Base bibliographique

Auto-transplantation rénale entièrement robot-assistée pour syndrome de casse-noisettes
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 779


Objectif

Le syndrome de casse-noisettes entraîne douleurs lombaires et hématurie par compression de la veine rénale gauche par l’artère mésentérique supérieure. L’auto-transplantation rénale a d’excellents résultats mais l’abord par laparotomie est très invasif. L’objet de la vidéo est de présenter une auto-transplantation rénale entièrement robot-assistée.


Méthodes

Il est présenté le cas d’une patiente de 21 ans, sans antécédents, présentant un syndrome de casse-noisettes symptomatique depuis plus d’un an. Les douleurs lombaires gauches étaient typiques et le diagnostic avait été confirmé par scanner, IRM et phlébographie. Le gradient de pression veine cave/veine rénale était de plus de 3. Il a été proposé une auto-transplantation rénale gauche entièrement robot-assistée.


Résultats

L’intervention débute par une pose de JJ par voie rétrograde endoscopique en position de la taille. La patiente est ensuite installée en décubitus latéral droit. Mise en place de 5 trocards (optique, 3 bras du robot et trocard d’aide). L’approche est semblable à une néphrectomie gauche. Il est réalisé une dissection des vaisseaux iliaques. Après clampage du pédicule rénal, il est perfusé de l’IGL à 4° dans l’artère rénale à l’aide d’une sonde de Fogarty. Les anastomoses vasculaires sont réalisées au Goretex 6/0. Le rein est placé en position extra-péritonéale. L’intervention a duré 312minutes. Les pertes sanguines ont été de 150mL. L’ischémie froide a duré 45minutes et l’ischémie chaude 35minutes. La créatinine était de 48 micromol/L à un mois postopératoire et les douleurs avaient disparues.


Conclusion

L’auto-transplantation rénale entièrement robot-assistée est techniquement faisable sans majoration des temps d’ischémie. Elle permet une approche moins invasive que l’approche traditionnelle par laparotomie.

Basketing réalisé avec l’aide d’un assistant ou par l’opérateur seul au moyen du dispositif Empower : résultats d’une évaluation in vitro
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 679-680


Objectifs

Les fragments lithiasiques extraits lors d’une urétéroscopie souple sont classiquement récupérés au moyen d’un panier manipulé par l’assistant. Cette étape nécessite une bonne coordination entre l’opérateur et l’assistant. Récemment a été introduit le LithoVue Empower™ (Boston Scientific), un dispositif permettant à l’opérateur de contrôler directement le panier sans l’aide d’un assistant. Nous avons évalué l’impact de ce dispositif sur le temps de récupération des fragments.


Méthodes

La K-Box (Porgès-Coloplast) a été utilisée comme modèle dans lequel un calcul de 5×5×5mm a été placé dans 3 cavités rénales différentes avec une complexité d’accès croissante (C1 le plus simple, C2 l’intermédiaire, C3 le plus difficile). Un panier Zero-Tip 1.9Fr(BSc) a été utilisé pour récupérer les calculs. Ce dernier était manipulé via le dispositif Empower ou un assitant. Six endourologues expérimentés et 7 internes en formation ont réalisé ces exercices. Un urétéroscope à usage unique (LithoVue-BSc) a été utilisé dans tous les cas. Aucun des opérateurs n’avait utilisé l’Empower antérieurement. Le temps écoulé entre l’insertion de l’urétéroscope et la récupération du calcul était mesuré.


Résultats

Les temps de récupération des calculs et les taux d’échec entre l’utilisation d’Empower et avec l’aide d’un assistant étaient similaires pour toutes les cavités rénales analysées, p >0,05. Lors de la stratification des analyses en fonction de l’expérience chirurgicale, les urologues expérimentés exécutaient plus rapidement l’extraction des calculs des cavités C1 et C2 (p <0,01) sans qu’aucune différence ne soit mise en évidence entre l’utilisation d’Empower ou non. Une évaluation subjective a montré que l’ensemble opérateurs fournissaient moins d’effort et avaient moins de frustration lors de l’utilisation d’Empower, ce résultats n’étant pas retrouvé lorsqu’il s’agissait des urologues expérimentés seuls (Fig. 1).


Conclusion

Le système de manipulation d’un panier à contrôle individuel Empower pour la récupération des calculs est un dispositif efficace et ne semble pas nécessiter de formation spécifique.

Bilan génétique pré-assistance médicale à la procréation couplée ou non à l’extraction testiculaire de spermatozoïdes
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 722


Objectifs

L’injection intra-cytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI) et l’extraction de spermatozoïdes testiculaires (TESE) représentent les avancées les plus importantes dans le traitement de l’infertilité masculine. Cependant, le potentiel de transmission d’anomalies chromosomiques et génétiques à la progéniture suscite de vives. Les principales explorations génétiques indiquées en routine chez l’homme azoospermique et oligospermique sont l’analyse du caryotype et des loci AZF du chromosome Y.


Méthodes

Cette étude rétrospective portait sur une population de 350 couples inclus dans un programme d’ICSI dont 56 % des cas étaient candidats en raison d’une infertilité masculine sévère. Le but de cette étude était de détecter la fréquence des aberrations chromosomiques chez les deux partenaires et celle des micro-délétions des loci AZF évaluée uniquement chez les hommes azoospermiques soumis à une TESE-ICSI.


Résultats

Sur ces 350 couples, 12 % avec un caryotype anormal (homme ou femme) ont été identifiés. Les anomalies sont réparties en aberrations chromosomiques structurelles équilibrées, en mosaïque de bas niveau des chromosomes sexuels et en variants chromosomiques tels que les inversions chromosomiques. Les anomalies chromosomiques ont été détectées principalement chez les hommes oligozoospermiques. Des micro-délétions AZF ont été détectées chez environ 8 % des hommes azoospermiques. L’extraction de spermatozoïdes par TESE n’a réussi que chez les patients à micro-déletion AZFc.


Conclusion

La micro délétion de l’intégralité des régions AZFa ou AZFb du chromosome Y est synonyme de très faibles voire absence de chance pour la récupération des spermatozoïdes, alors que la majorité des hommes porteurs de délétion de l’AZFc conservent des spermatozoïdes parfois dans le sperme et souvent dans les testicules pouvant servir pour une ICSI.

Biopsies de prostate dirigées par IRM avec une sonde de très haute fréquence (29 MhZ) : une alternative à la fusion d’images
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 669-670


Objectifs

L’incorporation des données de l’IRM pour guider une biopsie de prostate augmente le taux de détection des cancers significatifs (sCa). La fusion d’images a des limites reconnues dans la précision du ciblage. Le guidage IRM direct est précis, mais n’est pas facilement disponible. L’échographie de très haute fréquence (micro-échographie), utilisée après l’IRM pourrait pallier les limites des deux autres techniques.


Résultats

Cinquante-huit lésions situées dans zone périphérique dans 71 % des cas étaient observées à l’IRM et visibles à la micro-échographie dans 90 % des cas (52/58, 90 %). Le score PIRADS était de 3, 4, 5, dans respectivement 19 % (10/52), 60 % (31/52) et 21 % (11/52) des cas. Le taux de détection respectif de sCa était de 20, 68, et 91 %. Les 6 lésions visibles à l’IRM et invisibles à la micro-échographie (6/58,10 %) étaient dans la zone périphérique dans 4 cas et avaient un score PIRADS 3 dans 5 des 6 cas, sans sCa décelé dans ce groupe. Treize lésions étaient visibles à la micro-échographie et invisibles à l’IRM. Le taux de détection de sCa était de 31 %(4/13) : une extension controlatérale de la lésion index dans un cas et nodule distant dans trois cas.


Conclusion

Pour les lésions focales PIRADS>2, la valeur localisatrice de la micro-échographie en fait une alternative fiable à la fusion d’images. Pour les lésions PIRADS 3 invisibles à l’échographie, l’absence de cancer significatif décelé suggère de s’abstenir d’une biopsie immédiate.

Biopsies prostatique transpérinéale ciblée en fusion élastique : intérêt dans le primo-diagnostic d’un cancer de la prostate et dans la restadification d’un cancer diagnostiqué par biopsie transrectale
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 670


Objectifs

L’imagerie IRM permet d’orienter l’évaluation biopsique du cancer de la prostate. La question posée est celle des performances de la voie transpérinéale selon la localisation de la cible chez des patients n’ayant pas eu de biopsie préalable ; chez les patients déjà biopsiés, se pose la question de l’intérêt de la biopsie transpérinéale en fusion élastique (TPB) dans la stratification du risque de cancer de la prostate de risque faible à intermédiaire détecté par biopsie transrectale-échographique lorsque les estimations du grade et du volume de cancer ne sont pas cohérentes avec l’IRM.


Méthodes

Les patients en situation de primo-diagnostic n’avaient jamais été biopsiés, et présentaient une cible sur l’IRM prostatique multiparamétrique de score PIRADS v2≥3 Les patients référés pour une surveillance active ou une prise en charge d’organe conservatrice ont été revus collégialement pour évaluer la cohérence des résultats de la biopsie transrectale et de l’IRM, et une biopsie transpérinéale guidée par l’image a été organisé pour les cas discordants. Un seul binôme radiologue–urologue réalisait les biopsies transpérinéale guidées par l’image en fusion élastique, sous anesthésie locale ou générale. Le geste était réalisé à l’aide de la station Trinity, de Koelis (Meylan, France).


Résultats

Entre janvier 2018 et mars 2019, 175 patients ont été accueillis dans notre centre pour une biopsie prostatique transpérinéale. Quarante-huit d’entre eux n’avaient jamais eu de biopsie prostatique. Soixante et onze autres patients ont eu besoin d’une TPB pour la stratification du risque. Concernant les patients en primo-diagnostic, la rentabilité diagnostique était identique pour les lésions antérieures et postérieures (70 %), sans différence sur les longueurs tumorales maximales et cumulées (Tableau 1). Concernant les patients en situation de restadification, les longueurs tumorales maximales dans la cible étaient plus importantes pour TPB [moyenne (IC95 %) : 4,9 (3,7–7,1) vs 2,4mm (2–2,9), p =0,0004], comme les longueurs tumorales totales [16,3 (11,3–21,4) vs 3,6mm (2,7–4,5), p <0,0001] que pour la biopsie transrectale. Quarante-trois patients étaient en surveillance active, 28 en attente de décision. Quatorze sur 43 (32,5 %) patients en surveillance active ont été traités par prostatectomie totale (n =6) ou par rayonnements ionisants (n =8). Chez 28 patients non encore assignés, la stratification du risque par TPB a confirmé le choix d’un traitement à visée curative chez 24 (24/28, 85,7 %) : 9 patients traités par prostatectomie totale, 15 par rayonnements ionisants (Fig. 1).


Conclusion

La biopsie prostatique transpérinéale a une rentabilité diagnostique d’environ 70 % dans la situation de primo-diagnostic, avec des performances diagnostiques indépendantes de la localisation antérieure ou postérieure de la cible. Dans la situation de restadification, la réévaluation du volume et du grade du cancer a fourni plus de matériel pour le pathologiste, et a orienté la majorité des patients vers des groupes à risque plus élevé et des traitements à visée curative.

Biopsies randomisées classiques versus biopsies ciblées avec fusion échographie/IRM : Quels sont les meilleurs candidats ?
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 667-668


Objectifs

L’objectif de cette étude était de comparer les résultats des biopsies ciblées et randomisées sur deux cohortes contemporaines et de rechercher les paramètres orientant le choix de la stratégie.


Méthodes

Les dossiers de tous les patients ayant eu des biopsies randomisées ou des biopsies ciblées à l’aide de l’Urostation (Koelis) entre novembre 2010 et juillet 2015 ont été analysées de manière rétrospective. Étaient exclus les patients ne correspondant pas à une situation de dépistage (cancer manifeste), les biopsies pour récidive après traitement, les biopsies de saturation et les biopsies randomisées réalisées du fait d’une IRM négative. Les populations ont été comparées, de même que les résultats des biopsies. Les données ont été analysées au moyen d’une régression logistique (analyse multivariée).


Résultats

Cent quatorze patients dans le bras biopsies randomisées et 118 dans le bras biopsies ciblées ont ainsi pu être inclus dans l’analyse. Un cancer prostatique a été mis en évidence chez 70 patients dans le groupe biopsies ciblées (59,3 %) et chez 65 patients (57 %) dans le groupe biopsies randomisées (OR=3,00 [IC95 % : 1,52–6,17] p-value =0,0021). Parmi les cancers mis en évidence dans le groupe biopsies ciblées, 21 l’ont été uniquement sur les biopsies ciblées soit 15,5 % des cancers diagnostiqués. Les paramètres ayant pu orienter le type de biopsie réalisée étaient l’âge (p =0,0005), le fait qu’il s’agisse d’une première série ou d’une biopsie itérative (p <0,001), le volume prostatique plus élevé dans le groupe biopsies ciblées (p =0,001), le taux de PSA (p =0,23) et le toucher rectal (p =0,48) (Fig. 1 et Tableau 1)


Conclusion

Après ajustement aux facteurs de confusion, le taux de détection de cancer prostatique par biopsies ciblées était supérieur à celui des biopsies randomisées. Les patients jeunes présentant une hypertrophie prostatique et une série antérieure de biopsies négatives étaient plus fréquemment orientés vers des biopsies ciblées.

Bonnes pratiques des instillations de BCG dans le traitement des TVNIM : enquête auprès des urologues marocains
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 696-697


Objectifs

Depuis le premier article de morales, les instillations de BCG en intravésical ont su s’imposer comme le traitement adjuvant de référence pour la prise en charge des TVNIM. Actuellement, les instillations sont indiquées à la fois dans les tumeurs de vessie de risque intermédiaire et de haut risque. La réalisation des instillations de BCG dans de bonnes conditions est essentielle à la réussite du traitement.


Méthodes

L’enquête a été réalisée entre le 1er novembre et le 31 décembre 2018 auprès d’urologues en formation (internes et résidents) et d’urologues qualifiés (spécialistes et enseignants) via un questionnaire format papier, ou sur Internet (Google Forms®). Les recommandations sur lesquelles nous nous sommes basées sont, par ordre alphabétique : ANZUNS 2018 (Australia and New Zealand Urological Nurses Society), AUA/SUO 2016 (American Urological Association et Society of Urologic Oncology), BAUN 2010 (British Association of Urological Nurses), CCAFU 2012 et 2018–2020 (Comité de cancérologie de l’Association française d’urologie), EAU 2018 (European Association of Urology), EAUN 2015 (European Association of Urology Nurses) et NCCN 2018 (National Comprehensive Cancer Network).


Résultats

Quatre-vingt-quatorze urologues ont répondu à cette enquête. Près de 20 % ne remettent pas à leurs patients de documents explicatifs ou ne réalisent pas une consultation pendant laquelle leur sera expliqué le protocole. Soixante pour cent ne réalisent qu’un seul ECBU au début de la cure, 40 % en réalisent un avant chaque séance. En cas de colonisation, 73 % préfèrent traiter le patient et reporter la séance plutôt que la réaliser sous couverture antibiotique. Dans 68 % des cas, l’urologue réalise lui-même la séance, contre 32 % des cas où il la délègue à un infirmier. Dans près de 90 % des cas, cet infirmier n’a pas bénéficié de formation spécifique. Quatre-vingt pour cent des opérateurs ne sont pas totalement protégés lors de l’acte.


Conclusion

En conclusion, nous avons ainsi dégagé 4 principaux axes d’amélioration. Le respect des recommandations est essentiel et primordial, et permet la protection du patient et de l’opérateur. En effet, la survenue d’effets indésirable est la cause principale d’abandon des instillations de BCG.

Cancer de la vessie et transplantation rénale
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 671


Objectifs

La transplantation rénale (TR) est le traitement de choix de l’insuffisance rénale terminale. L’immunosuppression a permis des progrès considérables dans la maîtrise du rejet aigu mais reste un facteur de risque prépondérant de cancer après TR. Le but de notre étude était d’étudier l’incidence et la prise en charge des cancers de vessie (CV) chez les transplantés rénaux dans notre institution.


Méthodes

Étude rétrospective descriptive monocentrique portant sur la population transplantée rénale entre janvier 1993 et décembre 2018. Les données démographiques des patients, la néphropathie initiale, les caractéristiques des CV et leurs traitements, les récidives ainsi que les suivis ont été relevés. En cas de décès la causalité avec le CV était rapporté.


Résultats

Vingt-sept patients sur 1586 transplantés (1,7 %) d’âge moyen 60,4 ans (σ =10,8) ont présenté un carcinome urothélial dont 17 femmes. Le délai moyen entre la TR et le diagnostic de CV était de 8,9 ans (σ =4,4). Une néphropathie aux acides aristolochiques (AA) était retrouvée chez 15 patientes. Dix-sept TVNIM (63 %), 10 TVIM (37 %) dont 4 (14,8 %) d’emblée métastatiques ont été enregistrées. Les traitements ont été conformes aux recommandations : chimiothérapie et/ou BCG local pour les TVNIM, cystectomie pour les TVIM et chimiothérapie systémique pour les CV métastatiques. Le pronostic était sombre en cas de TVIM et/ou métastatique avec 85 % de patients décédés. Huit patientes, toutes transplantées à cause des AA, ont présenté une ou plusieurs récidives et 1 patiente a du avoir une cystectomie.


Conclusion

L’incidence du cancer de vessie est élevée dans notre série de transplantés rénaux compte tenu de la prévalence élevée d’une néphropathie aux AA.

Leur prise en charge est similaire aux patients non transplantés. Une surveillance étroite adaptée est justifiée chez les transplantés pour néphropathie aux herbes chinoises compte tenu du risque élevé de récidive et de progression.

Cancer de prostate chez les patients afro-caribéens : sont-ils plus agressifs au diagnostic
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 763-764


Objectifs

Les patients originaires d’Afrique subsaharienne ont une incidence et une mortalité par cancer de prostate plus élevé que les hommes caucasiens. L’objectif de cette étude était d’évaluer les résultats anatomopathologiques d’une cohorte afro-antillaise diagnostiquée d’un cancer de prostate sur biopsies de prostate, et de les comparer à une cohorte de France métropolitaine à majorité caucasienne.


Méthodes

Une étude rétrospective comparative bicentrique a été réalisée entre un centre Martiniquais et un centre Parisien entre 2008 et 2016. Les données cliniques, biologiques et pathologiques étaient recueillies au diagnostic. Les biopsies étaient réalisées selon le schéma standard de 12 prélèvements systématisés. Le critère de jugement principal était la classification de la société internationale de pathologie urologique (ISUP) pour le score de Gleason. Le critère de jugement secondaire était le taux de détection du cancer de prostate par les biopsies. Toutes les biopsies ont été relues par le même anatomopathologiste. Une analyse multivariée a été réalisée par régression linéaire.


Résultats

Sur les 1880 patients ayant bénéficié de biopsies de prostate dans la cohorte afro-caribéenne, 945 ont eu un diagnostic de cancer de la prostate (50,3 %), et 500 patients sur 945 dans la cohorte métropolitaine (33,8 %). Les patients afro-antillais étaient plus âgés (moyenne : 68,5 ans vs 67,5 ans, p =0,028), avaient un stade clinique plus élevé (13,2 % vs 5,2 % cT3-4, p <0,001) et un taux de PSA plus élevé (9,23 vs 8,32ng/mL, p =0,019). Après analyse univariée, les patients afro-antillais présentaient un grade pathologique ISUP plus élevé que les patients métropolitains (p <0,001). Néanmoins, après ajustement sur l’âge, le PSA et le stade clinique, il n’y avait plus de différence significative entre les deux cohortes (p =0,903) (Tableau 1, Tableau 2 et Fig. 1).


Conclusion

Les patients afro-antillais ne présentaient pas de résultats anatomopathologiques plus défavorable au diagnostic que les patients métropolitains, après analyse multivariée. Les patients afro-antillais atteints de cancer de prostate pourraient s’attendre au même pronostic que les patients caucasiens, au même stade de la maladie, dans des centres présentant des conditions équivalentes d’accès aux soins.

Clampage supra-sélectif pour néphrectomie partielle robot-assistée : intérêt sur la fonction rénale post-opératoire
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 776


Objectif

Nous présentons dans cette vidéo un cas clinique d’une patiente bénéficiant d’une néphrectomie partielle robot-assistée pour tumeur rénale avec clampage supra-sélectif.


Méthodes

Vingt-cinq patients dans une cohorte prospective de patients bénéficiant d’un clampage supra-sélectif sont appariés à une cohorte rétrospective de 25 patients opérés avec un clampage artériel. L’appariement est effectué sur le DFG préopératoire et le score RENAL NS. Le critère de jugement principal est le DFG sur le rein opéré calculé par le produit du DFG à 6 mois et de la valeur fonctionnelle du rein opéré sur une scintigraphie DMSA.


Résultats

La fonction rénale du rein opéré est meilleure après clampage supra-sélectif qu’après clampage de l’artère rénale avec un DFG à 3Q4ml/min vs 27ml/min, p =0,04.


Conclusion

Le clampage supra-sélectif permet une meilleure préservation rénale que le clampage total de l’artère rénale. L’essai EMERALD permettra d’étayer ces résultats préliminaires.

Classification des anomalies papillaires rénales observées en urétéroscopie souple : évaluation de la classification 2016 et mise à jour
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 684-685


Objectifs

Le but de ce travail était d’évaluer la classification proposée en 2016 des anomalies papillaires rénales en urétéroscopie souple dans la maladie lithiasique.


Méthodes

Depuis la publication de la classification Sx nPx Rx, nous avons réalisé une collecte prospective monocentrique mono-opérateur des données descriptives utilisant cette classification durant 88 consécutives urétéroscopies souples dans le traitement de calculs. Les calculs ont été analysés par microscope et spectrophotométrie et des bilans métaboliques systématiquement effectués. Les données ont été comparées statistiquement.


Résultats

Quatre-vingt-trois pour cent des patients avaient des plaques de Randall (PR), et seulement 4,5 % avaient des papilles normales. Les calculs ancrés papillaires étaient observés dans 30,7 % des cas et un aspect de cristallisation intraductale dans 15,9 %. Des érosions papillaires étaient présentes dans 55,7 % et des papilles extrophiques dans 8 % des cas. Les calculs ancrés sombres (Sa1) et les érosions avec dépôts (Pa2) étaient significativement corrélées à la présence de PR. Les papilles érodées étaient significativement liées à la présence de calculs ancrés et les calculs de phosphate de calcium à la cristallisation intraductale. Une hypercalciurie était diagnostiquée de manière plus significative en cas de calcul ancré clair (Sa2) que sombre (Sa1) (Tableau 1 et Fig. 1).


Conclusion

Les descriptions de la classification 2016 sont confirmées par les résultats de cette étude. Les anomalies papillaires sont des conséquences du développement des calculs. Leurs descriptions pourraient ainsi améliorer le suivi des patients lithiasiques et le diagnostic de l’origine de la lithogenèse. Nous recommandons donc leur description systématique. Quelques améliorations peuvent être apportées sur une version 2019.

Clitoridoplastie dans l’ambiguïté sexuelle : technique chirurgicale
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 783


Objectif

La clitoro- ou clitoridomégalie, correspond à une augmentation de taille anormale du clitoris. Chez l’adulte, les critères dimensionnels sont, selon Brodie, une longueur minimale de 27,4mm, et une largeur de 8mm.


Méthodes

Nous rapportons ici le cas d’une patiente âgée de 26 ans, sans antécédents personnels, qui consulte pour une aménorrhée primaire avec signes d’androgénisation (hirsutisme, voix grave…). L’examen clinique a révélé la présence d’une clitoromégalie avec persistance du sinus urogénital. La patiente a d’abord bénéficié d’un caryotype en faveur d’un caryotype féminin sans anomalie (46, XX). Des explorations ultérieures ont montré un déficit en 21-hydroxylase, avec une hyperplasie congénitale bilatérale des surrénales, pour laquelle elle a été mise sous corticothérapie. Elle a bénéficié, selon son souhait, d’une clitoridoplastie.


Résultats

La mise en place de fils de soie en début d’intervention au niveau des lèvres et du gland permet une bonne exposition. L’incision coronale est le premier temps de la chirurgie. La dissection doit être très anatomique et suivre les plans des différents fascias afin de permettre une conservation du pédicule balanique, étant donné que le gland fera office de clitoris. Pour avoir les résultats esthétiques escomptés, il est nécessaire de clamper les corps caverneux le plus proche possible de la base avec une traction, et créer un nouvel orifice proximal pour extérioriser le néo-clitoris.


Conclusion

La clitoridoplastie pour ambiguïté sexuelle est une chirurgie qui, avec une standardisation des gestes et une bonne connaissance de l’anatomie, peut devenir accessible à tout chirurgien.

Colique néphrétique fébrile : enquête de pratiques auprès des urologues membre de l’AFU
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 687


Objectifs

Nous avons proposé à partir d’un cas clinique de colique néphrétique fébrile d’évaluer les attitudes et les pratiques de prescription des urologues en matière d’infectiologie urologique. Notre objectif était d’avoir un aperçu des prises en charge concernant un cas clinique standard et d’identifier les facteurs de risque associés aux mauvaises pratiques afin de proposer des moyens permettant une meilleure adhésion et application des recommandations.


Méthodes

Tous les urologues inscrits auprès de l’Association française d’urologie (AFU) ont été invités par e-mail à remplir un questionnaire en ligne à partir de la plateforme SurveyMonkey entre juillet et septembre 2018 concernant un cas clinique de colique néphrétique fébrile. Il y avait 10 questions, chacune constituées de 5 items. Nous présentons ici les données recueillies et le taux de réponse exacte en fonction du statut. L’ensemble des données statistiques ont été obtenues à partir du logiciel Excel.


Résultats

Nous avons obtenu 868 réponses (49,4 %) dont 465 complètes qui ont pu être analysées. Parmi les urologues, 58,8 % avaient réalisé l’évaluation exacte du score qSOFA=2, 65,3 % réalisaient une dérivation en urgence des urines et une antibiothérapie immédiate. Parmi les urologues, 54,7 % prescrivaient une bithérapie (bêtalactamine avec aminoglycoside) dont 60,5 % prescrivaient une C3G parentérale et 39,9 % recommandaient l’utilisation d’amikacine et considéraient que l’insuffisance rénale ne contre-indiquait pas la prescription d’aminoside. Soixante-deux pour cent utilisaient en relais l’amoxicilline et parmi ceux-ci, 9,3 % à la dose de 2 g×3/j per os, 1,7 % préconisaient une durée de 10 j et 2,6 % une durée de 14 j. La proportion de bonnes réponses en fonction du statut (urologue sénior, CCA-AH et internes) retrouvait 44,7 % de bonnes réponses chez les urologues séniors, 53 % chez les CCA ou AH et 51,9 % chez les internes (Fig. 1).


Conclusion

Malgré des recommandations, les bonnes pratiques en infectiologie ne sont appliquées que par moins d’un urologue sur deux en France. En outre les prescripteurs juniors sont plus au fait des recommandations que les séniors. Ceci souligne la nécessité de diffuser davantage les recommandations et de changer les pratiques en particulier des urologues séniors en utilisant de nouveaux support de communications.

Comparaison de 3 modes de coagulation des télangiectasies radiques de vessie : laser Greenlight XPS fibre EA, laser Holmium stonelight et résecteur monopolaire
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 723-724


Objectifs

La prise en charge de la cystite radique hématurique est difficile, et reste mal codifiée. L’objectif de cette étude était de comparer l’efficacité et la morbidité de la coagulation des télangiectasies de cystite radique par laser Greenlight XPS à la fibre EA, par résecteur monopolaire et par laser Holmium stonelight.


Méthodes

Une étude rétrospective a été menée dans un centre universitaire incluant tous les patients, avec antécédent d’irradiation pelvienne, pris en charge au bloc opératoire, en urgence ou programmée, pour un geste de coagulation, et présentant des lésions endoscopiques de cystite radique entre 2007 et 2018. Le laser Holmium stonelight était le mode de coagulation utilisé en priorité entre 2007 et 2011, la coagulation monopolaire entre 2011 et 2014, et le laser Greenlight XPS fibre EA entre 2015 et 2018. Les résultats périopératoires et à long terme des trois techniques ont été comparés.


Résultats

Il a été réalisé 59 procédures, chez 44 patients : 18 procédures ont été réalisées au laser Greenlight XPS, 16 en coagulation monopolaire, et 25 au laser Holmium avec des cystites radiques plus sévères dans le groupe monopolaire (grade RTOG/EORTC>2 : 0 % vs 37,5 % vs 12 % ; p =0,008). Les taux de complications intra-opératoires et postopératoires Clavien ≥ 3 étaient significativement plus élevées dans le groupe monopolaire (p =0,01 et p =0,0006 respectivement, cf. Tableau 1), de même que la durée d’hospitalisation (p =0,02). Après un suivi médian de respectivement 13, 38 et 58 mois (p <0,0001) le taux de récidive de l’hématurie macroscopique était plus élevé dans le groupe holmium (38,9 % vs 50 % vs 80 % ; p =0,02). En revanche la survie sans retraitement (caisson hyperbare ou chirurgie) étaient comparable dans les 3 groupes (p =0,56, voire Fig. 1).


Conclusion

Chez les patients présentant une hématurie macroscopique sur lésions de cystite radique, les résultats de la coagulation par laser Greenlight fibre EA semblaient plus favorables que ceux de la coagulation monopolaire ou par laser Holmium. Ces résultats nécessitent toutefois confirmation par des séries plus larges et avec des données à long terme pour le laser Greenlight.

Comparaison de la néphrectomie partielle et des traitements radio-ablatifs dans la prise en charge des tumeurs du rein de moins de 4 cm chez les patients jeunes et peu comorbides
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 644-645


Objectifs

Les recommandations proposent la néphrectomie partielle (NP) en première intention pour le traitement des petites tumeurs du rein (<4cm) (PTR). La place des traitements radio-ablatifs (TRA) semble se situer chez les patients âgés et fragiles.

L’objectif était de comparer les résultats oncologiques et la morbidité des TRA avec le traitement recommandé des PTR, la NP, chez les patients jeunes sans comorbidité.


Méthodes

Une étude observationnelle rétrospective monocentrique a permis d’inclure les patients traités pour une tumeur rénale classée cT1a entre 2010 et 2014. Les patients âgés de plus de 70 ans ou porteurs d’un score ASA≥3 ont été exclus. Les caractéristiques des patients et des tumeurs ont été colligées, notamment leur complexité (R. E. N. A. L. score), et les données périopératoires (durée d’hospitalisation, complications [Clavien], créatininémie). Le test du Chi2 (ou Fischer) a été utilisé pour comparer les variables qualitatives, le t -test (Student) pour les variables quantitatives. Les survies (sans récidive, et globale) ont été analysées selon Kaplan–Meier et comparées par test du log-rank.


Résultats

Parmi les 248 patients traités pour une PTR entre 2010 et 2014 (NP=117, TRA=131). Cent vingt-trois patients ont été inclus dans l’analyse finale (NP=83, TRA=40). Les groupes étaient comparables sur les données pré-thérapeutiques sauf pour la taille tumorale, les tumeurs traitées par TRA étant plus petites que celles traitées par NP (Tableau 1). Au terme d’un suivi médian de plus de 60 mois, la survie sans récidive n’était pas statistiquement différente entre la TRA et la NP (85 % [n =6] vs 91,5 % [n =7] [p =0,17]). La survie globale était également comparable pour TRA vs NP (97,5 % [n =1] vs 95,2 % [n =4] [p =0,52]) (Fig. 1). La variation de la créatininémie et la survenue de complications (Clavien) étaient comparables dans les deux groupes, alors que la durée d’hospitalisation était significativement plus courte dans le groupe TRA (3 vs 6 j, p <0,0001) (Tableau 2).


Conclusion

Chez les patients jeunes et peu comorbides, les traitements radio-ablatifs se placent comme une ressource thérapeutique efficace à long terme et peu morbide dans les tumeurs rénales T1a.

Comparaison de la transplantation rénale cœlioscopique robot-assistée de donneur vivant entre receveurs obèses et non-obèses : une série internationale de 169 transplantations
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 673-674


Objectifs

L’objectif était de comparer les résultats chirurgicaux peropératoires et postopératoires précoces de la transplantation rénale robot-assistée (TRRA) de donneur vivant chez des receveurs obèses et non obèses.


Méthodes

Nous avons inclus tous les patients ayant eu une transplantation rénale robot-assistée de donneur vivant, préalablement inclus dans l’European Robotic Urological Section-TRRA database. Les Résultats fonctionnels, les complications intra- et postopératoires ont été comparés entre les patients obèses (IMC≥30kg/m2) et non obèses (IMC<30kg/m2).


Résultats

Cent soixante-neuf TRRA de donneurs vivants ont été réalisé de juillet 2015 à septembre 2018. Trente-deux patients avaient un IMC>30. Le temps opératoire était statistiquement plus court dans le groupe des receveurs obèses (214,5±12,6 contre 282,3±8minutes, p <0,0001). Il n’y a pas eu de complications peropératoires majeures (Clavien III) dans les deux groupes. En ce qui concerne les complications postopératoires mineures (Clavien I–II) et majeures (Clavien III), aucune différence statistique n’a été identifiée entre les 2 groupes. À l’analyse univariée, l’âge, l’IMC et le nombre d’artères du transplant étaient des facteurs prédictifs de fonction rénale sous-optimale (FRSO) (eGFR<45mL/min/1,73 m2) à 1 mois postopératoire. Seul le nombre d’artères du transplant était un facteur prédictif indépendant de FRSO à l’analyse multivariée. La clairance à 1 an était équivalente dans les deux groupes.


Conclusion

Chez les receveurs obèses, la TRRA présente des résultats fonctionnels optimaux et des taux de complications similaires à ceux des receveurs non obèses.

Comparaison des résultats péri- et postopératoires de la résection de vessie en bloc versus la résection de vessie classique
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 695-696


Objectifs

L’objectif est de comparer la morbidité périopératoire de la résection de vessie (RTV) en bloc avec les résultats de la technique classique.


Méthodes

Dans cette étude rétrospective, les RTV en bloc réalisées par 2 chirurgiens étaient colligées et comparées à une cohorte semblable de RTV classique. Toutes les RTV sont réalisées avec du courant bipolaire. Les données de morbidité périopératoires étaient colligées et analysées selon la classification de Clavien–Dindo.


Résultats

Cent soixante-dix patients ont été inclus. Les caractéristiques de la population sont décrites dans le Tableau 1. La lumière bleu (PDD) était utilisée dans 75 % des RTV en bloc et 38 % des RTV classiques. La durée opératoire moyenne dans le groupe 1 est de 50min (15–120) versus 35 (15–80) dans le groupe 2 (p =0,12). La durée de séjour moyenne était de 1,41 (0–2) jours dans le groupe 1 versus 3,03 (1–15) jours dans le groupe 2 (p =0,035). La sonde vésicale était retirée après 1,01 (0–3) jours dans le groupe 1 versus 2,66 (1–15) jours (p =0,068) dans le groupe 2. Aucune complication n’est retrouvée dans le groupe 1 alors que dans le groupe 2, 3 patients ont eu une rétention urinaire postopératoire (Clavien 2) et 4 patients ont eu une reprise chirurgicale pour décaillotage (Clavien 3b).


Conclusion

La RTV en bloc présente une durée opératoire supérieure à la RTV standard mais permettrait de réduire la durée d’hospitalisation et semble moins morbide que la RTV standard. Une comparaison des résultats anatomopathologique et du taux de récidive entre ces deux groupes est en cours.

Comparaison des taux d’estradiol et de gynécomastie chez les hommes hypogonadiques traités par citrate de clomifène ou testostérone transdermique
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 718-719


Objectifs

Le citrate de clomifène (CC) est un traitement reconnu de l’hypogonadisme (HG). Inhibiteur compétitif de l’œstradiol (E2) au niveau de ses récepteurs hypothalamiques, il est cependant susceptible d’engendrer une augmentation des taux sériques d’E2. Cette analyse a été entreprise pour comparer les taux sériques d’E2 chez les hommes atteints d’HG sous traitement par CC par rapport à un traitement par testostérone transdermique (TTD).


Méthodes

Notre population d’étude était composée d’hommes ayant :

– un HG (deux taux sériques de TT au petit matin<300ng/dL) ;

– soit sous traitement par CC, soit sous traitement par TTD ;

– un taux d’E2 de référence normal ;

– et un suivi clinique et biologique (TT et E2) ≥ 6 mois.

Le CC a été prescrit à 25mg tous les deux jours et titré jusqu’à 50mg/jour pour maintenir les patients à un taux de TT de 500–600ng/dL. L’administration de TTD a été ajustée pour obtenir le même effet. Tous les hommes ont été examinés tous les 6 mois à la recherche d’une gynécomastie.


Résultats

Cent soixante-quatre hommes sous TTD (âge moyen : 58±12 ans) et 142 hommes sous CC (âge moyen : 44±24 ans) ont constitué notre population d’étude. La durée moyenne de traitement par CC était de 16 mois ; et 22 mois pour TTD. Des augmentations significatives des taux moyens de TT ont été observées dans les deux groupes au cours du traitement : CC +261–498ng/dL (p <0,05), et TTD +246–574ng/dL (p <0,05) ; sans différence significative entre les taux de TT initiaux ou sous traitement entre les deux groupes. Les taux de E2 de base étaient similaires dans les deux groupes (CC : 19pg/mL, TTD : 22pg/mL, p =NS), mais en fin de traitement les taux d’E2 étaient significativement différents entre le groupe CC : 44pg/mL ; et TTD : 31pg/mL (p <0,05). Les taux de gynécomastie étaient : CC 4/142 (2,8 %), TTD 6/164 (3,6 %) (p =NS).


Conclusion

Bien que le traitement par CC ait augmenté les taux d’E2 de façon nettement supérieure au traitement par TTD, cette différence n’a pas eu de traduction clinique significative. Les taux de gynécomastie étaient similaires entre les deux groupes.

Comparaison des voies cœlioscopiques transpéritonéales et rétropéritonéales pour la surrénalectomie pour métastase : une étude multicentrique
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 650-651


Objectifs

La voie cœlioscopique pour les surrénalectomies pour suspicion de métastase reste controversée. Aucune étude n’a à ce jour chercher à comparer les voies d’abord cœlioscopique transpéritonéale et rétropéritonéale dans cette indication. L’objectif de cette étude était de comparer les résultats des voies cœlioscopiques transpéritonéale (transP) et rétropéritonéale (rétroP) pour la surrénalectomie pour métastase.


Méthodes

Tous les patients ayant eu surrénalectomies pour métastase surrénalienne, quel que soit le primitif, réalisées dans 7 centres entre 2006 et 2016 ont été inclus dans une étude rétrospective. Les surrénalectomies réalisées lors d’une néphrectomie homolatérale ont été exclues. Les Résultats périopératoires des surrénalectomies trransP et rétroP ont été comparés. La survies sans récidive (SSR) ont été estimées par la méthode de Kaplan – Meier et comparées par le test de Log-Rank.


Résultats

Quatre-vingt-treize patients ont été inclus : 76 transP et 17 rétroP. La taille tumorale moyenne était comparable dans les deux groupes (35,6 vs. 51,9mm ; p =0,49). Il n’y avait pas de différence statistiquement significative entre les deux groupes en termes de durée opératoire (175,5 vs. 177,8min ; p =0,87), de durée d’hospitalisation (4,8 vs. 4,3jours ; p =0,89) de complications postopératoires (18,1 % vs. 29,4 % ; p =0,32) et de taux de marges positives (22,5 % vs. 18,8 % ; p =0,74). Les taux de complications majeures (Clavien 3 ou plus) étaient également similaires dans les deux groupes (6,1 % s. 11,7 % ; p =0,60). Après un suivi moyen de 26,4 et 21,1 mois (p =0,75), les taux estimés de SSR à 5 ans étaient de 25,6 % et 13,8 % respectivement (p =0,52 ; Fig. 1).


Conclusion

Dans cette étude multicentrique les résultats périopératoires et oncologiques des voies transP et rétroP étaient similaires. Des études de plus large effectif, et idéalement prospectives randomisées, seront nécessaires pour confirmer l’équivalence de ces deux techniques.

Comparaison entre dextranomere/acide hyaluronique (Deflux®) et polyacrylate-polyalcool copolymere (Vantris®) dans le traitement endoscopique du reflux vésico-urétéral (RVU) de l’enfant
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 691


Objectifs

Le traitement endoscopique du RVU chez l’enfant fait partie des guidelines, mais diverses molécules sont présentes sur le marché. Le but est de comparer les Résultats d’une injection endoscopique de polyacrylate-polyalcool copolymère Vantris® à ceux d’une injection de dextranomere/acide hyaluronique Deflux® en termes de récidive d’infection urinaire, chez des enfants traités pour reflux vésico-urétéral (RVU) de grade faible ou intermédiaire.


Méthodes

Une étude rétrospective monocentrique a été réalisée incluant 94 enfants traités par une injection endoscopique de Vantris® pour un RVU de grade 1 à 3 associé à des pyélonéphrites ou à des anomalies scintigraphiques de 2014 à 2019. Ce groupe a été comparé à 91 enfants traités par une injection de Deflux® pour la même indication entre 2010 et 2014. Le critère de jugement principal est le taux de pyélonéphrite à 6 mois postopératoire, qui a été comparé entre les deux groupes.


Résultats

Les 2 groupes étaient comparables en termes d’âge moyen à l’injection (5,6 ans dans le groupe Vantris® vs. 6,6 ans dans le groupe Deflux®), de ratio garçons/filles (38/66 vs. 28/66), d’antécédent de pyélonéphrite (91 vs. 88 %) et de séquelles scintigraphiques (62 vs. 56 %). Les troubles mictionnels étaient plus nombreux dans le groupe Vantris® (39 vs. 16 %). Le suivi moyen était plus important dans le groupe Deflux® (45 mois vs. 18). Dans le groupe Vantris®, 7 enfants (7 %) ont présenté une récidive de pyélonéphrite, dont 3 avaient une récidive de RVU cystographique et 2 enfants ont été réopérés. Dans le groupe Deflux®, 16 enfants (17 %, p =0,04) ont récidivé une pyélonéphrite, dont 8 avaient une récidive de RVU sur la cystographie et ont été réopérés.


Conclusion

Dans le traitement endoscopique du RVU, le Vantris® semble avoir une meilleure efficacité que le Deflux® sur la récidive de pyélonéphrites, au moins à court terme. Cependant, le risque d’obstruction chronique est à surveiller et nécessite des études sur les résultats du Vantris® à long terme.

Comparaison in vitro des flux de bulles avec le Laser Thulium Fibré Superpulsé selon le diamètre de fibre laser (150 ?m vs 272 ?m) et le milieu d’activation (sérum physiologique, produit de contraste iodé, eau pour préparation injectable, urine)
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 681-683


Objectifs

Le Laser Thulium Fibré (TFL) représente une alternative au laser Holmium:YAG pour la lithotritie endocorporelle, permettant d’utiliser des fibres laser (FL) de diamètres inférieurs à 200μm. L’objectif était de comparer in vitro les dimensions et durée des flux de bulles (FB) entre FL de diamètre 272μm (272CDF) et 150μm (150CDF) avec le TFL selon le milieu d’activation.


Méthodes

Un générateur TFL (IPG Photonics©) de 50W avec des fibres laser de diamètre 272μm et 150μm (Sureflex, Boston Scientific©) ont été utilisés. Neuf énergies (En=0,025–4J) étaient étudiées avec durées d’impulsions de 650 à 2100μs. L’extrémité de la FL était disposée verticalement, immergée dans une cuvette de sérum physiologique (SP), d’eau pour préparation injectable (WFI), urine et produit de contraste iodé (Telebrix-30-Meglumine) (PDC) à température ambiante et sectionnée entre chaque expérience par des ciseaux en céramique. Trois bulles consécutives étaient filmées par une caméra rapide PhotronFastcam (15 000 images/s). ImageJ (NIH®) et PhotronFastcamViewer® (États-Unis) permettaient le recueil des longueurs (μm), largeurs (μm), et durée de vie (DV) moyennes du FB (μs).


Résultats

Le FB était plus long et plus large avec 150CDF par rapport à 272CDF, sauf pour En=25mJ. La DV du FB était plus importante avec 150CDF. Les puissances maximales utilisables étaient supérieures à la limite technologique du TFL, sauf pour 25mJ (50W pour 150CDF et 40W pour 272CDF) (Tableau 1 et Fig. 1). À irradiance équivalente, 150CDF présentait des dimensions et durée de vie de FB inférieures à 272CDF. Le FB était plus long dans le PDC par rapport au SP, WFI et urine, sauf pour En=150mJ et 200mJ contre SP (Tableau 2 et Fig. 1). Pour En>25mJ, les FB étaient plus fins dans l’urine, WFI et SP et d’aspect semblable. La DV était plus longue dans le PDC par rapport à l’urine, WFI et SP (Tableau 2 et Fig. 1), traduisant une plus faible fréquence maximale théorique. Le diamètre de FL ne modifiait pas ces résultats.


Conclusion

150CDF présentent des dimensions et DV de FB supérieures à 272CDF avec le TFL, sauf à 25mJ. Sa plus grande irradiance explique ces résultats mais oriente l’utilisation de 150CDF à de faibles énergies-hautes fréquences, jusqu’à 50W maximum. Les dimensions et DV des FB étaient similaires dans l’urine, WFI ou SP mais moins longues et moins larges et plus courtes que dans le PDC, expliquées par sa plus grande viscosité.

Comparaison in vitro des taux d’ablation lithiasiques du laser Thulium fibré et du laser Holmium:YAG pour la lithotritie endocorporelle : impact de l’utilisation de fibre laser de diamètre 150 ?m
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 683-684


Objectifs

Le laser Thulium fibré (TFL) apparaît comme une alternative au laser Holmium:YAG (Ho:YAG) pour la lithotritie endocorporelle, permettant d’utiliser des fibres de diamètres inférieurs à 200μm. L’objectif était de comparer in vitro les diamètres des fragments, des fissures, et des volumes d’ablation lithiasiques selon le diamètre de fibre laser (CDF) (272μm ou 150μm) avec le TFL et le Ho:YAG.


Méthodes

Des fibres laser connectées au TFL 50W (272CDF ou 150CDF) ou au MH1 Ho:YAG30W (272CDF) étaient comparées selon trois paramètres : « fine dusting » (FD:0,15J/100Hz), « dusting » (D:0,5J/30Hz) et « fragmentation » (Fr:1J/15Hz). Une émission laser de vingt secondes était réalisée respectant une spirale de rayon 4mm en contact avec des calculs cubiques synthétiques (Begostone) dur (COM) ou tendre (UA) de 10mm, immergés en solution saline. Après séchage, les calculs étaient scannés (Quantum FX) et les fragments recueillis par tamisage. Fragments et calculs étaient observés ensuite en microscopie optique pour déterminer les diamètres moyens des fissures et fragments. Les volumes d’ablation (VA) étaient mesurés par segmentation (3DSlicer).


Résultats

150CDF réalisait des fissures significativement plus petites que 272CDF contre UA (FD : 304,4μm±45,04 vs 410,2μm±66,5, p <0,001 ; D:503μm±59,91 vs 573,5μm±38,09, p <0,01 ; Fr:615,9μm±59,18 vs 689,2μm±51,4, p <0,01) et COM sauf en fragmentation (FD : 396,9μm±68,27 vs 540,8μm±76,93, p <0,0001 ; D:602,5μm±35,42 vs 656,3μm±65,21, p =0,04 ; Fr:971,3μm±153,8 vs 930,5μm±67, p =0,39). 150CDF produisait des fragments significativement plus petits que 272CDF sauf en dusting contre UA (FD : 20,52μm±9,001 vs 38,41μm±54,42, p =0,0003 ; D:22,65μm±11,95 vs 15,45μm±11,69, p <0,0001 ; Fr:13,78μm±12,3 vs 17,01μm±40,66, p =0,3107) et COM (FD:20,66μm±8,099 vs 34,91μm±51,21, p =0,0018 ; D:14,2μm±8,108 vs 6,28μm±7, p <0,0001 ; Fr:27,56μm±24,61 vs 111,9μm±189,8, p <0,0001) (Tableau 1a, Tableau 1b). En dusting , le VA était quatre et trois fois supérieurs avec TFL par rapport au Ho:YAG contre COM (p <0,05) et UA (p <0,05). En fragmentation, le VA était deux fois supérieur avec TFL par rapport au Ho:YAG contre COM (p <0,05) et UA (p <0,05) respectivement (Tableau 2, Fig. 1). Les VA avec TFL et 150CDF étaient significativement supérieur à ceux du Ho:YAG (sauf en fragmentation contre UA). Pour TFL, 272CDF présentait un VA significativement supérieur à ceux avec 150CDF, sauf en fine dusting contre UA. Les VA en fine dusting avec TFL (150CDF et 272CDF) étaient deux et trois fois supérieurs au VA avec Ho:YAG en dusting .


Conclusion

Avec TFL, 150CDF produit des fragments (sauf en dusting ) plus petits par rapport 272CDF respectant les définitions du dusting pour une évacuation spontanée ou facilité des fragments. À FL et paramètres égaux, le TFL présente un VA deux (fragmentation) à quatre fois (dusting ) supérieur au Ho:YAG. Avec 150CDF, il reste 50 % supérieur au Ho:YAG (272CDF).

Comparaison prospective non randomisée de la solifenacine et du mirabegron chez les patients atteints de sclérose en plaques ayant des symptômes d’hyperactivité vésicale
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 737


Objectifs

Le mirabegron pourrait avoir un intérêt chez les patients sclérose en plaques (SEP) en raison de son meilleur profil de tolérance mais aucune étude n’a à ce jour comparer le mirabegron aux anticholinergiques dans la population SEP. L’objectif de cette étude était de comparer le mirabegron et la solifenacine chez les patients SEP ayant des symptômes d’hyperactivité vésicale (HAV).


Méthodes

Une étude prospective contrôlée non randomisée a été conduite dans un centre entre 2012 et 2018. Tous les patients SEP ayant des symptomes d’HAV ont été évalués pour inclusion. Les critères d’exclusions étaient la réalisation d’auto-sondages (ATS), un EDSS>6 ou la prise d’anticholinergiques ou mirabegron dans le mois précédent l’inclusion. Les patients inclus pendant la première période (2012–2016) de l’étude était traité par mirabegron 50mg 1 cp/j et ceux inclus pendant la deuxième période (2017–2018) recevait de la solifenacine 10mg 1 cp/j. Les patients étaient réévalués à 6 semaines. Le critère de jugement principal était le questionnaire OABq-SF.


Résultats

Soixante et un patients ont été inclus: 35 dans le groupe mirabegron et 26 dans le groupe solifenacine. À 6 semaines, l’OABq-SF était significativement diminué dans les 2 groupes (6,2 vs 17,2 initialement dans le groupe solifenacine, p <0,0001; 11,1 vs 16,1 initialement dans le groupe mirabegron, p <0,0001). Cependant la diminution était significativement plus importante dans le groupe solifenacine (−64,6 % vs −35,5 %; p =0,005). L’impression d’amélioration évaluée par PGII était également en faveur de la solifenacine (PGII=1, 2 ou 3: 100 % vs 59 %). Deux patients ont interrompu le traitement pour effet indésirable dans le groupe solifenacine contre aucun dans le groupe mirabegron (7,7 % vs 0 %; p =0,18). La constipation évaluée par le score PACSYM diminuait dans le groupe mirabegron alors qu’elle s’accentuait dans le groupe solifenacine (−8 % vs +2,7 %; p =0,07).


Conclusion

La solifenacine pourrait être plus efficace que le mirabegron chez les patients atteints de SEP ayant des symptômes d’HAV. En revanche, le profil de tolérance du mirabegron semble meilleur que celui de la solifenacine chez les patients SEP avec en particulier moins d’effet sur la constipation.

Complication urologiques liées à la grossesse et à l’accouchement après reconstruction urologique complexe : étude rétrospective multicentrique nationale
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 740-741


Objectifs

L’objectif principal de notre étude était de rapporter les difficultés rencontrées et les complications au cours de la grossesse et de l’accouchement chez les patientes ayant un antécédent de grossesse et d’accouchement après reconstruction urologique complexe.


Méthodes

Nous avons réalisé une étude rétrospective multicentrique dans 16 centres. Ont été incluses les patientes aux antécédents d’entérocystoplastie d’agrandissement (EA), et/ou de dérivation cutanée continente (DCC), et/ou de sphincter urinaire artificiel (SUA) et ayant présenté une grossesse et accouchement.


Résultats

Soixante-huit femmes ayant présenté 96 accouchements entre 1998 et janvier 2019 ont été incluses. Cinquante pour cent présentaient un dysraphisme spinal, 30 % une lésion médullaire, 15 % une exstrophie vésicale et 6 % une autre pathologie. Cinquante-deux pour cent avaient une EA, 25 % une DCC et 5 % un SUA. Au cours de la grossesse, 10 % ont présenté des difficultés d’auto-sondages et 14,6 % ont nécessité un drainage du haut appareil urinaire pour colique néphrétique ou pyélonéphrite aiguë. Concernant l’accouchement, le taux de césarienne était de 64 % dont 13 % en urgence. Le taux de prématurité était de 35 %. Un sur 3 des césariennes se sont compliquées, principalement par lésion de la reconstruction urologique. La continence urinaire à 6 mois de l’accouchement était non modifiée pour 93,5 % des femmes, quel que soit le mode d’accouchement (p =0,293) (Tableau 1, Tableau 2, Tableau 3).


Conclusion

À notre connaissance, il s’agit de la plus grosse cohorte rapportant les complications de la grossesse et de l’accouchement après reconstruction du bas appareil urinaire. La voie basse, lorsqu’elle est possible, doit être privilégiée en première intention, la césarienne étant à risque de lésion du montage urologique, et ne semblant pas prévenir une incontinence post-partum.

Complications après chirurgie du périnée (avec ou sans implantation de matériel) : premiers résultats de l’observatoire multicentrique français VIGIMESH après 1873 inclusions
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 708-709


Objectifs

Lors d’une chirurgie pour incontinence urinaire d’effort et/ou prolapsus génital des dispositifs médicaux non-résorbables sont souvent utilisés. Les complications dépendent de l’expérience du chirurgien, des caractéristiques des patientes, de la voie d’abord, de la technique de pose, et des matériaux utilisés. L’observatoire VIGIMESH permet depuis 2017 un recueil prospectif de l’utilisation de ces dispositifs et de leurs complications (exposition, complications fonctionnelles [douleur, obstruction, conséquences sexuelles]).


Méthodes

À partir de février 2017, dans les 13 centres participants toutes les patientes opérées d’une incontinence urinaire d’effort (IUE) et/ou un prolapsus génital ou rectal pouvaient participer au suivi. Seuls les patientes ayant une bandelette sous-urétrale (BSU) ou une colposuspension, une réparation vaginale avec ou sans mèche par voie vaginale ou abdominale ou une réparation endo-anale ont été incluses. Les patientes ayant une pose de sphincter urinaire artificiel, de ballons péri-urétraux ou des injections de produits de comblements n’ont pas été incluses. Chaque chirurgien déclarait leurs interventions et complications. Celles-ci étaient vérifiées avec les informations du département d’information médicale et par des questionnaires de suivi.


Résultats

Au total, 1873 patientes ont été incluses et analysées. Les chirurgies index ont été réparties en 5 groupes (Tableau 1). Les patientes opérées d’une IUE isolée par BSU ont bénéficié dans la moitié des cas d’une procédure rétropubienne (338 cas soit 51,4 %). Quinze patientes ont eu un colpocleisis dans le groupe réparation vaginale sans matériel. Soixante-trois plaies peropératoires (3,36 %) ont été rapportés (34 de vessie, 2 de l’urètre, 2 du rectum et 19 du vagin). Seulement dans 8 cas ces plaies ont amené à l’arrêt de l’intervention et/ou de la mise en place de matériel. Cinquante-deux patientes (2,78 %) ont eu des complications graves durant la chirurgie ou dans les premiers mois postopératoires (grade III ou plus) (Tableau 2 et Fig. 1). Sept patientes ont nécessité de multiples interventions pour traiter la complication.


Conclusion

L’observatoire est un outil qui permet de rapporter, de façon organisée, les complications des chirurgies du plancher pelvien et permettra sur le plus long terme de comparer les différents matériaux utilisés et techniques d’implantation. Il permettra également à terme de proposer des recommandations sur la prévention et la prise en charge des complications de ces chirurgies et de leurs séquelles.

Complications majeures des traitements chirurgicaux des tumeurs du rein localisées d’après les données nationales du Programme de médicalisation des systèmes d’information 2016 et 2017
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 727


Objectifs

Le traitement chirurgical des tumeurs du rein localisées est à l’origine de complications hémorragiques, thromboemboliques et infectieuses. Nous avons étudié les données du Programme de médicalisation des systèmes d’information national 2016 et 2017 pour en extraire leurs fréquences selon le type d’intervention chirurgicale (néphrectomie totale élargie, néphrectomie partielle) et selon la voie d’abord (laparotomie, cœlioscopie, lombotomie et laparotomie/lombotomie).


Méthodes

Les données étaient extraites pour la période 2016 et 2017 pour tous les patients anonymisés hospitalisés en France (tout établissement confondu) avec un diagnostic de tumeur rénale sauf voie excrétrice (C64). Sont exclus les patients ayant des diagnostics en rapport avec des lésions secondaires. Les différents groupes chirurgicaux étaient sélectionnés à partir de leur code CCAM (chirurgie ouverte ou cœlioscopique, partielle ou totale). Les complications étaient sélectionnées à partir des codes diagnostics associés. Nous avons regroupé les complications hémorragiques (HEM), thromboemboliques (MTE) et infectieuses (INF). Les données avaient été analysées avec un test du Chi2 ou un test exact de Fischer.


Résultats

En 2016 et 2017, respectivement 8654 et 8808 patients ont été inclus. Parmi les 4448 NP réalisées en 2016, les complications HEM (p <0,001) et INF (p <0,001) étaient significativement plus importantes dans les groupes lombotomie et laparotomie. Pour les 4206 NTE, il y avait significativement plus de complications INF (p <0,001), HEM (p <0,001) et MTE (p <0,047) dans les groupes ouverts. Parmi les 4724 NP et les 4084 NTE de 2017, il y avait significativement plus de complications HEM (p <0,001), MTE (p =0,001) et INF (p <0,001 groupe NP et p =0,013 groupe NTE) dans les groupes ouverts que les groupes cœlioscopiques (Tableau 1, Tableau 2).


Conclusion

Les voies cœlioscopiques sont moins pourvoyeuses de complications INF, HEM et MTE que les voies ouvertes d’après les données du PMSI nationale.

Conclusion
Conclusion
2019
- Rapports du congrès
- Réf : Prog Urol, 2019, 14, 29, 896-897
       

Curage inguinal et pelvien pour tumeur de verge
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 784


Objectif

Cette vidéo présente une chirurgie de curage inguinal gauche et curage pelvien chez un patient de 69 ans. Il lui a été diagnostiqué une tumeur de verge en novembre 2018 avec initialement 2 ganglions palpables en inguinal gauche, peu mobiles. Un TEP-Scanner réalisé au début de la prise en charge retrouvait 2 fixations inguinales gauches et externe gauche.


Méthodes

Il a donc été traité par pénectomie totale qui retrouvait un carcinome infiltrant de 6cm de grand axe, pT2. Lors de cette chirurgie de pénectomie, le curage n’a pas pu être réalisé en raison d’une fixation au plan aponévrotique. Une chimiothérapie a donc été entreprise par 4 cures de TCF modifié (Docétaxel+Cisplatine+Levofolinique+Fluorouracile) et le PET-Scanner de réévaluation post-chimiothérapie retrouvait une bonne réponse métabolique (SUV max 18=>5)


Résultats

Une indication de curage inguinal et pelvien a donc été posée, pour une chirurgie réalisée en 03/2019. L’analyse de celui-ci a retrouvé pour le curage inguinal gauche :

– 2 métastases ganglionnaires avec extension extra-capsulaire (2N+/7N) ;

– pour le curage iliaque : 4N-.

Le patient a présenté une importante lymphocèle par la suite mais sans infection et sans nécrose cutanée. La résorption s’est faite progressivement et il poursuit actuellement sa surveillance.


Conclusion

La chirurgie de curage inguinal fait partie de la prise en charge de la tumeur de verge. Sans présenter de difficultés techniques majeures, elle doit cependant être bien maîtrisée, y compris la gestion des complications post-opératoires qui peuvent être lourdes.

Curage lombo-aortique modifié droit pour une tumeur germinale non-séminomateuse du testicule, par laparotomie
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 784


Objectif

Dans les tumeurs germinales non séminomateuses du testicule (TGNS), la chirurgie des masses ganglionnaires résiduelles après chimiothérapie est nécessaire, en cas de masses supérieures à 1cm. Le curage ganglionnaire lombo-aortique bilatéral complet est recommandé, mais un curage unilatéral modifié peut être proposé pour des masses résiduelles de faibles volumes, dans une stratégie d’épargne nerveuse, afin de limiter les troubles de l’éjaculation.


Méthodes

Cette vidéo illustre le cas d’un homme de 38 ans présentant une TGNS du testicule droit, classée pT2N2M0S1, de bon pronostic, avec une adénopathie inter aortico-cave de 25mm. Il a eu une chimiothérapie par 3 cures de BEP (Bléomycine, Etoposide et Cisplatine). Les marqueurs tumoraux se sont normalisés après 2 cures de BEP. Le scanner de réévaluation met en évidence la persistance d’une adénopathie inter aortico-cave de 14mm. Le patient a été opéré d’un curage ganglionnaire unilatéral modifié droit.


Résultats

Installation en décubitus dorsal. Une laparotomie médiane xypho-pubienne est pratiquée. On expose l’espace rétro-péritonéal en décollant la racine du mésentère. On repère les limites du curage : uretère droit (latérale), pédicules rénaux (supérieure), bifurcation iliaque (inférieure), ligament commun vertébral postérieur (postérieure). On retire tous les éléments ganglionnaires latéro-cave, pré-cave, rétro-cave et inter aortico-cave, de la bifurcation iliaque aux veines rénales. On retire les tissus lymphatiques pré-aortiques, uniquement dans le territoire au-dessus de l’artère mésentérique supérieure, jusqu’aux pédicules rénaux, en préservant l’adventice artériel. On résèque en totalité le pédicule spermatique droit, jusqu’à l’orifice inguinal profond. Les suites ont été simples, le patient sort à J3 après ablation du drain. L’analyse histologique a mis en évidence du tératome au niveau de la masse inter aortico-cave.


Conclusion

Un curage unilatéral modifié peut-être proposé pour diminuer la morbidité post-opératoire. L’intérêt de cette vidéo est de présenter anatomiquement les limites du curage et la conservation de l’adventice artériel, afin de préserver les fibres nerveuses du plexus hypogastrique.

Curage lombo-aortique radical modifié droit pour masse résiduelle dans un cancer du testicule. Voie cœlioscopique avec abord extra-péritonéal
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 784-785


Objectif

Le curage lombo-aortique est le traitement curatif chirurgical de référence des masses résiduelles dans le cancer du testicule. Le curage doit comporter la totalité du tissu lymphatique au sein d’un volume précis. Les territoires de curage dépendent de la localisation de la masse résiduelle et les techniques chirurgicales ont été revues pour diminuer la morbidité de cette intervention.


Méthodes

Nous rapportons un cas de curage lombo-aortique radical modifié droit pour masse résiduelle persistante après chimiothérapie dans le cadre d’une tumeur testiculaire. Patient opéré en 2018. Le territoire de curage présente comme limite supérieure les veines rénales, en limite latérale le pédicule spermatique droit, en limite médiale la face antérieure de l’aorte jusqu’à l’émergence de l’artère mésentérique inférieure, puis le bord droit de l’aorte jusqu’à sa bifurcation iliaque. La limite inférieure est la bifurcation iliaque interne/externe. L’intervention s’est déroulée par cœlioscopie avec abord extra péritonéal.


Résultats

Patient de 20 ans opéré en juin 2018 d’un orchidectomie droite pour tumeur testiculaire. L’examen anatomo-pathologique rapportait une tumeur germinale non séminomateuse mixte associant du séminome, du carcinome embryonnaire et du carcinome vitellin. Le stade TNM était pT1N2M0S2. A la fin de la chimiothérapie, le scanner de contrôle montrait la persistance d’une masse résiduelle ganglionnaire inter aortico-cave de 11×10mm. Après discussion en RCP, indication de curage lombo-aortique radical modifié droit. Cette intervention s’est déroulée par voie laparoscopique avec abord extra péritonéal. Les suites opératoires ont été simples. Le drain chirurgical retiré au 4e jour post-opératoire. L’analyse histologique ne retrouvait pas de ganglion pathologique. Le scanner de contrôle réalisé à 2 mois post-opératoire ne retrouvait aucun signe évolutif de la pathologie.


Conclusion

Le curage lombo-aortique est une intervention chirurgicale avec une grande morbidité. Cette morbidité est due aux lésions réalisées lors de l’intervention des fibres nerveuses sympathiques du plexus hypogastrique. Ces lésions sont responsables de troubles de l’éjaculation. Afin de minimiser ces lésions, des stratégies d’épargne nerveuse comme le curage unilatéral modifié ont été développées tout en étant oncologiquement valides.