Base bibliographique

PSA et obésité: mythes et réalités
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 762


Objectifs

Les variations éventuelles du taux de PSA en fonction de l’obésité, chez les hommes porteurs d’un cancer de prostate (CaP) localisé, sont peu explorées et pour le moins contradictoires. L’objectif de cette étude était de confirmer ou infirmer que l’hémodilution, liée à l’obésité, entraîne des variations du taux sérique et de la masse de PSA en cas de CaP localisé.


Méthodes

La cohorte ANDROCAN (NCT02235142), prospective, multicentrique, a recruté de juin 2013 à juin 2016, 1343 hommes porteurs d’un CaP localisé, traités par prostatectomie radicale robot-assistée. Les mesures préopératoires du poids, de la taille, de l’IMC, du pourcentage de masse graisseuse sur balance à impédance, et du PSA dans un laboratoire centralisé, ont été rapportées à l’histologie, confirmée par un anatomopathologiste unique, de la pièce opératoire. La masse de PSA a été calculée a partir du volume plasmatique suivant la formule simplifiée du Baltimore Longitudinal study of aging : volume plasmatique=1,67×surface corporelle.


Résultats

Parmi les 1343 patients, 432, 556 et 224 avaient un IMC<25, entre 25 et 30 et>30ng/mL respectivement. Au total, 912 patients étaient ISUP ≤ 2, d’âge médian 63,6 (IQR : 59,50–68,0) ans. Au total, 431 patients étaient ISUP ≥ 3, d’âge médian 65,6 (IQR : 61,0–69,1) ans. Les patients ISUP ≥ 3 étaient significativement plus âgé. La comparaison des dosages de PSA et des masses de PSA par groupe ISUP est rapporté dans le Tableau 1. La seule différence significative observait était entre les masse de PSA des patients ISUP≤2 avec un IMC>30 vs [25–30].


Conclusion

La concentration sérique de PSA, en cas de cancer de prostate localise, n’est pas influencée par le poids du sujet. La masse de PSA semble plus discriminante, mais la mesure approchée du volume plasmatique relativise ces résultats.

Qualité de vie des patients après prostatectomie totale : résultats de l’étude ANDROCAN
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 659


Objectifs

L’impact des traitements du cancer de la prostate localisé sur la qualité de vie globale des patients est peu évalué. Nous avons étudié la qualité de vie des patients avant et un an après prostatectomie totale.


Méthodes

Nous reportons les résultats de l’étude prospective multicentrique ANDROCAN évaluant la qualité de vie des patients avant et un an après prostatectomie totale. Le questionnaire standardisé Aging Male's Symptoms Scale (AMS) mesurait la qualité de vie somatique, psychologique et sexuelle à l’aide de 3 sous-scores et un score global.


Résultats

Mille cent quatre-vingt-dix-sept sur 1347 (89 %) patients inclus dans l’étude ANDROCAN ont accepté de répondre aux questionnaires AMS avant prostatectomie totale. À un an postopératoire, 701 (59 %) patients ont été évalués. L’âge moyen des patients étaient de 63,9 ans (63,6–64,3). Le score global moyen AMS augmentait de 31,8 (31,1–32,5 IC95 %) à 35,9 (35,1–36,7 IC95 %) à un an postopératoire, traduisant une altération significative de la qualité de vie globale (p <0,0001). Par comparaison, le score global moyen AMS de la population générale était de 30,2. On observait également une altération significative de la qualité de vie psychologique (p <0,04) et sexuelle (p <0,00001). Aucun impact sur la qualité de vie somatique n’était mis en évidence (p =0,06). La circonférence abdominale et l’hypertension artérielle préopératoires étaient significativement associées à une altération de la qualité de vie.


Conclusion

La qualité de vie est un sujet d’intérêt pour la majorité des patients pris en charge pour un cancer de la prostate localisé. Une altération significative de la qualité de vie globale, sexuelle et psychologique était observée un an après prostatectomie totale. Les patients ayant un syndrome métabolique avaient un risque plus élevé d’altération de la qualité de vie.

Quand privilégier les biopsies ciblées en fusion IRM-échographie ?
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 666-667


Objectifs

La réalisation de biopsies ciblées (BC) par fusion IRM-échographie pose la question de la nécessité des biopsies systématiques (BS) pour le diagnostic du cancer de prostate. L’objectif de cette étude a été d’identifier des facteurs prédictifs de détection d’un cancer cliniquement significatif (CaPcs) par des BC seules.


Méthodes

Étude rétrospective multicentrique sur 322 patients ayant bénéficié de BS et BC par fusion IRM-US (Koelis® Urostation/Trinity) entre 2010 et 2017. Chez les patients avec BC positives uniquement, une analyse uni-multivariée a été effectuée en tenant compte des facteurs âge, densité du PSA (PSAd), toucher rectal, score PIRADS-v2, taille de la cible à l’IRM (maxIRM), nombre de biopsies par cible et antécédent de biopsies prostatiques. Des courbes ROC avec identification d’un seuil (index de Youden) ont été réalisées pour chaque facteur significatif.


Résultats

Deux cent soixante-huit (268/322, 83 %) patients ont eu des BC positives dont 77 (23,9 %) avec BS négatives et 191 (59,3 %) avec BS positives. En analyse univariée, la PSAd (OR=0,3 ; IC95 % : 0,1–0,8 ; p =0,02) et le maxIRM (OR=0,9 ; IC95 % : 0,9–1 ; p =0,001) étaient les seuls facteurs prédictifs de positivité des BC. En analyse multivariée, seul le maxIRM était significatif (OR=0,9 ; IC95 % : 0,9–1 ; p =0,001). Les AUC étaient respectivement de 0,584 (seuil=0,14, sensibilité=62 %, spécificité=56 %) et 0,695 (seuil=10mm, sensibilité=73 %, spécificité=57,1 %) pour la PSAd et le maxIRM et de 0,696 pour la combinaison PSAd et maxIRM. Seul le maxIRM était retrouvé comme facteur prédictif de positivité de CaPcs en analyse multivariée (OR=0,875 ; IC95 %=0,815–0,940 ; p <0,0001). L’AUC était de 0,698 (seuil=13,5mm, Se=53,8 %, Sp=79,2 %) (Fig. 1, Fig. 2 et Tableau 1)


Conclusion

Chez des patients avec une lésion cible à l’IRM<13,5mm, les biopsies ciblées seules pourraient être suffisantes pour la détection de CaPcs. Des études prospectives sont nécessaires pour confirmer ces résultats avant d’arrêter la réalisation des biopsies systématiques.

Réaction inflammatoire et expression du signal Sonic Hedgehog-Gli1 dans l’uretère humain sain ou intubé par une sonde JJ ou un fil
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 749-750


Objectifs

Le signal Sonic Hedgehog-Gli1 intervient dans le trophisme musculaire et le péristaltisme. Une étude animale a montré que la sonde JJ provoque un apéristaltisme, une inflammation urétérale et une diminution de l’expression de Gli1. La sonde MiniJFil® entraînant une dilatation urétérale sans inflammation, cette étude décrit la réaction inflammatoire et l’immunomarquage par Gli1 de l’uretère humain sain ou intubé par une sonde ou un fil.


Méthodes

Ce protocole de recherche de catégorie 3 référencé sous le numéro 2017.09.02bis a été validé par un CPP. Après consentement et inclusion des patients dans le protocole, neuf segments d’uretères ont été prélevés au cours d’interventions de cystectomie et de néphro-urétérectomie pour tumeurs vésicales ou des voies excrétrices supérieures. L’inflammation urétérale a été évaluée sur coupe histologique après inclusion en paraffine et coloration par HES. L’immunomarquage des cellules musculaires lisses d’une section d’uretère par l’anticorps polyclonal Gli1 a été utilisé comme témoin du reflet d’un signal Hedgehog actif. La comparaison de l’immunomarquage a été faite de façon subjective compte tenu du faible échantillon inclus.


Résultats

Les prélèvements urétéraux ont été récoltés plus d’un mois après la pose des sondes. Trois provenaient d’uretères sains, trois autres d’uretères intubés par une sonde JJ et les trois derniers étaient occupés par le fil d’une sonde MiniJFil®. Une réaction inflammatoire urétérale marquée et une diminution de l’intensité de l’immunomarquage par Gli1 dans les cellules musculaires lisses a été observée dans tous les cas d’uretère intubé par une sonde JJ (Fig. 1B et Fig. 2B). Il n’a pas été observé plus d’inflammation dans l’uretère habité par un fil (Fig. 1C) que dans l’uretère normal (Fig. 1A). Il semblerait que le marquage Gli1 des cellules musculaires lisses soit conservé dans l’uretère habité par le fil (Fig. 2C). Aucun aspect d’atrophie urétérale n’a été noté dans les cas d’uretère intubé par une sonde JJ.


Conclusion

Même si l’échantillon est petit et si les résultats restent préliminaires, cette étude confirme que la sonde JJ altère sévèrement la structure urétérale. La recherche de la sonde urétérale idéale pourrait ainsi porter sur l’allègement du matériel intra-urétéral au moins dans les segments où l’uretère n’a pas besoin d’être intubé. Le fil de la MiniJFil® pourrait répondre à cette exigence.

Récupération améliorée après chirurgie (RAAC) pour cystectomie : impact sur la durée de séjour et les complications péri- et postopératoires
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 753


Objectifs

La chirurgie mini-invasive et la récupération améliorée après chirurgie (RAAC) sont deux axes d’optimisation de la cystectomie. L’objectif de cette étude est d’évaluer l’impact de la mise en place d’un protocole RAAC chez les patients opérés d’une cystectomie pour tumeur de vessie infiltrant le muscle (TVIM) en termes de durée de séjour (DMS) et de complications postopératoires.


Méthodes

Il s’agit d’une étude monocentrique rétrospective ayant inclus 137 patients consécutifs traités par cystectomie pour une TVIM localisée entre janvier 2015 et mai 2019, incluant 79 procédures incisionnelles et 58 procédures mini-invasives robot-assistées. Un protocole RAAC a été appliqué chez tous les patients à partir de février 2018 (n =61 procédures) et incluait des mesures pré-, per- et postopératoires, anesthésiques et chirurgicales. Nous avons recensé la durée de séjour et les complications périopératoires (durant l’hospitalisation) et post-opératoires précoces (< 90jours) selon la classification de Clavien–Dindo et comparé ces données à celles antérieures au protocole RAAC.


Résultats

Sur les 137 patients inclus, d’âge médian 69,8 ans [32,3–91,1], 76 procédures ont été réalisées hors protocole RAAC et 61 ont été réalisées dans le cadre du protocole RAAC. La DMS était de 11,8jours [7,9–38,8] dans le groupe RAAC versus 12,8jours [8,8–44,0] hors RAAC. Concernant les complications périopératoires, le taux de complications mineures (Clavien–Dindo 1 ou 2) a été significativement réduit par la mise en place du protocole RAAC (31,1 % versus 48,7 %, p =0,027) sans modification du taux de complications majeures (16,4 % versus 10,5 %, p =0,31). Concernant les complications postopératoires précoces, nous avons constaté une stabilité du taux de complications (32,8 % versus 27,6 %, p =0,51). La voie d’abord chirurgicale (incisionnelle versus robot-assistée) n’impactait pas significativement la DMS ni le taux de complications, contrairement au protocole RAAC.


Conclusion

La récupération améliorée après chirurgie (RAAC) permet de diminuer significativement le taux de complications périopératoires mineures (Clavien–Dindo I et II) après cystectomie et de réduire la durée de séjour, sans augmentation du taux de complications postopératoires à 90jours. La RAAC, plus que la voie d’abord chirurgicale, est un élément majeur d’optimisation périopératoire autour de la cystectomie.

Récupération rapide après chirurgie, hyperpréparation et ambulatoire : retour sur 5 années d’expérience autour de la prostatectomie totale robot-assistée
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 659


Objectifs

La mise en place d’un programme de récupération rapide après chirurgie (RRAC) améliore les résultats périopératoires et l’expérience patient. Cependant, peu d’études l’ont évalué concernant la prostatectomie totale robot-assistée. La préparation préopératoire par un séjour d’hyperpréparation (consultation IDE, psychologue, kinésithérapeute, Cs anesthésie, évaluation fonctionnelle, discussion de groupe) pourrait participer à cette amélioration, et faciliter le passage à un séjour en ambulatoire.


Méthodes

L’expérience d’un centre a été évaluée depuis la mise en route d’un programme RRAC en 2014 autour de la prostatectomie totale robot-assistée, puis d’un séjour d’hyperpréparation, et d’un programme d’ambulatoire. Les durées moyennes de séjour, les taux de réhospitalisations à 30 et 60jours, les complications ont été revues. De façon prospective, les patients opérés en ambulatoire ont été comparés aux patients hospitalisés (au moins une nuit) au cours de la même période.


Résultats

Les durées moyennes de séjour ont progressivement diminué depuis la RRAC passant de 5,3jours avant 2014, à 4,5 (2014) 4,0 (2015), 3,6 (2016), 3,0 (2017), puis 1,8 en 2018. Le nombre de cas par années a augmenté de 60 à 90 entre 2014 et 2018. Les taux de réhospitalisations à 30 et 60jours sont restés stables (<10 %) au cours du temps, sans augmentation significative du nombre de complications. Les 20 patients opérés en ambulatoire avaient les mêmes caractéristiques (cliniques, pathologiques, opératoires) que le groupe contrôle contemporain. La satisfaction du programme d’ambulatoire était élevé (100 % lors d’une évaluation téléphonique réalisée après 3 mois), avec un taux d’adhésion évalué à 70 % lors de la proposition d’ambulatoire faite à la consultation.


Conclusion

L’implication progressive des équipes soignantes par un programme de RRAC, d’hyperprération préopératoire, puis d’ambulatoire a permis de réduire les durées d’hospitalisations sans majorer les taux de complications et de réhospitalisations, avec une adhésion et une satisfaction importante des patients.

Réfection de l’anastomose vésico-urétrale par voie extra-péritoneale robot-assistée pour traiter les sténoses anastomotiques post-prostatectomie radicale
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 771


Objectif

Les sténoses de l’anastomose vésico-urétrale post-prostatectomie radicale représentent un véritable challenge chirurgical après plusieurs échecs de traitement endoscopique. Le retentissement sur la qualité de vie du patient est important. Cette étude a pour but de montrer la faisabilité de la reconstruction anastomotique robot-assistée.


Méthodes

Cette étude présente une série de cas de reconstruction de l’anastomose vésico-urétrale robot-assistée pour sténose anastomotique après plusieurs échecs de traitement endoscopique. La voie extra-péritonéale est utilisée pour effectuer cette technique. On commence par réséquer l’anastomose vésico-urétrale dans toute sa partie fibreuse puis une nouvelle anastomose vésico-urétrale est effectuée avec du tissu sain. Un lambeau de vessie peut être utilisé pour aider à la reconstruction. Une sonde urinaire est laissée en place pour 7jours.


Résultats

Entre avril 2013 et mai 2018, 6 procédures ont été effectuées dans notre service. Un patient avait bénéficié d’une prostatectomie radicale robot-assistée dans notre service, les 5 autres ont été opérés de prostatectomie radicale par laparotomie dans d’autres centres. Trois patients ont reçu de la radiothérapie de rattrapage avant la reconstruction. L’âge moyen était de 73,8 ans [68–82]. Il n’y a pas eu de complication per-opératoire. Le temps moyen de la chirurgie était de 108min [60–180], avec des pertes sanguines moyennes de 130ml [50–300]. Après la chirurgie, 3 patients ont été traités endoscopiquement après 3, 5 et 11 mois devant une récidive de la sténose. Trois patients présentaient une incontinence traitée par l’implantation d’un sphincter urinaire artificiel. Un patient n’avait plus de symptômes après 5 ans de suivi.


Conclusion

La reconstruction de l’anastomose vésico-urétrale robot-assistée est une technique sure qui présente un intérêt certain devant des sténoses récidivantes de l’anastomose post-prostatectomie. C’est une alternative à la voie périnéale et une option avant l’incontinentation. Les patients doivent être avertis du risque de démasquer une incontinence et du risque de récidive, surtout les patients ayant reçus une radiothérapie.

Réhabilitation précoce après néphrectomie partielle robot-assistée : y a-t-il un bénéfice pour les patients ?
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 688-689


Objectifs

La réhabilitation améliorée après chirurgie (RAAC) a montré de nombreux avantages notamment en chirurgie digestive et actuellement pour la cystectomie en urologie. L’objectif de notre étude était d’évaluer l’intérêt et la sécurité d’un programme de RAAC pour la néphrectomie partielle robot-assistée (NPRA) pour cancer.


Méthodes

Il s’agissait d’une étude monocentrique rétrospective comparative dans un centre où un programme de RAAC après NPRA a été introduit depuis 2015 et proposé à tous les patients opérés de NPRA après consentement signé. Le groupe contrôle incluait les patients opérés d’une NPRA immédiatement avant la mise en place du protocole. Les paramètres étudiés incluaient les caractéristiques des patients, des tumeurs, les paramètres peropératoires (saignement, temps d’ischémie), biologiques, les durées d’hospitalisation, les complications postopératoires et le taux de réhospitalisation. Les comparaisons étaient calculées en utilisant le test Pearson Chi2 pour les données qualitatives et le test de Student pour les données quantitatives.


Résultats

Entre 2015 et 2017, 112 patients ont été inclus dans le groupe RAAC (Tableau 1) et 50 patients ont été inclus dans le groupe contrôle. La durée d’hospitalisation était significativement plus courte dans le groupe RAAC que dans le groupe contrôle (90 patients [80,4 %] sortis à j2 postopératoire ou avant vs. 10 patients [20 %] ; p <0,001). Les résultats des suites postopératoires sont présentés dans le Tableau 2. Il n’était pas retrouvé de différence significative en termes de complications postopératoires (15,2 % dans le groupe RAAC vs. 20 % dans le groupe contrôle, p =0,447) ni de taux de réhospitalisations dans les 30jours postopératoires (9 patients [8,04 %] dans le groupe RAAC vs. 1 patient [0,2 %] dans le groupe contrôle, p =0,140).


Conclusion

La RAAC après NPRA semble diminuer les durées d’hospitalisation postopératoires sans augmenter les complications postopératoires ou les taux de réhospitalisations. La mise en place d’un protocole de RAAC nécessite une prise en charge multidisciplinaire et une formation des équipes médicales et paramédicales pour une application optimale en sécurité pour le patient.

Réimplantation urétéro-néovessie robot-assistée en utilisant le système Firefly®
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 782


Objectif

Description de la technique de réimplantation urétéro-néovessie robot-assistée en utilisant le vert d’indocyaine (ICG) et le bleu de méthylène.


Méthodes

Un patient de 66 ans avec un rein unique congénital avait bénéficié d’une cystectomie robot-assistée avec néo-vessie type Studer intra-corporelle pour cancer de vessie infiltrant. Une néphrostomie droite a été posée à 1 mois pour traiter une pyélonéphrite obstructive sur sténose urétéro-néovésicale. Il a été réalisé secondairement une réimplantation urétéro-néovessie robot-assistée en injectant l’ICG et le bleu de méthylène dans la sonde de néphrotomie pour aider au repérage et à la dissection de l’uretère et par l’injection de bleu de méthylène dans la sonde vésicale pour aider à l’identification de la néo-vessie. Une anastomose urétéro-néovessie a été réalisée, après mise en place d’une sonde JJ.


Résultats

Le temps opératoire a été de 60minutes. Les pertes sanguines ont été de 100cc. La sonde de néphrostomie a été retirée au 2e jour. Le patient a repris des gaz au 2e jour et des selles au 3e jour. Le patient est sorti au 3e jour. La sonde vésicale et la sonde JJ ont été retirées en soins externes respectivement au 14e et au 21e jour. Il n’y a pas eu de complications post-opératoires avec un recul de 6 mois.


Conclusion

La technique de réimplantation urétéro-néovessie robot-assistée en utilisant le vert d’indocyanine (ICG) et le bleu de méthylène est faisable et permet de faciliter l’identification de l’uretère et de la néo-vessie afin de permettre la réimplantation.

Résulta à long terme de l’urétroplastie en Onlay dans le traitement de l’hypospadias proximal associé à une courbure du pénis
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 692


Objectifs

L’urétroplastie en Onlay est l’une des techniques chirurgicales utilisées dans le traitement en seul temps des formes postérieures d’hypospadias. Sur une période de plus de 20 ans nous avons utilisé cette technique chirurgicale chez un grand nombre de patients.


Méthodes

Huit patients âgés actuellement de 14 à 25 ans, ayant subit durant leurs jeune âge une urétroplastie en Onlay pour corriger un hypospadias postérieur associé à une courbure du pénis, ont été revu entre janvier 2016 et mars 2019. Nous avons réalisé chez eux évaluation des Résultats fonctionnel et esthétique.


Résultats

Le résultat fonctionnel était considéré comme bon, aucun des patients ne présentait des dysuries, ni de notion d’infection urinaire à répétions, et le sondage urinaire n’a pas retrouvé de sténose de l’urètre. Cependant, les 8 patients ont présenté une réapparition de la courbure du pénis, et chez 3 d’entre eux, une correction chirurgicale en deux temps a été proposée et réalisée par le chirurgien traitant.


Conclusion

Si les résultats à court terme de l’urétroplastie en onlay sont souvent très bon. À long terme, le résultat esthétique risque d’être décevant.

Résultat d’un traitement chirurgical de sauvetage guidé par le résultat du TEP/TDM au 68Ga-PSMA-11 pour la récidive biologique après prostatectomie radicale
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 661


Objectifs

Évaluer la pertinence des traitements chirurgicaux de sauvetage des patients en récidive biologique (RB) de cancer de la prostate après prostatectomie, décidé sur la base des résultats du TEP/TDM au 68Ga-PSMA-11.


Méthode

À partir de la base de données des patients ayant eu au sein de l’institution une TEP/TDM au 68Ga-PSMA-11 entre avril 2016 et avril 2018, ont été revus les patients en RB après prostatectomie radicale et ayant bénéficié d’un traitement de sauvetage chirurgical.


Résultats

Treize patients en RB âgés en moyenne de 70 ans [53–78] et ayant un grade histologique initial ISUP 1 pour 3 d’entre eux, ISUP 2 pour 5 et ISUP3 pour 5 ont été inclus. La valeur médiane du PSA était de 1,23ng/mL [0,2–12,5] et son temps de doublement de 6,4 mois [0,6–33,6]. La TEP/TDM au 68Ga-PSMA-11 a permis une prise en charge chirurgicale dans 11 cas : 6 curages ganglionnaires pelviens étendu et 1 lombo-aortique, 2 orchidectomies, 2 électroporations, 1 cryothérapie et 1 chirurgie de carcinose. Les résultats histologiques retrouvaient un adénocarcinome prostatique sur les 7 curages ganglionnaires, la carcinose et une orchidectomie. L’efficacité du traitement basé sur un PSA indosable après traitement était notée dans 8 cas sur 11. La durée médiane de suivi était de 9 mois (Fig. 1).


Conclusion

L’accès à la TEP/TDM aux ligands du PSMA, encore limité en France, apporte des éléments informatifs pour la prise en charge de la récidive biologique après chirurgie et guide le traitement en améliorant le contrôle de la maladie à court terme. Le suivi à moyen/long terme et l’inclusion d’autres patients confirmeront la prise en compte de cet examen.

Résultat oncologique d’une résection simultanée d’une tumeur vésicale et d’une hypertrophie prostatique par rapport à une résection d’une tumeur vésicale seule
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 696


Objectifs

La coexistence de symptômes du bas appareil urinaire (SBAU) en rapport avec une hypertrophie prostatique (HP) et d’une tumeur vésicale non infiltrant le muscle (TVNIM) est fréquente en pratique courante. Le but de notre étude était d’évaluer le résultat oncologique d’une résection endoscopique simultanée d’une TVNIM et d’une HBP par rapport à une résection d’une TVNIM seule.


Méthodes

Une étude comparative a été menée dans notre service entre 2000 et 2017. Les critères d’inclusion du premier groupe (G1) étaient les patients de sexe masculin, ayant des SBAU avec une indication à une résection transurétrale prostatique (RTUP) et ayant subi simultanément, une résection transurétrale vésicale (RTUV) et une RTUP. Le deuxième groupe (G2) témoin avait inclus les patients ayant des SBAU en rapport avec une HBP et ayant subi une RTUV seule. Le taux et le délai récidive, le taux de récidive dans la loge prostatique (LP) et le taux de progression tumorale ont été comparés dans les deux groupes.


Résultats

Notre étude a colligé 192 cas dont 95 patients du G1 et 97 patients du G2. L’âge moyen était significativement inférieur dans le G2 (65 ans contre 70 ans). Le taux de tabagisme, les caractéristiques des tumeurs vésicales et le risque de récidive et de progression étaient comparables dans les deux groupes (Tableau 1). En analyse univariée, les deux groupes étaient comparables en ce qui concerne le taux de récidive (41 % pour G1 et 49,4 % pour G2, p =0,6), le délai moyen de récidive (p =0,68), le taux de récidive dans la LP (p =0,87) et le taux de progression (p =0,4). L’étude multivariée a montré que le taux de récidive globale ajusté était significativement inférieur dans le G1 (p =0,035) et qu’une localisation initiale dans l’urètre prostatique n’influence pas le taux de récidives à ce niveau (p =0,8) (Tableau 2).


Conclusion

Notre étude a montré que la résection simultanée vésicale et prostatique est faisable sans augmentation du taux de récidive aussi bien au niveau de la LP qu’au niveau de la vessie. Cette technique permettrait ainsi un gain anesthésique et économique intéressant.

Résultats à long terme de l’implantation d’un sphincter urinaire artificiel dans le traitement de l’incontinence urinaire par insuffisance sphinctérienne chez l’enfant
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 691-692


Objectifs

Le but de cette étude était d’évaluer les résultats fonctionnels à long terme et les complications de l’implantation d’un sphincter urinaire artificiel (SUA) chez les enfants présentant une incontinence urinaire (IU) par insuffisance sphinctérienne (IS).


Méthodes

Tous les patients âgés de moins de 18 ans ayant bénéficié de l’implantation d’un SUA entre 1986 et octobre 2018 ont été inclus. Ont été évalués la continence, ainsi que les taux de révision et d’explantation.


Résultats

Trente-sept patients d’âge médian 12 ans (IQR=4) ont été inclus, (15 filles, 22 garçons), avec un recul médian de 25 ans. Vingt-cinq étaient porteurs d’une IS d’origine neurologique, essentiellement des patients spina bifida, 5 présentaient une agénésie sphinctérienne congénitale, et 2 un épispade. Chez les neurologiques, le mode mictionnel prédominant était la poussée abdominale. Quarante-huit pour cent avaient un antécédent chirurgical, majoritairement pour reflux vésico-urétéral ou ectopie testiculaire. Chez les garçons, le SUA a été implanté en position péricervicale dans 2/3 des cas (n =25). Au terme du suivi, 73 % des SUA étaient en place, 13 ont été révisés (35 %) et 11 (30 %) ont été explantés pour érosion ou infection. Au terme du suivi, 1/3 ne présentait aucune fuite, 2/3 quelques fuites nécessitant le port de 0 à 1 protection par jour.


Conclusion

L’implantation d’un SUA chez ces enfants a permis d’obtenir un taux de continence satisfaisant à long terme avec un taux d’explantation et de révision acceptable.

Résultats de la néphrectomie partielle RObot-assistée chez les patients oBESEs avec IMC >30 kg/m 2 (étude UroCCR-43 : RoBèse)
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 729-730


Objectifs

Évaluer la morbidité, les résultats carcinologiques et fonctionnels de la voie d’abord robotique pour la néphrectomie partielle (NP) chez le patient obèse (IMC>30kg/m2).


Méthodes

Analyse rétrospective portant sur les patients avec IMC>30 et opérés par NP entre 2009 à 2017 et inclus prospectivement après consentement dans la base de données française UroCCR (CNIL DR 2013-206 ; NCT03293563). Analyse descriptive de la population et comparaison du groupe expérimental « NPR » avec un groupe contrôle néphrectomie partielle ouverte (NPO). Les variables qualitatives ont été décrites par les effectifs et pourcentages. Comparaisons par les tests du Chi2, de Fischer et le test de Student pour les variables qualitatives et quantitatives. Analyse de survie par un modèle de survie d’Aalen–Johansen pour prendre en compte le risque compétitif (Rstudio version 1.1.463).


Résultats

Au total, 669 patients (480 NPR vs 189 NPO) présentaient un IMC>30kg/m2, médiane : 32,4kg/m2 dont 9,2 % en obésité morbide (IMC>40) avec un suivi médian de 36 mois. Parmi les patients, 62,2 % avaient un ASA 2 et 72,9 % un ECOG 0. Aucune différence statistique n’était retrouvée sur les variables de complexité et de taille tumorale. Les taux de complications per-, postopératoires médicales et chirurgicales étaient significativement moins importants après NPR (5,5 vs 11 %, 13,2 vs 20 % et 3,8 vs 15 %, respectivement). La durée d’hospitalisation et les pertes sanguines étaient inférieures après NPR (3,8 vs 8,1 j et 305 vs 426mL). Le Trifecta et la durée de clampage n’était pas statistiquement différents. Les variations de fonction rénale étaient comparables entre les 2 groupes. Les survies sans récidives étaient identiques dans les 2 groupes.


Conclusion

(1) La voie d’abord robotique permet de diminuer la morbidité de la NP et les durées d’hospitalisation chez les patients obèses (IMC>30kg/m2) tout en garantissant des résultats oncologiques et fonctionnels équivalents à la voie ouverte. (2) Effectifs trop faibles pour conclure sur les patients en obésité sévère (IMC>35).

Résultats de la prostatectomie radicale dans le cancer de la prostate localement avancé
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 697-698


Objectifs

Le cancer de la prostate est le 1er cancer chez l’homme, plusieurs traitements sont proposés en fonction du stade pathologique. Chez les patients classés pT3, les résultats carcinologiques est controversé, nous rapportons les résultats carcinologique de la prostatectomie radicale (PR) chez les patients présentant un cancer de la prostate localement avancé.


Méthodes

Étude rétrospective, ayant inclus tous les malades bénéficiant d’une PR. Le critère d’inclusion est le stade pT3. Tous les patients ont bénéficié d’un curage ganglionnaire étendu. Ont été évalué le statu des marges chirurgicales, la survie sans récidive biochimique et la survie sans métastase.


Résultats

Trois cent neuf patient ont été inclus, l’âge moyen est de 64 ans, le PSA moyen avant la PR est 12,7ng/mL, 46 % des patients présentait un stade clinique T1c, 32 % T2a, 10 % T2b et 12 % T2c. Sur la pièce opératoire, 43 % présentant un score de Gleason 7 (3+4), 42 % score 7 (4+3) et 7 % score 8 (5+3). Neuf pour cent des patients avaient un envahissement ganglionnaire et 37 % avaient des marges chirurgicales positives. Sur un suivi moyen de 9 ans, 41 % ont présenté une récidive biologique dont 16 % précoce avant 12 mois ayant nécessité un traitement hormonal adjuvant et 25 % tardive ayant nécessité une radiothérapie. Aucune métastase n’a été diagnostiquée chez nos malade le long du suivi.


Conclusion

La prostatectomie est recommandée en première ligne dans les pT3 pour des patients bien sélectionnés dans le cadre d’une approche multimodale. Elle offre un contrôle carcinologique et une permet survie sans récidive et sans métastase. Cependant, un traitement adjuvant au cours de l’évolution de la maladie peut s’avérer nécessaire.

Résultats de l’expérience initiale de l’aquablation pour le traitement de l’hypertrophie bénigne de la prostate
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 715-716


Objectifs

L’aquablation est une technique mini-invasive innovante pour le traitement de l’HBP. Son principe repose sur l’utilisation d’un jet d’eau de haute vélocité guidé par un logiciel robotique sous contrôle endoscopique et échographique endorectale. Nous décrivons notre expérience initiale utilisant cette technique.


Méthodes

Tous les malades opérés dans notre centre entre mars 2018 et mai 2019 sont inclus. Les données préopératoires, peropératoires et postopératoires sont recueillies dans un registre d’une façon prospective. Les résultats à trois mois sont évalués de manière comparative. Une valeur p <0,05 est considérée comme significative.


Résultats

Cinquante et un malades ont été traités par aquablation. Le poids prostatique moyen était de 69g (30–148) et 14 patients étaient en rétention urinaire (Tableau 1). La durée opératoire moyenne était de 79min (28–116), une hémostase sélective par électrocoagulation a été réalisée chez 25 patients. En postopératoire 4 patients étaient en rétention et 2 perforations capsulaires sont notées. Ces complications ont été résolues par un sondage urinaire plus long. Un patient avait présenté une hématurie nécessitant un decaillotage en salle d’endoscopie sous anesthésie locale. À 3 mois, la réduction du PSA (p =0,001), du résidu post-mictionnel (p =0,033), du volume prostatique (p <0,0001), du score d’IPSS (p =0,003) et l’amélioration de débit urinaire maximal (p =0,028) étaient significatives. Les scores IIEF5 et MSHQ-EJD étaient inchangés (Fig. 1).


Conclusion

L’aquablation est une technique efficace pour le traitement de l’HBP. Elle permet de bons résultats fonctionnels avec une préservation de la fonction sexuelle et éjaculatoire. Un suivi plus long est nécessaire pour évaluer les Résultats à long terme.

Résultats du protocole de recherche clinique 2017-A00205-48 évaluant l’utilisation et la tolérance d’une nouvelle sonde urétérale anti-reflux
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 725


Objectifs

La sonde double J peut nuire à la qualité de vie du patient. Cependant, en limitant la quantité de matériel liée à la boucle vésicale, il semble être possible d’atténuer les symptômes liés aux frottements de la sonde. Afin de limiter ce matériel vésical, l’évaluation prospective d’une nouvelle sonde urétérale avec un embout anti-reflux en silicone a été acceptée par le Comité d’Éthique et l’ANSM.


Méthodes

La nouveauté majeure de la nouvelle sonde a été de substituer la boucle vésicale par un embout en silicone non refluant. Une sonde double J Teleflex 8 French a été sectionnée perpendiculairement, en s’assurant que la sonde soit suffisamment longue pour atteindre le méat urétéral. Un embout en silicone a été embouti à l’extrémité sectionnée (Fig. 1A). Quatorze patients avaient une obstruction symptomatique du bas uretère drainée par une sonde double J et ont accepté l’inclusion dans le protocole. Le questionnaire complet USSQ sur les symptômes de sonde double J a été recueilli à j0 et j15 après le remplacement de sonde.


Résultats

Le type d’obstruction était tumoral dans 7 cas (prostate, utérus, vessie, œsophage), post-radiothérapique dans 4 cas (utérus, vasculaire, Ewing) et post-chirurgical dans 3 cas (fibrose). Dans tous les cas, les obstructions étaient dans l’uretère pelvien et le positionnement de la sonde avec son embout a été aisé. Aucune migration de sonde ou d’embout n’a été observée. Aucune calcification de l’embout n’a été notée après trois mois. Le score USSQ normal et minimal était défini à 11. À j0 avec la sonde double J, le score moyen USSQ des symptômes urinaires était à 31,6±7,0. À j15 avec la sonde à embout de silicone, le score moyen était à 23,9±7,6 (p <0,005) (Fig. 1B).


Conclusion

Ce rapport préliminaire montre que la conformation de l’embout en silicone dans sa configuration actuelle est utilisable et pourrait être efficace pour atténuer les symptômes vésicaux de la sonde double J. Cette sonde représente une première avancée dans l’amélioration de la tolérance vésicale de la sonde mais elle doit encore être améliorée afin de plaquer en permanence l’embout au méat.

Résultats fonctionnels de l’implantation du sphincter urinaire artificiel par voie laparoscopique robot-assistée AMS 800TM chez les femmes ayant une incontinence urinaire d’effort
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 703-704


Objectifs

L’implantation d’un sphincter urinaire artificiel (SUA) par voie laparoscopique robot-assistée (AMS 800TM) est techniquement réalisable et permettrait de surmonter les difficultés de dissection du col de la vessie chez la femme. Notre objectif était de rapporter les résultats du SUA implanté par voie laparoscopique robot-assistée (AMS 800TM) chez les femmes souffrant d’incontinence urinaire à l’effort (IUE) secondaire à une insuffisance sphinctérienne.


Méthodes

Une étude prospective monocentrique a inclus toutes les patientes ayant une IUE secondaire à une insuffisance sphinctérienne et traitée par un SUA (AMS 800TM) implanté par voie laparoscopique robot-assistée depuis 2012. La dissection du col de la vessie a été initiée par une approche postérieure du plan entre la vessie et la paroi antérieure du vagin avec un control visuel complet permanent.

Les complications per- et postopératoires précoces ont été rapportées (classification de Clavien). Les patientes ont été suivies à 1, 6, 12 mois et ensuite annuellement. Les taux de continence (définie par l’absence de port de protection), d’explantation et de révision ont été rapportés.


Résultats

Vingt-sept femmes ont été incluses (âge médian 68 ans, IQR : 56,5–72,5 ; Tableau 1). Une conversion en laparotomie, 3 plaies vésicales, 5 plaies vaginales et 1 lésion urétérale ont été rapportées : le SUA n’a pas été implanté quand la plaie était située au col vésical (n =1) et sur l’uretère gauche (n =1).

Douze complications postopératoires précoces chez 10 patientes ont été rapportées : 2 Clavien I (hématome des grandes lèvres) et 10 Clavien II (6 rétentions urinaires transitoires, 3 infections urinaires, 1 occlusion intestinale).

La durée médiane d’hospitalisation était de 7jours (IQR : 7–8).

Le suivi médian était de 19 mois (IQR : 11–27). Trois patientes ont eu une révision secondaire à une défaillance mécanique à 16,6 mois. Au terme du suivi, 85,2 % des patients étaient continentes et tous les SUA étaient en place et activés.


Conclusion

Notre technique d’implantation d’AUS par voie laparoscopique robot-assistée chez la femme diffère de celles précédemment rapportées : elle permet une contrôle permanent de l’espace vésicovaginal et du col vésical, en particulier dans sa partie postérieure. Les résultats obtenus sont prometteurs. Des études complémentaires avec un suivi plus long sont nécessaires.

Résultats oncologiques de la thérapie trimodale pour cancer de vessie infiltrant le muscle
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 751-752


Objectifs

La thérapie trimodale (TMT), associant résection transurétrale étendue (RTUVe) et chimioradiothérapie, est une alternative de préservation vésicale pour les cancers de vessie infiltrant le muscle (TVIM) chez les patients refusant ou médicalement contre-indiqué à la cystectomie totale. L’objectif était d’analyser les résultats oncologiques de la TMT chez les patients atteints d’une TVIM.


Méthodes

Étude rétrospective monocentrique incluant tous les patients atteints d’une TVIM (cT2-4aN0-2M0) traités par TMT à dose curative entre 2001 et 2017. Les résultats démographiques, pathologiques, d’imagerie et des cystoscopies ont été collectés. Les patients ont bénéficiés d’une RTUVe, d’une radiothérapie à dose curative (> 45Gy) associé à une chimiothérapie concomitante. Un suivi régulier par imagerie, cystoscopie et anatomopathologie était réalisé. Les analyses statistiques étaient réalisées par analyse de Kaplan–Meier et modèle de Cox.


Résultats

Au total, 158 patients atteints d’une TVIM ont été inclus dont 142 (90 %) cT2 patients, 12 (8 %) cT3, et 4 (2 %) cT4a. L’âge médian était de 75 ans [IQR 43–91]. Chez 60 (38 %) patients la chirurgie était contre-indiquée et 30 (19 %) ont bénéficiés d’une chimiothérapie néoadjuvante. Les radio-sensibilisants majoritairement utilisés étaient la gemcitabine (68 %) ou le cisplatine (23 %). La médiane de suivi était de 43 mois [IQR 5–191]. Cinquante-deux patients (33 %) ont présenté une récidive, la médiane avant récidive était de 10 mois [IQR 5,7–20,2]. Durant la période l’étude, 76 (48 %) patients sont décédés. Les probabilités de survie à 2 et 5 ans étaient de 0,71 (IC95 % : 0,64–0,79) et 0,52 (IC95 % : 0,48–0,66) respectivement. En analyse multivariée, l’âge (HR=1,06 ; p =0,026) et une cystoscopie suspecte ou une cytologie urinaire positive (HR=3,10 ; p =0,008) étaient prédictifs d’une survie globale plus faible (Fig. 1, Fig. 2).


Conclusion

La TMT est associée à des résultats oncologiques satisfaisant et est une alternative valide à la cystectomie totale pour les patients atteints d’une TVIM ne pouvant ou ne souhaitant pas de chirurgie invasive. Nos résultats doivent être validés par des études prospectives.

Résultats oncologiques du traitement du cancer de la prostate de risque intermédiaire par ultrasons focalisés de haute-intensité (HIFU) : une première expérience nord-américaine
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 759-760


Objectifs

La thérapie par ultrasons focalisés de haute intensité (HIFU) est une alternative à la surveillance active pour les cancers de prostate (CaP) de faible risque. Les résultats de cette thérapie pour les CaP de risque intermédiaire sont discutés. L’objectif de notre étude était d’analyser les résultats oncologiques de l’HIFU chez les patients atteints d’un CaP de risque intermédiaire.


Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective monocentrique nord-américaine issue d’une cohorte prospective de patients avec CaP cliniquement significatif (CaPCS) traités par HIFU entre mai 2015 et octobre 2018. Les critères d’inclusion étaient : lésion unilatérale de groupe anatomopathologique ISUP 2 et 3, lésion visible en IRM, PSA<15ng/mL. Les données démographiques, biopsiques, d’IRM et procédurales ont été récoltées. Les patients ont bénéficié d’une hémi-ablation ou d’un traitement ultrafocal ainsi qu’une IRM et biopsies de contrôle à 6 mois. Les récidives et les traitements de rattrapage ont été répertoriés. Une estimation de survie sans traitement complémentaire et de survie sans traitement radical ont été estimées par analyse de Kaplan–Meier.


Résultats

Soixante-sept patients ont été inclus dont 56 % ISUP2 et 37 % ISUP3 avec suivi médian de 19 mois IC95 % (15 ;30). Le PSA médian était de 6,2ng/mL IQR (5,0 ;9,5). L’IRM retrouvait une lésion Pi-RADS ≥ 4 chez 90 % des patients. Le temps médian de traitement était de 69min IQR (55 ;87) pour un volume médian traité de 27 % IQR (20 % ;36 %) du volume total. À 6 mois, le taux de CaPCS dans la zone traitée était de 12,5 %. L’IRM post-traitement montrait une lésion Pi-RADS ≥ 4 uniquement chez 25 % des patients avec CaPCS à la biopsie de contrôle. La dysfonction érectile et l’anéjaculation étaient retrouvées respectivement chez 12,5 % et 7,5 % des patients. À 2 ans, la survie sans traitement complémentaire était de 76 % IC95 % (56 % ;88 %) et la survie sans traitement radical de 86 % IC95 % (67 % ;95 %). Un retraitement HIFU a été possible chez 8 % des patients.


Conclusion

Le traitement des CaP de risque intermédiaire par HIFU est faisable et est associé à des résultats oncologiques et fonctionnels acceptables. Ces résultats doivent être confirmés avec une durée de suivi plus importante.

Résultats périopératoires et oncologiques de la résection transurétrale de vessie en ambulatoire (RTUVA)
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 694-695


Objectifs

Le traitement du cancer de vessie (CV) engendre des coûts très élevés et est source de multiples hospitalisations altérant la qualité de vie des patients. Dans ce contexte, la RTUVA permet de réduire les coûts en limitant le temps d’hospitalisation. Notre travail avait deux objectifs : rechercher des facteurs associés à la survenue de complications postopératoires et étudier l’influence d’une RTUVA sur les Résultats oncologiques.


Méthodes

Notre étude rétrospective monocentrique a porté sur tous les patients traités pour un cancer de la vessie par RTUVA entre février 2016 et décembre 2018. Les critères suivant ont été analysés :

– complications postopératoires selon Clavien–Dindo, taux de conversion en hospitalisation conventionnelle, taux de consultation aux urgences et de réhospitalisation secondaire ;

– résultats anatomopathologiques (stade, grade, présence de CIS), qualité oncologique de la RTUVA jugée par la présence de muscle sur les copeaux de résection, survie sans récidive à 12 et 24 mois.

Une régression logistique a été réalisée afin d’identifier les facteurs associés à la survenue de complication. Analyses conduite avec R version 3.3.2.


Résultats

Cent quatre-vingt-sept patients consécutifs ont été inclus d’âge moyen 64 ans. Pour 119 patients (64 %) il s’agissait de la résection d’une récidive (en moyenne 1,6 résections antérieures). Parmi les lésions, 53,5 % étaient multifocales, avec un nombre et une taille moyens respectivement de 2,3 et 1,3cm. Le muscle était présent dans 79 % des cas. Dans 3 % des cas la tumeur était infiltrante. Une complication postopératoire est survenue chez 33 patients (17,6 %) dont une majorité de Clavien 2. Vingt patients (10,7 %) ont nécessité une conversion en hospitalisation, 8 (4,3 %) une réhospitalisation et 16 (8,6 %) une consultation aux urgences. Le nombre de tumeurs réséquées était le seul zfacteur associé à la survenue d’une complication (OR=1,20, p =0,04). Les survies sans récidive à 12 et 24 mois étaient de 80 et 62 %.


Conclusion

La RTUVA apparaît être une technique sûre, avec un taux de complications de 17 %, qui n’altère ni la qualité de la résection ni les résultats carcinologiques. Le seul facteur associé à la survenue d’une complication est le nombre de tumeurs réséquées.

Retour d’expérience sur 100 prélèvements de rein de donneur vivant par cœlioscopie robot-assistée : mise à jour d’une série monocentrique
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 735


Objectifs

Les données de la littérature rapportent la néphrectomie pour don de rein vivant apparenté (DV) par voie laparoscopique robot-assistée comme une technique sûre et reproductible chez des équipes avec une expertise en chirurgie robotique. L’intervention chez un patient sain impose en effet un minimum de risque. L’objectif de l’étude est d’évaluer notre expérience du prélèvement rénal de DV depuis 2011 dans un centre expert français.


Méthodes

De novembre 2011 à janvier 2019, dans notre centre, 100 patients ont eu une néphrectomie pour don de rein par laparoscopie robot-assistée (DA VINCI Si). Toutes les interventions étaient réalisées par un seul chirurgien expérimenté. L’extraction était réalisée par voie iliaque (EI) pour 23 patients, voie vaginale (EV) pour 23 patients et voie ombilicale (EO) pour 54 patients. Le rein gauche était privilégié même si l’anatomie vasculaire n’était pas modale (2 reins droits prélevés).


Résultats

L’âge médian des donneurs était de 49 ans. La durée médiane d’intervention était de 120min avec des pertes sanguines de 50mL. La durée médiane d’ischémie chaude était de 5min, avec un temps d’ischémie chaude plus faible en cas d’EO (4min). Neuf patients ont eu des complications postopératoires : 7 de grade I, 1 de grade II et 1 de grade IIIb (saignement vaginal après EV) de la classification de Clavien. La durée médiane d’hospitalisation était de 5jours. Quatre-vingt-dix-huit receveurs ont repris une fonction rénale immédiate et 3 greffons ont été détransplantés : un en peropératoire pour thrombose artérielle, un à j4 pour ischémie sur dissection artérielle et un à 5 mois pour rejet aigu.


Conclusion

Le prélèvement rénal DV par cœlioscopie robot-assistée est une technique sûre pour un chirurgien expérimenté. Elle permet de combiner l’apport de la robotique pour la dissection du pédicule rénal et les bénéfices déjà établis de la laparoscopie pour les suites postopératoires, sans altérer la fonction du greffon rénal. L’EO entraînerait une ischémie chaude plus courte que l’EV ou l’EI.

Réunion de concertation pluridisciplinaire en pelvi-périnéologie : expérience d’un centre tertiaire
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 687-688


Objectifs

Les réunions de concertation pluridisciplinaires (RCP) en pelvi-périnéologie sont destinées à la gestion des pathologies complexes impliquant potentiellement des problématiques vésico-sphinctériennes, génito-sexuelles et anorectales chez un(e) même patient(e). Le but de cette étude était de présenter l’activité d’une RCP de pelvi-périnéologie sur un centre, en étudiant l’influence sur la prise en charge des patients.


Méthodes

Une étude monocentrique a été réalisée sur l’année 2018 à propos de l’activité d’une RCP de pelvi-périnéologie se tenant dans un centre expert, impliquant urologues, gynécologues, chirurgiens digestifs, gastro-entérologues, physiologistes, radiologues spécialisés et kinésithérapeutes. Tous les patients présentés en RCP ont fait l’objet d’une collection de données prospective mentionnant les caractéristiques cliniques, l’historique, la pathologie principale, la proposition de prise en charge initiale par le médecin référent et l’avis collégial (intervention, avis spécialisé, examen complémentaire, chirurgie). Une analyse descriptive a été menée. Le critère principal était la modification de la prise en charge proposée par la RCP (avis différent de la proposition initiale).


Résultats

Dix-neuf réunions ont été conduites sur 12 mois et 154 dossiers ont été discutés (16 hommes et 138 femmes). Les thématiques abordées par référent et les symptômes touchant les patient(e)s sont présentées dans le Tableau 1 (les symptômes traitées étaient toujours multiples). Il existait un contexte d’endométriose dans 10 cas, un antécédent de chirurgie prothétique du prolapsus ou de l’incontinence dans 33 cas, un contexte neurologique dans 28 cas. Dans 15 cas (10 %), la prise en charge était directement liée à une complication d’une chirurgie prothétique. La décision de la RCP a été un traitement chirurgical dans 54 cas (35 %). La décision finale de la RCP était différente de celle proposée initialement par le médecin référent dans 22 % des cas.


Conclusion

La tenue d’une RCP en pelvi-périnéologie avait, dans notre étude, permis la prise en charge de nombreux dossiers complexes et pluridisciplinaires. La décision de la RCP avait une influence déterminante dans plus d’un cas sur 5. Ces données légitimaient la prise en compte par la communauté urologique de ces RCP appelées à se structurer et à se généraliser.

Révision de bandelette sous-urétrale pour hyperactivité vésicale de novo et suspicion d’obstruction : quel critère urodynamique d’obstruction sous-vésical prédit le mieux les résultats postopératoires
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 706


Objectifs

Cinq critères urodynamiques d’obstruction sous-vésical (OSV) ont été proposés chez la femme (critère de Zimmern, nomogramme de Blaivas–Groutz, BOOi, nomogramme de Solomon–Greenwell, critère vidéo-urodynamique de Nitti). L’objectif de cette étude était d’évaluer la pertinence clinique de ces 5 définitions d’OSV chez la femme en déterminant leurs valeurs prédictives des résultats des révisions de bandelettes sous-urétrale pour hyperactivité vésicale (HAV) de novo et suspicion d’obstruction.


Méthodes

Les dossiers de toutes les révisions de bandelette sous-urétrale entre 2001 et 2018 dans un centre ont été revus rétrospectivement. Les patients avec une suspicion clinique d’OSV liée à la bandelette sous-urétrale et des symptômes d’HAV de novo prédominants ont été inclus. Les résultats fonctionnels de la révision de bandelette rapportés par les patientes à 6 semaines postopératoires étaient catégorisés comme suit : résolution complète de l’HAV (guérie), amélioration de l’HAV, HAV inchangée ou HAV aggravée en postopératoire. Le critère de jugement principal était l’obtention d’une HAV améliorée ou guérie à 6 semaines postopératoire. Des courbes ROC étaient générées pour comparer les critères d’OSV.


Résultats

Quarante-deux patientes ont été incluses. À 6 semaines, 45,2 % des patientes avaient une résolution complète de leurs symptômes d’HAV, 30,9 % avaient une HAV améliorée, 14,9 % avaient une HAV inchangée et 9,6 % avaient une HAV aggravée. Parmi ces 42 patientes 48,7 % avaient une OSV d’après le critère vidéo-urodynamique de Nitti contre 42,9 % d’après le critère de Zimmern, 66,7 % d’après le nomogramme de Blkaivas et Groutz, 16,7 % d’après le BOOi et 31 % d’après le nomogramme de Solomon–Greenwell. Les définitions d’OSV de Nitti et Blaivas–Groutz avaient les meilleures valeurs prédictives pour le critère de jugement principal avec des aires sous la courbe ROC respectivement de 0,60 et 0,61. Quand ces 2 définitions étaient combinées, l’aire sous la courbe ROC du modèle atteignait 0,66 avec une sensibilité de 75 % et une spécificité de 65,6 % (Fig. 1).


Conclusion

Parmi les définitions urodynamiques d’OSV chez la femme, le critère vidéo-urodynamique de Nitti et le nomogramme de Blaivas avaient les meilleures valeurs prédictives des résultats post-révision de bandelette sous-urétrale pour HAV et suspicion d’obstruction. La combinaison des critères de Nitti et Blaivas permettait d’obtenir des performances pronostiques encore supérieures soulignant l’intérêt potentiel de la vidéo-urodynamique chez ces patientes.

Risque médico-légal en urologie : analyse d’un portefeuille d’assurés auprès d’une compagnie d’assurances française entre 2009 et 2018
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 759


Objectifs

L’urologie arrive au 12e rang sur 28 des spécialités médicales et chirurgicales en nombre de mise en cause aux États-Unis. Pour la mutuelle d’assurances des professionnelles de santé (MACSF) et le SOU MEDICAL, l’urologie arrive à la huitième place des spécialités chirurgicales. Aucune approche n’ayant été réalisée en France, il nous est apparu intéressant d’analyser un portefeuille d’assurés urologues et leurs réalités médico-légales.


Méthodes

Il s’agissait d’une étude rétrospective portant sur les mises en causes des urologues assurés par une compagnie d’assurance française entre 2009 et 2018. Toutes les voies de recours ont été étudiées en tenant compte de l’environnement professionnel et du type d’interventions chirurgicales. L’intervention en cause, les complications, les conséquences ainsi que le délai de réclamation ont été étudiées. La responsabilité du praticien ainsi que les coûts des procédures ont été analysés pour calculer la sinistralité de ce portefeuille et au delà celle des urologues.


Résultats

Trente-sept dossiers ont été retrouvés. Les interventions chirurgicales oncologiques et fonctionnelles représentent 78 % des demandes de réparation. Les complications postopératoires représentent 76 % des dossiers. Les actes les plus représentés sont la prostatectomie totale (5) et la promonto-fixation (4). Le délai moyen de réclamation est de 28,6 mois [1–144 mois], la durée moyenne d’une procédure (ouverture–clôture) est 32,8 mois [12–72 mois]. Les Commissions de conciliation et d’indemnisation (CCI), les tribunaux de grande instance (TGI) ont été sollicités respectivement dans 51 % et 33 % des procédures. Un accord à l’amiable est trouvé dans 16 % des cas. Il n’y a eu aucune procédure pénale ou disciplinaire pour cette spécialité. Le coût moyen d’un dossier d’urologie clos est de 7836 € [0–31 120 €]. Au total, 64,8 % des expertises confirment des pratiques dans le respect des règles de l’art.


Conclusion

Le taux de responsabilité du praticien retenue est de 27 %. Le faible taux de dossiers fautifs, l’absence de condamnation pour manquement au devoir d’information et l’absence de condamnation en rapport avec l’antibioprophylaxie semblent confirmer que la pratique l’urologie française est de bonne qualité. Une étude sur une durée et une cohorte plus grande permettrait une approche médico-légale plus fine.

Rôle de l’infirmier(e) dans l’application de la récupération améliorée après chirurgie
Role of the nurse in the implementation of enhanced recovery after surgery
2019
- Réf : Prog Urol, 2019, 15, 29, 904-907


Introduction

La récupération améliorée après chirurgie (RAAC) nécessite une réorganisation des soins et une coordination optimale des différentes étapes. L’infirmier coordinateur a un rôle crucial dans la mise en place d’un tel protocole.


Matériel et méthodes

Nous avons identifié les missions de l’infirmier coordinateur dans le parcours du patient.


Résultats

Le rôle du coordinateur est majeur aux différentes étapes de la prise en charge pour : informer le patient, réduire les conséquences du stress chirurgical, solliciter en fonction des besoins du patient les autres intervenants, anticiper l’organisation des soins et la sortie du patient en restant en relation avec un réseau d’infirmières libérales, détecter les alertes justifiant une ré-hospitalisation éventuelle, favoriser et stimuler la reprise d’autonomie du patient.


Conclusion

L’infirmier coordinateur est un des piliers de la RAAC, permettant une harmonisation du parcours de soins pluridisciplinaire du patient afin d’établir une organisation optimale entre le patient et les différents intervenants.


Introduction

Enhanced recovery after surgery (ERAS) requires a reorganization of care and optimal coordination of the different perioperative steps. The coordinating nurse has a crucial role in setting up such a protocol.


Material and methods

We have identified the tasks of the coordinating nurse in the patient's management.


Results

The role of the coordinator is major in the different steps to: inform the patient, reduce the consequences of surgical stress, solicit other actors according to the needs of the patient, anticipate the organization of care and discharge of the patient by staying in touch with a network of liberal nurses, detect alerts justifying readmission, promote and stimulate recovery of autonomy of the patient.


Conclusion

The coordinating nurse is one of the pillars of ERAS protocol, allowing a harmonization of the multidisciplinary management in order to establish an optimal organization between the patient and the different actors of the care course.

Rôle du CaSR dans la différenciation neuro-endocrine des cellules tumorales prostatiques
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 662


Objectifs

Le pronostic du cancer de prostate varie en fonction des caractéristiques tumorales. La présence d’un contingent neuro-endocrine est associée à un pronostic péjoratif. Nous avons montré que le calcium peut accélérer la progression tumorale et que ses effets passent par un récepteur au calcium (CaSR), associé à un mauvais pronostic. Notre objectif a alors été de montrer l’implication du CaSR dans la différenciation neuro-endocrine.


Méthodes

Nous avons analysé rétrospectivement les liquides de rinçage du pistolet à biopsies, des patients ayant bénéficié de biopsies prostatiques ciblées dans notre centre entre janvier 2013 et novembre 2016. Des qPCR ont été réalisées pour rechercher l’expression du CaSR et de la synaptophysine, un des marqueurs les mieux établis pour les cellules neuro-endocrines. Une analyse de régression logistique multivariée a été réalisée pour rechercher les facteurs associés à l’expression de CaSR et synaptophysine. En parallèle nous avons analysé par qPCR l’expression de CaSR et synaptophysine sur la lignée cellulaire tumorale prostatique humaine (LNCaP) chez lesquelles nous avons induit la différenciation neuro-endocrine.


Résultats

Nous avons analysé les liquides de rinçage de 214 patients et 164 qPCR ont pu être réalisées sur ce matériel. Sur les 164 liquides de rinçages, 100 (61,3 %) correspondaient à une biopsie positive. Le CaSR était exprimé chez 52 (32 %) patients. La synaptophysine était exprimée chez 116 (71 %) patients. Quatre-vingt-trois pour cent des patients qui exprimaient le CaSR exprimaient la synaptophysine. Chez les patients exprimant CaSR et synaptophysine, la prévalence du cancer était de 70 %. Chez les patients n’exprimant aucun des deux marqueurs, la prévalence du cancer était de 44,7 % (p =0,0232). En analyse multivariée, l’expression de CaSR et synaptophysine n’étaient pas associées à la présence de cancer, ni aux caractéristiques tumorales. La différenciation neuro-endocrine des LNCaP a montré l’apparition et la co-localisation du CaSR et de la synaptophysine au niveau cellulaire.


Conclusion

Le CaSR a été associé à une surmortalité dans un travail récent, mais n’est pas associé aux caractéristiques tumorales au moment du diagnostic. Le CaSR pourrait donc jouer un rôle tardif dans l’évolution du cancer en favorisant l’apparition d’un contingent neuro-endocrine. Le suivi de notre cohorte pourrait permettre de valider cette hypothèse.

Sexualité et qualité de vie après un traitement chirurgical de la vessie neurologique
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 741-742


Objectifs

Le traitement chirurgical de la neuro-vessie offre une acquisition d’une continence urinaire et de propreté tout en préservant l’image corporelle aidant ainsi les patients à regagner une confiance en eux et à améliorer leur performance sexuelle. Notre objectif était d’évaluer à long terme la qualité de vie ainsi que la satisfaction sexuelle chez les adultes neurologiques après intervention chirurgicale.


Méthodes

Parmi 71 patients opérés pour vessie neurologique entre 1987 et 2017, 45 étaient joignables et ont accepté de remplir des auto-questionnaires validés portant sur la qualité de vie et la sexualité. Pour évaluer la qualité de vie on a utilisé le SF-QUALIVEEN score. La performance sexuelle était évaluée à l’aide du score IIEF-5 pour les sujets de sexe masculin et le Female Sexual Function Index (FSFI) pour les sujets de sexe féminin. On a défini une altération de la qualité de vie pour un SF-QUALIVEEN ≤ 2 ; une dysfonction érectile pour un IIEF-5<21 et une dysfonction sexuelle féminine pour un FSFI<22,7.


Résultats

Notre étude a inclus 13 femmes et 32 hommes. L’âge moyen était de 34 ans. Une dérivation urinaire externe type Bricker a été pratiquée chez 15 patients (33 %) et une iléocystoplastie d’agrandissement chez 35 patients (66 %). Le délai moyen postopératoire était de 78 mois. Le score QUALIVEEN moyen était de 0,77 [0–3,12] témoignant d’une qualité de vie satisfaisante. La qualité de vie était altérée chez 11 % des patients (Tableau 1). Une corrélation statistiquement positive était retrouvée entre la qualité de vie et le niveau d’éducation (p =0,037) et le statut social (p =0,006). Le score d’IIEF-5 moyen était de 16,5 [5–25] et 62,5 % des hommes avaient une fonction érectile satisfaisante (Fig. 1). Le score FSFI moyen était de 26 [13,6–29,3]. Une activité sexuelle globalement altérée était notée chez 38,5 % des femmes (Tableau 2).


Conclusion

La chirurgie de la neuro-vessie améliore la qualité de vie des patients tout en préservant leur sexualité en leur offrant une propreté urinaire les aidant à retrouver une confiance en soi. On n’a pas trouvé dans notre étude une corrélation statistiquement significative entre les différentes techniques chirurgicales et l’amélioration de la qualité de vie ou la sexualité des patients.

Signification pronostique de l’indice d’aire du muscle psoas dans les tumeurs des voies excrétrices
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 652-653


Objectifs

La sarcopénie (ou diminution de la masse musculaire lombaire) a été associée dans de nombreuses tumeurs solides à un pronostic sombre. L’objectif de notre étude était de l’impact de l’indice d’aire du muscle psoas sur le devenir oncologique des patients traités par une néphro-urétérectomie totale (NUT) pour une tumeur des voies excrétrices supérieures (TVES).


Méthodes

Nous avons mené une étude rétrospective entre 2012 et 2017 colligeant les patients ayant eu une NUT pour une TVES. Le calcul de la surface du muscle psoas a été effectué sur les coupes axiales passant par (L3) du scanner abdominal préopératoire. Le résultat obtenu (en cm2) a été rapporté au carré de la taille du patient (m2) afin d’obtenir la valeur de l’indice d’aire du psoas (cm2/m2). La survie sans récurrence et la survie spécifique ont été calculées. La signification pronostique de l’indice d’aire du muscle psoas a été évaluée. Le seuil de signification a été fixé à p <0,05.


Résultats

Soixante-douze patients ont été inclus. L’âge moyen des patients était de 68 ans [42–87 ans]. Le sex-ratio était de 2 :1. L’indice moyen d’aire du muscle psoas était de 2,37 cm2/m2. Le recul moyen des patients était de 53 mois [22–84 mois]. Les patients ayant un indice d’aire du muscle psoas bas avaient des tumeurs plus grandes (p =0,026), un stade T plus élevé (p =0,03), un grade plus haut (p =0,016) et plus d’invasion lympho-vasculaire (p =0,002). Le taux de survie sans récurrence et de la survie spécifique à 5 ans étaient significativement plus bas chez les patients avec un indice d’aire de psoas inférieur à 2,37 cm2/m2. L’analyse multivariée a identifié l’indice d’aire de psoas comme un facteur indépendant de survie sans récidive (p =0,001) et de survie spécifique (p =0,005).


Conclusion

Un indice d’aire du muscle psoas plus bas a été associé à une tumeur des voies excrétrices supérieures plus agressive. En outre cet indice était un facteur pronostique significatif à la fois pour la survie sans récidive et la survie spécifique.

Signification pronostique du rapport préopératoire neutrophiles-lymphocytes dans les tumeurs vésicales infiltrant le muscle non métastatique
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 756


Objectifs

La signification pronostique du rapport neutrophiles–lymphocytes dans le carcinome urothélial non métastatique est controversée, bien qu’il ait été établi comme facteur pronostique dans plusieurs cancers. L’objectif de notre étude était d’évaluer la signification pronostique du rapport neutrophiles–lymphocytes préopératoire chez les patients atteint d’une tumeur vésicale infiltrant le muscle non métastatique (TVIM).


Méthodes

Nous avons réalisé une analyse rétrospective monocentrique de tous les patients ayant eu une cystoprostatectomie totale (CPT) pour une TVIM entre janvier 2006 et décembre 2016. La survie sans récurrence et la survie spécifique ont été calculées. La signification pronostique du rapport neutrophiles–lymphocytes a été évaluée. Le seuil de signification a été fixé à p <0,05.


Résultats

Deux cent vingt patients ont été inclus. Les patients ayant un rapport neutrophiles-lymphocytes plus élevé avaient des tumeurs plus grandes (p =0,04), un stade T plus élevé (p =0,02), un état de performance du groupe ECOG plus faible (p =0,001), des symptômes plus agressives (p =0,001), une invasion lympho-vasculaire (p =0,026) et nécrose tumorale (p =0,03). Les taux de survie sans récidive et de la survie spécifique à 5 ans étaient significativement plus bas chez les patients avec rapport neutrophiles–lymphocytes élevé que chez ceux avec un rapport faible (chaque p <0,001). L’analyse multivariée a identifié le rapport neutrophiles–lymphocytes comme un prédicteur indépendant de survie sans récurrence et de survie spécifique (chaque p <0,05).


Conclusion

Un rapport neutrophiles–lymphocytes plus élevé a été associé à un comportement clinique et histologique agressif des TVIM. En outre, le rapport neutrophiles–lymphocytes était un facteur pronostique significatif à la fois pour la survie sans récurrence et survie spécifique.