Traduction et validation linguistique en Arabe classique du questionnaire de l'Urinary Symptom Profile (USP)

25 avril 2013

Auteurs : H. Arabi, I. Bendeddouche, S. Khalfaoui, N. Louardi, A. Ameur, F. Lebreton, G. Amarenco
Référence : Prog Urol, 2013, 4, 23, 244-248




 




Introduction


Les troubles vésicosphinctériens altèrent la vie quotidienne des patients (troubles du sommeil, dépression, anxiété, mauvaise estime de soi, isolement social…). Ils sont plus gênants que d’autres maladies chroniques (diabète, pathologie pulmonaire…). Le développement d’outils objectifs est une nécessité absolue devant les difficultés de quantifier par l’interrogatoire les symptômes et leur retentissement.


Les autoquestionnaires font partie intégrante de l’évaluation des patients ; ils offrent la possibilité de quantifier les troubles ; suivre leur progression et évaluer un traitement [1, 2].


Pour développer une échelle ; deux possibilités s’offrent à l’investigateur : soit traduire et valider dans la population cible une échelle existant déjà dans la littérature, soit développer et valider une nouvelle échelle s’il n’en existe pas déjà de satisfaisante.


Les troubles vésicosphinctériens sont des symptômes fréquemment rencontrés que ce soit chez les hommes ou les femmes, dans les pathologies neurologiques ou urologiques. Le pronostic de ces troubles est multifactoriel.


Dans ce contexte, Haab et al. ont développé un outil d’évaluation standardisé et validé (Urinary Symptom Profile [USP]) permettant une analyse qualitative et quantitative des symptômes urinaires chez l’homme et chez la femme [3]. Ce questionnaire validé en français comprend 13 items dans trois dimensions : l’incontinence urinaire à l’effort (IUE), hyperactivité vésicale (HAV) et la dysurie [3]. Ce questionnaire présente des propriétés psychométriques excellentes, fiable ; de grade C ; évaluant de façon complète tous les désordres urinaires et leur sévérité chez les hommes et femmes.


L’USP n’a pas subi de traduction dans d’autres langues. L’objectif de cette étude est de faire une validation linguistique en arabe classique de la version française de ce questionnaire.


Matériel et méthode


Traduction et adaptation du questionnaire


En l’absence de consensus bibliographique, le travail a été réalisé en utilisant la méthode de traduction contre-traduction [4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12].


Cette méthode simple de traduction contre-traduction, s’est avérée aussi valable dans la préservation des qualités psychométriques d’un questionnaire traduit que celle d’une méthode plus complexe (comité de révision et séance de prétest), [12]. La version française originale du questionnaire a été traduite indépendamment, par des personnes bilingues dont la langue maternelle est la langue arabe. La première étape de traduction a été faite par un médecin spécialiste en médecine physique et de réadaptation et un chercheur en ingénierie. Ce dernier ne connaissait pas l’instrument à traduire et ne l’utilisait pas dans la pratique quotidienne. Le processus a privilégié une traduction de sens plutôt que littérale. Un consensus à deux a permis d’établir la version arabe.


Une contre-traduction de cette version a été effectuée par une troisième personne bilingue (médecin), n’ayant pas participé à la première phase de traduction et n’ayant jamais utilisé l’USP. Cette étape permettait de vérifier que le sens de la version arabe respectait bien celui de la version originale française. Si le sens d’un item particulier semblait avoir été perdu ou altéré, le processus complet devait être repris pour cet item. Le nouvel instrument traduit en arabe a servi de base pour l’application aux malades. Le questionnaire traduit en arabe est donné en Appendix B.


Population évaluée


La validation de l’USP a été effectuée auprès d’un échantillon de 30 patients (âge moyen 48±18,14ans) ayant des troubles vésicosphinctériens secondaires à des pathologies du système nerveux et de l’appareil urinaire. Cette étude s’est tenue entièrement à l’hôpital militaire d’instruction Mohammed V de Rabat avec des patients arabophones.


Les patients ont été recrutés en consultation et en hospitalisation. Les principaux critères d’inclusion de cette étude étaient les suivants :

être âgé entre 25 et 70ans ;
avoir des troubles vésicosphinctériens d’origine organique.


Les critères d’exclusion étaient :

les troubles cognitifs comme ceux de la phase aiguë des accidents vasculaires cérébraux ;
les désordres psychiatriques sévères ;
une mauvaise maîtrise de la langue arabe ;
l’absence de consentement oral éclairé.


L’USP a été administré à 30 patients, dont 17 en hospitalisation et 13 recrutés en consultation. Il y avait neuf retraités, 11 actifs, dix sans profession. Neuf patients avaient une pathologie urologique, dix une pathologie neurologique centrale (SEP, myélite), trois une pathologie neurologique périphérique (syndrome de queue de cheval), cinq une association de pathologies neurologiques centrales et périphériques (diabète et myélopathie cervico-arthrosique) et trois sans cause décelée, d’origine idiopathique.


La durée moyenne d’apparition des symptômes avant la réalisation du questionnaire était de 31±17,23 mois pour les hommes et 33±19,96 mois pour les femmes.


Déroulement de l’étude


Tous les patients ont été évalués par un seul examinateur. Un entretien permettait d’évaluer la compréhension et l’acceptabilité des questions après l’étape de traduction.


À j0, étaient recueillies les données démographiques ainsi que les données cliniques des patients, l’USP était complété lors de cette entrevue (autoquestionnaire). Des instructions écrites accompagnaient le questionnaire. Il était spécifié que l’USP devait être rempli seul et sans aide et qu’il fallait répondre à chaque question par une réponse unique.


Le nouveau questionnaire USP en arabe comprenait trois pages uniques avec dix questions indépendantes qui se regroupaient en trois dimensions représentatives des différents types de troubles urinaires. Chaque question était évaluée par le patient sur une échelle allant de 0 à 3. Les questions portaient sur l’intensité et la fréquence des symptômes urinaires qu’avaient eus les patients au cours des quatre dernières semaines. Ces questions concernaient les symptômes en rapport avec l’incontinence urinaire à l’effort, la dysurie et l’hyperactivité vésicale [3].


Le score total maximal était de 39 points et était obtenu par l’addition des résultats de chacune des dimensions. Le score total maximal respectif de l’IUE, de la dysurie et de l’HAV était de 9, 9 et 21 [3].


Faisabilité et acceptabilité


Elles étaient évaluées par le temps nécessaire pour répondre aux questions, le nombre de réponses manquantes (absence de réponse à un item), et le nombre de données doubles (plusieurs réponses données à un item de choix simple).


Répétabilité


Cet autoquestionnaire était renouvelé une seconde fois à j15 ; le choix de j15 était dicté par deux impératifs : l’absence de modification du statut clinique du patient, et l’absence de mémorisation des réponses ; seuls les patients stables cliniquement étaient retenus pour l’étude de la répétabilité.


Analyse statistique


L’analyse statistique a été réalisée à l’aide du logiciel SPSS 10.0 de Windows XP (SPSS, Chicago, IL). Les caractéristiques sociodémographiques des patients sont décrites à l’aide des moyennes et écart-types.


La cohérence interne et la fidélité test-retest ont été analysées respectivement à l’aide de :

coefficient alpha de Cronbach : indice statistique variant entre 0 et 1, il permet d’évaluer l’homogénéité (la consistance ou cohérence interne), tous les items doivent contribuer à appréhender une même entité [13] ;
fidélité test-retest (ICC : intraclasse corrélation coefficient) [14].


Résultats


Traduction et adaptation du questionnaire


Les chercheurs bilingues ayant participé à la traduction ont obtenu un consensus immédiat entre ces deux versions, celles-ci ayant été légèrement différentes, la correction n’a concerné que quelques modifications ayant touché l’ordre des mots et la traduction du terme « sonde urinaire », matériel très peu utilisé en usage courant et dont le nom en arabe classique pourrait être non connu du public. Sa traduction en arabe classique donnait lieu à confusion, sa signification a été rajoutée entre parenthèse pour faciliter la compréhension.


Pour l’adaptation culturelle, la question la plus pertinente était : fallait-il tutoyer ou vouvoyer les patients ? Culturellement, nous tutoyons les malades ; nous vouvoyons les personnes officielles, comme dans les correspondances, ou les personnalités de l’État ; les gens sont habitués au tutoiement, du fait de la convivialité entre médecins et malades. Seuls des changements mineurs de vocabulaire ont été effectués.


Cette étape a permis de vérifier que la version arabe respectait les dimensions explorées dans la version originale française et qu’aucun item particulier n’a été perdu ou altéré lors de la traduction initiale.


Certains patients ne voyaient aucun intérêt à répondre à ce questionnaire devant le calvaire qu’ils vivaient face à ces troubles, devant leur retentissement social et psychologique et l’absence de thérapies efficaces. Ils ont finalement accepté après des explications sur la nécessité et l’intérêt d’avoir des outils pour évaluer et quantifier leurs symptômes et proposer un traitement adapté.


Faisabilité


Aucun item n’a été exclu de la version finale arabe, le temps moyen requis pour le compléter est de 10,5±2,72min, il n’y avait pas de réponse manquante et peu de réponses doubles (0,1 %).


Propriétés psychométriques


Pour l’IUE : Cronbach alpha=0,9880 ; test-retest (ICC)=0,9762 (l’intervalle de confiance : CI 95 % : 0,9307–0,9919).


Pour l’HAV : Cronbach alpha=0,9774 ; test-retest (ICC)=0,9558 (CI 95 % : 0,8738–0,9849).


Pour la dysurie : Cronbach alpha=0,9683 ; test-retest (ICC)=0,9385 (CI 95 % : 0,8274–0,9789).


Discussion


Les troubles vésicosphinctériens sont fréquents dans les pathologies nerveuses et urologiques et surtout chez les sujets âgés, ils ont un impact au niveau individuel et social.


Les autoquestionnaires font partie intégrante de l’évaluation pour une prise en charge thérapeutique et un suivi clinique optimum. Il n’existe pas à ce jour d’outil validé en langue arabe permettant une évaluation quantitative et qualitative des symptômes urinaires. Pour cela, nous avons procédé à la traduction de l’USP [3], afin de compléter l’analyse clinique.


En l’absence de consensus sur la méthodologie de traduction [15], nous avons adopté une technique simple de traduction contre-traduction, réalisée par des traducteurs professionnels ; le sens a été privilégié plutôt que la traduction littérale. Afin de limiter le nombre de données manquantes et de réponses doubles, nous avons gardé la même disposition originale des questions qui étaient disposées l’une après l’autre, le patient n’avait qu’à cocher la case correspondante, les problèmes de compréhension liés au contexte culturel [7, 12, 15, 16, 17] n’ont concerné que le tutoiement et le terme « sondage urinaire », cela a été résolu par l’ajout d’explications entre parenthèses.


L’acceptabilité de cet autoquestionnaire était bonne comme le montrait le faible nombre de données manquantes (0,1 %). La répétabilité des réponses à cet autoquestionnaire était bonne (0,93 à 0,97). Il était peu probable que cela soit expliqué par le faible intervalle de temps écoulé entre l’administration des deux questionnaires, et donc à une mémorisation des réponses par les patients.


Apres cette étude, nous avons soulevé les points suivants :

première traduction linguistique de l’USP, toutes langues confondues ;
traduction de l’USP en arabe classique, cela permettrait une large utilisation dans le monde arabe ;
utilisation du questionnaire comme autoquestionnaire, en effet, tous les patients étaient lettrés, lisaient écrivaient l’arabe classique.


Les résultats de cette étude devaient être considérés au regard de plusieurs limitations : l’échantillon était réduit, 30 patients par rapport à 253 patients de son corollaire de la version française. Il n’y a pas eu d’expertise indépendante. Nous ne pouvons pas utiliser l’USP dans toute la population marocaine, car il y a des patients illettrés qui ne parlent que le dialecte marocain. Nous avons utilisé, dans notre étude, une méthode simple de traduction de l’USP, par rapport à une méthode plus stricte, tel le guide sur l’adaptation culturelle et la traduction de mesures reliées à la qualité de vie proposé par Guillemin et al. [15]. Néanmoins, d’autres auteurs sont d’avis que des méthodes, plus simples et moins exhaustives, sont tout aussi efficaces [18, 19]. Étant donné la simplicité de l’USP et les excellents résultats de la procédure de traduction, nous avons considéré que les deux versions étaient assez similaires et que la structure interne du questionnaire n’a pas été modifiée par le processus de traduction.


Le coefficient de corrélation intraclasse de la version arabe était de 0,93 à 0,97, alors que celui de la version française était de 0,84 à 0,91. La période de temps entre les deux évaluations dans l’USP français était de septjours, alors que, dans l’étude de validation de la version arabe, elle était de deux semaines. Cela ne pouvait pas expliquer cette différence qui normalement aurait pu être en faveur de la version française, du fait de la possibilité de mémorisation. En revanche, les différences de résultats obtenus dans l’analyse de fidélité test-retest pouvaient être en rapport avec l’ordre des questions qu’on avait respecté. Dans la version française, il n’est pas précisé s’il y avait mutation de cet ordre lors de son application à j7. Ces différences peuvent être aussi attribuables à des facteurs méthodologiques dans les études de validation francophone et arabophone. Les critères d’inclusion de notre travail étaient plus restrictifs que lors de la validation de la version française. En effet, les patients inclus étaient restés stables à j15. La cohérence interne de la version arabe était bonne comme celle de son corollaire français.


L’étude de la validité dans l’étude originale a été faite avec ICIQ-UI SF (International Consultation on Incontinence Questionnaire-Urinary Incontinence short form) [3]. Malheureusement, il n’existe pas de version arabe de cette échelle. Il serait intéressant de compléter cette traduction linguistique par l’étude de la validité conceptuelle et la sensibilité au changement. Cela permettrait l’utilisation de cet instrument tant dans la pratique quotidienne que dans les essais cliniques.


Enfin, pour lui assurer une large diffusion dans tous les pays arabes, il serait intéressant de faire d’autres traductions selon le dialecte de chaque pays, traductions qui devraient être utilisées sous forme d’hétéroquestionnaires, d’une part, pour pouvoir toucher la catégorie des patients analphabètes et, d’autre part, normaliser les évaluations et universaliser un langage commun.


Conclusion


Le but cette étude était de présenter une version arabe du questionnaire de l’USP. Cette dernière possède une excellente cohérence interne et une excellente répétabilité permettant une évaluation complète des symptômes urinaires et de leur sévérité. Pour lui assurer une large diffusion, un autre travail de traduction selon les dialectes arabes serait à effectuer.


Déclaration d’intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de conflits d’intérêts en relation avec cet article.



Appendix B. Matériel complémentaire


(212 Ko)
  



 Niveau de preuve : 3.




Références



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