Thérapie ablative : l’urologie en marche !

25 novembre 2017

Auteurs : X. Cathelineau, A. Gangi, H. Lang
Référence : Prog Urol, 2017, 15, 27, 851-852
   
 
 

 

Nous souhaitons tout d'abord remercier le conseil d'administration précédent et son président J.L. Descotes, ainsi que l'actuel et son président T. Lebret, de l'honneur et de la confiance qu'ils nous ont témoignés en acceptant notre proposition de rapport sur les thérapies ablatives en urologie. S'agissant d'un sujet transversal et trans-spécialité, ils ont fait preuve de clairvoyance stratégique pour l'avenir en soutenant notre volonté d'associer pleinement un collègue radiologue interventionnel, le Pr A. Gangi, pour la rédaction de ce rapport.

Il s'agit d'un sujet en pleine évolution. Notre objectif est donc de faire un point sur l'état actuel des connaissances et d'apporter notre contribution à la réflexion collective qui s'impose sur les perspectives.

Ce rapport a été structuré en présentant tout d'abord les techniques ablatives de façon générale puis les indications, les résultats et le parcours patient en termes de choix et d'évaluation pour les cancers de prostate et du rein respectivement. Enfin, le dernier chapitre est consacré à une analyse des recommandations actuelles ainsi que des perspectives. Nous avons essayé de refléter avec le plus d'objectivité possible la littérature actuelle en effaçant au maximum nos « croyances » ou nos convictions du moment. Certaines analogies peuvent être retrouvées pour les deux organes (prostate et rein), notamment la volonté d'être aussi mini-invasif et focal que possible sur la tumeur à traiter afin de limiter les effets secondaires fonctionnels tout en s'assurant de l'efficacité carcinologique. Il convient également de pouvoir revenir aux traitements de référence actuels, si nécessaire, sans perte de chance pour le patient. En revanche, nous constatons des divergences dans l'approche de ces thérapies ablatives en fonction de l'organe. Pour le rein, il s'agit de plus en plus d'une activité partagée avec nos collègues de radiologie interventionnelle à l'inverse de la prostate maîtrisée par l'urologue dans sa quasi-totalité. Cette prise en compte peut expliquer les facilités à développer des essais de recherche cliniques pour la prostate et non pour le rein. De fait, dans le cancer de prostate, cela permet de proposer plus aisément une thérapie ablative pour des patients plus jeunes, sous réserve, naturellement, d'une évaluation fiable et équitable des différentes énergies. Prenant en compte cette réflexion, nous sommes confiants sur un développement harmonieux des techniques et des indications d'ablation en termes de sécurité carcinologique et de bénéfice fonctionnel pour le cancer de prostate. Pour le rein, notre ambition est de générer une prise de conscience sur l'indispensable rapprochement dans les esprits et dans les actes de ces deux spécialités que sont la radiologie interventionnelle et l'urologie. Il sera alors possible de développer des essais, sans esprit partisan, permettant de positionner les thérapies ablatives de la manière la plus satisfaisante possible au bénéfice des seuls patients.

N'ayons pas peur d'affronter ce nouveau défi ! L'enjeu est de savoir s'adapter et d'intégrer les évolutions, en termes d'innovations techniques, de formation et d'organisation, comme l'urologie a toujours su le faire, dans le respect des autres disciplines. C'est en dépassant ses appréhensions que l'urologue demeurera la pierre angulaire de la prise en charge des cancers de l'appareil urinaire par sa connaissance des différentes modalités thérapeutiques, chirurgicales, médicales et maintenant physiques ablatives.

Enfin qu'ils nous soient permis de remercier très sincèrement l'ensemble des contributeurs à ce rapport, cités dans les listes d'auteurs, nos collègues au sein de nos services en espérant n'avoir pas trop perturbé leurs activités et enfin nos familles qui une fois de plus auront subi avec bienveillance et compréhension nos absences.

 

Déclaration de liens d'intérêts

Pr A. Gangi fait du proctoring pour la société Galil medical. Les autre auteurs n'ont pas précisé leurs éventuels liens d'intérêts.

   

 

 
   
   
 
 
   

 

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