Utilisation de l'IRM avec antenne

16 juillet 2001

Mots clés : prostate, Tumeur, imagerie par résonance magnétique nucléaire, bilan d'extension tumorale
Auteurs : Tollon C, Soulié M, Aziza R, Escourrou G, Pontonnier F, Plante P
Référence : Prog Urol, 1998, 8, 223-231
Le cancer prostatique fait l'objet d'une sous-évaluation clinique de l'ordre de 50%. Elle est améliorée par l'utilisation des biopsies randomisées, l'analyse de la valeur de l'antigène spécifique prostatique (PSA) pondéré ou non et celle du grade de Gleason sur les biopsies. Les techniques d'imagerie traditionnelle comme l'échographie endorectale et l'examen tomodensitométrique (TDM) n'apportent pas d'intérêt reconnu. L'Imagerie par Résonance Magnétique nucléaire (IRM) est une technique non invasive, permettant l'étude tridimensionnelle d'un organe, avec une grande qualité de contraste tissulaire. La mise au point d'antennes de surface dites "phased-array" a en outre permis l'amélioration de la résolution spatiale. BUTS : Nous avons voulu déterminer si l'IRM permettait d'affiner la stadification pré-thérapeutique de l'adénocarcinome cliniquement localisé par l'appréciation directe de critères d'effractions capsulaires, par la mesure des volumes glandulaires et l'obtention de PSAd fiables, et enfin par la mesure de volumes tumoraux.
MATERIEL ET METHODES : Nous avons réalisé une étude prospective de Mars 1995 à novembre 1996 sur 55 patients consécutifs porteurs d'un adénocarcinome cliniquement localisé avant la réalisation d'une prostatectomie radicale. L'imageur par résonance magnétique (IRM) de 1 Tesla (Siemens) est équipé d'une antenne "phased array" pelvienne (antenne de surface). Des séquences en écho de spin rapide (FSE), pondérées en T1 et T2, axiales et frontales ont été utilisées. Les volumes glandulaires et tumoraux ont été évalués par surlignage à l'écran et planimétrie. Le protocole de lecture anatomo-pathologique utilisait de grandes coupes axiales. Nous avons effectué une étude planimétrique directe sur calque millimétré.
RESULTATS : L'estimation du volume glandulaire est fiable(différence moyenne 0,7 cc). Le volume tumoral est sous estimé (différence moyenne 1,04 cc) avec une marge d'erreur de 30% et une concordance de 87%. La stadification tumorale est ainsi exacte dans près de 90% des cas avec une valeur prédictive positive (VPP) de 94%.
CONCLUSION : L'IRM prostatique, utilisant les antennes de surface, permet de compléter la stadification clinique conventionnelle en diagnostiquant correctement 75% des stades localement évolués. Ses limites sont liées à la nature du signal du tissu tumoral ainsi qu'à la localisation des lésions néoplasiques.