qmax] et résidu postmictionnel [RPM]) ont été collectées. Le temps d’énucléation par rapport au volume prostatique a également été évalué.


Résultats

Au total, 100 patients ont été inclus. L’âge moyen était de 68,1 ans. Le vp moyen était de 86,01±32,4 grammes. Le vp moyen énucléé de 50,83±27,55 grammes (59 % du vp préopératoire). Les durées moyennes d’irrigation, de sondage et d’hospitalisation étaient respectivement de 1,32±0,65jours, 1,36±0,70jours et 1,58±0,83jours (Tableau 1). Avec un suivi moyen de 9,09 mois, aucune complication majeure ni rétention urinaire n’a été rapportée. Deux conversions ont été notées. Deux patients présentaient une incontinence urinaire d’effort postopératoire à 6 mois (2,1 %), 1 seul à 1 an (1 %). À 1, 6 et 12 mois, on notait une amélioration significative du score i-pss, du qdv et du qmax (Tableau 2). Le rapport poids énucléé/temps était plus court à partir de 30 procédures (Fig. 1).


Conclusion

Notre expérience montre des résultats fonctionnels postopératoires comparables à ceux rencontrés avec les autres techniques d’énucléation laser et une courbe d’apprentissage plus courte. Elle permet d’opérer des prostates de gros volume, mais également des volumes prostatiques intermédiaires compris entre 60 et 100g. C’est une technique reproductible, avec un taux faible de complications et une durée d’hospitalisation courte.

Extraction de spermatozoïdes ex-vivo au moment de l’orchidectomie chez les patients ayant un cancer du testicule
2018
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2018, 13, 28, 683


Objectifs

L’extraction de spermatozoïdes testiculaires (tese, testis sperm extraction) est devenue une stratégie thérapeutique reconnue de l’azoospermie non obstructive. Le cancer du testicule est associé à d’importants changements qualitatifs du sperme pouvant aller jusqu’à l’azoospermie. Cette analyse a été réalisée pour rapporter notre expérience de la méthode tese réalisée au moment de l’orchidectomie chez les patients ayant un cancer du testicule.


Méthodes

Les patients ayant une azoospermie préopératoire et devant avoir une orchidectomie pour cancer du testicule étaient orientés vers une prise en charge de type tese au moment de leur orchidectomie. Au moment de leur orchidectomie, le testicule était placé dans un champ stérile séparé et en utilisant une lampe à magnification, le testis était ouvert en deux et examiné. La zone de la tumeur était délibérément évitée et les tubes séminifères étaient extraits en de multiples endroits au niveau des parties macroscopiquement saines du testicule. Les échantillons étaient placés dans un milieu de transport adapté et analysés dans un laboratoire de procréation médicalement assistée.


Résultats

Huit patients, d’âge moyen 29±7 ans, constituaient notre population d’étude. Cinq avaient eu un tese au moment d’une première orchidectomie. Trois avaient du avoir une deuxième orchidectomie pour tumeur testiculaire métachrone. Cinq patients avaient un séminome et 3 une tumeur germinale non séminomateuse. Deux des 3 patients ayant eu une seconde orchidectomie avaient un antécédent de chimiothérapie, et un, de radiothérapie rétropéritonéale. Le volume moyen des testicules retirés était de 16±5mL. Les taux moyens de testostérone totale et de fsh étaient de 376±127ng/dL et de 11±8iu/mL. Au total, 3/8 patients avaient des spermatozoïdes retrouvés par la technique tese. Aucun spermatozoïde n’a pu être retrouvé chez aucun patient ayant eu un traitement gonadotoxique préorchidectomie. Les concentrations moyennes de spermatozoïdes récupérés étaient de 500±350 spermatozoïdes/hpf, permettant de réaliser en moyenne 8±4 paillettes à cryoconserver.


Conclusion

Ces données démontrent l’utilité de la technique ex-vivo tese chez les hommes ayant un cancer du testicule avec possibilité de mise en conservation de spermatozoïdes chez 50 % des hommes n’ayant pas d’antécédents de chimiothérapie.

Extraction du greffon rénal après néphrectomie laparoscopique robot-assistée pour donneur vivant : comparaison des voies iliaques, vaginales et ombilicales
2018
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2018, 13, 28, 631


Objectifs

La chirurgie mini-invasive s’est imposée pour la néphrectomie pour donneur vivant : elle peut être effectuée par voie laparoscopique robot-assisté (NRDV). Plusieurs voies d’extraction du greffon ont été décrites. Si classiquement, elle s’effectue par voie iliaque, pour améliorer encore les suites, d’autres voies (vaginales, ombilicales) ont été décrites. Le but de cette étude est de comparer les résultats de l’extraction iliaque, ombilicale et vaginale du rein dans les NRDV.


Méthodes

Entre 2011 et 2017, 63 NRDV ont été effectuées consécutivement : 23 avec extraction iliaque (EI), 23 avec extraction vaginale (EV) et 17 avec extraction ombilicale (EO).

Pour chaque patient, ont été relevés l’âge, le sexe, l’indice de masse corporelle (IMC), le temps d’ischémie chaude (TIC), les pertes sanguine (PS), la durée opératoire (DO), les complications per et postopératoires, la durée d’hospitalisation (DH) et la douleur postopératoire évaluée en fonction de la quantité de tramadol et paracétamol donnés selon l’eva de douleur. Les tests statistiques de Student et de Chi2 ont été effectués à l’aide de Statview®, la différence étant significative, si p <0,05.


Résultats

L’âge moyen des donneurs (25 hommes/38 femmes) était de 47 ans et l’IMC de 25,1. Neuf patients avaient 2 artères et 2 avaient 2 veines. Respectivement pour l’EI, l’EV et l’EO, la do était de 133,6, 137,8 et 122minutes, le saignement de 73,9, 85,9 et 129,5mL, le tic de 5,2, 6,1 et 4,2minutes (p >0,05), le nombre de complications peropératoires était de 2, 2 et un, le nombre de doses de tramadol était 2,6, 2,3 et 1,7, celui de paracétamol de 6, 5,5 et 4,7, la DH était de 5,65, 4,73 et 4,7jours (p <0,05 EI versus EV et EO). Aucune complication postopératoire n’était notée pour l’EO, 3 pour l’EV et une pour l’EI.

On note une reprise immédiate de la fonction rénale chez tous les transplantés.


Conclusion

Quel que soit la voie d’extraction, la chirurgie mini-invasive robot-assistée permet d’obtenir un greffon de bonne qualité tout en offrant des suites opératoires simplifiées pour le donneur. Les doses d’antalgiques paraissent plus importantes avec la voie iliaque et la durée d’hospitalisation est plus courte avec les extractions vaginales et ombilicales qu’avec la voie iliaque.

Facteurs de associés au décès après traumatismes du rein : résultats de l’étude multicentrique nationale traumAFUf
2018
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2018, 13, 28, 689


Objectifs

Le traumatisme du rein est le traumatisme génito-urinaire le plus fréquent. Les facteurs prédictifs de décès après traumatisme rénal sont peu connus. La classification américaine AAST par exemple n’a pas été reconnue comme un facteur de risque de décès dans certaines études. L’objectif de cette étude était d’évaluer les facteurs associés au décès après traumatisme du rein.


Méthodes

Une étude multicentrique rétrospective nationale (traumAFUf) a été conduite, incluant tous les patients pris en charge pour traumatisme du rein dans 15 centres hospitaliers entre 2005 et 2015. Les paramètres cliniques, d’imagerie et de prise en charge ont été recueillis. Pour les variables quantitatives [âge, hémoglobine, tension artérielle systolique à l’arrivée (tas)] des seuils ont été déterminés par analyse des courbes roc. Les facteurs associés au décès ont été identifiés par test d’indépendance du Chi2, puis régression logistique multivariée.


Résultats

Parmi une cohorte de 1799 patients ayant un traumatisme rénal, 1425 avaient les données nécessaires, 59 (4,8 %) sont décédés en lien avec le traumatisme. Les facteurs indépendamment associés au risque de décès après analyse uni- et multivariée étaient une tas<90mm hg (or 4,11 IC 95 % 1,95–8,68), un traumatisme rénal bilatéral (or 4,51 IC 95 % 1,61–12,58), une hémoglobine≤11,7g/dL (or 3,39 IC 95 % 1,48–7,77), un âge≥39 ans (or 2,52 IC 95 % 1,26–5,04) ou un traumatisme osseux associé (or 2,86 IC 95 % 1,10–7,42) (Tableau 1).


Conclusion

Dans cette étude multicentrique, le risque de décès après un traumatisme rénal est de moins de 5 %. Une tension artérielle initiale<90mm hg, un traumatisme rénal bilatéral, une hémoglobine≤11,7g/dL, un âge≥39 ans ou un traumatisme osseux étaient associé à un risque de décès. Ces facteurs devraient être considérés à la prise en charge des traumatisés rénaux.

Facteurs de risques de toxicité urinaire et digestive des patients traités initialement par radiothérapie externe avec modulation d’intensité 80 gy pour cancer de prostate. Une étude prospective mono-opérateur
2018
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2018, 13, 28, 697-698


Objectifs

L’escalade de dose améliore la survie sans récidive biologique des cancers de prostate localisés. Les toxicités de cette radiothérapie haute-dose doivent être maîtrisées par l’apport des nouvelles techniques d’irradiation.

L’objectif de cette étude était d’identifier de manière prospective les toxicités des patients traités par modulation d’intensité 80gy, puis d’identifier les facteurs de risques de survenue de toxicité urinaire et digestive.


Méthodes

Entre avril 2013 et novembre 2016, tous les patients traités pour un cancer de prostate en place ont été inclus. Le plan traitement prévoyait de délivrer 80gy en imrt-vmat® avec repositionnement quotidien scanographique. Les données cliniques, les paramètres oncologiques, les données dosimétriques ont été analysées. Un suivi clinique permettait de recenser les toxicités urinaires et digestives de manière prospective. Les facteurs de risques de toxicité ont été recherchés en établissant deux groupes (toxicité de stade 0 et 1 versus toxicité de stade 2 et 3).


Résultats

Au total, 189 patients ont été traités pendant cette période. L’âge médian était de 73 ans [72 ; σ =8]. Le suivi médian était de 14 mois. Trente patients ont présenté une toxicité urinaire (15,8 %) de grade≥2, dont 6 (3,1 %) de grade 3. Dix-sept patients ont présenté une toxicité digestive (8,9 %) de grade 2 (aucune toxicité digestive de grade 3). On ne retrouvait pas de différence entre les groupes « irradiation pelviprostatique » et « irradiation prostatique seule » (25,2 % vs 26,7 % ; p =0,823). On identifiait 30 % de toxicité urinaire≥2 dans le groupe rtup préradiothérapie contre 19 % dans le groupe sans rtup préalable (p =0,173). On observait une toxicité digestive accrue dans le groupe Gleason≥4 (p =0,045). Il n’y avait pas de paramètre dosimétrique identifié comme facteur de risque de toxicité (Fig. 1, Fig. 2, Tableau 1, Tableau 2).


Conclusion

Il n’a pas été retrouvé d’augmentation de la toxicité liée à l’irradiation des aires ganglionnaires pelviennes. La toxicité urinaire est majorée (non significativement) en cas de rtup préradiothérapie. Les taux de toxicité rapportés dans notre série sont plutôt inférieurs à ceux de la littérature, mais un suivi à plus long terme est nécessaire pour valider ces résultats.

Facteurs de susceptibilité génétique de récidive du cancer de la prostate : étude des variants du gène DARC
2018
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2018, 13, 28, 611-612


Objectifs

Dans les populations originaires d’Afrique subsaharienne, la récidive biologique après prostatectomie est plus élevée comparée au reste de la population. Ceci suppose probablement une origine génétique. Le récepteur DARC présent à la surface des globules rouges est absent dans ces populations d’origine africaine ce qui leur confère une résistance au paludisme. Ce récepteur permet également de diminuer le taux circulant des molécules impliquées dans le développement tumoral. L’objectif de notre travail est d’étudier l’association entre les polymorphismes du gène DARC et la récidive biologique après prostatectomie.


Méthodes

Il s’agit d’une étude unicentrique (service d’urologie) prospective. Nous avons inclus les patients antillais, ayant eu une prostatectomie radicale entre 2005 et 2010 et faisant l’objet d’un suivi régulier dans ce même service. Tous les échantillons salivaires ont été recueillis la veille du geste chirurgical. Les polymorphismes du gène DARC ont été étudiés grâce à la technique du SNap-Shot, puis lus dans un séquenceur automatique (AB3130). Pour étudier l’association entre la récidive biologique et ces différents polymorphismes, nous avons utilisé le modèle de régression de Cox en tenant compte des facteurs de confusion potentiels.


Résultats

Au final, 332 patients ont été étudiés. L’âge médian est de 62,6 ans et le PSA médian de 7,3ng/mL. Le Tableau 1 illustre les caractéristiques de notre population. La médiane de suivi est de 6,7 ans. Au total, 29,81 % ont présenté une récidive biologique et 69,6 % des patients n’exprimaient pas la protéine DARC. En analyse univariée, le score de Gleason, les marges chirurgicales, les antécédents familiaux de cancer de prostate et le poids de la pièce de prostatectomie sont des facteurs de risque de cette récidive (Tableau 2). Il n’y a pas d’association entre l’absence d’expression du gène DARC (polymorphisme CC) et la récidive biologique (HR=0,84, IC 95 % [0,42–2,11], p =0,885) (Tableau 3)


Conclusion

Notre étude suggère l’absence de relation entre l’expression de la protéine DARC à la surface des globules rouges et la récidive biologique après prostatectomie.

Facteurs prédictifs de sortie de surveillance active, étude d’une cohorte prospective
2018
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2018, 13, 28, 694-695


Objectifs

Déterminer des critères, à l’inclusion, permettant de prédire une sortie anticipée de surveillance active (SA).


Méthodes

Notre cohorte prospective, monocentrique était composée de 261 patients majoritairement afro-antillais, ayant un cancer de prostate de très faible ou faible risque inclus dans un protocole de SA entre 2005 et 2018. Nous avons étudié, en analyse multivariée, l’influence de l’âge, du stade clinique, d’anomalie(s) à l’IRM et de la densité du PSA, sur le délai de sortie de SA des patients.


Résultats

L’analyse descriptive de notre population est résumée dans le Tableau 1. La Figure 1 représente la courbe de survie avant sortie de SA. À 2,5, 5 et 10 ans, la proportion de patients demeurant en SA était respectivement de 69,4 %, 45,6 % et 23,3 %. En analyse multivariée, la densité du PSA (p =0,02) était un facteur de risque indépendant de sortie de surveillance active mais pas l’âge (p =0,09), le stade clinique (p =0,24) ou l’IRM (p 0,54). Avec un cut-off calculé de 0,15ng/mL/mL, le risque de progression tumorale était augmenté avec un hazard ratio de 1,62 [IC : 1,15–2,28] (Tableau 2).


Conclusion

La densité du PSA est le seul facteur prédictif à l’inclusion d’une sortie anticipée de surveillance active dans notre population afro-antillaise. Une densité de PSA≥0,15 présage d’une plus rapide évolution tumorale.

Facteurs prédictifs d’incontinence urinaire après holep : étude analytique à partir d’un registre prospectif, national, multicentrique
2018
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2018, 13, 28, 653-654


Objectifs

L’énucléation de la prostate par le laser holmium (holep) est la technique d’énucléation endoscopique avec le plus grand recul et validée dans de nombreuses études de niveau 1. L’incontinence urinaire (iu) postopératoire est la complication la plus fréquente après holep. L’objectif était d’analyser les facteurs pertinents prédictifs d’iu postopératoire.


Méthodes

Registre prospectif, national, multicentrique de patients opérés d’une hbp symptomatique par holep entre avril 2012 et décembre 2017. Un total de 2435 patients traités par 38 opérateurs ont été inclus. L’iu était évaluée à l’interrogatoire par la présence ou non de fuite d’urine à 3 et 6 mois. Les données étudiées étaient l’âge, l’imc, l’ipss préopératoire, le volume prostatique, le diabète, la variation du taux de psa total, la durée opératoire, la durée d’énucléation, l’efficacité d’énucléation, le poids d’adénome énucléé, l’énergie délivrée et l’expérience du chirurgien : groupe a (<21 cas), b (entre 21 et 40 cas) et c (>40 cas). Une analyse univariée puis multivariée à l’aide d’une régression logistique a été réalisée.


Résultats

Au total, 2346 patients ont été inclus dans l’étude et 89 patients ont été exclus pour des comorbidités essentiellement neurologiques. Les données préopératoires et peropératoires sont présentées dans le Tableau 1. En analyse multivariée, l’âge (or =1,28 ; p =0,0006), l’imc (or =1,20 ; p =0,007), le poids de l’adénome énucléé (or =1,21 ; p =0,003) et l’expérience du chirurgien pour le groupe b (or =0,43, p =0,0005) et le groupe c (or =0,42, p <0,0001) étaient des facteurs associés à l’iu à 3 mois. L’imc (or =1,35 ; p =0,003) et la durée opératoire (or =1,37 ; p =0,021) étaient des facteurs associés à l’iu à 6 mois.


Conclusion

L’expérience du chirurgien est le principal facteur prédictif d’incontinence urinaire postopératoire après holep. L’âge, l’imc, le poids d’adénome énucléé et la durée opératoire sont également des facteurs prédictifs. Cette étude souligne l’importance d’un programme de mentorship au début de la courbe d’apprentissage pour limiter l’iu postopératoire.