Trucs et astuces pour une néphrectomie partielle robot-assistée guidée par l’image

05 novembre 2020

Auteurs : A. De Hauteclocque, J. Sarrazin, F. Matthieu, C. Michiels, H. Bensadoun, F. Bladou, G. Robert, G. Capon, N. Grenier, F. Bos, J.M. Ferrière, J.C. Bernhard
Référence : Prog Urol, 2020, 13, 30, 839
Objectifs

La chirurgie conservatrice pour les tumeurs rénales de gros volume a plusieurs impératifs : préservation optimale du parenchyme sain, excision en marges négatives et minimisation du temps d’ischémie. L’objectif de cette vidéo est de présenter des trucs et astuces pour la prise en charge multimodale d’une tumeur de complexité élevée.

Méthodes

La modélisation 3D de la tumeur était effectuée grâce au logiciel Synapse 3D (Fujifilm). Cet outil permettait de sélectionner des points de clampage au niveau de branches artérielles de 3e et 4e ordre afin d’éviter une ischémie rénale globale pendant la tumorectomie. La fonction TilePro du robot DaVinci Si offrait la visualisation du modèle 3D tout au long de la chirurgie. L’utilisation d’un échographe cœlioscopique permettait la délimitation des marges tumorales avant excision tumorale. Les données cliniques, collectées après consentement, étaient extraites de la base UroCCR.

Résultats

La patiente, une femme de 61 ans, présentait une tumeur de 6,6cm, équatoriale, rénale droite, de complexité modérée selon RENAL (9a) et élevée selon PADUA (10a). Deux branches artérielles de 3e et 4e ordre vascularisant la tumeur étaient repérées en pré-opératoire afin de planifier un clampage avec ischémie minimale du parenchyme sain. Les limites tumorales étaient comparées avec le pattern de dévascularisation grâce à un échographe intra-péritonéal et vérifiées par injection intraveineuse de vert d’indocyanine. Une fois les branches artérielles clampées, une tumorectomie en marges minimales était effectuée. La durée de la chirurgie était de 209minutes et les pertes sanguines, négligeables. L’analyse anatomopathologique a confirmé la nature bénigne de la lésion, à type d’oncocytome, d’exérèse complète. La patiente a regagné son domicile le lendemain de l’intervention sans présenter de complication immédiate ou à distance. Le scanner de contrôle à 3 mois ne montrait pas de récidive tumorale, le parenchyme restant se réhaussant harmonieusement. La fonction rénale était normale avec une créatininémie à 80μmol/L et un DFG à 64mL/mn.

Conclusion

Nous avons montré la faisabilité et la sécurité d’une technique de dévascularisation ciblée en néphrectomie partielle robot-assistée. Cette approche combine une meilleure préservation du parenchyme sain avec un contrôle anatomique de l’étendue de l’ischémie et du saignement. Elle permet de pratiquer une chirurgie conservatrice pour des tumeurs volumineuses sans compromettre les résultats oncologiques et fonctionnels.




 




Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.






© 2020 
Publié par Elsevier Masson SAS.