Base bibliographique

Cystectomie et dérivation cutanée non continence de type Bricker pour vessie neurologique: comparaison des voies ouverte, laparoscopie et robot-assistée
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 739-740


Objectifs

L’objectif de cette étude était de comparer les résultats de la cystectomie par voie ouverte (CO), par voie laparoscopique pure (CL) et par voie robot-assistée (CRA) associée à une dérivation cutanée non continente trans-iléale chez les sujets neurologiques.


Méthodes

Tous les patients ayant eu une cystectomie pour vessie neurologique dans un centre entre 2006 et 2017 ont été inclus dans une étude rétrospective. La dérivation était une dérivation cutanée trans-iléale non continente type Bricker dans 100 % des cas dans les 3 groupes, toujours réalisés en extra-corporel. La plupart des CO et CL étaient réalisées par un chirurgien expérimenté (>20 cystectomies au début de l’étude et>50 procédures laparoscopiques) et la plupart des CRA par un autre chirurgien sans aucune expérience de la cystectomie et ayant réalisé moins de 10 interventions laparoscopiques ou robot-assistées en autonomie au début de l’étude.


Résultats

Quatre-vingt-dix patients ont été inclus : 41 robot, 23 cœlioscopique et 26 ouvert (Tableau 1). La durée opératoire était plus courte dans le groupe CO que dans les groupes CL et CRA (295,6 vs. 383,7 vs. 374,4min ; p =0,03). La durée d’hospitalisation était plus courte dans le groupe CRA et dans le groupe CL que dans le groupe CO (16,5 vs. 13,5 vs. 13,2jours ; p =0,03). Le taux de complications majeures étaient plus importants dans les groupe CO et CL que dans le groupe CRA (30,8 % vs. 30,4 % vs. 9,8 % ; p =0,05) de même que le taux d’utilisation d’une PCA morphine en postopératoire (62,5 % vs. 77,8 % vs. 22,9 % ; p =0,003). Le taux de complications tardives était similaire dans les 3 groupes (13 % vs. 14,3 % vs. 21,9 % ; p =0,60) (Tableau 2).


Conclusion

La voie laparoscopique, qu’elle soit ou non robot-assistée, pourrait diminuer la durée d’hospitalisation par rapport à la voie ouverte pour l’exérèse d’une vessie neurologique avec dérivation cutanée non continente trans-iléale, au prix d’une durée opératoire plus longue. L’avantage de la voie robotique sur la voie cœlioscopique pourrait être une réduction du taux de complications majeures et des douleurs postopératoires.

Cystectomie robot-assistée avec uréthrectomie périnéale simultanée et lymphadénectomie pelvienne étendue et Bricker intracorporel
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 781


Objectif

Description de la faisabilité et de l’influence sur le temps opératoire de la réalisation en simultané d’une uréthrectomie périnéale pendant une cystectomie robot avec curage ganglionnaire étendu et Bricker intracorporel.


Méthodes

Nous avons inclus tous les patients consécutifs qui ont eu une cystectomie robot-assistée (RARC) avec Bricker intracorporel (ICIC) et uréthrectomie simultanée avec le robot Da Vinci Xi, dans notre institution entre le 1er janvier 2018 et le 15 septembre 2018. Nous avons comparé les données per-opératoires avec un autre groupe de patients qui ont eu RARC et ICIC sans uréthrectomie durant la même période.


Résultats

Au total, il y avait 2 patients dans le groupe d’uréthrectomie simultanée et 14 patients dans le groupe sans uréthectomie. Un curage étendu a été réalisé pour tous les patients dans les 2 groupes. Le systeme Firefly a été utilisé pour le prélèvement de l’anse digestive dans les 2 groupes. Il n’y avait pas de difference significative entre le temps opératoire du groupe uréthrectomie simultanée (370min) et le groupe sans uréthrectomie (360min) (p =0,09).


Conclusion

La réalisation en simultané d’une uréthrectomie périnéale pendant une RARC avec ICIC est une technique faisable permettant de gagner du temps opératoire puisque celui-ci reste similaire au temps opératoire nécessaire pour la réalisation d’une RARC avec ICIC sans uréthrectomie.

Cystostomie continente de type Casale par voie Cœlioscopique robot-assistée
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 774


Objectif

La cystostomie continente de type casale est habituellement réalisée par laparotomie. Nous avons décidé de réaliser cette intervention par cœlioscopie robot-assistée chez des patients neurologiques notamment pour une épargne pariétale et une récupération plus rapide du transit.


Méthodes

Nous avons réaliser cette intervention chez une une patiente de 40 ans paraplégique post-traumatique niveau T9 complet AIS A depuis 1986 suite à un AVP. L’indication de la cystostomie a été posée devant des difficultés à réaliser les sondages par voie urétrale en raison notamment d’un méat très hypospade avec une patiente présentant une lordose importante avec bascule du bassin. Elle a un antécédent d’appendicectomie. La Cystomanométrie sous oxybutynine a retouvé une vessie inactivée et compliante et avec capacité vésicale à 340ml et aucune fuite au cours du remplissage.

Résultats La durée d’intervention a été de de 285min. Les pertes sanguines ont été de 50ml. La patiente a repris son transit à J3. Elle est sortie d’hospitalisation à J7. La sonde a été retirée à J 21. Lors de la consultation de contrôle à 3 mois, il n’y avait pas de fuites au niveau de la cystostomie. Il n’y avait pas de sténose avec un passage facile d’une sonde Ch 20 et la fibroscopie du conduit était normale.


Conclusion

D’après notre expérience la cystostomie continente est réalisable par voie coelioscopique de manière robot-assistée avec de bons résultats.

DDX5, une nouvelle cible thérapeutique dans le cancer de prostate résistant à la castration
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 700-701


Objectifs

L’évolution vers la résistance à la castration (RC) est inéluctable et intervient après 18 à 24 mois en moyenne chez des patients ayant un cancer de prostate (CP) avancé traités par hormonothérapie (HT). À ce stade l’arsenal thérapeutique se réduit drastiquement et de nouveaux traitements sont nécessaires. La protéine DDX5 est surexprimée dans les CPRC et fonctionne comme un co-activateur du récepteur aux androgènes (RA).


Méthodes

Nous avons utilisé une banque de tissu de 752 biopsies de prostate pour étudier l’expression de DDX5 dans les CP, en fonction du Gleason et du stade de la maladie en utilisant un test t de Student. Nous avons également étudié l’impact de l’expression de DDX5 sur la survie sans récidive biologique par la méthode de Kaplan–Meier. Nous avons ensuite fait le design et le screening de plusieurs oligonucléotides antisens (ASO) contre l’ARNm de DDX5 permettant de mettre en évidence un ASO inhibant son expression. Nous avons ensuite étudié l’inhibition de DDX5 in vitro en utilisant des lignées de CP androgéno-indépendantes (PC-3 et DU-145).


Résultats

La protéine DDX5 est surexprimée dans les CP comparativement aux prostates saines (0,6 vs 1,2 ; p =0,0005) et d’autant plus surexprimée que le Gleason est élevé (G3=0,9 ; G4=1,1 ; G5=1,7 ; p =0,012) et le stade de la maladie avancé (N0=1,1 ; N+=1,5 ; RC=2,2 ; p <0,001). Une expression modérée à élevée de DDX5 diminue significativement la survie sans récidive biologique comparativement à une expression nulle à faible (45,4 vs 76,6 mois ; HR=1,52, IC95 % : 1,14–2,18 ; p =0,007). Nous avons développé un ASO permettant d’inhiber à 97 % l’expression de DDX5 in vitro à la concentration de 100nM. L’inhibition de DDX5 inhibe significativement la croissance cellulaire d’environ 65 % (p =0,005).


Conclusion

L’analyse des mécanismes d’actions de DDX5 est en cours afin de nous donner plus d’informations sur son implication dans les CPRC. L’étude de l’inhibition in vivo de DDX5 est également réalisé au laboratoire afin de voir si DDX5 peut représenter une cible thérapeutique prochaine des CPRC.

Détectabilité de la TEP/TDM au 18F-DCFPyL pour le cancer prostatique en récidive biochimique
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 698-699


Objectifs

La tomographie par émission de positron (TEP) au « prostate specific membrane antigen » (PSMA) croît en popularité compte tenu de son rôle dans l’évaluation du cancer de la prostate. Le radiotraceur original, 68Ga-PSMA-11, a fait ses preuves quant à son utilité pour détecter le cancer précocement lors d’une récidive biochimique ; Nous présentons ici la détectabilité d’un autre traceur, le 18F-DCFPyL.


Méthodes

Les dossiers cliniques, les images et les rapports d’imagerie des TEP/TDM au 18F-DCFPyL ont été rétrospectivement revus pour tous les hommes, en récidive biochimique ou connus métastatiques, afin de retracer les performances cliniques réelles des études TEP/TDM, effectuées sur un scanner hybride (Discovery ST, General Electric Medical Systems, Waukesha, WI, États-Unis) muni d’une TDM 16 barrettes. Les résultats de la TEP/TDM sont considérés « positifs » si au moins un site de maladie a été rapporté ; « négatifs » quand aucun site n’a été identifié.


Résultats

Nous avons retenu 93 patients avec TEP au 18F-DCFPyL après au moins une ligne de traitement pour le cancer de la prostate. L’âge moyen était de 70,6 ans. L’antigène prostatique spécifique (APS) moyen au moment de la TEP était 4,57 nmol/L (min 0,07 nmol/L ; max 51,09 nmol/L). Le score de Gleason médian était 7 (min 5 ; max 10). Les traitements antérieurs étaient : une prostatectomie chez 62 patients, radiothérapie chez 59 patients (34 avaient eu les deux) ; les autres patients avaient été traités par ultrasons focalisés de haute intensité (HIFU) (2), cryothérapie (1), hormonothérapie (1) ou suivis sans traitement (2). Les résultats de détection à la TEP par palier d’APS sont : 0,0–0,3 (1/5, 20 %) ; 0,3–0,5 (5/8, 63 %) ; 0,5–0,1 (7/8, 88 %) ; 1,0–2,0 (17/19, 89 %) ;>2,0 (48/53, 91 %) (Fig. 1).


Conclusion

Le 18F-DCFPyL a un taux de détection excellent pour la récidive biochimique du cancer de la prostate, ce taux augmente avec celui de l’APS dans le sang. Les avancements technologiques récents effectués sur les nouveaux appareils TEP promettent d’améliorer ces taux de détection, surtout lorsque le volume de la maladie est très petit.

Déterminants de la réponse aux injections intracaverneuses d’alprostadil après prostactectomie radicale
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 717-718


Objectifs

Les injections intracaverneuses d’alprostadil (IIA) représentent l’un des traitements reconnu pour la réhabilitation sexuelle (RS) après prostatectomie radicale (PR). L’efficacité sur l’érection des IIA n’a été évaluée que sur un nombre limité de patients et ses déterminants restent mal connus. Notre objectif était d’étudier la fonction sexuelle des patients utilisant des IIA pendant au moins 1 an après PR et identifier les sous-groupes pouvant en bénéficier.


Méthodes

Cent quatre-vingt-quatorze patients qui avaient des érections normales en préopératoire, ont eu une PR par voie mini-invasive avec une RS consistant en des IIA systématiques en postopératoire pendant un an. À l’issue de la RS, à un an, les fonctions sexuelles étaient évaluées avec les scores UCLA-PCI, IIEF-15, et EHS. Étaient également étudiés, le taux de satisfaction avec traitement et la douleur secondaires aux IIA. La fonction érectile fut également analysée en rétrospectif selon la conservation des bandelettes vasculonerveuses, l’association à des IPDE5, les traitements complémentaires (hormonothérapie, radiothérapie) et l’agressivité de la maladie prostatique.


Résultats

Au total, le score IIEF-EF moyen était à un an de 5 sans IIA et 15 avec. Huit patients (4,1 %) avaient un score EHS >2 sans traitement. Cent trente-huit patients (73,8 %) ont considéré que le traitement avait amélioré leurs érections (GAQ-Q1) et 98 (52,7 %) que les IIA augmentaient leur capacité à engager une activité sexuelle (GAQ-Q2). Une association significative a été retrouvée entre la réponse aux IIA (IIEF-EF et satisfaction globale) et la conservation des bandelettes vasculonerveuses (IIEF-EF : 6,5[2–25] vs 18,5 [5–28,25], p =0,04 pour la conservation vs pas de conservation des bandelettes). Les patients ayant reçu un traitement complémentaire avaient des scores significativement plus altérés (IIEF-EF avec IIA [p =0,017] ou sans [p =0,0259], IIEF-IS avec IIA [p =0,025] ou sans [p =0,016], satisfaction globale [p =0,0055] et EHS avec IIA [p =0,02] sauf le EHS sans IIA [p =0,08]). Le taux d’abandon des IIA était de 6,2 % (Tableau 1, Tableau 2).


Conclusion

La réponse moyenne aux IIA un an après PR reste peu satisfaisante et est liée à la sévérité de la maladie prostatique et à la préservation les bandelettes.

Développement d’un outil tri-dimensionnel gratuit pour la planification opératoire des chirurgies lithiasiques
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 750-751


Objectifs

L’urétéroscopie flexible avec lithotritie pour calcul rénal est une intervention fréquente en urologie. Un des paramètres pouvant influer sur la durée opératoire est la charge lithiasique. Notre objectif était de développer un outil de mesure tridimensionnel (3D) pour la planification chirurgicale des interventions endo-urologiques pour lithiase du haut appareil urinaire.


Méthodes

3DSlicer est un logiciel en libre-accès permettant de réaliser un processus de segmentation sur des séries d’images médicales (DICOM). 3DSlicer possède un outil de développement d’extension accessible au langage Python. Les critères principaux de développement étaient : applicable sur scanner abdominopelvien non injecté, choix d’une région d’intérêt (ROI), détection volumique du calcul par fenêtrage ajustable par unités Hounsfield, capacité de repérage de plusieurs calculs simultanément, visualisation en vue 3D et volumétrie. Les critères secondaires étaient l’introduction à titre informatif d’une durée prévisible de lithotritie endocorporelle selon la source laser (Holmium :YAG ou Laser Thulium Fibré), le diamètre de la fibre laser et les paramètres laser.


Résultats

Calculator est un module développé en langage Python, disponible par l’« Extension Manager » de 3DSlicer. Son utilisation nécessite préalablement la définition d’une ROI par le module « Crop Volume », ajustable selon trois axes sur les vues axiales, sagittales et coronales d’un scanner abdominopelvien non injecté. À partir des ROI, Calculator définit un fenêtrage ajustable pour la détection lithiasique. En cas de calculs multiples, l’option « split islands into segments » selon la taille minimale d’un segment (voxel) permet leur séparation automatique. Différents paramètres laser sont disponibles pour mesurer la durée de lithotritie (Fig. 1). La vue 3D est optionnelle, maximisant la rapidité des mesures. Le résultat final comprend un tableau avec les volumes et durée prévisionnelle de lithotritie des segments visibles sur les différents plans de coupe (Fig. 2, Fig. 3).


Conclusion

Calculator est un outil gratuit fournissant les volumes et durées de lithotritie selon les paramètres choisis à partir de scanners abdominopelviens non injectés, aidant à la planification opératoire. Des études cliniques seront nécessaires pour adopter la mesure volumétrique des calculs comme référence.

Diminution du risque de sous-évaluer les cancers de prostate de risque intermédiaire par l’utilisation de biopsies ciblées et des données IRM chez des patients présentant une IRM positive
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 746


Objectifs

L’IRM multiparamétrique modifie notre façon d’évaluer le cancer de la prostate mais n’est actuellement pas prise en compte par la classification de d’Amico couramment utilisée. L’utilisation de l’imagerie permettrait notamment une meilleure gestion de la maladie de risque intermédiaire.


Méthodes

Nous avons sélectionné tous les patients (n =377) présentant un adénocarcinome prostatique de risque intermédiaire parmi une base de données incluant des hommes présentant une IRM positive ayant tous subi des biopsies systématiques (BS), ciblées (BC) (par fusion IRM/échographie 3D) et en suivant une prostatectomie totale (PT). Nous avons évalué la pertinence de la classification standard pour la maladie de risque intermédiaire (CSRI) et les facteurs prédictifs de maladie défavorable (MD) en vue d’une nouvelle classification. La maladie défavorable était définie par un pT3-4 et/ou pN1 et/ou ISUP≥3.


Résultats

La CSRI permettait de prédire la MD. Après des analyses multivariées, l’extension extracapsulaire (EEC) sur l’IRM et l’ISUP≥3 sur les BC étaient les 2 facteurs prédictifs indépendants de MD (HR=2,7, p =0,032, et HR=2,41, p =0,01, respectivement). L’utilisation d’une nouvelle classification pour la maladie de risque intermédiaire dans laquelle la maladie défavorable était définie par une EEC sur l’IRM et/ou un ISUP≥3 sur les BC, permettait de décroître la proportion de MD de 62,3 % à 34,1 % et de mieux prédire la MD sur les pièces de PT (Fig. 1). Ce nouveau modèle permettait plus de précision pour la prédiction de MD (AUC : 0,66 vs 0,55).


Conclusion

Chez les patients de risque intermédiaire avec une IRM positive, l’intégration de l’imagerie et des BC permettrait d’améliorer de façon importante les performances diagnostiques et de mieux identifier les maladies de risque défavorable.

Dysfonctions sexuelles des patients traités par orchidectomie, chimiothérapie et curage lombo-aortique, nécessité d’un suivi andrologique systématique ?
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 719


Objectifs

L’objectif est d’évaluer à long terme l’incidence des dysfonctions sexuelles des patients ayant bénéficié d’une orchidectomie, d’une chimiothérapie et d’un curage rétropéritonéal (O+CT+CRP) pour un cancer du testicule. Évaluer l’information pré-thérapeutique reçue par les différents intervenants rencontrés. Étudier l’impact des différents traitements sur leur sexualité, sur leur relation de couple et sur leur image corporelle.


Méthodes

En 2018, les patients traités dans deux centres hospitalo-universitaires par O+CT+CRP et considérés en rémission depuis plus de 18 mois ont été contactés. Les patients inclus répondaient à un questionnaire validé évaluant tous les aspects de leur sexualité : le Male Sexual Health Questionnaire (évaluant notamment l’érection, l’éjaculation, le désir, la satisfaction sexuelle, l’activité sexuelle). Les patients répondaient également à des questions complémentaires sur l’impact psychologique et sur la modification de leur sexualité depuis la prise en charge de leur cancer. Enfin des questions sur la modification de leur relation amoureuse et leur projet parental leur étaient également posées.


Résultats

Trente deux patients ont été traités. Soixante-dix pour cent des patients avaient été pris en charge pour une tumeur germinale non séminomateuse. L’âge moyen était de 36,4 ans±12,1 et la durée moyenne du suivi était de 59 mois±34. Une dysfonction sexuelle a été retrouvée chez 50 % des patients. Seuls 10 % des patients ont pu maintenir une activité sexuelle satisfaisante pendant leur traitement. Soixante-cinq pour cent des patients rapportent une modification de leur image corporelle.

Depuis la fin de leur traitement, 16 %, 21 % et 37 % des patients déclarent respectivement que le désir a fortement diminué, que les érections sont moins fortes, et qu’il persiste une anéjaculation. Enfin, près de 70 % d’entre eux auraient souhaité une consultation spécialisée d’andrologie avec des renseignements complémentaires au moment de leur prise en charge (Fig. 1, Fig. 2 et Tableau 1).


Conclusion

Ces patients présentent des dysfonctions sexuelles au long cours d’étiologies mixtes. Ils sont souvent jeunes et leur pronostic de survie est désormais bon grâce aux traitements multimodaux. Notre étude souligne un manque d’évaluation de la sexualité des patients par les différents praticiens. Ils pourraient bénéficier d’un nouveau parcours de soins intégrant une prise en charge précoce dans des réseaux onco-andrologiques.

Échographie moléculaire dans le cancer du rein : modèle pré-clinique de suivi des traitements anti-angiogéniques à partir de microbulles couplées au VEGFR1 et FSHR
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 647


Objectifs

Cette étude évalue le potentiel de l’échographie moléculaire utilisant des microbulles liées soit au VEGFR1 soit au FSHR pour prédire la réponse au sunitinib dans un modèle de cancer du rein à cellules claires.


Méthodes

Cette étude d’imagerie est basée sur un modèle murin de xénogreffe de tissu issu de patients. Les souris greffé avec du tissu de cancer du rein à cellules claires étaient randomisées en deux groupes : sunitinib ou contrôle. Les tumeurs étaient contrôlées en imagerie à j0, j7, j14 et j28 du traitement. Le rehaussement du signal échographique était quantifié sur la zone tumoral après injection de microbulles non ciblées puis de microbulles couplées aux anticorps anti-VEGR1 et FSHR (Fig. 1). Les résultats étaient comparés entre les deux groupes.


Résultats

Les caractéristiques des tumeurs et des cohortes sont résumées dans le Tableau 1. La croissance tumorale dans le groupe sunitinib était réduite de manière significative (0,012 vs. 0,037 ; p =0,0009). L’expression des deux marqueurs VEGFR1 et FSHR en échographie moléculaire était significativement réduite dans le groupe sunitinib sur les trois points de mesure post-traitement : j7, j14 et j28 (Tableau 2). Ces résultats confirment l’hypothèse de l’étude. Il n’y avait pas de différence significative entre les deux groupes pour le signal des microbulles non ciblées.


Conclusion

Cette étude démontre pour la première fois le potentiel des marqueurs VEGFR1 et FSHR en échographie moléculaire pour le suivi des carcinomes à cellules claires traitées par inhibiteurs de tyrosine kinase (TKI). Cette méthode d’imagerie peu invasive et simple d’utilisation pourrait permettre de choisir entre une association immunothérapie/TKI plutôt qu’une association de deux immunothérapies.

Effet protecteur d’un tablier de plomb sur l’exposition aux rayonnements ionisants pendant une urétéroscopie
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 750


Objectifs

L’urologue est exposé aux rayonnements lors de nombreuses interventions endo-urologiques. L’objet de cette étude était d’analyser la dose reçue par le praticien avec ou sans un tablier placé à l’extrémité de la table opératoire (Fig. 1). Ce tablier est composé d’une partie radio-transparente située sous le patient et du tablier en plomb de 0,5mm d’épaisseur (Promega, Medly, France).


Méthodes

Quarante patients consécutifs ont été inclus dans cette étude. Quatre mesures étaient réalisées par patient : à 20cm de l’extrémité de la table à deux hauteurs différentes : à 40cm et 100cm de haut, avec (TP) et sans tablier plombé (noTP). La table était positionnée à un 100cm de haut, la source des rayons à 40cm de haut (appareil Brivo Plus GE). Les mesures ont été réalisées avec un radiamètre (APVL, FH 40 G6 L10) en μSv/h. La comparaison des mesures de radiation aux deux niveaux a été analysée à l’aide d’un test de Wilcoxon apparié.


Résultats

La dose d’irradiation mesurée à 100cm et 40cm de haut avec (TP) et sans (noTP) figure sur la Fig. 2. À 40cm de haut, la dose reçue (μSv) était significativement moindre dans le groupe avec tablier (8,01±9,00 vs 224,55±174,5 ; p =0,000). À 100cm de haut, la dose reçue (μSv) était significativement moindre dans le groupe avec tablier (10,81±14,28 vs 32,50±39,65 ; p =0,000).


Conclusion

La mise en place d’un tablier de plomb à l’extrémité de la table opératoire diminue significativement la dose d’irradiation reçue par l’opérateur. Cet outil simple semble utile en complément des autres techniques visant à diminuer cette dose : port de tabliers, de lunettes plombées, utilisation rationnelle et à bon escient de l’appareil de radiologie.

Efficacité de la pose d’un stent urétral temporaire Allium BUS chez des patients présentant une sténose urétrale
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 725


Objectifs

La prise en charge de la sténose urétrale est complexe. La mise en place d’un stent urétral est simple, rapide et reproductible. L’objectif de cette étude était de montrer l’efficacité à long terme de la mise en place temporaire d’un stent urétral Allium BUS pour le traitement des sténoses urétrales.


Méthodes

Il s’agissait d’une étude observationnelle, rétrospective, monocentrique. Tous les patients ayant bénéficié d’un stent urétral Allium BUS de décembre 2011 à octobre 2017 étaient inclus. Le stent devait être laissé en place au minimum 6 mois puis enlevé soit au bloc soit en consultation. L’évaluation portait sur la nécessité d’une nouvelle intervention de cure de sténose urétrale.


Résultats

Au total, 30 patients d’âge médian 54,9 ans (de 31 à 87 ans)ont été inclus. Huit patients (27 %) avaient bénéficié d’une urétroplastie dans le cadre d’une réassignation sexuelle. La sténose intéressait l’urètre bulbaire pour 10 d’entre eux (33 %), l’urètre pénien pour 10 autres (33 %), l’urètre membraneux pour 9 (30 %), et l’anastomose urétro-vésicale pour 1 patient (4 %). La durée de vie moyenne du stent en place était de 3,6 mois (de 0 à 8, 1 mois). Dans les suites, 11 patients (37 %) ont nécessité une opération ultérieure. 8 ont eu besoin d’une urétroplastie (27 %), 2 ont eu besoin d’une urétrotomie (7 %), 3 ont bénéficié d’une nouvelle pose de stent (10 %). Après l’ablation du stent, 5 patients réalisent des auto-dilatations (17 %). La durée moyenne de suivi est de 7,2 ans (Fig. 1 et Tableau 1).


Conclusion

Les stents urétraux offrent une alternative simple et reproductible à la chirurgie complexe de la sténose urétrale. Des études prospectives sont requises pour définir la place des stents urétraux dans l’arsenal thérapeutique de la sténose urétrale.

Embolisation artérielle prostatique dans l’hyperplasie bénigne de prostate : une évaluation rétrospective de l’efficacité et de la morbidité précoce
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 716-717


Objectifs

L’embolisation artérielle prostatique (EAP) pourrait être une alternative thérapeutique dans la prise en charge des symptômes du bas appareil urinaire (SBAU) secondaires à une hypertrophie bénigne de prostate (HBP). Depuis janvier 2016, l’EAP est disponible dans notre centre, en collaboration avec le service de radiologie interventionnelle. L’objectif de cette étude était de rapporter nos premiers résultats sur l’efficacité et la morbidité précoce de l’EAP.


Méthodes

Étude rétrospective incluant toutes les EAP réalisées dans notre centre de janvier 2016 à décembre 2018. Les indications d’EAP étaient les SBAU modérés à sévère en alternative à un traitement chirurgical en considérant 2 sous-groupes : techniques chirurgicales conventionnelles contre-indiquées ou refusées par le patient (groupe A), soit les échecs de sevrage de sonde urinaire à demeure (SAD) (groupe B). L’EAP était réalisée selon une technique habituelle et l’instrumentation utilisée était à la discrétion du radiologue. Le critère de jugement principal était l’amélioration de l’IPSS à 3 mois post-interventionnel dans le groupe A et le succès du sevrage de la SAD dans le groupe B.


Résultats

Entre janvier 2016 et décembre 2018, 23 EAP consécutives ont été inclues : 15 pour SBAU invalidants (groupe A) et 8 pour échec de sevrage de SAD (groupe B). Dans les groupes A et B, l’âge médian était de 72 (54–90) vs 78 (70–93) ans (p =0,01), le score de Charlson médian à 3 (1–11) vs 5 (3–10) (p =0,01) et la prévalence d’un traitement anti-thrombotique était de 40 % vs 50 % (p =0,68). Le volume prostatique médian était de 70 (35–170) vs 94 (70–285) cm3 (p =0,04). Dans le groupe A, le score IPSS médian préopératoire était de 23,5 (9–28). Le succès technique était de 100 %. À 3 mois post-interventionnel, il existait une diminution significative du score IPPS (13 vs 23,5, p =0,02) et la SAD a pu être sevrée chez 4 patients (50 %). Il n’y avait pas d’évènements indésirable Clavien 3. Trois cas (12 %) de prostatite et trois cas (12 %) d’hématurie ont été rapportés.


Conclusion

L’EAP semble être une alternative efficace aux techniques chirurgicales conventionnelles de l’HBP. Dans notre centre, les indications étaient essentiellement limitées à des patients nécessitant le maintien d’un traitement anti-thrombotique en période peropératoire ou refusant la chirurgie. Les principaux avantages de l’EAP sont l’absence de recours à une anesthésie générale et une morbidité associée faible.

Entérocystoplastie d’agrandissement robot-assistée intra-corporelle chez une patiente suivie pour une cystite interstitielle réfractaire
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 774-775


Objectif

Description de la technique de la cystectomie sus trigonale avec entérocystoplastie d’agrandissement intra-corporelle robot-assistée en utilisant le vert d’Indocyanine et le système Firefly® pour évaluer la perfusion du greffon iléale.


Méthodes

Il s’agit d’une femme de 71 ans présentant une cystite interstitielle réfractaire aux traitements médicaux, aux antécédents d’une promontofixation pour un prolapsus urogénital. Les principales étapes de la procédure ont été : l’ablation des prothèses de promontofixation, l’ouverture du péritoine et la libération de la vessie suivie de la réalisation d’une cystectomie sus trigonale. Un prélèvement de 45cm d’un segment iléal en utilisant le système Firefly® pour préserver une vascularisation satisfaisante. Le rétablissement de la continuité digestive était réalisé par une anastomose mécanique latéro-latérale intra-corporelle. Enfin la confection de la néovessie était réalisée avec le greffon iléal détubulisé et organisé en W.


Résultats

L’utilisation du vert d’Indocyanine et le système Firefly® a permis la réalisation de l’ensemble de la procédure en intra-corporelle. La durée opératoire a été de 180minutes. Les pertes sanguines ont été négligeables. Les sondes urétérales et la sonde vésicale ont été retirées à J5 et J7 respectivement. La sortie a été autorisée à J+7.


Conclusion

L’entérocysplastie d’agrandissement robot-assistée permet d’améliorer la capacité et la compliance vésicale réduisant ainsi les douleurs liées à la Cystite interstitielle. La laparoscopie Robot-assistée avec utilisation du Firefly® pour évaluer la perfusion du greffon iléale permet de réduire significativement la durée de la procédure, l’iléus post-opératoire, et un retour à domicile précoce.

Entérocystoplastie robotisée intra-corporelle en Y modifée pour carcinome urothélial infiltrant chez une patiente porteuse d’une duplicité urétérale
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 781


Objectif

Effectuer une standardisation de la technique chirurgicale robotique intra-corporelle de remplacement vésical.


Méthodes

Il s’agit d’une patiente âgée de 62 ans, ASA 1, aux antécédents de grossesse extra utérine et d’appendicectomie ; porteuse d’une duplicité urétérale droite et ayant bénéficiée d’une chimiothérapie néo-adjuvante et d’une pelvectomie antérieure par système robotisé Xi pour tumeur T2G3 vésicale. Le but est de préciser les évolutions techniques développées dans notre centre afin de diminuer les sources de complications et le temps de séjour.


Résultats

L’iléon est choisi à 20cm de la valvule iléo cæcale. Réalisation de l’anastomose urétro-néo-vésicale par surjet sur sonde BAZY CH22. Determination de la longueur nécessaire du greffon (environ 40cm) et section du méso par système robotique endo GIA 45. Rétablissement de la continuité digestive. Apres la détubulisation, nous réalisons le greffon par surjet de fils crantés en Y. Les anastomoses urétéro-néovésicales sont protégées par des sondes JJ (ch7/26). Le test d’étanchéité est réalisé. Drainage par lame. Temps d’intervention 2H, soit un temps total de la pelvectomie avec remplacement de 3H30.saignement 200ml. L’alimentation parentérale est en cours dès le premier jour avec reprise de la boisson à J1, retrait de la lame à J5 et cystographie (étanche à J10), sortie J14 sans complications majeures et fonction rénale normale. Retrait sonde JJ M2 programmé.


Conclusion

Nous pouvons constater que cette technique est faisable, codifiée, reproductible et source d’une durée d’hospitalisation courte comparable à la chirurgie ouverte qui est le gold standard. Cette activité doit être réservée à des centres expérimentés à haut volume d’activité de chirurgie majeure robotique.

Épidémiologie des cancers prostatiques en Guyane française
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 764


Objectifs

La population guyanaise compte 280 000 habitants environ dont 66 % de noirs/créoles et 12 % de métropolitains ; les autres populations sont variées. Si l’épidémiologie du cancer prostatique aux Antilles est bien connu (incidence standardisée de 193°/°°°° versus 98°/°°°° en métropole), la situation en Guyane Française n’est pas encore bien documentée. Nous rapportons les Résultats épidémiologiques colligés par l’organisme « Santé Publique France ».


Méthodes

Les données épidémiologiques guyanaises présentées proviennent des estimations régionales et départementales d’incidence et de mortalité par cancers en France entre 2007 et 2016. Les données de mortalité proviennent du Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès (CépiDc) et couvrent la période 2007–2014 et les données d’incidence proviennent des registres de cancers, pour la même période.


Résultats

En Guyane, il n’est pas observé de sur- ou sous-incidence du cancer de la prostate (CaP) par rapport au niveau de la Métropole (SIR : 1,04 [0,94–1,15]). Le taux d’incidence standardisé sur la population mondiale est de 94,4/100 000 personnes-année, soit en moyenne 78 nouveaux cas observés chaque année sur la période 2010–2014. Il représente 17 % des cas de cancers incidents en Guyane et 32 % chez l’homme. Le CaP semble moins fréquent en Guyane qu’aux Antilles. Une sur-mortalité significative par CaP est en revanche observée en Guyane par rapport à l’Hexagone (SMR : 1,70 [1,38–2,07]). Sur la même période, le nombre annuel de décès par CaP observés est en moyenne de 12, c.-à-d. un taux de mortalité standardisé de 16,9/100 000 personnes-année. Ce taux est plus faible que celui observé aux Antilles.


Conclusion

Aucune raison n’explique que la population noire guyanaise soit différente à ce point de la même population étudiée aux Antilles même si les facteurs de risque environnementaux sont moindres et la population plus hétérogène. Le décalage entre les rapports standardisés d’incidence et de mortalité en Guyane pose la question d’un diagnostic trop tardif et/ou d’un défaut d’information aux populations cibles.

Épidémiologie des fistules vésicovaginales opérées en France dans la dernière décennie issue de l’analyse de la base PMSI
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 723


Objectifs

Une fistule vésicovaginale (FVV) est une communication congénitale ou acquise entre vessie et vagin. Dans les pays pauvres elles sont fréquentes, acquises et obstétricales. Dans les pays riches, elles sont rares, souvent iatrogènes et responsables d’un fort taux de recours médico-légal. En France leur épidémiologie actuelle est mal connue. L’objectif de cette étude était de décrire et d’analyser l’incidence contemporaine des FVV en France.


Méthodes

Étude rétrospective, de janvier 2010 à décembre 2017 par extraction des données de la base française du Programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI). Une extraction des séjours des femmes opérées entre 2010 et 2017 d’une fistule vésicovaginale à partir des codes JDSC024-006-002 (fermeture FVV acquise par cœlioscopie, abord vaginal ou laparotomie) a été menée. Nous avons ensuite étudié en chainant les séjours de chaque patiente opérée en 2017 les diagnostics et actes associés survenus durant les 7 années précédant leur intervention afin de déterminer l’étiologie de la FVV et le cheminement jusqu’à la chirurgie.


Résultats

Sur la période étudiée parmi 196 947 995 séjours pour 50 243 847 assurés, 2262 patientes d’âge moyen 58,2 ans ont eu 2699 interventions pour FVV par laparotomie (1083), voie vaginale (1037) ou cœlioscopie (579). Le nombre annuel d’interventions pour FVV était stable (303 à 377 par an) et la répartition géographique brute inhomogène (12,29/100 000/an Limousin - 6,2/100 000/an Corse). Parmi les patientes opérées en 2017 (275), les étiologies étaient une hystérectomie (123 patientes - 44,7 %), une chirurgie de statique pelvienne (44 patientes - 16 %), une complication obstétricale (29 patientes - 10,5 %) ou diverses chirurgies (25 patientes – 9 %). Pour 54 patientes (19,6 %), aucune cause n’était retrouvée. Une analyse complémentaire des délais entre survenue de la FVV et chirurgie et une recherche d’évènements non chirurgicaux tels qu’une radiothérapie est en cours.


Conclusion

En France, 270 à 350 patientes/an sont opérées de FVV majoritairement iatrogène post-chirurgicale. Ces données uniques pour la France sont comparables aux données Britanniques. L’analyse du délai avant chirurgie, du nombre d’intervention/patiente (taux d’échec) et de leurs liens avec l’étiologie ou le lieu d’intervention est en cours dans le but d’améliorer la prévention et le traitement des FVV.

Épidémiologie du cancer de la prostate résistant à la castration et métastatique : données françaises à partir du SNDS
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 699


Objectifs

Le cancer de la prostate est le 1er cancer chez l’homme. Il peut évoluer vers un stade métastatique et résistant à la castration (mCRPC). Très peu de données épidémiologiques sont disponibles sur le mCRPC. La base du Système national des données de santé (SNDS) couvrant l’ensemble de la population française offre les informations médicales individuelles nécessaires pour estimer la prévalence et l’incidence du mCRPC.


Méthodes

Un algorithme visant à identifier les patients ayant un mCRPC en 2014 parmi les hommes de plus de 40 ans affiliés au régime général, a été développé, validé et appliqué dans le SNDS sur la période 2009–2016. La date de résistance à la castration et la date de première prise en charge des métastases ont été estimées en se basant sur les actes médicaux (prostatectomie, radiothérapie, etc.), les diagnostics hospitaliers, la réalisation d’examen médicaux, et les dispensations et administration de médicaments capturés dans le SNDS (hormonothérapie classique et de nouvelle génération, chimiothérapie, etc.). Les résultats ont été extrapolés à l’ensemble de la population française.


Résultats

En 2014, le nombre estimé de cas prévalents de cancer de la prostate était de 488 618 dont 36 590 métastatiques (7,5 %) et 24 096 résistants à la castration (4,9 %), pour un total de 16 423 mCRPC (3,4 %). Dans 52 % des cas, la résistance à la castration et la prise en charge des métastases ont été détectées dans un intervalle de 4 mois. Les métastases ont précédé de plus de 4 mois la résistance à la castration dans 30 % des cas. Les mCRPC incidents étaient 5561 en 2014. Au 31/12/2014, la prévalence partielle à 5 ans du cancer de la prostate était de 185 322 et de 3596 chez les mCRPC.


Conclusion

La richesse des données du SNDS a permis la mise en œuvre d’un algorithme complexe capable d’identifier les patients mCRPC et d’actualiser les données épidémiologiques associées.

Estimation des survies globale, spécifique et sans métastase des patients avec un score de Gleason 6 sur la pièce opératoire dans une population d’ascendance africaine
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 743


Objectifs

Plusieurs études en population caucasienne ont montré que les cancers de prostate Gleason 6 avaient un risque de métastase faible voir nul. Il existe peu de données dans les populations dites « à risque » d’ascendance africaine. L’objectif de cette étude est d’estimer les survie globale (SG), spécifique (SS) et sans métastase (SSM) des patients avec un score de Gleason 6 sur la pièce opératoire.


Méthodes

Étude monocentrique rétrospective qui inclut 723 patients consécutifs traités par prostatectomie radicale entre le 01/01/2000 et le 31/03/2018 avec un score de Gleason 6 sur la pièce opératoire. La SS est définie comme le temps écoulé entre la chirurgie et le décès attribué au cancer de la prostate. La SG est définie comme le temps écoulé entre la chirurgie et le décès toutes causes confondues. Les causes de décès ont été vérifiées dans les dossiers médicaux. Des analyses de survie sans récidive biologique et sans traitement de rattrapage ont été réalisées selon Kaplan–Meier. Le modèle de Cox fut utilisé pour les analyses uni et multivariées.


Résultats

Au total, 691 patients ont été retenus car 32 ont été exclus pour données manquantes. La SG à 5 et 10 ans est respectivement de 94,2 % et 87,1 %. Les SS et SSM sont de 100 % avec un délai médian de suivi de 8,5 années. Le taux de récidive biologique (RB) est de 16,5 % avec un délai médian de RB de 5,1 années. Le taux de traitement de rattrapage (TTR) après chirurgie est de 13,0 % avec un délai médian entre la chirurgie et le TTR de 7,3 années. En analyse univariée, le PSA, le stade pathologie, l’invasion des vésicules séminales, les marges positives et la réalisation d’un curage ganglionnaire sont associées significativement à une augmentation du risque de RB et de TTR. En multivariée, le PSA et les marges positives sont statistiquement significatives.


Conclusion

Notre étude confirme le potentiel négligeable de métastases et de décès liés au cancer de la prostate avec un score de Gleason 6 sur la pièce opératoire y compris dans une population dite « à risque » d’ascendance africaine.

Étude COMBOREIN : évaluation ex vivo de la réponse de carcinomes rénaux à cellules claires à des thérapies ciblées pour une médecine de précision
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 645


Objectifs

Le taux de réponse aux thérapies ciblées, traitement de première intention dans le carcinome rénal à cellules claires (CRCC) métastatique, est variable selon les patients et il n’existe aucun dispositif permettant d’évaluer la sensibilité d’un patient aux traitements avant administration. L’objectif de cette étude était d’évaluer les performances de la culture organotypique de coupes tumorales pour déterminer l’efficacité des thérapies ciblées sur le CRCC ex vivo.


Méthodes

Étude prospective, monocentrique, descriptive, non contrôlée, en ouvert. Les patients opérés d’une néphrectomie pour tumeur du rein localisée étaient inclus. Deux fragments tumoraux étaient prélevés sur la pièce opératoire sans compromettre l’analyse histologique. Des coupes tumorales étaient réalisées à partir de ces fragments et mises en cultures pendant deux jours dans un milieu contenant des thérapies ciblées utilisées dans le traitement du CRCC (SUNITINIB, PAZOPANIB et TEMSIROLIMUS) ou un témoin négatif (DMSO). La proportion de cellules mortes après traitement était déterminée par une analyse de viabilité. Les données cliniques des patients étaient collectées prospectivement. Les tumeurs d’anatomopathologie différente du CRCC étaient exclues des analyses.


Résultats

Trente coupes issues de 18 patients ont été analysées. La différence de mortalité cellulaire entre les coupes traitées par SUNITINIB et celles traitées par DMSO était significative (différence de moyenne 28,4 %, IC95 % [17,1–39,7] p <0,0001), ainsi qu’entre les coupes traitées par TEMSIROLIUMS ou PAZOPANIB et DMSO (différence de moyenne de 15,7 %, IC95 % [4,6–27,8] p =0,006 et 11,9 %, IC95 % [2,2–21,6] p =0,01, respectivement). Le SUNITINIB était le traitement le plus efficace pour 20 coupes (66 %). Pour 13 patients (72 %) plusieurs analyses de viabilité étaient réalisées sur des coupes prélevées à des sites différents de la tumeur. Pour 8/13 patients (61,5 %), le traitement le plus efficace variait entre les différentes analyses, traduisant l’hétérogénéité intratumorale.


Conclusion

La culture organotypique de coupes tumorales de CRCC permet d’apprécier l’efficacité des thérapies ciblées sur les tumeurs ex vivo. Il est nécessaire de tester l’efficacité d’un même traitement sur plusieurs coupes différentes pour appréhender l’hétérogénéité intratumorale. Des études supplémentaires sont requises avant l’utilisation de ce modèle comme outil de prédiction de la sensibilité d’un patient aux thérapies ciblées.

Étude de l’impact clinique des variations de copies de gènes identifiées pour un panel de gènes d’intérêt par droplet digital PCR chez des patients traités par thérapie ciblée pour un cancer du rein métastatique
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 643-644


Objectifs

L’intérêt clinique des variations de copies de gènes (CNVs) présentes dans le tissu tumoral primitif (TP) du cancer rénal métastatique (CRM) reste à déterminer. De même les différences de CNV retrouvées entre le tissu TP et le tissu métastatique ont été peu explorées. Les objectifs de cette étude étaient d’évaluer l’impact clinique des CNVs présentes dans le TP, et de comparer les CNV identifiées dans le TP à celles retrouvées dans le TM chez les mêmes patients.


Méthodes

Une étude rétrospective monocentrique a inclus tous les patients traités par thérapie ciblée (TC) pour un CRM entre 2007 et 2018. L’analyse génétique était réalisée sur des TP et TM inclus en paraffine issus de CRM à cellules claires, via Droplet Digital™PCR (ddPCR) sur un panel de 6 gènes d’intérêt sélectionnés selon les données de la littérature. Les données cliniques, biologiques, histologiques et les survies globales (SG) et sans progression (SSP) ont été évaluées en fonction des CNVs identifiées dans le TP. Les CNV identifiées dans le TM ont été comparées à celles identifiées dans le TP.


Résultats

Soixante-treize patients ont été inclus. L’âge médian était de 62 ans pour un suivi médian de 29 mois à partir de la première ligne de TC. Le taux de CNVs au sein du TP était de 29 % dont 61 % de délétions. Les amplifications de MET étaient plus fréquemment associées à des tumeurs de haut grade (82 % contre 52 % ; p =0,04) et à un envahissement ganglionnaire (36 % contre 4 % ; p =0,001). Les amplifications de 2p12 étaient associées à un stade tumoral supérieur (70 % contre 40 % ; p =0,02) et à un envahissement ganglionnaire plus fréquent (30 % contre 7 % ; p =0,02). Les délétions d’ALDOB étaient associées à une moins bonne SSP (3 contre 9 mois ; p =0,04). Enfin, les taux de CNVs étaient respectivement de 22 et 28 % dans le TP et le TM, dont 59 % et 60 % de délétions (Fig. 1, Fig. 2, Fig. 3).


Conclusion

Ces résultats au sein d’une cohorte homogène de CRM ont montré une potentielle association entre certaines CNVs et des facteurs pronostiques clinicobiologiques ainsi que la SSP, particulièrement MET, 2p12 et ALDOB. On note aussi une tendance à l’augmentation de la fréquence des CNVs au sein du TM.

Étude de survie des ballonnets ACT/proACT : un nouveau message pour les patients
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 705-706


Objectifs

Durant les dix dernières années, plusieurs études ont évalué l’efficacité des ballonnets ACT/proACT, l’impact sur la qualité de vie et la sécurité du dispositif.

Le but de notre étude était de déterminer la durée d’efficacité des ballonnets une fois la continence obtenue, et de chercher des facteurs influençant cette dernière.


Méthodes

Étude de survie rétrospective, monocentrique, menée auprès des patients ayant eu une implantation de ballonnets ACT/proACT entre 2007 et 2014. La date de point était le 28/02/2019. L’efficacité a été définie par le port de 0 ou 1 protection de sécurité. Le critère de jugement principal était la durée d’efficacité des ballonnets représentée par leur demi-vie calculée à partir d’une courbe de survie (Kaplan–Meyer).

Les critères de jugement secondaires étaient les facteurs pouvant influencer la survie : le sexe, la radiothérapie, le diabète, le nombre de regonflage, l’importance de l’incontinence urinaire initiale et l’incontinence urinaire mixte. Ces facteurs ont été évalués par une analyse multivariée.


Résultats

Sur 82 ballonnets posés, 50 % ont été efficaces. Le délai médian pour obtenir la continence était de 4,6 mois [0–43,7] avec une médiane de 2 regonflages [0–9]. Parmi les 41 ballonnets efficaces, 15 l’étaient toujours sans réintervention à la date de point, un a été perdu de vue et 25 ont nécessité une réintervention pour perte d’efficacité. Les données épidémiologiques sont résumées dans le Tableau 1. La demi-vie des ballonnets était de 60 mois (Fig. 1). La principale cause de perte d’efficacité était la fuite sur le système. Cinquante-deux pour cent des ballonnets devenus inefficaces ont été remplacés par de nouveaux ballonnets, 28 % par un sphincter urinaire artificiel (Tableau 2). Concernant les critères de jugements secondaires, seule la radiothérapie semble significativement diminuer la survie (p <0,047 ; régression de Cox).


Conclusion

Cette étude permet de compléter l’information délivrée aux patients en consultation sur les ballonnets avant que ceux-ci ne choisissent leur traitement de l’incontinence urinaire. En effet elle permet de dire au patient qu’une fois la continence obtenue, 50 % des ballonnets auront nécessité une réintervention au bout de 5 ans a fortiori en cas de radiothérapie préalable.

Étude Français-Water : vidéo description d’une procédure standard d’aquablation
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 773


Objectif

L’aquablation est une nouvelle technique chirurgicale ablative de l’obstruction prostatique combinant guidage par image échographique et assistance robotique permettant la résection ciblée de l’adénome à l’aide d’un jet d’eau haute pression. L’objectif de cette vidéo est de décrire l’intervention d’aquablation étape par étape.


Méthodes

Le matériel utilisé est le suivant : une console de programmation, un système de gestion de l’eau haute pression, une pièce à main (usage unique), un appareil d’échographie et sa sonde endo-rectale, une colonne vidéo et sa source de lumière froide.


Résultats

Le patient est placé en position de lithotomie, sous anesthésie générale ou rachianesthésie. La pièce à main (22F) est insérée sous contrôle de la vue dans l’urètre prostatique. Sous guidage échographique en temps réel, le chirurgien peut définir le contour de résection. Les limites de la résection sont automatiquement suggérées par l’ordinateur, mais dépendent de la décision du chirurgien de maintenir, d’étendre ou de réduire la zone de résection. Le tissu prostatique est alors réséqué à l’aide d’un jet d’eau à haute pression pouvant se déplacer d’un côté à l’autre (220°), du col de la vessie à la partie apicale de la prostate. L’hémostase a été réalisée à l’aide d’une sonde de Foley dont le ballon est positionné au col de la vessie avec une traction pendant 4heures.


Conclusion

La technique aquabeam fait partie des options chirurgicale du traitement de l’adénome de la prostate (AUA19) avec des résultats identiques à la RTUP à court terme. Elle reste toutefois en évaluation en raison de l’absence de résultat à long terme. Les patients doivent donc être prévenus du risque de récidive.

Évaluation de la fonction sexuelle des femmes atteintes d’un spina bifida
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 717


Objectifs

Le spina bifida est une anomalie de fermeture du tube neural au cours de l’embryogenèse. Cette malformation engendre des troubles de la motricité, de la sensibilité, des troubles vésico-sphinctériens, ano-rectaux et génito-sexuels. Les données sur l’atteinte sexuelle des femmes spina bifida sont rares. L’objectif de cette étude était d’évaluer les dysfonctions sexuelles chez des femmes atteintes d’un spina bifida et rechercher les facteurs associés à ces dysfonctions.


Méthodes

Les données de tous les patients spina bifida consultant dans un centre pluridisciplinaire entre 2007 et 2019 ont été colligées prospectivement. Tous les patients avaient initialement une évaluation pluridisciplinaire comprenant une évaluation urologique, proctologique, sexuelle, sociale et de médecine physique et rééducation. La fonction sexuelle était évaluée à l’aide d’un auto-questionnaire (FSFI : Female Sexual Function Index ; score allant de 2 à 36). L’étude a inclus les femmes âgées de plus de 18 ans atteintes d’un spina bifida, capables de lire et comprendre le questionnaire et ayant donné leur consentement.


Résultats

Sur les 322 femmes atteintes d’un spina bifida ayant consulté sur la période d’étude, 146 ont répondu au questionnaire de dysfonction sexuelle féminine (FSFI=Female Sexual Function Index). Un score FSFI inférieur ou égal à 26,55 est admis comme indiquant une dysfonction sexuelle. La prévalence de la dysfonction sexuelle dans cette population était de 100 %. Ni l’âge (p =0,54), ni le mode mictionnel (p =0,36), ni le type de dysraphisme (ouvert vs fermé ; p =0,33), ni le statut locomoteur (marche vs fauteuil ; p =0,33) n’étaient significativement associés au FSFI. Les patientes nullipares avaient un FSFI plus bas que les patientes ayant des enfants (8,6 vs 10,9 ; p =0,01), les patientes célibataires avaient un FSFI plus faible que les patientes mariées (7,2 vs 10,7 ; p =0,0007) et divorcées (7,2 vs 10,3 ; p =0,03) (Fig. 1).


Conclusion

La prévalence de la dysfonction sexuelle était de 100 % dans cette cohorte de patientes spina bifida. Les patientes célibataires et/ou nullipares avaient une dysfonction sexuelle plus sévère sans que le lien de causalité puisse être déterminé en raison du caractère transversal de l’étude.

Évaluation de la morbidité dans le cancer de la prostate localisé des patients porteurs d’une hémophile de type A, de type B ou d’une maladie de von Willebrand
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 764-765


Objectifs

Il n’existe, jusqu’à présent, aucune étude évaluant la prise en charge du cancer de la prostate localisé chez le patient ayant une hémophilie innée ou une maladie de von Willebrand. L’objectif de cette étude est d’évaluer la morbidité de la prise en charge diagnostique et thérapeutique dans cette population.


Méthodes

Entre 2002 et 2019, 35 séries de biopsies de prostate (BP) ont été réalisées chez 26 patients atteints d’une hémophile de type A (HA), de type B (HB) ou d’une maladie de von Willebrand (VW). Les patients hémophiles étaient classés en sévère (facteur VIII ou IX 30 %). Dix-sept thérapies radicales (TR) ont été réalisées dont 15 prostatectomies radicales (PR), 1 curiethérapie et 1 radiothérapie. Tous les patients (sauf 1 série de BP) ont été supplémentés en facteur de coagulation. Nous avons évalué la morbidité per- et postopératoire de ces gestes.


Résultats

Parmi les 35 BP, 27 étaient atteints d’HA (1 sévère, 17 modérées et 9 mineures), 1 HB modérée et 7 VW. En moyenne, 12,4 BP (6–21) étaient réalisées et les patients restaient hospitalisés 3,5jours après le geste (0–9). À noter un épisode de déglobulisation sur rectorragie nécessitant une transfusion. Aucun des patients n’a été ré-hospitalisé. Concernant les TR, les patients étaient âgés en moyenne de 65,2 ans (47–74). Quinze étaient HA (1 sévère, 7 modérées, 7 mineures) et 2 VW. Concernant les PR : les durées opératoires et d’hospitalisation étaient respectivement de 216minutes (138–333) et 10.5jours (5–29) ; 1 cœlio-conversion pour hémorragie ; 4 ré-hospitalisations pour hémorragie (1 hématome et 3 caillotages) et 2 transfusions (Clavien : II-4 ; IIIb-2). Des symptômes de cystite radique sont apparus à 3 ans post-radiothérapie.


Conclusion

La réalisation de BP chez le patient hémophile supplémenté en facteur de coagulation, est un geste qui ne se complique pas lorsque bien encadré. Il semble exister un sur-risque hémorragique notamment d’hématurie macroscopique caillotante à l’ablation de la sonde à demeure post-PR. La RCE ne semble pas indiqué dans cette population, à sur-risque hémorragique en cas de cystite radique.

Évaluation de la pertinence du scoring de la conservation des bandelettes neurovasculaires par l’urologue au cours de la prostatectomie totale
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 657-659


Objectifs

Évaluer si la graduation de la conservation des bandelettes neurovasculaires (BNV) par l’urologue correspond aux observations histologiques.


Méthodes

Trois cent trente-sept patients ayant eu une prostatectomie totale (PT) par laparotomie ou par voie cœlioscopique robot-assistée pour un adénocarcinome prostatique localisé ont été inclus dans étude monocentrique de mars 2017 à 2019.

Le chirurgien estimait la qualité de la conservation des BNV selon un score allant de 0 (pas satisfait) à 5 (satisfait).

Puis, un anatomopathologiste dédié mesurait la profondeur et la longueur des BNV restantes sur la pièce de PT.

Enfin, une évaluation fonctionnelle était réalisée en pré- et postopératoire (6 semaines, 3 mois, 6 mois) avec des auto-questionnaires validés (IIEF5, score ICIQ et USP) afin de corréler les Résultats fonctionnels à la qualité de la conservation.


Résultats

Quatre-vingt-treize patients ont été inclus, avec un suivi médian de 6 mois. Les caractéristiques des patients sont rapportées dans le Tableau 1.

La Fig. 1 montre l’association entre la graduation préopératoire de la conservation des BNV par le chirurgien avec la mesure histologique des BNV sur les pièces de PT. On retrouve une association significative entre l’estimation préopératoire de l’urologue et l’observation histologique (p <0,0001). Pour une conservation de grade 4–5, la longueur de BNV moyenne est de 7,47mm et la profondeur de 2,50mm. Pour une conservation quasiment nulle (grade 0–1), les mesures sont respectivement 7,37mm et 1,78mm (p <0,001). La Fig. 2 compare la surface de BNV (mm2) laissées sur les pièces de PT avec les résultats fonctionnels pré- et postopératoires (3 mois).


Conclusion

La conservation des BNV est un facteur subjectif car il dépend de l’estimation préopératoire du chirurgien. La longueur des BNV restantes est corrélée avec le grade de conservation nerveuse estimé par le chirurgien. Concernant les données fonctionnelles un suivi plus prolongé est nécessaire, la récupération érectile est progressive et souvent supérieure à 3 mois.

Évaluation de la prise en charge thérapeutique de première ligne des symptômes du bas appareil urinaire liés à une hyperplasie bénigne de la prostate (SBAU/HBP). Résultats d’une analyse intermédiaire
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 711-712


Objectifs

Menée chez des médecins généralistes (MG), l’objectif de l’étude est l’évaluation en pratique courante de l’efficacité/tolérance des traitements de première intention des symptômes modérés et sévères du bas appareil urinaire liés à une HBP. La satisfaction et la perception du patient sont également considérées.


Méthodes

Une étude française, longitudinale, prospective sur 6 mois (3 visites) a inclus des patients (≥40 ans, IPSS ≥12) pour lesquels un traitement alpha bloquant (AB) ou extraits de plantes (EP) est initié en monothérapie en 1re ligne. Chaque MG a inclus 2 patients sous AB, 2 sous EP. Le critère principal est le pourcentage de patients avec une diminution du score IPSS ≥3 points à 6 mois; les critères secondaires: le pourcentage de patients avec une amélioration du score IPSS ≥5 ou ≥30 %, la qualité de vie, la satisfaction globale, l’évolution ressentie par le patient et la tolérance.


Résultats

Deux cent dix-sept MG ont inclus 835 patients, traités par AB (47,3/24,5/22,6/5,4/0,3 % de silodosine/tamsulosine/alfuzosine/doxazosine/terazosine respectivement) ou EP (96,5/1,3 % d’extrait hexanique/CO2SC de Serenoa repens, 1,6 % Pygeum africanum). Les résultats d’une analyse intermédiaire (312 patients suivis à 3 mois, 65,9 ans, IPSS total 18,8) montrent une efficacité similaire des traitements AB et EP. Le score IPSS total a diminué de −7,0±4,5 sous AB et de −6,9±4,1 sous EP. Une amélioration ≥3 points était observée chez 85,8 % sous AB et 89,4 % sous EP respectivement. Le taux de patients ennuyés par leurs symptômes urinaires est passé de 91,9/85,1 % à 17,4/22,4 % dans les bras AB/EP respectivement. Parmi les patients sous AB/EP, 87,9/93,4 % rapportent être satisfaits de leur traitement. Au global, 26 patients (3,1 %) ont présenté au moins un évènement indésirable (4,0/2,1 % sous AB/EP).


Conclusion

Cette analyse intermédiaire confirme en pratique courante l’efficacité des traitements des SBAU liés à l’HBP de première intention aussi bien par AB que par EP. Les bénéfices des traitements, comparables entre AB et EP, semblent confortés par l’amélioration de la qualité de vie, la satisfaction des patients ainsi que leur profil de tolérance (en faveur des traitements EP).

Évaluation de la satisfaction des patients pris en charge dans le protocole de réhabilitation améliorée après chirurgie (RAAC) en urologie à l’aide d’un questionnaire validé « EVAN-G »
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 689


Objectifs

La réhabilitation améliorée après chirurgie (RAAC) permet d’optimiser la prise en charge périopératoire des patients, avec un impact significatif sur les complications postopératoires et la durée moyenne de séjour (DMS). L’objectif de cette étude était d’évaluer le ressenti et la satisfaction des patients opérés et pris en charge dans le cadre d’un protocole RAAC dans notre centre.


Méthodes

Au total, 523 patients consécutifs ont été inclus dans notre protocole RAAC entre janvier 2016 et avril 2019. Nous avons proposé aux patients une évaluation prospective par le questionnaire validé EVAN-G qui comporte 26 items et évalue la satisfaction des patients selon 6 « dimensions »: attention portée, information, intimité, douleur, inconfort et délais d’attente. La moyenne de ces scores permet ensuite de déterminer un score de satisfaction globale sur 100 points. Au total, 122 patients (23,3 %) ont répondu au questionnaire, parmi lesquels 83 patients opérés d’une prostatectomie totale et 39 d’une néphrectomie partielle (par voie robot-assistée).


Résultats

Le score global moyen EVAN-G était de 78,9 [écart-type 14,6]. Le sous-score moyen regroupant les items portant sur l’information préopératoire était de 76,4 [19,1]; ainsi, 97,4 % des patients ont répondu avoir reçu l’information nécessaire et avoir été rassuré avant l’intervention (autant qu’attendu: 26,0 %, un peu mieux qu’attendu: 31,2 %, ou beaucoup mieux qu’attendu: 40,2 %). Concernant la gestion de la douleur postopératoire, le sous-score moyen était de 80,5 [15,8]; 87,0 % des patients ont répondu avoir été soulagé (autant qu’attendu: 33,8 %, un peu mieux qu’attendu: 18,2 %, ou beaucoup mieux qu’attendu: 35,0 %). Enfin, concernant la gestion des nausées et vomissements postopératoires, le sous-score moyen était de 73,5 [17,9]; 81,8 % des patients ont déclaré avoir eu peu (27,3 %) ou pas du tout (54,5 %) de nausées/vomissements.


Conclusion

Dans notre série, la réduction du taux de complications et de la DMS liée à la RAAC ne se fait pas au détriment de la satisfaction du patient qui reste élevée. Dans la dynamique actuelle d’évaluation des pratiques professionnelles, le score EVAN-G pourrait permettre d’identifier des axes d’amélioration et de guider des actions correctrices dans le cadre d’une stratégie multi-professionnelle.

Évaluation de l’efficacité de la neuromodulation sacrée dans le traitement des troubles mictionnels après chirurgie de l’endométriose
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 738-739


Objectifs

La chirurgie pelvienne majeure pour endométriose est associée à un risque de complications urinaires. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’efficacité de la neuromodulation sacrée (NMS) chez les patientes présentant des troubles de la vidange après chirurgie de l’endométriose.


Méthodes

Une étude rétrospective monocentrique a été réalisée entre 2016 et 2019. Toutes les patientes ayant bénéficié d’un test de NMS pour troubles de la vidange après chirurgie de l’endométriose ont été incluses. L’évaluation préopératoire systématique comprenait, outre les caractéristiques démographiques: calendrier mictionnel, bilan urodynamique, évaluation du résidu par auto-sondage après miction. Les critères d’implantation du boîtier étaient définis en préopératoire, par une baisse du résidu de plus de 50 %, et une augmentation du volume mictionnel de plus de 50 %. Toutes les implantations (test et boîtier) étaient réalisées sous anesthésie générale. La durée prévue de la phase test était de 15jours.


Résultats

Seize patientes ont été prises en charge par test de NMS pour trouble de vidange apparu après chirurgie de l’endométriose. Toutes les patientes avaient un trouble de vidange, dont huit étaient aux auto-sondages (AS). Cinq patientes présentaient une hyperactivité vésicale associée. La contractilité vésicale était altérée chez 10/16 patientes au bilan urodynamique. Une patiente n’a présenté aucune réponse motrice à la stimulation en peropératoire (pas d’implantation de l’électrode test). Deux cas d’explantation pour infection de l’électrode test ont été répertoriés. Treize patientes ont été implantées par un boîtier InterStim 2. Après un suivi médian de 14 mois, 10 patientes étaient traitées uniquement par NMS avec un résultat satisfaisant et 3 patientes ont été sevrées des AS. Une seule patiente avait été réopérée pour des douleurs locales liées au boîtier.


Conclusion

Cette étude rapportait les Résultats de la plus grande série de la littérature de patientes traitées par NMS après chirurgie de l’endométriose. La NMS a été un traitement efficace pour 2/3 des patientes permettant un sevrage des auto-sondages dans un tiers de cas. Ce taux de succès offre une perspective intéressante à ces patientes jeunes aux options thérapeutiques limitées.

Évaluation de l’impact du débit de perfusion de la circulation régionale normothermique pour le pancréas dans le cadre du DDAC Maastricht 3
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 674


Objectifs

Les transplantations rénales et hépatiques réalisées à partir de DDAC Maastricht 3 présentent d’excellents résultats grâce à l’utilisation de la circulation régionale normothermique (CRN). Néanmoins, la CRN pourrait être traumatique pour le pancréas, organe sensible aux barotraumatismes. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’impact du débit de perfusion de la CRN et de la solution de conservation sur le pancréas.


Méthodes

Cette étude a été autorisé par l’Agence de biomédecine (PFS08-017).

Six patients DDAC M3 ont été inclus entre janvier 2017 et décembre 2018 dans un centre universitaire et 2 donneurs en état de mort encéphalique ont été inclus. Des biopsies pancréatiques ont été réalisées lors du prélèvement d’organe. Une solution de 4e génération, l’IGL-1 © a été utilisé comme solution de perfusion et de conservation.


Résultats

Le débit de perfusion de la CRN était<3L/min chez 2 DDAC (groupe 250mL/min chez 4 DDAC). Les caractéristiques des DDAC étaient équivalents entre les groupes. La durée de la CRN était de 174,5±4,5minutes dans le groupe<3L/min et 163,3±23,0minutes dans le groupe≥3 L/min (p =0,8). À l’analyse macroscopique, il n’y avait pas de différences entre les groupes à l’évaluation par l’Œdema Scale (échelle visuelle d’évaluation de l’œdème). Les variations de lactates pendant la CRN étaient équivalentes entre les groupes (delta lactates à 1h de CRN–lactates pré-CRN : 7,4±2,1 versus 10,1±2,4 dans les groupes<3L/min et≥3 L/min respectivement, p =0,5). Il n’y a pas eu d’amines sous CRN. La clairance de la créatinine des patients transplantés à 1 mois était similaire.


Conclusion

L’utilisation de la CRN permet d’améliorer la qualité des transplants et d’améliorer les résultats des transplantations rénales et hépatiques sans être délétère pour le pancréas.