Un cas rare d’un macro-calcul dans un diverticule de l’urètre chez une jeune fille

25 septembre 2017

Auteurs : Z.O. Cyrille, F. Boubacar, S. Yaya, S. Alioune, T. Amath, S. Babacar, S. Ousmane, D. Babacar, N.A. Khassim, B. Mamadou
Référence : Prog Urol, 2017, 11, 27, 601-602




 




Introduction


Le diverticule de l'urètre féminin est rare et il se traduit au toucher vaginal chez un adulte par une poche sous-urétrale [1]. Ce diagnostic est plus difficile à établir chez l'enfant et il se fait souvent devant des complications [1, 2]. Nous rapportons le cas d'un macro-calcul dans un diverticule urétral chez une jeune fille.


Observation


Une patiente de 16 ans, avec une notion d'infection urinaire récidivante depuis 10 ans, a été reçu pour des troubles urinaires du bas appareil. Le tableau était constitué d'une dysurie à type d'efforts de poussée mictionnelle, d'une pollakiurie diurne et nocturne faite de plus de 6 mictions nocturnes, des brûlures mictionnelles et d'une urgenturie. À l'examen, il a été noté une sensibilité hypogastrique et le toucher vaginal n'a pas été effectué. L'hymen était conservé et le méat urétral était normal. L'hémogramme, la CRP et la fonction rénale étaient normaux. L'examen cytobactériologique des urines (ECBU) a mis en évidence une infection urinaire à Klebsiella pneumoniae sensible aux céphalosporines de 3e génération. L'échographie des voies urinaires a conclu à un calcul intravésical de 40mm de grand axe, associé à un épaississement diffus de la paroi vésicale et à une urétéro-hydronéphrose bilatérale symétrique. La radiographie de l'abdomen sans préparation a mis en évidence une volumineuse opacité dans l'aire vésicale (Figure 1). Le diagnostic de volumineuse lithiase vésicale a été retenu.


Figure 1
Figure 1. 

1. Radiographie sans préparation, volumineuse opacité dans l'aire de projection vésicale. 2. Image peropératoire d'un calcul géant enclavé dans le col vésical.




La patiente a eu une intervention chirurgicale sous une couverture antibiotique à base de ceftriaxone 1g/J. À l'exploration, il a été observé un volumineux calcul enclavé au niveau du col vésical (Figure 1). Son extraction a permis de découvrir un diverticule urétral qui a été respecté. L'antibiothérapie parentérale a été poursuivie pendant 48h et un relais oral par de la céfixime 200mg toutes les 12heures a été instauré. Au 6e jour postopératoire, une suppuration de la plaie opératoire a été notée et un prélèvement de pus effectué. Ce dernier a isolé Pseudomonas aeruginosa sensible à l'amikacine et à l'imipénème. Un traitement à base d'amikacine 15mg/kg/j en deux prises a été instauré pendant 7jours. Au 18ejour postopératoire, la patiente a été admise en soins intensifs où elle était décédée d'un choc septique.


Discussion


Le diverticule urétral de la femme a une symptomatologie non spécifique ce qui peut expliquer de véritables errances diagnostiques [2]. L'IRM apparaît comme le meilleur examen de détection précoce du diverticule [1, 2]. Le calcul urétral est une complication souvent rapportée de cette affection [1, 2].


La voie transvaginale permet une cure chirurgicale plus facile du diverticule et favorise l'extraction moins traumatique d'un calcul [2]. En effet, la manipulation du calcul peut favoriser une septicémie et mettre en jeu le pronostic vital de la patiente [3]. D'où la nécessité d'un ECBU stérile et du drainage d'urines infectées en préopératoire, et l'instauration systématique d'une bi-antibiothérapie parentérale devant tout sepsis urinaire.


Conclusion


Le diverticule urétral chez la jeune fille peut être de découverte fortuite ou devant des complications lithiasiques ou infectieuses potentiellement graves.


Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.



Références



Ganabathi K., Dmochowski R., Sirls L.T. Diverticules de l'urètre féminin Prog Urol 1995 ;  5 : 335-351
Reeves F.A., Inman R.D., Chapple C.R. Management of symptomatic urethral diverticula in women: a single-centre experience Eur Urol 2014 ;  66 (1) : 164-172 [cross-ref]
Kum F., Mahmalji W., Hale J., Thomas K., Bultitude M., Glass J. Do stones still kill? An analysis of death from stone disease 1999-2013 in England and Wales BJUI 2016 ;  118 (1) : 140-144 [cross-ref]






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