Troubles urinaires et génito-sexuels dans le syndrome d’apnée obstructive du sommeil : revue de la littérature

06 décembre 2020

Auteurs : A. Clerget, A. Kanbar, M. Abdessater
Référence : Prog Urol, 2020, 17, 30, 1069-1077
Objectifs

L’objectif de ce travail est de faire la revue des troubles urinaires et sexuels associés au syndrome d’apnée obstructive du sommeil (SAOS) aussi bien en termes de physiopathologie que de traitement potentiel.

Méthodes

La recherche a été réalisée selon la stratégie PRISMA en utilisant la base de données Pubmed et les termes MeSH : sleep apnea , urinary incontinence , erectile dysfunction , sexuality . Tous les articles publiés jusqu’à 2020, en français ou en anglais, ont été examinés sans restriction temporelle.

Résultats

La recherche a identifié 240 articles desquels 30 ont été utiles. La revue des listes des références a permis l’inclusion de 26 articles supplémentaires. Les troubles identifiés sont la nycturie, l’hyperactivité vésicale (HAV) et la dysfonction érectile (DE). L’augmentation des taux des facteurs natriurétique est responsable de la nycturie. La nycturie est associée à un index d’apnées/hypopnées (IAH) significativement plus élevé (49±11 vs 24±8 épisodes par heure avec p =0,0001), avec une sévérité proportionnelle à celle du SAOS et une valeur prédictive positive de 71 %. L’hypoxémie intermittente récurrente entraîne une atteinte axonale périphérique et une urgenturie subséquente. Une corrélation positive existe entre l’HAV le SAOS, surtout lorsque ce dernier est modéré ou sévère. Les patients atteints de SAOS présentent un risque accru d’avoir une DE, avec un OR combiné de 0,45 (IC95 % : 0,18–0,71). L’hypoxémie intermittente nocturne, la diminution du monoxyde d’azote et l’augmentation de la pression artérielle et de l’endothéline 1 contribuent à la DE. Le traitement précoce du SAOS par pression positive continue (CPAP) permet l’amélioration partielle mais significative de la nycturie, des scores d’HAV et d’incontinence urinaire et de la DE.

Conclusion

Le SAOS est associé à des troubles urinaires (nycturie et HAV) et sexuels (DE) dont la gravité et la fréquence sont liées à la sévérité du syndrome. Ces troubles sont réversibles après le traitement du SAOS par CPAP. La recherche d’un SAOS est raisonnable en cas de nycturie pathologique ou d’impuissance avec perte de l’érection matinale.




 




Abréviations


SAOS : syndrome d'apnée obstructive du sommeil
ICS : International Continence Society
IAH : index d'apnées/hypopnées
ADH : hormone antidiurétique
VPP : valeur prédictive positive
VPN : valeur prédictive négative
CPAP : ventilation en pression positive continue
FNA : facteur natriurétique auriculaire
BNP : peptide cérébral natriurétique
OR : odds ratio
IC : intervalle de confiance
DE : dysfonction érectile
IIEF-15 : index international de la fonction érectile
BCR : boucle du réflexe bulbo-caverneux
PSEP : potentiels évoqués sensitifs du nerf pudendal
BDI : Beck's Depression Inventory


Introduction


Le syndrome d'apnée obstructive du sommeil (SAOS) est une pathologie dont la prévalence ne cesse d'augmenter. Elle est estimée entre 9 et 38 % dans le monde. Le SAOS constitue un enjeu de santé publique majeur notamment du fait des risques cardio et cérébro-vasculaires associés [1]. Ce syndrome se caractérise par la survenue, pendant le sommeil, d'épisodes répétés de collapsus complets (apnées) ou incomplets (hypopnées) des voies aériennes supérieures. Son diagnostic repose sur la coexistence de critères cliniques et d'un tracé polysomnographique montrant un index d'apnées/hypopnées (IAH) supérieur à 5 épisodes par heure. La sévérité du SAOS est basée sur l'IAH : un index compris entre 5 et 15/heure correspond à un syndrome léger, entre 15 et 30/heure correspond à un syndrome modéré et supérieur à 30/heure correspond à un SAOS sévère. La somnolence diurne souvent associée au SAOS constitue également un critère de gravité du fait de son retentissement majeur sur la vie personnelle et professionnelle du patient.


Il est classiquement admis que le SAOS est associé à des troubles urinaires et sexuels dont la physiopathologie est encore mal définie.


Parmi les troubles urinaires, la nycturie constitue un des symptômes les plus gênants, associés aux troubles du sommeil [2, 3]. Elle est définie selon l'International Continence Society (ICS) comme « le fait de se lever au moins une fois par nuit pour uriner ». Cependant, l'importance clinique n'est observée qu'avec au moins deux mictions nocturnes [4, 5]. Il s'agit d'un symptôme fréquent du bas appareil urinaire, qui concerne la phase de remplissage, dont la prévalence augmente avec l'âge [6] de 58 % des hommes et 66 % des femmes entre 50-59 ans, à 72 % et 91 % respectivement après 80 ans [7]. L'interruption du sommeil [8] résultante entraîne une importante dégradation de la qualité de vie des patients et de leur état de santé global : somnolence diurne, troubles anxio-dépressifs, arrêt de travail [9, 10] et mortalité accrue [9, 11, 12]. Il s'agit également d'une cause d'institutionnalisation des personnes âgées, deux fois plus que les non nycturiques, du fait des perturbations nocturnes et du risque de chute associés [13, 14]. Elle est souvent peu explorée car généralement considérée chez l'homme un symptôme d'hypertrophie bénigne de prostate, et chez la femme âgée comme un signe d'une vessie instable et/ou d'une réduction de la capacité vésicale liée à l'âge [15, 16, 17, 18]. En dehors du SAOS, la nycturie est liée à une augmentation de la production nocturne d'urines qui est compensée par une diminution de la production diurne sans augmentation du volume urinaire des 24heures [19]. En temps normal, la production d'urine se fait selon un cycle circadien [20] avec une diminution du volume produit au cours de la nuit. Cela est étroitement lié à une augmentation de la sécrétion de l'hormone antidiurétique (ADH) au cours du sommeil, qui entraîne une résorption accrue de l'eau au niveau du tubule rénal et une production d'urines plus concentrées la nuit avec un volume réduit [21]. Certains travaux ont rapporté que les taux plasmatiques d'ADH sont souvent indétectables au cours de la nuit chez les patients âgés présentant une nycturie, ce qui pourrait expliquer cette symptomatologie [22].


Le syndrome d'hyperactivité vésicale (HAV) a été de même relié au SAOS. Il correspond au besoin soudain et irrépressible d'uriner (urgenturie), avec ou sans incontinence urinaire, fréquemment associé à une pollakiurie et une nycturie, en dehors d'une infection urinaire. Contrairement à la nycturie que les patients expérimentent exclusivement durant la nuit, l'HAV se manifeste aussi pendant la journée [23]. Des altérations multifactorielles, hypoxémiques, psychiques, nerveuses, hormonales et/ou vasculaires ont été suggérées entraînant la destruction nerveuse, la dénervation du détrusor et l'altération du métabolisme de la sérotonine [24].


Certains auteurs ont rapporté un SAOS chez 44 % des patients présentant une dysfonction érectile (DE), qui est une plainte fréquente chez les hommes âgés. Elle est définie par l'incapacité d'obtenir et/ou de maintenir une érection suffisante pour permettre une activité sexuelle satisfaisante pendant au moins 3 mois. Sa prévalence augmente avec l'âge mais aussi en association avec certaines comorbidités notamment cardio-vasculaires [25, 26].


Nous présentons dans cette étude une revue de la littérature des travaux traitant le lien entre le SAOS et les troubles urinaires et sexuels, et la réponse thérapeutique de ces troubles après traitement efficace du SAOS.


Matériel et méthodes


La recherche bibliographique a été réalisée selon la stratégie PRISMA en utilisant la base de données Pubmed et les termes MeSH : sleep apnea , urinary incontinence , erectile dysfunction , sexuality . Tous les articles publiés jusqu'à 2020, en français ou en anglais, ont été examinés sans restriction temporelle. Seuls les articles dans lesquels le diagnostic de syndrome d'apnée obstructive du sommeil était objectivé par une polysomnographie d'au moins 8heures étaient inclus dans cette étude. Les titres ne référant pas au sujet concerné ont été exclus. Les résultats sont présentés d'une manière descriptive. Le processus de la revue de la littérature est détaillé dans un diagramme de flux (Figure 1).


Figure 1
Figure 1. 

Diagramme de flux de la revue de la littérature réalisée selon les recommandations PRISMA.




La recherche a identifié 240 articles publiés jusqu'à 2020. Les articles exclus à partir des titres et des résumés sont au nombre de 182. L'étude des textes intégraux a permis l'exclusion de 28 articles apportant des informations redondantes. Au total 30 articles ont été utiles pour notre revue. La revue des listes des références a permis l'inclusion de 26 articles supplémentaires. Au total la revue a comporté 9 revues, 24 études transversales, 16 cohortes, 1 rapport de cas, 3 essais cliniques et 1 étude cas-témoins.


Résultats


Troubles urinaires


Nycturie


Plusieurs études ont décrit une association entre la sévérité du SAOS et l'existence de nycturie (Tableau 1). Guilleminault et al ont évalué la nycturie, son impact sur la qualité de vie et son amélioration après traitement de l'apnée, dans une étude contrôlée prospective sur des hommes âgés au moins de 65 ans et souffrant de SAOS. L'analyse multivariée a montré que le SAOS était un facteur de risque indépendant associé à la nycturie (>1 épisode par nuit). Les facteurs significativement associés étaient l'indice de masse corporelle (p =0,02) et l'IAH (p =0,001) [27]. Fitzgerald et al. [28] ont mené une revue de 196 études, qui a confirmé les données précédentes. Ils ont montré de plus que l'âge, le diabète, et la sévérité du SAOS (p <0,001) étaient reliés à la fréquence de la nycturie chez les patients souffrant de SAOS. En 2003, une étude rétrospective a été réalisée par Hadjuk et al. [29] pour étudier la relation entre les variables polysomnographiques et la présence de nycturie pathologique (définie par au moins 2 mictions par nuit) chez 138 patients (50 femmes et 88 hommes). L'analyse multivariée a montré que l'IAH, le temps de sommeil total<90 %, la fréquence des désaturations, étaient les prédicteurs de nycturie pathologique indépendants de l'indice de masse corporelle et des comorbidités. L'analyse des données polysomnographiques a suggéré que la sévérité du SAOS pouvait être associée à un risque plus important de nycturie particulièrement chez les sujets jeunes. Cette tendance a été confirmée dans les travaux de Kaynak et al. en 2014 [30] sur 246 femmes et 829 hommes. Ils ont décrit que la nycturie était significativement plus fréquente chez 55 %, 29 %, 30 % et 21 % des patients atteints de SAOS sévère, modéré, minime ou bronchopathie isolée respectivement. La présence d'au moins 4 mictions nocturnes a été reliée à un SAOS sévère avec une valeur prédictive positive (VPP) de 71 % et une valeur prédictive négative (VPN) de 62 %. Ils ont conclu que la découverte d'une nycturie sévère chez un patient devrait faire rechercher un SAOS sévère notamment via une consultation spécialisée en médecine du sommeil. Arslan et al. [31] ont étudié plus précisément la relation entre le SAOS et les symptômes du bas appareil urinaire chez des sujets ayant une hypertrophie bénigne prostatique. À volume prostatique comparable, la présence d'IAH>15/h a été un facteur de risque indépendant de survenue de nycturie. Le questionnaire International Prostate Symptom Score (IPSS) a été relié d'une manière significative à la sévérité de la nycturie. Ils ont conclu que la rechercher d'un SAOS chez les patients ayant une hyperplasie prostatique et particulièrement une nycturie était raisonnable.


Réversibilité après traitement du SAOS


Guilleminault et al. [27] ont comparé la fréquence des mictions nocturnes avant et après 1 mois de traitement du SAOS par ventilation en pression positive continue (CPAP) nasale nocturne. Ce traitement a permis l'amélioration significative de la nycturie et de la qualité de vie des patients, avec une diminution de la fréquence des mictions nocturnes a moins de deux épisodes par nuit. Fitzgerald et al. [28] ont obtenu des résultats similaires. Ils ont observé chez les patients présentant un SAOS et une nycturie (en moyenne 3 mictions par nuit), une diminution significative de la fréquence des mictions nocturnes avec une disparition totale chez 60 % patients (n =29/46), après traitement par CPAP. Ainsi, il semble que le traitement du SAOS chez les patients souffrant de nycturie permet une résolution rapide de la symptomatologie chez la majorité des patients, indépendamment de la modification d'autres facteurs (indice de masse corporelle, statut hormonal...). L'effet direct du traitement du SAOS sur la nycturie renforce l'hypothèse étiologique reliant directement ces deux entités cliniques.


Hyperactivité vésicale


Les travaux récents ont mis en évidence l'association entre SAOS et le syndrome d'HAV. Kemmer et al ont rapporté la présence d'HAV chez 39 % des patients souffrant d'apnée de sommeil. Ils ont démontré en utilisant des scores validés l'existence d'une corrélation positive entre l'HAV le SAOS, surtout lorsque ce dernier était modéré ou sévère [23].


Réversibilité après traitement du SAOS


Ipecki et al ont mené en 2016 une étude expérimentale sur 140 patientes ayant un SAOS. L'HAV et l'incontinence urinaire étaient présentes chez 79,3 % et 35,7 % des femmes respectivement. L'incontinence urinaire était détectée chez 39,6 % des femmes ayant une HAV. Ils ont observé que le traitement du SAOS par CPAP pendant 3 mois chez 111 femmes souffrant d'HAV a permis une amélioration statistiquement significative des scores de l'hyperactivité vésicale (OABSS) et l'incontinence urinaire (ICIQ-SF) chez les patientes ayant un SAOS modéré à sévère (p <0,01) [23, 24, 32]. Cependant des études supplémentaires comparatives sont nécessaires pour définir les meilleures stratégies thérapeutiques de l'HAV associée au SAOS [23].


Données urodynamiques


Quelques études urodynamiques ont évalué l'évolution des données urodynamiques après traitement par CPAP, chez les patients souffrant de SAOS. Avant le traitement, la minorité des patients évalués pour troubles urinaires avaient des altérations urodynamiques et 74,4 % avaient des paramètres normaux.


Après un 1 an de traitement par CPAP, 83,7 % ont eu une normalisation de leur évaluation. Le débit maximal, la capacité vésicale, le résidu post-mictionnel, le premier besoin, le besoin maximal, la capacité vésicale et la pression maximale du détrusor n'ont montré aucun changement. Cependant, le traitement par CPAP a été associé à une amélioration statistiquement significative de l'accommodation de la vessie avec une augmentation de la capacité cystométrique maximale et une diminution de la pression du detrusor en fin de la phase de remplissage. L'hyperactivité vésicale a diminué de 50 % chez 6 de 11 patients, sans être statistiquement significative. Dans une étude sur 43 patients, Fernandez-Pello et al ont rapporté une amélioration significative du score prostatique international (IPSS de 2,79 points) et du score de l'hyperactivité vésicale (OAB-V8 de 3,66 points) et une diminution des épisodes de nycturie d'1 épisode par nuit. La capacité vésicale n'a pas été reliée à l'amélioration des symptômes urinaires [33].


Troubles génito-sexuels


Dysfonction érectile


La description de DE comme un symptôme du SAOS a été faite pour la première fois en 1977 par Guilleminault et al. [34]. Par la suite, une association statistique entre SAOS et DE a été décrite dans de nombreuses études (Tableau 2) [35, 36, 37, 38]. Kellesarian et al. [39] ont mené en 2018 une méta-analyse avec une revue systématique englobant 28 études, parmi lesquels 9 (avec un total de 127 515 patients) ont étudié l'association entre SAOS et DE (7 transversales et 2 cohortes, de bonne qualité, avec des scores entre 7 et 11 sur la checklist Critical Appraisal Skills Program). Le diagnostic de DE a été fait en utilisant les questionnaires : Nocturnal penile tumescence psychosocial interview, Sexual Health Inventory for Men, Brief Male Sexual Function Inventory, The International Index of Erectile Function (IIEF). Le diagnostic de SAOS a été fait en utilisant la polysomnographie. La méta-analyse a trouvé que les patients atteints de SAOS présentaient un risque accru d'avoir une DE, avec un OR combiné de 0,45 (IC95 % : 0,18-0,71). Budweiser et al. [40] ont évalué cette relation en présence d'autres facteurs de risques de la DE (l'âge, l'obésité, les pathologies cardio-vasculaires, l'hypertension artérielle, le diabète, les antécédents de chirurgie prostatique, et la prise de bêtabloquants). En analyse multivariée, les auteurs ont montré que la saturation artérielle moyenne nocturne en oxygène (p =0,012) et l'âge (p <0,001) étaient associés à la DE d'une façon indépendante. Dans leur étude, Margel et al. [41] ont observé un déclin constant de tous les domaines de la fonction érectile évalués via le IIEF-15, avec l'augmentation de la sévérité du SAOS. Dans ce travail, les patients présentant un IAH supérieur à 40 épisodes par heure ont eu des scores de IIEF-15 significativement plus mauvais que les autres. La caractéristique la plus affectée par la sévérité du SAOS a été l'érection matinale. Les facteurs prédictifs de DE chez les patients avec un SAOS étaient en analyses multivariées : la fatigue matinale, l'âge, l'IAH. Par conséquent, un SAOS devrait être recherché chez un patient se plaignant de DE et particulièrement d'impuissance. De même, les patients âgés se plaignant de fatigue matinale et/ou atteints d'un SAOS sévère devraient être investigués pour une DE du fait de sa prévalence élevée et de son impact sur leur qualité de vie.


Réversibilité après traitement du SAOS


À court terme, le traitement par CPAP semble efficace pour améliorer la DE. Gonçalves et al. [36] ont décrit qu'environ 75 % des patients souffrant de DE avec un SAOS ont récupéré une fonction érectile normale après 1 mois de traitement par CPAP, avec une amélioration importante de leur qualité de vie. De même, Taskin et al. [42] ont démontré l'efficacité du traitement par CPAP sur la DE chez des patients avec un SAOS sévère après une durée d'1 mois, avec une amélioration significative du score IIEF-5 moyen passant de 15,71±5,12 avant le traitement par CPAP, à 19,06±3,94. Tous les patients ont répondu au traitement et leur fonction érectile s'est améliorée quelle que soit leur saturation nocturne minimale (seuil de 80 % SaO2 ). Margel et al. [41] ont réalisé une étude rétrospective sur 60 patients, à plus long terme. Après un an de traitement par CPAP, les patients qui ont noté une amélioration maximale de leur fonction érectile étaient ceux qui présentaient les saturations nocturnes les plus basses et les IAH les plus importants. Les effets positifs de la CPAP chez les patients souffrant d'une DE modérée à sévère ont été rapportés par plusieurs travaux [41, 42, 43, 44]. Budweiser et al. [43] ont suivi l'évolution de la fonction érectile des patients atteints de SAOS avec ou sans traitement par CPAP pendant au moins 30 mois. En comparant les patients ayant une DE modérée à sévère, ceux traités par CPAP (n =21) ont présenté une amélioration significative par rapport au groupe témoins (n =18), de leur fonction sexuelle globale, fonction orgasmique, désir sexuel et satisfaction globale. Perimenis et al. [45] ont comparé de façon randomisée l'efficacité de la CPAP par rapport au sildénafil sur 30 patients (IAH>5/heure) sur la fonction érectile (évaluée par le IIEF-15). Ils ont observé une amélioration de ce score dans les deux groupes. Cependant, les résultats obtenus (à l'exception du désir sexuel) avec sildénafil étaient significativement meilleurs. De la même manière, le nombre de rapports sexuels et le taux de rapports considérés comme «réussis» dans le groupe de sildénafil étaient significativement supérieur à ceux du groupe CPAP. Néanmoins, les sujets de cette étude ne présentaient qu'un SAOS léger ; condition dans laquelle le traitement par CPAP serait moins efficace.


Discussion


Différentes hypothèses ont été avancées afin d'expliquer la relation entre SAOS et nycturie. Les travaux réalisés par Yalkut et al. [46] sur des rats ont montré que l'obstruction expérimentale de la trachée des animaux et l'application d'une pression négative intra-thoracique via un système de valve étaient associées à une augmentation de la production du facteur natriurétique auriculaire (FNA) par le muscle myocardique. Les hypothèses avancées seraient, d'une part, une distension atriale causée par les pressions négatives importantes secondaires aux efforts fournies afin de lever l'obstacle trachéal, d'autre part, une augmentation de la pression au sein de l'atrium droit liée à la vasoconstriction des artères pulmonaires en réponse à l'hypoxémie. Le FNA, similairement au peptide cérébral natriurétique (BNP), par son effet inhibiteur sur de la production d'ADH, paraît à l'origine de l'augmentation de la production nocturne d'urines [21]. L'hypoxémie pourrait d'ailleurs elle-même stimuler la production de FNA par le myocarde. Umlauf et al. et Krieger et al ont mis en évidence l'augmentation de la sécrétion nocturne de FNA chez les patients souffrant de SAOS modéré à sévère [47, 48, 49]. Une augmentation de la production nocturne du BNP a également été mise en évidence par Ljunggren et al. [50]. Ils ont mesuré le taux matinal de BNP chez 349 femmes suivant une nuit d'enregistrement polysomnographique. Le taux de BNP a été proportionnel à la sévérité du SAOS après ajustement sur l'âge, l'indice de masse corporelle, la pression artérielle systolique, la créatinine et la prise de médicaments antihypertenseurs. La comparaison aux femmes ayant un IAH<5 a montré que l'odds ratio (OR) d'avoir un BNP élevé a été de 2,2 (intervalle de confiance (IC) à 95 % : 1,1-4,4) pour les femmes avec un IAH entre 5 et 14,9, 3,1 (IC95 % : 1,4-6,5) pour un IAH entre 15 et 29,9, et 4,6 (IC95 % : 1,8-11,9) pour un IAH≥30 [21].


L'HAV limite les interactions sociales et perturbe le sommeil, la santé mentale et sexuelle, d'où l'importance du dépistage et du traitement précoce. Les mécanismes physiopathologiques de l'HAV dans le SAOS sont moins clairs que ceux de la nycturie isolée. Yilmaz et al ont rapporté que les femmes étaient les plus touchées par le syndrome d'HAV et l'incontinence urinaire. L'hypoxémie intermittente récurrente expérimentée par les patients durant les épisodes d'apnée du sommeil a été liée à une atteinte axonale périphérique et une urgenturie subséquente [24].


Nous n'avons actuellement pas d'explication consensuelle quant au développement d'une DE dans le SAOS. La genèse de ces troubles est probablement multifactorielle. Une première hypothèse serait que l'hypoxémie nocturne réduit la production de monoxyde d'azote [51] et augmente des taux d'endothéline [52]. Ces changements favorisent une dysfonction endothéliale altérant la régulation du réseau vasculaire pénien, entraînant une détérioration de la capacité érectile. Gonçalves et al. [36] ont décrit l'hypoxémie nocturne comme un facteur prédictif de DE. En effet, une saturation nocturne minimale inférieure à 80 % a été associée à une augmentation du risque de DE de 15,2 % à 40,4 %. Des résultats similaires ont été rapportés par Budweiser et al. [41]. Ils ont défini les domaines des troubles sexuels étant des altérations de la fonction érectile, du désir sexuel, de la satisfaction globale, et du score global de IIEF-15. Par ailleurs, Ip et al. [51] ont rapporté que les taux de monoxyde d'azote étaient significativement plus bas chez les sujets présentant un SAOS, avec une corrélation négative avec la sévérité du SAOS, le temps de désaturation nocturne et la pression artérielle systolique. Ce phénomène était réversible sous traitement nasal par CPAP avec une augmentation significative du taux de monoxyde d'azote après une nuit de traitement. Phillips et al. [52] ont montré que l'augmentation de la pression artérielle et des taux circulants d'endothéline 1 (facteurs pouvant interférer avec la vascularisation pénienne) chez les patients atteints d'apnée du sommeil était reliée à la saturation nocturne et à la sévérité du SAOS. Ce phénomène serait principalement lié à l'hypoxémie et rapidement réversible sous CPAP.


Une autre hypothèse serait celle d'une atteinte neuropathique. Fanfulla et al. [53] ont supposé l'existence d'une dysfonction sacrée chez les patients atteints de SAOS pouvant expliquer la DE. Ils ont alors réalisé des études électromyographiques afin d'évaluer la présence d'une neuropathie pudendale chez 25 patients. Ils ont étudié la boucle du réflexe bulbo-caverneux (BCR) qui reflète l'intégrité des structures afférentes et efférentes de la moelle sacrée entre S2-S4. De même, ils ont évalué l'intégrité de la voie afférente vers le cortex sensitivomoteur à l'aide de potentiels évoqués sensitifs du nerf pudendal (PSEPs). L'intégrité de ces deux voies est essentielle à la transmission des impulsions sensitives du gland vers le cerveau et au maintien de l'érection. Les BCR de 25 sujets atteints de SAOS étaient comparés à ceux de 25 hommes en bonne santé du même âge. Une latence altérée et une amplitude de signal réduite ont été observées chez 11 (44 %) patients. Une atteinte sévère a été observée chez les 6 patients, sans aucun signal détecté après stimulation. L'étude neurophysiologique a permis de diagnostiquer une polyneuropathie infra-clinique chez 6 patients. Les patients avec un BCR altéré présentaient un IAH plus élevé, un pourcentage de temps de sommeil avec SaO2<90 % (TST90) plus important et une PaO2 diurne plus basse. Le SAOS et les altérations gazométriques étaient plus sévères chez les patients présentant une polyneuropathie, comparés à ceux qui présentaient une atteinte isolée du BCR.


La possibilité de troubles psychogènes participant au développement d'une DE a également été explorée. Il est fréquent de retrouver un syndrome dépressif majeur chez les hommes atteints de SAOS. Une étude conduite par Paul Peppard [54] sur 1408 patients a retrouvé que le risque de dépression se multiplie par 2,6 chez les patients atteints de SAOS sévère. De plus, une diminution de la libido est rapportée chez une grande partie des hommes avec un SAOS dans plusieurs études [56, 36, 37, 53, 55]. L'équipe de Taskin et al. [42] a montré une corrélation entre les troubles de l'humeur, évalués via le Beck's Depression Inventory (BDI), et la sévérité du SAOS. Cependant, la comparaison après un mois de traitement de deux groupes, un premier traité par CPAP et un deuxième traité par antidépresseurs, a montré une amélioration significative de la fonction érectile uniquement dans le groupe de patients traités par CPAP malgré un retour à la normale du BDI des patients sous traitement antidépresseur. On peut cependant se poser la question de l'impact de ce traitement médicamenteux sur la fonction érectile pouvant interférer avec les résultats obtenus.


Conclusion


Le syndrome d'apnée obstructive du sommeil est une pathologie en progression du fait de l'augmentation du taux d'obésité dans les pays développés et en voie de développement. Ce syndrome est associé à des troubles urinaires et sexuels dont la gravité et la fréquence sont liées à la sévérité du syndrome.


Les données présentées dans cet article suggèrent la recherche d'un SAOS en cas de nycturie pathologique et lorsqu'elle constitue la plainte principale chez un patient ayant une hypertrophie bénigne prostatique. De même, il serait raisonnable de chercher un SAOS chez un patient se plaignant de DE et plus particulièrement en cas d'impuissance avec perte de l'érection matinale. Ces troubles sont réversibles après le traitement du SAOS par CPAP.


Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.




Tableau 1 - Caractéristiques des études et de leurs populations - Troubles urinaires.
Références  Type d'étude  Aspects urologiques étudiés  Nombre de patients  Âge médian (ans)  Durée de traitement par CPAP 
Guilleminault, 2004  Prospective multicentrique  Nycturie  87  68±3,2  1 mois 
Fitz Gerald, 2006  Rétrospective monocentrique  Nycturie  196  49  Variable 
Hajduk, 2003  Rétrospective monocentrique  Nycturie  138  49,7±12,3  Pas de CPAP 
Hajduk, 2004  Rétrospective monocentrique  Nycturie  1075  49±11  Pas de CPAP 
Arslan, 2008  Rétrospective multicentrique  Nycturie  99  51  Pas de CPAP 
Kemmer, 2009  Prospective monocentrique  Hyperactivité vésicale
Incontinence d'urgence 
100  ND  Pas de CPAP 
Ipecki, 2016  Prospective monocentrique  Hyperactivité vésicale
Incontinence d'urgence 
140  49,3±9,6  3 mois 
Yilmaz, 2018  Cas-témoins  Hyperactivité vésicale  53 (38/15)  ND  Pas de CPAP 
Fernandez-Pello, 2019  Prospective monocentrique  Paramètres urodynamique  43  59,6±8,7  1 an 



Légende :
ND : non disponible ; CPAP : ventilation en pression positive continue.



Tableau 2 - Caractéristiques des études et de leurs populations - Troubles sexuels.
Références  Type d'étude  Nombre de patients  Âge médian (ans)  Durée de traitement par CPAP 
Kellesarian, 2018  Meta-analyse  4244  Entre 41,0/−8,8 et 61,7 ans  Pas de CPAP 
Budweiser, 2009  Prospective monocentrique  401  Sans dysfonction : 49,9 ans
Avec dysfonction : 61,7 ans 
Pas de CPAP 
Margel, 2004  Prospective monocentrique  209  IAH<5 : 43,9 ans
IAH [5 ; 20] : 44,3 ans
IAH [20 ; 40] : 49,9 ans
IAH>40 : 50,2 ans 
Pas de CPAP 
Goncalves, 2004  Prospective monocentrique  98  46,9±9,5 ans  1 mois 
Taskin, 2009  Randomisée contrôlée  40 (20/20)  Groupe 1 : 51,05±7,28 ans
Groupe 2 : 53,05±6,65 ans 
1 mois 
Budweiser, 2013  Prospective monocentrique  91  55,2 ans  Long terme, variable 
Perimenis, 2004  Randomisée contrôlée  30 (15/15)  CPAP : 55,7±3,6 ans
Sildénafil : 56,4±3,3 ans 
12 semaines 



Légende :
IAH : index d'apnées/hypopnées ; CPAP : ventilation en pression positive continue.


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