TUMEURS UROTHÉLIALES : Facteurs de risque des tumeurs vésicales à l'exclusion des risques professionnels

04 janvier 2004

Mots clés : Tumeurs, urothélial, Cancer, Vessie, facteurs de risque, tabac, nutrition, Infection
Auteurs : BERNARDINI S.
Référence : Prog Urol, 2003, 13, 5, 1209-1214, suppl. 2
  1. Tabagisme
  2. Impact des facteurs nutritionnels
    • Aliments
    • Vitamines
    • Boissons
  3. Facteurs infectieux
    • Schistosomiase
    • Infection urinaire chronique
    • Infection virale

De nombreuses études épidémiologiques ont mis en évidence le fait que les tumeurs urothéliales vésicales sont inductibles par des carcinogènes endogènes et exogènes. Dans cet article, nous nous limiterons essentiellement à l'impact du tabac et de facteurs environnementaux en particulier nutritionnels mais également aux facteurs infectieux représentés essentiellement par la schistosomiase et les infections virales.

I. Tabagisme

Epidémiologie

De nombreuses études épidémiologiques ont porté sur le risque relatif du tabagisme dans la carcinogénèse vésicale. On peut estimer actuellement que ce risque relatif varie entre deux et quatre. Une étude prospective néerlandaise récente portant sur près de 4000 sujets a mis en évidence un risque relatif de 3,3 chez des patients fumeurs [1]. Ces résultats rejoignent ceux d'une étude européenne portant sur plus de 7 000 patients et où le risque relatif était de 3,5 [2]. Le risque relatif, d'après les études récentes, augmente en rapport avec la quantité de cigarettes mais surtout avec la durée d'exposition au tabagisme. Brennan rapporte un risque relatif de 1,9 pour une durée inférieure à 10 ans. Ce risque augmente à 4,1 pour une durée supérieure à 40 ans. Le risque relatif augmente également avec le nombre de cigarettes consommées par jour : Il peut varier entre 2 et 5 avec une limite supérieure à 20 cigarettes par jour au-delà de laquelle ce risque ne varie plus [3]. Momas en 1994, dans une étude rétrospective, a également mis en évidence que le risque relatif augmente avec un début précoce d'intoxication tabagique [4]. Pour ces mêmes auteurs, l'arrêt du tabac ne réduit pas de manière significative le risque de développer un carcinome urothélial vésical. Ces résultats n'ont pas été confirmés par d'autres travaux plus récents portant sur un plus grand nombre de patients menées par Zeegers [1] et Castelao [5] : l'arrêt du tabac, l'âge précoce de début, l'utilisation de filtres ou non, le taux de goudron, et le type d'inhalation ne semblent pas modifier le risque. Le risque semble également varier selon le type de tabac consommé. En effet, il apparaît beaucoup plus faible pour les fumeurs de pipe (OR=1,9), de cigares (OR=2,3) que pour les cigarettes (OR= 3,5, dans la même étude) [2]. Cependant, en ce qui concerne le cigare, le risque relatif semble rejoindre celui de la cigarette lorsque la fumée est inhalée [6]. Le risque apparaît également supérieur pour les fumeurs de tabac noir par rapport aux fumeurs de tabac blond [4]. Il a été également rapporté que le risque attribuable de cancer vésical induit par le tabagisme, est beaucoup plus important chez les hommes que chez les femmes [7]. Une étude américaine récente retrouve cependant des résultats contradictoires [5].

Certains auteurs se sont également penchés sur la valeur pronostique du tabagisme et de l'arrêt de celui-ci sur la récurrence ou la progression tumorale des tumeurs vésicales. D'après la revue de littérature récente à ce sujet menée par Aveyard en 2002 [8], il semblerait que la poursuite du tabagisme soit corrélée à un risque modéré de récidive et de progression tumorale alors que l'arrêt de celui çi aurait plutôt un effet favorable avec une diminution du risque. Cependant, ces données devront être confirmées par d'autres études complémentaires

Mécanisme de la carcinogénèse et facteurs de susceptibilité génétiques

Un certain nombre d'altérations génétiques ont été retrouvées dans les tumeurs de vessie. Parmi celles-ci, les altérations affectant le gène suppresseur de tumeur p53 et du chromosome 9, sont les plus fréquemment retrouvées. Ces deux gènes apparaissent fortement impliqués dans la carcinogénèse vésicale [9]. De nombreux auteurs ont étudié l'influence du tabagisme sur les mutations du gène p53 et sur les altérations du chromosome 9. Concernant le gène p53, les résultats sont contradictoires. Pour un certain nombre d'auteurs [10-12], il n'y a pas de relation entre le tabagisme et l'incidence des mutations du gène p53 dans les tumeurs vésicales. Larue a rapporté des résultats contradictoires avec une corrélation entre la durée d'exposition au tabac et l'incidence des mutations du gène p53 [13]. Par contre, il semblerait que certaines mutations et en particulier les transversions GC vers CG ainsi que GC vers TA ne soient observées que chez des patients fumeurs et pourraient signer la présence d'agents carcinogènes contenus dans la fumée de cigarette [9, 12]. En ce qui concerne les altérations du chromosome 9, une seule étude réalisée en 1997 retrouve une corrélation entre les altérations du chromosome 9 et le tabagisme (OR de 3,6 à 5,8 selon la consommation de cigarettes) [14]. Le tabagisme, par l'intermédiaire de ces carcinogènes, pourrait donc entraîner des altérations génomiques en particulier du chromosome 9, également du gène p53, fortement impliqué dans la carcinogénèse vésicale. Une étude très récente [15] met en évidence une corrélation entre le tabagisme et la surexpression de COX-2 (Cyclo-Oxygenase 2) et de certaines prostaglandines, impliqué fortement dans la carcinogénèse. L'augmentation des prostaglandines et de l'expression de la Cyclo-Oxygenase 2 induite par le tabac pourrait être donc un des mécanismes précis de la carcinogénèse vésicale induite par le tabac. D'autres études seront bien sûr nécessaires pour confirmer ces résultats.

Plusieurs carcinogènes contenus dans la fumée de tabac ont été incriminés dans la carcinogénèse vésicale. Parmi ceux-ci, les amines aromatiques apparaissent fortement impliquées. Ces amines aromatiques sont habituellement métabolisées par l'organisme en N-Hydroxyalanine qui peut être considéré comme le carcinogène actif. A ce niveau, la possibilité de détoxification dépend d'enzymes qui ont la capacité d'inactiver ces dérivés hydroxyalaninés. 3 familles d'enzymes ont été identifiées : les enzymes CYP et plus particulièrement les CYP 1,2 et 3 ; les Glutathions S-Transférases (GST) et les N-Acétyl Transférases (NAT). Les N-acetyl transférases sont particulièrement impliquées dans la détoxification des amines aromatiques. La glutation-S-transférase détoxifie préférentiellement les hydrocarbures aromatiques polycycliques, autres carcinogènes contenus dans la fumée de cigarette.

On comprend ainsi que la variabilité génétique des gènes codant pour ces enzymes peut favoriser la détoxification des carcinogènes ou, au contraire, son accumulation. Trois gènes codant pour les N-Acéttyl transférase ont été mis en évidence : NAT1, NAT2 et NATP, le gène NATP n'étant pas exprimé. Plusieurs allèles ont été mis en évidence pour chacun des locus NAT1 et NAT2. Des études récentes ont mis en évidence que les deux enzymes NAT1 et NAT2 ont des impacts différents sur la détoxification des arylamines chez un patient fumeur. La NAT2 jouerait un rôle déterminant dans la détoxification des arylamines par le foie libérant ainsi des arylamines hydroxylées. A l'inverse, la NAT1 jouerait un rôle prépondérant dans la détoxification de ces arylamines hydroxylées dans l'urothélium vésical. Marcus et al en 2000 ont étudié l'impact du polymorphisme NAT2 sur le cancer vésical induit par le tabac (16). Ces auteurs ont mis en évidence que le risque de cancer vésical est plus élevé chez les patients fumeurs acétyleurs NAT2 lents par rapport aux patients fumeurs acetyleurs NAT2 rapides. Ceci s'explique par la détoxification réduites des arylamines par les N-acetyl transférase 2 chez ces patients acetyleurs lents avec, pour conséquence, un taux important de carcinogène actif dans l'urothélium vésical. Des études plus récentes ont confirmé ces résultats [17, 18]. A l'inverse, il semblerait que la N-acetyl transférase 2 joue un rôle mineur sans différence significative chez les patients non fumeurs . L'impact des polymorphisme de la NAT1 sur le cancer vésical induit par le tabac a également été étudié. La N-acetyl transferase 1 présente un polymorphisme génétique qui influerait sur le risque d'apparition de tumeurs vésicales. Le risque de tumeur vésical apparaît beaucoup plus élevé chez des patients fumeurs porteurs de l'alléle NAT1 10 homozygote pour ce gêne et NAT2 lent [19-21]. D'autres études ont également analysé l'impact des polymorphismes de la Glutathion-S-transférase M1 (GSTM1) qui joue un rôle dans la détoxication des hydrocarbures aromatiques polycycliques. Engel, récemment, d'après une méta analyse portant sur plus de 2000 patients porteurs de tumeur vésicale et plus de 3000 témoins, a rapporté un risque relatif modéré (R=1,44) chez des patients fumeurs homozygotes déficients de l'activité enzymatique de cet enzyme [22].

II. Impact des facteurs nutritionnels

Plusieurs études font état d'une relation entre la consommation d'un certain nombre de constituants alimentaires et le développement de tumeur de vessie. Nous nous intéresserons ici aux principaux constituants alimentaires pouvant être en relation avec le développement de ces tumeurs.

Aliments

Végétaux, fruits et légumes

Plusieurs auteurs ont analysé la relation entre la consommation de végétaux, fruits et légumes et le risque de développement d'un carcinome urothélial. Pour certains la consommation de fruits et de végétaux diminuerait le risque de développement de tumeur vésicale. Nagano retrouve une diminution de risques de tumeurs de vessie chez les patients consommant des végétaux principalement verts et jaunes [23]. Des résultats similaires sont également rapportés dans cette étude avec la consommation de fruits. Une méta-analyse réalisée en 2000 par Steinmaus retrouve des résultats comparables avec une augmentation du risque de tumeur vésicale chez les patients ayant une consommation faible en fruits (OR = 1,40) mais également une consommation faible en végétaux (Or-ratio = 1,16) [24]. D'autres auteurs confirment ces résultats [25]. Cependant une étude récente retrouve des résultats contradictoires avec une absence de relation entre la consommation de fruits et de végétaux et le risque de développer un carcinome urothélial [26]. Il semble donc, au vu de la littérature, que la consommation de végétaux, de fruits et de légumes ait plutôt un rôle protecteur en ce qui concerne le développement des tumeurs vésicales et, tout du moins, il n'a jamais été rapporté que la consommation de ces aliments soit un facteur de risque de développement de ce type de tumeur.

La viande

Il ne semble pas y avoir de relation entre la consommation de viande et le risque de développement de tumeurs vésicales [23, 24]. Cependant, une étude récente menée par une équipe Uruguayenne [27] rapporte une augmentation du risque de cancer de vessie en rapport avec la consommation de viandes salées et surtout de viandes grillées au barbecue (QR=4.04). Ces résultats peuvent être expliqués par la libération d' enzymes aromatiques, carcinogénes , lors de la combustion de l'aliment.

La graisse

Plusieurs études ont mis en évidence une relation entre la consommation d' aliments riches en graisse et le risque de développement de tumeur vésicale [24, 28]. L'étude de Steinmauss rapporte un risque relatif modéré de 1,37 de développement de tumeur vésicale chez les patients ayant une consommation riche en graisse [24]. D'autres auteurs [25, 29] ont montré par contre que la consommation de rétinol et de ses analogues ainsi que la consommation d'acides gras saturés diminue le risque de tumeur vésicale (OR entre 0,75 et 0,60). Il semble donc que le rétinol et ses dérivés aient plutôt un effet protecteur contre le développement de tumeur vésicale. Ces résultats demandent bien sûr à être confirmés par d'autres études.

Les vitamines

Beaucoup d'auteurs se sont penchés sur la relation entre la consommation de vitamines et le développement des tumeurs vésicales. Actuellement, les résultats restent contradictoires. D'après Zeeger, il n'y aurait pas de relation entre la consommation de vitamines en particulier de vitamine A, C et E et le développement de tumeur vésicale [29]. Par contre, pour Jacobs, la consommation régulière et longue de Vitamine E (plus de 10 ans), serait associée à une diminution significative de risques de mortalité par les tumeurs de vessie [30]. Dans cette même étude, la consommation de Vitamine C n'était pas associée au risque de mortalité par tumeur de vessie. D'autres auteurs ont montré le rôle protecteur de la Vitamine A dans le développement des tumeurs de vessie mais également il apparaît que l'association de plusieurs vitamines et en particulier la vitamine A, B, C et E, diminuerait le risque de récidive des tumeurs vésicales d'environ 50% à 5 ans [31]. Ces résultats demandent bien sûr confirmation, mais, à l'heure actuelle, il semblerait que la consommation de vitamines et en particulier la consommation de vitamine E, aurait plutôt un effet protecteur sur le développement des tumeurs de vessie.

Les boissons

Café et thé

En ce qui concerne la consommation de café, les résultats sont contradictoires. Pour Woolcott [32], d'après une étude portant sur 927 tumeurs de vessie, la consommation de café n'augmente pas le risque de développement d'une tumeur urothéliale. D'autres auteurs rapportent des résultats différents avec un risque relatif modéré qui augmente avec la quantité consommée : Sala retrouve un risque relatif de 1,8 si la consommation dépasse 10 tasses par jour [33]. Des résultats semblables sont rapportés par Zeegers [34] avec un risque relatif de 1,3 si la consommation dépasse 7 tasses par jour. Il semble donc qu'il existe une augmentation du risque, certes modérée, de développement du cancer de vessie avec une consommation importante de café.

En ce qui concerne la consommation du thé, il semblerait, au vu de la littérature, que la consommation de thé, et en particulier de thé vert [35], diminue le risque de développer une tumeur vésicale. Bianchi rapporte une diminution significative du risque (OR = 0,7) avec une consommation supérieure à 5 tasses de thé par jour [36]. Une étude réalisée à Taiwan en 1999, rapporte cependant des résultats différents [37] : La consommation de thé dans cette étude est associée à une augmentation du risque de tumeur vésicale (OR = 3,29) d'autant plus que l'âge de début se situe avant 40 ans et que la durée de consommation dépasse trente ans. L'étude expérimentale menée par Sato [38] vient contredire ces résultats. Ces auteurs ont induit des tumeurs vésicales chez le rat par la N-butyl-N-(4-hydroxybutyl)-Nitrosamyl (BBN) : la consommation de thé vert avant l'exposition aux carcinogènes, diminue significativement le développement des tumeurs vésicales. Au vu de l'ensemble de ces résultats, il semblerait que la consommation de thé ait plutôt un effet protecteur sur le développement de tumeur vésicale.

L'alcool

La dernière étude récente bien conduite n'a pas permis de mettre en évidence une corrélation entre la consommation d'alcool et le risque de développer un carcinome urothélial vésical [39]. Cependant, deux études précédentes ont rapporté un risque relatif modéré (OR de 1,49 à 1,63) avec la consommation de bière [40, 41]

L'eau

Plusieurs études récentes se sont attachées à établir une relation entre la consommation d'eau et le risque de développement de tumeur vésicale. Plusieurs contaminants retrouvés dans l'eau de boisson ont été incriminés et plus particulièrement les nitrates, le chlore et l'arsenic. Une étude américaine menée en 2001 et portant sur plus de 21 000 patients retrouve une relation entre la consommation d'eau riche en nitrate et le risque de développement de tumeur vésicale (OR de 1,69 à 2,83 selon le taux de nitrate) [42]. Des études plus récentes retrouvent des résultats contradictoires avec une absence de relation entre le risque de développement d'un carcinome urothélial et le taux de nitrate retrouvé dans l'eau [43, 44]. Une étude espagnole récente a mis en évidence une relation entre le risque de carcinome urothélial et la quantité consommée d'eau traitée par le chlore [45] : ce risque augmente avec le taux de chlore contenu dans l'eau du robinet. Plusieurs études ont rapporté une relation entre le risque de développement de tumeur vésicale et la présence d'arsenic dans l'eau potable. Une étude réalisée en 2001 portant sur plus de 8 000 patients dans le Nord-Est de Taiwan, a mis en évidence une augmentation d'incidence de tumeur vésicale avec la quantité d'arsenic contenu dans l'eau (risques relatifs variant de 1,9 à 15,3 en fonction des concentrations) [46]. Il a été montré également récemment une augmentation significative d'instabilité chromosomique chez les patients atteints de tumeur de vessie et exposés à l'arsenic, et en particulier des délétions du bras court du chromosome 17 [47]. Les mêmes auteurs ont également rapporté une relation significative entre la présence d'un stade et d'un grade élevés tumoral et l'exposition à un taux élevé d'arsenic. Au vu de la littérature, il semblerait donc que le risque de carcinome urothélial augmente avec la quantité consommée d'eau contaminée en particulier par l'arsenic mais également par d'autres contaminants tels le chlore et les nitrates.

Certains auteurs ont également rapporté une corrélation entre la quantité de liquide consommé et le développement d'un carcinome urothélial [48]. Des études récentes viennent cependant contredire ces résultats. Geoffroy, après une étude portant sur plus de 1 500 patients, retrouve une absence de relation entre la quantité de liquide consommé en particulier de l'eau et des jus de fruits et le risque de développement d'une tumeur vésicale [49]. D'autres études apparaissent nécessaires pour confirmer ces résultats.

III. Les facteurs infectieux

Plusieurs facteurs infectieux ont été identifiés en tant que facteurs de risque des tumeurs vésicales. Parmi ceux-ci, l'un des plus connus reste la schistosomiase, parasite endémique en Afrique. Mais, à côté de ce parasite, il a été rapporté d'autres infections virales et en particulier des infections à papillomavirus pouvant être responsables en partie du développement de tumeur vésicale. Nous détaillerons plus précisément ces infections virales qui sont beaucoup moins connues et rapportées que la schistosomiase. Enfin, nous envisagerons également les infections urinaires chroniques récidivantes en tant que facteur de risque.

Schistosomiase

L'infection à schistosoma haematobium est un facteur de risque connu de développement des tumeurs vésicales. Elle a fait l'objet de nombreux travaux sur le plan épidémiologique mais également sur le plan moléculaire.

La schistosomiase, parasite endémique en Afrique, représente un véritable problème de santé publique dans les pays d'endémie de bilharziose urinaire. Il peut être considéré aujourd'hui comme le facteur de risque principal de carcinome épidermoïde dans les pays d'endémie. Dans près de 76% des cas, il s'agit histologiquement en effet de carcinome épidermoïde et dans environ 15% des cas de carcinome transitionnel; les adénocarcinomes représentant 6% des cas [50]. Le mécanisme d'action de schistosoma haematobium relève en fait de plusieurs facteurs : l'Irritation vésicale et l'infection urinaire chronique chez les patients bilharziens avec formation de composés nitrosaminés par ces infections urinaires chroniques qui pourront interagir avec des séquences génomiques et entraîner des altérations reste l'hypothèse principalement retenue [50]. Il a été également rapporté une plus grande fréquence de mutation du gène suppresseur de tumeur p53 dans les tumeurs vésicales induites par ce facteur [51]. De même, la perte d'hétérozygotie du chromosome 9 a été observée avec une plus grande fréquence chez les cancers de vessie induits par schistosome [52]. D'autres altérations génomiques telles que l'activation d'oncogènes et plus particulièrement de l'oncogène H-ras mais également C-myc ont été observées avec une plus grande fréquence dans les cancers induits par le schistosome [51]. Des études plus récentes ont montré également une association entre la surexpression de la Cyclo-Oxygénase 2 (Cox-2) et les tumeurs vésicales induites par le schistosome [53]. Les tumeurs vésicales induites par ce parasite ont été rapportées essentiellement en Afrique et en particulier dans la région de la vallée du Nil en Egypte où le parasite est endémique mais également dans d'autres pays Africains tels que le Kenya et le Sénégal. Une étude réalisée en 1998 retrouve un facteur de risque de développement de tumeur vésicale d'environ trois en cas d'infection urinaire chronique à schistosome. A noter que, dans cette étude, l'OR pouvait aller jusqu'à 15 si les patients étaient concomitamment fumeurs. Il apparaît également que les tumeurs vésicales induites par ce parasite sont en majorité de stade et de grade élevés [54]. Des études sont actuellement en cours sur la chimio-prévention en utilisant des rétinoïdes ou des inhibiteurs de la cyclo-oxygenase 2 (Cox-2) [54].

Infection urinaire chronique et tumeur de vessie

Curieusement, très peu d'auteurs en fait se sont intéressés à ce sujet et les quelques études retrouvées dans la littérature sont anciennes. L'étude la plus importante a été réalisée en 1984 par Khantor qui a analysé un peu plus de 8 000 patients [55]. Les auteurs ont rapporté une augmentation significative du risque de développement de tumeur de vessie chez les patients ayant présenté trois infections ou plus (OR = 2). Il s'agissait essentiellement de carcinome non transitionnel (OR = 4,8). Les résultats furent confirmés par une étude plus récente qui a mis en évidence une augmentation significative du risque en cas d'antécédent de cystite (OR = 3,8). Ce risque augmentait avec le nombre d'épisodes de cystite (OR = 5) pour un nombre supérieur ou égal à quatre épisodes. Il existait également une corrélation entre le risque de développement de tumeur vésicale et des antécédents d'urétrite en particulier de gonococcie (OR= 2,8) [56]. Il a été suggéré que le mécanisme précis de la carcinogénèse faisait très probablement intervenir des dérivés nitrosaminés urinaires libérés par l'infection et responsables d'hyperplasie et de métaplasie épidermoïde comparables à la bilharziose urinaire. Par ailleurs, le taux de carcinome épidermoïde apparaît beaucoup plus important chez les patients porteurs d'infection urinaire chronique récidivante (OR= 4,8) [55]. Des études plus récentes ont mis en évidence une augmentation de la Prostaglandine E2 et une surexpression de Cox-2 lors d'infection urinaire récidivante ce qui suggère que les infections urinaires chroniques pourraient intervenir dans la carcinogénèse vésicale par un mécanisme faisant intervenir Cox-2 et les Prostaglandines [57]. La libération de facteurs de croissance en particulier d'interleukine et de TNF-Alpha (Tumor Necrosis Factor-Alpha) par les différents germes et en particulier l'Escherichia Coli, pourrait être également un autre mécanisme de développement de tumeur vésicale causé par des infections urinaires chroniques [58]. Il semblerait donc, au vu de quelques études sur la littérature, que les infections urinaires chroniques récidivantes, soient plutôt un facteur de risque de développement de tumeur de vessie. Ce résultat, bien sûr, demanderait à être confirmé par d'autres études supplémentaires.

Infection virale

Le rôle de plusieurs virus (rétrovirus, papillomavirus, etc.) a été suggéré dans la carcinogenène vésicale. Le résultat le plus discuté a été celui des papillomavirus. A l'heure actuelle, les résultats sont contradictoires. Pour de nombreux auteurs, le rôle de l'infection HPV dans la carcinogénèse vésicale semble limité compte tenu du faible taux de papillomavirus retrouvé dans ces tumeurs. Westenend sur 60 tumeurs étudiées par hybridation in situ, ne rapporte aucun cas d'infection par le virus HPV [59]. Des résultats similaires ont été rapportés par d'autres auteurs [60-62]. D'autres rapportent cependant des résultats discordants : Lopez Beltran sur une série de 76 tumeurs, rapporte un taux de 32,8 % avec une prédominance nette des sous types 16 et 18 [63]. De Gaetani retrouve des résultats similaires [64]. Il semble également exister une corrélation entre le faible grade tumoral ainsi que la nature superficielle de la lésion et la présence d'une infection par HPV [65]. Pour d'autres, cependant, l'infection par HPV serait corrélée à des facteurs cliniques péjoratifs tels qu'un stade et un grade tumoral élevés [64]. Ces mêmes auteurs rapportent également une corrélation entre la présence d'une infection virale et un pronostic péjoratif en terme de survie.

On ne peut pas conclure à l'heure actuelle sur le rôle pathogène de l'HPV dans la carcinogénèse vésicale.Les discordances des résultats peuvent être en partie expliquées par les divergences méthodologiques utilisées dans les études, d'où la difficulté de pouvoir comparer les résultats des différentes séries. Une standardisation de la méthode apparaît indispensable afin de préciser le rôle pathogène ou non de l'HPV et des autres infections dans le développement des tumeurs de vessie.

IV. Conclusion

Au vu de la littérature, on peut conclure à l'heure actuelle sur le rôle pathogène certain de certains facteurs dans le développement des tumeurs de vessie. Le tabac représente actuellement le facteur principal avec une augmentation du risque selon la durée d'exposition et la quantité consommée. En ce qui concerne les facteurs nutritionnels, il apparaît que certains pourraient avoir un rôle protecteur. On pense notamment aux végétaux et aux fruits et légumes. Les vitamines représenteraient, pour un certain nombre d'auteurs, un facteur protecteur en n'augmentant en aucun cas le risque. Le thé pourrait avoir également un rôle protecteur comme il a été montré dans des expériences in vitro. L'eau contaminée, notamment par l'arsenic, mais également par les nitrites et le chlore, représenterait un facteur de risque non négligeable. La graisse, le café, représenteraient un risque relatif modéré. Il faudra mentionner particulièrement le risque relatif important, comme il a été rapporté dans d'autres cancers en particulier gastriques, représenté par la consommation d'aliments frits ou grillés au barbecue. En ce qui concerne les facteurs infectieux, il n'existe à l'heure actuelle aucun doute sur le rôle pathogène des infections à Schistosomia prédominant bien sûr dans les zones d'endémie et responsables de la majorité des carcinomes épidermoïdes. L'infection urinaire chronique présenterait également un facteur de risque de développement de tumeur vésicale mais les résultats, à l'heure actuelle sur ce sujet, sont pauvres et nécessiteraient des études complémentaires. D'autres infections virales, en particulier les papilloma virus pourraient pour certains avoir un rôle dans la carcinogénèse vésicale. Ces résultats demandent cependant confirmation.

Références

1. ZEEGERS M.P., GOLDBOHM R.A., VAN DEN BRANDT P.A. : A prospective study on active and environmental tobacco smoking and bladder cancer risk (TheNetherlands). Cancer Causes Control, 2002 ; 13 : 83-90.

2. PITARD A., BRENNAN P., CLAVEL J., GREISER E., LOPEZ-ABENTE GCHANG CLAUDE J., WAHRENDORF J., SERRA C., KOGEVINAS M., BOFFETTA P. : Cigar pipe, and cigarette smoking and bladder cancer risk in European men. Cancer Causes Control, 2001 ; 12 : 551-556.

3. BRENNAN P, BOGILLOT O, GREISER E, CHANG-CLAUDE J, WAHRENDORFF J, CORDIER S, JOCKEL KH, LOPEZ-ABENTE G, TZONOU A, VINEIS P, DONATO F, HOURS M, SERRA C, BOLM-AUDORFF U, SCHILL W, KOGEVINAS M, BOFFETTA P. : The contribution of cigarette smoking to bladder cancer in women (pooled European data). Cancer Causes Control, 2001 ; 12 : 411-417.

4. MOMAS I., DAURES J.P., FESTY B., BONTOUX J., GREMY F. : Bladder cancer and black tobacco cigarette smoking. Some results from a French case-control study. Eur. J. Epidemiol., 1994 ; 10 : 599-604.

5. CASTELAO J.E., YUAN J.M., SKIPPER P.L., TANNENBAUM S.R., GAGO-DOMINGUEZ M., CROWDER J.S., ROSS R.K., YU M.C. : Gender and smoking-related bladder cancer risk. J. Natl. Cancer Inst., 2001 ; 93 : 538-545.

6. SHAPIRO J.A., JACOBS E.J., THUN M.J. : Cigar smoking in men and risk of death from tobacco-related cancers. J. Natl. Cancer Inst., 2000 ; 92 : 333-337.

7. CLAVEL J., CORDIER S. : Tobacco and bladder cancer in males : increased risk for inhalers and smokers of black tobacco. Int. J. Cancer, 1989 ; 44 : 605-610.

8. AVEYARD P., ADAB P., CHENG K.K., WALLACE D.M., HEY K., MURPHY M.F. : Does smoking status influence the prognosis of bladder cancer ? A systematic review. BJU Int., 2002 ; 90 : 228-239.

9. SPRUCK, RIDEOUT W.M., OLUMI A.F., OHNESEIT P.F., YANG A.S., TSAI Y.K.C., NICHOLS P.W., HORN T., HERMANN G.G., STEVEN K., ROSS R.K., YU M.C., JONES P.A. : Distinct pattern of p53 mutations in bladder cancer. Cancer Res., 1993 ; 53 : 1162-1166.

10. KUSSER W.X., MIAO X.M., GLICKMAN B.W., FRIEDLAND J.M., ROTHMAN N., HEMSTREET G.P., MELLOT J., HAYES R.B. : p53 mutations in human bladder cancer. Environmental Mol Mutagenesis, 1994, 24 : 156-160.

11. UCHIDA T., WADA C., ISHIDA H., WANG C., EGAWA S., YOKOYOMA E., KAMEYA T., KOSHIBA K. : p53 mutations and prognosis in bladder tumors. J. Urol., 1995 ; 153 : 1097-1104.

12. BERNARDINI S., ADESSI G., CHEZY E., BILLEREY C., CARBILLET J.P., BITTARD H. : Influence of cigarette smoking on p53 gene mutations in bladder carcinomas. Anticancer Res., 2001 ; 21 : 3001-3004.

13. LARUE H., ALLARD P., SIMONEAU M., NORMAND C., PFISTER C., MOORE L., MEYER F., TETU B., FRADET Y. : p53 point mutations in initial superficial bladder cancer occur only in tumors from current or recent cigarette smokers. Carcinogenesis, 2000 ; 21 : 101-106.

14. ZHANG Z.F., SHU X.M. : Cigarette smoking and chromosome 9 alterations in bladder cancer. Cancer Epidemiol Biomarkers Prev., 1997 ; 6 : 321-326.

15. BADAWI A.F. HABIB S.L., MOHAMMED M.A., ABADI A.A., MICHAUD M.S. : Influence of cigarette smoking on prostaglandin synthesis and cyclooxygenase-2 gene expression in human urinary bladder cancer. Cancer Invest., 2002 ; 20 : 651-656.

16. MARCUS P.M., HAYES R.B., VINEIS P., GARCIA-CLOSAS M., CAPORASO N.E., AUTRUP H, BRANCH R.A., BROCKMOLLER J., ISHIZAKI T., KARAKAYA A.E., LADERO J.M., MOMMSEN S., OKKELS H., ROMKES M., ROOTS I., ROTHMAN N. : Cigarette smoking, N-acetyltransferase 2 acetylation status, and bladder cancer risk : a case-series meta-analysis of a gene envirronment interaction. Cancer Epidemiol Biomarkers Prev., 2000 ; 9 : 461-467.

17. VINEIS P., MARINELLI D., AUTRUP H., BROKMOLLER J., CASCORBI I., DALY A.K. GOLKA K., OKKELS H., RISCH A., ROTHMAN N., SIM E., TAIOLI E. : Current smoking, occupation, N-acetyltransferase-2 and bladder cancer : a pooled analysis of genotype-based studies. Cancer Epidemiol. Biomarkers Prev., 2001 ; 10 : 1249-1252.

18. KONTANI K., KAWAKAMI M., NAKAJIMA T., KATSUYAMA T. : Tobacco use and occupational exposure to carcinogens, but n N-acetyltransferase 2 genotypes are major risk factors for bladder cancer in the Japanese. Urol. Res., 2001 ; 29 : 199-204.

19. TAYLOR J.A., UMBACH D.M., STEPHENS E., CASTRANIO T., PAULSON D., ROBERTSON C., MOHLER J.L., BELL D.A. : The rôle of N-acetylation polymorphisms is smoking-associated bladder cancer : evidence of a gene-gene-exposure three-way interaction. Cancer Res., 1998 ; 15 : 58 : 3603-3610.

20. HSIEH F.L., PU Y.S., CHERN H.D., HSU L.I., CHIOU H.Y., CHEN C.J. : Genetic polymorphisms of N-acetyltransferase 1 and 2 and risk of cigarette smoking-related bladder cancer. Br. J. Cancer, 1999 ; 81 : 537-541.

21. PROBST-HENSCH N.M., BELL D.A., WATSON M.A., SKIPPER P.L., TANNENBAUM S.R., CHAN K.K., ROSS R.K., YU M.C. : N-acetyltransferase 2 phenotype but not NAT1*10 genotype affects aminobiphenyl-hemoglobin adduct levels. Cancer Epidemiol. Biomarkers Prev., 2000 ; 9 : 619-623.

22. ENGEL L.S., TAIOLI E., PFEIFFER R., GARCIA-CLOSAS M., MARCUS P.M., LAN Q., BOFFETTA P., VINEIS P., AUTRUP H., BELL D.A., BRANCH R.A., BROKMOLLER J., DALY A.K., HECKBERT S.R., KALINA I., KANG D., KATOH T., LAFUENTE A., LIN H.J., ROMKES M., TAYLOR J.A., ROTHMAN N. : Pooled analysis and meta-analysis of glutathione S-transferase M1 and bladder cancer : a HuGE review. Am. J. Epidemiol., 2002 ; 15 : 156 : 95-109.

23. NAGANO J., KONO S., PRETON D.L., MORIWAKI H., SHARP G.B., KOYAMA K., MABUCHI K. : Bladder cancer incidence in relation to vegetable and fruit consumption : a prospective study of atomic-bomb survivors. Int. J. Cancer, 2000 ; 86 : 132-138.

24. STEINMAUS C.M., NUNEZ S., SMITH A.H. : Diet and bladder cancer : a meta-analysis of six dictary variables. Am. J. Epidemiol., 2000 1 : 151 : 693-702.

25. WAKAI K., TAKASHI M., OKAMURA K., YUBA H., SUZUKI K., MURASE T., OBATA K., ITOH H., KATO T., KOBAYASHI M., SAKATA T., OTANI T., OSHSHIMA S., OHNO Y. : Foods and nutrients in relation to bladder cancer risk : a case control study in Aichi Prefecture, Central Japan. Nutr. Cancer, 2000 ; 38 : 13-22.

26. MICHAUD D.S., PIETINEN P., TAYLOR P.R., VIRTANEN M., VIRTAMO J., ALBANE D. : Intakes of fruits and vegetables, carotenoids and vitamins A, E, C in relation to the risk of bladder cancer In the ATBC cohort study. Br. J. Cancer, 2002 ; 21 : 87 : 960-965.

27. BALBI J.C., LARRINAGA M.T., DE STEFANI E., MENDILAHARSU M., RONCO A.L., BOFFETTA P., BRENNAN P. : Foods and risk of bladder cancer : a case-control study in Uruguay. Eur. J. Cancer, Prev., 2001 ; 10 : 453-458.

28. BRUEMMER B., WHITE E., et al : Nutrient intake in relation to bladder cancer among middle aged men and women. Am. J. Epidemiol., 1996 ; 144 : 485-495.

29. ZEEGERS M.P., GOLDBOHM R.A., VAN DEN BRANDT P.A. : Are retinol, vitamin C, vitamin E, folate and carotenoids intake associated with bladder cancer risk ? Results from the Netherlands Cohort Study. Br. J. Cancer, 2001 ; 28 : 85 : 977-983.

30. JACOBS E.J., HENION A.K., BRIGGS P.J., CONNEL C.J., MCCULLOUGH M.L., JON C.R., RODRIGUEZ C., CALLE E.E., THUN M.J. : Vitamin C and vitamin E supplement use and bladder cancer mortality in a large cohort of US men and women. Am. J. Epidemiol., 2002 ; 1 : 156 : 1002-1010.

31. KAMAT A.M., LAMM D.L. : Chemoprevention of bladder cancer. Urol. Clin. North Am., 2002 ; 29 : 157-168.

32. WOOLCOTT C.G., KING W.D., MARRETT L.D. : Coffee and tea consumption and cancers of the bladder, colon and rectum. Eur. J. Cancer Prev., 2002 ; 11 : 137-145.

33. SALA M., CORDIER S., CHANG-CLAUDE J., DONATO F., ESCOLAR-PUJOLAR A., FERNANDEZ F., KOGEVINA M. : Coffe consumption and bladder cancer in nonsmokers : a pooled analysis of case control studies in European countries. Cancer Causes Control, 2000 ; 11 : 925-931.

34. ZEEGERS M.P., DORANT E., GOLDBOHM R.A., VAN DEN BRANDT P.A. : Are coffe, tea, and total fluid consumption associated with bladder cancer risk ? Results from the Netherlands Cohort Study. Cancer Causes Control, 2001 ; 12 : 231-238.

35. BUSHMAN J.L. : Green tea and cancer in humans : a review of the literature. Nutr. Cancer, 1998 ; 31 : 151-159.

36. BIANCHI G.D., CERHAN J.R., PARKER A.S., PUTNAN S.D., SEE W.A., LYNCH C.F., CANTOR K.P. : Tea consumption and risk of bladder and kidney cancers in a population based case control study. Am. J. Epidemiol. 2000 ; 151 : 377-383.

37. LU C.M., LAN S.J., LEE Y.H., HUANG J.K., HSIEH C.C. : Tea consumption : fluid intake and bladder cancer risk in Southern Taiwan. Urology, 1999 ; 54 : 823-828.

38. SATO D. : Inhibition of urinary bladder tumors induced by N-butyl-N-(4-hydroxybutyl)-nitrosamine in rats by green tea. Int. J. Urol., 1999 ; 6 : 93-99.

39. PELUCCHI C., NEGRI E., FRANCESCHI S., TALAMINI R., LA VECCHIA C. : Alcohol drinking and bladder cancer. J. Clin. Epidemiol., 2002 ; 55 : 637-641.

40. ZEEGERS M.P., VOLOVIES A., DORANT E., GOLDBO R.A., VAN DEN BRANDT P.A. : Alcohol consumption and bladder cancer risk : results from The Netherlands Cohort Study. Am. J. Epidemiol., 2001 ; 53 : 38-41.

41. PROBERT J.L., PERSAD R.A., GREENWOOD R.P., GILLAT D.A., SMITH P.J. : Epidemiology of transitional cell carcinoma of the bladder : profile of an urban population in the south-west of England. Br. J. Urol., 1998 ; 82 : 660-666.

42. WEYER P.J., CERHAN J.R., KROSS B.C., HALLBERG G.R., LYNCH C.F. : Municipal drinking water nitrate level and cancer risk in older women : the Iowa Women's Health study. Epidemiology, 2001 ; 12 : 327-338.

43. GULIS G., CZOMPOLYOVA M., CERHAN J.R. : An ecologic study of nitrate in municipal drinking water and cancer incidence in Trnava District Slovakia. Environ Res., 2002 ; 88 : 182-187.

44. WARD M.H., CANTOR K.P., RILEY D., LYNCH C.F. : Nitrate in public water supplies and risk of bladder cancer. Epidemiology, 2003 ; 14 : 183-190.

45. VILLANUEVA C.M., FERNANDEZ F., MALATS N., GRIMALT J.O., KOGEVINAS M. : Meta-analysis of studies on individual consumption of chlorinated drinking water and bladder cancer. Epidemiol. Community Health, 2003 ; 57 : 166-173.

46. CHIOU H.Y., CHIOU S.T., HSU Y.H., CHOU Y.L., TSENG C.H, WEI M.L., CHEN C.J. : Incidence of transitional cell carcinoma and arsenic in drinking water : a follow-up study of 8102 residents in an arseniasis-endemic area in northeastern Taiwan. Am. Epidemiol., 2001 ; 53 : 411-418.

47. MOORE L.E., SMITH A.H., ENG C., KALMAN D., WALDMAN F.M. : Arsenic-related chromosomal alterations in bladder cancer. J. Natl. Cancer Inst., 2002 ; 94 : 1688-1696.

48. MILLS P.K., BEESON W.L. : Bladder cancer in a low risk population : results from the Adventist Health Study. Am. J. Epidemiol., 1991 ; 133 : 230-239.

49. GEOFFROY- PEREZ B., CORDIER S. : Fluid consumption and the risk of bladder cancer : results of multicenter case-control study. Int. J. Cancer, 2001 ; 93 : 880-887.

50. EL-BOLKAIN Y. : The impact of schistosomiasis on the pathology of bladder carcinma. Cancer, 1981 ; 48 : 2643-2648.

51. BADAWI A.F. : Molecular and genetic events in schistosomiasis associated bladder cancer : rôle of oncogenes and tumor suppressor genes. Cancer Lett., 1996 ; 105 : 123-138.

52. HABUSHI T., TAKAHASHI R., KONTANI K., KAWAKAMI M., NAKAJIMA T., KATSUYAMA T. : Influence of cigarette smoking and schistosomiasis on p53 gene mutation in urothelial cancer. Cancer Res., 1993 ; 53 : 3795-3799.

53. EL-SHEIK S.S., MADAAN S., ALHASO A., ABEL P., STAMP G., LALANI E.N. : Cyclooxygenase-2 : a possible target in schistosoma-associated bladder cancer. BJU Int., 2001 ; 88 : 921-927.

54. EL-MAWLA N.G., EL-BOLKAINY., KHALED H.M. : Bladder cancer in Africa : update. Semin. Oncol. 2001 ; 28 : 174-178.

55. KHANTOR A.F., HARTGE P. : Urinary tract infection and risk of bladder cancer. Am. J. Epidemiol., 1984 ; 119 : 510-515.

56. LA VECCHIA C., NEGRI E., D'AVANZO B., SAVOLDELLI R., FRANCESCHI S. : Genital and urinary tract disease and bladder cancer. Cancer Res., 1991 ; 51 : 629-631.

57. WHEELER M.A., HAUSLADEN D.A., YOON J.H., WEISS R.M. : Prostaglandin E2 production and cyclooxygenase-2 induction in human urinary tract infections and bladder cancer. J. Urol., 2002 ; 168 : 1568-1573.

58. FUNFSTUCK R., FRANKE S., HELLBERG M., OTT U., KNOFEL B., STRAUBE E., SOMMER M., HACKER J. : Secretion of cytokines by uroepithelial cells stimulated by Escherichia coli and Citrobacter spp. Int. J. Antimicrob. Agents, 2001 ; 17 : 253-258.

59. WESTENEND P.J., STOOP J.A., HENDRIKS J.G. : Human papillomaviruses 6/11, 16/18 and 31/33/51 are not associated with squamous cell carcinoma of the urinary bladder. BJU Int., 2001 ; 88 : 198-201.

60. MVULA M., IWASAKA T., IGUCHI A., NAKAMURA S., MASAKI Z., SUGIMORO H. : Do human papillomavirus have a rôle in the pathogenesis bladder carcinoma ? J. Urol. 1996 ; 155 : 471-474.

61. TEKIN M.I., TUNCER S., AKI F.T., BILEN C.Y., AYGUN C., OZEN H. : Human papillomavirus associated with bladder carcinoma ? Analysis by polymerase chain reaction. Int. J. Urol., 1999 ; 6 : 184-186.

62. SIMONEAU M., LARUE H., FRADET Y. : Low frequency of human papillomavirus in initial papillary bladder tumors. Urol. Res., 1999 ; 27 : 180-184.

63. LOPEZ-BELTRAN A., ESCUDERO A.L., VICIOSO L., MUNOZ E., CARRASCO J.C. Human papillomavirus DNA as a factor determining the survival of bladder cancer patients. Br. J. Cancer, 1996 ; 73 : 124-127.

64. DE GAETANI C., FERRARI G., RIGHI E., BETTELLI S., MIGALDI M., FERRARI P., TRENTINI G.P. : Detection of human papillomavirus DNA in urinary bladder carcinoma by in situ hybridisation. J. Clin. Pathol. 1999 ; 52: 103-106.

65. TENTI P., ZAPPATORE R., ROMAGNOLI S., CIVARDI S., GIUNTA P., SCELSI R., CARNEVALI L. : P53 overexpression and human papillomavirus infection in transitional cell carcinoma of the urinary bladder : correlation with histological parameters. J. Pathol., 1996 ; 178 : 65-70.