Traitement des petites masses rénales par surveillance en intention de traiter : résultats dans une cohorte de patients ? 75 ans

05 novembre 2020

Auteurs : D. Jakubowicz, C. Dariane, F. Audenet, M. Pietak, M. Gisselbrecht, J. Correas, A. Mejean, M.O. Timsit
Référence : Prog Urol, 2020, 13, 30, 785
Objectifs

La surveillance active (SA) est aujourd’hui une option thérapeutique validée pour le traitement des masses rénales localisées de moins de 4cm, en particulier chez les patients âgés, dans le cadre d’une RCP onco-gériatrique spécifique. Les bases de données françaises actuelles dont Uro-CCR incluent des patients traités et ne permettent pas d’évaluer la place de la surveillance en intention de traiter.

Méthodes

L’objectif de notre étude était d’étudier rétrospectivement les résultats oncologiques des patients assignés à la SA. Nous avons inclus à partir d’une RCP (logiciel ARKDOS) dédiée aux masses rénales au diagnostic, tous les patients ≥75 ans pris en charge entre 2011 et 2016. Les patients avec indication de traitement chirurgical ou ablatif ont été exclus. Les modalités thérapeutiques, données de la biopsie, survies (globale, spécifique, sans progression), complications et fonction rénale ont été analysés. La sortie de surveillance était décidée de façon collégiale (progression en taille sur l’imagerie ou demande du patient) et la cause du décès recherchée par étude du dossier médical.

Résultats

Cent six patients de plus de 75 ans ont été enregistrés en RCP pour le diagnostic d’une masse rénale dont 41 (38,7 %) ont été traités par surveillance initiale. La taille moyenne des tumeurs surveillées était de 28mm chez des patients qui avaient un âge moyen de 81,6 ans et un DFG calculé moyen de 54,2mL/min/1,73 m2. Seuls 7 patients (17 %) ont eu une biopsie pour confirmation du diagnostic de carcinome rénal dont 4 ont été non contributives. Douze patients (29,3 %) ont présenté une progression locale et 2 patients (4,8 %) une progression métastatique. Au total, 8 patients (19,5 %) sont sortis de surveillance pour traitement secondaire (6 ablations et 2 exérèses). La survie globale était de 70,7 % et la survie spécifique de 95,1 % à un délai moyen de 36,8 mois.

Conclusion

Compte tenu de la mortalité compétitive, la surveillance doit être privilégiée dans le traitement des masses rénales du patient âgé. Le taux de progression de 34,1 % souligne néanmoins l’intérêt de la surveillance radiologique versus une simple abstention thérapeutique. La fréquence recommandée de l’imagerie ainsi que la place de la biopsie restent à préciser.




 




Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.






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