Base bibliographique

Développement d’un outil tri-dimensionnel gratuit pour la planification opératoire des chirurgies lithiasiques
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 750-751


Objectifs

L’urétéroscopie flexible avec lithotritie pour calcul rénal est une intervention fréquente en urologie. Un des paramètres pouvant influer sur la durée opératoire est la charge lithiasique. Notre objectif était de développer un outil de mesure tridimensionnel (3D) pour la planification chirurgicale des interventions endo-urologiques pour lithiase du haut appareil urinaire.


Méthodes

3DSlicer est un logiciel en libre-accès permettant de réaliser un processus de segmentation sur des séries d’images médicales (DICOM). 3DSlicer possède un outil de développement d’extension accessible au langage Python. Les critères principaux de développement étaient : applicable sur scanner abdominopelvien non injecté, choix d’une région d’intérêt (ROI), détection volumique du calcul par fenêtrage ajustable par unités Hounsfield, capacité de repérage de plusieurs calculs simultanément, visualisation en vue 3D et volumétrie. Les critères secondaires étaient l’introduction à titre informatif d’une durée prévisible de lithotritie endocorporelle selon la source laser (Holmium :YAG ou Laser Thulium Fibré), le diamètre de la fibre laser et les paramètres laser.


Résultats

Calculator est un module développé en langage Python, disponible par l’« Extension Manager » de 3DSlicer. Son utilisation nécessite préalablement la définition d’une ROI par le module « Crop Volume », ajustable selon trois axes sur les vues axiales, sagittales et coronales d’un scanner abdominopelvien non injecté. À partir des ROI, Calculator définit un fenêtrage ajustable pour la détection lithiasique. En cas de calculs multiples, l’option « split islands into segments » selon la taille minimale d’un segment (voxel) permet leur séparation automatique. Différents paramètres laser sont disponibles pour mesurer la durée de lithotritie (Fig. 1). La vue 3D est optionnelle, maximisant la rapidité des mesures. Le résultat final comprend un tableau avec les volumes et durée prévisionnelle de lithotritie des segments visibles sur les différents plans de coupe (Fig. 2, Fig. 3).


Conclusion

Calculator est un outil gratuit fournissant les volumes et durées de lithotritie selon les paramètres choisis à partir de scanners abdominopelviens non injectés, aidant à la planification opératoire. Des études cliniques seront nécessaires pour adopter la mesure volumétrique des calculs comme référence.

Diminution du risque de sous-évaluer les cancers de prostate de risque intermédiaire par l’utilisation de biopsies ciblées et des données IRM chez des patients présentant une IRM positive
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 746


Objectifs

L’IRM multiparamétrique modifie notre façon d’évaluer le cancer de la prostate mais n’est actuellement pas prise en compte par la classification de d’Amico couramment utilisée. L’utilisation de l’imagerie permettrait notamment une meilleure gestion de la maladie de risque intermédiaire.


Méthodes

Nous avons sélectionné tous les patients (n =377) présentant un adénocarcinome prostatique de risque intermédiaire parmi une base de données incluant des hommes présentant une IRM positive ayant tous subi des biopsies systématiques (BS), ciblées (BC) (par fusion IRM/échographie 3D) et en suivant une prostatectomie totale (PT). Nous avons évalué la pertinence de la classification standard pour la maladie de risque intermédiaire (CSRI) et les facteurs prédictifs de maladie défavorable (MD) en vue d’une nouvelle classification. La maladie défavorable était définie par un pT3-4 et/ou pN1 et/ou ISUP≥3.


Résultats

La CSRI permettait de prédire la MD. Après des analyses multivariées, l’extension extracapsulaire (EEC) sur l’IRM et l’ISUP≥3 sur les BC étaient les 2 facteurs prédictifs indépendants de MD (HR=2,7, p =0,032, et HR=2,41, p =0,01, respectivement). L’utilisation d’une nouvelle classification pour la maladie de risque intermédiaire dans laquelle la maladie défavorable était définie par une EEC sur l’IRM et/ou un ISUP≥3 sur les BC, permettait de décroître la proportion de MD de 62,3 % à 34,1 % et de mieux prédire la MD sur les pièces de PT (Fig. 1). Ce nouveau modèle permettait plus de précision pour la prédiction de MD (AUC : 0,66 vs 0,55).


Conclusion

Chez les patients de risque intermédiaire avec une IRM positive, l’intégration de l’imagerie et des BC permettrait d’améliorer de façon importante les performances diagnostiques et de mieux identifier les maladies de risque défavorable.

Dysfonctions sexuelles des patients traités par orchidectomie, chimiothérapie et curage lombo-aortique, nécessité d’un suivi andrologique systématique ?
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 719


Objectifs

L’objectif est d’évaluer à long terme l’incidence des dysfonctions sexuelles des patients ayant bénéficié d’une orchidectomie, d’une chimiothérapie et d’un curage rétropéritonéal (O+CT+CRP) pour un cancer du testicule. Évaluer l’information pré-thérapeutique reçue par les différents intervenants rencontrés. Étudier l’impact des différents traitements sur leur sexualité, sur leur relation de couple et sur leur image corporelle.


Méthodes

En 2018, les patients traités dans deux centres hospitalo-universitaires par O+CT+CRP et considérés en rémission depuis plus de 18 mois ont été contactés. Les patients inclus répondaient à un questionnaire validé évaluant tous les aspects de leur sexualité : le Male Sexual Health Questionnaire (évaluant notamment l’érection, l’éjaculation, le désir, la satisfaction sexuelle, l’activité sexuelle). Les patients répondaient également à des questions complémentaires sur l’impact psychologique et sur la modification de leur sexualité depuis la prise en charge de leur cancer. Enfin des questions sur la modification de leur relation amoureuse et leur projet parental leur étaient également posées.


Résultats

Trente deux patients ont été traités. Soixante-dix pour cent des patients avaient été pris en charge pour une tumeur germinale non séminomateuse. L’âge moyen était de 36,4 ans±12,1 et la durée moyenne du suivi était de 59 mois±34. Une dysfonction sexuelle a été retrouvée chez 50 % des patients. Seuls 10 % des patients ont pu maintenir une activité sexuelle satisfaisante pendant leur traitement. Soixante-cinq pour cent des patients rapportent une modification de leur image corporelle.

Depuis la fin de leur traitement, 16 %, 21 % et 37 % des patients déclarent respectivement que le désir a fortement diminué, que les érections sont moins fortes, et qu’il persiste une anéjaculation. Enfin, près de 70 % d’entre eux auraient souhaité une consultation spécialisée d’andrologie avec des renseignements complémentaires au moment de leur prise en charge (Fig. 1, Fig. 2 et Tableau 1).


Conclusion

Ces patients présentent des dysfonctions sexuelles au long cours d’étiologies mixtes. Ils sont souvent jeunes et leur pronostic de survie est désormais bon grâce aux traitements multimodaux. Notre étude souligne un manque d’évaluation de la sexualité des patients par les différents praticiens. Ils pourraient bénéficier d’un nouveau parcours de soins intégrant une prise en charge précoce dans des réseaux onco-andrologiques.

Échographie moléculaire dans le cancer du rein : modèle pré-clinique de suivi des traitements anti-angiogéniques à partir de microbulles couplées au VEGFR1 et FSHR
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 647


Objectifs

Cette étude évalue le potentiel de l’échographie moléculaire utilisant des microbulles liées soit au VEGFR1 soit au FSHR pour prédire la réponse au sunitinib dans un modèle de cancer du rein à cellules claires.


Méthodes

Cette étude d’imagerie est basée sur un modèle murin de xénogreffe de tissu issu de patients. Les souris greffé avec du tissu de cancer du rein à cellules claires étaient randomisées en deux groupes : sunitinib ou contrôle. Les tumeurs étaient contrôlées en imagerie à j0, j7, j14 et j28 du traitement. Le rehaussement du signal échographique était quantifié sur la zone tumoral après injection de microbulles non ciblées puis de microbulles couplées aux anticorps anti-VEGR1 et FSHR (Fig. 1). Les résultats étaient comparés entre les deux groupes.


Résultats

Les caractéristiques des tumeurs et des cohortes sont résumées dans le Tableau 1. La croissance tumorale dans le groupe sunitinib était réduite de manière significative (0,012 vs. 0,037 ; p =0,0009). L’expression des deux marqueurs VEGFR1 et FSHR en échographie moléculaire était significativement réduite dans le groupe sunitinib sur les trois points de mesure post-traitement : j7, j14 et j28 (Tableau 2). Ces résultats confirment l’hypothèse de l’étude. Il n’y avait pas de différence significative entre les deux groupes pour le signal des microbulles non ciblées.


Conclusion

Cette étude démontre pour la première fois le potentiel des marqueurs VEGFR1 et FSHR en échographie moléculaire pour le suivi des carcinomes à cellules claires traitées par inhibiteurs de tyrosine kinase (TKI). Cette méthode d’imagerie peu invasive et simple d’utilisation pourrait permettre de choisir entre une association immunothérapie/TKI plutôt qu’une association de deux immunothérapies.

Effet protecteur d’un tablier de plomb sur l’exposition aux rayonnements ionisants pendant une urétéroscopie
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 750


Objectifs

L’urologue est exposé aux rayonnements lors de nombreuses interventions endo-urologiques. L’objet de cette étude était d’analyser la dose reçue par le praticien avec ou sans un tablier placé à l’extrémité de la table opératoire (Fig. 1). Ce tablier est composé d’une partie radio-transparente située sous le patient et du tablier en plomb de 0,5mm d’épaisseur (Promega, Medly, France).


Méthodes

Quarante patients consécutifs ont été inclus dans cette étude. Quatre mesures étaient réalisées par patient : à 20cm de l’extrémité de la table à deux hauteurs différentes : à 40cm et 100cm de haut, avec (TP) et sans tablier plombé (noTP). La table était positionnée à un 100cm de haut, la source des rayons à 40cm de haut (appareil Brivo Plus GE). Les mesures ont été réalisées avec un radiamètre (APVL, FH 40 G6 L10) en μSv/h. La comparaison des mesures de radiation aux deux niveaux a été analysée à l’aide d’un test de Wilcoxon apparié.


Résultats

La dose d’irradiation mesurée à 100cm et 40cm de haut avec (TP) et sans (noTP) figure sur la Fig. 2. À 40cm de haut, la dose reçue (μSv) était significativement moindre dans le groupe avec tablier (8,01±9,00 vs 224,55±174,5 ; p =0,000). À 100cm de haut, la dose reçue (μSv) était significativement moindre dans le groupe avec tablier (10,81±14,28 vs 32,50±39,65 ; p =0,000).


Conclusion

La mise en place d’un tablier de plomb à l’extrémité de la table opératoire diminue significativement la dose d’irradiation reçue par l’opérateur. Cet outil simple semble utile en complément des autres techniques visant à diminuer cette dose : port de tabliers, de lunettes plombées, utilisation rationnelle et à bon escient de l’appareil de radiologie.

Efficacité de la pose d’un stent urétral temporaire Allium BUS chez des patients présentant une sténose urétrale
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 725


Objectifs

La prise en charge de la sténose urétrale est complexe. La mise en place d’un stent urétral est simple, rapide et reproductible. L’objectif de cette étude était de montrer l’efficacité à long terme de la mise en place temporaire d’un stent urétral Allium BUS pour le traitement des sténoses urétrales.


Méthodes

Il s’agissait d’une étude observationnelle, rétrospective, monocentrique. Tous les patients ayant bénéficié d’un stent urétral Allium BUS de décembre 2011 à octobre 2017 étaient inclus. Le stent devait être laissé en place au minimum 6 mois puis enlevé soit au bloc soit en consultation. L’évaluation portait sur la nécessité d’une nouvelle intervention de cure de sténose urétrale.


Résultats

Au total, 30 patients d’âge médian 54,9 ans (de 31 à 87 ans)ont été inclus. Huit patients (27 %) avaient bénéficié d’une urétroplastie dans le cadre d’une réassignation sexuelle. La sténose intéressait l’urètre bulbaire pour 10 d’entre eux (33 %), l’urètre pénien pour 10 autres (33 %), l’urètre membraneux pour 9 (30 %), et l’anastomose urétro-vésicale pour 1 patient (4 %). La durée de vie moyenne du stent en place était de 3,6 mois (de 0 à 8, 1 mois). Dans les suites, 11 patients (37 %) ont nécessité une opération ultérieure. 8 ont eu besoin d’une urétroplastie (27 %), 2 ont eu besoin d’une urétrotomie (7 %), 3 ont bénéficié d’une nouvelle pose de stent (10 %). Après l’ablation du stent, 5 patients réalisent des auto-dilatations (17 %). La durée moyenne de suivi est de 7,2 ans (Fig. 1 et Tableau 1).


Conclusion

Les stents urétraux offrent une alternative simple et reproductible à la chirurgie complexe de la sténose urétrale. Des études prospectives sont requises pour définir la place des stents urétraux dans l’arsenal thérapeutique de la sténose urétrale.

Embolisation artérielle prostatique dans l’hyperplasie bénigne de prostate : une évaluation rétrospective de l’efficacité et de la morbidité précoce
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 716-717


Objectifs

L’embolisation artérielle prostatique (EAP) pourrait être une alternative thérapeutique dans la prise en charge des symptômes du bas appareil urinaire (SBAU) secondaires à une hypertrophie bénigne de prostate (HBP). Depuis janvier 2016, l’EAP est disponible dans notre centre, en collaboration avec le service de radiologie interventionnelle. L’objectif de cette étude était de rapporter nos premiers résultats sur l’efficacité et la morbidité précoce de l’EAP.


Méthodes

Étude rétrospective incluant toutes les EAP réalisées dans notre centre de janvier 2016 à décembre 2018. Les indications d’EAP étaient les SBAU modérés à sévère en alternative à un traitement chirurgical en considérant 2 sous-groupes : techniques chirurgicales conventionnelles contre-indiquées ou refusées par le patient (groupe A), soit les échecs de sevrage de sonde urinaire à demeure (SAD) (groupe B). L’EAP était réalisée selon une technique habituelle et l’instrumentation utilisée était à la discrétion du radiologue. Le critère de jugement principal était l’amélioration de l’IPSS à 3 mois post-interventionnel dans le groupe A et le succès du sevrage de la SAD dans le groupe B.


Résultats

Entre janvier 2016 et décembre 2018, 23 EAP consécutives ont été inclues : 15 pour SBAU invalidants (groupe A) et 8 pour échec de sevrage de SAD (groupe B). Dans les groupes A et B, l’âge médian était de 72 (54–90) vs 78 (70–93) ans (p =0,01), le score de Charlson médian à 3 (1–11) vs 5 (3–10) (p =0,01) et la prévalence d’un traitement anti-thrombotique était de 40 % vs 50 % (p =0,68). Le volume prostatique médian était de 70 (35–170) vs 94 (70–285) cm3 (p =0,04). Dans le groupe A, le score IPSS médian préopératoire était de 23,5 (9–28). Le succès technique était de 100 %. À 3 mois post-interventionnel, il existait une diminution significative du score IPPS (13 vs 23,5, p =0,02) et la SAD a pu être sevrée chez 4 patients (50 %). Il n’y avait pas d’évènements indésirable Clavien 3. Trois cas (12 %) de prostatite et trois cas (12 %) d’hématurie ont été rapportés.


Conclusion

L’EAP semble être une alternative efficace aux techniques chirurgicales conventionnelles de l’HBP. Dans notre centre, les indications étaient essentiellement limitées à des patients nécessitant le maintien d’un traitement anti-thrombotique en période peropératoire ou refusant la chirurgie. Les principaux avantages de l’EAP sont l’absence de recours à une anesthésie générale et une morbidité associée faible.

Entérocystoplastie d’agrandissement robot-assistée intra-corporelle chez une patiente suivie pour une cystite interstitielle réfractaire
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 774-775


Objectif

Description de la technique de la cystectomie sus trigonale avec entérocystoplastie d’agrandissement intra-corporelle robot-assistée en utilisant le vert d’Indocyanine et le système Firefly® pour évaluer la perfusion du greffon iléale.


Méthodes

Il s’agit d’une femme de 71 ans présentant une cystite interstitielle réfractaire aux traitements médicaux, aux antécédents d’une promontofixation pour un prolapsus urogénital. Les principales étapes de la procédure ont été : l’ablation des prothèses de promontofixation, l’ouverture du péritoine et la libération de la vessie suivie de la réalisation d’une cystectomie sus trigonale. Un prélèvement de 45cm d’un segment iléal en utilisant le système Firefly® pour préserver une vascularisation satisfaisante. Le rétablissement de la continuité digestive était réalisé par une anastomose mécanique latéro-latérale intra-corporelle. Enfin la confection de la néovessie était réalisée avec le greffon iléal détubulisé et organisé en W.


Résultats

L’utilisation du vert d’Indocyanine et le système Firefly® a permis la réalisation de l’ensemble de la procédure en intra-corporelle. La durée opératoire a été de 180minutes. Les pertes sanguines ont été négligeables. Les sondes urétérales et la sonde vésicale ont été retirées à J5 et J7 respectivement. La sortie a été autorisée à J+7.


Conclusion

L’entérocysplastie d’agrandissement robot-assistée permet d’améliorer la capacité et la compliance vésicale réduisant ainsi les douleurs liées à la Cystite interstitielle. La laparoscopie Robot-assistée avec utilisation du Firefly® pour évaluer la perfusion du greffon iléale permet de réduire significativement la durée de la procédure, l’iléus post-opératoire, et un retour à domicile précoce.

Entérocystoplastie robotisée intra-corporelle en Y modifée pour carcinome urothélial infiltrant chez une patiente porteuse d’une duplicité urétérale
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 781


Objectif

Effectuer une standardisation de la technique chirurgicale robotique intra-corporelle de remplacement vésical.


Méthodes

Il s’agit d’une patiente âgée de 62 ans, ASA 1, aux antécédents de grossesse extra utérine et d’appendicectomie ; porteuse d’une duplicité urétérale droite et ayant bénéficiée d’une chimiothérapie néo-adjuvante et d’une pelvectomie antérieure par système robotisé Xi pour tumeur T2G3 vésicale. Le but est de préciser les évolutions techniques développées dans notre centre afin de diminuer les sources de complications et le temps de séjour.


Résultats

L’iléon est choisi à 20cm de la valvule iléo cæcale. Réalisation de l’anastomose urétro-néo-vésicale par surjet sur sonde BAZY CH22. Determination de la longueur nécessaire du greffon (environ 40cm) et section du méso par système robotique endo GIA 45. Rétablissement de la continuité digestive. Apres la détubulisation, nous réalisons le greffon par surjet de fils crantés en Y. Les anastomoses urétéro-néovésicales sont protégées par des sondes JJ (ch7/26). Le test d’étanchéité est réalisé. Drainage par lame. Temps d’intervention 2H, soit un temps total de la pelvectomie avec remplacement de 3H30.saignement 200ml. L’alimentation parentérale est en cours dès le premier jour avec reprise de la boisson à J1, retrait de la lame à J5 et cystographie (étanche à J10), sortie J14 sans complications majeures et fonction rénale normale. Retrait sonde JJ M2 programmé.


Conclusion

Nous pouvons constater que cette technique est faisable, codifiée, reproductible et source d’une durée d’hospitalisation courte comparable à la chirurgie ouverte qui est le gold standard. Cette activité doit être réservée à des centres expérimentés à haut volume d’activité de chirurgie majeure robotique.

Épidémiologie des cancers prostatiques en Guyane française
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 764


Objectifs

La population guyanaise compte 280 000 habitants environ dont 66 % de noirs/créoles et 12 % de métropolitains ; les autres populations sont variées. Si l’épidémiologie du cancer prostatique aux Antilles est bien connu (incidence standardisée de 193°/°°°° versus 98°/°°°° en métropole), la situation en Guyane Française n’est pas encore bien documentée. Nous rapportons les Résultats épidémiologiques colligés par l’organisme « Santé Publique France ».


Méthodes

Les données épidémiologiques guyanaises présentées proviennent des estimations régionales et départementales d’incidence et de mortalité par cancers en France entre 2007 et 2016. Les données de mortalité proviennent du Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès (CépiDc) et couvrent la période 2007–2014 et les données d’incidence proviennent des registres de cancers, pour la même période.


Résultats

En Guyane, il n’est pas observé de sur- ou sous-incidence du cancer de la prostate (CaP) par rapport au niveau de la Métropole (SIR : 1,04 [0,94–1,15]). Le taux d’incidence standardisé sur la population mondiale est de 94,4/100 000 personnes-année, soit en moyenne 78 nouveaux cas observés chaque année sur la période 2010–2014. Il représente 17 % des cas de cancers incidents en Guyane et 32 % chez l’homme. Le CaP semble moins fréquent en Guyane qu’aux Antilles. Une sur-mortalité significative par CaP est en revanche observée en Guyane par rapport à l’Hexagone (SMR : 1,70 [1,38–2,07]). Sur la même période, le nombre annuel de décès par CaP observés est en moyenne de 12, c.-à-d. un taux de mortalité standardisé de 16,9/100 000 personnes-année. Ce taux est plus faible que celui observé aux Antilles.


Conclusion

Aucune raison n’explique que la population noire guyanaise soit différente à ce point de la même population étudiée aux Antilles même si les facteurs de risque environnementaux sont moindres et la population plus hétérogène. Le décalage entre les rapports standardisés d’incidence et de mortalité en Guyane pose la question d’un diagnostic trop tardif et/ou d’un défaut d’information aux populations cibles.

Épidémiologie des fistules vésicovaginales opérées en France dans la dernière décennie issue de l’analyse de la base PMSI
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 723


Objectifs

Une fistule vésicovaginale (FVV) est une communication congénitale ou acquise entre vessie et vagin. Dans les pays pauvres elles sont fréquentes, acquises et obstétricales. Dans les pays riches, elles sont rares, souvent iatrogènes et responsables d’un fort taux de recours médico-légal. En France leur épidémiologie actuelle est mal connue. L’objectif de cette étude était de décrire et d’analyser l’incidence contemporaine des FVV en France.


Méthodes

Étude rétrospective, de janvier 2010 à décembre 2017 par extraction des données de la base française du Programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI). Une extraction des séjours des femmes opérées entre 2010 et 2017 d’une fistule vésicovaginale à partir des codes JDSC024-006-002 (fermeture FVV acquise par cœlioscopie, abord vaginal ou laparotomie) a été menée. Nous avons ensuite étudié en chainant les séjours de chaque patiente opérée en 2017 les diagnostics et actes associés survenus durant les 7 années précédant leur intervention afin de déterminer l’étiologie de la FVV et le cheminement jusqu’à la chirurgie.


Résultats

Sur la période étudiée parmi 196 947 995 séjours pour 50 243 847 assurés, 2262 patientes d’âge moyen 58,2 ans ont eu 2699 interventions pour FVV par laparotomie (1083), voie vaginale (1037) ou cœlioscopie (579). Le nombre annuel d’interventions pour FVV était stable (303 à 377 par an) et la répartition géographique brute inhomogène (12,29/100 000/an Limousin - 6,2/100 000/an Corse). Parmi les patientes opérées en 2017 (275), les étiologies étaient une hystérectomie (123 patientes - 44,7 %), une chirurgie de statique pelvienne (44 patientes - 16 %), une complication obstétricale (29 patientes - 10,5 %) ou diverses chirurgies (25 patientes – 9 %). Pour 54 patientes (19,6 %), aucune cause n’était retrouvée. Une analyse complémentaire des délais entre survenue de la FVV et chirurgie et une recherche d’évènements non chirurgicaux tels qu’une radiothérapie est en cours.


Conclusion

En France, 270 à 350 patientes/an sont opérées de FVV majoritairement iatrogène post-chirurgicale. Ces données uniques pour la France sont comparables aux données Britanniques. L’analyse du délai avant chirurgie, du nombre d’intervention/patiente (taux d’échec) et de leurs liens avec l’étiologie ou le lieu d’intervention est en cours dans le but d’améliorer la prévention et le traitement des FVV.

Épidémiologie du cancer de la prostate résistant à la castration et métastatique : données françaises à partir du SNDS
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 699


Objectifs

Le cancer de la prostate est le 1er cancer chez l’homme. Il peut évoluer vers un stade métastatique et résistant à la castration (mCRPC). Très peu de données épidémiologiques sont disponibles sur le mCRPC. La base du Système national des données de santé (SNDS) couvrant l’ensemble de la population française offre les informations médicales individuelles nécessaires pour estimer la prévalence et l’incidence du mCRPC.


Méthodes

Un algorithme visant à identifier les patients ayant un mCRPC en 2014 parmi les hommes de plus de 40 ans affiliés au régime général, a été développé, validé et appliqué dans le SNDS sur la période 2009–2016. La date de résistance à la castration et la date de première prise en charge des métastases ont été estimées en se basant sur les actes médicaux (prostatectomie, radiothérapie, etc.), les diagnostics hospitaliers, la réalisation d’examen médicaux, et les dispensations et administration de médicaments capturés dans le SNDS (hormonothérapie classique et de nouvelle génération, chimiothérapie, etc.). Les résultats ont été extrapolés à l’ensemble de la population française.


Résultats

En 2014, le nombre estimé de cas prévalents de cancer de la prostate était de 488 618 dont 36 590 métastatiques (7,5 %) et 24 096 résistants à la castration (4,9 %), pour un total de 16 423 mCRPC (3,4 %). Dans 52 % des cas, la résistance à la castration et la prise en charge des métastases ont été détectées dans un intervalle de 4 mois. Les métastases ont précédé de plus de 4 mois la résistance à la castration dans 30 % des cas. Les mCRPC incidents étaient 5561 en 2014. Au 31/12/2014, la prévalence partielle à 5 ans du cancer de la prostate était de 185 322 et de 3596 chez les mCRPC.


Conclusion

La richesse des données du SNDS a permis la mise en œuvre d’un algorithme complexe capable d’identifier les patients mCRPC et d’actualiser les données épidémiologiques associées.

Estimation des survies globale, spécifique et sans métastase des patients avec un score de Gleason 6 sur la pièce opératoire dans une population d’ascendance africaine
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 743


Objectifs

Plusieurs études en population caucasienne ont montré que les cancers de prostate Gleason 6 avaient un risque de métastase faible voir nul. Il existe peu de données dans les populations dites « à risque » d’ascendance africaine. L’objectif de cette étude est d’estimer les survie globale (SG), spécifique (SS) et sans métastase (SSM) des patients avec un score de Gleason 6 sur la pièce opératoire.


Méthodes

Étude monocentrique rétrospective qui inclut 723 patients consécutifs traités par prostatectomie radicale entre le 01/01/2000 et le 31/03/2018 avec un score de Gleason 6 sur la pièce opératoire. La SS est définie comme le temps écoulé entre la chirurgie et le décès attribué au cancer de la prostate. La SG est définie comme le temps écoulé entre la chirurgie et le décès toutes causes confondues. Les causes de décès ont été vérifiées dans les dossiers médicaux. Des analyses de survie sans récidive biologique et sans traitement de rattrapage ont été réalisées selon Kaplan–Meier. Le modèle de Cox fut utilisé pour les analyses uni et multivariées.


Résultats

Au total, 691 patients ont été retenus car 32 ont été exclus pour données manquantes. La SG à 5 et 10 ans est respectivement de 94,2 % et 87,1 %. Les SS et SSM sont de 100 % avec un délai médian de suivi de 8,5 années. Le taux de récidive biologique (RB) est de 16,5 % avec un délai médian de RB de 5,1 années. Le taux de traitement de rattrapage (TTR) après chirurgie est de 13,0 % avec un délai médian entre la chirurgie et le TTR de 7,3 années. En analyse univariée, le PSA, le stade pathologie, l’invasion des vésicules séminales, les marges positives et la réalisation d’un curage ganglionnaire sont associées significativement à une augmentation du risque de RB et de TTR. En multivariée, le PSA et les marges positives sont statistiquement significatives.


Conclusion

Notre étude confirme le potentiel négligeable de métastases et de décès liés au cancer de la prostate avec un score de Gleason 6 sur la pièce opératoire y compris dans une population dite « à risque » d’ascendance africaine.

Étude COMBOREIN : évaluation ex vivo de la réponse de carcinomes rénaux à cellules claires à des thérapies ciblées pour une médecine de précision
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 645


Objectifs

Le taux de réponse aux thérapies ciblées, traitement de première intention dans le carcinome rénal à cellules claires (CRCC) métastatique, est variable selon les patients et il n’existe aucun dispositif permettant d’évaluer la sensibilité d’un patient aux traitements avant administration. L’objectif de cette étude était d’évaluer les performances de la culture organotypique de coupes tumorales pour déterminer l’efficacité des thérapies ciblées sur le CRCC ex vivo.


Méthodes

Étude prospective, monocentrique, descriptive, non contrôlée, en ouvert. Les patients opérés d’une néphrectomie pour tumeur du rein localisée étaient inclus. Deux fragments tumoraux étaient prélevés sur la pièce opératoire sans compromettre l’analyse histologique. Des coupes tumorales étaient réalisées à partir de ces fragments et mises en cultures pendant deux jours dans un milieu contenant des thérapies ciblées utilisées dans le traitement du CRCC (SUNITINIB, PAZOPANIB et TEMSIROLIMUS) ou un témoin négatif (DMSO). La proportion de cellules mortes après traitement était déterminée par une analyse de viabilité. Les données cliniques des patients étaient collectées prospectivement. Les tumeurs d’anatomopathologie différente du CRCC étaient exclues des analyses.


Résultats

Trente coupes issues de 18 patients ont été analysées. La différence de mortalité cellulaire entre les coupes traitées par SUNITINIB et celles traitées par DMSO était significative (différence de moyenne 28,4 %, IC95 % [17,1–39,7] p <0,0001), ainsi qu’entre les coupes traitées par TEMSIROLIUMS ou PAZOPANIB et DMSO (différence de moyenne de 15,7 %, IC95 % [4,6–27,8] p =0,006 et 11,9 %, IC95 % [2,2–21,6] p =0,01, respectivement). Le SUNITINIB était le traitement le plus efficace pour 20 coupes (66 %). Pour 13 patients (72 %) plusieurs analyses de viabilité étaient réalisées sur des coupes prélevées à des sites différents de la tumeur. Pour 8/13 patients (61,5 %), le traitement le plus efficace variait entre les différentes analyses, traduisant l’hétérogénéité intratumorale.


Conclusion

La culture organotypique de coupes tumorales de CRCC permet d’apprécier l’efficacité des thérapies ciblées sur les tumeurs ex vivo. Il est nécessaire de tester l’efficacité d’un même traitement sur plusieurs coupes différentes pour appréhender l’hétérogénéité intratumorale. Des études supplémentaires sont requises avant l’utilisation de ce modèle comme outil de prédiction de la sensibilité d’un patient aux thérapies ciblées.

Étude de l’impact clinique des variations de copies de gènes identifiées pour un panel de gènes d’intérêt par droplet digital PCR chez des patients traités par thérapie ciblée pour un cancer du rein métastatique
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 643-644


Objectifs

L’intérêt clinique des variations de copies de gènes (CNVs) présentes dans le tissu tumoral primitif (TP) du cancer rénal métastatique (CRM) reste à déterminer. De même les différences de CNV retrouvées entre le tissu TP et le tissu métastatique ont été peu explorées. Les objectifs de cette étude étaient d’évaluer l’impact clinique des CNVs présentes dans le TP, et de comparer les CNV identifiées dans le TP à celles retrouvées dans le TM chez les mêmes patients.


Méthodes

Une étude rétrospective monocentrique a inclus tous les patients traités par thérapie ciblée (TC) pour un CRM entre 2007 et 2018. L’analyse génétique était réalisée sur des TP et TM inclus en paraffine issus de CRM à cellules claires, via Droplet Digital™PCR (ddPCR) sur un panel de 6 gènes d’intérêt sélectionnés selon les données de la littérature. Les données cliniques, biologiques, histologiques et les survies globales (SG) et sans progression (SSP) ont été évaluées en fonction des CNVs identifiées dans le TP. Les CNV identifiées dans le TM ont été comparées à celles identifiées dans le TP.


Résultats

Soixante-treize patients ont été inclus. L’âge médian était de 62 ans pour un suivi médian de 29 mois à partir de la première ligne de TC. Le taux de CNVs au sein du TP était de 29 % dont 61 % de délétions. Les amplifications de MET étaient plus fréquemment associées à des tumeurs de haut grade (82 % contre 52 % ; p =0,04) et à un envahissement ganglionnaire (36 % contre 4 % ; p =0,001). Les amplifications de 2p12 étaient associées à un stade tumoral supérieur (70 % contre 40 % ; p =0,02) et à un envahissement ganglionnaire plus fréquent (30 % contre 7 % ; p =0,02). Les délétions d’ALDOB étaient associées à une moins bonne SSP (3 contre 9 mois ; p =0,04). Enfin, les taux de CNVs étaient respectivement de 22 et 28 % dans le TP et le TM, dont 59 % et 60 % de délétions (Fig. 1, Fig. 2, Fig. 3).


Conclusion

Ces résultats au sein d’une cohorte homogène de CRM ont montré une potentielle association entre certaines CNVs et des facteurs pronostiques clinicobiologiques ainsi que la SSP, particulièrement MET, 2p12 et ALDOB. On note aussi une tendance à l’augmentation de la fréquence des CNVs au sein du TM.

Étude de survie des ballonnets ACT/proACT : un nouveau message pour les patients
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 705-706


Objectifs

Durant les dix dernières années, plusieurs études ont évalué l’efficacité des ballonnets ACT/proACT, l’impact sur la qualité de vie et la sécurité du dispositif.

Le but de notre étude était de déterminer la durée d’efficacité des ballonnets une fois la continence obtenue, et de chercher des facteurs influençant cette dernière.


Méthodes

Étude de survie rétrospective, monocentrique, menée auprès des patients ayant eu une implantation de ballonnets ACT/proACT entre 2007 et 2014. La date de point était le 28/02/2019. L’efficacité a été définie par le port de 0 ou 1 protection de sécurité. Le critère de jugement principal était la durée d’efficacité des ballonnets représentée par leur demi-vie calculée à partir d’une courbe de survie (Kaplan–Meyer).

Les critères de jugement secondaires étaient les facteurs pouvant influencer la survie : le sexe, la radiothérapie, le diabète, le nombre de regonflage, l’importance de l’incontinence urinaire initiale et l’incontinence urinaire mixte. Ces facteurs ont été évalués par une analyse multivariée.


Résultats

Sur 82 ballonnets posés, 50 % ont été efficaces. Le délai médian pour obtenir la continence était de 4,6 mois [0–43,7] avec une médiane de 2 regonflages [0–9]. Parmi les 41 ballonnets efficaces, 15 l’étaient toujours sans réintervention à la date de point, un a été perdu de vue et 25 ont nécessité une réintervention pour perte d’efficacité. Les données épidémiologiques sont résumées dans le Tableau 1. La demi-vie des ballonnets était de 60 mois (Fig. 1). La principale cause de perte d’efficacité était la fuite sur le système. Cinquante-deux pour cent des ballonnets devenus inefficaces ont été remplacés par de nouveaux ballonnets, 28 % par un sphincter urinaire artificiel (Tableau 2). Concernant les critères de jugements secondaires, seule la radiothérapie semble significativement diminuer la survie (p <0,047 ; régression de Cox).


Conclusion

Cette étude permet de compléter l’information délivrée aux patients en consultation sur les ballonnets avant que ceux-ci ne choisissent leur traitement de l’incontinence urinaire. En effet elle permet de dire au patient qu’une fois la continence obtenue, 50 % des ballonnets auront nécessité une réintervention au bout de 5 ans a fortiori en cas de radiothérapie préalable.

Étude Français-Water : vidéo description d’une procédure standard d’aquablation
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 773


Objectif

L’aquablation est une nouvelle technique chirurgicale ablative de l’obstruction prostatique combinant guidage par image échographique et assistance robotique permettant la résection ciblée de l’adénome à l’aide d’un jet d’eau haute pression. L’objectif de cette vidéo est de décrire l’intervention d’aquablation étape par étape.


Méthodes

Le matériel utilisé est le suivant : une console de programmation, un système de gestion de l’eau haute pression, une pièce à main (usage unique), un appareil d’échographie et sa sonde endo-rectale, une colonne vidéo et sa source de lumière froide.


Résultats

Le patient est placé en position de lithotomie, sous anesthésie générale ou rachianesthésie. La pièce à main (22F) est insérée sous contrôle de la vue dans l’urètre prostatique. Sous guidage échographique en temps réel, le chirurgien peut définir le contour de résection. Les limites de la résection sont automatiquement suggérées par l’ordinateur, mais dépendent de la décision du chirurgien de maintenir, d’étendre ou de réduire la zone de résection. Le tissu prostatique est alors réséqué à l’aide d’un jet d’eau à haute pression pouvant se déplacer d’un côté à l’autre (220°), du col de la vessie à la partie apicale de la prostate. L’hémostase a été réalisée à l’aide d’une sonde de Foley dont le ballon est positionné au col de la vessie avec une traction pendant 4heures.


Conclusion

La technique aquabeam fait partie des options chirurgicale du traitement de l’adénome de la prostate (AUA19) avec des résultats identiques à la RTUP à court terme. Elle reste toutefois en évaluation en raison de l’absence de résultat à long terme. Les patients doivent donc être prévenus du risque de récidive.

Évaluation de la fonction sexuelle des femmes atteintes d’un spina bifida
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 717


Objectifs

Le spina bifida est une anomalie de fermeture du tube neural au cours de l’embryogenèse. Cette malformation engendre des troubles de la motricité, de la sensibilité, des troubles vésico-sphinctériens, ano-rectaux et génito-sexuels. Les données sur l’atteinte sexuelle des femmes spina bifida sont rares. L’objectif de cette étude était d’évaluer les dysfonctions sexuelles chez des femmes atteintes d’un spina bifida et rechercher les facteurs associés à ces dysfonctions.


Méthodes

Les données de tous les patients spina bifida consultant dans un centre pluridisciplinaire entre 2007 et 2019 ont été colligées prospectivement. Tous les patients avaient initialement une évaluation pluridisciplinaire comprenant une évaluation urologique, proctologique, sexuelle, sociale et de médecine physique et rééducation. La fonction sexuelle était évaluée à l’aide d’un auto-questionnaire (FSFI : Female Sexual Function Index ; score allant de 2 à 36). L’étude a inclus les femmes âgées de plus de 18 ans atteintes d’un spina bifida, capables de lire et comprendre le questionnaire et ayant donné leur consentement.


Résultats

Sur les 322 femmes atteintes d’un spina bifida ayant consulté sur la période d’étude, 146 ont répondu au questionnaire de dysfonction sexuelle féminine (FSFI=Female Sexual Function Index). Un score FSFI inférieur ou égal à 26,55 est admis comme indiquant une dysfonction sexuelle. La prévalence de la dysfonction sexuelle dans cette population était de 100 %. Ni l’âge (p =0,54), ni le mode mictionnel (p =0,36), ni le type de dysraphisme (ouvert vs fermé ; p =0,33), ni le statut locomoteur (marche vs fauteuil ; p =0,33) n’étaient significativement associés au FSFI. Les patientes nullipares avaient un FSFI plus bas que les patientes ayant des enfants (8,6 vs 10,9 ; p =0,01), les patientes célibataires avaient un FSFI plus faible que les patientes mariées (7,2 vs 10,7 ; p =0,0007) et divorcées (7,2 vs 10,3 ; p =0,03) (Fig. 1).


Conclusion

La prévalence de la dysfonction sexuelle était de 100 % dans cette cohorte de patientes spina bifida. Les patientes célibataires et/ou nullipares avaient une dysfonction sexuelle plus sévère sans que le lien de causalité puisse être déterminé en raison du caractère transversal de l’étude.

Évaluation de la morbidité dans le cancer de la prostate localisé des patients porteurs d’une hémophile de type A, de type B ou d’une maladie de von Willebrand
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 764-765


Objectifs

Il n’existe, jusqu’à présent, aucune étude évaluant la prise en charge du cancer de la prostate localisé chez le patient ayant une hémophilie innée ou une maladie de von Willebrand. L’objectif de cette étude est d’évaluer la morbidité de la prise en charge diagnostique et thérapeutique dans cette population.


Méthodes

Entre 2002 et 2019, 35 séries de biopsies de prostate (BP) ont été réalisées chez 26 patients atteints d’une hémophile de type A (HA), de type B (HB) ou d’une maladie de von Willebrand (VW). Les patients hémophiles étaient classés en sévère (facteur VIII ou IX 30 %). Dix-sept thérapies radicales (TR) ont été réalisées dont 15 prostatectomies radicales (PR), 1 curiethérapie et 1 radiothérapie. Tous les patients (sauf 1 série de BP) ont été supplémentés en facteur de coagulation. Nous avons évalué la morbidité per- et postopératoire de ces gestes.


Résultats

Parmi les 35 BP, 27 étaient atteints d’HA (1 sévère, 17 modérées et 9 mineures), 1 HB modérée et 7 VW. En moyenne, 12,4 BP (6–21) étaient réalisées et les patients restaient hospitalisés 3,5jours après le geste (0–9). À noter un épisode de déglobulisation sur rectorragie nécessitant une transfusion. Aucun des patients n’a été ré-hospitalisé. Concernant les TR, les patients étaient âgés en moyenne de 65,2 ans (47–74). Quinze étaient HA (1 sévère, 7 modérées, 7 mineures) et 2 VW. Concernant les PR : les durées opératoires et d’hospitalisation étaient respectivement de 216minutes (138–333) et 10.5jours (5–29) ; 1 cœlio-conversion pour hémorragie ; 4 ré-hospitalisations pour hémorragie (1 hématome et 3 caillotages) et 2 transfusions (Clavien : II-4 ; IIIb-2). Des symptômes de cystite radique sont apparus à 3 ans post-radiothérapie.


Conclusion

La réalisation de BP chez le patient hémophile supplémenté en facteur de coagulation, est un geste qui ne se complique pas lorsque bien encadré. Il semble exister un sur-risque hémorragique notamment d’hématurie macroscopique caillotante à l’ablation de la sonde à demeure post-PR. La RCE ne semble pas indiqué dans cette population, à sur-risque hémorragique en cas de cystite radique.

Évaluation de la pertinence du scoring de la conservation des bandelettes neurovasculaires par l’urologue au cours de la prostatectomie totale
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 657-659


Objectifs

Évaluer si la graduation de la conservation des bandelettes neurovasculaires (BNV) par l’urologue correspond aux observations histologiques.


Méthodes

Trois cent trente-sept patients ayant eu une prostatectomie totale (PT) par laparotomie ou par voie cœlioscopique robot-assistée pour un adénocarcinome prostatique localisé ont été inclus dans étude monocentrique de mars 2017 à 2019.

Le chirurgien estimait la qualité de la conservation des BNV selon un score allant de 0 (pas satisfait) à 5 (satisfait).

Puis, un anatomopathologiste dédié mesurait la profondeur et la longueur des BNV restantes sur la pièce de PT.

Enfin, une évaluation fonctionnelle était réalisée en pré- et postopératoire (6 semaines, 3 mois, 6 mois) avec des auto-questionnaires validés (IIEF5, score ICIQ et USP) afin de corréler les Résultats fonctionnels à la qualité de la conservation.


Résultats

Quatre-vingt-treize patients ont été inclus, avec un suivi médian de 6 mois. Les caractéristiques des patients sont rapportées dans le Tableau 1.

La Fig. 1 montre l’association entre la graduation préopératoire de la conservation des BNV par le chirurgien avec la mesure histologique des BNV sur les pièces de PT. On retrouve une association significative entre l’estimation préopératoire de l’urologue et l’observation histologique (p <0,0001). Pour une conservation de grade 4–5, la longueur de BNV moyenne est de 7,47mm et la profondeur de 2,50mm. Pour une conservation quasiment nulle (grade 0–1), les mesures sont respectivement 7,37mm et 1,78mm (p <0,001). La Fig. 2 compare la surface de BNV (mm2) laissées sur les pièces de PT avec les résultats fonctionnels pré- et postopératoires (3 mois).


Conclusion

La conservation des BNV est un facteur subjectif car il dépend de l’estimation préopératoire du chirurgien. La longueur des BNV restantes est corrélée avec le grade de conservation nerveuse estimé par le chirurgien. Concernant les données fonctionnelles un suivi plus prolongé est nécessaire, la récupération érectile est progressive et souvent supérieure à 3 mois.

Évaluation de la prise en charge thérapeutique de première ligne des symptômes du bas appareil urinaire liés à une hyperplasie bénigne de la prostate (SBAU/HBP). Résultats d’une analyse intermédiaire
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 711-712


Objectifs

Menée chez des médecins généralistes (MG), l’objectif de l’étude est l’évaluation en pratique courante de l’efficacité/tolérance des traitements de première intention des symptômes modérés et sévères du bas appareil urinaire liés à une HBP. La satisfaction et la perception du patient sont également considérées.


Méthodes

Une étude française, longitudinale, prospective sur 6 mois (3 visites) a inclus des patients (≥40 ans, IPSS ≥12) pour lesquels un traitement alpha bloquant (AB) ou extraits de plantes (EP) est initié en monothérapie en 1re ligne. Chaque MG a inclus 2 patients sous AB, 2 sous EP. Le critère principal est le pourcentage de patients avec une diminution du score IPSS ≥3 points à 6 mois; les critères secondaires: le pourcentage de patients avec une amélioration du score IPSS ≥5 ou ≥30 %, la qualité de vie, la satisfaction globale, l’évolution ressentie par le patient et la tolérance.


Résultats

Deux cent dix-sept MG ont inclus 835 patients, traités par AB (47,3/24,5/22,6/5,4/0,3 % de silodosine/tamsulosine/alfuzosine/doxazosine/terazosine respectivement) ou EP (96,5/1,3 % d’extrait hexanique/CO2SC de Serenoa repens, 1,6 % Pygeum africanum). Les résultats d’une analyse intermédiaire (312 patients suivis à 3 mois, 65,9 ans, IPSS total 18,8) montrent une efficacité similaire des traitements AB et EP. Le score IPSS total a diminué de −7,0±4,5 sous AB et de −6,9±4,1 sous EP. Une amélioration ≥3 points était observée chez 85,8 % sous AB et 89,4 % sous EP respectivement. Le taux de patients ennuyés par leurs symptômes urinaires est passé de 91,9/85,1 % à 17,4/22,4 % dans les bras AB/EP respectivement. Parmi les patients sous AB/EP, 87,9/93,4 % rapportent être satisfaits de leur traitement. Au global, 26 patients (3,1 %) ont présenté au moins un évènement indésirable (4,0/2,1 % sous AB/EP).


Conclusion

Cette analyse intermédiaire confirme en pratique courante l’efficacité des traitements des SBAU liés à l’HBP de première intention aussi bien par AB que par EP. Les bénéfices des traitements, comparables entre AB et EP, semblent confortés par l’amélioration de la qualité de vie, la satisfaction des patients ainsi que leur profil de tolérance (en faveur des traitements EP).

Évaluation de la satisfaction des patients pris en charge dans le protocole de réhabilitation améliorée après chirurgie (RAAC) en urologie à l’aide d’un questionnaire validé « EVAN-G »
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 689


Objectifs

La réhabilitation améliorée après chirurgie (RAAC) permet d’optimiser la prise en charge périopératoire des patients, avec un impact significatif sur les complications postopératoires et la durée moyenne de séjour (DMS). L’objectif de cette étude était d’évaluer le ressenti et la satisfaction des patients opérés et pris en charge dans le cadre d’un protocole RAAC dans notre centre.


Méthodes

Au total, 523 patients consécutifs ont été inclus dans notre protocole RAAC entre janvier 2016 et avril 2019. Nous avons proposé aux patients une évaluation prospective par le questionnaire validé EVAN-G qui comporte 26 items et évalue la satisfaction des patients selon 6 « dimensions »: attention portée, information, intimité, douleur, inconfort et délais d’attente. La moyenne de ces scores permet ensuite de déterminer un score de satisfaction globale sur 100 points. Au total, 122 patients (23,3 %) ont répondu au questionnaire, parmi lesquels 83 patients opérés d’une prostatectomie totale et 39 d’une néphrectomie partielle (par voie robot-assistée).


Résultats

Le score global moyen EVAN-G était de 78,9 [écart-type 14,6]. Le sous-score moyen regroupant les items portant sur l’information préopératoire était de 76,4 [19,1]; ainsi, 97,4 % des patients ont répondu avoir reçu l’information nécessaire et avoir été rassuré avant l’intervention (autant qu’attendu: 26,0 %, un peu mieux qu’attendu: 31,2 %, ou beaucoup mieux qu’attendu: 40,2 %). Concernant la gestion de la douleur postopératoire, le sous-score moyen était de 80,5 [15,8]; 87,0 % des patients ont répondu avoir été soulagé (autant qu’attendu: 33,8 %, un peu mieux qu’attendu: 18,2 %, ou beaucoup mieux qu’attendu: 35,0 %). Enfin, concernant la gestion des nausées et vomissements postopératoires, le sous-score moyen était de 73,5 [17,9]; 81,8 % des patients ont déclaré avoir eu peu (27,3 %) ou pas du tout (54,5 %) de nausées/vomissements.


Conclusion

Dans notre série, la réduction du taux de complications et de la DMS liée à la RAAC ne se fait pas au détriment de la satisfaction du patient qui reste élevée. Dans la dynamique actuelle d’évaluation des pratiques professionnelles, le score EVAN-G pourrait permettre d’identifier des axes d’amélioration et de guider des actions correctrices dans le cadre d’une stratégie multi-professionnelle.

Évaluation de l’efficacité de la neuromodulation sacrée dans le traitement des troubles mictionnels après chirurgie de l’endométriose
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 738-739


Objectifs

La chirurgie pelvienne majeure pour endométriose est associée à un risque de complications urinaires. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’efficacité de la neuromodulation sacrée (NMS) chez les patientes présentant des troubles de la vidange après chirurgie de l’endométriose.


Méthodes

Une étude rétrospective monocentrique a été réalisée entre 2016 et 2019. Toutes les patientes ayant bénéficié d’un test de NMS pour troubles de la vidange après chirurgie de l’endométriose ont été incluses. L’évaluation préopératoire systématique comprenait, outre les caractéristiques démographiques: calendrier mictionnel, bilan urodynamique, évaluation du résidu par auto-sondage après miction. Les critères d’implantation du boîtier étaient définis en préopératoire, par une baisse du résidu de plus de 50 %, et une augmentation du volume mictionnel de plus de 50 %. Toutes les implantations (test et boîtier) étaient réalisées sous anesthésie générale. La durée prévue de la phase test était de 15jours.


Résultats

Seize patientes ont été prises en charge par test de NMS pour trouble de vidange apparu après chirurgie de l’endométriose. Toutes les patientes avaient un trouble de vidange, dont huit étaient aux auto-sondages (AS). Cinq patientes présentaient une hyperactivité vésicale associée. La contractilité vésicale était altérée chez 10/16 patientes au bilan urodynamique. Une patiente n’a présenté aucune réponse motrice à la stimulation en peropératoire (pas d’implantation de l’électrode test). Deux cas d’explantation pour infection de l’électrode test ont été répertoriés. Treize patientes ont été implantées par un boîtier InterStim 2. Après un suivi médian de 14 mois, 10 patientes étaient traitées uniquement par NMS avec un résultat satisfaisant et 3 patientes ont été sevrées des AS. Une seule patiente avait été réopérée pour des douleurs locales liées au boîtier.


Conclusion

Cette étude rapportait les Résultats de la plus grande série de la littérature de patientes traitées par NMS après chirurgie de l’endométriose. La NMS a été un traitement efficace pour 2/3 des patientes permettant un sevrage des auto-sondages dans un tiers de cas. Ce taux de succès offre une perspective intéressante à ces patientes jeunes aux options thérapeutiques limitées.

Évaluation de l’impact du débit de perfusion de la circulation régionale normothermique pour le pancréas dans le cadre du DDAC Maastricht 3
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 674


Objectifs

Les transplantations rénales et hépatiques réalisées à partir de DDAC Maastricht 3 présentent d’excellents résultats grâce à l’utilisation de la circulation régionale normothermique (CRN). Néanmoins, la CRN pourrait être traumatique pour le pancréas, organe sensible aux barotraumatismes. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’impact du débit de perfusion de la CRN et de la solution de conservation sur le pancréas.


Méthodes

Cette étude a été autorisé par l’Agence de biomédecine (PFS08-017).

Six patients DDAC M3 ont été inclus entre janvier 2017 et décembre 2018 dans un centre universitaire et 2 donneurs en état de mort encéphalique ont été inclus. Des biopsies pancréatiques ont été réalisées lors du prélèvement d’organe. Une solution de 4e génération, l’IGL-1 © a été utilisé comme solution de perfusion et de conservation.


Résultats

Le débit de perfusion de la CRN était<3L/min chez 2 DDAC (groupe 250mL/min chez 4 DDAC). Les caractéristiques des DDAC étaient équivalents entre les groupes. La durée de la CRN était de 174,5±4,5minutes dans le groupe<3L/min et 163,3±23,0minutes dans le groupe≥3 L/min (p =0,8). À l’analyse macroscopique, il n’y avait pas de différences entre les groupes à l’évaluation par l’Œdema Scale (échelle visuelle d’évaluation de l’œdème). Les variations de lactates pendant la CRN étaient équivalentes entre les groupes (delta lactates à 1h de CRN–lactates pré-CRN : 7,4±2,1 versus 10,1±2,4 dans les groupes<3L/min et≥3 L/min respectivement, p =0,5). Il n’y a pas eu d’amines sous CRN. La clairance de la créatinine des patients transplantés à 1 mois était similaire.


Conclusion

L’utilisation de la CRN permet d’améliorer la qualité des transplants et d’améliorer les résultats des transplantations rénales et hépatiques sans être délétère pour le pancréas.

Évaluation de l’infiltration lymphocytaire dans les carcinomes urothéliaux de la vessie (pT1-pT4) : comparaison de l’approche morphologique (score TILs) et de l’analyse d’image des marqueurs CD3 et CD8
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 755-756


Objectifs

L’infiltration lymphocytaire intratumorale est un biomarqueur potentiel à visée pronostique et prédictive de la réponse aux immunothérapies dans de multiples types tumoraux, dont les carcinomes urothéliaux. Cependant, différentes méthodes de quantification peuvent être utilisées et le niveau de concordance entre l’évaluation morphologique des lymphocytes (score TILs), la densité des lymphocytes T (CD3+) et de lymphocytes cytotoxiques (CD8+) caractérisés par immunohistochimie est inconnu.


Méthodes

Nous avons évalué ces 3 paramètres sur une série rétrospective de carcinomes urothéliaux primaires naïfs de tout traitement (n =78). Les stades pathologiques comprenaient 10 pTa, 29 pT1, 17 pT2, 15 pT3, et 7 pT4. L’infiltration lymphocytaire morphologique globale était évaluée par le pathologiste à partir d’une coloration HES (score TIL). La densité intratumorale des cellules CD3+ et CD8+ était déterminée par analyse d’images. Nous avons étudié la corrélation de ces paramètres entre eux ainsi qu’avec le stade pathologique de la tumeur primitive.


Résultats

L’infiltration lymphocytaire intratumorale par les cellules CD8+ augmentait de manière significative avec le stade pathologique (pTa/1 vs pT2-4 : moyenne 186 vs 320 cellules/mm2 ; p <0,05), ainsi que le ratio de cellules CD8+/CD3+ (0,229 vs 0,462, p <0,0001). Aucune corrélation n’était mise en évidence entre le stade pathologique et la densité de TILs ou de cellules CD3+. Les densités de cellules CD3+ et CD8+ étaient modérément corrélées entre elles (corrélation de Pearson 0,52 p <0,01). L’infiltration lymphocytaire évaluée morphologiquement par le score TILs était modérément corrélée avec la densité des lymphocytes T CD3+ (corrélation de Pearson 0,41 p =0,0005) mais pas avec la densité de cellules CD8+ (corrélation de Pearson 0,18, p =0,14).


Conclusion

La densité de cellules CD8+ et le ratio CD8+/CD3+ étaient corrélés au stade tumoral, suggérant un augmentation de la réponse immunitaire T cytotoxique avec la progression tumorale. L’évaluation morphologique des TILs rend imparfaitement compte de la présence de lymphocytes T (CD3+) et ne permet pas d’évaluer la présence de lymphocytes T cytotoxiques (CD8+) dans les carcinomes urothéliaux de stade localisé.

Évaluation de l’utilisation de la salle hybride sur l’activité de chirurgie en cancérologie rénale
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 726


Objectifs

La néphrectomie partielle après embolisation des vaisseaux tumoraux en salle hybride (NPESH) combine l’embolisation des vaisseaux tumoraux et l’énucléation de la tumeur sous cœlioscopie dans un même temps opératoire. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’impact de l’utilisation de la NPESH sur la prise en charge des patients traités par chirurgie pour une tumeur localisée du rein.


Méthodes

Nous avons étudié, via la base de données uroCCR, tous les patients consécutifs opérés dans un centre universitaire pour tumeur du rein. De 2011 à mai 2015, les patients ont été traités par néphrectomie partielle standard (NPS) cœlioscopique ou ouverte et de mai 2015 à mai 2019 par NPESH. Nous avons recueilli les caractéristiques des patients, des tumeurs, les données peropératoires et postopératoires. Ces données ont été comparées par des tests de Student et du Chi2. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’impact de l’utilisation de la NPESH sur la prise en charge des patients traités par chirurgie pour une tumeur localisée du rein.


Résultats

De 2011 à mai 2015, 67 néphrectomies partielles (NPS) (29 %) et 65 (71 %) néphrectomies totales (NT) ont été réalisées. Depuis mai 2015, 176 NPS (49 %) et 180 NT (50 %) ont été réalisées. Nous avons inclus 87 NPS et 137 NPESH. Le score ASA des NPESH était plus élevé que celui des NPS (p <0,0001). La complexité tumorale et la taille tumorale médiane étaient similaires dans les deux groupes (p =0,852 et p =0,48). Le taux de complications pour les NPS et NPESH était de 55,2 % et 33,6 % (p =0,002). Les complications étaient moins sévères dans le groupe NPESH (p =0,012). La durée médiane d’hospitalisation était de 8 et 4jours pour les groupes NPS et NPESH (p <0,0001). Les marges chirurgicales positives étaient de 2 (2,3 %) et 6 (4,6 %) pour le groupe NPS et NPESH (p =0,713) (Tableau 1 et Fig. 1).


Conclusion

La NPESH est une technique fiable comparativement à la NPS. Elle semble être une alternative intéressante en permettant de limiter l’ischémie rénale, le taux de complication et la durée de séjour.

Évaluation des ballons péri-urétraux ProACT™ en seconde intention après bandelette sous-urétrale pour l’incontinence urinaire d’effort post-prostactomie radicale : étude rétrospective bicentrique
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 704-705


Objectifs

La continence post prostatectomie radicale (PostPR) est un critère majeur de qualité de vie des patients. Les traitements chirurgicaux de l’incontinence urinaire d’effort (IUE) comportent sphincter artificiel, bandelettes sous-urétrales (BSU) et ballons péri-urétraux ProACT™ (Uromedica, MN, États-Unis). L’objectif est l’évaluation de l’efficacité des ballons ProACT™ dans le traitement de seconde ligne de l’IUE PostPR malgré BSU.


Méthodes

Étude rétrospective, bicentrique des patients présentant une IEU PostPR malgré BSU opérés de ballons ProACT™ entre 2007 et 2016. Le critère principal était la correction de l’incontinence définie par l’absence de protections. Les critères secondaires étaient l’amélioration par une réduction de plus de 50 % du nombre de protection associée à une amélioration du score IQOL, les complications per- et postopératoires, le volume de gonflage postopératoire.


Résultats

Vingt-neuf patients suivis 36,2 mois (min 14–max 128) ont été inclus, dont 28 patients étaient insuffisamment améliorés après BSU et 1 patient avait nécessité une ablation pour infection de BSU. Leur nombre moyen de protections par jour était de 2,3. Cinq patients (17 %) avaient un antécédent de radiothérapie pelvienne PostPR. Selon le critère principal 18 patients (62 %) sont guéris, sans protection après les ballons. Parmi les 11 autres, 10 patients (31 %) ont une amélioration avec 1 protection par jour et une augmentation du score IQOL de 18,8 en moyenne (p =0,005). Deux patients (7 %) ont nécessité la pose d’un sphincter artificiel. Quatre patients ont présenté des complications nécessitant réintervention sans répercussion majeure ultérieure. Le volume moyen d’ajustement des ballons était de 3mL (2 à 6).


Conclusion

Les ballons ProACT™ semblent être une option thérapeutique pour la prise en charge de l’IUE faible à modérée PostPR même après BSU première.

Évaluation des facteurs de risque d’infection urinaire après urétérorénoscopie souple : une étude rétrospective incluant 604 interventions consécutives
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 678-679


Objectifs

L’infection urinaire (IU) est une complication les plus fréquentes après urétérorénoscopie souple (URSS) malgré la prise en compte du risque infectieux en préopératoire. Nous avons mené une étude dont l’objectif était de déterminer la prévalence des IU post-URSS et d’identifier les facteurs prédictifs.


Méthodes

Étude rétrospective incluant les URSS consécutives réalisées dans notre centre de janvier 2015 à mars 2019. Les indications étaient : traitement de calcul du rein, diagnostic et/ou traitement des TVEUS. Les urétéroscopies rigides étaient exclues. La gestion du risque infectieux préopératoire était protocolisée : antibiothérapie durant 48heures adaptée au micro-organisme en cas de colonisation urinaire, ceftriaxone IV si ECBU polymicrobien et report d’intervention si manifestations cliniques d’IU. Le critère de jugement principal était l’IU définie comme une température>38°C associée à un syndrome inflammatoire biologique et une leucocyturie et/ou bactériurie dans le mois postopératoire. Les facteurs prédictifs d’IU ont été évalués dans un test de régression logistique (p significatif si<0,05).


Résultats

Entre janvier 2015 et mars 2019, 604 URSS ont été réalisées dans les indications suivantes : lithiase urinaire (n =462), diagnostique et traitement des TVEUS (n =142). L’âge médian (IQR) était de 61 (48–68) ans, 268 femmes étaient inclues (44,4 %) et l’urétéroscope à usage unique était utilisé dans 186 cas (30,8 %). Une IU est survenue chez 41 patients (6,7 %). Le taux d’IU annuel était stable durant la période d’étude (p =0,47). En analyse multivariée, le sexe féminin (OR : 2,30, IC95 % : 1,05–5,36 ; p =0,04), un antécédent d’IU dans les 6 mois (OR : 2,44 ; IC95 % : 1,14–5,42 ; p =0,02), un ECBU préopératoire polymicrobien (OR : 4,72, IC95 % : 2,04–11,29) ; p1 heure (OR : 1,01 ; IC95 % : 1,002–1,032 ; p =0,02) étaient associés à la survenue d’une IU. À l’inverse, un ECBU préopératoire positif et traité n’était pas associée à une augmentation du risque infectieux (p =0,10).


Conclusion

En prévention du risque d’infection postopératoire, les principaux facteurs modifiables seraient de limiter la durée des interventions à 1 heure et améliorer la gestion des ECBU polymicrobien dont les connaissances sont actuellement limitées. Enfin, un ECBU préopératoire colonisé et traité présentait un risque d’infection similaire aux ECBU préopératoires stériles.

Évaluation des résultats oncologiques des néphrectomies partielles robot-assistée, en fonction du type de clampage artériel – étude multicentrique ( on-clamp vs off-clamp ) – UroCCR 58
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 727-728


Objectifs

Le clampage artériel permet de réduire le saignement opératoire, donc une meilleure visibilité, ce qui pourrait impacter la qualité chirurgicale et les résultats oncologiques. L’objectif de cette étude est d’évaluer l’impact du type de contrôle artériel (clampage vs sans clampage) sur les résultats oncologiques des néphrectomies partielle robot-assistée (RAPN).


Méthodes

Au total, 1277 patients traités par RAPN ont fait objet d’une analyse multicentrique rétrospective à partir de la base de données collectée prospectivement UroCCR. Nous avons analysé les variables suivantes : âge, sexe, ECOG, RENAL score, TNM, le type de clampage artériel (clampage vs sans clampage) et les résultats oncologiques : marges chirurgicales, récidive locale, survie sans métastase, et survie globale. Pour les variables continues nous avons utilisé les tests de Mann–Whitney et Student ; pour les variables discrètes, Chi2 et Kruskal–Wallis ; Kaplan–Meier avec un test du log-rank pour l’analyse de survie ; ainsi qu’un modèle de régression logistique pour l’analyse multivariée.


Résultats

Les médianes d’âge, l’IMC, la taille tumorale et le RENAL score étaient respectivement 63 ans, 26,70kg/m2, 3,00cm et 7 dans le groupe sans clampage (n =220) et 62, 26,1, 3,50cm et 7,00 dans le groupe avec clampage (n =1057) avec des valeur p =0,412, 0,103, 0,003 et 0,097 respectivement. Le taux de marges chirurgicales positives était de 3 % dans le groupe sans clampage et 6,4 % dans le groupe avec clampage (p =0,09). À 60 mois de durée de suivi moyenne, aucune différence significative entre les deux groupes en matière de récidive locorégionale (p =0,93), survie sans métastases (p =0,097) et globale (p =0,19) n’était retrouvée (Tableau 1, Fig. 1, Fig. 2).


Conclusion

Les résultats oncologiques en matière de marges chirurgicales, de récidive locorégionale, survie sans métastase et survie globale semblent équivalent quel que soit le type de contrôle hilaire choisi. Les chirurgiens réalisant des RAPN sans clampage ont probablement plus d’expérience chirurgicale ce qui pourrait en partie expliquer nos résultats. Des essais contrôlés randomisés pour confirmer ces résultats semblent nécessaires.

Évaluation du patient âge présentant un cancer
Evaluation of the elderly patient with cancer
2019
- Rapports du congrès
- Réf : Prog Urol, 2019, 14, 29, 807-827

But

Expliquer la notion de fragilité, puis expliquer le caractère indispensable de la détection de fragilités chez le patient âgé et, en cas de fragilité suspectée, la nécessité d’une évaluation gériatrique. Décrire les modalités de cette évaluation du patient âgé présentant un cancer, la place que doivent tenir les résultats de cette évaluation dans la prise de décision thérapeutique, ainsi que le rôle du gériatre dans le parcours de soin.

Méthode

Recherche bibliographique à partir de la base de données bibliographiques Medline (NLM outil Pubmed) et Embase, ainsi que sur les sites internet des sociétés savantes de gériatrie, de l’Institut national du cancer à partir des mots-clés suivants : personne âgée, gériatrie, cancer, fragilité, évaluation, décision.

Résultats

La détection de fragilités a pour objectif d’optimiser les soins pour maintenir l’indépendance, voire la survie, du patient. La prévalence de la fragilité augmente avec l’âge et le diagnostic de cancer. La détection des fragilités du patient âgé présentant un cancer est réalisée à l’aide du questionnaire G8 recommandé par l’INCa. En cas d’anomalie ou de justification clinique, le patient reçoit alors une évaluation gériatrique, procédure multidimentionnelle et multidisciplinaire. Le clinicien peut faire appel pour cela à l’UCOG de la région dans laquelle il exerce. La pertinence des décisions de soin se fondera sur les résultats de cette évaluation. Le gériatre se positionne comme un partenaire crucial qui sera impliqué dans tout le parcours de soins.

Conclusion

La détection de fragilités chez le patient âgé présentant un cancer est une obligation. L’évaluation consécutive peut être assurée l’UCOG de la région considérée. Les résultats de l’évaluation serviront de base pour toute prise de décision thérapeutique et la préservation de l’indépendance du patient restera la priorité.

Purpose

To explain the notion of frailty, then to explain how crucial is the detection of frailty detection in the elderly patient, and, in cases of suspected frailty, how crucial is the need for geriatric assessment. To describe (i) how this assessment of the elderly cancer patient is performed, (ii) how the results of this geriatric assessment must drive the decision making, and (iii) the role of the geriatrician in the care pathway.

Method

Bibliographic research from the Medline bibliographic database (NLM Pubmed tool) and Embase, as well as on the websites of scientific geriatric societies, from the National Cancer Institute using the following keywords: elderly, geriatrics, cancer, frailty, assessment, decision making.

Results

The goal of frailty detection is to optimize care, to maintain the independence and the survival of the patient. The prevalence of frailty increases with the age and the diagnosis of cancer. Detection of frailty in the elderly patient with cancer is performed using the G8 questionnaire recommended by the INCa. In case of anomaly or clinical justification, the patient receives a geriatric assessment, which is a multidimensional and multidisciplinary procedure. The clinician can call on the UCOG of the region in which he practices. The relevance of medical decisions will be based on the results of this geriatric assessment. The geriatrician plays a crucial role and will be involved throughout the care.

Conclusion

The detection of frailty in the elderly patient with cancer is obligatory. Consecutive geriatric assessment can be performed by the UCOG of the region. The results of the geriatric assessment must serve as a basis for any therapeutic decision making and the preservation of the independence of the patient must remain the priority.