Base bibliographique

Impact de l’urétrectomie systématique sur les résultats périopératoires et oncologiques de la cystectomie pour cancer de vessie
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 756


Objectifs

La réalisation d’une urétrectomie au cours de la cystectomie pour cancer de vessie est encore aujourd’hui très débattue et peu étudiée dans la littérature excepté lorsqu’il existe une invasion prostatique ou du col vésical. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’impact de l’urétrectomie systématique sur les résultats périopératoires et oncologiques de la cystectomie pour cancer de vessie.


Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective où tous les patients opérés par cystectomie entre 2012 et 2018 pour cancer de vessie ont été inclus. Deux groupes ont été comparés : les patients ayant eu une urétrectomie systématique et ceux sans urétrectomie au cours de la cystectomie. Les caractéristiques des patients, les anatomopathologie et les résultats périopératoires dont les complications selon Clavien–Dindo) ont été recueillis. L’évaluation oncologique comprenait la survie globale (SG), la survie spécifique (SS) et la survie sans progression (SSP). L’évaluation des survies était réalisée selon la méthode de Kaplan–Meier et comparées à l’aide du Log-rank test.


Résultats

La cohorte incluait 134 patients parmi lesquels 37 avaient eu une urétrectomie systématique et 97 n’avaient pas eu d’urétrectomie au cours de la cystectomie. Le suivi médian des patients était de 20 mois. Les caractéristiques cliniques et anatomopathologiques des patients étaient similaires entre les deux groupes. Il n’avait pas de différence en termes de complications postopératoires (mineures ou majeures) (p =0,81). D’un point de vue oncologique, il n’y avait pas de différence sur la SSP (p =0,91), la SG (p =0,78) ou la SS (p =0,95). Quand l’urétrectomie était réalisée de façon systématique, seulement 16 % des pièces opératoires présentaient une atteinte anatomopathologique. De plus, seulement 5 % des patients n’ayant pas eu d’urétrectomie au moment de la cystectomie ont présenté une récidive locale.


Conclusion

Cette étude rétrospective monocentrique suggère que l’urétrectomie systématique n’apporte pas de bénéfice oncologique chez les patients opérés d’une cystectomie pour cancer. L’urétrectomie pourrait être omise pour la plus part des patients sans impacter les résultats oncologiques.

Impact d’une antibioprophylaxie prolongée sur la colonisation vésicale par Escherichia coli chez des patients aux auto-sondages intermittents
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 768-769


Objectifs

L’Escherichia coli uropathogène (UPEC) est responsable de 60 à 80 % des cas d’infections urinaires. Notre objectif était de définir génétiquement les UPEC d’AnTIC et de corréler avec celle-ci la mobilité bactérienne, connue comme étant un facteur de virulence, et l’utilisation des antibiotiques afin de savoir si l’antibioprophylaxie sélectionne des sous-groupes bactériens génétiques spécifiques et comment se développe la multirésistance.


Méthodes

L’étude AnTIC était une étude de supériorité ouverte et randomisée qui comparait l’antibioprophylaxie prolongée à un traitement antibiotique curatif pour la prévention des infections urinaires récidivantes chez des patients aux auto-sondages intermittents. Nous avons sélectionné de manière randomisée 96 échantillons d’UPEC, puis nous les avons génotypé afin de créer un arbre phylogénétique en utilisant le système MLST d’Achtmann. La mobilité a ensuite été évaluée sur boite de Pétri et corrélée aux données génétiques. Enfin, nous avons utilisé la technologie du « next-generation sequencing » pour séquencer l’ensemble du génome des échantillons d’AnTIC, sélectionnés sur la base de profils de mobilité et de résistances aux antibiotiques.


Résultats

Parmi les échantillons d’E. coli , 44,8 % et 20,8 % appartenaient respectivement aux groupes B2 et D (Fig. 1). Quarante-quatre pour cent de tous les UPEC étaient non mobiles et, s’ils étaient mobiles, 63 % présentaient une mobilité faible (≤ 1cm ; p <0,001) comparativement aux E. coli commensaux (mobilité moyenne de 3,3cm) (Fig. 2). L’analyse de la multirésistance parmi les souches d’UPEC a conduit au séquençage complet du génome de 50 autres souches d’AnTIC et de toutes les souches bactérienne du groupe D. Cette analyse nous a permis de mettre en évidence des mutations de gènes connues ou inconnues associés aux résistances aux antibiotiques comme les fluoroquinolones (Fig. 3), la nitrofurantoïne, le triméthoprime et les B-lactamines. Ces mutations étaient retrouvées chez des patients exposés à ces antibiotiques durant l’étude AnTIC.


Conclusion

Les UPEC habituellement retrouvés au cours des épisodes infectieux appartiennent au groupe B2. Notre proportion plus élevée d’UPEC du groupe D est probablement liée au fait qu’il s’agit de patients aux auto-sondages intermittents. La mobilité ne semble pas être nécessaire à la pathogénicité des UPEC. L’analyse génétique permet de mieux appréhender la genèse de l’antibiorésistance et notamment concernant la nitrofurantoïne.

Implantation de prothèse pénienne (AMS 700) par voie infrapubienne: résultats périopératoires et à moyen terme
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 720


Objectifs

La dysfonction érectile concerne aujourd’hui 150 millions d’hommes dans le monde et 3,5 millions de Français. La pose d’un implant pénien est proposée en 3e ligne après les traitements pharmacologiques oraux et les injections intracaverneuses. Celle-ci est très majoritairement pratiquée par voie péno-scrotale. L’objectif de cette étude était d’évaluer les résultats périopératoires et à moyen terme de l’implantation de prothèse pénienne par voie infrapubienne.


Méthodes

Les dossiers de tous les patients ayant eu l’implantation d’une prothèse pénienne (AMS 700™) par voie infrapubienne entre 2010 et 2018 dans deux centres (un public et un privé) ont été revus rétrospectivement. Les données préopératoires (étiologie de la dysfonction érectile, traitements antérieurs) et peropératoires (type d’implant utilisé, durée opératoire, complications de type fausse route) ont été recueillies. Les complications postopératoires survenant dans les 30jours après implantation (infection, hématome, douleur) ont également été collectées. La survie sans explantation ou révision (SSER) du dispositif a été évaluée à partir de la date de l’implantation jusqu’à la dernière visite de suivi, en utilisant la méthode de Kaplan–Meier.


Résultats

Quatre-vingt patients ont été inclus. Les étiologies principales de DE étaient: post-prostatectomie radicale (41 %), vasculaires (25 %), diabète (15 %) et Lapeyronie (8 %). La durée opératoire moyenne était de 80minutes. Il n’y a eu qu’une seule complication peropératoire (fausse route) sur les 89 procédures (1,1 %). Il y a eu 21,7 % de complications postopératoires, les complications les plus fréquentes étaient les douleurs (10,9 %) et l’hématome (9,8 %). Le taux de sepsis en postopératoire immédiat était de 4,3 %, dont un seul ayant nécessité une reprise chirurgicale. Le suivi médian était de 27 mois. Le taux d’explantation ou de révision sur toute la durée du suivi des patients était de 6,5 % (6 patients: 3 pour dysfonction de matériel, 2 pour infection et 1 pour hématome). La SSER est présenté sur la Fig. 1.


Conclusion

L’utilisation de la voie infrapubienne ne semble pas être plus pourvoyeuse de complications que la voie scrotale. Des études prospectives multicentriques sont nécessaires afin de préciser les facteurs de risque de survenue de complication ainsi qu’étudier la satisfaction des patients.

Implantation d’un second sphincter urinaire artificiel : complications et résultats fonctionnels
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 704


Objectifs

Le sphincter urinaire artificiel (SUA) est la référence dans le traitement de l’incontinence urinaire (IU) masculine sévère. Malgré son efficacité, le taux de révision ou d’explantation du dispositif peut atteindre 30 % à 10 ans. Notre objectif était d’étudier les résultats fonctionnels et les complications d’un second SUA (SUA2) après ablation d’un premier SUA (SUA1).


Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective bicentrique sur 7 ans. Étaient inclus tous les patients homme ayant bénéficié d’une seconde implantation de SUA de 2010 à 2017. Les patients suivis pour vessie neurologique étaient exclus. Le critère de jugement principal était la continence, définie comme le port de 0 à 1 protection par jour au maximum, évaluée après SUA1 puis après SUA2. La survie était également relevés. Les analyses statistiques ont été réalisées à l’aide du logiciel graph pad.


Résultats

Parmi 429 patients implantés d’un SUA, 51 ont été inclus. Dans 80 % des cas l’étiologie de l’IU était une prostatectomie radicale. Trente-sept pour cent avaient également subit une radiothérapie complémentaire. Le motif de deuxième sphincter était dans 41 % des cas une érosion (5 % de l’ensemble de la cohorte étudiée), 59 % des cas une dysfonction du dispositif (7 % de l’ensemble de la cohorte étudiée). Les antécédents de radiothérapie étaient significativement plus fréquents dans le groupe érosion (p =0,02). Il existait une différence significative de continence après SUA1 et SUA2, respectivement 37 patients continents après SUA1 (72 %) et 24 après SUA2 (47 %) (p =0,01). La survie moyenne du SUA1 était de 4,5 ans (respectivement 5,5 et 3,0 dans les sous-groupe dysfonction et érosion) versus 2,3 pour le SUA2 (respectivement 2,6 et 1,8).


Conclusion

Une seconde implantation de SUA semble donner de moins bons résultats fonctionnels par rapport à une primo implantation. Il serait intéressant de pouvoir disposer de cohortes de suivi des patients pour pouvoir donner aux patients des informations plus précises sur la durée de vie du dispositif et ses Résultats à long terme en vie réelle.

Implantation d’un sphincter urinaire artificiel (AMS 800) chez la femme souffrant d’insuffisance sphinctérienne par abord postérieur du col vésical par voie cœlioscopique robot-assistée
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 774


Objectif

Décrire par une vidéo commentée et rapporter les résultats fonctionnels à court terme d’une variante technique d’implantation robot-assistée d’un sphincter urinaire artificiel (R-SUA) chez la femme, consistant à aborder le col vésical par voie postérieure.


Méthodes

Les dossiers des patientes ayant eu un R-SUA de mars 2017 à novembre 2018 dans notre centre ont été revus. Toutes les implantations étaient faites par abord postérieur du col vésical pour éviter une dissection à l’aveugle comportant un risque de plaie vésicale et/ou vaginale. Une intervention a été entièrement filmée avec l’accord de la patiente. Les temps clés ont été isolés et montés dans une courte vidéo. Le sphincter était activé 5 semaines après sa pose. Les patientes étaient revues à 3, 6 et 12 mois, puis annuellement. Ce travail a reçu un agrément CERU N° 2019/008.


Résultats

Huit patientes d’un âge médian de 64 ans ont eu un SUA par voie robot-assistée avec abord postérieur du col durant la période étudiée. Le pad test pré-opératoire médian était de 300 gr/24h. Toutes les interventions étaient réalisées par le même opérateur aidé uniquement par un interne novice diffèrent à chaque fois. La durée médiane d’intervention était de 244minutes. Aucune plaie vaginale ou vésicale per-opératoire n’a été observée. La taille médiane de manchette était de 8cm (7,5–10). À 12 mois de suivi médian tous les SUA implantés étaient fonctionnels. Cinq patientes ne portaient aucune protection (62,5 %), quatre portaient 1 protection/j de sécurité (37,5 %), toutes se disaient satisfaites sauf une (87,5 %) qui demandait un traitement complémentaire pour des fuites par urgences persistantes (12,5 %).


Conclusion

L’implantation robot-assistée d’un SUA chez la femme par abord postérieur du col vésical est une variante technique simple, reproductible et sûre dont les résultats fonctionnels à court terme sont satisfaisants et comparables à ceux de la voie ouverte ou de la voie robot-assistée par abord antérieur du col vésical.

Implantation robot-assistée du sphincter artificiel urinaire chez la femme : résultats à 3 ans de la voie antérieure
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 702-703


Objectifs

Récemment, plusieurs équipes ont rapporté des résultats préliminaires prometteurs de l’implantation du sphincter artificiel urinaire (SAU) AMS-800 par voie robot-assistée chez la femme. La confirmation de ces résultats à plus long terme reste pour autant nécessaire. L’objectif de cette étude était de rapporter les résultats à 3 ans de l’implantation robot-assistée du sphincter artificiel urinaire par voie antérieure.


Méthodes

Toutes les patientes ayant eu une SAU-R entre mars 2012 et mais 2015 dans 5 centres français ont été incluses dans une étude rétrospective. L’indication était une incontinence urinaire d’effort par insuffisance sphinctérienne (IS) chez toutes les patientes. La voie robot-assistée était la seule voie d’abord utilisée dans les 5 centres pour l’implantation de SAU chez la femme sur la période d’étude. Le critère de jugement principal était le résultat fonctionnel catégorisé comme suit : succès (continence complète : plus de protections), amélioré ou échec. Les survies sans révision (SSR) et sans explantation (SSE) ont été évaluées par la méthode de Kaplan–Meier.


Résultats

Vingt-quatre patientes ont eu un SAU par voie robot-assistée sur la période d’étude. L’âge médian était de 71 ans avec 19 patientes ayant un antécédent de bandelette sous-urétrale (79,2 %). Il y a eu 3 complications peropératoires (12,5 %) : une perforation du col vésical et 2 perforations vaginales. Cinq patientes ont eu des complications postopératoires (20,8 %) dont seulement une Clavien≥3 (4,2 %) : explantation de sphincter pour érosion vaginale a 1 mois postopératoire. Après un suivi médian de 40,5 mois, aucune autre explantation n’avait été effectué (Fig. 1) et seulement deux révisions avaient été nécessaires (8,3 %) à 30 et 36 mois pour dysfonctions mécaniques (Fig. 2). Les résultats fonctionnels en fin de suivi étaient : succès chez 19 patientes (79,2 %), amélioration chez 3 patientes (12,5 %) et échec chez 2 patientes (8,3 %).


Conclusion

Les résultats à moyen terme du SAU robot-assistée par voie antérieure confirment les résultats préliminaires prometteurs rapportés jusqu’alors par plusieurs équipes sans nouvelles explantations et avec seulement deux révisions (8,3 %) pour dysfonctions mécaniques après un suivi médian de 40,5 mois.

Impression 3D multi-tissu : un nouvel outil d’évaluation pré-transplantation rénale
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 674


Objectifs

L’athérome des axes iliaques est fréquent chez les patients en attente de transplantation rénale. Chez certains patients cette athéromatose rend la stratégie chirurgicale difficile notamment concernant le choix du site d’anastomose. Le bilan standard ne permet pas toujours une évaluation optimale. L’objectif de ce travail a été de développé un outil d’évaluation de l’athéromatose par reconstruction tridimensionnelle en imagerie et impression 3D multi-tissue.


Méthodes

Les données DICOM issus de la tomodensitométrie sans injection ont été importées dans le logiciel open source 3D-slicer pour générer un modèle 3D en format STL (STereoLithography). Les seuils de −20HU (Unité Hounsfield) pour caractériser les portions de vaisseaux normales et de+300HU pour les portions avec des plaques athéromateuses calcifiées ont été utilisés. Le modèle a ensuite été imprimé grâce à’une imprimante multi-jet (Scalia, Cryla groupe, Besançon, France), permettant des couches de 0,028 microns d’une résine d’élastomère transparente souple (28 Shore A) pour l’aspect de vaisseaux non pathologique et des couches de résine dure opaque (Acrylonitrile butadiene styrene [ABS]) pour les plaques athéromateuses calcifiés.


Résultats

La concordance entre le modèle d’impression 3 D et la réalité a été analysée par 6 urologues tous expérimentés en transplantation selon les critères suivants : taille, aspect visuel, toucher, intérêt pour la planification chirurgicale, intérêt global. La taille a été évaluée à 8/10, aspect visuel 3/10, toucher 8/10, intérêt pour la planification chirurgicale 8/10 et l’intérêt global 8/10. Tous les urologues interrogés seraient prêts à utiliser cet outil pour l’évaluation des patients présentant une artériopathie sévère (Fig. 1).


Conclusion

l’impression 3D peut être un outil d’évaluation pré-transplantation chez certains receveurs sélectionnés. L’intérêt clinique de cet outil doit maintenant être évalué de manière prospective.

Incidence et morbi-mortalité des tumeurs de la voie excrétrice du transplant après transplantation rénale : étude multicentrique française
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 672


Objectifs

Les néoplasies sont la troisième cause de mortalité chez les transplantés rénaux et l’immunosuppression est reconnue comme facteur favorisant. Les tumeurs urothéliales du transplant restent anecdotiques et peu de cas sont rapportés dans la littérature.

L’objectif de cette étude a été d’évaluer l’incidence et la morbi-mortalité de ces tumeurs.


Méthodes

Nous avons réalisé une étude multicentrique rétrospective dans 15 centres français membre du CTAFU. Entre le 01 janvier 1997 et le 31 décembre 2018 nous avons recensé 31 543 transplantations rénales (transplantations combinées exclues). Huit patients ont eu une tumeur de la voie excrétrice du transplant. Nous avons recueilli les données clinicobiologique de la tumeur au diagnostic initial, les modalités des traitements, les données de l’immunosuppression et du devenir oncologique des patients ainsi que le devenir du transplant. L’objectif principal a été l’incidence de ces tumeurs. Les objectifs secondaires ont été l’étude de la survie des patients et du devenir des transplants.


Résultats

L’incidence était de 25 pour 100 000 sur 21 ans. Le délai médian entre la transplantation et le diagnostic de tumeur était de 107 mois (7 à 202 mois). L’âge médian au diagnostic était de 61,5 ans. Cinquante pour cent présentait un carcinome urothélial de stade≥pT2. Sept patients ont eu un traitement chirurgical dont 4 néphro-urétérectomies avec arrêt des immunosuppresseurs, 1 urétérectomie segmentaire et 1 vaporisation laser. Un patient a eu une urétérectomie segmentaire première puis une transplantectomie pour récidive. Un patient était métastatique et a eu une chimiothérapie palliative. Avec un suivi médian de 37,59 mois, la survie globale était de 85,7 % [IC95 % : 33,4–97,8] à 36 mois. Trois patients ont gardé un transplant fonctionnel après traitement conservateur.


Conclusion

Dans la population des transplantés rénaux, les tumeurs urothéliales du transplant sont rares et nous rapportons la plus importante série sur une population caucasienne. La transplantectomie reste le traitement de référence pour la majorité des patients.

Incontinence urinaire d’effort après HoLEP : incidence et facteurs de risques
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 712-713


Objectifs

L’HoLEP est une technique d’énucléation endoscopique « trans-sphinctérienne » de la prostate au laser Holmium. Le sphincter urinaire peut être lésé pendant ce geste et entraîner une incontinence urinaire d’effort (IUE) postopératoire. L’objectif de cette étude a été d’évaluer l’incidence et les facteurs de risque de survenue d’une IUE au cours de la première année après HoLEP.


Méthodes

Il s’agit d’une étude monocentrique rétrospective sur données observationnelles (no°CNIL 18-127) incluant tous les patients opérés d’un HoLEP pour une hypertrophie bénigne de prostate (HBP) symptomatique entre mai 2016 et décembre 2017. L’énucléation était réalisée selon la technique des 3 lobes. Les interventions étaient réalisées par 2 chirurgiens experts de la technique et par 4 opérateurs débutants. La continence était évaluée à 1, 3, 6 et 12 mois postopératoire à l’aide du questionnaire ICIQ-SF. Les facteurs prédictifs de survenue d’une IUE postopératoire ont été étudiés par une analyse réalisée en régression logistique à l’aide du logiciel SPSS 20.0.


Résultats

Parmi 207 HoLEP réalisés consécutivement au cours de cette période, 155 patients ont pu être évalués (Fig. 1). Les taux d’IUE de novo à 1, 3 et 6 mois postopératoire étaient de respectivement 11,0 %, 7,7 %, 3,9 %. Malgré la rééducation vésico-sphinctérienne l’IUE persistait chez 5 patients (3,2 %) à 12 mois. Seuls 2 patients (1,3 %) gardaient une protection pour IUE à 12 mois. Les scores ICIQ-SF moyen des patients avec IUE étaient de 10,3±6,09 et 8±4,24 à respectivement 1 mois et 12 mois (p =NS). En analyse univariée et multivariée, l’IMC>30 (OR, 4,69 ; IC95 % : 1,51–14,52 ; p =0,007), l’âge des patients>70 ans (OR : 16,23 ; IC95 % : 1,96–134,09 ; p =0,010), ont été identifié comme facteur indépendant de risque de survenue d’une IUE postopératoire respectivement à 1 et 3 mois.


Conclusion

Bien que le plus souvent transitoire, l’IUE après HoLEP semble être favorisée par le surpoids et un âge supérieur à 70 ans. Ces résultats nous suggèrent qu’il est important de tenir compte de ces critères pour le choix de la technique opératoire et les mesures préventives à mettre en œuvre (perte de poids, rééducation).

Index des auteurs
2019
- Index des auteurs
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 786-793


Influence de l’énucléation de prostate au laser Holmium (HoLEP) sur la fonction érectile : résultats d’une étude multicentrique sur 235 patients
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 721-722


Objectifs

L’altération de la fonction érectile (FE) n’est pas considérée comme une complication courante de la prise en charge chirurgicale des symptômes du bas appareil urinaire (SBAU) liés à une hypertrophie bénigne de la prostate (HBP). L’objectif de ce travail était de décrire l’évolution de la FE à 3 et 12 mois après énucléation laser de la prostate au laser holmium (HoLEP).


Méthodes

Une étude rétrospective multicentrique a été conduite sur 4 centres incluant un total de 235 patients sexuellement actifs avant leur prise en charge chirurgicale et opérés d’un HoLEP entre janvier 2016 et juin 2017. L’évaluation de la FE était faite par auto-questionnaire IIEF-5 à l’inclusion, à 3 mois et à 12 mois postopératoires. L’amélioration ou la dégradation de la FE étaient définies par une variation d’au moins 5 points du score IIEF-5.


Résultats

Les scores IIEF-5 médians préopératoire, à 3 et à 12 mois étaient respectivement de 19 [14,5–23], 18 [12,5–23] (p =0,15) et 19 [14–23] (p =0,45).

Trois mois après chirurgie, 9,8 % des patients rapportaient une amélioration, tandis que 15,3 % rapportaient une dégradation. Douze mois après la chirurgie, 13,2 % rapportaient une amélioration, tandis que 16,2 % rapportaient une dégradation. Bien que pour l’ensemble de la population de l’étude, on ne constatait aucun changement du score IIEF5 médian, une réduction statistiquement significative du score IIEF5 était observée dans le sous-groupe de patients présentant une FE normale en préopératoire passant de 23,9 en préopératoire à 21,8 à 3 et 12 mois (p2 étaient associés à une altération de la FE après HoLEP en analyse univariée) (Tableau 1, Tableau 2, Tableau 3).


Conclusion

Cette évaluation multicentrique confirme que la fonction érectile n’est globalement pas altérée après HoLEP. Cependant certains patients voient leur fonction érectile diminuer et les patients ayant une FE préopératoire normale présentent une diminution significative du score IIEF-5 en postopératoire. Ces résultats sont importants à prendre en compte afin de mieux informer les patients lors de la consultation préopératoire.

Instillation postopératoire précoce (IPOP) comparée à l’instillation préopératoire immédiate (IPOI) de mitomycine C dans les tumeurs de la vessie. Étude de phase 2 randomisée
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 694


Objectifs

L’IPOP est recommandée après la résection endoscopique des tumeurs de la vessie n’infiltrant pas le muscle, de risque faible et intermédiaire. Elle est en pratique peu réalisée pour des raisons logistiques ou de contre-indications chirurgicales. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’efficacité et la tolérance d’une instillation immédiate préopératoire de mitomycine C (IPOI) comparée à l’IPOP.


Méthodes

Étude randomisée, multicentrique menée de novembre 2013 à novembre 2015 (accord CPP Ouest III 2012-004341-32) prévoyant l’inclusion de 54 patients ayant les critères suivants : une à deux tumeur(s) vésicale(s), primitive(s) ou récidivante(s), d’aspect endoscopique papillaire et une cytologie urinaire négative pour le haut grade. La résection endoscopique était suivie d’une cystoscopie systématique de contrôle à 3, 6 et 12 mois. Le critère de jugement principal était le délai avant récidive. Les critères de jugement secondaires étaient la proportion de récidive à 3 mois et 1 an, la proportion de patients n’ayant pas pu avoir l’instillation et l’évaluation de la tolérance à 1 mois (questionnaire BCI-Fr).


Résultats

Parmi les 35 patients inclus, 20 ont été assignés au bras IPOI et 15 au bras IPOP. La durée de suivi était comparable dans les 2 groupes : 12,3±1,6 mois dans le groupe IPOP et 10,2±4,5 mois dans le groupe IPOI. Dans le groupe IPOP, 2 patients n’ont pas eu l’instillation. La proportion de récidive dans les 2 bras n’était pas significativement différente (Tableau 1). De même pour la tolérance à 1mois qui était comparable dans les 2 bras (Tableau 2).


Conclusion

Cette étude de phase 2 est en faveur de la réalisation d’une phase 3 : il n’y avait pas de différence sur ce petit effectif en termes d’efficacité et de tolérance entre l’IPOI et l’IPOP mais comme attendu, la faisabilité (logistique, contre-indications) semblait meilleure en cas d’IPOI.

Instillation postopératoire précoce de mitomycine dans la voie excrétrice urinaire supérieure après traitement conservateur endoscopique : faisabilité et résultats préliminaires
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 653


Objectifs

Le traitement conservateur endoscopique des tumeurs de la voie excrétrice (TVEUS) est une alternative à la néphro-urétérectomie totale (NUT) pour les TVEUS de risque faible (taille<2cm, bas grade, unique). Cependant une méta-analyse récente a rapporté un taux de récidive locale et/ou vésicale élevé (77 %). L’objectif était d’évaluer l’instillation postopératoire précoce de mitomycine (IPOP) dans la VEUS pour diminuer le risque de récidive locale après traitement endoscopique.


Méthodes

Étude prospective comparative monocentrique incluant tous les patients qui ont eu un traitement endoscopique conservateur de TVEUS d’avril 2015 à juillet 2018. Quarante-neuf patients ont été inclus : 25 (groupe M+) ont eu une IPOP de mitomycine dans la voie excrétrice homolatérale dans les 24heures postopératoires vs. 24 (groupe M−) sans instillation.

Le critère de jugement principal était la récidive locale (vésicale et/ou urétérale). Le critère de jugement secondaire était le taux de complications selon le Clavien–Dindo.


Résultats

Vingt-quatre sur 25 patients du groupe M+ ont reçu l’instillation prévue : 18/24 (75 %) instillation de mitomycine 40mg/40mL par mono-J ; 6/24 (25 %) instillations sur sonde JJ+vésicale de mitomycine 40mg/100mL de sérum.

Les complications Clavien I–II et III–IV étaient respectivement 33 % et 8 % dans le groupe M+ vs. 37 % et 0 % dans le groupe M− (p >0,9). Aucune complication III–IV n’était liée à l’instillation.

Quinze patients ont été exclus de l’analyse oncologique : 2 NUT pour TVEUS de haut grade, 4 perdus de vue et 9 traitements adjuvants par instillations en induction.

La récidive locale, évaluée sur 15 patients M+ vs. 17 patient M−, était respectivement de 27 % vs. 53 %. L’analyse multivariée (Cox) a identifié l’instillation de mitomycine comme un facteur protecteur indépendant de récidive (HR 0,13 [0,03–0,66], p =0,01).


Conclusion

L’IPOP de mitomycine dans la voie urinaire supérieure après traitement conservateur de TVEUS de risque faible était faisable, bien tolérée et associée à une diminution significative du risque de récidive locale.

Intérêt de l’anastomose urétéro-urétérale terminolatérale dans la greffe rénale par donneur vivant apparenté en situation préemptive
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 734-735


Objectifs

Dans la greffe rénale, l’anastomose urétéro-urétérale terminoterminale est une alternative à l’anastomose urétéro-vésicale qui réduit le risque de reflux et facilite la prise en charge endourologique des complications éventuelles. Cependant, en situation préemptive avec diurèse résiduelle, cette anastomose nécessite de ligaturer en amont l’uretère du rein natif. L’objectif de cette étude était de comparer les résultats de l’anastomose urétéro-urétérale terminolatérale à l’anastomose urétéro-urétérale terminoterminale.


Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective monocentrique, à partir de 398 patients opérés d’une transplantation rénale par donneur vivant apparenté (DVA) entre le 01/01/2011 et le 31/12/2018. Les patients inclus étaient en situation préemptive, sans antécédent de néphrectomie homolatérale. Le choix de la technique d’anastomose urinaire était laissé à la discrétion de 2 opérateurs expérimentés. Les données démographiques, peropératoires et postopératoires ont été comparés entre les 2 groupes : anastomose urétéro-urétérale terminolatérale (AUUTL) et anastomose urétéro-urétérale terminoterminale (AUUTT).


Résultats

Au total, 106 patients ont été inclus : 48 (45 %) ont eu une AUUTL et 58 (55 %) une AUUTT. Les 2 groupes étaient comparables pour l’âge, le sexe et le type de néphropathie. Il s’agissait d’une première greffe pour 98 % des patients. La durée opératoire, le saignement, le débit de filtration glomérulaire à j10 et le taux de complication postopératoire étaient identiques dans les 2 groupes. Cependant, dans le groupe AUUTT,5 patients (9 %) ont présenté des douleurs lombaires sur rein natif nécessitant un traitement antalgique, dont 1 patient a présenté une rupture de fornix traitée de manière conservatrice (Tableau 1). Après un suivi médian de 37,5 mois [17,2–57,5], le taux de survie de greffon était de 98 % avec un MDRD médian de 55,3mL/min [45–66] sans différence entre les groupes.


Conclusion

La technique d’AUUTL est faisable sans modification des Résultats néphrologiques au long cours. Elle pourrait permettre de prévenir les symptômes en rapport avec l’obstruction du rein natif dans le cadre des greffes préemptives.

Intérêt de l’héparinothérapie peropératoire au cours des transplantations rénales réalisées avec un rein prélevé sur donneur vivant, étude comparative multicentrique
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 675


Objectifs

L’objectif de cette étude était de comparer les données relatives à l’administration d’héparine peropératoire au cours d’une transplantation rénale avec un rein prélevé sur donneur vivant (RDV).


Méthodes

Étude rétrospective multicentrique comparative réalisée de janvier 2002 à mai 2018. Comparaison des transplantations rénales avec RDV avec héparinothérapie, dans un premier centre ; avec des transplantations rénales après RDV sans héparinothérapie, dans un second centre. Pour le groupe avec héparinothérapie, le donneur et le receveur, recevaient chacun 25 UI/kg d’héparine, 3minutes avant clampage. Le critère de jugement principal était la survenue d’une thrombose vasculaire, le critère de jugement secondaire était la survenue d’un évènement hémorragique (transfusion ou reprise chirurgicale). Afin de déterminer l’impact de cette héparinothérapie et les facteurs associés aux thromboses et hémorragies, une série d’analyses statistiques a été réalisée sur les données périopératoires.


Résultats

Trois cent deux transplantations rénales ayant reçu de l’héparine ont été comparées à 96 transplantations rénales n’ayant pas reçu d’héparine. Les caractéristiques des patients étaient comparables entre les deux groupes, à l’exception d’une moindre proportion de transplantations ABO-incompatibles dans le groupe avec héparine (12,6 % vs 36,4 %, p <0,001). L’analyse univariée retrouvait une réduction du risque de thrombose avec l’utilisation d’héparine peropératoire (0 % vs. 16 %, p <0,001), et une augmentation du risque de thrombose associée aux antécédents cardiaques du receveur (OR=4,22 ; [1,51, 11,83] ; p =0,005). En analyse multivariée, seule l’ABO-incompatibilité (OR=2,87 ; [1,41 ; 5,74] ; p =0,003) était retrouvée comme facteur de risque de complication hémorragique.


Conclusion

Ces résultats ont permis de déterminer que l’utilisation d’héparine peropératoire diminue la survenue de thrombose vasculaire. Cette héparinothérapie doit être administrée à des patients sélectionnés selon leurs antécédents et doit être évitée en cas de transplantation ABO-incompatible, devant une majoration du risque hémorragique.

Intérêt de modèles tridimensionnels virtuels et physiques pour évaluation de la complexité tumorale rénale et la planification opératoire des néphrectomies partielles (étude UroCCR-63 : 3D-planning)
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 757-758


Objectifs

La planification d’une néphrectomie partielle réside dans la capacité du chirurgien à reconstruire mentalement l’anatomie rénale à partir d’une imagerie et à évaluer la complexité tumorale. Les modèles 3D permettraient de s’affranchir de cette étape et gagner en vitesse et précision d’évaluation. Notre objectif était d’évaluer l’intérêt d’un modèle 3D imprimé « patient-spécifique » de rein tumoral sur la planification opératoire de NP complexes.


Méthodes

Six cas de tumeurs rénales complexes ont été modélisés grâce au scanner (logiciel Synapse Vincent, Fujifilm) puis imprimés en 3D (Stratasys-J750). Pour chaque cas, l’anatomie tumorale et vasculaire rénale a été interprétée par questionnaires par 3 groupes de chirurgiens (6 séniors, 8 assistants et 8 internes) et selon 3 modalités : scanner (référence), modèle 3D virtuel et modèle 3D imprimé. Les critères de jugement étaient : l’exactitude du RENAL score, le temps nécessaire à son calcul, la description de l’arborisation artérielle. Les réponses exactes étaient établies par un duo radiologue et chirurgien expérimentés. L’apport subjectif et la satisfaction à l’utilisation de ces modèles était évalué.


Résultats

Au total, 268 évaluations par questionnaires ont été réalisées. Le temps nécessaire pour établir le score de complexité RENAL était significativement différent entre les modalités évaluées, en faveur du modèle 3D imprimé (44 % de gain de temps par rapport au scanner, 20 % pour le modèle 3D virtuel, p <0,001). Cependant le taux d’exactitude était médiocre quel que soit le modèle ou l’expérience du chirurgien (entre 0 % [internes avec le scanner] et 45 % [séniors avec le scanner]). Les modèles imprimés semblaient particulièrement utiles pour évaluer l’anatomie artérielle (97,8 % d’exactitude pour le nombre d’artères rénales, 92,7 % avec le modèle virtuel et 85,1 % avec le scanner, p =0,01). Les participants jugeaient l’outil imprimé fortement utile pour faciliter la chirurgie (80,4 % de score 9–10 sur 10, p <0,001) et la compréhension anatomique (84,8 % de score 9–10 sur 10, p <0,001) (Fig. 1).


Conclusion

Notre étude suggère une faible reproductibilité du RENAL score en pratique clinique courante et ce indépendamment du niveau d’expérience du chirurgien. Les modèles 3D virtuels ou imprimés n’améliorent pas sa détermination. En revanche, ils améliorent significativement la compréhension de l’anatomie vasculaire et peuvent, de ce fait, être utiles à la planification opératoire de clampages suprasélectifs.

Intérêt des biopsies ciblées de prostate par rapport aux biopsies standards dans une cohorte de patients afro-caribéens
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 668-669


Objectifs

De nombreuses études ont démontré l’apport voire la supériorité des biopsies ciblées (BC) par fusion élastique dans la détection des cancers de prostate cliniquement significatifs. Nous avons voulu étudier l’intérêt des biopsies ciblées par rapport aux biopsies standards (BS) et à l’association des deux dans notre population de patients ayant une suspicion de cancer de prostate.


Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective monocentrique de 241 patients, aux antécédents biopsiques divers, ayant bénéficié à la fois de biopsies standards et de biopsies ciblées sur des lésions identifiées par IRM multiparamétrique de prostate (classification PIRADS version 2) avec un système de fusion élastique IRM-échographie entre février 2017 et novembre 2018. Le critère de jugement principal était le taux de cancers cliniquement significatifs (CS) entre les groupes BS, BC et la combinaison biopsies ciblées et standards. Les critères de jugement secondaires étaient le taux de détection de cancer de prostate et la longueur de carotte maximale positive.


Résultats

La moyenne d’âge était de 66,9 années, le PSA et le volume prostatique moyens de 8,57ng/mL et 59,6 cm3. Le taux de cancers CS était significativement supérieur dans le groupe biopsies ciblées+standards par rapport aux BS et aux BC, (85 [35 %] contre 71 [29,5 %] et contre 55 [22,8 %], p <0,001). Il n’y avait pas de différence significative entre les groupes BC et BS (p =0,145) (Tableau 1, Tableau 2). Les taux de détection de cancer de prostate étaient de 66 % contre 59,3 % et 42,3 % dans les groupes combiné, BS et BC respectivement, p <0,001. La longueur de carotte positive maximale (5,6mm±3,7 versus 3,6mm±3,3 ; p =0,003) est un facteur prédictif indépendant de CS sur les BC (OR=1,16 ; IC : 1,02–1,34 ; p =0,025).


Conclusion

Cette étude de cohorte de patients Afro-caribéens ne retrouve pas de différence entre le groupe biopsies ciblées et le groupe biopsies standards pour la détection des cancers de prostate cliniquement significatifs. La combinaison biopsies ciblées et biopsies standards améliore ce taux de détection.

Intérêt du traitement adjuvant par antiangiogénique versus surveillance après néphrectomie pour tumeur rénale M0 avec thrombus de la veine rénale ou de la veine cave (étude UroCCR-56)
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 646


Objectifs

L’efficacité d’un traitement adjuvant antiangiogénique pour les cancers à cellules rénales (CCR) dits à haut risque n’est pas démontrée actuellement. La négativité des essais pourrait être liée à l’hétérogénéité des tumeurs incluses et la difficulté de cibler les tumeurs à haut risque de récidive. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’intérêt d’un traitement médical adjuvant dans le CCR avec thrombus de la veine rénale/cave.


Méthodes

Analyse rétrospective comparative, multicentrique portant sur les patients inclus prospectivement après consentement écrit dans la base de données française UroCCR (CNIL DR 2013-206 ; NCT03293563) et opérés pour CCR ≥ pT3a M0, avec thrombus de la veine rénale ou de la veine cave. Comparaison du groupe expérimental (traitement adjuvant) au groupe témoin (sans traitement adjuvant). Les critères de jugements étaient la survie sans métastase et la survie globale, évaluées selon la méthode de Kaplan – Meier et comparés par un test de Log-rank. Analyse multivariée selon modèle de Cox pour recherche de facteurs prédictifs de survie globale.


Résultats

Au total, 542 patients ont été inclus : 40 nephrectomies+traitement adjuvant et 502 nephrectomies+surveillance. Les caractéristiques démographiques et tumorale des 2 groupes étaient comparables, excepté pour l’âge et le sous-type histologique (Tableau 1). Le suivi médian était 24±26 mois. Dans les groupes Adjuvant− et Adjuvant+ la survie sans métastase à 1 an, 2 ans, 5 ans était respectivement 68 vs 86 %, 58 vs 68 % et 38 vs 53 % (p =0,03). La survie globale à 1 an, 2 ans, 5 ans était respectivement 83 vs 100 %, 73 vs 96 % et 58 vs 82 % (p =0,02). Dans un modèle multivarié incluant les caractéristiques épidémiologiques, histologiques et le stade (modèle de Cox), les facteurs prédictifs de survie globale étaient : le traitement adjuvant OR=0,3[0,1–0,9] p =0,04, le contingent sarcomatoïde OR=2,2[1,4–3,6] p =0,001, les emboles vasculaires OR=2,2[1,3–3,9] p =0,004 et le stade OR=9,3[4,0–21,8] p <0,001.


Conclusion

Dans cette étude rétrospective ciblant les CCR avec thrombus de la veine rénale/cave, un traitement adjuvant (TKI, immunothérapie) était associé à une amélioration de la survie sans métastase et de la survie globale.

Introduction
Introduction
2019
- Rapports du congrès
- Réf : Prog Urol, 2019, 14, 29, 795-796
       

La classification ISUP de 2014 comme critère d’indication d’un curage ganglionnaire lors d’une prostatectomie radicale chez les patients d’ascendance Africaine
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 659-661


Objectifs

Le curage ganglionnaire durant la prostatectomie radicale est indiqué chez les patients à haut risque, et risque intermédiaire en cas d’envahissement>5 % (nomogramme Briganti…). Ces recommandations sont basées sur des populations caucasiennes et les données manquent concernant les patients d’ascendance Africaine L’objectif est de montrer que le score ISUP seul serait un meilleur critère de décision dans l’indication du curage ganglionnaire pour cette population.


Méthodes

Une étude de cohorte monocentrique a été réalisée entre 2000 et 2016, incluant tous les patients Afro-caribéens traités par prostatectomie radicale, pour un cancer de risque intermédiaire ou élevé selon D’Amico. Les patients ont été reclassés et stratifiés selon la classification ISUP sur la biopsie de prostate. Des analyses de survie sans récidive biologique et avant mise en traitement de rattrapage ont été réalisées selon Kaplan–Meier. Des analyses uni- et multivariées de facteurs prédictifs de récidive biologique et avant mise en traitement de rattrapage selon le modèle de Cox ont également été effectuées.


Résultats

Au total, 1100 patients ont été inclus pour un suivi médian de 6 ans (Tableau 1). Il n’y avait pas de différence significative dans la survie sans récidive biologique (SSRB) à 5 (p =0,89), 10 ans (p =0,94), et avant traitement de rattrapage, entre les groupes intermédiaires et élevés selon D’Amico. En regroupant les patients ISUP 1, 2 (intermédiaire favorable) et ISUP 3, 4, 5 (groupe plus agressif), le groupe intermédiaire favorable avait une meilleure SSRB à 5 (p <0,0001), 10 ans (p <0,0001) (Fig. 1), et avant traitement de rattrapage (p =0,01). La réalisation du curage ganglionnaire n’améliorait pas la SSRB dans ce groupe intermédiaire favorable (ISUP 1 et 2) (p =0,75) (Fig. 2). Un PSA élevé, un score ISUP≥3, le stade pT3a/pT3b (pièce opératoire), les marges chirurgicales positives étaient des facteurs de risque de récidive biologique (analyse multivariée).


Conclusion

Chez les patients d’ascendance Africaine, le score ISUP seul, semble être un facteur pronostique fiable dans l’indication du curage ganglionnaire lors de la prostatectomie radicale pour les groupes intermédiaires et à haut risque. Ce curage pourrait donc être évité pour les patients ISUP 1 et 2. La création d’un nomogramme propre à cette population permettra d’affiner cette indication.

La graisse péri-rénale issue des prélèvements d’organes : une source non invasive de cellules endothéliales comme modèle d’évaluation du vieillissement vasculaire et de l’alloimmunogénicité des transplants marginaux
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 672-673


Objectifs

L’endothélium allogénique du donneur constitue une interface entre le donneur et le receveur. Le vieillissement et les facteurs de risques cardiovasculaires présents dans le microenvironnement de ces transplants issus de donneurs marginaux contribuent à l’inflammation endothéliale et à la sénescence vasculaire et peuvent avoir un effet délétère sur la réponse immunitaire du receveur ainsi que la fonction du greffon.


Méthodes

La fraction vasculaire stromale (SVF) du tissu adipeux péri-rénal (PRAT-SVF) prélevé chez le donneur a été isolée après digestion enzymatique. Les cellules progénitrices endothéliales (ECFC) ont été isolées par sélection immuno-magnétique (CD144+) à partir de la PRAT-SVF prélevée chez 2 donneurs marginaux et 2 optimaux. Ces cellules ont été amplifiées en culture. Le profil phénotypique et transcriptionnel des ECFC a été étudié en cytométrie de flux et en qRT-PCR. Ces ECFC ont été utilisées comme cibles pour évaluer l’activité endothéliotoxique d’anticorps circulants de receveurs présentant un rejet humoral, ainsi que l’effet pro-sénescent des facteurs paracrines présents dans le liquide de perfusion de transplants marginaux.


Résultats

Ces travaux apportent une première preuve de faisabilité de l’isolement des cellules endothéliales de donneurs issues de PRAT-SVF. Ces cellules présentent un potentiel clonogénique d’expansion en culture ainsi qu’une expression des antigènes endothéliaux et HLA. Nous apportons ici la preuve que ces ECFC de SVF, amplifiées en culture, sont des cibles pertinentes permettant le dépistage chez le receveur d’anticorps circulants anti-donneur et le monitoring d’anticorps anti-ABO lors de la désensibilisation humorale lors des transplantations ABO-incompatibles. Ces cellules endothéliales ont montré un profil inflammatoire et sénescent accru en réponse à une stimulation par le liquide de perfusion de donneurs marginaux, montrant l’effet délétère du microenvironnement paracrine propre aux donneurs à critères élargis.


Conclusion

Ce travail identifie une nouvelle stratégie non invasive, qui utilise les ECFC issues de la PRAT-SVF comme un modèle d’étude permettant d’indexer la réponse d’anticorps anti-endothéliaux en transplantation rénale, et d’évaluer l’impact des facteurs paracrines qui caractérisent les donneurs marginaux sur la vulnérabilité vasculaire associée à la moindre survie de ces transplants.

La modélisation 3D, un support efficace de l’information-patient avant chirurgie rénale. (Étude UroCCR-39 : Rein-3D-Print)
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 758


Objectifs

La compréhension de sa pathologie permet une meilleure préparation à la chirurgie. Peu d’outils didactiques existent pour la transmission des informations au patient. Les avancées technologiques, notamment l’impression 3D, offrent des possibilités parlantes. L’objectif de cette étude est d’évaluer l’impact d’un modèle 3D personnalisé de rein sur la compréhension anatomique et chirurgicale pour les patients bénéficiant de néphrectomie partielle (NP).


Méthodes

Une étude prospective comparative monocentrique a été menée entre décembre 2017 et mai 2019. Deux groupes de patients programmés pour NP robotique ont été constitués. Un groupe avait accès à la modélisation 3D de son rein tumoral obtenue par segmentation du scanner (Synapse 3D, Fujifilm) puis imprimée (Stratasys J750). Les patients ont répondu à un questionnaire évaluant 3 dimensions de leur compréhension pré-opératoire : anatomie et physiologie rénale, caractéristiques de leur maladie et stratégie chirurgicale proposée dont risques de complications. Les données ont été collectées prospectivement après consentement écrit dans la base de données UroCCR (CNIL DR 2013-206 ; NCT03293563) et comparées avec des tests de Welch.


Résultats

Parmi les 90 patients inclus et opérés d’une NP, 45 étaient dans le groupe impression 3D. La totalité des patients a rempli le questionnaire. Les patients ayant eu accès à l’impression 3D spécifique de leur situation ont eu des scores de compréhension significativement plus élevés que les patients n’ayant pas eu de modèle imprimé en 3D. Leurs réponses étaient meilleures en anatomie et physiologie rénale (taux d’exactitude : 92,8 % vs 71,6 % ; p <0,001) ; en anatomie tumorale spécifique (91,2 % vs 54,6 % ; p <0,001) et en stratégie chirurgicale (84,1 % vs 57,7 % ; p <0,001).


Conclusion

L’impression 3D patient-spécifique semble être un support efficace de transmission de l’information préopératoire entre chirurgien et patients. Son utilisation pourrait enrichir la qualité de l’échange soignant–soigné en consultation et avoir un rôle médico-légal. À notre connaissance, il s’agit de la plus large étude de la littérature sur le sujet.

La néphrectomie du rein natif dans le même temps que la transplantation rénale pour polykystose rénale est-elle une stratégie valide en termes de morbidité ?
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 734


Objectifs

Dans la polykystose rénale autosomique dominante (PKRAD), la néphrectomie du rein natif peut être indiquée pour complications ou pour faire de la place au futur transplant. L’objectif de l’étude était d’évaluer les résultats postopératoire et à long terme de deux stratégies : néphrectomie et transplantation simultanées ou en deux temps (néphrectomie puis transplantation).


Méthodes

Soixante-seize patients atteints d’une PKRAD ayant subi une néphrectomie du rein natif homolatéral au transplant en préparation à la greffe ou dans le même temps opératoire, entre 2007 et 2017 ont été inclus après exclusion des greffes foie-rein et des patients avec données indisponibles : 38 opérés de façon simultanée (groupe 1) et 38 greffés secondairement (groupe 2). Les caractéristiques, y compris immunologiques, des donneurs et des receveurs ont été recueillies de manière rétrospective. Toutes les complications survenues au cours des hospitalisations ou tardives ont été colligées. La survie du transplant a été calculée par comparaison des fonctions rénales par t -test.


Résultats

Les 76 receveurs avaient des caractéristiques comparables en dehors de l’âge (51,6 ans, groupe 1 vs 55,9 ans, groupe 2, p =0,024) et du taux de transplantations préemptives (76,3, groupe 1 vs 2,6 %, groupe 2, p <0,0001). Le transplant était issu d’un donneur vivant (DV) pour 86,5 % du groupe 1 vs 15,1 % du groupe 2 (p <0,001). Le délai moyen entre néphrectomie et transplantation était de 56,5 mois (groupe 2). Les taux de complications étaient comparables, notamment pariétales ; on observait une tendance non significative aux pertes sanguines augmentées dans le groupe 1 (p =0,06). Le taux de rejet aigu et chronique était similaire, à risque immunologique pré-greffe comparable. La survie du greffon, modélisée par la surveillance de créatininémie était semblable entre les groupes (p =0,1) avec un suivi moyen de 6,8 ans (Fig. 1).


Conclusion

La néphrectomie et transplantation simultanée est une stratégie valide dans la PKRAD, pour des malades sélectionnés notamment dans le cadre du DV. La morbidité n’est pas supérieure aux interventions réalisées en deux temps et la survie du transplant comparable. Cette stratégie permet de réduire le nombre d’hospitalisations et la réalisation de transplantations préemptives sans dialyse transitoire, particulièrement pour les DV.

La neurostimulation tibiale postérieure est-elle aussi efficace chez les patients neurologiques que non neurologiques ?
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 738


Objectifs

La neurostimulation tibiale postérieure transcutanée (NTPT) pourrait être efficace chez les patients neurologiques ayant des symptômes d’hyperactivité vésicale (HAV). Toutefois l’efficacité sur les divers symptômes et éléments du calendrier mictionnel a été peu étudié. L’objectif était de comparer l’efficacité du traitement par NTPT dans le traitement de l’HAV avec et sans étiologie neurogène et entre les étiologies supra-pontiques et « médullaires ».


Méthodes

Les données de tous les patients traités par NTPT pour troubles vésico-sphinctériens entre 2012 et 2016 dans un centre ont été colligées prospectivement. L’évaluation initiale et à 2 mois comprenait un calendrier mictionnel sur 48heures, un questionnaire Urinary Symptom Profile (USP) une évaluation de l’efficacité par échelle visuelle analogique (EVA) allant de 0 (aucune efficacité) à 10 (efficacité maximale). Le matériel utilisé était un URO-stim Schwa medico 2. Les patients ont été divisés en deux groupes : selon qu’il existait une pathologie neurologique sous-jacente (neuro) ou non (non neuro). Les résultats fonctionnels étaient évalués après 2 mois de stimulation.


Résultats

Cent trente-quatre patients ont été inclus, parmi lesquelles 32 %avaient des troubles vésico-sphinctériens liés à une pathologie neurologique. L’EVA moyenne d’efficacité était comparable dans les deux groupes (3,9 vs 4 p =0,72). Dans le groupe « non neuro », l’amélioration du nombre d’épisodes d’urgenturies/24h était significativement plus importante (−2,02 vs 0,04 p =0,02), sans qu’il y ait pour autant de différence significative nombre après NTPT (7 vs 7,4 p =0,97). Le reste des éléments du calendrier mictionnel et des scores USP étaient comparables, hormis le taux d’hyperactivité détrusorienne initiale, plus élevé dans le groupe neuro (59 % vs 79 % p =0,04). Il n’y avait aucune différence significative entre les groupes « supra-pontiques » et « médullaires » (3,7 vs 4,3 p =0,72) (Tableau 1)


Conclusion

La neurostimulation tibiale postérieure transcutanée semble au moins aussi efficace dans le traitement de l’HAV des patients neurologiques que non neurologiques. Des séries de plus grande ampleur permettraient de préciser les critères de sélection de ces patients.

La prise d’inhibiteurs de recapture de la sérotonine influence-t-elle le risque de complications chirurgicales après intervention pour une hyperplasie bénigne de prostate ? Étude française sur base de données médico-administratives (étude SC...
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 711


Objectifs

L’hématurie et le caillotage vésical font partie des complications chirurgicales attendues après résection transurétrale de la prostate (RTUP). Plusieurs médicaments dont les anticoagulants et antiagréagants plaquettaires sont connus pour influencer le risque de complications périopératoires. Les inhibiteurs de recapture de sérotonine (SRI), modifiant l’agrégation des plaquettes et l’hémostase primaire, pourraient également être à l’origine de ces complications.


Méthodes

Nous avons mené une étude pilote afin d’évaluer l’impact d’un traitement par SRI sur la morbi-mortalité à partir de 4 groupes : SRI seul (≥1 remboursement dans les 3 mois avant la chirurgie) ; SRI+ aspirine≤100mg ; aspirine≤100mg seule et patients sans traitement (groupe contrôle). Via la base EGB (échantillon représentatif au 1/97e de la population française) ont été identifiés tous les patients avec chirurgie endoscopique de l’HBP entre 2012–2016. Étaient exclus les patients avec traitement anticoagulant, antiagrégant plaquettaire autre que l’aspirine, insuffisance rénale et/ou hépatique modérée ou sévère, cancer ou hémopathie et trouble congénital de la coagulation.


Résultats

Sur cette période, 1127 patients d’âge moyen 69,5 ans (± 9,4 ans) ont été inclus (95,6 % RTUP, 2,8 % laser 1,6 % photovaporisation). Dans cette population, 80 % n’avait aucun traitement, 15 % était sous aspirine seule, 4 % était sous SRI seuls et 1 % était sous SRI+aspirine. Les analyses descriptives, par groupe de traitement, sur le critère de jugement principal et secondaires (taux de ré-hospitalisation à 30 j, transfusion, reprise chirurgicale pour décaillotage et décès à 30 j) sont en cours. En raison d’un effectif trop faible dans les groupes et d’un manque de puissance, les analyses statistiques comparatives n’ont pu être réalisées sur la base EGB. Nous prévoyons d’utiliser le Système national de données de santé (SNDS) pour assurer une puissance suffisante pour les comparaisons envisagées.


Conclusion

L’influence des SRI sur les troubles de l’hémostase périopératoire a été rapportée en chirurgie orthopédique et cardiaque mais reste débattue. Cette étude permettra d’évaluer la morbi-mortalité des SRI en périopératoire de la chirurgie de l’HBP.

La prise en charge des douleurs testiculaires chroniques dues à un syndrome de charnière thoracolombaire: une étude pilote
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 723


Objectifs

La douleur testiculaire chronique peut être un symptôme d’un dérangement intervertébral minime au niveau de la charnière thoracolombaire. Le but de notre étude est d’examiner l’efficacité à moyen terme d’une manipulation ostéopathique particulière de la colonne vertébrale sur la douleur testiculaire.


Méthodes

Les patients souffrant d’une douleur testiculaire chronique ont été examinés à la recherche des critères d’un syndrome de charnière thoracolombaire. Les patients répondants aux critères du diagnostic ont bénéficié d’une manipulation ostéopathique vertébrale par un médecin expérimenté avec une évaluation de la douleur par l’échelle visuelle analogique avant la session, juste après la session et à chaque mois par la suite. La satisfaction du patient a été également examinée. La comparaison a été faite en utilisant le test de Wilcoxon et les facteurs de risques ont été étudiés grâce à une étude multivariée.


Résultats

Sur les 62 patients examinés, 41 patients répondaient aux critères diagnostiques et 37 patients ont été inclus. La douleur a disparu complètement chez 63,2 % des patients et une amélioration a été notée chez 21,1 %. Deux patients ont rechuté par la suite (5,2 %). La douleur a persisté chez 10,5 % des patients. Les facteurs de risque de rechute et de non-amélioration étaient une durée prolongée des symptômes et une douleur limitée à la paroi scrotale.


Conclusion

La douleur testiculaire chronique est souvent due à un dérangement intervertébral minime et répond bien à une manipulation ostéopathique vertébrale bien conduite.

La pyélonéphrite xanthogranulomateuse diffuse et focale : principaux aspects et diagnostics différentiels en imagerie
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 765


Objectifs

La pyélonéphrite xanthogranulomateuse (PXG) représente une entité de pyélonéphrite chronique relativement rare. En l’absence de signes spécifiques, son diagnostic préopératoire reste difficile et la PXG pose des difficultés d’ordre diagnostic différentiel de tumeur rénale. L’objectif de ce travail est de décrire les principaux aspects scanographiques de la PXG dans ses différentes formes et d’en déduire les principales caractéristiques.


Méthodes

On a réalisé une relecture des scanners de tous les cas de PXG confirmés histologiquement sur pièce opératoire durant la période étendue de 1998–2018. Parmi 88 patients inclus, 14 dossiers n’étaient pas exploitables et donc exclus de l’étude. Toutes les données scanographiques ont été recueillies et analysées.


Résultats

On a distingué deux formes différentes de PXG : une forme diffuse (71 %) et une forme focale (29 %). Dans la forme diffuse, le diagnostic préopératoire (Tableau 1) était une pyonéphrose avec des cavités pyélocalicielles dilatées hypodenses et un parenchyme détruit dans 59 % des cas (Fig. 1). Le facteur favorisant était l’obstruction chronique des voies excrétrices d’origine lithiasique dans 88 % des cas. Une extension périrénale du processus infectieux était observée sous forme d’abcès périrénal ou du psoas (21 %). Les complications fistuleuses étaient observées dans 5 cas (4 fistules rénocutanées et une rénocolique). Dans la forme focale, le diagnostic préopératoire était une tumeur rénale dans 7 cas et un abcès du rein dans 6 cas. L’aspect scanographique était une masse hypodense isolée (4 cas) (Fig. 2), une masse solido-kystique (3 cas) ou une ectasie calicielle segmentaire (4 cas).


Conclusion

Le diagnostic préopératoire de la PXG reste difficile. Sa forme focale pseudo-tumorale est souvent confondue avec le cancer du rein. L’association de syndrome biologique inflammatoire, à des images scanographiques d’inflammation péri-lésionnelle sur un rein lithiasique dilaté, doit nous inciter à évoquer le diagnostic et proposer une biopsie pouvant confirmer le diagnostic et éviter éventuellement une chirurgie délabrante et inutile.

La radiomique : une alternative non invasive à l’urodynamique pour l’évaluation du régime de pression vésicale chez les patients spina bifida
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 737


Objectifs

Les troubles vésico-sphinctériens des patients atteints de spina bifida peuvent entraîner une altération du haut appareil urinaire. Le bilan urodynamique, examen de référence pour le suivi ces dysfonctionnements, ne peut être effectué fréquemment de part son caractère invasif. L’objectif de cette étude était d’évaluer la faisabilité d’utiliser l’analyse de texture tomodensitométrique de la paroi vésicale pour prédire un résultat défavorable urodynamique des patients spina bifida.


Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective qui a analysé les données urodynamiques et scannographies de patients ayant consulté au centre Spina bifida pour une évaluation médicale entre mars 2015 et mars 2017. Les patients bénéficiaient systématiquement d’un bilan urodynamique et d’un scanner abdominal. Les patients étaient divisés en 2 groupes en fonction de l’existence d’un profil urodynamique défavorable défini comme trouble de la compliance et/ou pression détrusorienne maximale>40cm H2O. Après délimitation manuelle de la paroi vésicale sur les scanners, nous avons extrait 15 paramètres de textures. Les facteurs radiomiques prédictifs d’un profil urodynamique défavorable étaient recherchés en utilisant un test U de Mann–Whitney.


Résultats

Au total 41 patients ont été analysés. Un profil urodynamique défavorable a été constatée chez 15 patients (37 %). Trois paramètres de textures associés à la présence d’un profil urodynamique défavorable étaient : le kurtosis (p <0,001), l’entropie (p <0,01) et la différence d’entropie (p <0,001).


Conclusion

L’analyse de texture tomodensitométrique semble être une approche prometteuse pour l’évaluation des dysfonction vésico-sphinctériennes des patients Spina Bifida.

La sexualité des patientes obèses avec troubles du plancher pelvien avant et après chirurgie bariatrique : une étude prospective monocentrique utilisant le nouveau questionnaire PISQ-IR
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 709-710


Objectifs

L’obésité peut entraîner des troubles du plancher pelvien, altérant considérablement la sexualité des patientes. Le questionnaire PISQ-IR est un nouvel instrument de mesure de la sexualité des patientes présentant ces troubles, validé par l’AFU. L’objectif était d’évaluer l’utilité de ce questionnaire chez des patientes souffrant d’obésité morbide, avant une chirurgie bariatrique et un an après l’intervention (sleeve gastrectomy [SG] ou gastric by-pass [RYGB]).


Méthodes

Étude prospective monocentrique incluant toutes les patientes avec une indication de chirurgie bariatrique (SG ou RYGB), de juin 2016 à mai 2017. L’activité sexuelle était mesurée à l’aide du PISQ-IR, et les patientes étaient divisées en 3 groupes, selon l’évolution un an après la chirurgie : sexuellement inactives sans modifications (groupe A), sexuellement actives sans modifications (groupe B), et inactives devenue actives (groupeC). Les troubles de la statique pelvienne, l’incontinence urinaire (UI) et l’incontinence anale (AI) était mesurés au moyen de questionnaires validés (USP et PFDI 20). Les résultats aux questionnaires avant chirurgie et lors de la consultation de suivi à 1 an était comparés.


Résultats

Cinquante-quatre femmes ont été incluses, (30 [56 %] RYBP et 24 [44 %] SG) et 51 patientes pour le PISQ-IR (Tableau 1). Neuf patientes (17,6 %) sont devenus sexuellement actives un an après l’intervention. Lorsque la réduction d’IMC était supérieure à 13kg/m2, un pourcentage plus élevé de la population sexuelle a amélioré ses différents scores, avec des résultats significatifs tant pour la qualité de vie globale que pour le désir (p =0,026 et 0,046) (Tableau 2). Il n’y avait aucune différence significative dans le groupe A après un an de suivi concernant le score PISQ-IR. La perte de poids était également associée à une amélioration significative de l’UI et des symptômes d’hyperactivité vésicale (p <0,001) (Fig. 1), mais sans différence significative en termes d’AI et de troubles de statique pelvienne.


Conclusion

PISQ-IR est un questionnaire utile pour mesurer la sexualité de patientes présentant des troubles du plancher pelvien. La chirurgie bariatrique améliore la sexualité de patientes obèses après un an de suivi, en améliorant ces troubles, notamment l’incontinence urinaire et l’hyperactivité vésicale. À ce jour, cette étude prospective est la première à utiliser ce questionnaire en chirurgie bariatrique.

La signature transcriptomique des gènes du tissu conjonctif prédit des caractéristiques péjoratives chez les patients avec un cancer de prostate localisé
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 661-662


Objectifs

Le stroma réactif joue un rôle dans le démarrage et développement d’un cancer de prostate. L’objectif de l’étude était de comprendre la corrélation entre les caractéristiques génomiques du tissu conjonctif contenu dans le stroma et des caractéristiques clinicopathologiques péjoratives (extension extracapsulaire [ECE], invasion des ganglions lymphatiques [LN+], récidive biochimique précoce [BCR] sur des échantillons de prostatectomie radicale, et leur impact sur la survie sans progression [PFS]).


Méthodes

Étude rétrospective monocentrique incluant tous les patients avec un cancer de prostate localisé ayant eu une prostatectomie et un test génétique pronostique par Decipher. L’expression normalisée transcriptomique par Single-Channel Array de l’ensemble des gènes codants était analysée.

La corrélation entre les résultats de la transcriptomique et les caractéristiques cliniques telles que l’ECE, la LN+ et la BCR précoce était étudiée à l’aide de t -tests multiples avec correction de Benjamin Hochberg (taux de fausse découverte de 0,25 %). L’Atlas du génome du cancer (TCGA) était utilisé pour confirmer le rôle pronostique de ces gènes sur la survie sans progression (PFS) à 5 ans.


Résultats

Au total, 652 patients étaient inclus : 214 patients présentaient une ECE, 33 étaient LN+ et 136 une BCR précoce. Des différences significatives d’expression transcriptomique étaient observées pour chaque caractéristique : 1433 gènes pour ECE (501 surexprimés), 1114 pour LN+ (407 surexprimés) et 7539 pour BCR précoce (1538 surexprimés). COL1A1 et COL1A2 (collagène de type I), COL3A1 (collagène de type III), ASPN (asporine), VCAN (versican), FN1 (fibronectine), LUM (lumican), BGN (biglycan), MAP1B (protéine 1B associée au microtubule) et AEBP1 étaient surexprimés chez les patients présentant une ECE et LN+ (Fig. 1, Fig. 2). Seuls COL1A1 (0,5316 vs 0,006) et ASPN (0,899 vs. 0,82) étaient surexprimés (p <0,001) chez les patients avec BCR précoce. Dans la population TCGA, la surexpression de ces gènes montrait une diminution de la PFS sur 5 ans (52 % vs 74 % [p =0,0121] [Fig. 3]).


Conclusion

La surexpression transcriptomique des gènes du tissu conjonctif est corrélée à des caractéristiques clinicopathologiques péjoratives (extension extracapsulaire, invasion des ganglions lymphatiques et récidive biologique précoce). L’analyse de cohorte de la TCGAp a confirmé les résultats avec une diminution de la PFS chez les patients présentant une surexpression de ces gènes.