Base bibliographique

Méningiome et cyprotérone. Le risque existe t-il aussi chez l’homme ?
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 743


Objectifs

Le risque de survenue de méningiome secondaire à la prise de cyprotérone (CYP) a été constaté à partir de 2007, entraînant une mise en surveillance de ce médicament dès 2009. Les études ont porté essentiellement chez des femmes. Nous avons cherché à savoir si ce médicament provoquait également un risque accru de méningiome dans une population d’homme traité pour cancer de la prostate.


Méthodes

Les données portent sur une cohorte de patients traités pour cancer de prostate entre 1998 et 2019. À partir de ce fichier, les patients ayant reçu de la CYP ont été recontactés afin qu’ils puissent bénéficier d’une IRM ou scanner cérébral à la recherche d’un méningiome.


Résultats

Sur les 1190 patients traités pour cancer de prostate sur la période donnée, 157 patients ont pris un traitement par CYP. Beaucoup de patients étaient perdus de vue ou non interrogeables vu l’étendue de la période. Seuls 30 dossiers ont pu être exploitables pour cette première étude. L’âge moyen au moment du diagnostic de cancer était de 69 ans. La durée moyenne de traitement a été de 82 mois avec une dose moyenne journalière de 57mg. Pour ces 30 patients, un méningiome a été retrouvé dans 5 cas, soit 16 % (3 % dans la population générale). La localisation était 4 fois dans le lobe frontal 66 %. La durée de traitement, la dose moyenne quotidienne et la dose cumulée a été de 86 contre 82 mois chez les patients sains, 58mg contre 57mg chez les patients sains et 148g, contre 123g chez les patients sains.


Conclusion

Sur cette série, il semble que la prise prolongée de CYP favorise la survenue d’un méningiome pendant une durée supérieure à 7 ans.

Mésusage des traitements de l’hypertrophie bénigne de la prostate chez le sujet âgé
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 766


Objectifs

L’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) est une des pathologies les plus fréquentes du sujet âgé. La prévalence atteint plus de 80 % après 60 ans. Les objectifs de ce travail étaient d’évaluer la fréquence du mésusage des traitements médicamenteux de l’HBP chez le sujet âgé, et de vérifier s’il était associé à une iatrogénie médicamenteuse significative.


Méthodes

Cette étude était transversale (25/02/2019 au 3/03/2019 et du 25/03/2019 au 31/03/2019). Toutes les prescriptions ciblant l’HBP (ATC G04CA ; ATC G04 CB) effectuées au sein de notre groupe hospitalier pendant cette période ont été extraites. Parmi ces données, 117 patients de sexe masculin ont été étudiés. Le mésusage était évalué en utilisant une échelle composite (données de l’AMM, résumés des caractéristiques du produit et recommandations de l’Association européenne d’urologie [EAU]). Une analyse des interactions médicamenteuses a été réalisée avec le logiciel GRP Diane® puis comparée rétrospectivement à l’évaluation gériatrique (ex. patients chuteurs, hypotension orthostatique, dépendance).


Résultats

Le mésusage des thérapeutiques de l’HBP concernait près de 72 % des patients (n =84). Les patients avec mésusage avaient un suivi urologique plus fréquent, plus d’examens diagnostiques urologiques complémentaires, plus de traitement alpha-bloqueurs, plus d’hypotension orthostatique et ils étaient plus chuteurs (p =0,02 ; p <0,02 ; p <0,001 ; p =0,005 ; p <0,04), comparativement aux patients sans mésusage. Le mésusage des traitements de l’HBP majorait le risque de chutes en analyse multivariée (OR de 3,22, p =0,039 ; IC [1,1–10,2]).


Conclusion

Le mésusage des traitements de l’HBP du sujet âgé est proche de 72 %. Il concerne particulièrement les alpha-bloqueurs avec un risque d’hypotension orthostatique et de chutes majorés. Cette prescription doit faire l’objet d’une évaluation personnalisée, chez ces patients fragiles et polymédicamentés.

Mini néphrolithotomie percutanée et urétéroscopie souple : comparaison des résultats pour le traitement des volumineux calculs du pôle inférieur du rein
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 703-704


Objectifs

La lithiase urinaire est une pathologie fréquente et récidivante dont la prévalence a triplé en quarante ans. Si l’évolution naturelle des calculs de petite taille se fait souvent vers l’expulsion spontanée, celle des plus volumineux nécessite le plus souvent un geste urologique. La miniaturisation des techniques chirurgicales a fait évoluer les pratiques avant les recommandations, conduisant à un certain nombre de situations où le choix de la technique opératoire peut être difficile L’objectif de cette étude était d’évaluer les résultats de l’urétéroscopie souple et de la mini néphrolithotomie percutanée (miniNLPC) pour le traitement des volumineux calculs du pôle inférieur du rein.


Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective descriptive bicentrique réalisée dans deux centres français de janvier 2016 à juin 2019. Tous les patients ayant un ou plusieurs calculs du pôle inférieur du rein compris entre 10 et 40mm et traités par urétéroscopie souple ou miniNLPC ont été inclus. Le critère de jugement principal était l’efficacité du traitement définie par l’absence de fragment résiduel de plus de 4mm sur une imagerie de contrôle réalisée entre 0 et 6 mois postopératoire. Les critères de jugement secondaires étaient la durée opératoire, la durée d’hospitalisation, les complications per- et postopératoires, la durée du drainage urétéral, le taux de ré-intervention pour le traitement des calculs résiduels. Les deux groupes n’étant pas parfaitement comparables, les analyses statistiques ont été réalisées en multivarié pour éviter les biais de confusion.


Résultats

Cent quinze procédures de miniNLPC et 118 procédures d’URS ont été inclues. Le taux de patients sans fragment résiduel significatif après une procédure était significativement plus élevé dans le groupe miniNLPC que dans le groupe URS (69 % vs 52 % respectivement, p <0,001). Il n’y avait pas de différence significative entre les deux groupes concernant la survenue de complication peropératoire. Le taux de complications postopératoires global était significativement plus élevé dans le groupe miniNLPC que dans le groupe URS (23 % vs 11 % respectivement, p =0,01). La durée opératoire était significativement plus longue pour le groupe miniNLPC que pour le groupe URS (105min vs 71min respectivement, p <0,001) ainsi que la durée d’hospitalisation (2,6jours vs 0,8 jour respectivement, p <0,001). La durée médiane de drainage urétéral était significativement plus courte dans le groupe miniNLPC que dans le groupe URS (2jours vs 25jours respectivement, p <0,001). Une nouvelle intervention pour traitement des fragments résiduels a été nécessaire pour 9,6 % des patients du groupe miniNLPC contre 30,5 % des patients du groupe URS (p <0,001) (Fig. 1, Tableau 1, Tableau 2).


Conclusion

La miniNLPC et l’urétéroscopie souple sont deux techniques mini-invasives efficaces pour le traitement des volumineux calculs du rein. La miniNLPC reste la technique la plus efficace aux prix d’un risque de complications plus élevé. D’après nos résultats, il s’agit de la technique de choix pour les calculs de plus de 20mm et plus de 1000 unités Hounsfield. L’urétéroscopie souple est une alternative intéressante du fait de son faible taux de complication et de sa faisabilité en ambulatoire mais implique plus souvent la nécessité d’un geste chirurgical complémentaire.

Modèle préclinique de perfusion normothermique ex situ de transplants pancréatiques
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 723-724


Objectifs

La conservation statique hypothermique (CSH) est actuellement l’unique méthode de préservation des transplants pancréatiques. Le développement récent de la perfusion normothermique ex situ sur machine (NMP) des greffons hépatiques et rénaux permet une évaluation et une optimisation des transplants issus de donneurs non optimaux.

L’objectif de cette étude est de mettre au point un modèle de NMP adapté au pancréas.


Méthodes

Cette étude a été réalisée sur un modèle porcin de donneur décédé après arrêt circulatoire avec ischémie chaude de 30minutes.

Trois groupes perfusion NMP ont été définis : après 2,5heures de CSH (G1), après 6heures de CSH (G2), et après 6h de perfusion hypothermique sur machine (HMP) (G3).

La NMP a été réalisée sur une machine KidneyAssist (Organ Assist). Le perfusât a été composé de plasma et de globules rouges autologues. L’oxygénation a été de 21 %. Les paramètres de perfusion ont été une pression de 40mmHg et une température de 37° C. Les paramètres de perfusion analysés ont été le flux (F) et l’index de résistance (IR).


Résultats

Sept perfusions NMP ont été réalisées. Toutes les NMP ont été techniquement réalisables avec une perfusion macroscopique efficace sur le pancréas et le duodénum (Fig. 1). Les pancréas G1 et G3 ont eu une évolution favorable des paramètres de perfusion à 60min G1 (F=105mL/min5 et RI=0,50,2) G3 (F=45mL/min5 et RI=0,60,3). Les pancréas G2 ont présenté une évaluation rapidement défavorable des paramètres de perfusion imposant un arrêt de la NMP à 45min.

Le taux de lactate est resté stable pour toutes les groupes (62mmol/L à 45min). Des tests de glucostimulation des TP avec 27,5mmol/L de glucose ont permis des évaluations de la sécrétion insulinique en réponse.


Conclusion

La perfusion NMP de pancréas est réalisable et permet une évaluation fonctionnelle des transplants. Cette évaluation pourrait être particulièrement intéressante pour des transplants provenant de donneurs décédés après arrêt circulatoire ou encore d’autres donneurs non optimaux. Cette technique innovante est une voie de recherche permettant d’envisager de futures potentialités d’optimisation des transplants.

Néphrectomie différée pour rein détruit sur pyonéphrose : quels sont les facteurs prédictifs de complications ?
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 795


Objectifs

Bien que de plus en plus rare dans les pays développés, la pyonéphrose reste une complication redoutable des pyélonéphrites obstructives. En effet, la néphrectomie pour rein détruit sur pyonéphrose est très pourvoyeuse de complications per- et postopératoires. L’objectif de notre étude est de déterminer les facteurs de risque potentiels des complications de cette chirurgie.


Méthodes

Il s’agit d’une étude monocentrique rétrospective colligeant 133 patients ayant eu une néphrectomie différée pour pyonéphrose sur une période de 10 ans entre janvier 2009 et décembre 2019. Nous avons analysé pour chaque patient les données cliniques, biologiques, radiologiques et thérapeutiques ainsi que les complications per- et postopératoires. Une analyse multivariée de ces données a été réalisée en utilisant le logiciel SPSS version 21.


Résultats

L’âge moyen des patients était de 47 ans (21–84). L’étiologie la plus fréquente était une lithiase obstructive (41,35 %). Le drainage des cavités excrétrices pendant l’épisode aigu a été réalisé chez 85 patients (61,5 %). L’association avec un abcès péri-rénal a été retrouvée chez 27 patients (20,3 %). La néphrectomie a été compliquée chez 70 patients (52,6 %) dont 58 complications peropératoires (digestives et hémorragiques principalement) et 12 en postopératoire (d’ordre septique surtout). En analyse multivariée, l’antécédent de chirurgie homolatérale (OR=3,71 ; p <0,01), l’atteinte du côté droit (OR=2,29 ; p <0,05), la lithiase urétérale obstructive (OR=3,27 ; p <0,01) et l’association d’un abcès péri-rénal étaient des facteurs prédictifs de complications. Par contre, ni le drainage des cavités excrétrices, ni la durée de l’antibiothérapie, ni le délai de la néphrectomie n’étaient corrélés significativement aux complications.


Conclusion

La néphrectomie différée pour rein détruit sur pyonéphrose est une chirurgie laborieuse entraînant un taux de complications per- et postopératoires considérable. L’antécédent de chirurgie homolatérale, l’atteinte du rein droit, les lithiases urétérales obstructives et l’extension de l’infection en péri-rénal étaient prédictifs de ces complications.

Néphrectomie droite avec thrombus cave de niveau 2 par voie coelio-robotisée : technique et faisabilité
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 840-841


Objectifs

L’objectif de cette vidéo est de décrire les différentes étapes chirurgicales d’une néphrectomie droite avec thrombectomie cave (niveau 2) par voie coelio-robotisée.


Méthodes

Expliquer les différentes étapes chirurgicales en robotique et en particulier le contrôle vasculaire de la veine cave (en toute sécurité).


Résultats

La durée d’intervention est de 90min avec 14min de clampage cave. Les pertes sanguines sont de 300ml. Suites simples et sortie à J4.


Conclusion

La néphrectomie droite avec thrombectomie cave de niveau 2 est réalisable par voie coelio-robotisée en toute sécurité dans un centre expert de chirurgie rénale. Le bénéfice de la voie coelio -robotisée sont les pertes sanguines faibles, sortie précoce et récupération améliorée.

Néphrectomie droite par voie laparoscopique transpéritonéale robot assistée avec extraction vaginale
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 841


Objectifs

La néphrectomie mini invasive nécessite d’habitude une incision abdominale pour l’extraction du spécimen, malgré que l’extraction vaginale était déjà décrite, cette technique reste peu utilisée.


Méthodes

La patiente est installée en position de Valdivia modifiée à Galdakao. Les trocars sont mis en place sur une ligne oblique qui s’étend de la ligne axillaire moyenne à l’épine iliaque antérosupérieure controlatérale, et le robot DaVinci Xi au niveau des pieds de la patiente. La technique coelioscopique robot assistée pour la néphrectomie reste inchangée, cependant, un décalage des instruments d’un trocar est effectué ainsi qu’un ciblage pelvien avant le temps vaginal. Une incision au niveau du cul-de-sac vaginal postérieur permet l’introduction de l’endobag et l’extraction du spécimen. La patiente avait des suites simples qui ont permis un retour à domicile à J2.


Résultats

La néphrectomie mini invasive traditionnelle reste toujours limitée par une incision abdominale qui augmente la douleur post opératoire et qui peut prolonger la durée de convalescence ou être la cause d’une éventration. L’incision vaginale qui s’effectue au niveau du cul-de-sac postérieure est abordable par voie robotique et permet de diminuer les dysparunies postopératoires.


Conclusion

La néphrectomie laparoscopique transpéritonéale robot assistée avec extraction vaginale est une technique qui permet de conserver l’intégrité des muscles de la paroi abdominale, et est faisable par simple changement de la configuration du robot DaVinci Xi.

Néphrectomie partielle coelioscopique robot assistée : faisabilité et adoption du passage de la voie transpéritonéale à rétropéritonéale et aspects techniques
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 838-839


Objectifs

Il est montré qu’avec une grande expérience de la voie transpéritonéale, le passage à la voie rétropéritonéale était facile et permettait des résultats comparables sans courbe d’apprentissage identifiable. L’objectif de cette vidéo était de montrer que cette voie d’abord n’était pas réservée à des experts mais qu’elle était accessible aux chirurgiens moins chevronnés sans grande expérience de la voie transpéritonéale.


Méthodes

Nous avons illustré cela au travers de l’exemple de la toute première expérience d’un chef de clinique n’aillant jamais été formé à cette voie d’abord. La procédure s’est faite à l’aide d’un robot chirurgical Da Vinci, modèle Si, avec 1 trocart pour un optique de 0°, 2 trocarts opérateurs et un trocart pour l’aide opératoire. Nous exposons la vidéo d’un homme de 38 ans présentant une tumeur hilaire postérieure droite. Sa créatininémie était de 66μmol/L (DFG=117mL/min), le bilan d’extension était négatif. La lésion, de 2,9cm de diamètre était de complexité modérée. Son score RENAL était de 7ph et son score PADUA de 9p.


Résultats

Nous avons décrit les différents temps opératoires : installation du patient, accès à l’espace rétropéritonéal, position des trocarts, position du robot, accès au hile rénal, tumorectomie, hémostase du lit de résection. Le temps de chirurgie était de 3h30, la durée de clampage était de 10minutes et les pertes sanguines étaient de 100cc. Il n’y a pas eu de complication per et post opératoire, le patient est sorti à J1, les fonctions rénales pré opératoires et post opératoires étaient superposables. L’analyse anatomopathologique a retrouvé un carcinome rénal à cellule claire de grade 2 de Furhman d’exérèse complète.


Conclusion

La voie rétropéritonéale, utilisée de manière appropriée peut diminuer les pertes sanguines, raccourcir les durées d’intervention et d’hospitalisation et mérite donc d’être plus largement utilisée. Ses obstacles, responsables de son retard d’adoption en chirurgie robotique (espace de travail plus restreint favorisant les conflits, anatomie et orientation dans l’espace modifiées) sont surmontables et ne font pas d’elle une chirurgie réservée à des experts.

Néphrectomie partielle robot-assistée après immunothérapie : faisabilité et partage d’expérience
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 838


Objectifs

Les inhibiteurs de checkpoints immunitaires (ICI) sont désormais indiqués en 1ère ligne de traitement du cancer rénal métastatique (mRCC). À l’origine de taux importants de réponses complètes, la faisabilité de chirurgies secondaires de la tumeur primitive chez les bons répondeurs pose question. Les données de la littérature internationale dans cette situation sont limitées. Nous partageons ici le deuxième cas décrit de néphrectomie partielle après ICI.


Méthodes

Le logiciel Synapse 3D (Fujifilm) est utilisé pour la modélisation tridimensionnelle du rein tumoral et de son réseau vasculaire, la sélection des points de clampage suprasélectif de 4e ordre, la prédiction de l’ischémie en rapport et le calcul des volumes parenchymateux. La chirurgie est réalisée avec le robot Da-Vinci (Intuitive Surgical) et guidée par l’image selon 2 modalités : modélisation 3D et échographie peropératoire. Les données cliniques, collectées après consentement, sont issues de la base de données prospective UroCCR (CNIL DR 2013-206 ; NCT03293563). L’indication impérative de néphrectomie partielle du cas présenté, permet la recherche de difficultés chirurgicales potentiellement en lien avec l’exposition aux ICI.


Résultats

Cas d’une patiente de 79 ans, présentant un mRCC sous NIVOLUMAB depuis 41 mois (protocole NIVOREN), ayant préalablement bénéficié d’une néphrectomie totale droite, d’une néphrectomie partielle puis d’une radiofréquence du rein unique gauche et d’un traitement systémique par sunitinib et everolimus. Double tumorectomie en bloc sous clampages artériels suprasélectifs de 4e ordres de 37minutes et métastasectomie d’un nodule de la gouttière pariéto-colique. La durée opératoire a été de 5h, les pertes sanguines de 1000mL. Les difficultés de libération rénale étaient habituelles dans le cadre d’une chirurgie de rattrapage. En revanche, le plan d’énucléation tumorale paraissait difficile à suivre, conduisant à une effraction tumorale au niveau sinusal. L’anatomopathologie retrouve un carcinome rénal à cellules claires, avec très faible proportion de nécrose, pT3a cN0 pM1 R0 Führman III avec micro-thrombus veineux.


Conclusion

Sur ce retour d’expérience limitée, la chirurgie conservatrice rénale robot-assistée après ICI paraît faisable de façon satisfaisante. Néanmoins la dissection tumorale pouvant être remaniée dans certaines zones, celle-ci doit être menée avec prudence.

Néphrectomie partielle robot-assistée dans un rein en fer à cheval
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 839


Objectifs

Le rein en fer à cheval est l’anomalie de symphyse rénale la plus commune avec une incidence de 1 pour 400 personnes. Les patients atteints semblent avoir un risque identique à la population générale de développer un cancer rénal à cellules claires. La vascularisation complexe et variable et la mobilisation difficile de ces reins peut rendre l’abord chirurgical difficile, surtout dans le cas d’une néphrectomie partielle.


Méthodes

Très peu de cas de néphrectomie partielle, robot-assistée, sur un rein en fer à cheval ont été décrit dans la littérature auparavant, et notre cas semble être le premier à être décrit en France. Nous rapportons le cas d’un patient âgé de 63 ans avec une masse rénale droite polaire supérieure au contact avec le pédicule traité par néphrectomie partielle robot-assistée.


Résultats

Un clampage artériel sélectif a été effectué selon les données du scanner abdomino-pelvien préopératoire. L’examen anatomopathologique retrouvait un carcinome à cellules claires en résection complète.


Conclusion

Les anomalies de symphyse rénale sont susceptibles de rendre la résection des tumeurs rénales difficiles. Avec une stratégie préopératoire adéquate, la néphrectomie partielle robot-assistée est une technique sûre et efficace comme alternative à la chirurgie ouverte ou cœlioscopique.

Néphro-urétérectomie droite « full-intra » par laparoscopie robot assistée
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 855


Objectifs

L’objectif de cette vidéo était de décrire une technique chirurgicale de néphro-urétérectomie droite laparoscopique robot-assistée par voie intra-corporelle avec un docking unique du robot.


Méthodes

Les étapes clés d’une néphro-urétérectomie droite laparoscopique robot-assistée avec le robot chirurgical Xi de Da-Vinci (Intuitive Surgical) sont présentées chez une patiente âgée de 70 ans, asymptomatique chez qui il a été diagnostiqué de façon fortuite une lésion de 2cm extra-parenchymateuse sans adénopathie, sans lésion à distance avec une cystoscopie normale.


Résultats

La patiente était installée en décubitus latéral gauche avec une sonde vésicale, on a réalisé une open coelioscopie en para-rectal droit pour mettre en place le trocart de l’optique de 0°, on a utilisé 3 bras opérateurs et 1 trocart d’aide de 12mm. Nous avons réalisé dans un premier temps la néphrectomie avec curage latéro-cave mono-bloc puis la dissection urétérale distale avec collerette vésicale sans modification de la position du robot ou de la patiente. La durée opératoire était de 104minutes, le saignement total de 50cc. Les suites opératoires ont été simples avec une sortie au deuxième jour d’hospitalisation et une ablation de la sonde vésicale au 10éme jour post-opératoire en hôpital de jour. L’analyse histologique retrouvait un carcinome urothélial de haut grade stade pTa N0 R0 avec 6 ganglions.


Conclusion

Cette vidéo a démontré la faisabilité d’une intervention chirurgicale de néphro-urétérectomie « full-intra » par voie robot-assistée avec des suites simples, une durée de séjour courte et un résultat oncologique satisfaisant.

Neuromodulation sacrée secondaire bilatérale ou controlatérale dans l’hyperactivité vésicale en échec secondaire de neuromodulation unilatérale (NEUROBIL)
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 797


Objectifs

Certains patients traités efficacement pour hyperactivité vésicale (HAV) par neuromodulation présentent après plusieurs mois une récidive de leurs symptômes malgré un stimulateur intègre et fonctionnel (échec secondaire). L’objectif de cette étude était d’évaluer l’efficacité de la neuromodulation sacrée bilatérale (pose d’un deuxième stimulateur) à travers une étude multicentrique randomisée en cross-over .


Méthodes

Les patients inclus étaient porteurs d’un Interstim2™ pour HAV efficace pendant au moins 3 mois, secondairement en échec malgré au moins 3 reprogrammations. Une phase test était réalisée avec un deuxième boîtier, puis implantation si test positif. Les patients implantés étaient ensuite randomisés en aveugle selon deux bras : controlatéral (stimulateur 2 allumé seul), versus bilatéral (stimulateurs 1 et 2 allumés). Après 1 mois, un cross-over était réalisé. Un suivi en ouvert était réalisé pendant 1 an. L’évaluation à chaque visite était réalisée par calendrier mictionnel et questionnaires. L’objectif principal était le taux de succès (amélioration de plus de 50 % des symptômes de l’HAV).


Résultats

Sur 49 patients inclus, 34 ont été randomisés (effectif conforme au calcul préalable du nombre de sujets nécessaires). En intention de traiter, il n’a pas été mis en évidence de différence de significative de succès entre les deux groupes (p =0,22), de même qu’après analyse per-protocole après exclusion de deux patients randomisés à tort et de 1 patient avec données de calendrier non exploitables (p =0,67) (Tableau 1). Aucun des paramètres secondaires n’étaient statistiquement significativement différents dans les deux groupes (score USP, EQ-5D, Ditrovie, score de Wexner et complications) à l’issue du cross-over . À un an (n =26), une amélioration de 50 % par rapport à la baseline était notée pour les épisodes d’incontinence urinaire par urgenturie, le nombre d’urgenturies et le nombre de mictions par jour chez respectivement 16, 15 et 0 patients.


Conclusion

L’effet de la neuromodulation bilatérale chez les patients en échec secondaire de neuromodulation sacrée pour HAV n’était pas supérieur à la neuromodulation controlatérale.

Neurostimulation du nerf tibial postérieur transcutanée chez les patientes atteintes d’hyperactivité vésicale : une étude prospective monocentrique
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 796


Objectifs

La neurostimulation du nerf tibial postérieure transcutanée (NSTP) est devenue ces dernières années, pour les patients ayant une hyperactivité vésicale (HAV), une option thérapeutique reconnue. Le but de cette étude était de rapporter les résultats de la NSTP chez les patientes atteintes d’HAV.


Méthodes

Les données cliniques des patientes ayant une HAV, traitées par NSTP ont été collectées prospectivement entre 2013 et 2018 dans un centre universitaire. Le traitement était auto-administré par les patientes, au domicile à l’aide du dispositif urostim 2. Les séances devaient durer 20minutes, quotidiennement, sur une période minimum de 3 mois. Une séance de formation initiale d’une heure avec une infirmière dédiée était réalisée. Le critère de jugement principal était l’impression d’amélioration, évaluée par la patiente à 3 mois à l’aide d’une échelle visuelle analogique (EVA) allant de 0 à 10. Les critères secondaires étaient les données du calendrier mictionnel et le questionnaire USP.


Résultats

Soixante-deux patientes ont été incluses. La moyenne d’âge des patientes était de 58,3 ans. Cinquante-trois patientes avaient une incontinence urinaire par urgenturie (85,5 %) et 9 avaient une HAV sans fuites (14,5 %). La plupart des patientes avaient une hyperactivité détrusorienne au bilan urodynamique (71,1 %) et la majorité étaient résistantes aux traitements anticholinergiques (67,7 %). La moyenne de l’EVA efficacité à 3 mois était de 4,8 (±3,5). Le score d’HAV de l’USP diminuait significativement de 11,1 (±4,1) à 9 (±4) à 12 semaines (p =0,0006). La capacité vésicale fonctionnelle s’améliorait significativement avec un volume uriné passant de 309,2 (±168,5) à 355 (±213,3) mL (p =0,02). Le nombre d’épisodes d’incontinence urinaire quotidien diminuait significativement également passant de 4,9 à 3,4 (p =0,002). Le taux d’arrêt du traitement à 3 mois était de 46,9 %.


Conclusion

La NSTP transcutanée semble être une option thérapeutique efficace chez les patientes atteintes d’HAV. Des études complémentaires sont nécessaires pour évaluer l’efficacité, les effets secondaires et le coût-efficacité de ce traitement comparativement à la NSTP percutanée.

Nivolumab + ipilimumab (N + I) vs sunitinib (S) dans le traitement de première ligne du carcinome rénal avancé (aRCC) dans l’étude CheckMate 214 : suivi à 4 ans et analyse en sous-groupe des patients (pts) non néphrectomisés
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 785-786


Objectifs

Dans la CheckMate 214, N+I était supérieur à S chez les pts de pronostic intermédiaire/défavorable (IP) et chez les pts en ITT. Nous rapportons ici la survie, la réponse selon un comité de revue des examens radiologiques indépendant (IRRC) et la tolérance après 4 ans minimum de suivi, et une analyse exploratoire post-hoc dans un sous-groupe de pts sans néphrectomie préalable présentant une lésion cible au niveau du rein.


Méthodes

Les pts avec aRCC à cellules claires ont été randomisés selon un rapport 1 :1 avec N 3mg/kg+I 1mg/kg toutes les 3 semaines×4 puis N 3mg/kg toutes les 2 semaines vs S 50mg par jour pendant 4 semaines, suivi d’une fenêtre thérapeutique de 2 semaines, par cycle. Critères d’évaluation : survie globale (OS), taux de réponse objective (ORR) et survie sans progression (PFS) selon IRRC en utilisant les critères RECIST v1.1 chez les patients IP (primaire), ITT (secondaire) et favorable (FAV ; exploratoire).


Résultats

Une OS supérieure avec N+I vs S était maintenue chez les pts IP (HR 0,65) et ITT (HR 0,69) ; la différence d’OS est restée non significative chez les pts FAV (HR 0,93 ; Tableau 1). L’ORR était plus élevé, avec plus de patients toujours en réponse avec N+I vs S chez les pts IP (65 % vs 50 %) et ITT (65 % vs 52 %). Chez les pts FAV, l’ORR était plus faible avec N+I vs S, mais davantage de réponses étaient en cours (65 % contre 56 %). Le taux de réponse complète (CR) était plus élevé avec N+I v S quel que soit le groupe IMDC (Tableau 1). La PFS était conforme aux rapports précédents. L’incidence des EI liés au traitement de tout grade et de grade ≥3 est restée inchangée. Dans le sous-groupe exploratoire de patients non néphrectomisés et avec une lésion cible au niveau rénal, le HR de l’OS (0,63) était cohérent avec celles des pts I/P et ITT ; L’ORR était plus élevé avec N+I vs S (34 % contre 15 %) sans CR dans les deux bras, et le HR de la PFS était de 0,99 (Tableau 1 ; n =53 contre 55). Une réduction des lésions rénales cibles de ≥30 % s’est produite chez 35 % vs 20 % (N+I vs S) des pts.


Conclusion

Après 4 ans de suivi, le bénéfice clinique (OS, ORR) était maintenu avec N+I vs S chez les pts IP et ITT. Les réponses avec N+I étaient durables sans nouveau signal de toxicité. Un rétrécissement des lésions rénales a été observé chez les pts non néphrectomisés traités par N+I, et l’OS dans ce sous-groupe était cohérente avec celle la population globale de l’étude.

Oncocytomes rénaux diagnostiqués sur biopsie rénale : stratégie de prise en charge et devenir oncologique
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 788


Objectifs

La stratégie de prise en charge des oncocytomes reste hétérogène de par la crainte d’une croissance tumorale altérant le parenchyme rénal restant et de la méconnaissance d’une tumeur mixte. L’objectif de ce travail était d’évaluer les stratégies de prise en charge et l’évolution clinique et radiologique d’une cohorte d’oncocytomes biopsiés.


Méthodes

Nous avons revu rétrospectivement tous les dossiers de biopsies rénales réalisées dans deux centres universitaires français entre 2009 et 2019. Tous les cas d’oncocytomes identifiés sur la biopsie rénale ont été extraits. Les données suivantes ont été analysées : âge de la population, terrain génétique, taille de la tumeur sur imagerie et modalités de prise en charge de l’oncocytome.


Résultats

Cinquante-deux patients ont été identifiés, âge moyen au diagnostic 63 ans, dont un syndrome de Birt–Hogg–Dubé. Au total, 18 patients ont été traités d’emblée (12 par chirurgie partielle et 6 par traitement ablatif percutanée) et 34 n’ont pas eu de traitement actif immédiat (25 surveillés et 9 abstentions thérapeutiques). La croissance tumorale de l’oncocytome a pu être évaluée en moyenne à 2mm par an. La correspondance histologique des biopsies des oncocytomes par rapport à la pièce définitive était de 79 % (1 cellule claire grade 2 et 2 tumeurs hybrides retrouvées). Chez les 25 patients ayant eu une surveillance initiale 5 ont finalement subi un traitement actif (3 cryothérapies, 1 néphrectomie partielle et 1 néphrectomie élargie) motivé à chaque fois par croissance tumorale (moyenne 5,2mm/an).


Conclusion

Dans notre cohorte, la croissance tumorale était faible et la surveillance le traitement de choix, cette attitude thérapeutique étant adaptée en fonction de la croissance tumorale (plus de 5mm par an dans notre cohorte) et du terrain particulier (âge jeune, forme familiale connue) faisant craindre une tumeur mixte.

Optimisation de la séquence d’administration des checkpoints immunitaires PD-L1 à la radiothérapie pour cancer de la vessie
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 715


Objectifs

De nouvelles stratégies de préservation de la vessie sont nécessaires pour le cancer de vessie infiltrant le muscle (TVIM). La thérapie combinée des « checkpoints » immunitaires (anti-PD-L1) et de la radiothérapie a montré des effets antitumoraux synergiques dans des études précliniques. L’objectif de notre étude était d’évaluer si la séquence d’administration de cette thérapie combinée a un impact sur la réponse antitumorale.


Méthodes

Nous avons développé un modèle murin de TVIM syngénique in vivo où des cellules cancéreuses de vessie murine (MB49) ont été injectées par voie sous-cutanée dans le flanc droit de souris C57BL/6. Les souris ont ensuite été randomisées selon les traitements suivants : contrôle, anti-PD-L1 seul, radiothérapie seule (XRT) composée de 2 fractions de 6,25Gy, anti-PD-L1 concomitant avec XRT, anti-PD-L1 néoadjuvant suivi de XRT, ou XRT suivi d’une thérapie adjuvante anti-PD-L1. La croissance tumorale, la survie et le taux de répondeurs ont été analysés par ANOVA, Kaplan–Meier ou Chi2 respectivement.


Résultats

Au total, 60 souris ont été randomisées. On retrouvait une différence statistiquement significative du taux de croissance tumorale entre les bras de traitement (p =0,029). Le moment de l’administration de l’immunothérapie (néoadjuvante, concomitante ou adjuvante) n’a modifié ni la croissance tumorale ni la survie (p >0,05). Le taux de répondeurs était également similaire dans chaque bras de traitement combiné (p >0,05) (Fig. 1, Fig. 2).


Conclusion

La combinaison de l’immunothérapie anti-PD-L1 et de la radiothérapie offre des réponses antitumorales optimales. Le timing d’administration de l’immunothérapie (néoadjuvant, concomitant ou adjuvant) ne semble pas affecter les résultats. La question de leur profil de toxicité respectif reste à analyser.

Orchidopexie controlatérale dans le temps de l’exploration scrotale pour suspicion de torsion : est-ce vraiment sans risque ?
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 727


Objectifs

La torsion du cordon spermatique est une urgence chirurgicale urologique. Les recommandations sont claires sur la nécessité d’explorer sans délai un scrotum aigu symptomatique pour détorsion et fixation. Cependant, la prise en charge (fixation) du testicule controlatéral dans le même temps opératoire reste débattue. L’objectif de notre étude était d’évaluer les complications secondaires à la réalisation d’une orchidopexie controlatérale immédiate (OCLI) systématique.


Méthodes

Nous avons inclus de manière rétrospective des patients de plus de 12 ans ayant subi une exploration scrotale pour suspicion de torsion testiculaire entre 2005 et 2019 dans 14 centres universitaires français (cohorte TORSAFUF). Les présentations avec douleur bilatérale étaient exclues. Nous avons comparé les taux de complications au cours des 90jours postopératoires des patients ayant subi une exploration scrotale pour suspicion de torsion avec ou sans orchidopexie controlatérale dans le même temps opératoire. Une analyse par score de propension sur les facteurs préopératoires et les constatations peropératoires a été réalisée.


Résultats

Au total 2912 patients ont été inclus. Parmi eux 1587 patients (55,5 %) ont eu une orchidopexie controlatérale dans le même temps opératoire. Après appariement en score de propension, nous avons obtenu deux groupes de 747 patients. La réalisation d’une OCLI était associée à plus de complications postopératoires précoces (OR : 1,5 ; IC95 % : 1,1–2,1 ; p =0,017) notamment d’hématome scrotal (OR : 2,6 ; IC95 % : 1,2–5,7 ; p =0,02) et de retard de cicatrisation (OR : 2,4 ; IC95 % : 1,4–3,9 ; p =0,001) que les patients n’ayant pas eu d’OCLI. En analyse multivariée, la réalisation d’une OCLI était un facteur prédictif indépendant de complication (OR : 1,4 ; IC95 % : 1,1–1,9 ; p =0,04).


Conclusion

Seulement 55,5 % des patients opérés pour exploration testiculaire ont eu une orchidopexie controlatérale immédiate. La réalisation de ce geste ne semble pas apporter de bénéfice et est associé à un taux de complication postopératoire plus important. Sa réalisation devrait être limitée et réalisée après information du patient sur ses risques et éventuels bénéfices.

Organisation de la téléconsultation en chirurgie urologique durant l’épidémie de COVID-19
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 698-699


Objectifs

L’épidémie du COVID-19 a nécessité une profonde réorganisation de notre système de santé. Les directives ministérielles ont imposé la téléconsultation durant cette crise. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’impact de cette modification des pratiques et son avenir pour la prise en charge des patients d’urologie au-delà de cette crise sanitaire.


Méthodes

Nous avons proposé à l’ensemble des membres de l’Association française d’urologie de répondre anonymement à un questionnaire informatisé sur la manière dont avait été mis en place la téléconsultation dans leur établissement. Ce questionnaire était composé de 27 questions et a été réalisé sur la plateforme SurveyMonkey.


Résultats

Nous avons obtenu un total de 416 réponses ; 21,4 % travaillent en CHU, 13,5 % en CHG, 49,6 % en clinique privée, 8,2 % en établissement à but non lucratif et 7,2 % en cabinet de ville. Parmi les urologues, 15,5 % pratiquaient la téléconsultation avant le confinement. Près de 72 % déclaraient avoir moins de 25 % de leur taux habituel de consultations. Parmi les urologues, 77,2 % se disaient satisfaits ou très satisfaits de ce mode consultation et 92,7 % de leurs patients l’étaient également. Parmi les urologues, 42,8 % ont programmé et expliqué des chirurgies uniquement par téléconsultation et 55,8 % ont annoncés des résultats anatomopathologiques par ce biais. Parmi les urologues, 41,6 % se disaient prêts à poursuivre ce type de consultations dans le futur et 88,6 % souhaitaient que l’AFU éditent des recommandations de bonnes pratiques concernant ce mode consultation (Fig. 1).


Conclusion

Durant l’épidémie de COVID-19, la téléconsultation semble avoir été un outil apprécié par les urologues et leurs patients permettant de ne pas rompre le suivi médical durant cette période. Pour autant, les modalités précises de ce mode consultation sont encore floues, qui plus est dans ce contexte, et les urologues souhaitent en majorité un référentiel édité par l’AFU.

Performances diagnostiques du test urinaire Xpert®Bladder Cancer Monitor dans la surveillance de patients atteints de tumeurs de vessie n’infiltrant pas le muscle : résultats intermédiaires d’une étude prospective
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 791


Objectifs

L’objectif de notre étude a été d’évaluer les performances diagnostiques du test Xpert®Bladder Cancer Monitor en comparaison au couple de référence cystoscopie–cytologie pour le suivi de récidives des tumeurs de la vessie n’infiltrant pas le muscle. Ce marqueur a été développé afin de répondre aux inconvénients majeurs de ces 2 examens : invasivité et sensibilité médiocre pour les tumeurs de bas grade.


Méthodes

Les urines de patients (âge médian : 70 ans, intervalle : 34–93) ont été recueillies avant leur cystoscopie de suivi et analysées prospectivement avec le test Xpert® Monitor et/ou par cytologie selon les pratiques en vigueur. L’analyse intermédiaire porte sur 178 patients, ayant des résultats disponibles. Les résultats Xpert® Monitor ont été obtenus après amplification et quantification de 5 cibles ARNm (ABL1, CRH, IGF2, UPK1B, ANXA10) par RT-PCR sur le système GeneXpert® et étaient rendus positifs (score≥0,5), négatifs (score<0,5) ou invalides. La sensibilité, spécificité, VPP, VPN du test et de la cytologie sont calculés en référence à la cystoscopie/histologie.


Résultats

Vingt des 178 patients ont eu une récidive du cancer de la vessie prouvée par histologie (9 bas grades, 10 hauts grades, +1 CIS ?), 18 étant positifs pour Xpert® Monitor (sensibilité : 90 %), 4 pour la cytologie (sensibilité : 28,5 %). La spécificité était de 93,4 % (119/158) pour Xpert® Monitor et 93,3 % (85/91) pour la cytologie. Huit sur 8 des patients avec cystoscopie positive et cytologie négative étaient positifs au test (Tableau 1, Tableau 2).


Conclusion

Le test Xpert®Bladder Cancer Monitor semble être efficace pour la détection des récidives du cancer de la vessie, et pourrait remplacer les cytologies. Notre étude se poursuit pour évaluer si ce test pourrait limiter le nombre de cystoscopies en augmentant le délai entre elles (alternance Xpert® Monitor et cystoscopie) voire (dans certaines conditions) les remplacer.

Phalloplastie supra-pubienne pré-expansée chez les patients transsexuels : technique et résultats chirurgicaux à long terme
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 735


Objectifs

Parmi les nombreuses techniques de phalloplastie, il n’existe actuellement pas de « gold standard » répondant à l’ensemble des objectifs de reconstruction, permettant de réaliser une verge esthétique, sensible et fonctionnelle. Le choix de la technique dépend des priorités du patient.

L’objet de cette étude était de décrire la technique de phalloplastie supra-pubienne pré-expansée (SPPP) et ses résultats chirurgicaux à long terme, chez les transsexuels.


Méthodes

Les résultats chirurgicaux et complications de 71 patients transsexuels opérés d’une SPPP, dans un centre hospitalo-universitaire, entre 2007 et 2018, ont été recueillis rétrospectivement à partir de leurs dossiers médicaux.

La SPPP nécessitait trois étapes, réalisées chacune à trois mois d’intervalle :

– implantation de deux ballons d’expansion tissulaire sous-cutanés, au niveau abdominal ;

– tubulisation d’un lambeau abdominal à partir de la peau étirée, restant relié à l’abdomen par ses deux extrémités ;

– libération de la partie supérieure du néo-phallus dont la base était naturellement reliée au pubis. L’urétroplastie, la glanuloplastie et l’implantation de prothèses péniennes étaient réalisées ultérieurement.


Résultats

L’âge moyen des patients était de 41,4 ans. Les durées médianes opératoires et d’hospitalisation, pour chaque étape, étaient respectivement de 97minutes et 2jours, 148minutes et 4jours et 111minutes et 2jours. Il y a eu 2 cas de nécrose partielle et aucune perte de phalloplastie. Les taux de complications pour chacune des étapes étaient respectivement de 36,6 %, 74,6 % et 28,2 %. La majorité était de Clavien<IIIa. Au total, il y a eu 29 ré-hospitalisations pour complications. Parmi les 25 urétroplasties réalisées, 76 % des patients ont présenté au moins une complication (15 fistules, 12 sténoses et 3 diverticules).

Cinquante-neuf prothèses péniennes ont été implantées chez 40 patients. Vingt-cinq pour cent de complications ont été rapportées (7,5 % d’infections, 7,5 % de malpositions, 5 % d’érosions et 5 % de dysfonctions mécaniques).


Conclusion

La SPPP est une technique de reconstruction pénienne simple et sure, avec des Résultats esthétiques satisfaisants et une faible morbidité du site donneur. L’approche en trois étapes favorise la néo-vascularisation, réduisant les complications vasculaires et le risque de perte de phalloplastie. Le taux élevé de complications après urétroplastie reste une des principales limitations de la SPPP.

Plastie yv et plastie postérieur robotique pour sclérose de col vésical post-pvp
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 846


Objectifs

La sclérose de col vésical après traitement endoscopique d’hypertrophie prostatique est une complication courante allant jusqu’à 12 % des patients. La prise en charge de première ligne est généralement basée sur un traitement endoscopique qui présente un taux d’échec élevé. L’objectif de cette vidéo était de décrire une technique de plastie V-Y et de plastie postérieure robotique pour une sclérose de col vésical post-photovaporisation prostatique.


Méthodes

La technique complète est décrite dans cette vidéo. Nous présentons le cas d’un homme de 63 ans qui a développé une sclérose de col après une photovaporisation en 2017 traitée par deux RTUP. Il souffrait de rétention chronique nécessitant 4 à 5 autosondages par jour. Les passages de sonde se faisaient à frottement. Il avait une hypocontractilité vésicale au bilan urodynamique. La décision d’effectuer une plastie YV robotique a été prise afin d’élargir le passage en apportant du tissu sain.


Résultats

L’intervention est réalisée sous anesthésie générale. Le patient est placé dans une position de Trendelenburg à 23°. Une approche transpéritonéale laparoscopique est utilisée et cinq ports sont placés au total, dont trois ports pour les bras robotisés et un port de 12mm pour le chirurgien assistant. Un fibroscope flexible est utilisé afin d’identifier le niveau du rétrécissement par transillumination. Le col de la vessie est disséqué et ouvert. Le V de la vessie est ensuite créé et suturé à l’ouverture du col de la vessie à l’aide d’un surjet. Une plastie d’élargissement postérieure est réalisée en points séparés. Le patient est sorti à J2. La sonde vésicale a été ôtée à 2 semaines. Le patient a repris des mictions spontanées avec des résidus en diminution.


Conclusion

La plastie YV robotique est une technique faisable et peut apporter des résultats satisfaisants chez des patients ayant une sclérose de col récidivante.

Plastie yv robotique et lambeau peritonéal pour sténose d’anastomose vésico-urétrale après prostatectomie radicale et radiothérapie
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 847


Objectifs

Les sténoses de l’anastomose vésico-urétrale (SAVU) sont rares mais complexes à traiter. La première ligne de traitement est souvent basé sur l’urétrotomie endoscopique (UE) mais qui a un taux important d’échec, surtout chez les patients ayant eu une radiothérapie. Le but de cette vidéo était de décrire une technique de plastie YV et de lambeau péritonéal robot assistée pour sténose d’anastomose vésico-urétrale après prostatectomie radicale et radiothérapie.


Méthodes

La technique est décrite dans la vidéo. Nous présentons le cas d’un patient de 77 ans avec un antécédent de prostatectomie radicale et de radiothérapie en 2009. Il a développé une SAVU traitée par UE en 2018 suivie d’une incontinence urinaire totale associé à une récidive de sténose. Il a ensuite eu un sphincter urinaire artificiel (SUA) et une nouvelle UE. Dix jours après l’activation du SUA, il a fait une rétention aiguë d’urine traitée par cystostomie. Le but de la plastie YV était d’amener du « tissu sain » pour élargir la zone fibreuse. Le patient était consentent à une cystectomie Bricker.


Résultats

Une approche transpéritonéale a été utilisée et 5 trocarts ont été placés incluant 3 trocarts pour les bras robotiques et un trocart de 12mm pour l’aide opératoire. Le col vésical est disséqué et ouvert utilisant comme repère la lumière du fibroscope qui a été passé dans le trajet de cystostomie. La sténose est incisée jusqu’à que le fibroscope CH17 passe complètement la sténose. Le lambeau en V est ensuite créé et suturé à l’ouverture du col vésical en utilisant un surjet. En constatant une fuite associée pendant le test de remplissage, il est décidé d’utiliser un lambeau de péritoine pour renforcer la suture. Le patient est sorti à J7. Il a fait une infection urinaire traitée par antibiotique. La sonde urétro-vésicale à été ôtée à 3 semaines et la cystostomie à 4 semaines. Le SUA a été réactivé à 8 semaines. À 9 mois, le patient a une légère sténose non symptomatique sans aucun résidu et il est parfaitement continent avec son SUA.


Conclusion

La plastie YV avec Lambeau péritonéal robotique est faisable et peut apporter des résultats satisfaisants comme procédure de sauvetage chez des patient ayant une SUVA récidivante après prostatectomie radicale et radiothérapie.

Point de vue des imams et des enseignants d’études islamiques sur le don du rein
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 719


Objectifs

La transplantation rénale est devenue le traitement de choix de l’insuffisance rénale chronique car elle offre aux patients une excellente qualité de vie et elle a un bénéfice économique pour la société. Notre objectif est d’évaluer les connaissances des imams et des enseignants d’études islamiques concernant la greffe rénale, leur position par rapport au principe du don d’organes et le cadre religieux justifiant leur opinion.


Méthodes

Il s’agit d’une étude transversale descriptive, menée entre le mois de mai et juillet 2019, effectué auprès des mosquées, du conseil scientifique islamique, des facultés d’études islamiques et des lycées, à l’aide d’un questionnaire préétabli que nous avons distribué aux imams et aux professeurs d’études islamiques choisis aléatoirement au sein des établissements. Les questions de l’enquête répondaient à quatre thèmes principaux, à savoir : l’opinion et l’attitude de la religion islamique sur le don d’organes, la justification explicite de l’autorisation de la greffe, les organes autorisés et interdits dans le don et la possibilité de participer dans la sensibilisation sur l’importance de la greffe.


Résultats

Notre étude a concerné 125 personnes ; 54 sujets ont répondu soit 43 %. Parmi les personnes interrogées, 57,4 % étaient des professeurs des études islamiques ; 94,44 % des 54 participants avaient répondu que l’islam autorisait la greffe rénale. Deux personnes sur trois étaient capables d’identifier les organes et les tissus transplantables. Cinquante pour cent approuvait la transplantation rénale à partir d’un donneur cadavérique. Soixante-dix pour cent des professeurs et des imams acceptaient de faire le don de leurs organes après la mort. Cinquante-neuf pour cent envisageaient de participer à des activités de sensibilisation sur l’importance du don du rein ce qui donne de l’espoir à l’évolution de la greffe dans notre pays surtout que la principale cause de refus été la crainte que cela soit interdit par notre religion islamique.


Conclusion

Dans un pays où les accidents de la voie publique constituent la principale cause de mortalité du sujet jeune et face à l’augmentation prévisible du nombre de candidats à la greffe rénale, il semble pragmatique que tous les efforts soient déployés pour accroître l’offre de don de greffons, en promouvant l’activité de greffe notamment rénale à partir de donneur cadavérique.

Pose de néphrostomie en 2019 : enquête de pratique auprès des urologues français
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 807


Objectifs

La pose de néphrostomie est une procédure à la frontière entre l’urologie et la radiologie interventionnelle. La réalisation de cette procédure par les urologues varie en fonction des habitudes de services et du plateau technique disponible.

L’objectif était d’évaluer les pratiques des urologues français en 2019 et de comparer les résultats en fonction du mode d’exercice.


Méthodes

Un questionnaire informatique a été envoyé aux urologues français.

La première partie du questionnaire recueillait les données concernant le type d’activité des médecins et la disponibilité du plateau technique de radiologie interventionnelle dans leur structure. Les praticiens étaient ensuite interrogés sur les modalités de réalisation de néphrostomie selon la difficulté de la procédure.

L’analyse statistique a été réalisée par test du Chi2 avec un risque alpha de 5 %. Toutes les analyses ont été réalisées avec le logiciel Xlstat (Addinsoft, France).


Résultats

Au total, 471 réponses ont été compilées, les urologues interrogés pratiquaient essentiellement en clinique privée (45 %) ou en CHU (37 %).

La disponibilité des plateaux techniques de radiologie interventionnelle était variable selon le mode d’exercice : disponible en continue dans 89 % des CHU, 54 % des ESPIC, 32 % des cliniques et 21 % des CHR (Tableau 1 [p <0,0001]).

La plupart des néphrostomie simples (>90 %) étaient posées sur site, sans différence selon le mode d’exercice. Les urologues de clinique privée et CHR (80 et 86 %) posaient plus de néphrostomie simple qu’en CHU ou ESPIC (58 et 71 %, p <0,0001). Cette tendance se confirme pour les néphrostomies complexes (dilatation modeste, obésité…).

Le guidage échographique restait majoritaire, peut-importe le mode d’exercice, y compris pour les néphrostomies complexes (>54 %).


Conclusion

Les urologues français restaient majoritairement investis dans la pose de néphrostomie en 2019. Cependant, lorsqu’un plateau technique de radiologie interventionnelle est disponible facilement (en CHU notamment), la part de néphrostomies posées par les urologues diminue.

Pose d’une nouvelle prothèse pour la chirurgie de réassignation génitale female to male : la zsi100d4 pour métaoidioplastie
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 845


Objectifs

Cette vidéo présente la technique chirurgicale de métaoidioplastie, chirurgie de réassignation pour les hommes trans consistant à la reconstruction d’un pénis de petite taille à partir du clitoris hormonallement hypertrophié. Une nouvelle prothèse semi-rigide à récemment été développée pour améliorer les résultats fonctionnels, la ZSI100D4.


Méthodes

La prothèse fait 12cm de long (une partie distale de 5cm renforcée par une tige en argent mobilisable, et une partie proximale ajustable en silicone de 7cm). L’implantation de la prothèse suit les étapes habituelles de la chirurgie de prothèse pénienne (cavernotomies–dilatation–implantation). La reconstruction urétrale est réalisée en combinant un patch de muqueuse vaginale et des lambeaux de petites lèvres.


Résultats

Cette vidéo présente une technique de métaoidioplastie avec implantation de prothèse semi-rigide chez un patient de 24 ans, sous hormonothérapie depuis 4 ans. La durée opératoire a été de 280minutes et le patient a passé 3 nuits en hospitalisation. La prothèse implantée était de 8,5cm. Un cathéter sus-pubien était laissé en place durant 15jours puis retiré après urétrocystographie en l’absence de complication. Pour ce patient, aucune complication n’est survenue après une durée de suivi de 10 mois.


Conclusion

L’implantation de cette nouvelle prothèse présente plusieurs avantages. Elle agit comme support vertical allant contre la rétraction cicatricielle du pénis reconstruit, et facilite la miction debout. Un suivi à long terme reste bien évidemment nécessaire pour déterminer notamment la durée de vie de ce matériel.

Prédiction de récidive biologique et de l’envahissement ganglionnaire dans le cancer de prostate : comparaison de la performance des principaux scores prédictifs dans deux populations françaises ethno-géographiques différentes
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 775-776


Objectifs

Plusieurs modèles existent pour prédire le risque d’envahissement ganglionnaire pelvien mais aussi le risque de récidive biologique après prostatectomie dans le cancer de prostate localisé. Ces scores ont été validés dans des populations en majorité caucasienne. Peu de données sont disponibles pour les populations d’ascendance africaine.

L’objectif était d’évaluer, d’une part, la performance des scores Memorial Sloan Kettering Cancer Centre (MSKCC) et Briganti dans la prédiction de l’invasion ganglionnaire, et d’autre part, celle de la classification de D’Amico et des scores de CAPRA et CAPRA-S dans la prédiction de la récidive biologique dans deux populations ethno-géographique différentes avec un accès aux soins similaires.


Méthodes

Nous avons réalisé une étude rétrospective bicentrique entre janvier 2000 et décembre 2017 incluant 3249 patients ayant justifié une prostatectomie radicale pour cancer de prostate localisé (1830 Afro-antillais et 1419 Caucasiens). Les patients étaient classés par groupe de risque selon les classifications D’Amico et scores CAPRA et CAPRA-S. Parmi eux, 1065 patients justifiaient une lymphadénectomie pelvienne étendue (259 Afro-antillais et 806 Caucasiens). Les scores MSKCC et BRIGANTI 2012 étaient calculés à partir des données préopératoires. La récidive biologique a été définie par le dosage de 2 PSA consécutifs supérieur à 0,2ng/mL. La performance de ces scores était testée par l’index C de discrimination de Harrell ou l’analyse de l’aire sous la courbe (AUC) des courbes ROC. Par ailleurs, des courbes de calibration étaient construites illustrant la relation entre les risques estimés et les proportions observées.


Résultats

L’âge médian était 64 ans (41–81). Le suivi médian était de 3,1 ans (0–22). Au total, 667 (21 %) patients ont présenté une récidive biologique : 457 (25 %) Afro-antillais et 210 (15 %) Caucasiens. Le curage ganglionnaire était positif chez 35 patients (3,3 %) : 15 sur 259 (5,8 %) dans le groupe Afro-antillais et 20 sur 806 (2,5 %) dans le groupe Caucasiens. Toutes les valeurs de C index était plus faible chez les Afro-antillais par rapport à la cohorte caucasienne, respectivement ; D’Amico (0,62 vs 0,65), CAPRA (0,67 vs 0,68), CAPRA-S (0,69 vs 0,73). La performance de l’outil du MSKCC était supérieure dans le groupe Afro-antillais par rapport au groupe Caucasien (AUC respectivement à 0,69 et 0,65) (Tableau 1).


Conclusion

La performance des principaux scores prédictifs d’envahissement ganglionnaire et de récidive biologique utilisés de nos jours n’est pas équivalente au sein de deux populations françaises d’origine ethno-géographique différentes. Dans la population Afro-antillais, nos résultats suggèrent d’utiliser le score MSKCC pour prédire l’envahissement ganglionnaire et le score CAPRA-S pour prédire la récidive biologique.

Prédire la morbidité de la néphrectomie partielle : retour à la simplicité
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 748-749


Objectifs

Notre objectif était d’évaluer la capacité des scores morphométriques et de la taille tumorale à prédire la morbidité périopératoire de la néphrectomie partielle robot-assisté (NPRA).


Méthodes

Notre analyse a inclus les patients ayant eu une NPRA pour une tumeur rénale dans deux centres universitaires experts. Pour chaque patient, les scores morphométriques de 1re (RENAL score, PADUA score) et 2e génération (SPARE score) ont été calculés. Une analyse de liaison entre les scores, la taille tumorale et les paramètres périopératoires a été effectuée en utilisant un test de corrélation de Spearman. La capacité des différents scores et de la taille tumorale à prédire la survenue d’une complication postopératoire a été évaluée par des modèles de régression logistique uni- et multivariées, les aires sous les courbes ROC, et l’analyse des courbes de décision.


Résultats

Au total, 887 patients ont été analysés. Tous les scores étaient significativement corrélés aux paramètres opératoires (pertes sanguines, durée opératoire, temps d’ischémie, p <0,05). En analyse multivariée ajustée à l’âge, au traitement anticoagulant et à l’index de Charlson, les scores SPARE (OR=1,12 ; p =0,001), RENAL (OR=1,11 ; p =0,01) et la taille de la tumeur (OR=1,01 ; p =0,009) étaient associés à la survenue d’une complication (Tableau 1). L’aire sous la courbe ROC (IC à 95 %) était respectivement de 0,624 (0,574–0,675), 0,626 (0,575–0,677), 0,616 (0,564–0,667), et 0,634 (0,585–0,683) pour la taille de la tumeur, le RENAL, le PADUA et le SPARE score. L’analyse des courbes de décision des quatre modèles (taille, RENAL, PADUA, SPARE) a montré que l’utilité clinique des scores radiologiques était identique à celle de la taille tumorale quel que soit le seuil sélectionné (Fig. 1).


Conclusion

Le lien entre les scores morphométriques et les indices de morbidité périopératoires de la NPRA est très faible. Le score SPARE, qui est plus récent et comprend moins de variables, est le plus performant. Mais au final, la simple taille tumorale prédit aussi bien le risque de complications que tous les scores morphométriques.

Prise en charge chirurgicale des complications de bandelette sous-urétrale et résultats fonctionnels
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 756


Objectifs

L’évaluation des résultats fonctionnels après prise en charge des complications des bandelettes sous-urétrales (BSU) est peu connue et repose essentiellement sur des méta-analyses et des études à effectif réduit Les deux objectifs de cette étude étaient : d’identifier les différents tableaux cliniques amenant au diagnostic des complications de BSU et d’analyser les résultats fonctionnels après prise en charge chirurgicale de ces complications.


Méthodes

Nous avons réalisé une étude monocentrique observationnelle rétrospective en incluant toutes les patientes opérées d’une section ou ablation de BSU, entre décembre 2005 et octobre 2019, dans un centre de référence de pelvipérinéologie. Les patientes opérées d’une ablation de prothèse autre qu’une BSU étaient exclues. L’ensemble des interventions chirurgicales d’ablation/section de BSU ont été réalisées par un seul chirurgien urologue spécialisé. Les données suivantes ont été recueillies et analysées : caractéristiques de la population, détails de la 1re intervention recueillis d’après le compte rendu opératoire, prise en charge chirurgicale de la complication de BSU, résultats fonctionnels : IUE et hyperactivité vésicale (HAV) à 3 mois postopératoire.


Résultats

Nous avons inclus 96 patientes. Les complications de BSU prises en charges chirurgicalement étaient les suivantes : érosions vaginales (48 %), urétrales (17 %), vésicales (10 %) ; dysurie (30 %), douleur (6 %), infection (3 %). Le délai moyen avant diagnostic était de 2 ans. Ce retard au diagnostic s’explique par une symptomatologie aspécifique et polymorphe. La prise en charge a consisté en une exérèse partielle de la BSU dans 78 % des cas et une section simple dans 19 % des cas avec une faible morbidité périopératoire. À trois mois postopératoire, 36 patientes (53 %) présentaient une IUE dont 13 (19 %) de novo (non présente avant section/ablation) et 19 (28 %) une hyperactivité vésicale (HAV) dont 9 (13 %) de novo. Il a été possible de reposer une 2e BSU à la moitié des patientes présentant une IUE après section/ablation.


Conclusion

La présentation clinique des complications de BSU est polymorphe. Le traitement chirurgical est associé à une faible morbidité lorsqu’il est réalisé dans un centre de référence. En postopératoire, la moitié des patientes présentaient une IUE et la pose d’une seconde BSU était une option thérapeutique pertinente après une bonne évaluation.

Prise en charge d’un diverticule de l’urètre durant la grossesse : expérience monocentrique dans un centre expert de chirurgie urétrale
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 762


Objectifs

Le diverticule de l’urètre (DU) chez la femme est une pathologie rare qui peut être diagnostiquée durant la grossesse. Il n’y a pas de consensus sur la meilleure prise en charge en particulier sur le moment opportun du traitement et les risques d’infection maternofœtale pendant l’accouchement. Notre objectif était de rapporter notre expérience sur la prise en charge des DU découverts pendant la grossesse.


Méthodes

Les dossiers de patientes prises en charge dans notre établissement pour un DU découvert durant la grossesse entre 2009 et 2019 ont été analysés rétrospectivement. Les caractéristiques cliniques au diagnostic, la prise en charge DU avant et pendant l’accouchement, les complications après la prise en charge chirurgicale du DU ont été relevées. Les résultats de la prise en charge dans ce groupe de patientes ont été comparés à une cohorte contemporaine de patientes avec des DU en dehors des grossesses.


Résultats

Sur la période étudiée, 54 patientes ont été prises en charge pour un DU. Sur l’ensemble, 12 patientes ont été diagnostiquées pendant la grossesse. Les caractéristiques démographiques ainsi que celles liées au diagnostic durant la grossesse sont résumées dans le Tableau 1. Il y avait 10 accouchements par voie basse (83 %) et deux par césarienne pour des causes obstétricales. Pendant l’accouchement, 2 (17 %) patientes avaient eu un drainage (milking )/ponction pour des DU jugés obstructifs. La diverticulectomie a été réalisée au moins 3 mois après l’accouchement. Un cas d’infection urinaire basse et une rétention transitoire ont été notés en postopératoire. Aucune fistule ou récidive n’a été rapportée. En comparaison à l’ensemble des patientes prises en charge sur la période, les patientes diagnostiquées pendant la grossesses étaient plus jeunes (Tableau 2).


Conclusion

Cette étude a montré qu’une prise en charge symptomatique et conservatrice a permis d’amener à un accouchement par voie vaginale sans risque majeur lié au diverticule lui-même. La prise en charge chirurgicale du diverticule après l’accouchement a permis des résultats satisfaisants dans des conditions de sécurité optimales dans un centre habituée à cette chirurgie.

Profils histologiques et corrélation radio-histologique des kystes rénaux Bosniak 3 et 4 opérés : étude monocentrique
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 819


Objectifs

Les formes kystiques des tumeurs rénales représentent moins de 7 % des cancers du rein et doivent être analysées selon la classification de Bosniak. Le but de notre travail est d’analyser la corrélation radio-histologique de ces lésions au sein d’une série contemporaine pour définir les facteurs prédictifs de malignité dans les kystes rénaux suspects.


Méthodes

Nous avons inclus les patients opérés par néphrectomie élargie, partielle ou tumorectomie de 2010 à 2020 d’une tumeur rénale kystique sur l’imagerie préopératoire. Les tumeurs ont été classées selon la classification de Bosniak. Seulement les kystes Bosniak 3 ou 4 ont été retenus. Les caractéristiques cliniques et les données radiologiques et histologiques ont été analysées rétrospectivement.


Résultats

Ont été inclus dans l’étude 44 patients présentant des kystes classés Bosniak 3 dans 15 cas (35 %) et Bosniak 4 dans 29 cas (65 %). Sur l’examen anatomopathologique, 10 (66 %) des kystes Bosniak 3 et 26 (89 %) des kystes Bosniak 4 étaient malins. Les différents diagnostiques anatomopathologiques sur la pièce opératoire sont détaillés dans le Tableau 1. Parmi les tumeurs malignes, 23 (63 %) étaient de faible grade et 13 (17 %) de haut grade nucléolaire et 30 (83 %) étaient de stade 1 ou 2. À l’analyse multivariée, plusieurs facteurs prédictifs de malignité ont été identifiés (Tableau 2) représentés principalement par la présence de bourgeons tissulaires (p =0,000), l’irrégularité de la paroi kystique (p =0,000), le nombre de cloison supérieur à 5 (p =0,000), le rehaussement de la paroi ou des cloisons (p =0,000) et la présence de calcification irrégulière (p =0,000).


Conclusion

Notre travail a montré que 19 % des kystes rénaux classés Bosniak 3 ou 4 opérés étaient bénins. Nous avons pu identifier des facteurs cliniques et radiologiques de malignité pouvant aider à affiner le diagnostic et éviter des interventions inutiles. Cependant, une étude prospective est nécessaire afin de réviser la classification de Bosniak introduite il y a 30 ans.