Traitement du cancer localisé de la prostate avec l'appareil Ablatherm Imagerie Intégrée ® : résultats carcinologiques et fonctionnels

25 mars 2011

Auteurs : S. Crouzet, L. Poissonnier, F.-J. Murat, G. Pasticier, O. Rouvière, F. Mège-Lechevallier, J.-Y. Chapelon, X. Martin, A. Gelet
Référence : Prog Urol, 2011, 3, 21, 191-197
But

Rapporter les résultats oncologiques et fonctionnels du traitement par ultrasons focalisés (HIFU) réalisé avec l’appareil Ablatherm Imagerie Intégrée®.

Patients et méthode

Les patients diagnostiqués d’un cancer localisé de la prostate, traités entre janvier 2005 et juin 2009 et correspondant aux critères d’inclusion du comité de cancérologie de l’Association française d’urologie (AFU) (CCAFU), ont été inclus dans l’étude. Des questionnaires validés ont été utilisés pour évaluer miction, érections et qualité de vie.

Résultats

Un total de 297 patients non candidats à la chirurgie radicale a été inclus : 149 classés risque faible et 148 risque intermédiaire. Le prostate specific antigen (PSA) nadir médian était de 0,12 ng/ml. Un PSA nadir inférieur à 0,3 ng/ml a été obtenu chez 65 % des patients. Les biopsies de contrôle post-HIFU ont été réalisées chez 175 patients : 89 % de biopsies négatives. Les taux de survie sans progression à 40 mois ont été de 79 % pour les patients à faible risque et de 62 % pour les patients à risque intermédiaire. Des tests statistiques appariés, réalisés chez 140 patients ont mis en évidence l’absence de retentissement significatif du traitement sur les scores International Prostate Symptoms Score (IPSS) et de qualité de vie. En revanche, une différence significative a été observée pour la continence et la fonction érectile.

Conclusion

Le traitement par HIFU réalisé avec l’Ablatherm Imagerie Intégrée® a permis d’obtenir un contrôle local et biologique du cancer de la prostate similaire à celui obtenu par la radiothérapie externe conformationnelle. Le principal risque fonctionnel était la dégradation de la fonction érectile.




 




Introduction


En l'absence de grandes études randomisées, il est souvent difficile de définir la stratégie thérapeutique pour les cancers de prostate localisés détectés chez les patients âgés. Les derniers résultats de l'étude scandinave randomisée comparant la chirurgie radicale versus surveillance a permis de conclure que le bénéfice de la prostatectomie radicale en termes de survie sans métastase et de survie spécifique n'était pas mis en évidence chez les patients âgés de plus de 65 ans (du moins dans cette population non soumise à une surveillance du PSA) [1].


Les trois principales stratégies de traitement utilisées chez les patients âgés sont la radiothérapie conformationnelle, la curiethérapie et la surveillance active.


Les études récentes ont mis en évidence que le contrôle local de la maladie après radiothérapie externe conformationnelle a été obtenu chez seulement 68 % des patients. Pour les patients avec une biopsie de contrôle positive le contrôle biochimique à dix ans était de 5 % et le taux de survie sans métastase de 69 % [2].


Les résultats de la surveillance active à long terme ont été récemment publiés par Klotz et al. [3] : 38 % des patients à dix ans avaient quitté la surveillance active et avaient été traités par chirurgie ou radiothérapie externe ; 50 % de ces patients étaient en échec biologique à cinq ans.


Le traitement par HIFU est une nouvelle option introduite à partir de 2000, pour le traitement du cancer de la prostate en première intention et pour les patients en récidives locales après radiothérapie externe [4]. L'objectif de cette étude était de rapporter les résultats carcinologiques et fonctionnels de 297 patients traités à partir de janvier 2005 avec l'appareil Ablatherm Imagerie Intégrée®. Le principal avantage de cet appareil par rapport à la précédente génération est de permettre un contrôle « temps réel » de l'intervention [5].


Patients et méthode


Technique opératoire


Tous les patients ont été traités avec l'appareil Ablatherm Imagerie Intégrée®. Pour réduire la durée de sondage postopératoire, une résection endo-urétrale était réalisée au cours de la même anesthésie, immédiatement avant le traitement HIFU. La totalité de la glande était ensuite traitée en ménageant une distance de sécurité de 4mm par rapport à l'apex prostatique. Les lobes latéraux étaient traités en premier, puis la zone centrale était traitée après retrait du cathéter qui était remis en place à la fin du traitement. Du fait du chevauchement entre les blocs latéraux et le bloc central, le volume traité était supérieur au volume prostatique mesuré en début d'intervention. Ce protocole a permis de réduire drastiquement la durée de sondage postopératoire et le taux de complications postopératoires (infection et obstruction par élimination de débris nécrotiques) [6, 7]. La focale de la tête de tirs de l'Ablatherm Imagerie Intégrée® étant fixe (40mm), il n'était pas possible de traiter de façon complète les prostates dont la distance antéropostérieure était supérieure à 26mm, ce qui correspondait schématiquement à un volume prostatique de 35 cm3. Lorsque le volume prostatique était supérieur à cette valeur, il a été réalisé soit un traitement hormonal néoadjuvant de trois à six mois, soit une résection endoscopique de l'adénome deux à trois mois avant le traitement HIFU.


Suivi des patients


Tous les patients ont été suivis selon le schéma suivant : dosage du PSA à trois, six et 12 mois après le traitement, puis tous les six mois. Des biopsies de contrôle ont été réalisées de principe chez tous les patients dont le PSA nadir était supérieur à 0,3 ng/ml ou en cas d'élévation du PSA d'environ 1 ng/ml par rapport au nadir. Cette stratégie de surveillance tenait compte de la valeur prédictive du nadir [8, 9] et de la valeur prédictive de la variation du PSA de +1,2 ng/ml par rapport au nadir [10].


En cas de récidive locale démontrée sans métastase identifiée, un second traitement HIFU a été systématiquement proposé aux patients, après les avoir informés du risque accru d'effets secondaires [11].


En cas d'échec du traitement HIFU, les patients ayant une récidive locale ont été traités par radiothérapie externe avec ou sans hormonothérapie en fonction du score de Gleason de la récidive.


Les patients sans récidive locale identifiée ont été placés sous hormonothérapie continue ou intermittente.


Le suivi fonctionnel des patients a été effectué en utilisant les questionnaires Incontinence Continence Society (ICS), International Prostate Symptoms Score (IPSS), International Index of Erectile Function (IIEF-5) et European Organisation for Research and Treatment of Cancer Quality of Life Questionnaire (EORTC QLQ-30). Les complications et leur traitement ont été enregistrés prospectivement. Pour l'analyse statistique, nous avons pris en compte la dernière valeur connue des questionnaires (ou les données de la dernière consultation en l'absence de questionnaire).


Analyses statistiques


Les statistiques ont été réalisées avec le logiciel SPSS version 17 (SPSS Chicago IL). Les courbes de survie ont été tracées selon le modèle de Kaplan-Meier. Les courbes de survie ont été comparées avec le test de Logrank. Les valeurs de score ont été étudiées par le test de rang de Wilcoxon lorsque les valeurs pré- et post-HIFU étaient connues. La survie sans progression a été calculée en utilisant un critère combiné associant deux évènements : élévation du PSA à plus de 2 ng/ml au dessus du nadir (critère de Phoenix) et/ou mise en route d'un traitement adjuvant (radiothérapie ou hormonothérapie). La date de l'échec était la date de survenue du premier évènement observé.


Résultats


Caractéristiques des patients


Un total de 297 patients consécutifs remplissant les critères de sélection du CCAFU (stade T1-T2, PSA ≤ 15, Gleason ≤ 7) ont été traités entre le 04 janvier 2005 et le 18 juin 2009. Les caractéristiques des patients sont présentées dans le Tableau 1. Le nombre de sessions HIFU a été de 1,2 sessions par patient (une session : 243 ; deux sessions : 54 soit 351 sessions HIFU au total). Le nombre de tirs HIFU réalisés par patient était de 526, ce qui correspondait à un volume moyen traité de 28,4 cm3, soit 120 % du volume prostatique moyen. Le suivi moyen des patients a été de 27 mois et le suivi médian de 17 mois (3–64 mois).


Résultats histologiques


Le volume prostatique moyen post-HIFU était de 17,7± 12,0 cm3. Le nombre de biopsies de contrôle a été ajusté en fonction du volume résiduel de la glande : six minimum (un par sextant). À partir de 2007, une IRM a été réalisée systématiquement avant les biopsies de contrôle permettant la réalisation de biopsies ciblées sur les anomalies IRM. En effet, il a été démontré que l'IRM permettait de localiser au sein du tissu prostatique résiduel fibreux des zones encore vascularisées, emplacement privilégié des récidives locales [12]. Des biopsies de contrôle ont été réalisées chez 175 patients. Elles étaient négatives chez 155 (89 %) et positives chez 20 (11 %).


Résultats biochimiques


Le PSA nadir moyen était de 0,64±1,54 ng/ml (médian=0,12 ng/ml). Le PSA nadir était inférieur à 0,3 ng/ml chez 193 patients (65 %), entre 0,31 et 1 ng/ml chez 61 patients (20,5 %) et supérieur à 1 ng/ml chez 43 patients (14,5 %).


Survie


À cinq ans, la survie spécifique et la survie sans métastase étaient respectivement de 100 et de 97 %.


Survie sans progression


À 40 mois, la survie sans progression était de 75 % (IC 62–77). Cette survie sans progression en fonction de la présence ou de l'absence de traitement hormonal néoadjuvant est présentée en Figure 1. La courbe de survie sans progression est présentée selon les groupes de risques de d'Amico sur la Figure 2 : 79 % pour les patients à faible risque versus 62 % pour les patients à risque intermédiaire. L'effet de la valeur du PSA nadir sur la survie sans progression est présenté Figure 3 : PSA ≤ 0,3=85 % ; 0,3<PSA>1=57 ; PSA>1=12 % (p =0,001).


Figure 1
Figure 1. 

Courbe de survie sans progression en fonction de la présence ou de l'absence d'un traitement hormonal.




Figure 2
Figure 2. 

Courbe de survie sans progression en fonction du risque (selon d'Amico).




Figure 3
Figure 3. 

Courbe de survie sans progression en fonction du PSA nadir.




Après évolution clinique, tous les patients en récidive biologique recevaient un traitement adjuvant en fonction des résultats des biopsies de contrôle. Au total, 47 patients (15,8 %) ont reçu un traitement additionnel après HIFU : 15 hormonothérapies, 19 radiothérapies exclusives, 13 hormonothérapies+radiothérapies.


Effets secondaires


Les effets secondaires sont présentés dans le Tableau 2. Deux patients ont présenté une fistule urétro-rectale après une seconde session HIFU. Deux facteurs favorisants ont été identifiés : une infection VIH pour un des patients, le grand âge (supérieur à 80 ans) pour l'autre, avec probablement un défaut de vascularisation rectale. Ces deux fistules ont été traitées chirurgicalement avec succès : respectivement interposition de muscle Gracilis et intervention de York Mason.


La continence postopératoire après HIFU était bonne chez 286 patients (95 %). Aucune protection n'était portée chez 212 patients (77,5 %), 50 patients portaient une protection de sécurité (17,5 %) et 14 patients (5 %) avaient une incontinence postopératoire de grade 2 ou 3 (deux protections par jour au moins). Un patient a été traité par la mise en place d'une bandelette sous urétrale. Chez 11 patients (suivis dans d'autres centres), la continence postopératoire n'était pas connue. Les scores post-HIFU étaient disponibles chez 244 patients : score IPSS : 6,29±6,35, score IIEF-5 : 3,99±5, score qualité de vie : 37±10. Le Tableau 3 présente les résultats des tests appariés réalisés chez 140 patients pour lesquels un questionnaire initial avant HIFU était disponible. Il n'y avait pas de variation significative du score IPSS et du score qualité de vie. En revanche, il existait une dégradation significative (< 0,001) du score de continence et du score IIEF-5. Dix patients (20 %) sont restés puissants (IIEF-5>15) après HIFU parmi les 49 patients puissant en pré-HIFU (Tableau 4).


Discussion


Discussion des résultats carcinologiques


Contrôle local


Le traitement HIFU dans cette cohorte de patients a été réalisé dans le but d'obtenir le meilleur résultat carcinologique possible comme en témoigne le ratio volume traité/volume prostatique de 120 %. Le contrôle local de la maladie (biopsies négatives) a été obtenu chez 89 % des patients, ce qui correspond au résultat publié concernant les patients traités par HIFU quel que soit l'appareillage utilisé : Ablatherm® (EDAP TECHNOMED) ou Sonablate® (FOCUS SURGERY) [8]. Ces résultats étaient légèrement supérieurs à ceux obtenus par la radiothérapie externe conformationnelle : taux de biopsies négatives compris entre 68 % et 79 % [2, 13, 14]. Dans l'étude de Zapatero, l'analyse multivariée mettait en évidence que le résultat des biopsies à 24–36 mois était un facteur prédictif indépendant de la survie sans récidive biologique et de la survie sans progression clinique [14]. De même, dans l'article de Zelefski, l'analyse multivariée mettait en évidence que le résultat des biopsies était le plus puissant facteur prédictif de la récidive biochimique, de la survie sans métastase et du décès spécifique [2].


Survie sans progression


Pour la survie sans progression, nous avons utilisé un critère plus strict que le simple critère biochimique classique Phoenix (nadir+2) puisque dans cette cohorte, les biopsies de contrôle ont été le plus souvent réalisées avant que le PSA ne s'élève à un seuil de type nadir+2. En effet, des biopsies systématiques étaient réalisées en cas de nadir supérieur à 0,3 ng/ml et en cas d'élévation du PSA à seuil de nadir+1. Donc fréquemment, un traitement additionnel a été mis en place avant que l'échec biochimique selon le critère de Phoenix ne se produise. Malgré cette définition plus stricte de l'échec, la survie sans progression après HIFU était similaire à celle rapportée après radiothérapie externe [15, 16]. De la même façon que pour la radiothérapie externe, les résultats étaient significativement influencés par le statut initial du patient (groupe de risque de d'Amico).


Détection précoce des récidives


À l'opposé de la radiothérapie externe et de la cryothérapie, le PSA nadir était obtenu précocement après le traitement HIFU, sans effet rebond observé. Ainsi que l'avaient déjà démontré Ganzer et Uchida, la valeur de ce PSA nadir avait une valeur pronostique majeure [8, 9]. Dans cette cohorte, un PSA nadir inférieur à 0,3 ng/ml était obtenu chez 65 % des patients.


En pratique, l'utilisation d'une valeur seuil à 0,3 ng/ml permettait une détection précoce des récidives, ce qui influençait les résultats des traitements de rattrapage, que ce soit une seconde session HIFU ou une radiothérapie externe [17]. L'utilisation du doppler couleur ou de l'IRM dynamique améliorait la détection précoce et la localisation des récidives locales post-HIFU [12, 18].


Discussion des effets secondaires


Fistule urétro-rectale


Dans cette cohorte, deux fistules urétro-rectales ont été observées après une seconde session HIFU. La fibrose induite par la première session HIFU s'accompagne d'une faible vascularisation du tissu prostatique résiduel qui majore les effets des ultrasons en augmentant le risque d'un effet de cavitation avec formation de macro-bulles dans le tissu prostatique au voisinage de la paroi rectale. Ce phénomène crée une barrière au passage du faisceau ultrasonore avec accumulation d'énergie au contact de la paroi rectale. Une lésion de nécrose peut alors apparaître malgré le refroidissement de la paroi rectale par la circulation du liquide réfrigéré dans le ballon intra rectal autour de la tête de tir. Ce phénomène peut être majoré si la paroi rectale est mal vascularisée, ce qui a peut-être été le cas pour les deux patients de cette étude. Une analyse attentive des images temps réel per opératoire peut permettre de détecter ce phénomène de cavitation. Une interruption du traitement pendant cinq à dixminutes permet alors aux bulles de disparaître, et il est ensuite possible de reprendre le traitement en refaisant si nécessaire des pauses selon les images observées en temps réel par l'opérateur.


Incontinence


Dans cette cohorte, 5 % des patients ont eu une incontinence de grade 2 ou 3 en post-HIFU. Un seul patient était demandeur d'un traitement chirurgical de son incontinence. L'analyse appariée des questionnaires de continence chez 140 patients a mis en évidence une différence significative de la continence pré- et post-HIFU. Dans cette cohorte traitée de façon radicale, la marge de sécurité entre la limite inférieure du volume cible et l'apex anatomique était de 4mm. Il est probable que la lésion sphinctérienne observée chez 5 % des patients était liée à la diffusion de la chaleur vers le sphincter. Néanmoins, le risque d'incontinence post-HIFU est inférieur à celui observé après chirurgie radicale de la prostate : 8 % d'incontinence de grade 2-3 [19].


Sténose


Le taux de sténose du col vésical, de l'urètre et du méat (au total 5 %) était similaire au taux de sténose observé après résection endoscopique de la prostate [20]. De plus, l'analyse statistique appariée ne mettait en évidence aucune différence significative entre le score IPSS pré- et post-HIFU.


Impuissance


Dans cette cohorte composée de patients âgés (moyenne=71 ans), l'effet du traitement HIFU sur la fonction sexuelle a été délétère avec 92,3 % d'impuissance post-HIFU contre 62,3 % d'impuissance pré-HIFU, soit une dégradation de 30 % de la fonction érectile. L'analyse appariée de 130 patients pour lesquels nous disposions d'un questionnaire pré- et post-HIFU mettait en évidence une dégradation significative du score érectile (score moyen de 10,59 pré-HIFU et 3,74 post-HIFU). Le mécanisme le plus probable de la dégradation de la fonction érectile a été la diffusion thermique en dehors de la capsule prostatique, lésant les deux bandelettes vasculo-nerveuses, puisque l'option thérapeutique choisie dans cette cohorte a été de privilégier le résultat carcinologique en traitant la totalité de la glande. Ce problème pourrait être surmonté en réalisant des traitements limités à une partie de la glande prostatique (traitement HIFU avec préservation nerveuse). C'est le sens de l'étude AFU actuellement en cours qui propose de réaliser un traitement limité à un seul lobe prostatique chez les patients hautement sélectionnés (cancer de Gleason 6 limité à un ou deux sextants d'un seul lobe prostatique).


Qualité de vie


Nonobstant le retentissement sexuel du traitement, le score de qualité de vie des patients était bon et stable après traitement : score EORTC QLQ-C30 moyen post-HIFU à 37±10 chez les 243 patients pour lesquels nous disposions de ce score. L'étude appariée n'a pas mis en évidence de différence significative entre les scores EORTC QLQ-C30 pré- et post-HIFU.


Conclusion


Le traitement par Ablatherm Imagerie Intégrée® a permis d'obtenir un contrôle local et un taux de survie sans progression similaire à celui obtenu par la radiothérapie externe conformationnelle.


Les principaux effets secondaires du traitement par HIFU utilisé chez des patients âgés (> 70 ans) ont été un risque d'incontinence urinaire d'environ 5 % et un risque élevé de dysfonction érectile.


En cas d'échec de traitement, la radiothérapie externe a pu être utilisée comme traitement de rattrapage.


Le traitement HIFU a été une option valable pour les patients ayant un cancer à risque faible ou intermédiaire non candidats à la chirurgie radicale.


Conflit d'intérêt


Il n'existe pas de conflits d'intérêts pour tous les co-auteurs.



 Niveau de preuve : 5.





Tableau 1 - Caractéristiques des patients.
Âge moyen (médian)  71,40±5,10 (72) 
PSA moyen (médian)  6,49±3,43 (6,28) 
Volume prostatique moyen (médian)  23,49±10,76 (24) 
Stade clinique 
T1 (%)  172 (57,9) 
T2 (%)  125 (42,1) 
Score de Gleason 
≤ 6 (%)  190 (64,0) 
7 (%)  107 (36,0) 
Groupe de risque selon d'Amico 2003 
Faible (%)  149 (50,2) 
Intermédiaire (%)  148 (49,8) 
Hormonothérapie néoadjuvante (%)  90 (30,3) 





Tableau 2 - Effets secondaires.
Fistules urétro-rectales (%)  2 (0,6) 
Après session 1 (%)  0 (0) 
Après session 2 (%)  2 (4) 
Incontinence (286 patients) (%)  
Grade 0 (%)  222 (77,5) 
Grade 1 (%)  50 (17,5) 
Grade 2 (%)  10 (3,5) 
Grade 3 (%)  4 (1,5) 
Sténoses (%) 
Sténose du col vésical (REU) (%)  6 (2) 
Sténose de l'urètre (urétrotomie) (%)  5 (1,6) 
Sténose du méat (dilatation) (%)  4 (1,3) 
Divers (%) 
Obstruction par debris (%)  17 (5,7) 
Infection urinaire fébrile/orchite (%)  4 (1,3) 
Douleurs périnéales prolongées (%)  2 (0,7) 





Tableau 3 - Résultats des tests appariés entre les scores initiaux et de suivi des questionnaires IPSS, ICS, IIEF-15 et EORTC QLQ-C30 (140 patients).
  Pre-HIFU  Post-HIFU  p  
IPSS  5,37±5,11  6,28±6,36  0,559 
Incontinence  0,02±0,15  0,43±0,70  < 0,01 
IIEF  10,59±8,86  3,74±5,28  < 0,001 
QLC 30  35,33±6,7  36,79±10,9  0,63 





Tableau 4 - Évaluation des scores IIEF-5 pré- et post-traitement (130 patients).
IIEF-5  Pre-HIFU  Post-HIFU 
≤ 15  81 (62,3 %)  120 (92,3 %) 
> 15  49 (37,7 %)  10 (7,7 %) 




Références



Bill-Axelson A., Holmberg L., Filen F., Ruutu M., Garmo H., Busch C., et al. Radical prostatectomy versus watchful waiting in localized prostate cancer: the Scandinavian prostate cancer group-4 randomized trial J Natl Cancer Inst 2008 ;  100 : 1144-1154 [cross-ref]
Zelefsky M.J., Reuter V.E., Fuks Z., Scardino P., Shippy A. Influence of local tumor control on distant metastases and cancer related mortality after external beam radiotherapy for prostate cancer J Urol 2008 ;  179 : 1368-1373[discussion 73].
 [cross-ref]
Klotz L, Zhang L, Lam A, Nam R, Mamedov A, Loblaw A. Clinical results of long-term follow-up of a large, active surveillance cohort with localized prostate cancer. J Clin Oncol;28:126–31.
Poissonnier L., Murat F.J., Belot A., Bouvier R., Rabilloud M., Rouviere O., et al. Locally recurrent prostatic adenocarcinoma after exclusive radiotherapy: results of high intensity focused ultrasound Prog Urol 2008 ;  18 : 223-229 [inter-ref]
Pichardo S., Gelet A., Curiel L., Chesnais S., Chapelon J.Y. New integrated imaging high intensity focused ultrasound probe for transrectal prostate cancer treatment Ultrasound Med Biol 2008 ;  34 : 1105-1116 [cross-ref]
Chaussy C., Thuroff S. The status of high-intensity focused ultrasound in the treatment of localized prostate cancer and the impact of a combined resection Curr Urol Rep 2003 ;  4 : 248-252 [cross-ref]
Vallancien G., Prapotnich D., Cathelineau X., Baumert H., Rozet F. Transrectal focused ultrasound combined with transurethral resection of the prostate for the treatment of localized prostate cancer: feasibility study J Urol 2004 ;  171 : 2265-2267 [cross-ref]
Uchida T., Illing R.O., Cathcart P.J., Emberton M. To what extent does the prostate-specific antigen nadir predict subsequent treatment failure after transrectal high-intensity focused ultrasound therapy for presumed localized adenocarcinoma of the prostate? BJU Int 2006 ;  98 : 537-539 [cross-ref]
Ganzer R., Rogenhofer S., Walter B., Lunz J.C., Schostak M., Wieland W.F., et al. PSA nadir is a significant predictor of treatment failure after high-intensity focussed ultrasound (HIFU) treatment of localised prostate cancer Eur Urol 2008 ;  53 : 547-553 [cross-ref]
Blana A., Brown S.C., Chaussy C., Conti G.N., Eastham J.A., Ganzer R., et al. High-intensity focused ultrasound for prostate cancer: comparative definitions of biochemical failure BJU Int 2009 ;  104 : 1058-1062 [cross-ref]
Blana A., Rogenhofer S., Ganzer R., Wild P.J., Wieland W.F., Walter B. Morbidity associated with repeated transrectal high-intensity focused ultrasound treatment of localized prostate cancer World J Urol 2006 ;  24 : 585-590 [cross-ref]
Rouviere O, Girouin N, Glas L, Ben Cheikh A, Gelet A, Mege-Lechevallier F, et al. Prostate cancer transrectal HIFU ablation: detection of local recurrences using T2-weighted and dynamic contrast-enhanced MRI. Eur Radiol;20:48–55.
Pollack A., Zagars G.K., Antolak J.A., Kuban D.A., Rosen I.I. Prostate biopsy status and PSA nadir level as early surrogates for treatment failure: analysis of a prostate cancer randomized radiation dose escalation trial Int J Radiat Oncol Biol Phys 2002 ;  54 : 677-685 [cross-ref]
Zapatero A., Minguez R., Nieto S., Martin de Vidales C., Garcia-Vicente F. Post-treatment prostate biopsies in the era of three-dimensional conformal radiotherapy: what can they teach us? Eur Urol 2009 ;  55 : 902-909
Pollack A., Hanlon A., Horwitz E.M., Feigenberg S., Uzzo R.G., Price R.A. Radiation therapy dose escalation for prostate cancer: a rationale for IMRT World J Urol 2003 ;  21 : 200-208 [cross-ref]
Kuban D.A., Tucker S.L., Dong L., Starkschall G., Huang E.H., Cheung M.R., et al. Long-term results of the M.D. Anderson randomized dose-escalation trial for prostate cancer Int J Radiat Oncol Biol Phys 2008 ;  70 : 67-74 [cross-ref]
Pasticier G., Chapet O., Badet L., Ardiet J.M., Poissonnier L., Murat F.J., et al. Salvage radiotherapy after high-intensity focused ultrasound for localized prostate cancer: early clinical results Urology 2008 ;  72 : 1305-1309 [cross-ref]
Rouviere O, Vitry T, Lyonnet D. Imaging of prostate cancer local recurrences: why and how? Eur Radiol;20:1254–66.
Sanda M.G., Dunn R.L., Michalski J., Sandler H.M., Northouse L., Hembroff L., et al. Quality of life and satisfaction with outcome among prostate-cancer survivors N Engl J Med 2008 ;  358 : 1250-1261 [cross-ref]
Rassweiler J., Teber D., Kuntz R., Hofmann R. Complications of transurethral resection of the prostate (TURP) – incidence, management, and prevention Eur Urol 2006 ;  50 : 969-979[discussion 80].






© 2010 
Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.