Traitement actif ou surveillance dans le cancer de la prostate

24 mars 2007

Mots clés : Cancer, prostate, Surveillance, traitement actif
Auteurs : Jacques IRANI
Référence : Prog Urol, 2007, 17, 98-98
Wong Y.N., Mitra N., Hudes G., Localio R., Schwartz J.S., Wan F, Montagnet C., Armstrong K. : Survival associated with treatment vs observation of localized prostate cancer in elderly men. JAMA. 2006 ; 296 : 2683-2693.

Une image à retenir

Contexte : L'intérêt du traitement actif du cancer de prostate diagnostiqué précocement grâce au PSA reste controversé, en particulier chez le sujet de plus de 65 ans ayant des tumeurs de risque faible ou intermédiaire.

Cette étude utilisant la base de données Etats-unienne SEER avait pour objectif d'évaluer l'association entre la survie et le traitement (prostatectomie ou radiothérapie) comparé à la surveillance chez les hommes ayant le profil décrit ci-dessus.

Conclusions : Un bénéfice en survie associé au traitement actif a été constaté : avec un recul de 12 ans, 12 302 patients (27.6%) étaient décédés dont 37% des 4663 hommes du groupe surveillance et 23,8% des 7639 dans le groupe "traitement (P < .001). L'analyse multivariée prenant en compte le grade et le stade de la tumeur ainsi que 15 types de comorbidités ne modifiait pas le résultat (HR 0.71; 95%CI 0.69-0.74).

L'image : Courbe de Kaplan-Meier montrant une différence significative de survie globale en faveur du groupe "traitement actif" comparé au groupe "surveillance".

Commentaires : Cet article apporte un argument de poids aux défenseurs du traitement actif du cancer de prostate localisé et donc sa détection précoce grâce au PSA. Cependant, il faut garder en tête le caractère observationnel de cette étude : l'association qu'elle met en évidence n'est pas synonyme de causalité et différents biais -connus ou non- pourraient infléchir la balance indépendamment de l'attitude thérapeutique. L'utilisation d'analyses multivariées ne modifie pas cette constatation. Ce sont les études randomisées qui permettront d'avancer les conclusions les plus robustes, en espérant que la puissance de ces dernières ne soit pas trop amoindrie par la contamination du bras contrôle par un dépistage "sauvage".