Transplantations rénales à partir de donneurs décédés par arrêt circulatoire contrôlé M3 et non contrôlé M2 : un impact sur les complications urinaires ? Étude multicentrique de 317 transplantations DDAC

05 novembre 2020

Auteurs : B. Mesnard, M. Leroy, J. Hunter, D. Kervella, M.O. Timsit, L. Badet, P. Glemain, T. Prudhomme, J. Dantal, S. De Vergie, O. Bouchot, J. Rigaud, G. Karam, M. Giral, J. Branchereau
Référence : Prog Urol, 2020, 13, 30, 721
Objectifs

La diminution du nombre de donneurs en mort encéphalique (DME) et l’augmentation des inscrits sur liste de transplantation rénale ont contribué au développement des greffes à partir des donneurs décédés par arrêt circulatoire contrôlé (DDACM3) et non contrôlé (DDACM2). Ces transplantations présentent-elles plus de complications urinaires ?

L’objectif de ce travail est d’évaluer les complications urinaires des transplantations à partir de DDACM2 et de DDACM3.

Méthodes

Entre 2002 et 2018, 10 279 transplantations rénales sur des receveurs majeurs ont été recensées au sein du réseau Données Informatisées et VAlidées en Transplantation (DIVAT). Une extraction de données a été réalisée sur l’ensemble du réseau et a concerné 44 variables pré-, per- et postopératoires sélectionnées pour leur intérêt dans la littérature dont le type de donneur (vivant/mort cérébrale/Maastricht II/Maastricht III). Une analyse a été réalisée en univariée, puis en multivariée. L’analyse principale a porté sur l’association entre le type de donneur et l’ensemble des complications urologiques à 1an puis parmi les sous-groupes sténoses, fistules et reflux.

Résultats

Au total, 317 transplantations DDAC (224 M2 et 93 M3) ont été analysées et comparées à 9962 transplantations non DDAC.

Les transplantations M2 sont significativement associées à une diminution du risque de complication urologiques à 1 an (OR : 0,59 [0,38–0,93], p =0,022). En analyse de sous-groupe, la transplantation M2 est significativement associée à une diminution des sténoses et fistules.

Les transplantations M3 ne sont pas associées à une augmentation du risque de complications urologiques à 1 an (OR : 1,06 [0,55–2,03], p =0,859) quel que soit le sous-groupe.

Les durées d’ischémie froide sont significativement inférieures pour les transplantations M2 (820,629min) et M3 (588,484min) que pour les donneurs non DDAC (1158,003min).

La perfusion des transplants rénaux sur machine pulsatile hypothermique n’impacte pas les complications urologiques à 1 an quel que soit le type de donneur DME ECD/DDACM2/DDACM3.

Conclusion

Les transplantations rénales avec donneurs décédés par arrêt circulatoire (contrôlé et non contrôlé) ne présentent pas plus de complications urinaires que les transplantations à partir de donneur en mort encéphalique.




 




Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.






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