Urétroplastie de muqueuse appendiculaire. Etude préliminaire d'urétroplastie de muqueuse colique libre chez le rat.

16 juillet 2001

Mots clés : Urèthre, chirurgie réparatrice, uréthroplastie, muqueuse intestinale, expérimentation animale
Auteurs : Lebret T, Gobet F, Dallaserra M, Mitrofanof P
Référence : Prog Urol, 1995, 5, 353-360
L'utilisation de la peau, de la muqueuse vésicale ou buccale pour les urétroplasties en greffe libre engendre un taux important de sténoses et de fistules post-opératoires. Afin de rechercher un nouveau substitut urétral, la muqueuse appendiculaire est proposée comme nouveau matériau. Les animaux ne possédant pas d'appendice, un modèle animal d'urétroplastie de muqueuse colique a été utilisé dans cette étude. 40 rats ont subi une urétrectomie segmentaire distale. Pour 14 rats une simple sonde urétrale a été mise en place sans urétroplastie (groupe I), pour 7 l'urétroplastie a été réalisée par un tube de collagène (groupe II), pour 19 enfin, une urétroplastie en muqueuse colique libre a été réalisée (Groupe III). Après 3 à 6 semaines, une étude macroscopique et microscopique a été faite. Dans les groupes I et II le conduit urétral s'est fibrosé et tous les rats ont développé une sténose ou une occlusion totale à l'ablation de la sonde. Dans ces deux groupes une fistule urinaire cutanée s'est développée chez tous les rats vivants sauf un. Dans le groupe III, un néo-urètre a été retrouvé. L'étude histologique a permis de visualiser un urothélium typique non sécrétant sur les coupes proximales et médiales et un épithélium kératinisé squameux sur les coupes toutes distales. Au vue de cette étude, il apparaît que la muqueuse libre digestive est utilisable pour les urétroplasties. En attendant une application en clinique humaine, il est probable que des études histologiques précoces devraient permettre de comprendre la génèse de ce néo-urothélium, qui reste encore ce jour hypothétique.