Sur-traitement et sous traitement du cancer de la prostate en Midi-Pyrénées

25 novembre 2015

Auteurs : P. Lunardi, J. Beauval, X. Gamé, M. Roumiguié, M. Thoulouzan, N. Doumerc, E. Huyghe, M. Soulié, P. Rischmann, P. Grosclaude, B. Malavaud
Référence : Prog Urol, 2015, 13, 25, 756
Objectifs

Évaluer la proportion des patients sur-traités ou sous-traités pour un cancer de la prostate en Midi-Pyrénées en fonction de la survie non spécifique théorique, corrélée à leurs comorbidités ajustées sur l’âge (Fig. 1).

Méthodes

Cinq cent onze patients présentant un cancer de la prostate au stade localisé ont été inclus via le dossier communicant en cancérologie (DCC) de Midi-Pyrénées en 2011. Les patients étaient considérés en sur-traitement lorsqu’un traitement curatif était entreprit malgré une survie non spécifique théorique<10ans (patients<75ans+Charlson2 ou>75ans+Charlson1), et en sous traitement lorsqu’une surveillance était décidée pour une tumeur à risque évolutif intermédiaire ou élevé malgré une survie non spécifique théorique>10ans (patients<75ans+Charlson1 et patients>75ans+Charlson 0).

Résultats

Les deux seuls paramètres intervenant comme facteurs indépendants significativement associés à la décision thérapeutique étaient l’âge et le risque évolutif chez les patients<75ans (p <0,001). Le taux de sur-traitement potentiel sur l’ensemble de la population était de 12 % (79/633), avec 11 % (44/396) de patients traités de parmi les<75ans présentant un score de Charlson2, et 20 % (32/155) pour les>75ans présentant un score de Charlson1. Parmi les patients<75ans présentant un risque évolutif intermédiaire ou élevé et un score de Charlson1, 4,3 % (17/396) ont été placés sous surveillance simple. Enfin, 19,3 % (30/155) des patients de plus de 75ans non traités présentaient une maladie à risque intermédiaire ou élevé et aucune comorbidité, dont 16 % (25/155) parmi les 75–85ans.

Conclusion

L’âge reste le seul élément impactant la décision de traitement curatif, entraînant chez les plus jeunes un sur-traitement non négligeable. Une meilleure prise en compte des comorbidités permettrait de réduire ce sur-traitement et de la même façon le sous traitement potentiel notamment chez les patients de plus de 75ans en très bon état général.




 




Fig. 1
Fig. 1. 

Survie non spécifique du CaP en fonction du score de Charlson ajusté sur l'âge (Daskivich et al., Journal of Urology , 2011).





Déclaration d'intérêts


Les auteurs n'ont pas transmis de déclaration de conflits d'intérêts.






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