Traitement des fistules uro-génitales du post-partum en Afrique. 261 cas observés en dix ans

16 juillet 2001

Mots clés : fistule uro-génitale, Accouchement, Post-partum, Afrique, lésion
Auteurs : Falandry L
Référence : Prog Urol, 1992, 2, 861-873
Une série homogène de 261 fistules uro-génitales du post-partum, traitées ces dix dernières années en Afrique par le même opérateur, est analysée. Survenant en majorité chez des femmes jeunes et primipares, en milieu rural, la cause dominante a été un accouchement dystocique négligé en brousse (65,5%). La fistule a été traumatique dans 27,8% des cas et secondaire à une hystérectomie pour 6,7%. 247 patientes ont bénéficié d'une attitude réparatrice. Mené de principe par voie basse (92,3%), le choix du procédé de réparation utilisé a été basé sur une classification anatomique des différents aspects lésionnels qui a permis de codifier les indications selon trois groupes : 1) Fistules simples (98) groupe I, dont le traitement chirurgical a consisté à fermer l'orifice fistuleux grâce à une suture séparée simple de la vessie et du vagin. Le succès était de règle, 2) Fistules plus difficiles (109) groupe II, avec dégâts tissulaires importants dont le double problème d'étanchéité et de cicatrisation a nécessité l'utilisation d'un matelassage par un tissu de voisinage bien vascularisé (55 fois), 3) Fistules compliquées (54) groupe III, avec existence de lésions associées qui ont nécessité souvent plusieurs interventions à la fois urologiques, génitales et digestives, ainsi que des techniques de plastie complémentaire 31 fois: double autoplastie de la grande lèvre (17) et lambeau de peau pédiculé cutanéo-graisseux (14). Parmi les 261 patientes, 212, soit 81,2%, ont été guéries, 23 ont obtenu une guérison partielle (continence insuffisante, aménorrhée, sclérose vaginale rendant toute activité sexuelle impossible). 26 échecs ont été notés. La dérivation urinaire a été la seule solution pour 14 patientes (7,8%). Le but recherché dans la cure chirurgicale des fistules uro-génitales est double: 1) obtenir pour les patientes une guérison de qualité (81,2%), c'est-à-dire des mictions contrôlées ainsi qu'une vie génitale, conjugale et sociale normale, 2) faire reculer les limites des interventions palliatives, toujours mal acceptées en Afrique, au prix d'une chirurgie itérative par étapes de "simplifications lésionnelles", dans les cas de grands délabrements. C'est par l'amélioration de la qualité des résultats obtenus dans le traitement des fistules uro-génitales, véritable problème de santé publique en Afrique, que l'on parviendra à rendre crédibles les programmes de prévention dans la lutte pour l'éradication de cette affection dans les pays en voie de développement.