Variations dans la pratique de la prostatectomie radicale en France

01 novembre 2001

Mots clés : Cancer de la prostate, Épidémiologie, prostatectomie radicale, registres de population
Auteurs : SOULIE M, GROSCLAUDE P, VILLERS A, MENEGOZ F, SCHAFFER P, MACE-LESEC'H J, MOLINIER L, SAUVAGE-MACHELARD M, GRAND A
Référence : Prog Urol, 2001, 11, 49-55
Objectif:La description de la pratique de la prostatectomie radicale (PR) dans la population générale en France n'a jamais été rapportée. L'objectif de ce travail a été d'analyser la pratique de la PR en France, les déterminants et les variations géographiques à partir de l'enquête CCAFU-Francim sur le cancer de la prostate (Ca P) dont le diagnostic a été fait en 1995. Matériel et Méthode : 175 PR ont été réalisées dans l'échantillon des 798 patients tirés au sort sur les cas de Ca P recensés en 1995 par quatre Registres de cancer (Bas-Rhin, Calvados, Isère et Tarn). L'analyse a porté sur les caractéristiques des tumeurs, les moyens diagnostiques et les résultats histopathologiques. Une analyse multivariée par régression logistique tenant compte de l'âge, du PSA et du stade clinique a étudié les variations entre départements et secteurs d'activité des urologues (privé ou public). Résultats:L'âge moyen des patients au moment du diagnostic était de 65,3 ans (46-76). Le PSA médian était de 18,3 ng/ml (1-184). Le diagnostic a été fait par biopsies (91%) qui étaient systématisées dans 74% ou par résection endoscopique (7%). Le stade clinique était classé T1 (22,3%), T2 (64%), T3 (8,6%), N+ (0,6%) et inconnu (4,5%). Le stade pathologique était pT2 N0 (46,3%), pT3 N0 (40%), pT4 N0 (1,7% ), pTx N+ (8,6%) et inconnu (3,4%). Un traitement adjuvant (radiothérapie 13,7%, hormonothérapie 13,7% ou les deux 3%) a été réalisé chez 54 patients (31%). L'analyse multivariée a montré que la probabilité ajustée d'avoir une PR était 3 fois supérieure dans un département par rapport aux autres et 2,6 fois supérieure dans le secteur privé. Conclusion:Cette étude portant sur la pratique de la PR dans la population générale montre une concordance avec les recommandations de 1995. Toutefois, elle montre des variations de pratique selon les régions et le secteur d'activité témoignant de phénomènes d'écoles et de culture médicale différents dans un même pays.