Travaux scientifiques : présentation orale ou publication écrite ?

25 janvier 2009

Auteurs : E. Lechevallier
Référence : Prog Urol, 2009, 1, 19, 64-65




 



Dans cet article, un peu éloigné des préoccupations classiques de l'urologie, les auteurs se sont attachés à savoir ce que devenaient les travaux scientifiques présentés à un congrès, celui de l'AFU. Il s'agit d'une tâche difficile, très instructive et très pertinente, pour dynamiser la publication scientifique française. Il faut en féliciter les auteurs. Il ressort de cette approche que 30 % des présentations au congrès de l'AFU sont ensuite publiées. On peut a priori estimer que c'est honorable. Quand on regarde les chiffres absolus plutôt que les pourcentages, 153travaux parmi 443 ont été publiés. Cela paraît plutôt faible. Si l'on rapporte ces chiffres aux différentes revues, 33 parmi 443travaux ont été publiés dans Progrès , 20 dans Journal of Urology et 17 dans European Urology . Cela devient insuffisant ! Pourquoi aussi peu de présentations orales sont-elles publiées ? En fait, il est difficile de savoir ce que devient un travail scientifique après avoir été présenté en oral lors d'un congrès. Est-il « abandonné » par ses auteurs, est-il soumis et refusé, est-il présenté dans un autre congrès... ? Dans cet article, la méthodologie utilisée, la seule facilement utilisable, ne permet pas de répondre à ces différentes questions. Un travail peut être abandonné par désintéressement des auteurs (surtout quand il s'agit d'une étude rétrospective), par changement d'équipe des auteurs (internes, CCA), par crainte de refus par une revue, par crainte de la faible pertinence du thème du travail... Les premiers auteurs des présentations orales, étant souvent les plus jeunes, ils peuvent être plus facilement la proie de la démotivation. Les seniors doivent donc absolument motiver les jeunes auteurs à poursuivre, vers la publication dans une revue, leur travail. Une présentation dans un congrès n'a pas de valeur dans une épreuve de titre. Elle permet à l'auteur et à son équipe de se faire connaître, et d'avoir un avis positif sur l'auteur et l'équipe. Un travail réalisé doit être exploité au maximum (thèse, présentations, articles...). Un travail peut servir de base à plusieurs publications. Une fois le travail publié en anglais, il peut être soumis et publié en français.

De la même façon, on pourrait s'interroger sur ce que deviennent les travaux soumis et refusés à un congrès. Sont-ils soumis, voire acceptés et finalement publiés par une revue scientifique ?

Les processus et les critères d'acceptation d'un travail scientifique ne sont pas les mêmes pour un congrès et pour une revue scientifique. Il est donc difficile de comparer ces deux outils de diffusion de la connaissance scientifique, congrès et revue. Les travaux acceptés par ces deux outils sont donc forcément très différents. Un travail accepté pour présentation orale ne sera pas systématiquement accepté pour publication par une revue, et inversement.

Dans cet article, il faut préciser que le délai analysé est celui entre la présentation orale et la publication dans la revue et non le délai entre la soumission et la publication, qui est le plus souvent nettement inférieure à 12mois.

Progrès, avec Elsevier, s'efforce de motiver la publication des travaux des équipes francophones. Pour cela, les délais de soumission sont suivis, les travaux présentés à l'AFU sont identifiés lors de la soumission, le taux de refus est assez faible.

Plus globalement, il serait pertinent de réaliser une étude auprès des équipes françaises afin d'apprécier ce que deviennent leurs travaux scientifiques une fois finalisés (soumis-acceptés-refusés à des congrès, à des revues).



 Commentaire de l'article : Gourtaug G, Bruyère F. Quel est le taux de publication des communications présentées au congrès annuel de l'Association française d'urologie ?







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