Syndrome douloureux vésical : résultats à long terme (15 ans) d’une expérience monocentrique

05 novembre 2020

Auteurs : M. De Cian
Référence : Prog Urol, 2020, 13, 30, 759
Objectifs

La prise en charge du syndrome de la douleur vésicale (SDV) dans notre centre est standardisée bien qu’il n’y ait pas de réels consensus et recommandations éditées par les différentes sociétés savantes. Les objectifs de notre étude étaient d’évaluer l’efficacité de la prise en charge proposée et d’identifier des facteurs prédictifs de réponse aux traitements.

Méthodes

Étude rétrospective monocentrique incluant tous les patients atteints de SDV. Les critères patients et d’évaluation comprenait les scores ICSI et ICPI, l’intervalle mictionnel diurne (IMD), la pollakiurie nocturne (PKN) et la satisfaction subjective (SS). Le protocole de soin complet (PSC) reposait sur un test d’hydrodistension suivi par un traitement Cimétidine puis par 6 instillations de diméthylsulfoxyde puis un traitement d’entretien par pentosane polysulfate. L’objectif principal de notre étude était la SS du patient à 3 mois et à moyen terme. Le critère de jugement principal était la SS. Les données ont été analysées en univarié et en multivarié (régression logistique).

Résultats

De 2002 à 2019, 211 patients (90,5 % femmes) étaient traités pour SDV (Tableau 1). Soixante-neuf patients (35 %) ont bénéficié d’un PSC qui permettait une amélioration significative de l’ICSI, l’ICPI, l’IMD et la PKN et une SS de 52,2 %. Le PSC était associé en analyse uni et multivariée à une amélioration à 3 mois (HR : 5,2 IC95 % : 2,6–10,7 ; p <0,001). À moyen terme, 149 patients étaient réévalués avec un suivi médian de 99,6 mois (±3,6 ECTS) : 71,8 % étaient satisfaits et 54,2 % n’avaient plus de traitement. Parmi les 49 patients ayant initialement reçu un PSC, 74 % étaient satisfaits à 89,8 mois de suivi médian (±2,9 ECTS). Le PSC était associé en analyse univariée et multivariée à une amélioration de la SS à moyen terme (HR : 3,4 ; IC95 % : 1,1–10,7 ; p <0,04 en multivariée).

Conclusion

Dans notre étude le PSC permet d’obtenir une satisfaction subjective à moyen terme chez près de 75 % des patients atteints de SDV. Ces données méritent d’être confirmées à plus large échelle dans un protocole prospectif avant de pouvoir permettre une mise à jour des recommandations.




 




Déclaration de liens d'intérêts


L'auteur déclare ne pas avoir de liens d'intérêts.






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