Traitement de la maladie de Lapeyronie par les ondes de choc de faible intensité : expérience monocentrique

05 novembre 2020

Auteurs : M. Abdessater, W. Akakpo, A. Kanbar, J. Parra, E. Chartier-Kastler, M. Roupret
Référence : Prog Urol, 2020, 13, 30, 814
Objectifs

Le traitement par ondes de choc de faible intensité (OCFI) est devenu une option thérapeutique non chirurgicale de la maladie de Lapeyronie (ML). Le but de ce travail était d’évaluer l’efficacité des OCFI dans le traitement de la ML.

Méthodes

Tous les patients traités par OCFI pour une ML entre janvier 2016 et janvier 2018 ont été inclus prospectivement. L’âge, la durée de la maladie, les traitements, la localisation, la nature, le nombre et la taille des plaques, l’angulation, la dysfonction érectile et la douleur avant et après le traitement ont été enregistrés. L’index international de la fonction érectile (IIEF-5), le score de Likert (douleur) et le score de Lue (évaluation de la sévérité clinique de la MP : taille de la plaque, degré de la courbure et douleur avec un score entre 0 et 15) ont été calculés pour chaque patient. Seuls les patients de la phase aiguë et ayant une angulation de moins de 40 degrés ont été inclus. Le protocole comprenait une séance hebdomadaire pendant 6 semaines consécutives de 4000 ondes chacune sur chaque corps caverneux. Les résultats ont été évalués 6 semaines après la dernière session.

Résultats

Au total, 39 patients ont été inclus dont l’âge médian était 56,8 ans (IQR : 36–62). Le nombre médian de séances reçues par patient a été de 7,2. Le score médian de Lue avant le traitement était de 6,8 diminué à 3,3 après le traitement (p =0,003), le score de Likert est passé de 1,8 à 0,7 (p =0,004), la taille médiane de la plaque a diminué de 2 à 1,2cm (p =0,08) et l’angulation médiane de la verge a diminué de 31 à 19 degrés (p =0,07). La fonction érectile a été améliorée chez 17 patients (43,5 %) mais sans traduction statistique. Aucune amélioration n’a été observée chez 18 %. Aucun effet secondaire n’a été rapporté. Les analyses uni et multivariée ont montré que les prédicteurs de la réponse aux OCFI étaient l’âge jeune (odds ratio [OR]=0,95, p =0,03 et OR=0,91 ; p =0,04 respectivement) et l’utilisation concomitante des inhibiteurs de la phosphodiestérase 5 (PDE5i) (OR=0,92 ; p =0,02 et OR=0,93 ; p =0,01 respectivement).

Conclusion

Le protocole d’OCFI pour le traitement de la phase aiguë de la MP a permis l’amélioration de certains paramètres : la douleur, l’angulation et la taille de la plaque. Aucune complication majeure n’a été rapportée. L’âge jeune et l’utilisation concomitante de PDE5i ont été les seuls facteurs prédictifs d’une réponse au traitement.




 




Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.






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