Traumatismes du bas appareil urinaire lors des accidents de la route. Épidémiologie, présentation clinique, suivi à court et moyen terme de 591 cas

25 novembre 2019

Auteurs : N. Kara
Référence : Prog Urol, 2019, 13, 29, 653-654
Objectifs

Les accidents de la route sont la première cause de traumatismes des voies génito-urinaires. Il n’existe que très peu de données concernant les traumatismes du bas appareil génito-urinaire (TBAGU). Le principal objectif de cette étude était d’évaluer l’incidence et les présentations cliniques des TBAGU lors des accidents de la route. L’objectif secondaire était de définir des facteurs prédictifs de traumatisme ainsi que des associations de lésions.

Méthodes

Les patients étaient recrutés via le registre départemental des traumatisés de la route entre 1995 et 2015. Nous avons étudié les TBAGU en fonction des catégories d’utilisateur. La sévérité des lésions était appréciée par le score « Abbreviated Injury Scale ». Les présentations cliniques, radiologiques et chirurgicales étaient recueillies dans le dossier médical. Un modèle de régression multivarié était utilisé pour l’analyse des données et une méthode de régression logistique multiple avec pénalité, était utilisée pour définir les associations de lésions (DataShared-SepLogit method).

Parmi les 178 625 victimes, 591 (0,33 %) présentaient des TBAGU. Cinquante-trois pour cent des patients étaient des conducteurs de deux-roues motorisées (C2RM), 26,4 % étaient des cyclistes.

Résultats

Chez les 312 C2RM, les lésions testiculaires (60 %)et scrotales (24 %) étaient les plus fréquentes.

Chez les 156 cyclistes, les lésions péniennes étaient les plus fréquentes (27 %). Chez les automobilistes on dénombra principalement des lésions vésicales (46 %) et testiculaires (20 %). Comparativement aux femmes, être un homme était un facteur de risque de TBAGU pour les C2RM (RR=4), les automobilistes (RR=3) et les piétons (RR=2). Pour les cyclistes, être un homme était un facteur de protection.

Une association entre les lésions testiculaires et pénienne a été retrouvée pour les automobilistes et les cyclistes. Les lésions vésicales étaient associées aux fractures pelviennes chez les piétons et les automobilistes. Le taux de sauvetage testiculaire pour les patients bénéficiant d’une chirurgie après un traumatisme testiculaire fermé était de 64 % (7 sutures de l’albuginées réalisée sur 11 fractures testiculaires) contre 33 % pour les traumatismes ouvert (Tableau 1, Tableau 2 et Fig. 1).

Conclusion

Parmi les 178 625 victimes, 591 (0,33 %) présentaient des TBAGU. La majorité était des conducteurs de deux-roues motorisées et l’organe le plus touché était le testicule (41 %), le scrotum (20 %) et le pénis (15 %).

Des associations de lésions ont étés retrouvés grâce à la nouvelle méthode “DataShared-SepLogit”, cela pourrait être étendue aux autres organes et faciliter les diagnostics des polytraumatisés.




 





Fig. 1
Fig. 1. 

Application of the DataShared-SepLogit approach on the Rhone Registry Data. An association between two injured organ (OR > 1 and p < 0,05) is represented by an edge (line between two organs) .





Déclaration de liens d'intérêts


Bourse de l'AFU.




Tableau 1 - Prise en charge des 78 traumatismes testiculaires avec dossier clinique disponible.







Tableau 2 - Facteurs de risques de TBAGU : odds ratio estimé par régression logistique multivariée.









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