Traumatismes fermés du rein avec extravasation urinaire : résultats à long terme d'une attitude conservatrice

25 novembre 2012

Auteurs : J.-A. Long, G. Fiard, O. Skowron, J.-L. Descotes, B. Boillot, N. Terrier, C. Thuillier, A. Arvin-berod, V. Arnoux, M. Chodez, C. Lanchon, C. Iriart, J.-J. Rambeaud
Référence : Prog Urol, 2012, 13, 22, 765




 

Objectifs.– Évaluer les résultats d’une approche conservative de l’extravasation urinaire suite à un traumatisme fermé du rein.


Méthodes.– Une étude observationnelle prospective a été réalisée entre janvier 2004 et octobre 2011. Une surveillance initiale a été proposée à 99 patients présentant une lésion traumatique du rein de grade IV selon la classification révisée de l’AAST. Parmi eux, 72 patients présentaient une extravasation urinaire. La prise en charge et les résultats ont été comparés entre les patients présentant une fuite urinaire et ceux qui n’en présentaient pas. La fonction rénale postopératoire a été évaluée six mois après le traumatisme par une scintigraphie DMSA. Les facteurs prédictifs d’une prise en charge endoscopique ou chirurgicale et la fonction rénale à long terme ont été évalués en analyse multivariée.


Résultat.– Parmi les patients avec une fuite urinaire, une prise en charge endoscopique par stent ou une chirurgie ouverte ont été nécessaires dans 37,5 % et 15,2 %, respectivement.


En analyse multivariée, une fièvre>38,5°C et une obstruction urétérale par caillots étaient des facteurs indépendants de la nécessité de pose d’un stent urétéral. Le seul facteur prédictif de chirurgie ouverte était le pourcentage de parenchyme dévascularisé. La perte à long terme de fonction rénale était corrélée au pourcentage de parenchyme dévascularisé et aux lésions viscérales associées. L’extravasation urinaire n’était pas un facteur prédictif de l’intervention ou de la fonction rénale.


Conclusion.– L’extravasation urinaire suite à un traumatisme fermé peut être gérée de manière non interventionnelle et ne semble pas prévoir une diminution à long terme de la fonction rénale. Compte tenu du mauvais pronostic des tissus dévitalisés, les patients avec>25 % des fragments dévascularisés pourraient être séparés au sein du grade IV de la classification révisée de l’AAST.




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