Base bibliographique

Survie globale des patients français traités par abiraterone et enzalutamide pour un cancer de prostate résistant à la castration en échec de chimiothérapie entre 2014 et 2017 : une comparaison directe à travers une étude sur base de données...
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 701


Objectifs

Chez les patients présentant un cancer de prostate résistant à la castration (CPRC) en échec de chimiothérapie par docétaxel, deux traitements hormonaux, abiraterone (ABI) et enzalutamide (ENZ), et une seconde ligne de chimiothérapie par cabazitaxel (CABA) apparaissent des options thérapeutiques. Hormis quelques études observationnelles peu puissante (dont méta-analyses discordantes), aucun essai clinique n’a comparé jusqu’à présent l’efficacité d’AB, ENZ et CABA de façon directe.


Méthodes

L’objectif de cette étude était de comparer de façon directe la survie globale des patients français initiant un traitement par ABI, ENZ ou CABA chez des patients CPRC métastatiques en échec de chimiothérapie.

Utilisant les données du SNDS, une étude de cohorte a été réalisée incluant les nouveaux utilisateurs d’ABI, ENZ ou CABA entre 2014 et 2015 et suivis jusqu’à fin 2017. Avec une approche type en intention de traiter, une analyse de survie a été conduite, estimant le HR de la survie globale avec un modèle de Cox et utilisant un score de propension par la méthode SIPTW.


Résultats

Parmi les 538 nouveaux utilisateurs, 56,1 % étaient traités par ABI, 26,2 % par ENZ et 17,3 % par CABA. Avec un suivi médian de 25,8 mois (Q1–Q3, 12,2–37,8 mois) pour ABI, 25,8 mois (Q1–Q3, 15,5–35,8 mois) pour ENZ et 17,1 mois (Q1–Q3, 9,9–28,7 mois) pour CABA, le taux d’incidence des décès toutes causes était de 30,4 pour 100 personnes-années (PA) (IC95 % : 26,4–35,0) pour ABI, 28,7/100 PA (IC95 % : 23,3–35,4) pour ENZ et 47,4/100 PA (IC95 % : 37,7–59,7) pour CABA. Le suivi médian des patients décédés était de 15,7 mois (Q1–Q3, 8,4–25,4 mois) pour ABI, 19,3 mois (Q1–Q3, 11,0–27,3 mois) pour ENZ et 17,1 mois (Q1–Q3, 7,3–25,2) pour CABA.

Comparativement à ABI, l’analyse multivariée suggère l’absence de différence en survie globale sous ENZ (HR : 1,01 [0,78–1,29]), et une augmentation du risque de décès sous CABA (HR : 1,46 [1,11–1,92]).


Conclusion

Nous reconnaissons l’absence de données cliniques pour catégoriser le stade de la maladie ou le performans status , pouvant être des facteurs de confusion.

Notre étude sur base de données française suggère, chez les patients CRPC en échec de chimiothérapie, une survie globale similaire entre ABI et ENZ mais un sur-risque de décès sous CABA.

Technique chirurgicale d’urétérolyse robot-assistée guidée par fluorescence intra-urétérale au vert d’indocyanine
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 782


Objectif

Montrer la technique d’une urétérolyse par voie laparoscopique avec assistance robotique permettant le sevrage d’une dérivation urinaire par endoprothèse urétérale.


Méthodes

Une urétérolyse gauche était réalisée par voie laparoscopique à l’aide du Robot Da Vinci Si en utilisant 3 bras opératoires, une optique de 30° et 2 trocarts-aide. La mise en place d’une sonde urétérale en pré opératoire permettait l’injection de vert d’indocyanine per-opératoire. L’intégration du scanner de planification pré opératoire au niveau du robot permettait de guider la technique chirurgicale.


Résultats

Il s’agit d’une patiente âgée de 57 ans, sans antécédents, ayant présenté une colique néphrétique gauche avec insuffisance rénale révélant une masse tissulaire latéro aortique lombaire engainant l’uretère gauche nécessitant un drainage urinaire par endoprothèse urétérale. La ponction biopsie per-cutanée est revenue non contributive. La lésion apparaît hypermétabolique au TEP-scanner. Le bilan d’extension est négatif. Le DFG pré opératoire était à 62mL/min. L’urétérolyse était guidée par l’injection intra urétérale de vert d’indocyanine. En fin d’intervention, l’urétéropyélographie rétrograde confirmait l’absence d’extravasation de produit de contraste au niveau de la zone d’urétérolyse. La durée opératoire était de 191minutes, les pertes sanguines négligeables, permettant une sortie d’hospitalisation à J3 post-opératoire.


Conclusion

L’exerèse de la masse tissulaire et l’urétérolyse était guidée par l’injection intra urétérale de vert d’indocyanine permettant le sevrage de l’endoprothsèse urétérale sans complications. L’analyse anatomo-pathologique conclut à un nodule fibrineux cerné d’un tissu lymphoïde évoquant un lymphome. À 6 mois post-opératoire, le débit de filtration glorémulaire était à 74mL/min.

Technique de curage lombo-aortique robot-assistée par voie rétrograde sous-mésocolique pour masses résiduelles après chimiothérapie dans le cancer du testicule
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 785


Objectif

Le curage de masses résiduelles post-chimiothérapie robot-assistée peut être réalisé selon différentes techniques. Nous présentons dans cette vidéo les avantages de la technique par voie rétrograde sous-mésocolique.


Méthodes

Il s’agit d’un patient âgé de 63 ans présentant une masse kystique résiduelle latéro-aortique gauche dans les suites d’une chimiothérapie (2 cycles de BEP) pour tumeur germinale non séminomateuse. Pour cette intervention, le patient est installé en décubitus dorsal, en position de Trendelenburg avec le robot installé à la tête. Le curage est réalisé à l’aide du Robot Da-Vinci (Intuitive Surgical) selon les recommandations actuelles, en débutant de la bifurcation iliaque jusqu’au pédicule rénal gauche. La technique opératoire est décrite pas à pas en insistant sur les avantages de la voie rétrograde.


Résultats

L’intervention débute par une incision du feuillet péritonéal postérieur en regard de la bifurcation aortique avec exposition des gros vaisseaux à l’aide de 2 fils tracteurs fixés à la paroi. Le curage se fait de bas en haut en partant de l’artère iliaque primitive jusqu’au pédicule rénal gauche. La masse résiduelle kystique est disséquée puis emportée avec le curage latéro-aortique. Celui-ci est complété par un curage inter aortico-cave plus facilement réalisable qu’en décubitus latéral droit. La durée opératoire était de 3heures et 15minutes pour un saignement de 50cc. Suites opératoires simples permettant un retour à domicile à J2. L’examen anatomo-pathologique a retrouvé un tératome kystique à contenu liquidien nécrotique sans lésion de tumeur germinale séminomateuse. Le curage retrouvait 3 ganglions indemnes de métastase.


Conclusion

Cette technique de curage par voie rétrograde sous-mésocolique permet une dissection de part et d’autre de l’aorte et de la veine cave inférieure. Les gros vaisseaux et leurs branches sont plus facilement identifiées car restent en position « anatomique ». Les autres avantages sont liés à l’abord mini-invasif robot-assisté avec une courte durée d’hospitalisation, un saignement et des incisions limitées.

Technique d’énucléation prostatique en « monobloc » au laser Holmium : évaluation bicentrique à propos de 109 cas
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 713-714


Objectifs

L’énucléation de la prostate au laser Holmium (HoLEP) est une alternative à la RTUP et à l’adénomectomie par voie ouverte (AVH) pour les traitements chirurgicaux de l’hyperplasie bénigne prostatique (HBP). La technique « monobloc » pourrait avoir comme avantage de réduire la durée opératoire comparée aux techniques en trois ou deux lobes. L’objectif était d’évaluer les résultats périopératoires de la technique « monobloc » dans deux centres experts.


Méthodes

Cent neuf patients consécutifs ont été inclus dans cette étude sans aucun critère d’exclusion particulier. Les patients étaient opérés dans l’un des deux centres, par l’un des deux chirurgiens participants, et avec une technique chirurgicale « monobloc ». Les chirurgiens impliqués dans ce travail étaient des chirurgiens expérimentés : plus de 200 cas chacun réalisés avant le début de l’étude, dont plus de 50 interventions « monobloc ». Les données cliniques étaient recueillies de manière prospective dans une base de données informatisée commune et analysées de manière rétrospective après un suivi de 3 mois comprenant notamment les complications périopératoires, une débitmétrie (Qmax), une mesure du résidu post-mictionnel (RPM) et le questionnaire IPSS.


Résultats

Au total, 109 patients avec un volume prostatique médian de 70g (57–98), un Qmax médian de 8mL/s (5–10) et un RPM médian de 160mL (100–270) ont été inclus. Les scores IPSS et de QoL préopératoires médians étaient de 20 (14–25) et 5 (4–5). Les durées opératoire, d’énucléation et de la morcellation médianes était respectivement de 41min (31–58), 30min (22–40) et 10min (5–10). La vitesse moyenne d’énucléation et de morcellation étaient de 1,5g/min et de 4,5g/min. Les durées médianes de sondage et d’hospitalisation étaient de 18h (12–18) et de 1 j (0–1) respectivement et 41 % d’ambulatoire avec la survenue de 17 complications précoces (16 %) dont 3 classées Clavien IIIb (décaillotage). À 3 mois, le Qmax et le RPM médians était de 26mL/s (IQR 16–36) et 40mL (0–100), alors que les scores IPSS et de QoL médians étaient de 3 (2–5) et 1 (0–2) (Tableau 1, Tableau 2, Tableau 3).


Conclusion

Dans cette étude bicentrique évaluant les résultats à court terme d’une énucléation « monobloc », la durée opératoire médiane était très courte (41min) et s’associait à de très bons résultats fonctionnels. Un essai clinique comparatif est nécessaire pour affirmer que ces bons résultats sont liés à la technique plutôt qu’aux compétences des chirurgiens.

Technique d’énucléation robot-assistée d’une tumeur rénale endophytique endosinusale
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 775-776


Objectif

Montrer la technique d’une énucléation de tumeur rénale endophytique endosinusale par voie laparoscopique avec assistance robotique. Alternative à une hémi-néphrectomie.


Méthodes

Une néphrectomie partielle a été réalisée à l’aide du Robot Da-Vinci (Intuitive Surgical) en utilisant 3 bras opérateurs, une optique de 30° et 2 trocarts (5 et 12mm) pour l’aide opératoire. L’intervention a été guidée par l’image en utilisant une modélisation 3D de la lésion, l’échographie per-opératoire et la fluorescence par injection intra-veineuse de vert d’indocyanine. Les données cliniques ont été extraites de la base de données prospective UroCCR.


Résultats

Patient âgé de 63 ans présentant une tumeur rénale droite de 3,5cm totalement endophytique endosinusale avec comme particularité anatomique une duplicité urétérale droite. La lésion était de complexité élevée selon RENAL (10xh) et PADUA (12). Après repérage des limites tumorales à l’aide de l’échographie et clampage sélectif des deux branches vascularisant la tumeur, une néphrotomie de la lèvre antérieure est réalisée. Celle-ci permet de mieux visualiser la tumeur et ses rapports avec les cavités collectrices. La tumorectomie est réalisée en restant dans le plan de la pseudo-capsule. En fin d’énucléation une partie de la tige calicielle inférieure est lésée. La reconstruction de celle-ci est réalisée au PDS 5,0. La durée opératoire était de 3heures pour un saignement de 150 cc. La durée d’ischémie était de 46minutes.


Conclusion

La prise en charge de ces tumeurs entraîne une ischémie prolongée, d’ou l’intérêt d’une planification préopératoire pour identifier les divisions vasculaires en vue d’un clampage sélectif. Concernant la technique chirurgicale, l’abord sinusal et la néphrotomie de la lèvre antérieure permettent une bonne exposition de la lésion. La technique d’énucléation est la plus adaptée afin d’éviter de léser les cavités collectrices.

Toxicité tardive et qualité de vie de l’étude GETUG-AFU 22
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 759


Objectifs

La prostatectomie radicale (PR) est recommandée comme traitement standard du cancer localisé de la prostate mais aucune recommandation n’existe pour les patients avec PSA détectable immédiatement après RP.


Méthodes

Les patients traités par RP (R0 ou R1), avec un taux de PSA post-RP ≥ 0,2ng/mL et ≤2ng/mL, N0 M0 furent inclus. Les pts étaient randomisés en radiothérapie seule (bras RT) ou RT+6 mois de traitement hormonal par Degarelix (bras RT+HT). La RT était une irradiation pelvienne avec un boost du lit de la prostate (66Gy en 33 Fr). Les toxicités tardives ont été évaluées à l’aide de l’échelle CTCAE V4.0 et rapportées à 24 mois. La qualité de vie a été évaluée par des questionnaires QLQ-C30 et QLQ-PR25 à 12 et 24 mois.


Résultats

De janvier 2013 à septembre 2015, 125 patients furent inclus (bras RT : 64 patients ; bras RT+HT : 61). Le suivi médian est de 38 mois (31,4–44). Tous les patients étaient éligibles pour une analyse de tolérance. À 24 mois, aucune différence de toxicité génito-urinaire ou gastro-intestinale tardive n’a été observée entre les deux bras (p =0,145). Des toxicités tardives de grade 3 furent rapportées pour 15/125 pts (12 %) : 8/64 (6,5 %) dans le bras RT et 7/61 pts (5,5 %) dans le bras RT+HT (NS). Aucune toxicité de grade>3 n’a été observé. À 12 mois, les symptômes liés à QLQ-PR25 HT étaient significativement plus importants dans le bras RT-HT (p =0,04). À 24 mois, aucune différence significative dans l’analyse QLQC-30 ou QLQ-PR25 n’a été rapportée.


Conclusion

Dans cet essai de phase II, à 24 mois, l’HT ne dégradait pas la qualité de vie des pts et les toxicités tardives étaient similaires dans les 2 bras. L’analyse de l’efficacité de l’étude GETUG-AFU 22 est en attente.

Traitement de 1 re intention du cancer de prostate localisé par ultrasons focalisés de haute intensité : efficacité et tolérance
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 760


Objectifs

L’objectif de notre étude était d’étudier les résultats oncologiques et fonctionnels de l’HIFU en première intention en glande entière dans le cancer de prostate localisé.


Méthodes

Inclusion des patients entre 2005 et 2015 traités en première intention d’un cancer de prostate localisé par les ultrasons focalisés de haute intensité (HIFU), avec l’ABLATERM jusqu’en 2015 puis le FOCAL-ONE. Les patients étaient sélectionnés suivant les critères du CCAFU et du Forfait Innovation HIFI :

– âge>70 ans, espérance de vie>7 ans, PSA<15ng/mL, tumeur T1-2N0M0, score de Gleason=7(3+4), volume prostatique<50mL, volume tumoral limité (< 4 sextants). La survie sans récidive biochimique a été calculée en utilisant le critère de Phœnix (PSA nadir+2ng/mL). Les résultats fonctionnels ont été évalués cliniquement et par des questionnaires standardisés.


Résultats

Quatre-vingt-dix-sept patients étaient évalués avec un suivi moyen de 7,2 ans(± 3,2). La survie globale et la survie spécifique étaient respectivement de 91,8 % et 100 %. La survie sans récidive biochimique à 10 ans, en fonction du risque selon D’Amico, était de 59,9 % pour les risques faibles, 38,4 % pour les risques intermédiaires, 42,9 % pour les hauts risques. Quatre-vingt pour cent des patients avec un PSA nadir ≤ 0,3ng/mL étaient sans récidive à 10 ans contre 20 % chez ceux avec un nadir>0,5ng/mL. Parmi les patients, 21,6 % ont eu un traitement de rattrapage avec un délai moyen de 4,1 ans (± 2,8). L’altération des fonctions urinaires et sexuelles était significative mais néanmoins 83,5 % de patients ne portaient pas de protection en fin d’étude. L’obstruction sous vésicale était la complication la plus fréquente (46,4 %).


Conclusion

Les résultats oncologiques et fonctionnels sont encourageants et semblent comparables aux résultats de la littérature pour les traitements de première intention. L’HIFU se présente donc comme une véritable option pour le traitement du cancer de prostate localisé chez l’homme de plus de 70 ans.

Traitement de la maladie de Lapeyronie par injection de plasma riche en plaquettes : à propos de 15 cas
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 720-721


Objectifs

Évaluer la faisabilité et l’efficacité d’un traitement semi invasif de la maladie de Lapeyronie par injections de plasma riche en plaquettes (PRP).


Méthodes

Quinze patients (moyenne d’âge 56,5 ans), porteurs d’une maladie de Lapeyronie, quel que soit leur gravité ont été soumis durant deux mois à une séance tous les 15jours, puis 3 mois et 6 mois à l’injections intra- et péri-lésionnelles de plasma riche en plaquettes prélevés à partir de dix millilitres de sang total dans deux tubes centrifugés pendant 8min à 3000 tr/min, 8mL de PRP est immédiatement injecté dans et autour des plaques après anesthésie locale a la xylocaine 2 % pure (bloc-pénien). Les contrôles sont effectués, un, trois et six mois puis annuellement, en mesurant l’évolution des déformations (Tableau 1) et surtout la satisfaction globale du patient et l’amélioration de sa qualité de vie.


Résultats

Avec un terme de recul moyen de 8 mois, tous nos patients ont eu au moins 4 séances d’injection de PRP. Treize (86 %) des 15 patients sont améliorés avec un gain sur l’angle de la courbure, une diminution de la densité et de la surface des plaques à la palpation. Et une amélioration de L’IIEF-5 :

– la localisation de la maladie est dorsale chez 13 patients (87 %), plaques calcifiées chez 2 patients (13 %) ;

– la douleur pendant les rapports à passer de 66,6 % à 26,6 % soit une diminution de 40 % ;

– angulations moyennes à passer de 30° à 17,4° soit une moyenne de 11,4° (38 %) ;

– la taille moyenne de la plaque a diminué de 4,16 à 3,02 soit une moyenne de 27,4 % ;

– la dysfonction érectile était présente chez 11 patients (73 %), après traitement. Les rapports sexuels sont plus faciles pour 9 patients (60 %).

Comme complication : hématomes superficiels suite à l’injection de PRP chez 2 de nos patients (13 %).


Conclusion

Les résultats positifs à court terme de notre série de traitement de la maladie de Lapeyronie par injection de plasma riche en plaquette sont encourageants tant sur le plan méthodologique (simplicité) que clinique (innocuité et efficacité) ainsi que la satisfaction des patients.

Traitement de l’hémorragie per-opératoire par coagulation endoscopique du tunnel parenchymateux au cours de la NLPC
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 777-778


Objectif

L’hémorragie est la complication la plus redoutée de la chirurgie rénale percutanée. Nous présentons une vidéo de notre expérience de la prise en charge de l’hémorragie du parenchyme rénal per-opératoire, par une cautérisation endoscopique percutanée du tunnel parenchymateux. Une électrode endoscopique n’est pas disponible. Ainsi, Une sonde urétérale 8-Ch, avec son mandrin métallique, est utilisée.


Méthodes

Une patiente âgée de 40 ans présentant une obstruction de la jonction pyélo-urétérale droite, est programmée pour une endopyéloplastie percutanée. Sous anesthésie générale, elle est placée dans la position latérale modifiée. Après, ponction calicielle, une dilatation « one-shot » est réalisée avec insertion d’une gaine d’Amplatz 24-Ch à l’exploration. La vision n’est pas optimale, secondaire à un saignement actif du parenchyme. Une coagulation du saignement est décidée, afin d’avoir une vision claire durant l’intervention. Une sonde urétérale 8-Ch, avec son mandrin métallique est utilisée comme électrode, à travers le néphoscope. Sous une irrigation de glycine, avec un courant de coagulation, les saignements du parenchyme sont cautérisés.


Résultats

La cautérisation électrique du tunnel parenchymateux percutané était possible en quelques minutes. L’électrode doit seulement effleurer le parenchyme. C’est un courant monopolaire, et si on exerce une pression, l’électrode risque de couper le parenchyme et provoquer plus de saignement. La vue endoscopique s’est améliorée et est devenue claire, ce qui a permis de poursuivre l’intervention et de réaliser l’endopyéloplastie. Le contrôle du tunnel parenchymateux, à la fin de l’intervention, a montré une hémostase parfaite. Cette cautérisation endoscopique a été utilisée avec succès chez 5 patients : 2-cas au début de l’intervention, pour avoir une vision claire ; et 3-cas, en fin d’intervention. Des alternatives pouvant être utilisées à la place d’une électrode endoscopique : un cathéter urétéral avec son stylet mandarin, un panier à bout rond. Un guide hydrophile dénudé…


Conclusion

La cautérisation électrique du tunnel parenchymateux percutané a été couronnée de succès, en utilisant un cathéter urétéral avec son stylet métallique. Cela a permis de poursuivre l’intervention. Est-ce que c’est efficace sur les saignements abondants ? Quel est l’effet de la coagulation sur le parenchyme ? Est-ce qu’on peut avoir une électrode bipolaire ? Plus d’expérience et d’études sont nécessaires.

Traitement de l’obstruction prostatique par aquablation : résultats à 1 an de l’étude Français-Water
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 715


Objectifs

L’aquablation est une nouvelle technique chirurgicale endoscopique de l’hyperplasie bénigne de la prostate (HBP) combinant guidage par image échographique et résection robotique par jet d’eau haute pression. L’objectif était d’évaluer les résultats périopératoires et fonctionnels à un an, obtenus par 3 chirurgiens sans expérience préalable de la technique aquabeam.


Méthodes

De septembre 2017 à janvier 2018, les patients référés dans 3 centres différents pour une prise en charge chirurgicale d’une HBP ont été inclus de manière prospective dans l’étude Français-Water (Clinical Trials.gov number NCT03191734).

L’aquablation a été réalisée à l’aide du système Aquabeam® (Procept BioRobotics, Redwood Shores, Californie, États-Unis). Le critère d’évaluation principal était le changement du score total IPSS à 6 et 12 mois. Les résultats fonctionnels ont été évalués à 1, 3, 6 et 12 mois avec les questionnaires IPSS, IIEF15, SHIM et MSHQ et la débitmétrie.


Résultats

Trente patients ont été inclus dans l’étude. Le temps opératoire médian et le temps de résection étaient respectivement de 30,5 (24–35) et 4 (3,1–4,9) min. La durée médiane de sondage vésical était de 43 (23–49) heures. La durée médiane d’hospitalisation était de 2 (2–4) jours. Le score IPSS s’est amélioré à 3 (1–6) à 6 mois, avec un changement moyen de −15,6 points (IC95 % : 13–18,2). L’amélioration de l’IPSS a persisté à 12 mois. Le débit mictionnel était de 20,4mL/s (17–26) à 12 mois. Le taux de complications (grade 2 et 3 selon Clavien–Dindo) à 6 mois était de 13,3 %. Aucun cas d’incontinence ni de dysfonctionnement érectile de novo n’a été signalé. Une dysfonction éjaculatoire de novo postopératoire a été observé chez 26,7 % des patients.


Conclusion

Cette étude a confirmé que l’aquablation était sûre, efficace et donnait de bons résultats fonctionnels immédiats, similaires à ceux publiés dans la littérature malgré l’inexpérience des chirurgiens avec la technique.

Traitement des calculs du greffon rénal par urétéroscope souple à usage unique en ex-vivo
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 778


Objectif

La découverte d’un calcul rénal chez un patient donneur vivant du rein est rare. Cette situation ne contre-indique pas le prélèvement, ni la greffe. La conduite à tenir ainsi que le timing du traitement du calcul ne sont pas bien codifiés. Faut-il le traiter avant et à distance du prélèvement ou en ex-vivo après néphrectomie et en ischémie froide ?


Méthodes

Nous rapportons un cas de calcul sur greffon rénal d’un donneur vivant traité dans notre formation en 2019. Les informations analysées ont intéressé les données cliniques, endoscopiques et radiologiques ainsi que la technique opératoire d’une néphrectomie laparoscopique, d’une urétéroscopie souple laser et de la greffe du rein.


Résultats

Il s’agit d’une patiente de 60 ans, sans antécédent, donneuse volontaire du rein à son fils. L’examen clinique était sans particularité, L’uroscanner a objectivé un calcul rénal gauche caliciel supérieur de 7mm de diamètre et 1100 UH de densité. Le rein controlatéral est sans particularité. La décision de l’équipe de transplantation était pour le prélèvement du rein gauche et le traitement du calcul rénal en ex-vivo. La néphrectomie gauche a été réalisée par voie laparoscopique; après préparation du greffon, une urétéroscopie souple laser a été réalisé avec fragmentation du calcul et nettoyage complet du rein en une durée de 17min, le rein a été greffé avec une anastomose vasculaire au niveau des vaisseaux iliaques externes et une réimplantation urétéro-vésicale type Leich Grégoire protégée par une endoprothèse.


Conclusion

Le traitement des calculs du greffon rénal par urétéroscopie souple en ex-vivo semble être une bonne alternative à l’urétéroscopie souple isolée à distance du prélèvement en particulier chez le donneur vivant et entre des mains expérimentées en urétéroscopie souple.

Traitement du cancer de prostate localisé de risque faible/intermédiaire de D’Amico par cryoblation en glande entière vs hémi-ablation : comparaison des taux de retraitement et des résultats fonctionnels
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 761


Objectifs

L’objectif était de comparer les taux de retraitements et les résultats fonctionnels après cryoablation prostatique en glande entière versus hémiablation, en tant que traitements de première ligne du cancer de prostate localisé de risque faible/intermédiaire de D’Amico.


Méthodes

Étude rétrospective monocentrique incluant tous les patients traités par cryothérapie, pour un cancer de prostate localisé de risque faible/intermédiaire de D’Amico de 2010 à 2018. L’hémi-ablation était proposée en cas de cancer de prostate unilatéral prouvé par biopsie prostatique et IRM prostatique.

Une récidive était suspectée en cas d’augmentation du PSA supérieure à PSA nadir+2ng/mL. Tous les patients suspects de récidive ont eu une IRM prostatique, une série de biopsie prostatique systématique+ciblées en fonction des données de l’IRM. Le critère de jugement principal était le recours à un traitement de deuxième ligne (systémique ou local). Les critères de jugements secondaires étaient les taux de complication périopératoires et les résultats fonctionnels.


Résultats

Soixante-six patients ont été inclus : 40(61 %) cryoablations glande entière (CGE) et 22 (39 %) cryo-hémi-ablation (CHA). L’âge médian au traitement était respectivement de 74 vs 76 ans (p =0,08). Les risques faible et intermédiaire de D’Amico étaient respectivement 15 et 85 % vs 23 et 77 % (p =0,75). Les suivis médians étaient de 41 vs 27 mois (p =0,03). La survie à 4 ans sans traitement de deuxième ligne était de 69 % après CGE vs 53 % après CHA (p =0,73). Les complications Clavien ≤ 2 étaient 23 % vs 48 % après CGE vs CHA (p =0,04). Aucune complication Clavien ≥ 3 ni fistule rectale n’ont été rapportées. Les continences urinaires précoces et à 1 an étaient 60 et 83 % après CGE, vs 72 et 83 % après CHA (p =0,26). Une dysfonction érectile de novo est apparue après traitement pour 75 % des patients traités par CGE vs 46 % après CHA (p =0,33).


Conclusion

Dans une série rétrospective de cryoablation pour cancer de prostate localisé de risque faible–intermédiaire de D’Amico, l’hémicryoablation était associé à des taux de traitement de deuxième ligne comparable au traitement glande entière pour des patients strictement sélectionnés.

Traitement focal transrectal par micro-onde du cancer de la prostate localisé de risque faible et intermédiaire : résultats préliminaires
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 760-761


Objectifs

L’objectif de cette étude était de tester la faisabilité, la précision et la sécurité d’un traitement transrectal de la tumeur index par micro-onde, guidée par fusion d’image élastique IRM-échographie, chez 10 patients ayant un cancer de la prostate de risque faible ou intermédiaire.


Méthodes

Les patients éligibles devaient avoir un PSA<15ng/mL, une tumeur index à plus de 5mm du rectum, et ayant un score de Gleason ≤ 3+4. Le système de guidage par cartographie 3D Trinity (KOELIS) était utilisé pour le diagnostic, le traitement et le suivi. Un applicateur de 18G délivrait les micro-ondes par voie transrectale sous anesthésie générale. Le critère d’évaluation principal était la nécrose complète du volume cible sur l’IRM à j7. Les critères d’évaluation secondaire étaient la tolérance urinaire et sexuelle. Des biopsies ciblées étaient réalisées dans la zone traitée à 6 mois.


Résultats

Les caractéristiques cliniques et carcinologiques sont résumées dans les Tableau 1, Tableau 2. La totalité des patients ont pu être traités selon le protocole. La durée moyenne de l’anesthésie générale était de 82 (44–170) minutes. Aucune douleur ni aucun autre effet indésirable n’a été observé en postopératoire immédiat et pendant la durée de l’étude. Les mictions ont repris de manière spontanée dans les deux heures suivant l’intervention. À j7, le volume de nécrose recouvrait totalement le volume cible chez 8 (80 %) patients. Après un suivi de 6 mois, aucune modification des scores IPSS et IIEF5 n’a été observée (Tableau 3). Les biopsies réalisées dans la zone présumée traitée montraient la persistance de cancer de Gleason 3+3 et 3+4 chez 3 (30 %) et 2 (20 %) patients, respectivement.


Conclusion

Ces résultats suggèrent que le traitement transrectal par micro-onde guidé par fusion d’image IRM-échographie est faisable, précis et bien toléré. Plus de patients sont nécessaires pour mieux évaluer le résultat carcinologique à long terme.

Transplantation rénale avec donneurs à critères élargis : une augmentation du risque de complications urétérales ? Étude à partir de 10 279 patients
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 676


Objectifs

La pénurie actuelle de greffons rénaux et l’augmentation du nombre de patients sur les listes d’attente, nous fait nous orienter vers de nouvelles populations de donneurs dont les donneurs à critères élargis (ECD). Bien que leur proportion est en constante augmentation, leur implication en termes de complications urologiques et urétérales a peu été étudiée. L’objectif de ce travail est d’évaluer l’impact des ECDs sur les complications urologiques.


Méthodes

Entre le 1er janvier 2002 et le 31 décembre 2017, 10 279 transplantations rénales sur des receveurs Majeurs ont été recensées au sein du réseau Données Informatisées et VAlidées en Transplantation (DIVAT). Une extraction de données a été réalisée sur l’ensemble du réseau et a concerné 137 variables pré-, per- et postopératoires sélectionnées pour leur intérêt dans la littérature dont le statut extended criteria donor (ECD)/standard criteria donor (SCD). Les critères de définitions d’un ECD ont été ceux de l’United Network for Organ Sharing's (UNOS). Une analyse a été réalisée en univariée, puis en multivariée. L’analyse principale a porté sur l’association entre le statut ECD du donneur et l’ensemble des complications urologiques à 1an puis parmi les sous-groupes sténoses, fistules et reflux.


Résultats

Le statut ECD du donneur est significativement associé à une augmentation du risque de complications urologiques à 1 an en analyse univariée (OR : 1,66 [1,47–1,88], p <0,001, RR : 1,374) comme en analyse multivariée (OR : 1,50 [1,31–1,71], p <0,001). L’analyse secondaire montre que le statut ECD est significativement associé aux sténoses urétérales à 1 an (OR : 1,70 [1,40–2,05], p <0,001, RR : 1,498), aux fistules urétérales à 1 an (OR : 1,62 [1,30–2,03], p <0,001, RR : 1,504) mais pas aux reflux urétéraux à 1 an (OR : 0,89 [0,62–1,27], p <0,532). La perfusion des transplants rénaux sur machine pulsatile hypothermique ne permet pas une diminution du risque de complications urologiques à 1 an. La mise en place d’une sonde JJ confirme son intérêt dans la prévention des complications urologiques.


Conclusion

Le statut ECD du donneur est un facteur de risque majeur de complications urologiques à 1 an, et principalement de sténoses et de fistules urétérales. La réalisation d’une transplantation rénale avec utilisation d’un greffon issu d’un donneur ECD doit probablement faire envisager une surveillance rapprochée et des mesures préventives systématiques afin de diminuer le sur-risque associé.

Transplantation rénale de donneur vivant : comparaison des organisations chirurgicales séquentielles et simultanées
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 675


Objectifs

L’objectif était de comparer les résultats des transplantations rénales de donneurs vivants (TRDV) réalisées soit séquentiellement, dans une seule salle d’opération, entraînant une augmentation de l’ischémie froide (IF), soit simultanément, dans deux salles d’opération différentes, avec une IF plus courte.


Méthodes

Nous avons inclus rétrospectivement toutes les néphrectomies et TRDV, réalisées de mars 2010 à mars 2014, dans trois centres universitaires français. Dans le premier (C1), les TRDV ont été réalisées de manière séquentielle (groupe séquentiel) et dans les deux autres (C2 et C3), les TRDV ont été réalisées de manière simultanée (groupe simultané).


Résultats

Au total, 324 TRDV ont été effectués : 176 TRDV dans le groupe séquentiel et 148 TRDV dans le groupe simultané. Les caractéristiques des patients étaient similaires dans les deux groupes, à l’exception du côté gauche de la néphrectomie, de l’incompatibilité ABO et du taux de TR antérieure, qui étaient plus élevés dans le groupe séquentiel. L’IF, l’ischémie tiède, le taux de transfusion et le taux de retard de reprise de fonction (RRF) étaient statistiquement plus élevés dans le groupe séquentiel. La créatinémie, la clairance de la créatinine et la survie des transplants étaient équivalents à un an et à cinq ans. À l’analyse univariée, aucun facteur prédictif de fonction rénale sous-optimale (<45mL/min/1,73 m2) à 5 ans n’a été identifié.


Conclusion

L’organisation chirurgicale séquentielle présente les mêmes résultats fonctionnels que l’organisation chirurgicale simultanée. Le taux de RRF était plus élevé pour les TRDV effectuées séquentiellement, mais à 5 ans, la survie des transplants et la clairance étaient similaires.

Transplantation rénale robot-assistée en utilisant le système Firefly® pour évaluer la perfusion du greffon
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 779


Objectif

Description de la technique de transplantation rénale robot-assistée en utilisant le vert d’Indocyanine et le système Firefly® pour évaluer la perfusion du greffon.


Méthodes

Après avoir réalisé un side-docking du robot Da Vinci X, les vaisseaux iliaques externes gauches ont été disséquées et laquées. Le rein droit d’un donneur décédé a été préparé dans un sac de glace puis inséré dans la cavité abdominale du receveur au travers du Système Alexis®. Une anastomose termino-latérale veino-veineuse a été réalisée par 2 hémi-surjets de Gortex® 5–0 après double clampage de l’artère iliaque externe par un clap bull-dog robot. L’anastomose artério-artérielle a été réalisée de façon similaire. La réimplantation urétéro-vésicale type Lich-Grégoire a été réalisée avec 2 hémi-surjets de Vicryl 4/0, après avoir positionnement per-opératoire rétrograde d’une sonde JJ.


Résultats

Trois patients ont été opérés d’une greffe rénale robot-assistée en utilisant le systeme Firefly® pour l’évaluation de la perfusion du greffon. La durée opératoire moyenne a été de 168minutes, le temps d’ischémie chaude chez le receveur a été de 68minutes et les pertes sanguines de 103mL. Les receveurs ont normalisé leur créatininémie en moyenne au 14e jour. Les patients sont sortis en moyenne au 14e jour. Un patient a présenté une complication Clavien II, les 2 autres patients n’ont pas présenté de complications. Le Système Firefly® a permis d’évaluer la perfusion du greffon pour les 3 patients.


Conclusion

La transplantation rénale robot-assistée en utilisant le Système Firefly et le vert d’Indocyanine est une technique faisable permettant une bonne évaluation de la perfusion du greffon.

Transplantation rénale robot-assistée : mise à jour d’une série monocentrique de 28 cas
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 676-677


Objectifs

Les patients obèses sont souvent contre-indiqués pour une greffe par laparotomie. La voie robot-assistée rend la greffe accessible à cette population. Nous présentons une mise à jour des résultats péri- et postopératoires de notre série de 28 cas.


Méthodes

Étude prospective, monocentrique débutée en décembre 2015 évaluant les résultats périopératoires et postopératoires de la TR robot-assistée. Au début de l’expérience tous les patients étaient concernés par cette technique, depuis septembre 2016, seuls les patients obèses ou avec un périmètre abdominal>105cm contre-indiqués à la TR par laparotomie sont concernés par cette technique (Fig. 1) dans notre centre.


Résultats

Vingt-huit patients ont été inclus, 8 femmes et 20 hommes avec un âge moyen de 54,04 ans (32–75), IMC moyen de 32,08kg/m2 (30–40), une créatinine moyenne pré-transplantation à 533 micromole/L (269–919), DFG 10,96mL/min/1,73 m2 (4–24), un score ASA moyen de 2. La durée opératoire moyenne était de 158min (110–300) avec une durée moyenne pour les anastomoses vasculaires de 31min (17–43) et une perte sanguine moyenne<150mL. Le temps d’ischémie chaude était de 44min (28–55). Un patient avait 2 artères rénales. Trois patientes ont eu une voie d’abord vaginale. Une patiente a eu une conversion en laparotomie pour mauvaise position du greffon. Sept jours après la greffe la créatinémie médiane était à 149 micromole/L (105–850). La durée moyenne d’hospitalisation était de 6jours (4–8) (Tableau 1, Tableau 2).


Conclusion

Les principaux avantages de cette voie d’abord semblent se retrouver sur la qualité du geste anastomotique et sur la rapidité de récupération postopératoire. Cette voie d’abord robot-assistée ouvre des perspectives aux patients obèses morbides habituellement contre-indiqués à la transplantation rénale.

Traumatisme rénal pénétrant : la gestion non opératoire est sûre chez certains patients (à propos de 22 cas)
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 657


Objectifs

La littérature actuelle semble soutenir la gestion non opératoire des traumatismes rénaux pénétrants bien que les données restent limitées.


Méthodes

Nous avons mené une étude rétrospective de treize ans (janvier 2006 et décembre 2018) sur la gestion non chirurgicale par opposition à chirurgicale avec mesure du score médian de gravité des lésions chez des patients admis pour un traumatisme rénal pénétrant.


Résultats

Sur l’âge de 22 patients, l’âge médian était de 26 ans. La majorité d’entre eux étaient des hommes et avaient subi des blessures graves. La majorité (63 %) des patients ont été traités de manière non opératoire. Comparés à tous les patients opérés combinés, les patients non opérés présentaient un score médian de gravité de la blessure inférieur (18 vs 27, p <0,001), une exigence transfusionnelle moins élevée (31 % contre 69 %, p <0,001), une durée médiane de séjour à l’hôpital plus courte jours, p <0,001, aucun cas de décès dans notre série.


Conclusion

La prise en charge non opératoire des lésions rénales pénétrantes est sûre chez certains patients. En outre, les lésions rénales avec une instabilité hémodynamique sont associées à une morbidité et une mortalité plus grandes.

Traumatismes du bas appareil urinaire lors des accidents de la route. Épidémiologie, présentation clinique, suivi à court et moyen terme de 591 cas
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 653-654


Objectifs

Les accidents de la route sont la première cause de traumatismes des voies génito-urinaires. Il n’existe que très peu de données concernant les traumatismes du bas appareil génito-urinaire (TBAGU). Le principal objectif de cette étude était d’évaluer l’incidence et les présentations cliniques des TBAGU lors des accidents de la route. L’objectif secondaire était de définir des facteurs prédictifs de traumatisme ainsi que des associations de lésions.


Méthodes

Les patients étaient recrutés via le registre départemental des traumatisés de la route entre 1995 et 2015. Nous avons étudié les TBAGU en fonction des catégories d’utilisateur. La sévérité des lésions était appréciée par le score « Abbreviated Injury Scale ». Les présentations cliniques, radiologiques et chirurgicales étaient recueillies dans le dossier médical. Un modèle de régression multivarié était utilisé pour l’analyse des données et une méthode de régression logistique multiple avec pénalité, était utilisée pour définir les associations de lésions (DataShared-SepLogit method).

Parmi les 178 625 victimes, 591 (0,33 %) présentaient des TBAGU. Cinquante-trois pour cent des patients étaient des conducteurs de deux-roues motorisées (C2RM), 26,4 % étaient des cyclistes.


Résultats

Chez les 312 C2RM, les lésions testiculaires (60 %)et scrotales (24 %) étaient les plus fréquentes.

Chez les 156 cyclistes, les lésions péniennes étaient les plus fréquentes (27 %). Chez les automobilistes on dénombra principalement des lésions vésicales (46 %) et testiculaires (20 %). Comparativement aux femmes, être un homme était un facteur de risque de TBAGU pour les C2RM (RR=4), les automobilistes (RR=3) et les piétons (RR=2). Pour les cyclistes, être un homme était un facteur de protection.

Une association entre les lésions testiculaires et pénienne a été retrouvée pour les automobilistes et les cyclistes. Les lésions vésicales étaient associées aux fractures pelviennes chez les piétons et les automobilistes. Le taux de sauvetage testiculaire pour les patients bénéficiant d’une chirurgie après un traumatisme testiculaire fermé était de 64 % (7 sutures de l’albuginées réalisée sur 11 fractures testiculaires) contre 33 % pour les traumatismes ouvert (Tableau 1, Tableau 2 et Fig. 1).


Conclusion

Parmi les 178 625 victimes, 591 (0,33 %) présentaient des TBAGU. La majorité était des conducteurs de deux-roues motorisées et l’organe le plus touché était le testicule (41 %), le scrotum (20 %) et le pénis (15 %).

Des associations de lésions ont étés retrouvés grâce à la nouvelle méthode “DataShared-SepLogit”, cela pourrait être étendue aux autres organes et faciliter les diagnostics des polytraumatisés.

Traumatismes du rein
Renal Trauma
2019
- Réf : Prog Urol, 2019, 15, 29, 936-942


Introduction

Les traumatismes rénaux sont fréquents, retrouvés dans 10 % de l’ensemble des traumatismes abdominaux. Ils sont majoritairement fermés, en rapport avec un choc direct ou une décélération brutale.


Matériel et méthodes

Nous avons une réalisé une synthèse de la prise en charge des traumatismes du rein à destination des infirmières et infirmiers.


Résultats

Les signes cliniques les plus fréquents sont l’hématurie et la lombalgie. Le meilleur examen diagnostique est l’uroscanner. La classification la plus utilisée est celle de l’American Association for the Surgery of Trauma (AAST) qui classe les traumatismes rénaux en 5 grades de gravité croissante sur la base des images scannographiques. Le traitement est conservateur dans l’immense majorité des cas et s’est largement simplifié ces dernières années, étant essentiellement basé sur une surveillance clinique. Les traitements radio-interventionnels et endoscopiques sont réservés à des cas très sélectionnés et le recours à l’exploration chirurgicale est exceptionnel.


Conclusion

Le pronostic s’est également considérablement amélioré et les traumatismes rénaux aboutissent désormais très rarement au décès ou à la perte du rein.


Introduction

Renal traumas are common, observed in 10% of patients with abdominal trauma. Most renal traumas are blunt, resulting from a direct hit or from an abrupt deceleration.


Material and methods

We realized a synthesis of renal trauma management for nurses.


Results

Clinical presentation often encompasses gross hematuria and lumbar pain. The best diagnostic tool is computed tomography (CT) urogram. Based on CT urogram images, renal traumas are classified according to the American Association for the Surgery of Trauma (AAST) classification in five grades of increasing severity. The management is conservative in the vast majority of cases and has been largely simplified over the past few years, being now mostly based on observation. Radiological interventional and endoscopic procedures are used only in very selected cases and surgical exploration has become extremely rare.


Conclusion

The prognosis has also considerably improved and renal trauma rarely result in death or loss of the kidney nowadays.

Traumatismes scrotaux : intérêt de l’échographie préopératoire dans la prédiction de la rupture de l’albuginée
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 654-655


Objectifs

Les contusions scrotales représentent des traumatismes assez fréquents touchant des sujets jeunes, avec des répercussions psychologiques, sur l’image du corps et sur la fertilité. L’intérêt de l’échographie dans le cadre de l’urgence reste controversé. L’objectif de notre travail est d’étudier les données cliniques, échographiques et opératoires des contusions scrotales et d’évaluer l’apport de l’échographie dans la description des lésions traumatiques.


Méthodes

Il s’agit d’une étude monocentrique, rétrospective, colligeant les contusions scrotales opérées de janvier 2012 à janvier 2019. Les données cliniques, échographiques et opératoires ont été recueillies. Le critère principal d’évaluation était la rupture de l’albuginée, dont la concordance entre l’échographie et la chirurgie était évaluée selon la méthode Kappa. Les valeurs prédictives positives et négatives, la sensibilité et la spécificité pour la présence d’une rupture de l’albuginée étaient évaluées pour un ensemble de données échographiques : l’hématome scrotal, l’hématocèle, la régularité des contours testiculaires, la fracture testiculaire, l’hématome testiculaire et l’intensité du signal doppler.


Résultats

Parmi 103 patients opérés, 90 patients étaient inclus dans l’étude. L’âge moyen était de 27,53 ans (14–79 ans). Le délai moyen de consultation était de 2,62jours. L’agression était la circonstance du traumatisme dans 39 cas. L’hématocèle était constatée cliniquement dans 62 cas (68,9 %) avec une sensibilité à 0,82 et une spécificité à 0,47 pour prédire la rupture de l’albuginée. L’échographie était pratiquée chez 69 patients (76,7 %). L’index de concordance entre la rupture de l’albuginée à l’échographie et à la chirurgie était de 57 %. L’hématocèle échographique était le signe le plus sensible pour prédire de la rupture de l’albuginée (sensibilité à 95 %). Les signes échographiques les plus spécifiques étaient la fracture testiculaire (93 %), l’hématome testiculaire (82 %) et l’altération du doppler couleur (79 %) (Tableau 1).


Conclusion

L’hématocèle de moyenne à grande abondance devrait justifier une exploration scrotale sans complément échographique, vue sa sensibilité élevée pour prédire de la rupture de l’albuginée. Lorsque l’hématocèle n’est pas évidente cliniquement, l’échographie montre son intérêt au moyen des signes indirects spécifiques de la rupture de l’albuginée, tels que l’hématome testiculaire, la fracture du testicule, et les anomalies du doppler.

Troubles mictionnels dans la maladie de Chagas chronique : présentation clinique et urodynamique
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 766-767


Objectifs

La maladie de Chagas touche plus de 8 millions de patients dans le monde, dont seulement 1 % ont accès au traitement. La plupart des travaux de recherche se sont concentrés sur l’étude des atteintes cardiaques et digestives, les atteintes urinaires ayant été jusqu’à présent négligées.


Méthodes

Une étude épidémiologique, descriptive et transversale a été menée sur une cohorte de patients boliviens, présentant une forme symptomatique de la maladie de Chagas chronique. Cette étude, approuvée par le Comité national de bioéthique de La Paz, a été déclarée sur Clinical Trials sous le numéro NCT03189056. Tous les patients inclus ont bénéficié d’une évaluation clinique par questionnaire de symptômes (IPSS et ICIQ SF), débitmétrie, échographie de l’appareil urinaire et évaluation de la fonction rénale par dosage de la créatininémie plasmatique. Lorsque ce bilan de première intention était pathologique, un bilan urodynamique complet était proposé, incluant une cystomanométrie, une étude pression-débit et une profilométrie urétrale.


Résultats

Parmi les 137 patients inclus, 35 (26 %) présentaient une cardiomyopathie chagasique, 81 (59 %) un méga-côlon, et 21 (15 %) un méga-côlon associé à une cardiomyopathie. L’âge médian était de 46 ans [22–60]. Au total, 63 % présentaient des troubles mictionnels définis par un score IPSS>7 et/ou un ICIQ SF>1. Parmi eux, 62 % présentaient une incontinence urinaire, principalement par hyperactivité vésicale, et 44,5 % présentaient une insuffisance rénale de grade 2 ou 3. Parmi les 49 patients ayant bénéficié du bilan urodynamique complet, 34 présentaient une hyperactivité détrusorienne (69 %), principalement le groupe de patients présentant une colopathie chagasique. La capacité vésicale fonctionnelle médiane, la pression de clôture urétrale et la compliance vésicale étaient majoritairement normales. De plus, 36 % des patients présentaient une hypocontractilité vésicale modérée, sans résidu post-mictionnel significatif (Fig. 1 et Tableau 1, Tableau 2).


Conclusion

Cette étude, la première à s’être intéressée à la symptomatologie urologique dans la maladie de Chagas, souligne la forte prévalence de l’incontinence urinaire par hyperactivité vésicale chez les patients présentant un méga-côlon, pathologie accessible à un traitement efficace améliorant la qualité de vie. Il paraît licite de proposer un dépistage des troubles mictionnels à tous les patients présentant une colopathie chagasique.

Tumeurs rénales bilatérales synchrones de haut volume, faisabilité d’une prise en charge conservatrice impérative par voie mini-invasive
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 777


Objectif

Les tumeurs rénales bilatérales synchrones de haut volume posent la problématique de leur prise en charge. Nous avons étudié la faisabilité d’une prise en charge conservatrice par double néphrectomie partielle laparoscopique, robot-assistée.


Méthodes

Nous avons étudié le cas de trois patients, présentant tous une tumeur rénale bilatérale synchrone volumineuse, de complexité chirurgicale élevée. Ils ont bénéficié d’une prise en charge en deux temps, le côté controlatéral étant opéré quatre à six semaines après le premier, sans clampage artériel et donc sans ischémie, avec dévascularisation tumorale sélective, afin de préserver au maximum la fonction rénale. Les interventions chirurgicales étaient assistées par modélisation tridimensionnelle pré-opératoire, échographie et fluoroscopie per-opératoires.


Résultats

Ces trois patients ont tous eu une évaluation de leur clairance pré et post-opératoire. Toutes les interventions ont permis de conserver la fonction rénale post-opératoire. Les résultats carcinologiques étaient bons avec des marges de résection négatives et une absence de récidive tumorale scanographique au dernier suivi, compris en six mois et trois ans selon les patients. L’état général post-opératoire des patients, évalué par le score ECOG, était également comparable à celui en pré-opératoire.


Conclusion

La prise en charge conservatrice mini-invasive des tumeurs rénales bilatérales synchrones et volumineuses est réalisable et souhaitable. Elle était bien tolérée, avec des durées d’hospitalisation courtes et un maintien du bon état général des patients. Elle a conduit à des résultats carcinologiques excellents, tout en permettant la préservation de la fonction rénale.

Tumeurs testiculaires de l’enfant : à propos de 12 cas
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 651


Objectifs

Les tumeurs testiculaires représentent 1 % des tumeurs solides chez les enfants. Le but de cette étude est de décrire les caractéristiques de ces tumeurs et leur évolution chez les enfants traités pour des tumeurs testiculaires.


Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective des dossiers des enfants âgés de moins de 14 ans traités pour une tumeur testiculaire dans notre région de 1990 à 2017.


Résultats

Douze cas ont été recueillis l’âge moyen était 3,2 ans (8 étaient<2 ans). Les circonstances de découverte étaient une augmentation du volume testiculaire indolore (10 cas), cryptorchidie (un cas) et fortuite (un cas). L’alpha-fœtoprotéine pratiquée chez 7 patients était élevé chez 4. L’échographie a montré une masse testiculaire dans tous les cas. Le traitement initial consistait en une orchidectomie inguinale (8 cas), scrotale (3 cas) et une énucléation (un cas). L’anatomopathologie a conclu à une tumeur du sac vitellin (6 cas), tératome (3 cas) et tumeur stromale (2 cas) et kyste épididymaire (un cas), classée stade I dans 11 cas et stade IIb dans un cas. Quatre patients ont reçu une chimiothérapie adjuvante. L’évolution était simple chez 11 patients et un patient a présenté un nodule pulmonaire nécessitant une intervention chirurgicale avec évolution favorable.


Conclusion

Une augmentation progressive du volume testiculaire devrait faire évoquer le diagnostic de tumeur testiculaire. Le type de tumeurs testiculaires chez les enfants pré-pubères diffère de celles après la puberté. Le pronostic est favorable.

Tumorectomies rénales multiples : analyse comparative appariée des voies robotiques et ouvertes (UroCCR study n o °60)
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 728-729


Objectifs

Au diagnostic de tumeur rénale, 5–25 % des patients ont une forme multifocale. Ils sont souvent jeunes, s’inscrivant dans des formes familiales, parfois sévères, avec un haut risque de récidive. La préservation du parenchyme rénal est un enjeu fondamental. Notre objectif était d’évaluer les résultats de la voie laparoscopique avec assistance robotique pour tumorectomies multiples.


Méthodes

Il s’agit d’une analyse rétrospective comparative, multicentrique. Les données cliniques ont été collectées prospectivement après consentement écrit dans la base de données française UroCCR (CNIL DR 2013-206 ; NCT03293563). Tous les cas de tumorectomies multiples réalisés ont été recensés. Une comparaison des voies robot-assistée (RPN) et ouverte (OPN) a été réalisée après appariement 1 :1 sur l’âge, le sexe, et le score RENAL, pour les taux de complications per- et postopératoires, l’évolution de la fonction rénale ainsi que le taux de récidive locale. Les variables quantitatives et qualitatives ont été comparées selon les tests de Student et du Chi2, respectivement. Différence significative p <0,05.


Résultats

Cent quarante-huit tumorectomies multiples ont été analysées. Les 2 groupes étaient comparables pour l’âge, sexe, score ASA, IMC, créatininémie préopératoire, nombre de tumeurs, taille tumorale, et complexité tumorale selon RENAL. Concernant les critères de jugement peropératoires, différence significative sur les pertes sanguines en faveur de la voie robot-assistée (276mL vs 383mL, p =0,022). Pas de différence significative en termes de durée opératoire, ni de taux et durée de clampage. Aucune différence significative en termes de complications postopératoires selon Clavien (5 vs 8, p =0,999), taux de marges chirurgicales positives (6 vs 4, p =0,999), taux de récidive locale (9 vs 8, p =0,999). La voie robot-assistée présente un bénéfice significatif sur l’évolution postopératoire de créatininémie (116μmol/L vs 142μmol/L, p =0,026) et sur sa variation par rapport au taux préopératoire (+19μmol/L vs +45μmol/L, p =0,006), ainsi que sur la durée d’hospitalisation (4,4jours vs 7,5jours, p <0,001) (Tableau 1, Tableau 2).


Conclusion

Une seule étude comparative rétrospective, monocentrique (Yerram-Cleveland, 2018) analysant 110 patients, a été publiée sur le sujet, rapportant une différence significative en faveur de la voie robotique seulement sur la durée d’hospitalisation. Notre étude comparative appariée sur 148 patients rapporte un avantage significatif de la voie robot-assistée sur les pertes sanguines, la durée d’hospitalisation, et la préservation de la fonction rénale.

Un modèle à base de rein bovin pour l’apprentissage de la néphrectomie partielle
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 775


Objectif

La préservation néphronique est recommandée pour les tumeurs rénales localisées au rein. En plus, elle est optionnelle même dans les stades avancés. Pour promouvoir cette technique nous avons développé un modèle à base d’un rein de veau et nous l’avons utilisé pour la formation au service et durant un atelier au congrès annuel. Nous présentons une vidéo de notre expérience de l’enseignement sur ce modèle.


Méthodes

Pour l’enseignement de la néphrectomie partielle, nous utilisons un modèle utilisant un rein de veau de boucherie, non préparé, complet avec sa capsule et ses vaisseaux. Une tubulure de perfusion est connectée à l’artère rénale, avec perfusion d’une solution colorée. Un sac à urine est connecté à la veine rénale. L’un des lobules rénaux sera considéré comme une tumeur, et la tumorectomie c’est la résection de ce lobe. Les différentes techniques de néphrectomie partielle, et de reconstructions du parenchyme sont enseignées. Ce modèle a été utilisé au service pour la formation continue des jeunes urologues et au cours de 3 ateliers, lors d’un congrès annuel.


Résultats

Ce modèle est réaliste. Il permet de reproduire les étapes de la néphrectomie partielle. Presque toutes les techniques de néphrectomie partielle sont possibles, sauf l’énucléation. La dissection du lobe est un peu plus difficile que la dissection d’une vraie tumeur, celle-ci a un plan de clivage. Ce modèle permet aussi la formation à la reconstruction rénale. Ce modèle est utilisé dans le cadre d’une chirurgie ouverte. Mais nous pensons qu’il peut être utilisé dans la formation laparoscopique. Plus de 40 participants se sont entraînés sur ce modèle. Les évaluations soumises par les participants aux formations ont révélé un degré de satisfaction élevé quant à l’efficacité du modèle dans l’application de la chirurgie de conservation néphronique. La formation sur ce modèle leur avait donné plus de confiance pour développer cette chirurgie.


Conclusion

Ce modèle est réaliste. Il reproduit la plupart des techniques de néphrectomie partielle. Ce modèle est utilisé pour la chirurgie ouverte. Nous pensons qu’il peut-être utilisé aussi pour formation laparoscopique. Il offre un environnement peu stressant qui offre une opportunité pour la performance supervisée et répétitive des compétences techniques essentielles. Cependant, des études comparatives sont nécessaires pour son évaluation.

Un nouveau mode d’étude de terrain : la RCP sentinelle (RCPs)
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 758


Objectifs

En France, l’analyse des bases de données médico-économiques en onco-urologie ne détaille généralement pas la motivation des prises de décision. Les RCP rassemblent plusieurs disciplines médico-chirurgicales hautement spécialisées dont la collaboration permet le recueil de données fiables et exhaustives. L’objectif des RCPs était le dénombrement et l’étude descriptive épidémiologique de situations de soins complexes et des modalités de leur prise en charge en onco-urologie.


Méthodes

Le recrutement des RCPs s’appuie sur le volontariat et la détermination des RCP à étudier une thématique sélectionnée. Une fois la RCP sélectionnée pour un projet, une demande de participation a été adressée aux coordinateurs de celle-ci. Le premier sujet d’étude retenu a été le cancer de la prostate métastatique (CaPm). La sélection des RCPs s’est échelonnée entre le 1er septembre 2017 et le 31 décembre 2017. Une fois l’accord de la CNIL et du CPP obtenu une étude pilote nationale épidémiologique descriptive a pu être lancée sur le thème du CaPm.


Résultats

Sur les 150 RCP contactées, 72 RCP ont répondu favorablement à leur inclusion dans le projet d’étude du CaPm. Il s’agissait de 35 centres privés et 37 centres publics. Tous les patients nouvellement ou secondairement métastatiques présentés en RCP entre janvier 2018 et novembre 2018 ont été inclus (650 dossiers analysés en mai 2019). L’objectif était de faire une image des pratiques en France concernant le diagnostic, le traitement et le suivi des patients. Un questionnaire comportant des données cliniques, biologiques, d’imagerie et les décisions prises lors de la RCP a été remis aux différents centres. Les données ont été collectées à l’inclusion, au 3e et au 6e mois de suivi. Une base de données informatisée nationale a été créée permettant l’export des données anonymisées et leur analyse.


Conclusion

Les RCP sentinelles permettent de fournir des informations spécialisées de « vraie vie » permettant de caractériser la fréquence de survenue et les prises en charges proposées pour certaines situations en onco-urologie. Plusieurs projets sont en cours (enquêtes, examen de cas cliniques complexes) suivant ce concept, le premier concernant le CaPm devrait fournir ses résultats d’ici la fin de l’année.

Un nouveau tuteur urétral prostatique pour remplacer la sonde à demeure chez l’homme en rétention aiguë ou chronique d’urine. Étude de faisabilité multicentrique chez les 50 premiers patients
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 714-715


Objectifs

Étude de faisabilité de la pose d’un nouveau tuteur urétral prostatique temporaire par simple manipulation manuelle chez l’homme en rétention aiguë ou chronique d’urine en remplacement de la sonde à demeure (SAD).


Indication

Échec de sevrage de SAD chez 50 patients. Pose du dispositif par simple manipulation manuelle, à la place d’une nouvelle SAD après instillation gel lubrifiant ; pas de cystoscopie, ni échographie, ni radiologie.


Méthodes

Calibrage urètre pénien et bulbaire avec bougie CH 22, verge au zénith, pour mesure de profondeur d’insertion jusqu’à la perception de la butée de la bougie contre le mur postérieur de l’urètre bulbaire. Insertion du dispositif avec tuteur, verge au zénith, jusqu’à perception de la butée du dispositif contre le mur postérieur de l’urètre bulbaire. Retrait du dispositif d’insertion. Section du fil de retrait du tuteur à 3mm du méat urétral. Facilité d’insertion d’après l’opérateur 49/50 (98 %). Courbe d’apprentissage estimée par les opérateurs : 1 patient. Miction immédiate d’urine claire 49/49 (100 %). Absence de fuites urinaires 49/49 (100 %). Débit maximum : 11mL/s.


Résultats

Confort satisfaisant pendant le mois avec tuteur en place (pas de médicament) 48/49 (97 %). Infection : prostatite aiguë 1/49 (2 %). Migration : 1/49 (2 %) expulsion. Retrait facile du tuteur après 1 mois : 48/48 (100 %). Incrustation 0/48 (0 %). Ce tuteur prostatique innovant est un modèle unique pour toute prostate de volume<150 cm3 ou hauteur apex-col vésical<7cm. Son insertion est facile par simple manipulation manuelle. Le bon positionnement est vérifié juste après la pose par la miction immédiate et l’absence de fuite d’urine lors du passage du la position couchée à la position debout. Il est bien toléré du fait de l’absence de ballonnet au niveau du trigone et facile à retirer par simple traction sur le fil de sécurité et de retrait (Fig. 1).


Conclusion

Les indications sont multiples : usage unique pour le traitement de la rétention spontanée ou la prévention de la rétention induite par agent thérapeutique physique responsable d’œdème prostatique après traitement par ultrasons focalisés de haute intensité, radiothérapie hypo-fractionnée ou encore implantation de particules radioactives. Comme test de sélection des patients non obstrués et ne justifiant pas de traitement chirurgical endoscopique.

Urétérectomie distale gauche avec réimplantation urétéro-vésicale sur vessie psoïque et curage pelvien étendu par voie coelioscopique robot assisté
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 783


Objectif

Patient présentant une insuffisance rénale chronique sur une maladie de Berger avec un DFG à 25ml/min et une tumeur de la voie excrétrice supérieure gauche de l’uretère iléo-pelvien sur 4cm de hauteur avec dilatation des cavités pyélocalicielles. Le bilan d’extension est négatif. On propose dans ces conditions une tentative d’urétérectomie distale malgré la taille de la tumeur, compte tenu de l’insuffisance rénale chronique.


Méthodes

Décollement vésical complet. L’uretère gauche est suivi de proche en proche jusqu’à son abouchement vésical. Résection de collerette vésicale après mise en place de clips de part et d’autre de la tumeur. Fermeture vésicale. Urétérectomie remontant au-dessus du croisement des vaisseaux iliaques puis spatulation de l’uretère. Cystotomie transversale sur 4cm. Montée de la corne vésicale à l’aide d’une compresse sur le psoas gauche puis fixation de celle-ci. Incision du néo-méat. Mise en place d’une sonde JJ 7/26. Anastomose urétéro-vésicale. Fermeture vésicale longitudinale. Curage pelvien gauche emportant les territoires iliaques externes, iléo obturateurs et hypogastriques avec lymphostase par clips.


Résultats

Les suites opératoires étaient simples. La fonction rénale est stable en post-opératoire immédiat et après l’ablation de la sonde double J.


Conclusion

Patient de 77 ans suivi pour une maladie de Berger responsable d’une insuffisance rénale chronique avec un DFG estimé à 25ml/min présentant une tumeur du bas uretère gauche opéré par urétérectomie distale gauche, réimplantation urétéro-vésicale sur vessie psoïque et curage pelvien étendu par voie cœlioscopique robot assisté. Les suites sont simples et la fonction rénale est stable en post-opératoire.

Urétéropyélo-fluorescence rétrograde per-opératoire par utilisation du système Firefly, un nouvel outil prometteur dans les chirurgies robot-assistées du greffon
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 780


Objectif

L’objectif de cette vidéo était de montrer l’intérêt de la fluorescence proche infrarouge au vert d’indocyanine (Système de visualisation Firefly) dans le repérage anatomique de la voie excrétrice du greffon pour anastomose urétéro-urétérale cœlioscopiquebot-assistée au robot Da Vinci Xi dans le cadre de la prise en charge des reflux vésico-urétérale après transplantation rénale.


Méthodes

La patient âgée de 71 ans présentait un reflux vésico-urétéral à 10 ans post-opératoire d’une transplanation rénale de donneur en état de mort encéphalique. e premier temps opératoire consiste en la mise en place d’une sonde urétérale par voie endoscopique. es principales étapes de la réimplantation ont été : la dissection de l’uretère natif ipsilatéral puis l’injection d’une solution contenant 2mg/mL de vert d’indocyanine diluée dans du sérum glucosé à5 % avec activation du mode Firefly permettant d’obtenir une fluorescence urétérale du greffon. eci permet une dissection élective de la voie excrétrice du greffon. a dernière étape consiste en l’anastomose urétéro-urétérale termino-terminale après spatulation et mise en place d’une sonde double J.


Résultats

L’injection per-opératoire par une sonde urétérale de vert d’indocyanine a permis la fluorescence, par utilisation du système Firefly, de l’ensemble de la voie excretrice supérieure du greffon. Cet outil a facilité ainsi le repérage et la dissection des différentes structures anatomiques. Le temps opératoire était de 1h45. La reprise de la diurèse s’est faite à J0 avec une créatininémie de sortie à 105micromol/L. La patiente est sortie à J 7. Il n’y a eu aucune complication en per- et post-opératoire. Il n’y a pas eu de fistule urinaire, de sténose ou de récidive du reflux.


Conclusion

L’utilisation de la fluorescence proche infrarouge au vert d’indocyanine avec le système Firefly du robot Da Vinci Xi a permis de repérer aisément l’uretère du greffon et de faciliter sa dissection pour la réimplantation urétérale par coelioscopie robot-assistée pour traitement d’un reflux vésicourétéral à 10 ans d’une transplantation rénale. Cette technique est également utilisée dans notre centre pour l’ensemble des chirurgies urétérales sur greffon.