Une image à retenir

11 février 2006

Mots clés : Cancer du testicule, séminome, radiothérapie
Auteurs : Jacques Irani
Référence : Prog Urol, 2005, 15, 1124-1124
In R T D Oliver, M D Mason, G M Mead, H von der Maase, G J S Rustin, J K Joffe, R de Wit, N Aass, J D Graham, R Coleman, S J Kirk, S P Stenning, for the MRC TE19 collaborators and the EORTC 30982 collaborators: Radiotherapy versus single-dose carboplatin in adjuvant treatment of stage I seminoma: a randomised trial. Lancet 2005; 366: 293­300

Contexte1477 patients ayant un séminome de stade I : randomisation du traitement adjuvant entre radiothérapie et une injection de carboplatine. Objectif primaire : la survie sans récidive. ConclusionsNon-infériorité du carboplatine par rapport à la radiothérapie dans le traitement des séminomes stade I avec un recul médian de 4 ans. L'imageLa première courbe est celle de la survie sans récidive : superposition des bras radiothérapie et carboplatine. Les courbes suivantes montrent que les 2 traitements présentent un impact sur l'état général (léthargie, impossibilité de reprendre le travail) supérieur pour le carboplatine vers 72h avant de devenir significativement inférieur à la radiothérapie après la 1ère semaine, la différence étant décroissante sur plusieurs semaines. CommentairesEnviron 3/4 des séminomes sont de stade I au diagnostic (pas d'argument radiologique de dissémination). Le traitement "classique" comporte une radiothérapie adjuvante avec des variations techniques (modestes) en fonction des centres, avec un excellent résultat cependant. Récemment, la surveillance simple après orchidectomie a été proposée pour éviter les effets indésirables de la radiothérapie à court terme et à long-terme (telle que l'augmentation des risques de cancer secondaire et de maladies cardio-vasculaires). Plusieurs études ont montré d'excellentes réponses au traitement de rattrapage en cas de récidive après surveillance simple.

L'injection unique adjuvante de carboplatine est une 3ème voie proposée par Oliver et coll, qui permet de réduire le risque de récidive de 15% à 5% environ. Est-ce que cette option devrait passer en tête du peloton? Probablement pas avant d'avoir un recul plus long, les récidives tardives de séminome étant bien connues (et plus fréquentes que pour les tumeurs non-séminomateuses). Or la médiane de recul dans cette étude est de 4 ans et selon le protocole, le dernier scanner était prévu à 36 mois : les consultations ultérieures reposaient sur l'examen clinique et la biologie. Par ailleurs, nous connaissons mal les effets à long-terme de cette injection de carboplatine chez des patients qui peuvent pour la plupart espérer des survies de plusieurs dizaines d'années.